sylvain thévoz

Humeur

  • Un été pas comme les autres

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    XSJZ5098.jpegLe Covid-19 bouleverse nos habitudes et nos rythmes sociaux. Quel visage aura notre ville cet été? Les Genevois-es partiront-ils à l'étranger en vacances ou, crise économique et sociale oblige, resteront-ils davantage à Genève? Les personnes migrantes, indispensables à l'économie genevoise, qui traditionnellement privilégient le retour au pays pour retrouver leur famille durant la saison estivale, prendront-ils le risque de voyager au loin ?  Prendront-ils le risque de s'exposer à une mise en quarantaine à l'aller ou/et au retour, aux risques sanitaires liés? Les difficultés économiques vont rendre tout déplacement plus onéreux. Cela va contraindre de nombreuses personnes à ne pas bouger. Cela risque de changer le visage de notre ville et exiger davantage de réactivité de l'administration et des associations, à une période de l'année où, traditionnellement, tout ralentit. 


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  • Qui penserait à vider les réservoirs de son bateau avant une périlleuse traversée ?

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    80fa48514c8f2120dfad5773bc610736.jpgLes organisations engagées dans les domaines de l’aide alimentaire, des aides sociales, de la santé, de l’asile ou de la lutte contre les violences sexistes ont fait un travail incroyable. Les associations impliquées dans la prise en charge des besoins sociaux et sanitaires des populations précarisées ou fragilisées par la crise économique et sociale ont lutté d'arrache pied en première ligne et continuent de le faire. Engageant des ressources importantes, puisant dans des budgets extraordinaires, impliquant leur personnel pour assurer des permanences, ces entités ont fait un travail fantastique et sauvé des vies.  

    Les fonctionnaires (de la santé, police, social, administration) ont courageusement fait face et sauvé des vies.  Il faut leur rendre hommage. Mais il faut surtout leur donner les moyens de poursuivre leur action. Or, que nous annonce la cheffe des finances du Canton : "Il faudra se serrer la ceinture en 2021 et diminuer les dépenses de l'État".[1] Cette décision politique est à rebours du bon sens. Et les applaudissements de 21h résonnent comme un funèbre écho aux propos de la grande argentière au sujet du budget 2021. 

     

     

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  • Il n'y a pas d'innocence, il n'y a que des choix

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    père,mère,saint-espritIl n'y a pas besoin d'être femme pour être féministe

    pas besoin d'être père pour être paternel 

    d'être mère pour être maternelle

    pas besoin d'être un mec pour faire du mansplaining.  

     

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  • Egalité pour toutes et tous !

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    00000000000000000000000000000000000000000000000000Manif.jpgDeux événements nous réclament cette semaine : le rassemblement mardi 9 juin à 18h place de Neuve pour rendre hommage à Georges Floyd et dénoncer les violences policières, les crimes racistes. Black lives matter : Les vies noires comptent !  Et le rassemblement du dimanche 14 juin du mouvement pour la Grève féministe, à Genève et dans toute la Suisse. Déjà une année que des centaines de milliers de femmes* et alliés sont descendus dans la rue. Et ? Avons-nous atteint l’égalité ? – Non. La manifestation genevoise s’organisera autour de 16 postes dans la Ville. Les manifestant-e-s sont invité-e-s à faire le parcours entre les postes. A 15h24 un grand cri d’alerte féministe partout en suisse sera poussé sur toutes les grandes places du pays.

     

     

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  • Le ministre de la santépolice perd les pédales

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    cyclisme,vélo,démocratie,manifestationLe lundi 18 mai, une manifestation spontanée a réuni plus de 2000 cyclistes en soutien à la politique du Conseil d’Etat d’ouvrir de nouvelles pistes cyclables en lien avec le COVID-19. Le magistrat Poggia s’en est trouvé fort marri et a haussé le ton suite à celle-ci, menaçant indistinctement d’amendes les personnes qui y étaient présentes. Le Grand Conseil, le Conseil municipal de la Ville de Genève, les chambres fédérales ont pourtant pu siéger. Pas les cyclistes. Le droit de manifester est ainsi gelé pour certain-e-s et autorisés pour d'autres. L'exercice des droits démocratique serait-il uniquement à disposition des élu-e-s?

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  • Donnons de la voie !

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    IMG_8574_2.jpgLa décision des autorités cantonales et municipales de créer de nouveaux aménagements cyclables en urgence ces derniers jours afin d’accompagner la sortie du semi-confinement a provoqué une levée de boucliers de la part des pro-voitures. Pourtant, si ces pistes n’avaient pas été tracées, le risque de report modal sur la voiture aurait entraîné un chaos total du système de transport. C’est une décision pragmatique et efficace que les autorités ont prise et qui va dans le même sens que celles de nombreuses capitales européennes (Paris, Bruxelles, Milan, Paris).

     

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  • L'arbitraire policier : arme de confinement massive ?

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    3118459E-667C-4690-B225-99515ACDB35A.jpegA Genève, ces derniers jours et semaine, des personnes qui distribuaient des aliments de première nécessité ou appelaient à une société plus solidaire #appel4mai ont été arrêté, menottés et amendés. Certains ont été menacés d'être traîné devant le procureur général et sont dans une lourde incertitude quant à leur sort. 

    La dérive répressive policière est inquiétante. Amnesty Suisse en est même venue à demander des directives claires pour que l’expression politique dans les lieux publics soit restaurée et que l’état d’urgence soit partiellement levé.[1] 

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  • Police et santé font-elles bon ménage?

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    58E16F76-5BD8-4EBA-BE5A-BBD665025CE6.jpegAlors que certain-e-s entament leur troisième mois sans salaires, la réponse médico-policière de l'État qui annonce un déconfinement graduel musclé et peu clair, fait craindre l'accentuation des injustices sociale. En menaçant d'amende celles et ceux qui ne se plieront pas aux injonctions d'isolement, l'État montre le bâton (article de la TDG du 30 avril titré « le médecin cantonal appelle à la prudence », où les mots recommander et contraindre sont employés comme synonyme). Cela risque surtout de conduire certain-e-s à jouer avec leur santé (et celles des autres) en n’allant par exemple pas se faire tester de crainte de se voir isolé et perdre ainsi tout revenu. Quels mécanismes de soutien l’État a pensé développer pour les personnes qui se mettront en quarantaine ?

     

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  • Solidaire plus que jamais !

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    5CB2EBD4-50E0-4656-AE5C-93E14A4A2966.jpegEn ce premier mai, le coronavirus menace. La misère sociale qui couve sous les radars médiatique encore plus. 

    Des voix s’élèvent pour nous inviter à penser l’après-crise. Des philosophes, des politiques, des médecins se projettent dans l’avenir, esquissent des modèles plus ou moins vertueux et se perdent en supputations. Les uns contredisent avec aplomb ce que d'autres annonçaient le jour d'avant avec une autorité scientifique.

    Le risque que nous font courir ces exposés d'experts est d’oublier le présent et le quotidien de centaines de milliers de personnes en crise sociale absolue. Comme si la précarité sociale n'affectait pas aussi la santé. 

    Se centrer sur la crise sanitaire escamote la crise sociale. Avant de penser le monde d’après, il nous incombe de changer le quotidien, ici et maintenant.  Dans ce contexte, ce 1er mai 2020 ne ressemblera à aucun autre.

    Son slogan : Solidarité, plus que jamais, nous invite à l’action directe.

     

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  • Réussir le déconfinement du coeur

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    fenetre-van-gogh.jpgDans toute surprise surgit un mouvement de recul, presque de crainte. Il y a  comme un murmure continu qui dit: pourquoi  moi ? Que me veut-il ? N'y a-t-il pas un piège? Il y a un lien intime entre auspicieux et suspicieux. Ce lien est tissé de défiance ou de confiance et certaines mailles ne laissent plus rien passer. Ce confinement du coeur date de bien avant les virus. 

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  • Comment faire campagne avec le coronavirus ?

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    14088231730_55761a10cf_b.jpgIl faut s'approcher des gens en gardant ses distances. Cette invitation paradoxale n'est pas simple à tenir quand naturellement, en campagne, on est porté par le désir de convaincre, l'envie de partager, le souhait précisément de se rapprocher de l'autre pour s'en faire mieux connaître et développer ses idées. 

    On va pour serrer la main... on se reprend de justesse: pas de ça ! On va pour une bise... et demeure suspendu à mi-chemin. Il est intimé de ré-inventer la bonne distance. 

    Triste réflexe : on se lèche le pouce pour séparer deux flyers. Ce qui semblait  simple auparavant fait désormais office de repoussoir. Déjà que l'autre lorgnait d'un air suspect ce flyer ayant passé dans des mains inconnues... mais lécher un papier, c'est devenu immonde (criminel?). Un flyer ça pouvait encore passer, mais un flyer ensalivé ? - ENSALIVÉ? Jamais. Autant mourir. Faut plus lécher les tracts. Évidemment. 

     

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  • Des défis majeurs pour les villes

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    PROD_LV_AFFICHES PS-VERTS_F4-1.jpgLes villes sont l’échelon institutionnel le plus proche des habitant·e·s. Paradoxalement, elles ont peu de compétences décisionnelles, en particulier à Genève. Leur force et leur légitimité se trouvent dans l’action de proximité pour renforcer la cohésion sociale et l'inclusion de toutes les composantes de la population. Cet équilibre se concrétise également par un aménagement urbain respectueux du cadre de vie des gens.

    Aux défis de justice sociale s'ajoutent ceux générés par les dérèglements climatiques.

    Ses effets néfastes ont un fort impact sur les populations urbaines ; davantage encore sur les personnes défavorisées sur le plan socioéconomique.

    Les villes doivent préserver et consolider leurs compétences, leurs ressources et leur capacité de mobilisation et d’innovation pour faire face à ces enjeux. A elles également d’interpeller fortement les échelons insti- tutionnels supérieurs, ainsi que le secteur privé lorsque c’est pertinent.

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  • Les arbres repoussent, pas la vie humaine

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    D63BC086-7C04-4CA0-B00D-422F13FA671A.jpegInterpellé par l'article de La Tribune de Genève annonçant le dépôt de deux pétitions, dont une pour s'opposer à la coupe d'arbres le long de la route de Pinchat, je suis allé voir sur place de quoi il retournait[1]. Première nouvelle, des panneaux indiquent la crainte de citoyen.ne.s que cette pétition empêche la concrétisation d’une piste cyclable qui résoudra une situation dangereuse pour les cyclistes. En voyant les voitures se croiser, carrosserie contre carrosserie, sans laisser de places aux cyclistes, tassant les vélos sur le bas côté,  on comprend vite la mortelle dangerosité du lieu. Est-il préférable d'abattre un arbre ou d'attendre qu'un.e cycliste se fasse écraser? Le lieu est mal éclairé. Dangereux, dangereux! On comprend immédiatement que des cyclistes montent aux barricades pour défendre la future piste cyclable. Ce lieu est un coup-gorge. Bien sûr, il ne faudrait pas avoir à choisir entre la vie d'un arbre et la vie d'un cycliste. Si vous étiez au conseil municipal de Carouge qui va en débattre ce jeudi soir : vous voteriez quoi ? La préservation de la vie d'un arbre ou celle d'un.e cycliste? 

     

     

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  • Mon tout premier Noël

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    12A508D4-3C6E-4DFB-8EC8-F1450C34F40F.jpegPetit enfant promis à la mort par Hérode. Nouveau-né pourchassé. Fils fugitif emmené en Egypte dans le ventre de sa mère pour échapper à la mort. Enfant de migrants. Fils placé dans une mangeoire : il n’y avait pas de place pour toi dans l’abri destiné aux visiteurs. Il n’y avait de place pour toi nulle part d’ailleurs. Tu n’étais pas attendu. Pas prévu. Sans place réservée au planning familial.

    Tu naquis dans une étable. Tu arrivas sur terre comme des millions et des millions d’enfants : menacé, fragilisé, pourchassé, à deux doigts de claquer avant de naître.

    Tu naquis à l’écart, à la marge, en déplacement rapide. Tu naquis en marche forcée, sans sage-femme, sans passeport, sans docteur, avec juste quelques bêtes autour de toi pour te tenir chaud : maigre réconfort. Un âne, un bœuf, dit la légende. Peut-être même pas un chant d'oiseau. Pas un sifflement. De la paille ça oui. Beaucoup de paille. Mais pas d’herbe verte. Pas de ruisseau. Pas de luminothérapie ni supplément de vitamine D.

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  • Qui veut faire l’ange fait la bête

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    ange,bêteQui veut faire l’ange fait la bête. J’ai repensé récemment à cette expression. Une connaissance s’était comportée d’une manière particulièrement égoïste, tirant l’entier d’une couverture à son profit, ne se souciant nullement que d’autres s’en trouvent à découverts, tout en assurant bien entendu que c’était pour le bien du plus grand nombre qu’il lui fallait ainsi s’emmitoufler davantage... 

     

     

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  • Es-tu vraiment au coeur de ta vie?

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    0AE69D4C-068F-4111-A987-D4BD4956E161.jpegCela faisait longtemps que je ne l'avais pas vu. D'habitude il se tenait devant le supermarché du coin, jouant de la flûte, demandant une pièce. Puis il avait disparu. Ce dimanche matin, il était de retour, devant le supermarché fermé, dans une rue déserte, jouant de son instrument, pendant que de timides lumières s'allumaient aux fenêtres. Les petits-déjeuners se préparaient, les enfants se réveillaient. Je me suis arrêté pour l'écouter et lui parler. Il m'a raconté sa vie. Il n'était pas d'ici. Il m'a dit : "Es-tu vraiment au coeur de ta vie?" 
     
     

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  • Lettre d'amour à un.e candidat.e

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    metro-bonde-a-chatelet.jpgCher.e candidat.e

    Les élections sont au système démocratique ce que la déclaration est à l'amour. Un passage obligé et chargé d'émotions. Un moment clé, où la connexion intime est confirmée, ou une gênante fin de non-recevoir murmurée.

    Quand tu t'es porté.e candidat.e, tu n'aurais jamais imaginé combien cet amour pouvait être exigeant. Passage obligé, les plateaux télé ou radio, les émissions de plus ou moins bonne qualité, où tu dois parfois te faire violence pour répondre aux questions. Ces dernières vont du quizz indigeste (date de naissance d'un illustre inconnu du 18e aux dernières lois votées à Berne) à des développements qui n'ont rien à envier à de véritables thèses de doctorat. Toi, tu dois être prêt.e à tout. Tu dois répondre de tout. 

    Insidieusement, tu t'es transformé en toutou savant.e, en encyclopédie sur patte. On attend de toi au minimum une forme de science infuse; on ne te pardonnera pas de manquer de sympathie et de sourire ou de charisme. Et cela 24 sur 24, à l'aube comme au bout de la nuit. 

    Tu connais par coeur maintenant le sadisme galant de ceux qui veulent te prendre en défaut, te glissent avec délectation des peaux de banane sous tes pas. Heureusement, il y a les autres, celles et ceux pour qui tu te bouges et qui ont besoin de changement, attendent de vraies réponses pour leur vie quotidienne, ont des besoins criants et cherchent des partenaires fiables pour y répondre : toi. 

    Tu devrais tout savoir. Et si tu ne sais pas, nous faire croire que tu sais? C'est vrai, on n'aime pas rester sans réponse et si possible immédiate, dans notre société. Mais surtout, on te désire sincère. C'est la base de l'amour non? La séduction n'a qu'un temps, et est souvent un leurre. 

    Les invitations, innombrables, pleuvent. Elles vont d'une fête de quartier aux cercles les plus restreints d'entrepreneurs ou d'artistes. Dans ton sac maintenant, toujours deux jeux de vêtements, au minimum. Ainsi, en une journée, tu peux traverser plusieurs mondes. Toujours, tu dois correspondre aux codes des milieux que tu traverses. Gare au faux-pas. Quand il pleut, te déplacer d'un lieu à l'autre tout en restant impeccable. Quand il fait chaud, ne plus transpirer sous les aisselles. Tu n'aurais pas imaginé que notre société était composé de tant de différences. Si l'élu.e est du peuple, il doit montrer des talents d'homme ou de femmes orchestre que peu possèdent. 

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  • Formule 1 et sexisme à La RTS : qu'on en finisse.

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    lewis-hamilton-f1_5323533 (1).jpgPremier juin, Massimo Lorenzi, rédacteur en  chef RTS des sports expliquait au journal du 19:30 pourquoi la chaîne publique ne pouvait pas diffuser la finale de la champion's league de football entre Tottenham et Liverpool : trop cher. Monsieur sports posait un discours clair, celui du refus de l'escalade des chiffres et des coûts faramineux (on parle de 25 à 30 millions) pour diffuser un match de deux fois quarante cinq minutes. Cette somme était impossible à payer selon lui sans péjorer d'autres sports, comme le tennis, le ski, ou les jeux olympiques, sur un budget total de la SSR de 50 millions.[1] Cette position semblait sage et réfléchie, seulement voilà... 

     

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  • Capitalisme bébé

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    tetine-gold-smile.jpg

    - Eh mais tu as eu un enfant, c'était programmé? 

    - Programmé ? 

    - Planifié, préparé anticipé, quoi  

    - Tu veux dire que j'en avais envie? Oui. C'était un désir et un rêve...

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  • Anachronisme chronophage

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    7A35D62C-2FDE-41A7-8CE8-B82EAAD887B7.jpegAnachronisme chronophage c'est un peu barbare comme énoncé, mais je trouve que ça résume bien le fait qu'il y a des survivances du passé qui aujourd'hui nous empêchent d'être dans le présent.

    Je m'explique : Devant un hôtel 5 étoiles du quai des Bergues, sous les enseignes rutilantes des marques de luxe, des bolides de luxe sont alignés. Des modèles rares sûrement, qui se manoeuvrent avec précaution, s’emboîtant les uns dans les autres pour former une lignée tape à l’œil. 

    Est-ce remarquable ? En tous les cas, cela attire l’attention. En face de ce mur de rétroviseurs stylés, de carénages empâtés, de jeunes hommes prennent des photos, immortalisent un monde en train de mourir, se prenant eux-mêmes en photo devant ces cercueils de métal rendus sexy par des peintures affriolantes. . 

    Ces jeunes hommes s’approchent des modèles comme s’il s’agissait d’un Saint-Graal ou de totems anthropologiques à vénérer. Mais on dirait plutôt des reliques d'un monde défait. Sorte de mausolées ou de cénotaphe, monument funéraire sans corps, sans vie, sans avenir. On se rappelle alors que le quai des Bergues devait être piéton des ponts de l’Ile à l’hôtel des Bergues, et que devant l’hôtel de luxe devait se trouver une zone piétonne. Dans les faits, cet espace sert de fait de parking de luxe offrant l’image la plus vulgaire, à contre-courant de l’histoire et caricaturale que l’on puisse imaginer. On en vient vite au constat de la quantité de vie que prennent ces bolides. Vie des rues, vie des routes, place des places piétonnes. Empiétement et envahissement.   

      

    Mausolée de l'auto

    Ce culte des bagnoles de luxe doit avoir lieu en lien avec une grande messe quelconque. C’est évidemment le traditionnel salon de l’auto qui s’annonce. Ce défilé de bagnoles est aussi vulgaire et anachronique qu’un « ballet aérien » (nom poétique pour dire « vol d'avions en escadron » ou un concours de jet ski.

    Ces occupations du XXe siècle, définitivement ringardes, polluantes, traces historiques d’une période de l’histoire où l’humain pouvait pétarader comme un cochon dans la nature, et avec jubilation s’envoyer en l’air avec son petit avion ou sa grosse bagnole en se pensant le roi du monde et définitivement seul dans celui-ci.

    Ces occupations désuètes devraient être remisées aux expositions du musée d’ethnographie. On pourrait les documenter, en retracer l’histoire, cela aurait des vertus éducationnelles pour les prochaines générations. Pas sûr que cela les fasse rire. Peut-être pleurer. Mais les déployer encore pour en faire des événements publics, en 2019 ? Démontons ces voitures et gardons un rétroviseur pour le musée d'art et d'histoire ou une boîte d'embrayage pour le MEG. Et basta. 

    Dans cet alignement pornographique de bolides de luxe devant un hôtel de luxe, tout y est d’un monde qui s’écroule. Les inégalités sociales jaillissent d’abord, dans ce que les jantes rutilantes laissent voir des employés qui les astiquent, l’étalement vulgaire du luxe, et le cannibalisme visuel de téléphones qui sont exhibés pour prendre en photo des machines pétaradantes et suintantes d'arrogance.   

    La manchette du Temps de ce mardi 5 mars : « La terre est-elle à son point de rupture ?», fait réfléchir. Et si c’était notre cerveau qui était au point de fusion ?

    Anachronisme chronophage c'est un peu barbare comme titre. Je voulais dire que les reliquats d'hier non seulement maltraitent notre présent mais mettent en péril notre futur. Et que si nous voulions commencer à vivre maintenant comme demain, il faudrait se débarrasser rapidement de certaines de ces habitudes archaïques. 

    Mais peut-être devrais-je changer le titre de ce billet. Anachronisme chronophage, ça traîne en longueur.

    Et du temps, nous n'en avons plus beaucoup. 

     

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    www.sylvainthevoz.ch 

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