sylvain thévoz

Bannir les pauvres de la première classe est-ce utile?

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La journaliste Marianne Grosjean interroge, dans une article de La Tribune de Genève,  le bien fondé, pour certains groupes, de se réunir sans que n'importe qui puisse y participer. Ces groupes fermés, en mixité choisie, excluent de fait d'autres catégories considérées par ces groupes comme des dominants. Par exemple les mâles, les blancs, les patrons, voire les trois à la fois. Dans son article : "Bannir les blancs des réunions, est-ce utile?"[1] Marianne Grosjean laisse entendre que cela n'aurait pas vraiment lieu d'être. 

 
 
 
Ce qui interpelle, dans sa réflexion, c'est qu'elle se pose cette question uniquement au sujet de minorités revendiquant des droits. Aucunes critiques de sa part sur les groupe de papas ou les baby shower, clairement genrés et excluants, mais socialement valorisés. Et quid du golf club, des Kiwanis club et autres cercles fermés, des bénéficiaires de premières classes qui cultivent l'entre-soi (faudrait-il écrire le communautarisme?) au nom de la distinction sociale ? 
 
Dans notre société où trônent les restos et bars pour riches, les jets pour riches / quartier pour riches / fêtes pour riches / excluant de fait tous les autres, s'il est un communautarisme particulièrement virulent et excluant, c'est bien celui de l'argent. Celui que tout un appareil culturel et politique légitime. Etant clairement entendu que l'essence d'un système de domination est de le faire passer comme naturel, intangible.
 
 
L'argent à ce pouvoir qu'il crée de la mixité (très très) choisie sans même avoir à l'énoncer. Il n'y a pas besoin d'avoir un bachelor en sociologie pour constater que les élites se reproduisent entre elles. Vous ne serez jamais admis à une bamboula dans une villa de Cologny sans montrer patte blanche. 
 
On se réjouit donc déjà de lire le prochain article de Marianne Grosjean sur le golf club de Genève ou la Société Nautique et l'extension de sa réflexion sur l'implacable distinction entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas. On peut même lui souffler quelques idées de titre. Par exemple : Exclure les pauvres des voyages de 1er classe, est-ce utile?  Exclure les pauvres d'une nourriture de qualité... de l'accession à la propriété, de soins dentaires, est-ce utile? etc.,  
 
Le véritable pouvoir d'exclusion est celui de la classe. Et les murs et les clubs et les polices  et les langages chargés de les faire respecter sont un million de fois plus hermétiques que n'importe quel sous-groupe de la grève féministe ou de l'organisation Faites des vagues ; plus implacables même que la mâchoire serrée d'un videur de la boîte de nuit Java Club.  
 
Il y a d'évidence d'un côté ceux qui ont et en jouissent et de l'autre ceux qui n'ont pas et en pâtissent. D'un côté ceux qui vont au golf club et de l'autre les abonnés à vie à Mbudget, EasyJet.
 
 
Passer comme chat sur braise sur les clubs de riches, les terrains privatifs et les abonnements à la carte, c'est faire preuve d'un sacré strabisme, voire d'une complicité désarmante. 
 
Défendre un pseudo universalisme inclusif en escamotant les distinctions sociales et critiquant les minorités qui s'organisent pour tenir des réunions où peuvent s'exprimer en toute quiétude les blessures vives et les stigmates d'une violence sociale, c'est révéler que ce qui dérange là c'est avant tout la nature politique de ces réunions en mixité choisie.  
 
De cette posture qui prétend même faire la morale en invoquant jusqu'à Lao Tseu et Martin Luther, on ne distingue qu'une chose : un privilège de classe. 
 
 
 
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Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 8 commentaires

Commentaires

  • Je suis un peu mystifiée de lire cette prise de position.
    Il y règne un certain nombre de préjugés, me semble-t-il.
    Entre autres préjugés, celui que "les pauvres" auraient forcément envie de fréquenter les riches, mais que le manque d'argent les en empêchent.
    Il s'agit de faire une subtile apologie pour le triomphe de l'argent comme motivation principale des actes des uns et des autres, toutes classes.. confondues.
    Si on sort des discours convenus, on s'aperçoit que le monde ne marche pas comme ça. Il y a de subtils mécanismes qui font que "les pauvres" n'ont pas forcément envie de fréquenter les riches. De subtils mécanismes qui font que, même avec de l'argent, et beaucoup, les gens peuvent ne pas vouloir fréquenter les "riches".
    Je ne crois pas non plus que les élites se reproduisent entre eux. Il s'agit du pouvoir du mot "élite" de nous faire fantasmer à partir d'une généralisation.
    Nous vivons dans un monde qui nivelle les différences, tout en les exacerbant. C'est paradoxal. Et très compliqué.

  • On attend également un article de votre part sur l'absence de blancs et de suisses dans le trafic de drogue à Genève, qui est entre les mains de réseaux mafieux internationaux!

  • Donc. si on suit votre raisonement. un groupe qui organiserait des réunions exclusivement réservées aux blancs ne vous poserait pas de problèmes? Vous n'iriez pas crier au racisme? Tout le monde connaît la réponse. Tout le monde sait bien que vous feriez tout pour le traîner dans la boue. Donc arrêtez avec vos pseudo-raisonnements biaisés et hypocrites!

    De plus si on prétend comme vous le faites ne vouloir stigmatiser et humilier personne, on ne dit pas les "mâles" mais les hommes sinon on va se mettre à dire les femelles au lieu des femmes. Compris? C'est clair?

  • Donc, chez les riches, il n'y a pas de LGBT+, d'étrangers, de femmes ? J'ai dû mal à suivre votre raisonnement entre minorités et riches.

    Vous, vous faîtes partis d'une minorité qui ne peut s'empêcher d'être agressif contre les mâles genrés plein de "testostérones". Vous n'êtes pas agressif contre des personnes spécifiques, mais vous généralisez à la manière d'un raciste : Point de salut pour les mâles blanc genré d'âge moyen et plus.

    C'est là le problème, des gens pensent comme vous, qui organisent des groupes non mixtes, dont le but n'est pas l'entraide. Le but est de se victimiser pour légitimiser la haine contre d'autres. Régulièrement vous vous en prenez aux hommes genrés, parce que en tant que minorité vous vous sentez y avoir le droit. Ben non.

    Un groupe d'entraide non mixte, personne n'a rien à redire. Mais lorsque c'est politisé, animé par une agressivité contre une autre partie de la société, c'est inadmissible.
    Le syndicat d'étudiant français, parle d'entraides pour faire avaler la pilule, mais les écrits de certains cadres sont clairs : C'est du racisme. De plus, les victimes du racisme sont aussi des blancs notamment des juifs.

    La non mixité qui a pour vocation de stigmatiser une partie de la population en jouant avec la victimisation, n'a rien de légitime.

  • Il faut beaucoup de mauvaise foi pour ne pas vous donner raison. Le communautarisme se retrouve bien évidemment a tous les étages de la société et cela ne date pas d`hier.

  • Oui c'est pour ça que "calmy rey" a quitté les Palettes pour aller se perdre dans les Bas Fonds genevois, Malagnou, le quartier des "taudis", de la fange et de la plèbe!

  • Votre billet fait des comparaisons fallacieuses. Pour vous aider à comprendre l'absurdité de votre texte, inversez le titre de la TDG "Bannir les blancs des réunions, est-ce utile? par "Bannir les noirs des réunions, est-ce utile? Je pense que votre texte n'aurait pas été le même.

  • Il doit y avoir beaucoup de socialos chez les riches car ils sont tous à la tête des régies du Canton de Genève (TPG, SIG, Imad, etc.) Je me souvient que Stauffer avait découvert qu'un des responsables des SIG gagnait 400.000 balles par an pour un boulot à mi-temps ! Les socialos l'avait bouclée car ce personnage était un élu de leur parti !! Maintenant le problème est de savoir si ces personnages sont utiles et ce n'est pas gagné !!

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