sylvain thévoz

Genève

  • Menace sur Genève : des fascistes pro-Poutine annoncent défiler samedi à Genève

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    Ce samedi 7 mai, le régiment immortel de Russie, annonce sur les réseaux sociaux parader à Genève avec un rendez-vous fixé à 10h au quai du Mont-Blanc devant l'hôtel d'Angleterre et défiler jusqu'à la place de Nations.

    Prétendant se cacher derrière un but honorable, soit commémorer les proches et les familles des soldats russes ayant combattu pendant la seconde guerre mondiale, la véritable visée de cette manoeuvre ne trompe personne.[1]

    Proche du pouvoir russe, avec un porte parole diffusant en Suisse de la propagande pour la guerre en Russie, l'objectif de cette organisation est de faire l'éloge du criminel au Kremlin et servir la propagande russe.[2] Cette organisation célèbre également le criminel de guerre tchétchène Ramzan Kadyrov, qui soutient inconditionnellement Vladimir Poutine et a envoyé ses troupes en Ukraine massacrer des civils. 

    Le groupe de motards "les Loups de la nuit" annonce sa participation ce samedi. Comme le rappelle journal Le Matin[3] , on ne sait pas combien de motards suisses sont affiliés aujourd’hui à ce club. on sait toutefois qu’il s’est implanté avant 2015 à Regensdorf dans le canton de Zurich. L’année précédente, les motards russes du club s’étaient fait connaître dans l'annexion de la Crimée où certains avaient combattu.  «Nous considérons que nous faisons partie de l’armée de la Russie», déclarait alors le chef des Loups de la nuit, Alexander Zaldostanov, ajoutant: «Là où nous sommes, c’est la Russie».

    Si, sur le papier, cette manifestation prétend être commémorative, il s'agit évidemment d’une grave et vicieuse provocation. Le moment choisi pour cette parade ne laisse planer aucun doute sur le lien avec l'agression contre l'Ukraine, une volonté de la légitimer de manière perverse.

    Cette démonstration pro-russe, pro-guerre avec, parmi les participants annoncés, un groupe des "Loups de la nuit" domicilié en Suisse et selon nos informations un ami de Poutine à leur tête est source de potentiels troubles graves.

    Alors que plus de 45'000 ukrainien-ne-s victimes de la guerre, sont déjà arrivé-e-s en Suisse et que des milliers ayant subi  des violences extrêmes sont à Genève, leurs soeurs, pères, frères et maris étant en train de lutter au péril de leur vie pour la démocratie et nos libertés, autoriser une telle manifestation serait non seulement à haut risque, mais clairement d'une violence insoutenable avec des risques de trouble à l'ordre public évidents.

    Les autorités genevoises doivent de toute urgence informer la population sur qui sont véritablement les personnes qui défileront ce samedi à Genève. D'une manière démocratique nommer le véritable but de cette manifestation et qui est derrière elle. En regard du danger évident que cette manifestation fait courir à l'ordre public, la nécessité de protéger la population, se positionner clairement, et dans le pur respect de l'article 5 de la loi sur les manifestations,[4] sur l'opportunité d'autoriser l'envahissement de l'espace public par des groupes paramilitaires faisant l'éloge de la guerre, dont les manifestations en Allemagne ou en Autriche sont sources de violences. 

    Comme l'a écrit un groupe de russes contre la guerre dans le journal le Temps :" Le devoir des citoyens d’un Etat de droit est de respecter les lois. L’obligation des organes de l’Etat est de s’assurer que les lois soient respectées. Nous avons déjà vu ce à quoi menait le manquement à cette obligation: pendant de nombreuses années, la Suisse n’a pas appliqué la loi contre le «blanchiment d’argent sale», celui volé à la population russe. L’opinion publique suisse peut et doit empêcher la répétition de cette erreur, quand un Etat de droit n’applique pas ses propres lois. Poutine est un criminel de guerre. Le soutien à Poutine équivaut à soutenir une agression criminelle, à faire la propagande de la guerre. Dans tous les pays démocratiques, il y a des lois contre la propagande de la guerre. Nous exigeons que ces normes juridiques soient respectées et appliquées." [5]

     

     
     
     
     
     
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  • Contre les régressions sociales et la guerre !

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    279198227_10159775795021826_774236322685508922_n.jpegLe slogan de ce premier mai : « contre les régressions sociales et la guerre » est au cœur de l'action de la gauche, tant au niveau municipal, cantonal que fédéral.

    Nous savons qu’en période de guerre (de crise), sans action encore plus résolue de la gauche, les plus pauvres s’appauvrissent et les plus riches s’engraissent.

    A Genève, l’accroissement général des inégalités sociales va de pair avec les résultats exceptionnels des grandes entreprises genevoises. L’indice des prix à la consommation continue d’augmenter (+2.1% en un an) sans que les salaires ne soient adaptés. A Genève, les grandes fortunes de plus de 3 millions ont triplé depuis 2011 passant de 26 milliards à plus de 70 milliards. Pendant ce temps, les citoyens tirent la langue. 

    Concernant la guerre, comme le rappelle le Comité Ukraine Genève, nous voyons avec horreur les images des populations ukrainiennes martyrisées (Boutcha). D’autres découvertes macabres nous attendent dans les jour, les semaines, les mois à venir (horreur indicible d’Azovstal), etc.

    Combien de milliers de civils et de militaires vont encore être tués, mutilés, traumatisés ? Combien de viols ? Combien d'enfants orphelins ? Nous devons évidemment tout faire pour mettre fin à cette boucherie qui a déjà jeté dans l’exil plus de 5 millions de personnes. Il est clair que notre sécurité et notre prospérité dépendent de la fin la plus rapide possible de cette guerre.

    A cette fin, il nous revient de tout mettre en œuvre pour ne plus acheter d’énergies fossiles à la Russie et pour interdire le transit, par des raisons sociales ayant leur siège en Suisse, du commerce de combustibles fossiles provenant d'entreprises majoritairement ou partiellement en mains de la Russie ou d’investisseurs habitant la Russie. Une pétition demande d'ailleurs que la Suisse cesse d'acheter du pétrole et du gaz russe. Merci de la signer.[1] 

    Il nous revient de mettre en place une autorité de surveillance du marché des matières premières ayant pour tâche d’octroyer des licences, en garantissant l’identification des bénéficiaires économiques réels des sociétés, ainsi que de contrôler que les matières négociées ne proviennent pas de pays objets de sanctions internationales ni de zones de conflit, comme le propose l’organisation Public Eye.

    Il nous revient d’accélérer les mesures destinées à promouvoir les énergies renouvelables et donc également à respecter la fin progressive de l’énergie nucléaire. Il nous faut établir des aides institutionnelles pour limiter les effets de l’inflation sur les biens de base, prendre des mesures spécifiques supplémentaires en faveur des couches pauvres de la population frappées par le renchérissement, couvrir à 100% du gain assuré le chômage partiel contraint par la renonciation aux énergies provenant de Russie ou par les effets de la guerre.

    Enfin, d’accueillir dignement mais aussi dans la plus parfaite égalité de traitement tous les réfugié-e- s au sens de la Convention de 1951 relative au statut des réfugié-e-s.  

    Le slogan de ce premier mai « contre les régressions sociales et la guerre » est fondamental. Il est cœur des engagements des prochains mois, avec des déclinaisons au niveau municipal, cantonal, et fédéral. Pendant que la droite continue de couver les intérêts des oligarques et des grandes fortunes louches réfugiées à Genève. Pendant qu'elle leur accorde des visas dorés et des permis d'établissement de permis de séjour de complaisance, prétendant ignorer les conséquences directes de ces largesses sur les civils massacrés. 

    Ce n’est pas à la population de faire les frais des profits mirobolants des grandes entreprises. Ce n’est pas aux Genevois-es de payer le prix de la guerre. Contre les régressions sociales et la guerre !

     

    [1]https://www.change.org/p/arrêtez-de-financer-la-guerre-de-poutine-arrêtez-d-acheter-du-pétrole-et-du-gaz-russes?utm_content=cl_sharecopy_33200364_fr-FR%3A5&recruiter=1263361500&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

    www.sylvainthevoz.ch

     

     

     

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  • Génocide des Arméniens : vérité historique

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    2018-jg-reverberes-memoire-01.jpegLa Fédération des associations turques de Suisse romande a envoyée aux parlementaires de la Ville de Genève et du Grand Conseil genevois un DVD à haute teneur négationniste. À l'approche du 24 avril, date commémorative du génocide des Arméniens (plus de 1.5 millions d’arméniens exécutés entre 1915 et 1916 par les autorités de l’Empire ottoman), cette propagande était accompagnée d’une lettre prétendue explicative sur ce que serait la vraie nature de ces massacres, niant leur caractère génocidaire, bafouant la mémoire des victimes. Voilà une année, un même matériel négationniste avait déjà été adressé aux élu-e-s nationaux et nationales. Nous, signataires de cette lettre, dénonçons le caractère révisionniste et négationniste de ces manoeuvres. Nous affirmons avec force notre refus du caractère nationaliste et aveugle de celles-ci. La réalité historique du génocide des Arméniens est scientifiquement établie et fait consensus parmi la communauté des historiens. Pour rappel, le Parlement européen (18 juin 1987), le Conseil de l'Europe (déclaration écrite de l'Assemblée parlementaire le 24 avril 1998), le Parlement du Mercosur (19 novembre 2007) le Président français Emmanuel Macron, notre Conseil national, ont reconnu le génocide Arménien. Le 24 avril 2021, à l'occasion de la commémoration des 106 ans du génocide, Joe Biden, président des États-Unis, l’a également reconnu officiellement. Plus de 30 pays en ont désormais fait de même. Nous déplorons que l’État Turc, contre toute évidence, nie toujours farouchement cette réalité historique, entravant une reconnaissance internationale plus large et une possible réconciliation basée sur la vérité historique. Parce qu’il ne suffit pas aux assassins d’assassiner, encore veulent-il effacer les traces de leurs crimes, nous ne serons jamais silencieux devant de tels agissements. Ce 24 avril, comme cela a été fait de par le monde, nous avons commémoré, à Genève, le génocide Arménien. Nous sommes aux côtés du peuple Arménien et de tous les peuples ayant été ou étant aujourd'hui victimes de génocide. Pour la justice, pour la paix, pour la défense des droits humains. 

    Signataires: Carlo Sommaruga (Conseiller aux États, Co-président du groupe Suisse Arménie, PS), Lisa Mazzone (Conseillère aux États, Co-présidente du groupe Suisse Arménie, Les Verts), Alex Farinelli (CN, Co-président du groupe Suisse Arménie, PLR), Marianne Streiff-Feller (CN, Co-présidente du groupe Suisse Arménie, PEV), Charles Beer (a. Conseiller d’État, PS), Glenna Baillon (GC, PS), Anna Barseghian (CM, Les Verts), Luc Barthassat (CM, Indépendant), Fabienne Beaud (CM, Le Centre), Olivia Bessat (CM, PS), Anne Carron (CM, Le Centre), Pierre Conne (GC, PLR), Alia Chaker Mangeat (CM, Le Centre), Laurence Corpataux (CM, Les Verts), Emmanuel Deonna (GC, PS), Sébastien Desfayes (GC, Le Centre), Patrick Dimier (GC, MCG), Valentin Dujoux (CM, Les Verts), Pierre Eckert (GC, Les Verts), Matthias Erhardt (CM, Les Verts), Diego Alan Esteban (GC, PS), Joëlle Fiss (GC, PLR), Timothée Fontolliet (CM, PS), Jean-Marc Guinchard (GC, Le Centre), Jocelyne Haller (GC, EAG), Alain de-Kalbermatten (CM, Le Centre), Theo Keel (CM, PS), Badia Luthi (GC, PS), Marta Julia Macchiavelli (GC, Les Verts), Danièle Magnin (GC,MCG), Paule Mangeat (CM, PS), Aude Martenot (GC, EAG), Dalya Mitri (CM, PS), Françoise Nyffeler (GC, EAG), Amanda Ojalvo (CM, PS), Xhevrie Osmani (GC, PS), Maxime Provini (CM, PLR), Patrick Saudan (GC, Indépendant), Christel Saura  (CM, PS), Salma Selle (CM, PS), Brigitte Studer (CM, EAG), Vincent Subilia (GC, PLR), Ruzanna Tarverdyan (CM, PLR),  Sylvain Thévoz (GC, PS), Louise Trottet (CM, Les Verts), Nicole Valiquer Grecuccio (GC, PS), Jean-Luc von Arx (CM, Le Centre), Luc Zimmermann (CM, Le Centre), Manuel Zwyssig (CM, PS).

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  • L’avenue de la Paix, la malfamée

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    Genève,av.de-la-Paix-15.jpegC’est une fort belle avenue. Elle borde l’Organisation des Nations Unies, longe le Comité international de la Croix-Rouge, embrasse la place des Nations et sa chaise brisée, symbole du refus des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions. A l’arrière de la place des Nations, une pierre sombre commémore les massacres de Srebrenica. Cette pierre commémorative appelée «Kamen Spavac» («pierre dormante»), a été offerte à la Ville de Genève par l'Association culturelle des Bosniaques de Genève. A côté d’elle, une stèle commémorative rappelle le génocide rwandais. L’avenue de la paix accueille également une statue de Gandhi, guide spirituel et apôtre de la non-violence.

    Cette avenue relie deux institutions vouées à la recherche de la paix dans le monde : le Palais des Nations Unies et celui du Bureau international du travail, aujourd'hui occupé par une autre institution internationale, l’Organisation Mondiale du Commerce.

    Elle est belle cette avenue de la Paix ! Elle est pleine de symboles forts, de rappels à l’histoire, de refus de l’injustice. Autour d’elle, une multitude de grandes organisations internationales ont leur siège. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’Union Internationale des Télécommunication, le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés entre autre y voisinent. Ils font du multilatéralisme l’essence de leurs actions. Si l’on descend en l’avenue, on dépasse l’Organisation Mondiale de la Météorologie, avant d’arriver à l’OMC. Et puis ?  La statue de James Vibert nommée : « l’effort humain », les galets et le bleu du lac, puis l’horizon et le monde.  

     

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  • Un blocage salutaire

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    Peu avant Pâques, le Pont du Mont-Blanc a été bloqué durant deux heures par des activistes de Renovate Switzerland[1]. Cette action avait lieu dans le cadre d'une campagne de résistance civile qui demande au Conseil fédéral de mettre en place un programme de rénovation massive des bâtiments afin de permettre aux cantons de rénover d'ici à 2040 le million de maisons qui nécessite une isolation d'urgence afin de préserver le climat. 

    Un électrochoc nécessaire

    Devant l'inaction du politique et particulièrement du Conseil fédéral en termes de climat, des citoyen-ne-s ont pris leur courage à deux mains pour s’en coller une sur le bitume, dire stop, ça suffit. Bravo au passage à la police genevoise qui a géré avec professionnalisme cette action, protégeant ces activistes des comportements agressifs. Immobiliser le trafic est un acte fort. Ces intrépides risquent un casier judiciaire. Ils assument pleinement leurs actes. Les déferlements de haine à leur égard sont grotesques. Tirer sur le messager en rassure peut-être certains, mais il est infantile de ne pas entendre leur message.

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  • Mortalité sur les routes genevoises : le prix de l'inaction

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    20190608084008222.jpgLes routes genevoises sont plus mortelles que jamais. En 2021 quatorze accidents fatals ont été recensés, dont la moitié sont des conducteurs de deux-roues motorisés. Les 14 accidents funestes dénombrés en 2021 concernent plus précisément 4 piétons, 2 cyclistes, 2 scootéristes, 4 motocyclistes et 2 automobilistes. Parmi ces accidents, 6 ont eu lieu presque successivement, soit entre le 31 août et le 30 septembre dernier. Les usagers de la mobilité douce et les utilisateurs de deux-roues motorisés sont fortement représentés dans ces événements tragiques. Par ailleurs, l'augmentation des blessés graves à doublé, passant à 48. [1] Là aussi, les cyclistes (vélos classiques et e-bike), trottinettistes paient le prix fort.[2] La police laisse entendre, comme à son habitude que la responsabilité individuelle est en cause, voire l'état général du conducteur (alcool, fatigue, prises de drogue et médicaments).[3] On ne peut se satisfaire de cette explication. Lorsque nous avions interpellé le Conseil d'Etat (QUE 1661-A) à ce sujet l'année passée, ses réponses étaient lénifiantes.

    Or, le problème est avant tout structurel. Genève n'a pas prévu les changements de mode de mobilité et a 30 ans de retard pour les aménagements touchant à la mobilité douce. La place réservés aux piétons est disputée du fait de l'emprise du trafic autoroutier motorisé.  

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  • C'était mieux au temps du féodalisme

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    IMG_7553.jpegDans la rue, sur un banc, au soleil, je lisais. Un livre  : "Pourquoi je hais l'indifférence" d'Antonio Gramsci. J'en étais arrivé là dans ma lecture d'Antonio : Notre optimisme révolutionnaire a toujours été soutenu par une vision d'un pessimisme sans fard de cette réalité humaine....  Une voix me tira de celle-ci. 

    - Bonjour monsieur, vous lisez quoi ? 

    Une femme entourée de sacs, six ou huit de grands volumes marcha vers moi, pointant du doigt le livre que je tenais.  

    - C'est un livre d'Antonio Gramsci. Un homme incroyable qui a fondé le parti communiste italien. Les fascistes l'ont jeté en prison. Il est mort quelques jours après en être sorti. Ses écrits sont des ressources pour s'opposer aux choses comme elles vont. 

    - C'est intéressant monsieur. Mais vous savez, on vivait mieux au temps du féodalisme. 

    - Pardon ? 

    - On vivait mieux au temps du féodalisme. Il y avait un seigneur qui protégeait ses gens, et même si on avait rien, on était défendu. 

    Cette femme, entourée de ses sacs dans lesquels il y a sa vie me dit que sa vie elle la perçoit plus fragile à Genève en 2022 qu'au temps des chevaliers et de la peste noire. Elle dit quelque chose de très simple et de très fort. En 2022, avec tous les progrès technologiques dont on se gausse, les milliards de fortunes accumulées,  malgré tous les discours sur le zéro sans-abrisme et le refus de la pauvreté, pour cette femme, il n'y a aucun seigneur en vue, pas de protections ni de sécurité. D’autres diraient peut-être : "on mangeait mieux au temps des cavernes" .... en sortant d’une chaine de restauration rapide.

    - Je vous entends madame, mais les seigneurs avaient droit de vie et de mort sur leurs sujets qui étaient considérés comme des choses. C'était pas folichon le féodalisme. Un mot de travers et on vous coupait la tête.

    - Vous croyez vraiment cela monsieur ?  

    Elle a regardé ses sacs. Elle a regardé le livre de Gramsci. Elle a regardé autour d'elle.

    Elle m'a regardé longuement.

     

    Je revois souvent cette femme dans le quartier. Toujours avec ses sacs qu'elle déplace de quelques mètres et qu’elle aligne comme pour former une palissade. 

    Parfois elle forme un cercle avec, et c'est une forteresse. 

    Elle construit sa propre seigneurie.

     

     

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  • Ukraine : Ne pas se taire, agir

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    Exprimer notre admiration notre respect et notre reconnaissance envers celles et ceux qui résistent, combattent les armes à la main à 2000km de nos maisons pour la défense de leur vie, de leur indépendance, de leur terre mais aussi de nos démocraties et de nos libertés.  

    Exprimer notre reconnaissance envers celles et ceux qui combattent pour des valeurs communes aux femmes et hommes de bonne volonté : le respect du droit international, des droits humains, de la justice et de la paix. 

    Exprimer notre solidarité intégrale envers celles et ceux qui sont actuellement sous les bombes en Ukraine, notre intime soutien aux proches, aux familles, ukrainiennes et ukrainiens du monde entier. 


    Exprimer notre dégoût, notre tristesse et colère devant l'agression lâche du criminel du Kremlin et de ses hommes de main. Poutine est un assassin. Que le sang de toutes les victimes innocentes retombe sur lui. 

    Exprimer aussi notre culpabilité de dormir dans des draps blancs, de lever nos enfants pour les amener à l'école, de sourire et manger sous ce terrible soleil alors qu'a moins de 2000km de là, à Kiev, la vie est devenue subitement un enfer mortel. La guerre écrase les familles, la population. 

     

    Exprimer notre honte devant la tiédeur de notre gouvernement, son refus de prendre des mesures fortes. Refuser l'impuissance et le silence complice. 

    Agir enfin et nous engager avec toute notre énergie afin que la Suisse gèle les avoirs des oligarques russes, gèle les milliards de l'agresseur mis en réserve dans les banques suisse, prive d'atterrissage les jets privés russes, comme le fait déjà le royaume-uni.

    Agir et combattre pour que la Suisse reprenne intégralement les sanctions décidées par l'Union Européenne contre l'agresseur. 

    Ici, à Genève, agir par tous les moyens nécessaires pour que les fortunes russes, les hommes du pouvoir et les oligarques corrompus ne trouvent ni retraite ni base arrière pour jouir des fruits de leur rapines et se retirent d'Ukraine.

     

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  • Ukraine : les larmes de crocodile du Conseil fédéral

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    russie,ukraine,guerre,capitalisme,exploitation,financesLe Conseil fédéral, après s'être répandu en condamnations et réprobations "les plus fermes" contre l'agression russe en Ukraine, s'est refusé à s'aligner sur les sanctions occidentales. "Aujourd'hui est un jour triste comme nous n'en avons pas connu depuis longtemps" blabla.

    Pour le Conseil fédéral, pleurer des larmes de crocodiles, pourquoi pas : mais pas touche au porte monnaie et au portefeuille bancaire. "La Suisse ne pourrait pas tenir son rôle traditionnel si elle reprenait automatiquement toutes les sanctions de l'UE ou d'autres pays" nous dit le Conseil fédéral. Il ne faut surtout pas fâcher les traders et lâcher les négociants de matières première qui ont pignon sur rue, à Genève notamment. Conséquence : des millions affluent pour être planqués dans les banques genevoises[1]. Le refus de prendre position devient complicité. Les comptes des oligarques russes ne sont pas gelés. Les retraits d'argent sont toujours possibles pour eux, et Ignazio Cassis dénonce "l'émotionnalité" populaire qui voudrait que la Suisse s'aligne sur les sanctions de l'UE. L'hypocrisie de la majorité de droite du Conseil fédéral est sans limites et sous couvert des "bons offices", l'UDC et le PLR démontrent ce qu'est la souveraineté et de la neutralité helvétique pour eux : un sent-bon pour servir les intérêts de la finance au détriment des droits humains.

     

    La Suisse a une relation privilégiée avec la Russie. Genève est le premier centre de négoce du pétrole russe, ce qui est important et donne un pouvoir certain à la Suisse dans la lutte mondiale contre l'agresseur. Environ 80% du commerce russe des matières première se déroule à Genève.[2] L'association suisse de négoce des matières première se réjouit de "l'absence de sanctions contre les entreprises russes, car en cas de sanctions, les entreprises suisses ne pourraient plus travailler avec la SberBank, plus grande banque de crédit en Russie, ou la Gazprombank". "Si une entreprise qui se fait financer en partie par une banque russe ne pouvait plus le faire... ce serait embêtant." Ah oui, ce serait embêtant ! Pendant que des femmes et des enfants se font pilonner à Kiev, tuer, par l'agression sauvage voulue par un gangster sanguinaire, du côté du lobby financier et du trading on trouverait "embêtant" de perdre quelques pourcentages d'intérêts !

    Au nom de la finance et du trading, le Conseil fédéral brade notre souveraineté et neutralité, et fait de la Suisse une exception en Europe, nous isolant encore davantage vis-à-vis de nos alliés européens. Pire, il se fait l'allié objectif de l'agresseur et nous vole une partie de notre dignité, faisant de nous les usuriers de la violence. Face à cela, il nous faut évidemment hausser la voix pour dire que nous ne sommes pas d'accord. Nous n'avons peut-être pas le pouvoir d'arrêter cette guerre, mais nous avons celui de ne pas en être complice, et l'exigence de faire notre part pour en réduire les dommages. 

     

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  • Effaçons la pauvreté, la mendicité disparaîtra

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    273542554_10159644286861826_7934938220785695302_n.jpgA droite, la lutte contre la pauvreté est simpliste ; si on ne la voit pas, elle n’existe pas. Au GHI : si on la criminalise, elle fait vendre. Alors que d'une manière inique et certainement illégale (recours déposé) la droite s'en prend aux plus précaires en votant une nouvelle loi interdisant la mendicité, le GHI souffle sur les braises en criminalisant les pauvres. Il faut s'opposer à ce lien qui se fait entre pauvreté et criminalité parce que 1) ce lien n'est pas démontré. 2) nous sommes tous sujets à des phases de précarité et 3) dans les faits les véritables voleurs et prédateurs de notre société ne sont pas ceux que le GHI et la droite désignent à la vindicte populaire.

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  • Nuisances sonores: Genève passe enfin la 2e

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    E86FFAED-B4A3-4EDF-B328-36E140C064A2.jpegGenève fait enfin le pas de réduire la vitesse à 30km/h dans les agglomérations. Il est plus que temps. Notre canton est le troisième plus bruyant de Suisse. Réduire les vitesses est le seul moyen d'atténuer ces nuisances, alors que près de 90% des routes genevoises sont déjà recouvertes de phono-absorbant.  

    Malheureusement, quelques défenseurs du musée de l'automobile donnent de la voix pour critiquer cette mesure. Alors que dans de nombreuses villes de Suisse (Lausanne, Zürich, Berne) ces mesures sont déjà mises en oeuvre, sont plus ambitieuses, et réduisent intelligemment l'emprise des véhicules motorisés sur la vie des citoyen-ne-s, à Genève, chaque mesurette doit être arrachée au forceps. Il est plus que temps de réduire l'emprise démesurée des véhicules motorisés - héritage d'un autre temps- dans notre canton. A Genève nous avons 20 ans de retard. 

    Essayons de raisonner ensemble et laissons de côté les idéologies crispées pour dépasser les positions arrêtées évoluer dans notre pensée afin de chercher des points de compromis pour le bien de notre population.

    Un fait d'abord : la population souffre du trafic de transit et de niveaux sonores qui endommagent leur qualité de vie et leur santé. 90% des véhicules motorisés qui entrent dans les agglomérations ne font que les traverser. 80% de la population des villes souffrent du bruit excessif de véhicules à moteur. Les taux d'alerte sont dépassés et Genève est l'un des plus mauvais élève de Suisse en terme de dépassement de ces mesures. Sans réaction, la situation va encore de se pérorer. On devrait également faire respecter et appliquer le plan climat cantonal qui prévoit une réduction de 60% des émissions de C02 à l’horizon 2030 et donc travailler à une réduction significative de la circulation, des vitesses, et du bruit routier. 

    Le bruit routier : une attaque contre la santé publique

    Environ un million de Suisses sont atteints par le bruit de façon excessive. La Confédération estime à 2,6 milliards de francs les coûts de la santé induits par le bruit du trafic. Ce bruit augmente les risques dans plusieurs domaines : cardio-vasculaire, psychique, et le sommeil. En 2018, une étude réalisée à Lausanne démontrait le lien entre quartier bruyant, et forte somnolence durant la journée, donc manque de sommeil.Même si le bruit ne réveille plus après des années passées à côté d'une autoroute ou d'un aéroport, il continue d'influencer le système cardio-vasculaire.[1]

    Une cohorte nationale a ainsi montré une augmentation du risque d’insuffisance cardiaque, d’hypertension et d’accident vasculaire cérébral chez les personnes exposées à des niveaux élevés de bruit de circulation routière, indépendamment des autres sources de bruit. Une augmentation de 10 décibels entraîne également une augmentation de 4% du risque d’infarctus du myocarde.On estime que le seul bruit routier, ferroviaire et aérien serait responsable chaque année en Suisse de 500 décès.[2]

    D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les nuisances sonores sont la deuxième cause de morbidité parmi les facteurs de risques environnementaux, derrière la pollution de l’air. En effet, chaque année dans l’Union européenne, 12’000 morts et 48’000 maladies cardiovasculaires sont attribués aux bruits routiers et autres nuisances sonores, selon les chiffres de l’Agence européenne de l’environnement. En Suisse, une personne sur sept est exposée à un bruit routier excessif à son domicile le jour, et une personne sur huit la nuit, soit près d’un million de personnes.[3]Le bruit du trafic routier rend fortement malade, quand il ne tue pas. Le stress induit est monumental. 

    Réduire la vitesse à 30km/h est une première prise en considération du degré de souffrance des habitant-e-s qui n’en peuvent plus du bruit et des nuisances dû au trafic de transit. Il n’est plus acceptable aujourd’hui de ne rien faire alors que la santé des habitant-e-s est lourdement péjorée. La pose de phono absorbants l’augmentation des voitures électriques ne règle fondamentalement ni la question des pics de bruits, ni du climat, encore moins quand les prévisions annoncent de massives augmentations de trafic. Des experts le rappellent : « en ville, il faut se déplacer à pied, à vélo ou en transports publics. Nous n’avons aucun besoin d’une voiture spécifique pour la ville. C’est absurde sur le plan environnemental. » Plébisciter les voitures électriques à grande échelle, c’est plébisciter les centrales nucléaires et les centrales à charbon. Si c’est sur une petite échelle seulement, alors cela ne règlera pas les questions de fond.[4]

    Seul une réduction importante du trafic individuel motorisé est écologiquement durable et souhaitable pour la santé.

    Abaisser les vitesses n'enlève à personne sa sacro-sainte liberté de prendre encore sa bagnole. Mais laissez nous dormir et marcher en Ville sans que nos oreilles et nos bronches, celles de nos enfants et des aînés ne soient perforées ou encrassées. 

    Réduire la vitesse à 30Km/h est une simple mise en oeuvre de la loi, une première mesure pour la préservation de la santé, et la limitation de la pollution. Que quelques pithécanthropes du tout bagnole fassent encore du bruit pour lutter contre ne nous étonne pas. Mais de grâce, ne leur donnons pas trop d'importance. Même bruyants, ils appartiennent au passé. 

     

    [1]https://www.rts.ch/info/suisse/10396850-le-bruit-enjeu-majeur-de-sante-publique.html#chap01

    [2]https://www.illustre.ch/magazine/quand-le-bruit-nous-rend-malades

    [3]https://www.invivomagazine.com/fr/mens_sana/prospection/article/603/nuisances-sonores-un-mal-silencieux

    [4]https://www.letemps.ch/lifestyle/voiture-electrique-une-aberration?gclid=CjwKCAiArOqOBhBmEiwAsgeLmW8kCgbN829dD-Oj8GHE3iG9JksUgmTC5ojgVVlvyzKYz_IzRwkNkhoCe9QQAvD_BwE

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  • De la nourriture… et bien plus !

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    272434638_10159618215151826_8844752860687919709_n.jpgLe Refettorio Genève a fêté son inauguration ce vendredi 28 janvier au 120 rue de Lyon. Ce restaurant accueille à midi des clients payant leur repas et le soir des travailleuses et travailleurs précaires, personnes sans abris, en difficulté ou en rupture, pour y manger sans bourse délier.

    Une véritable réflexion sur la nourriture y est menée (circuits courts, lutte contre le gaspillage, expérience qualitative et gustative), mais aussi sur l’importance sociale de pouvoir permettre à des personnes avec peu ou pas de revenus, de se rendre au restaurant et y être accueillis sans discriminations.

    Manger y est une expérience gustative, sociale et culturelle (design du lieu, choix du beau, et ce, jusqu’au forme des assiettes). On est loin de la soupe populaire hâtivement apprêtée, chichement composée et servie hâtivement.

    L’accueil y est aussi central que ce qui se trouve dans les plats. Le charisme du chef Walter El Nagar et son énergie rassembleuse fédèrent autour de lui une équipe et des bénévoles motivés, une fondation attractive (Mater Fondazione) faisant de ce projet unique à Genève, un lieu unique et inspirant. Le concept du Refettorio a été lancé en 2015 par le chef étoilé Massimo Bottura, depuis il se réplique dans le monde. 

    Il était beau de voir le chef Massimo Bottura inaugurer ce lieu, avec le magistrat Thierry Apothéloz, mais aussi la présence de Noël Constant de la Fondation Carrefour-Rue, et tant d'autres. 

    Le Refettorio est situé à Châtelaine dans un quartier populaire qui se densifie à vitesse accélérée. A deux pas de la Haute école d'art et de design, mais aussi de la zone industrielle, proche du quartier de l’Europe où une chaîne de restauration rapide s’est installée pour vendre ses burgers en ciblant ce quartier à bas revenus, et au pied de la Cité Vieusseux, populaire, mais peu dotée en lieux de restauration.

    Le Refettorio, c’est une pincée d’innovation, une cuillère de bonne volonté et une généreuse tranche de créativité. Ce projet invite à repenser à la fois ce qu’est la cuisine, son sens et ses défis, et ce qu’est le travail social, son public, ses outils et son évolution. 

    A déguster sans modération, en pleine conscience.  

     

    https://www.refettoriogeneva.org

    https://www.foodforsoul.it/it/about-us/news-storie/novita/il-17-gennaio-2022-apre-il-refettorio-ginevra/

     

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  • Covid: l'inéquitable hâte-toi lentement genevois

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    440px-Eile-mit-weile.pngInjection du booster, Genève à la traîne. La Tribune de Genève ne va pas par quatre chemins pour décrire le retard qu'a pris notre Canton, notamment en comparaison avec le Canton de Vaud, qui a ouvert la troisième dose à ceux qui ont reçu la deuxième il y a déjà ... quatre mois![1]

    À Genève, il faut malheureusement encore patienter. Les atermoiements du ministre de la santé Poggia, inversement proportionnels à son activisme sur les réseaux sociaux, ont placé notre canton à la traîne.

    Alors que l'épidémiologiste Antoine Flahaut [2] espère que "les trois doses de vaccin permettront de diminuer le risque de transmission d’environ 70% et encore davantage les formes graves, c’est donc une urgence de pratiquer cette dose de rappel, au moins pour les personnes à risque et si possible pour toute la population."! Il y a urgence ! Pourquoi tant de lenteurs alors au bout du lac? 

     

     

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  • Entre fatigue, repose toi

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    7A2E33CC-91F8-4432-A1AF-337FB8456FBF.jpegEntre, fatigue, repose-toi. Cette année fut éprouvante. Tu entames décembre sans ton air jovial et triomphant adopté de coutume, quand les repas d'entreprise, ceux des familles, te mobilisent entièrement; quand les courses aux cadeaux, l'écriture des cartes de voeux, les négociations de plans de table s'appuient sur toi. Que reste-t-il de tes habitudes, ma bonne fatigue? Je te regarde dans le miroir. Je ne te reconnais pas. 

    Tu as mauvaise mine ma compagne anonyme. Que peut-on faire pour toi, qu'attends-tu de nous, que doit-on penser de tout ça ? Plus lasse que d'habitude, tu ressasses, tu ânonnes, presque sans voix. L'année n'en finit pas. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Et toi qui dors là, dehors dans le froid.

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  • Venue de Zemmour à Genève: le million dont on ne devrait pas parler

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    052A6510-0256-4502-995A-7EFF1B52E84C.jpegLe coût de la venue d'Eric Zemmour à Genève n'est officiellement toujours pas transmis. Lorsque des journalistes ont demandé au Département en charge de la police le coût du déploiement policier pour la venue du polémiste d'extrême droite à Genève, son porte-parole, Laurent Paoliello, n'a donné ni chiffre ni détails : «Tout ce qui a été mis en place entrait dans la mission de base de la police.» [1] Il faisait écho aux premières déclarations de la police [2] restant vagues sur le dispositif engagé[3].   

    Un engagement sécuritaire démesuré

    Selon nos estimations, le dispositif, jugé démesuré par de nombreux observateurs, a coûté près d'un million. Faisons le compte: 380 policiers engagés pour 10-12 heures de travail au tarif de 150.- de l'heure = 684'000.- Environ 200 policiers d'autres cantons payés par les collectivités au même tarif = 360'000.- L'engagement des démineurs pour une fausse alerte, le probable engagement d'un hélicoptère, les heures passées en amont et en aval de l'événement, nous amènent probablement au-delà du million. Parlons-en.

    Une mobilisation de plus de 500 policiers pour 700 manifestants pacifiques, est-ce bien nécessaire? Cette question devrait pouvoir être posée, débattue en toute transparence. Les Genevois-es ont le droit de savoir combien leur coûte tel ou tel événement; pourquoi lorsqu'ils manifestent démocratiquement dans la rue, ils ont automatiquement un camion de police devant eux et un derrière. Mais quand ils se sentent menacés dans une ruelle le soir, ou lorsqu'ils appellent la police pour tapage nocturne,  il leur est immanquablement répondu d'attendre.

    Dire: "Cela est pris sur les frais de base, donc cela ne coûte rien" est faux. 

    L'analyse faite par le Département en charge de la police est fausse. Il est erroné de dire que ce genre de manifestation entre dans les missions de base de la police et qu'il n'y a donc ni à en détailler le coût, ni que son prix est effectif. En rendre compte ne reviendrait pourtant pas à entrer dans "l'opérationnel" mais à respecter la loi (Article 21 de la Loi sur l'information du public et l'accès aux documents (LIPAD). Il est faux de dire que du fait qu'il n'y a pas d'heures supplémentaires engagées, il n'y a pas de coûts, ni que celui-ci ne peut être débattu. 

    Aux journalistes, aux député-e-s, aux citoyen-ne-s qui ont demandé pourquoi la collectivité devait financer un dispositif de sécurité démesuré pour Monsieur Zemmour, le Département de la sécurité a refusé de leur répondre. La question est pourtant centrale : pourquoi réunir en surnombre des policiers ici alors qu'ils manquent là?

     

     

     

     

     

     

     

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  • Slalom (très) spécial au jardin anglais

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    thumbnail.jpgDes associations ont mis le doigt avec raison sur le problème de la piste cyclable qui permet bon an , mal an de traverser le pont du Mont-Blanc.[1]

    Trop petite, ne permettant pas les dépassements, mal coordonnée avec les feux de signalisation, tristement monodirectionnelle alors qu'elle relie deux pistes bidirectionnelles. Bref, mal fichue, elle possède toutefois l'avantage d'être en site propre. Avant celle-ci au jardin anglais, c'est la jungle.

    Les piétons, les poussettes, les vélos y sont jetés pêle-mêle sur un bout de bitume encore réduit à peau de chagrin par l'ouverture du marché de Noël du 18 novembre au 26 décembre. Des milliers de personnes se pressent là. Elles débouchent directement dans le flux cyclistes, obligeant cyclistes et piéton-ne-s à un slalom pour le moins spécial et très dangereux.  

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  • Une initiative contre la crise

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    fiscalité,richesses,durabilité,social,santé,emploiL’initiative cantonale « Pour une contribution temporaire de solidarité sur les grandes fortunes » prévoit la mise en place d’un impôt temporaire de solidarité sur la part des fortunes imposables qui dépasse 3 millions de francs, afin de permettre aux collectivités de faire face aux conséquences de la crise. Cette initiative, portée par toute la gauche et les syndicats vise à renforcer la classe moyenne, les petites et moyennes entreprises. La population est invitée à la signer largement. https://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2021/09/IN-FISCALE.pdf

     

     

     

     

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  • La charité sans les droits, ça ne marche pas !

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    E139B306-B7E8-47F3-A311-72AD6FB37320.jpegNoël approche. Cette période est traditionnellement propice à des reportages souvent larmoyant au sujet des personnes à la rue, des aînés isolés, des familles monoparentales, etc., Ces derniers mettent en valeur des initiatives individuelles venant en aide à ces pauvres avec force soupes populaires, dons de vêtement, atténuant l’extrême précarité de leurs situations. Si ces actions rappellent à certains l’époque des dames Patronnesses, pour d'autres elles palient aux manquements de l'État et à une certaine banalisation de la pauvreté.

    Ainsi se métamorphose la cruelle réalité quotidienne en belles histoires de Noël ramenant un peu d’humanité dans ce monde injuste, suscitant de l'empathie et atténuant la violence de notre société.

    Cette générosité est décriée par certain-e-s comme étant de la charité, et cette « charité » comme fondamentalement condescendante. Elle escamoterait l’essentiel : il faut donner des droits aux plus précaires, et s’assurer qu’ils puissent les exercer. La « charité » comblerait surtout et uniquement celui qui donne. Elle ne serait ni durable, ni digne. Comme l’Homme ne se nourrit pas uniquement de rations de survie ni ne se vêtit d’habits de seconde mains, mais de la défense de ses droits et de la dignité de leur exercice, cette charité est considérée comme une compensation temporaire donnée aux pauvres, alors qu’il faudrait lutter durablement contre la pauvreté à sa racines.

     

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  • Rasons les voitures que l'on voie la ville

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    E2979BD3-9456-4058-AE1A-63A0D79B2AE3.jpegDans les années 80, une expression surgissant entre Lausanne et Genève disait tout du désir d'émancipation d'une jeunesse étouffant : Rasez les Alpes que l'on voie la mer. Aujourd'hui, les habitant-e-s des villes disent: rasons les voitures, que l'on voie la ville.

    Parce que l'on n'en peut plus, des autoroutes urbaines, du volume pris par ces boîtes de métal aux agressives accélérations, de leurs pets méphitiques, trajectoires écrasantes, de leurs excès continus des vitesses, des atteintes à la santé et à la vie des plus fragiles qu'elles occasionnent, sur les routes et leurs bordures.

    Chaque année apporte son lot d'aînés, de piétons, de cyclistes abimés ou tués. Mais si tous ne meurent pas, les autres sont terrorisés, ayant intériorisé la menace au coeur de leur quotidien, comme si cela était normal.

    La phrase la plus prononcé par un parent à son enfant est : Attention à la route, reviens, tiens-moi la main.  Impossible de laisser 5 mètres de distance à ses gamins ou jouer dans la rue; d'éviter que les aînés soient contraints à des détours épuisants pour emprunter un maigre passage piéton où ils ne seront même pas sûr d'être en sécurité. Et si un sémaphore en règle le passage, ils seront contraints de presser le pas pour, chronomètre en main, avoir juste le temps d'arriver sur l'autre rive, avant que le flot rugissant ne balaie tout sur son passage.

    Marre du Moloch.

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  • mariage pour tous : pourquoi tant de haine ?

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    mariage pour tous,égalité,haine,droitsUn quatrième drapeaux a été arraché par un indélicat. Pas de traces, pas un mot, à chaque fois un arrachage sauvage. Lors du vol du drapeau 2, j'ai juste pu voir un bougre emporter le drapeau en lui criant 'voleur voleur'. Peine perdue. Mais pourquoi tant de haine ? Pourquoi vouloir à ce point invisibiliser l'opinion d'autrui? Petit voleur de drapeau, qu'est-ce qui te fait tellement mal à la vue de ces couleurs arc-en-ciel  ?

    Des affiches sont également arrachées dans la rue, des personnes salies dans leur identité. La campagne des opposants dénigre et veut semer le doute, avec des amalgames absurdes entre mariage-GPA-PMA, de sinistres outrances langagières. Drôle de manière de faire vivre et respecter le débat démocratique. À cours d'arguments, les opposants puisent dans leur virulence une énergie noire pour réduire au silence l'opinion et le droit d'autrui à aimer qui il/elle veut.

     

     

     

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