sylvain thévoz

Un ange au coin de chaque rue

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IMG_8497.jpegLe quotidien nous marque le moral. En observant objectivement la réalité en face, tout invite à lui tourner les talons. Guerre en Ukraine, conséquences quotidiennes de la crise climatique, répression dans le sang du soulèvement national en Iran, banalisation des propos racistes, refoulements des migrants, montées de l’extrême droite, baisse du pouvoir d’achat, crise économique, angoisses et avidités. Ce tableau est biaisé, incomplet ? J’ai peut-être oublié le Covid, la crise énergétique, la coupe du monde de football, fête joyeuse jetée dans une pétromonarchie fondamentaliste et sanguinaire et omis les drames du quotidien. Chacun complètera.

 

Antonio Gramsci nous rappelait que face au pessimisme de la raison, il nous revenait d’opposer un optimisme de la volonté.  Mais j’en viens parfois à flirter avec l’épuisement du stock de bonne volonté. Que peut celle-ci quand la violence et l’impuissance semblent partout dominer ? Manifester… à quoi bon ? Écrire des lettres… qui les lira ? Voter, changer les rapports de force…  avec quelles forces justement ?

 

Pour un regard superficiel et pressé, une mauvaise nouvelle chasse l’autre. La tentation d’abandonner guette. Un ami a cessé de lire les journaux, d’écouter la radio. Tout lui semblait oppression ou vain bavardage, écume à la surface des choses. Il ne voyait plus le sens. Il s’est recentré sur son nombril, pratique assidûment le yoga. Oui, très facilement, on peut en venir à désespérer et renoncer, ou à se distraire férocement par volonté d’abrutissement.

 

Pourtant, si l’on y regarde à deux fois, on constate que les anges occupent le terrain. Oui, les anges ! Permettez-moi un mot sur ceux-ci, car dans ce monde traversé de spasmes, ils font rarement la une des journaux. Ils travaillent sans relâche pour sauver des vies, mettre des personnes en lien, tendre la main, éviter les catastrophes. Ils sont légion. Ils sont partout.

 

J’ai appris à les reconnaître. Rien à voir avec les représentations d’angelots imberbes à grelots ouatés qui leur colle à la peau. Pas de petites ailes non plus, ni d’air béat. Ils ont un regard franc, un sourire doux. Ils travaillent à voix basse, modestement, pour soigner, orienter, renverser la fatalité des choses. Je connais des anges. Je les rencontre tous les jours, au coin de la rue ou au carrefour des coeurs. Je sais à quoi ils ressemblent et de quoi ils sont capables. Et si on leur donnait davantage de place ?

Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 7 commentaires

Commentaires

  • Bravo. Très bel article. Merci de sortir de temps en temps de vos envolées révolutionnaire.

  • Bravo. Très bel article. Merci de sortir de temps en temps de vos envolées révolutionnaires.

  • Oui, effectivement. Ceux qui nous ramassent quand on tombe dans la rue, ceux qui nous sourient gracieusement, ceux qui nous saluent, alors qu’on ne les connaît pas, ceux qui s’occupent jour et nuit de leurs proches, et même de ceux qui leur sont étrangers, oui, ceux là se perdent dans les limbes de l’anonymat. Composons donc ces poésie, ces textes ou tout autres créations que nous mettrons gratuitement à disposition de ceux qui veulent bien nous prêter attention, ainsi s’incrustera en nous à jamais, ce monde que l'on aimait.

  • Oui, effectivement. Ceux qui nous ramassent quand on tombe dans la rue, ceux qui nous sourient gracieusement, ceux qui nous saluent, alors qu’on ne les connaît pas, ceux qui s’occupent jour et nuit de leurs proches, et même de ceux qui leur sont étrangers, oui, ceux là se perdent dans les limbes de l’anonymat. Composons donc ces poésie, ces textes ou toutes autres créations que nous mettrons gratuitement à disposition de ceux qui veulent bien nous prêter attention, ainsi s’incrustera en nous à jamais, ce monde que l'on aimait.

  • Oui, effectivement. Ceux qui nous ramassent quand on tombe dans la rue, ceux qui nous sourient gracieusement, ceux qui nous saluent, alors qu’on ne les connaît pas, ceux qui s’occupent jour et nuit de leurs proches, et même de ceux qui leur sont étrangers, oui, ceux là se perdent dans les limbes de l’anonymat. Composons donc ces poésie, ces textes ou toutes autres créations que nous mettrons gratuitement à disposition de ceux qui veulent bien nous prêter attention, ainsi s’incrustera en nous à jamais, ce monde que l'on aimait, ce monde auquel nous avons porté notre amour en portant aux démunis secours.

  • de Libye Océan Viking ..in ange passe, mais combien trépassent

  • briand : mais il eut suffi qu'il passe afin que bien des ennuis trépassent.

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