sylvain thévoz

Halloween machin chose

Imprimer

halloween-2870607_1920.jpgPréparation de breuvage à la citrouille, défilés de déguisements abominables, animations artificielles au coin d'un faux feu, déguisement de son animal de compagnie, Halloween revient comme chaque année nous hanter avec son kitsch commercial illimité. Chaque année, rebelote, cet avatar grotesque de fête prend davantage d'importance : toiles d'araignées factices, vieilles ouates et citrouille fluo font "décoration" dans quantité de commerce, du garage au coiffeur en passant par l'esthéticienne et le bar du coin. 

Aucune pitié ni pour la créativité ni pour la simplicité, tout cela est tartiné d'un anglais approximatif, enseveli sous des montagnes de bonbons, de chocolat, de dégueulasseries en plastique. Pour faire passer la pilule, s'la jouer plus cool et amerloque, du beurre de cacahuètes et de la confiture de fraise sont de rigueur. Pauvre de nous. 

Quelle meilleure date qu' Halloween pour relancer la machine clament-ils, ayant flairé le bon filon. Halloween est une étape avant le black Friday pour bien atteindre Noël. Nous voilà dans la catégorie des grands bazars ayant dévoré sens, histoire et poésie, pour vendre un maximum de toc, de n'importe quoi, inutile.

Honnêtement, avec le Covid et le spectre lugubre qui s'est abattu sur notre société on aurait pu imaginer que la mort avait déjà été bien servie, et que de celle-ci, nous avions peut-être appris quelque chose, développé des peurs à discuter et des histoires à transmettre, allant au delà du don de chocolat aux enfants et des tatouages de vampire (même si c'est peut-être la partie la plus noble de cette non-fête : la joie des enfants dans son aspect carnavalesque).

Durant le Covid on a compté les morts, on n'a jamais raconté leur vie.

La mort reste taboue, innomée, aseptisée, évacuée. Les souffrances pour les sur-vivants demeure un défi social, une gageur pour une communauté qui rejette la perte le silence et la mort ;  spectre que des tonnes de chocolat et le grotesque d'Halloween ne parviennent ni à occulter ni à nommer. Le déguisement de sorcière à même ceci de rassurant qu'il est inoffensif, désuet et caricatural. Si les enfants se déguisaient en blouse blanche ou en infectiologue, l'effrayante visite de courtoisie ferait peut-être moins rigoler. 

A la Toussaint quelques un-e-s iront sur la tombe de leurs proches, évoquerons en leur coeur les disparus. Pas bon pour le PIB, pas vraiment économiquement porteur.

Mais comment approcher la mort autrement que dans le silence, en face à face et démuni, avec des mots minuscules nouant le rattachement à la communauté des vivants, sans chercher à escamoter sous strass et pacotilles sa profonde fêlure?

Halloween est une non-fête, elle ne fait ni peur ni mal, transformant en parc d'attraction et pour une soirée nos relations de voisinage, et jouant, dans l'ouverture d'une porte et le don de chocolat, à parodier la politesse de l'anonymat.

Dire cela, rappeler comme l'isolement est profond, combien de nos frères et soeurs, se font livrer une salière en commandant en ligne à l'algorithme plutôt que risquer de sonner chez un voisin pour demander du sel donne envie de pleurer. Peut-être que l'effroi est là. 

Halloween est une non-fête.

Laissons dans son jus yankee cette triste et fadasse soupe à la courge.   

...................................

www.sylvainthevoz.ch

 

 

Lien permanent Catégories : Air du temps 9 commentaires

Commentaires

  • Que proposez-vous donc pour fêter l'automne et le sentiment de la mort? De rester tout seul avec ses petits pleurs et son minuscule désespoir?

  • Boire un cognac hors d'âge et fumer un Montecristo. Heaven can wait.

  • Si les enfants sont content, je n'ai rien à redire.
    Je comprends que votre rôle de gardien de la "morale" que vous avez soufflez à l'église, vous et la gauche, vous oblige à faire un sermon.
    Il serait temps de bâtir votre église, pour faire vacance à la population.

    Quant aux manques de contactes entre personnes, votre mouvance avec les libéraux ont déconstruit la société, en une société communautariste, individuelle. On y voit des efforts dans des quartiers, ça reste limité.
    Posez-vous la question, qu'est-ce qui donne une âme à la ville, qu'est-ce qui la détruit ?
    Ce n'est certainement pas avec une politique de discrimination envers la classe moyenne blanche, que le sentiment d'appartenance à une même communauté va exister.

    Mettre dans la loi l'homophobie était une grave erreur. Tout appel à la haine doit être sanctionné sans distinction de catégories. Tout ça renforce un individualisme. La discrimination envers les LGBT n'est pas pire qu'envers des personnes obèses, la victime a le même ressenti.

    Vous voulez une société plus solidaire, alors cessez de discriminer, de catégoriser, de communautariser, chacun a le droit de vivre, même la fan de foot et son plein de testostérone.

    En résumé, il faut déconstruire le communautarisme d'idée, les catégories, et ensuite il sera plus facile d'être citoyen d'une communauté.
    Et puis, la densité de population dans le béton et sa délinquance produite, n'incite pas à la zénitude.

    Il ne faut pas se contenter de regretter de ne pouvoir demander du sel chez les voisins, il faut agir et donc se remettre en cause.

  • Halloween est à l'origine une fête ...........celtique!!!! Et nous, peuples européens blancs sommes d'origine celtique! C'est la fête païenne de l'équinoxe d'automne! Même si la date a été quelque peu déplacée! Halloween n'est pas plus kitche et moche que "le street art" le hip hop et le rap, qui sont comme Halloween des expressions de "sous culture" américanisés!! Donc pour vous certaines de ces expressions, l'enlaidissement de nos murs avec des singeries colorées par exemple, sont acceptables, et d'autres ne le sont pas! C'est bien cette gauche woke lobotomisée par internet, qui veut une fois de plus nous faire la leçon! Mais elle est aussi en permanence sur le net, face book et tweeter! Et le tout est ..............américain! Vous êtes comme melechon en Guyane qui explique à la télé qu'il faut des frontières, et des lois pour gérer la Guyane, mais pas pour gérer la France, vous, vous êtes de son côté! Allez ré-ouvrons les goulags et vite!

  • Ca semble moins déranger la gauche lors que le cimetière des rois est transformé en "fête à la tortilla"... soit la fête des morts mexicaine. C'est pas ricain donc ça passe.

  • Ce n`est plus seulement yankee, les citrouilles de Halloween ont envahi le monde. On reste cependant libre de continuer a vivre cette fete comme le moment de l`année ou nous pouvons nous retrouver en esprit avec ceux de nos aimés qui sont déja de l`autre coté du miroir.

  • Halloween est une fête socialiste car c'est plein de courges vides !!

  • Très bon!

  • je ne sais trop par qui les textes de ce blog sont modérés. Je ne sais trop par quel monde on s'enfile. Je crains qu'il ne faille bientôt pour garder son permis d'établissement genevois & son passeport suisse, oui qu'il ne faille passer un examen de patois californien ou de charabia de Floride. Ces horribles langues de petits chiens bleus de blanche neige et de sabres à néons débiles de star war. Alors honneur puissant & cinglant profond merci au type Sylvain Thévoz qui en aiguisée profondeur dénonce ici jusqu'à parfaits détails la joie suicidaire planétaire de cette fête dite de la courge de la mort. J'ai vu tonnerre moi-même par les rues des Eaux-Vives des enfants revêtus de force par leurs parents collaborateurs du vide de pyjamas noirs hideux frappés blancs d'un squelette grossièrement dessiné par un ou une abrutie de la médecine légiste. Non vous ne congédiez pas en vos cérémonies pauvresses la mort. Vous la convoquez. Car vous n'osez faire ce qu'il faut pour sauver en ces temps ultimes la planète terre. Vous préférez brailler avec les fous de fric les alléluias de la mort. Foutons le feu partout – dites-vous - puisque partout ça brûle. Vidons-nous de nous-mêmes puisque nous allons comme que comme & dare-dare au vide, au vide, au vide.
    Mais Ovide, Ovide, Ovide, vous tirant par l’oreille, cependant vous rappelle que la Terre qui tourne chante à tue-tête par grands bleus éblouis d’amour cinglant a vie & qu’il s’agit vraiment d’être soi-même. jean firmann - eaux-vives

Les commentaires sont fermés.