sylvain thévoz

Humeur

  • Le ministre de la santépolice perd les pédales

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    cyclisme,vélo,démocratie,manifestationLe lundi 18 mai, une manifestation spontanée a réuni plus de 2000 cyclistes en soutien à la politique du Conseil d’Etat d’ouvrir de nouvelles pistes cyclables en lien avec le COVID-19. Le magistrat Poggia s’en est trouvé fort marri et a haussé le ton suite à celle-ci, menaçant indistinctement d’amendes les personnes qui y étaient présentes. Le Grand Conseil, le Conseil municipal de la Ville de Genève, les chambres fédérales ont pourtant pu siéger. Pas les cyclistes. Le droit de manifester est ainsi gelé pour certain-e-s et autorisés pour d'autres. L'exercice des droits démocratique serait-il uniquement à disposition des élu-e-s?

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  • Donnons de la voie !

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    IMG_8574_2.jpgLa décision des autorités cantonales et municipales de créer de nouveaux aménagements cyclables en urgence ces derniers jours afin d’accompagner la sortie du semi-confinement a provoqué une levée de boucliers de la part des pro-voitures. Pourtant, si ces pistes n’avaient pas été tracées, le risque de report modal sur la voiture aurait entraîné un chaos total du système de transport. C’est une décision pragmatique et efficace que les autorités ont prise et qui va dans le même sens que celles de nombreuses capitales européennes (Paris, Bruxelles, Milan, Paris).

     

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  • L'arbitraire policier : arme de confinement massive ?

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    3118459E-667C-4690-B225-99515ACDB35A.jpegA Genève, ces derniers jours et semaine, des personnes qui distribuaient des aliments de première nécessité ou appelaient à une société plus solidaire #appel4mai ont été arrêté, menottés et amendés. Certains ont été menacés d'être traîné devant le procureur général et sont dans une lourde incertitude quant à leur sort. 

    La dérive répressive policière est inquiétante. Amnesty Suisse en est même venue à demander des directives claires pour que l’expression politique dans les lieux publics soit restaurée et que l’état d’urgence soit partiellement levé.[1] 

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  • Police et santé font-elles bon ménage?

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    58E16F76-5BD8-4EBA-BE5A-BBD665025CE6.jpegAlors que certain-e-s entament leur troisième mois sans salaires, la réponse médico-policière de l'État qui annonce un déconfinement graduel musclé et peu clair, fait craindre l'accentuation des injustices sociale. En menaçant d'amende celles et ceux qui ne se plieront pas aux injonctions d'isolement, l'État montre le bâton (article de la TDG du 30 avril titré « le médecin cantonal appelle à la prudence », où les mots recommander et contraindre sont employés comme synonyme). Cela risque surtout de conduire certain-e-s à jouer avec leur santé (et celles des autres) en n’allant par exemple pas se faire tester de crainte de se voir isolé et perdre ainsi tout revenu. Quels mécanismes de soutien l’État a pensé développer pour les personnes qui se mettront en quarantaine ?

     

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  • Solidaire plus que jamais !

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    5CB2EBD4-50E0-4656-AE5C-93E14A4A2966.jpegEn ce premier mai, le coronavirus menace. La misère sociale qui couve sous les radars médiatique encore plus. 

    Des voix s’élèvent pour nous inviter à penser l’après-crise. Des philosophes, des politiques, des médecins se projettent dans l’avenir, esquissent des modèles plus ou moins vertueux et se perdent en supputations. Les uns contredisent avec aplomb ce que d'autres annonçaient le jour d'avant avec une autorité scientifique.

    Le risque que nous font courir ces exposés d'experts est d’oublier le présent et le quotidien de centaines de milliers de personnes en crise sociale absolue. Comme si la précarité sociale n'affectait pas aussi la santé. 

    Se centrer sur la crise sanitaire escamote la crise sociale. Avant de penser le monde d’après, il nous incombe de changer le quotidien, ici et maintenant.  Dans ce contexte, ce 1er mai 2020 ne ressemblera à aucun autre.

    Son slogan : Solidarité, plus que jamais, nous invite à l’action directe.

     

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  • Réussir le déconfinement du coeur

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    fenetre-van-gogh.jpgDans toute surprise surgit un mouvement de recul, presque de crainte. Il y a  comme un murmure continu qui dit: pourquoi  moi ? Que me veut-il ? N'y a-t-il pas un piège? Il y a un lien intime entre auspicieux et suspicieux. Ce lien est tissé de défiance ou de confiance et certaines mailles ne laissent plus rien passer. Ce confinement du coeur date de bien avant les virus. 

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  • Comment faire campagne avec le coronavirus ?

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    14088231730_55761a10cf_b.jpgIl faut s'approcher des gens en gardant ses distances. Cette invitation paradoxale n'est pas simple à tenir quand naturellement, en campagne, on est porté par le désir de convaincre, l'envie de partager, le souhait précisément de se rapprocher de l'autre pour s'en faire mieux connaître et développer ses idées. 

    On va pour serrer la main... on se reprend de justesse: pas de ça ! On va pour une bise... et demeure suspendu à mi-chemin. Il est intimé de ré-inventer la bonne distance. 

    Triste réflexe : on se lèche le pouce pour séparer deux flyers. Ce qui semblait  simple auparavant fait désormais office de repoussoir. Déjà que l'autre lorgnait d'un air suspect ce flyer ayant passé dans des mains inconnues... mais lécher un papier, c'est devenu immonde (criminel?). Un flyer ça pouvait encore passer, mais un flyer ensalivé ? - ENSALIVÉ? Jamais. Autant mourir. Faut plus lécher les tracts. Évidemment. 

     

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  • Des défis majeurs pour les villes

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    PROD_LV_AFFICHES PS-VERTS_F4-1.jpgLes villes sont l’échelon institutionnel le plus proche des habitant·e·s. Paradoxalement, elles ont peu de compétences décisionnelles, en particulier à Genève. Leur force et leur légitimité se trouvent dans l’action de proximité pour renforcer la cohésion sociale et l'inclusion de toutes les composantes de la population. Cet équilibre se concrétise également par un aménagement urbain respectueux du cadre de vie des gens.

    Aux défis de justice sociale s'ajoutent ceux générés par les dérèglements climatiques.

    Ses effets néfastes ont un fort impact sur les populations urbaines ; davantage encore sur les personnes défavorisées sur le plan socioéconomique.

    Les villes doivent préserver et consolider leurs compétences, leurs ressources et leur capacité de mobilisation et d’innovation pour faire face à ces enjeux. A elles également d’interpeller fortement les échelons insti- tutionnels supérieurs, ainsi que le secteur privé lorsque c’est pertinent.

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  • Les arbres repoussent, pas la vie humaine

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    D63BC086-7C04-4CA0-B00D-422F13FA671A.jpegInterpellé par l'article de La Tribune de Genève annonçant le dépôt de deux pétitions, dont une pour s'opposer à la coupe d'arbres le long de la route de Pinchat, je suis allé voir sur place de quoi il retournait[1]. Première nouvelle, des panneaux indiquent la crainte de citoyen.ne.s que cette pétition empêche la concrétisation d’une piste cyclable qui résoudra une situation dangereuse pour les cyclistes. En voyant les voitures se croiser, carrosserie contre carrosserie, sans laisser de places aux cyclistes, tassant les vélos sur le bas côté,  on comprend vite la mortelle dangerosité du lieu. Est-il préférable d'abattre un arbre ou d'attendre qu'un.e cycliste se fasse écraser? Le lieu est mal éclairé. Dangereux, dangereux! On comprend immédiatement que des cyclistes montent aux barricades pour défendre la future piste cyclable. Ce lieu est un coup-gorge. Bien sûr, il ne faudrait pas avoir à choisir entre la vie d'un arbre et la vie d'un cycliste. Si vous étiez au conseil municipal de Carouge qui va en débattre ce jeudi soir : vous voteriez quoi ? La préservation de la vie d'un arbre ou celle d'un.e cycliste? 

     

     

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  • Mon tout premier Noël

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    12A508D4-3C6E-4DFB-8EC8-F1450C34F40F.jpegPetit enfant promis à la mort par Hérode. Nouveau-né pourchassé. Fils fugitif emmené en Egypte dans le ventre de sa mère pour échapper à la mort. Enfant de migrants. Fils placé dans une mangeoire : il n’y avait pas de place pour toi dans l’abri destiné aux visiteurs. Il n’y avait de place pour toi nulle part d’ailleurs. Tu n’étais pas attendu. Pas prévu. Sans place réservée au planning familial.

    Tu naquis dans une étable. Tu arrivas sur terre comme des millions et des millions d’enfants : menacé, fragilisé, pourchassé, à deux doigts de claquer avant de naître.

    Tu naquis à l’écart, à la marge, en déplacement rapide. Tu naquis en marche forcée, sans sage-femme, sans passeport, sans docteur, avec juste quelques bêtes autour de toi pour te tenir chaud : maigre réconfort. Un âne, un bœuf, dit la légende. Peut-être même pas un chant d'oiseau. Pas un sifflement. De la paille ça oui. Beaucoup de paille. Mais pas d’herbe verte. Pas de ruisseau. Pas de luminothérapie ni supplément de vitamine D.

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  • Qui veut faire l’ange fait la bête

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    ange,bêteQui veut faire l’ange fait la bête. J’ai repensé récemment à cette expression. Une connaissance s’était comportée d’une manière particulièrement égoïste, tirant l’entier d’une couverture à son profit, ne se souciant nullement que d’autres s’en trouvent à découverts, tout en assurant bien entendu que c’était pour le bien du plus grand nombre qu’il lui fallait ainsi s’emmitoufler davantage... 

     

     

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  • Es-tu vraiment au coeur de ta vie?

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    0AE69D4C-068F-4111-A987-D4BD4956E161.jpegCela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu. D'habitude il se tenait devant le supermarché du coin, jouant de la flûte, demandant une pièce. Puis il avait disparu. Ce dimanche matin, il était de retour, devant le supermarché fermé, dans une rue déserte, jouant de son instrument, pendant que de timides lumières s'allumaient aux fenêtres. Les petits-déjeuners se préparaient, les enfants se réveillaient. Je me suis arrêté pour l'écouter et lui parler. Il m'a raconté sa vie. Il n'était pas d'ici. Il m'a dit : "Es-tu vraiment au coeur de ta vie?" 
     
     

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  • Lettre d'amour à un.e candidat.e

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    metro-bonde-a-chatelet.jpgCher.e candidat.e

    Les élections sont au système démocratique ce que la déclaration est à l'amour. Un passage obligé et chargé d'émotions. Un moment clé, où la connexion intime est confirmée, ou une gênante fin de non-recevoir murmurée.

    Quand tu t'es porté.e candidat.e, tu n'aurais jamais imaginé combien cet amour pouvait être exigeant. Passage obligé, les plateaux télé ou radio, les émissions de plus ou moins bonne qualité, où tu dois parfois te faire violence pour répondre aux questions. Ces dernières vont du quizz indigeste (date de naissance d'un illustre inconnu du 18e aux dernières lois votées à Berne) à des développements qui n'ont rien à envier à de véritables thèses de doctorat. Toi, tu dois être prêt.e à tout. Tu dois répondre de tout. 

    Insidieusement, tu t'es transformé en toutou savant.e, en encyclopédie sur patte. On attend de toi au minimum une forme de science infuse; on ne te pardonnera pas de manquer de sympathie et de sourire ou de charisme. Et cela 24 sur 24, à l'aube comme au bout de la nuit. 

    Tu connais par coeur maintenant le sadisme galant de ceux qui veulent te prendre en défaut, te glissent avec délectation des peaux de banane sous tes pas. Heureusement, il y a les autres, celles et ceux pour qui tu te bouges et qui ont besoin de changement, attendent de vraies réponses pour leur vie quotidienne, ont des besoins criants et cherchent des partenaires fiables pour y répondre : toi. 

    Tu devrais tout savoir. Et si tu ne sais pas, nous faire croire que tu sais? C'est vrai, on n'aime pas rester sans réponse et si possible immédiate, dans notre société. Mais surtout, on te désire sincère. C'est la base de l'amour non? La séduction n'a qu'un temps, et est souvent un leurre. 

    Les invitations, innombrables, pleuvent. Elles vont d'une fête de quartier aux cercles les plus restreints d'entrepreneurs ou d'artistes. Dans ton sac maintenant, toujours deux jeux de vêtements, au minimum. Ainsi, en une journée, tu peux traverser plusieurs mondes. Toujours, tu dois correspondre aux codes des milieux que tu traverses. Gare au faux-pas. Quand il pleut, te déplacer d'un lieu à l'autre tout en restant impeccable. Quand il fait chaud, ne plus transpirer sous les aisselles. Tu n'aurais pas imaginé que notre société était composé de tant de différences. Si l'élu.e est du peuple, il doit montrer des talents d'homme ou de femmes orchestre que peu possèdent. 

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  • Formule 1 et sexisme à La RTS : qu'on en finisse.

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    lewis-hamilton-f1_5323533 (1).jpgPremier juin, Massimo Lorenzi, rédacteur en  chef RTS des sports expliquait au journal du 19:30 pourquoi la chaîne publique ne pouvait pas diffuser la finale de la champion's league de football entre Tottenham et Liverpool : trop cher. Monsieur sports posait un discours clair, celui du refus de l'escalade des chiffres et des coûts faramineux (on parle de 25 à 30 millions) pour diffuser un match de deux fois quarante cinq minutes. Cette somme était impossible à payer selon lui sans péjorer d'autres sports, comme le tennis, le ski, ou les jeux olympiques, sur un budget total de la SSR de 50 millions.[1] Cette position semblait sage et réfléchie, seulement voilà... 

     

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  • Capitalisme bébé

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    tetine-gold-smile.jpg

    - Eh mais tu as eu un enfant, c'était programmé? 

    - Programmé ? 

    - Planifié, préparé anticipé, quoi  

    - Tu veux dire que j'en avais envie? Oui. C'était un désir et un rêve...

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  • Anachronisme chronophage

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    7A35D62C-2FDE-41A7-8CE8-B82EAAD887B7.jpegAnachronisme chronophage c'est un peu barbare comme énoncé, mais je trouve que ça résume bien le fait qu'il y a des survivances du passé qui aujourd'hui nous empêchent d'être dans le présent.

    Je m'explique : Devant un hôtel 5 étoiles du quai des Bergues, sous les enseignes rutilantes des marques de luxe, des bolides de luxe sont alignés. Des modèles rares sûrement, qui se manoeuvrent avec précaution, s’emboîtant les uns dans les autres pour former une lignée tape à l’œil. 

    Est-ce remarquable ? En tous les cas, cela attire l’attention. En face de ce mur de rétroviseurs stylés, de carénages empâtés, de jeunes hommes prennent des photos, immortalisent un monde en train de mourir, se prenant eux-mêmes en photo devant ces cercueils de métal rendus sexy par des peintures affriolantes. . 

    Ces jeunes hommes s’approchent des modèles comme s’il s’agissait d’un Saint-Graal ou de totems anthropologiques à vénérer. Mais on dirait plutôt des reliques d'un monde défait. Sorte de mausolées ou de cénotaphe, monument funéraire sans corps, sans vie, sans avenir. On se rappelle alors que le quai des Bergues devait être piéton des ponts de l’Ile à l’hôtel des Bergues, et que devant l’hôtel de luxe devait se trouver une zone piétonne. Dans les faits, cet espace sert de fait de parking de luxe offrant l’image la plus vulgaire, à contre-courant de l’histoire et caricaturale que l’on puisse imaginer. On en vient vite au constat de la quantité de vie que prennent ces bolides. Vie des rues, vie des routes, place des places piétonnes. Empiétement et envahissement.   

      

    Mausolée de l'auto

    Ce culte des bagnoles de luxe doit avoir lieu en lien avec une grande messe quelconque. C’est évidemment le traditionnel salon de l’auto qui s’annonce. Ce défilé de bagnoles est aussi vulgaire et anachronique qu’un « ballet aérien » (nom poétique pour dire « vol d'avions en escadron » ou un concours de jet ski.

    Ces occupations du XXe siècle, définitivement ringardes, polluantes, traces historiques d’une période de l’histoire où l’humain pouvait pétarader comme un cochon dans la nature, et avec jubilation s’envoyer en l’air avec son petit avion ou sa grosse bagnole en se pensant le roi du monde et définitivement seul dans celui-ci.

    Ces occupations désuètes devraient être remisées aux expositions du musée d’ethnographie. On pourrait les documenter, en retracer l’histoire, cela aurait des vertus éducationnelles pour les prochaines générations. Pas sûr que cela les fasse rire. Peut-être pleurer. Mais les déployer encore pour en faire des événements publics, en 2019 ? Démontons ces voitures et gardons un rétroviseur pour le musée d'art et d'histoire ou une boîte d'embrayage pour le MEG. Et basta. 

    Dans cet alignement pornographique de bolides de luxe devant un hôtel de luxe, tout y est d’un monde qui s’écroule. Les inégalités sociales jaillissent d’abord, dans ce que les jantes rutilantes laissent voir des employés qui les astiquent, l’étalement vulgaire du luxe, et le cannibalisme visuel de téléphones qui sont exhibés pour prendre en photo des machines pétaradantes et suintantes d'arrogance.   

    La manchette du Temps de ce mardi 5 mars : « La terre est-elle à son point de rupture ?», fait réfléchir. Et si c’était notre cerveau qui était au point de fusion ?

    Anachronisme chronophage c'est un peu barbare comme titre. Je voulais dire que les reliquats d'hier non seulement maltraitent notre présent mais mettent en péril notre futur. Et que si nous voulions commencer à vivre maintenant comme demain, il faudrait se débarrasser rapidement de certaines de ces habitudes archaïques. 

    Mais peut-être devrais-je changer le titre de ce billet. Anachronisme chronophage, ça traîne en longueur.

    Et du temps, nous n'en avons plus beaucoup. 

     

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  • La dent, ce coeur de l'être humain

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    IMG_6950 (2).jpgLe 10 février, les Genevois.e.s sont appelé.e.s à voter l’initiative populaire 160 : "Pour le remboursement des soins dentaires." Cette initiative garantit un accès équitable à des soins médicaux essentiels : les soins dentaires. Il est important de la soutenir.  

    La langue française regorge d'expression avec le mot dents dedans, illustrant le fait que celles-ci sont bien au coeur de nos vies. Ne dit-on pas : mentir comme un arracheur de dents, avoir une dent contre quelqu'un, avoir la dent dure, avoir la (ou les) dents; se mettre quelque chose sous la dent, avoir les dents longues, être sur les dents, parler entre ses dents, se casser les dents, serrer les dents, être armé jusqu'aux dents ?  

    Pourtant, aujourd'hui, le système de l’assurance-santé ne couvre pas les soins dentaires. C’est une aberration totale qu’une partie du corps humain ne soit pas comprise dans le système de l’assurance-maladie. L’initiative populaire « Pour le remboursement des soins dentaires » part du constat de la mauvaise santé dentaire chez certain.e.s Genevois.es et souhaite améliorer cet situation du point de vue de la santé publique.

    Une grande majorité de personnes, notamment dans la classe moyenne, n’ont en effet pas les moyens d’aller chez le dentiste, ou repoussent toujours à plus tard les soins pour des questions financière. Ils délaissent leur santé pour des raisons financières, ne pouvant se payer des soins dentaires élevés, ce qui aggrave à terme les problèmes. Les dents sont évidemment un enjeu de santé publique, mais aussi un problème social important. La profession de dentiste n’étant pas conventionnée, les tarifs des dentistes ne sont pas régulés. Pourquoi une profession échappe-t-elle ainsi à une réglementation et à un contrôle ? Il est pourtant urgent de limiter les tarifs et d’encadrer les pratiques des dentistes. Genève ne dispose actuellement pas de catalogue et fonctionne de façon archaïque puisque les médecins-conseils décident sur des bases floues. Ceci aussi afin d'éviter le tourisme médical et que des Genevois.e.s doivent aller se faire soigner à l'étranger. Cela est un signe de dysfonctionnement et n'est pas optimal pour notre économie locale.  

    Une assurance de l’Etat permettrait dès lors de fixer un tarif maximal pour chaque prestation. Et si les dentistes dépassaient ces tarifs, ils ne seraient pas remboursés. Ce modèle permettrait de responsabiliser les médecins en termes de résultats de santé et de charges financières, afin d’éviter une tarification à l’acte plutôt que sur l’ensemble d’un traitement.

    Tout au long de la vie, les soins dentaires sont estimés à 40’000 ou 50’000.- par personne. L’élément déterminant est donc de savoir comment ces coûts doivent être répartis. Bien sûr, la prévention et la responsabilité individuelle jouent un rôle, mais tout axer sur la prévention est insuffisant. Une excellente hygiène buccale n’empêchera jamais totalement les maladies. L'assurance dentaire serait financée de manière similaire à l’AVS ou à l’assurance maternité: paritairement entre l’employeur et l’employé et en complément par l’Etat. La cotisation salariale ne dépasserait pas 1% du salaire. 

    Pour rappel, le 4 mars 2018, le canton de Vaud a certes refusé une initiative demandant le remboursement des soins dentaires par 57%. Mais, fait remarquable, les villes de Lausanne et de Renens l’ont acceptée, ce qui montre bien que la possibilité existe, à Genève, de faire passer cette initiative progressiste. L’assurance est un système digne mutualisant les coûts et permettant de faire une promotion active de la santé publique.

    Certaines personnes en situation de précarité ne peuvent se permettre de payer des soins dentaires et y renoncent, même si elles ne fréquentent pas pour autant les services sociaux, étant situées dans la classe juste au-dessus de celle ouvrant les droits à l’aide sociale. Pour les personnes âgées, la prévention n’a que peu d’impact. Ce public aîné et économiquement fragilisé ne se voit proposer aucune piste d’amélioration ou de prise en charge. Trop de personnes âgées ne s'occupent plus de leurs dents en raison des coûts. Cela n'est pas acceptable. 

    Il est important de permettre à celles et  ceux qui ont des problèmes dentaires, quels que soient leurs trajectoires de vie, leurs revenus, leur génétique d’être soignés et bien soignés. 

    Croquons donc à pleines dents dans cette initiative, mordons dans la vie, et votons OUI à des soins dentaires pour toutes et tous sans se ruiner ! 

     

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  • Attention, si vous ne respirez plus vous risquez de mourir

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    2893DEBE-CC5B-44C3-A55E-DBB308B37F37.jpegA

    1. La fin du capitalisme est programmée. On a perdu la télécommande

    2. Si vous montez sur une échelle vous pouvez tomber 

    3. Quand vous dormez, votre pensée est hors contrôle

    4. Lorsque vous êtes éveillé, l’usage de votre carte bancaire est possible. Ne la laissez pas sans surveillance. 

    5. Si vous ronflez, c’est incommodant 

    6. Si vous êtes incommodant, vous ne pouvez plaire à tout le monde 

    7. Si vous ne plaisez pas à tout le monde, vous risquez d’avoir moins d'amis

    8. Avoir moins d’amis ne signifie pas que personne ne vous aime

    9. Si personne ne vous aime cela ne signifie pas que vous devez vous en prendre à vous même

    10. Mourir est une expérience unique. Pourquoi ne pas l’immortaliser par un selfie ? 

     

     

    B.

    1. Quand vous  fermez les yeux, ils ne sont plus ouverts

    2. Quand vous êtes fatigués, vous risquez de dormir

    3. Offrez des fleurs ou du chocolat. Pas vos emmerdes

    4. N’offrez pas vos emmerdes à n’importe qui. Les cadeaux entretiennent l’amitié

    5. Si vous déconnez n’essayez pas de relativiser avec des choses plus graves encore

    6. Vous pouvez penser ce que vous voulez, du moment que vous n’en parlez à personne

    7. Si la majorité vous donne raison, ayez le triomphe modeste. C’est peut être une majorité de cons

    8. Traverser au feu rouge peut nuire à votre santé

    9. Jouer à la roulette russe peut provoquer des dommages irréversibles à votre santé 

     

    C.

    1. Attention, vous êtes responsable de tout, même de votre irreponsabilité 

    2. La direction décline toute responsabilité si vous mettez vos doigts dans la prise

    3. Si vous vous jetez sous un train, vous risquez de mourir

    4. Étalez votre fric pas vos prières 

    5. La laïcité est à l’opium comme l’orgasme est à la religion 

    6. Ne faites pas de l'équilibrisme sur un toit ne prenez pas de la drogue sans une biscotte, faites toujours comme si tout était interdit 

    7. Ne confiez pas vos codes secrets à quelqu’un d’autre qu’un inconnu 

    8. Donnez toujours le change affirmez toujours que tout va bien

    9. Utilisez la langue de bois. Personne n’ira vérifier si c’est du chêne

    10. Qui ne recule pas n’est pas certain d’avancer

     

     

    D.

    1. S'abriter sous un arbre durant un orage ne rend pas le pépiniériste responsable du foudroiement

    2. Si vous souffrez d’allergies ne mangez pas de cacahuètes pour oublier

    4. Si vous n’etes pas à la direction : déclinez toute responsabilité 

    5. Attendez un sauveur, fabriquez des bourreaux, plaignez les victimes

    6. Répétez : on vit une époque formidable 

    7. Déclinez toute responsabilité avant d’être tenu pour responsable

    8. La confession est à la mode. Soyez hypocrites, demandez pardon, payez vos indulgences. Imitez

    9. Rampez s’il le faut.

     

    E.

    1. C’est scientifique : 100% des accidentés ont eu un accident

    2. Ne vous jetez pas au lac sans savoir nager 

    3. Le tandem est l’avenir de l’homme. La trottinette vaincra

    4. Soyez capitalistes ! exigez un profit maximal croissant et continu

    5. Soyez déraisonnables : exigez le possible 

    6. Nos salades sont coquettes. On achève bien la planète

    7. Les carottes sont bouilles, les pissenlits sont en solde

    8. Le capitalisme est mort. Les charognes mangent du big-Mac 

    9. Ça sent de plus en plus mauvais. Vive Hermès vive Chanel et Gucci

    10. Vae Victis. Vive la comm’ Vive Maudet Barazzone et Madoff, Infantino et les pyramides de Ponzi.

     

     

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  • Comment laisser l'art nous bouleverser en période d'allergies ?

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    art,culture,préventionAprès avoir franchi la grande porte du musée, je suis tombé sur un petit écriteau qui indiquait sobrement: "cette pièce contient des oeuvres que certains visiteurs pourraient trouver bouleversantes".

    Le message invite à parler à un membre de l'équipe du musée pour plus d'informations. Cela m'a rappelé les achats de disque soumis à avis parental sur l'emballage, aux annonces sur les bateaux avant de partir en haute-mer, rappelant de bien prendre son gilet de sauvetage et se soumettre en tout temps aux ordre de l'équipage.

    Ce qui semblait réservé aux libations verbales du rap et aux roulis de la haute mer semble désormais avoir atteint les salles feutrées des expressions picturales du XIXe et XXe au coeur même de la quiétude muséale. 

    Je suis alors entré dans cette pièce un peu comme dans un champ de mine, regardant où je mettais les pieds. Mais j'eu beau en faire le tour, observant les oeuvres de loin, les scrutant de près, de loin encore, rien ne semblait mériter particulièrement cet avertissement.

    Ou alors étais-ce ce nu là (j'y retournais) ou éventuellement cette scène de pendaison -croquis large et aux silhouettes estompées-, ou alors ce tableau de Modigliani, qui sait? - vraiment?- Un regard si trouble et transparent, certains en sentiraient-ils le sol vaciller sous leurs pieds? Mais bon, en regard de ce qui déroule sur les écrans au quotidien, cela semblait pourtant bon enfant.

    Pourquoi cet avertissement ? Un mouvement de protection pour les âmes sensibles ? Certes les musées accueillent tous les publics. Il n'y a pas de limite d'âge pour aller voir un Picasso ou un Dali. Faudrait-il? 

    Les tableaux n'ont pas changé depuis le début du siècle, mais la société qui les regarde, oui. Si les tableaux ne sont pas devenus plus bouleversants, ou qu'ils le sont toujours autant, les publics qui s'y frottent ont-ils de nouvelles allergies? On ne regarde définitivement plus la mise à mort d'un saint du IVe siècle en 2018 comme on le faisait en 1800, ni ne le commente pareillement.

     

    Le bouleversement de l'art, deviendrait quelque chose dont il faudrait en quelque sorte se prémunir. Le moindre symbole, coup de pinceau, pouvant déclencher une crise suivie d'un emballement sur les réseaux sociaux. La prévenance institutionnelle s'impose.

    Peut-être alors, à l'avenir, avant toute exposition, des affichettes rappelleront le danger de l'art, son potentiel choquant, offensant; comme sur les couvercles en plastique contenant du café chaud. Attention Art : contenant brûlant. Watch out  : Andy Warhol : Handle with care !   

    A la manière de ces cartes de restaurant qui invitent avec diplomatie le client à annoncer ses possibles allergies (gluten, noix, fruits, etc) aux serveurs qui se feront un plaisir de répondre à toute question, il y aura peut-être bientôt, à l'entrée des musées une liste à cocher des possibles artistes suscitant allergie ou urticaires. Si vous ne supportez pas Egon Schiele ou Basquiat, mettez une croix, le staff vous indiquera le chemin le plus sûr pour les éviter. Supportez-vous Pollock ? Vous reprendrez bien une dose de Soulages, et si cela vous pèse sur le moral, il y a une cellule psy à disposition au premier étage.

    Peut-être faudra-t-il signer un certificat médical prouvant que l'on est prêt à encaisser le choc avant d'aller se confronter à un tableau de Frida Kahlo ... la direction déclinant toute responsabilité en cas de trouble émotionnel. 

    N'est-ce pourtant pas le rôle de l'art, que de nous soumettre à des hauts le coeur, nous renverser, faire vivre des expériences aussi fondamentales et profondes que celle de la fascination, l'effroi, la subjugation?

    Voir une oeuvre d'art était auparavant un événement sacré, qui ébranlait d'office l'être. C'est devenu un acte suave de consommation. Le client ne doit pas en être affecté. 

    Au panneau d'information succède donc désormais le panneau de prévention. Manière de se protéger, de se couvrir ou d'éviter la confrontation pour les institutions culturelles. Ou manière perverse d'aguicher la curiosité, aiguiser l'appétit du visiteur, paternelle aide de proposer un accompagnement. Mais ce sont des chocs bruts que nous voulons, que nous cherchons !

     

    Que reste-t-il de la subversion de l'art en période d'allergies ?

    - Malgré les panneaux d'avertissement ? Tout. L'art est une allergie dont on se prémunit difficilement et dont on ne guérit pas.

    Quel type d'art doit être annoncé comme bouleversant, qui décide où mettre les avertissements?

    - Je ne sais pas. Mais je reprendrais volontiers une petite contemplation de Louise Bourgeois, la baffe d'une lecture d'un conte de Grimm, mille fois préférable à toute soupe préventive ou bouillon d'un service de communication briefé par son département juridique.

    Je suis retourné à ce panneau invitant à faire appel au staff en cas de bouleversement. J'y ai cherché une signature, parce que cela était génial, une incroyable création, écho parfait à l'esprit du temps. Mais il n'y en avait pas. Personne n'avait signé. Aucune griffe. Aucun artiste derrière.

     

    J'avais pourtant reçu le coup.

    Et de cela avait besoin de parler. 

     

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  • La religion qui ne dit pas son nom

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    Certains pensent encore que la religion est l’opium du peuple. Ils n'ont jamais dû prendre le bus le matin et voir la série de visages courbés sur leurs téléphones, possédés comme des déments, rire tout seuls ou jouer à des jeux répétitifs et niais, l’air content. La religion, en regard de la technologie, c'était un bonbon pour la gorge. 

    Je me rappelle très bien d’une conférence où Blaise Matthey patron de la FER, en mode grand pape avait levé bien haut son i-phone et louait la technicité de ce jouet affirmant que c’était là rien de moins qu'une perfection de l’humanité, son progrès ultime. On aurait dit qu'il tenait une relique du Christ ou une hostie sainte, rien de moins. C'était Moïse sur la montagne ayant reçu les tables de la loi. L'illumination. 

    Sauf que son jouet crée de l’addiction à tout de bras et que dans le sillage de l’intelligence artificielle se trouve la connerie mercantile de l’aliénation et son métallique jus financier. De manière aussi certaine que derrière les chalutiers qui rejettent des carcasses de poissons se trouvent des requins ou sur les décharges publics des rapaces, dans les mines africaines où des multinationales swiss made extraient les précieux métaux, se répand le sang des ouvriers spoliés et exploités. 

     

    Pénétrer les cerveaux 

    En marchant dans la rue, au bout de la rue du Rhône, j'ai été arrêté devant la vitrine d'une grande banque. Des écrans de 2 mètres sur 1 balancent en continu des petits films (public cible : les enfants, d'ailleurs l'écran est à peu près à hauteur de leurs yeux) avec des personnages joyeux et bêtes mettant des noisettes plus grandes qu'eux dans un panier en souriant, se tapant dans les mains dans ce qui est censé être la plus belle des harmonies. 

    En voilà une magnifique éducation au capitalisme sauvage et suave. A l'arrêt de bus, l'air de rien, direct dans les yeux et dans les cerveaux des enfants. Même pas besoin d'allumer un écran, c'est dans la rue directement, dans l'espace public dans les petits cerveaux que ça rentre comme dans du beurre et fait tout son effet.  Pendant ce temps, à l'autre bout de la ville, on emmerde une librairie qui a des bacs à livre pour empiétement sur l'espace public...   

    La nouvelle grand messe, c’est la technologie, et la divinité du capitalisme l'utilise avec avidité. Tous à plat ventre. Tous à quatre pattes. Elle a ses prêtres et ses papes. Ils répètent blockchain comme d’autres avant le pater noster et placent des écrans surpixellisés à tous les coins de rue comme avant on y plantait des croix ou des madones. De l’intelligence artificielle à la connerie mercantile : où comment chérir ce qui nous asservit et en redemander en payant le prix fort.

    La vacuité de la réflexion sur le sens que l’on veut donner à ces outils n’a d’égal que notre incapacité à se rappeler que l’outil doit être mis au service de l’humain, pas l’inverse. Elle fait de son public cible des ouailles plus soumis et bêlants que des convertis à la sainte trinité. Doigts tendus, ça clique à fond pour accepter n'importe quel cookies et valider des contrats numériques que personne ne lit d'ailleurs, puisque ces textes s'étirent sur un menu déroulant, long comme un jour sans pain, dans une langue plus incompréhensible que le latin. 

    Le capitalisme impose de plus en plus sa novlangue spiritualisante. Récemment dans la Tribune de Genève un banquier se déversait sur le supplément d'âme qu'il fallait insuffler à son institution pour en assurer la bonne marche. Suivait un gloubi-boulga ésotérique sur l'esprit, la communion, charabia digne des plus obédientes et rigides sectes religieuses.

    En lisant les revues économiques spécialisées, on croit lire un récit de prophéties ou l'apocalypse. Vous avez remarqué, plus le capitalisme devient brutal et violent, plus il lui faut se parer d'atours joyeux annonçant l'Eden sur terre ou la cohabitation sereine à tous les étages de la tour de Babel, et évacuer les rapports de force et de domination. 

    Certains ont pensé bon de faire une loi sur la laïcité, car disent-ils, l'Etat entretient des rapports avec les communautés religieuses et il faut les réguler. Ils retardent de quelques siècles dans leur volonté de séparer l'Etat de ce qui pourrait lui nuire. Ce que l'on appelle la religion n'est pas une menace, c'est une idéologie, comme tant d'autres. 

    Par contre, ce qui s'appelle capitalisme, et qui n'assume même plus d'être une idéologie pour se prétendre être devenu l'air que l'on respire, s'est dématérialisé au point de se retrouver être la plus nocive des religions : celle qui n'a même plus besoin de dire son nom. La vraie menace.

    On peut désormais pointer du doigt un voile, un crucifix ou invoquer la loi afin de bannir une kippa pour trouble à l'ordre public. La belle affaire. La belle excuse. Et surtout le bon prétexte. Pendant ce temps, les affaires continuent. Les marchands du temple ont trouvé leur bouc émissaire. La religion qui ne dit pas son nom va elle pouvoir continuer à faire ses affaires avec la bénédiction de l'Etat.

    On n'a pas beaucoup évolué en terme de croyances depuis le Moyen-âge. Simplement muté. Les habits des grands prêtres ont changé, guère plus. Les princes qui s'acoquinaient avec le clergé au XVIIe vont désormais au moyen-orient. Les trajets ne se font plus en fiacre mais en jet, ils font pourtant toujours les mêmes courbettes. 

     

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