sylvain thévoz

Pierre Maudet, coûteuse fuite en avant

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IMG_1845 - copie.jpgEn pleine crise de la Covid-19, alors que plus que jamais nous avons besoin d'unité,  d'un Conseil d'État opérationnel et réactif, Pierre Maudet, qui, depuis deux ans mine le Conseil d'État et les institutions à Genève, joue une fois de plus sa carte personnelle, la seule qu'il connaisse, sans égard ni pour la collectivité, ni pour l'intérêt commun. 

S'il annonce enfin démissionner, il se refuse à le faire avec effet immédiat, continuant de siéger au sein d'un collège au sein duquel il va mener une campagne personnelle, bénéficiant d'informations confidentielles, jouant sur plusieurs tableaux à la fois, minant encore et toujours la dynamique d'un gouvernement qui pourtant, plus que jamais, a besoin de travailler dans la confiance, sans se soucier des éruptions égotique d'un seul.   

L'unique décision digne de Monsieur Maudet aurait été de tirer les conclusions de ses mensonges et magouilles et annoncer sa démission avec effet immédiat. Cela aurait permis de faire l'économie, pour la collectivité, de sa candidature à sa propre succession. Il a certes le droit de le faire, comme il a le droit de continuer à toucher un salaire pour ne rien faire. Personne ne peut l'en empêcher. Il montre toutefois, en faisant cela, sa complète faillite morale et le peu de cas qu'il fait du bien commun et de nos institutions. Genève n'est pas une monarchie, c'est une République. Elle ne se réduit pas au service, ni à la folie, d'un seul. 

 

Plus que jamais, au moment où il annonce enfin le quitter, Pierre Maudet s'accroche encore à son strapontin. Incapable de travailler dans un collège, de dépasser ce "moi je" aigri et revanchard, il enclenche un nouveau rapport de force. Tel un joueur de poker accro, il ouvre un énième tour de table pour se refaire. Il parie encore, bluffe crassement, voulant faire croire qu'il dispose de quatre as dans son jeu. Mais le roi est nu. Il n'a plus qu'un deux de pique entre ses mains. Monsieur Maudet, nous n'avons plus envie de "jouer" avec vous. 

Nous n'avons surtout plus envie que vous continuiez de jouer avec les institutions, avec l'argent des autres (2 millions pour payer une élection partielle, un salaire de plus de 20'000.- par mois pour financer votre campagne, alors que les hôpitaux manquent de moyens); nous n'acceptons pas que vous jouiez avec la santé des employé-e-s de l'État, manipuliez les règles, les serments et les lois à votre seul avantage pour assouvir votre ambition infinie, étancher votre volonté de revanche, faire durer à l'infini le combat narcissique d'un "seul contre tous". Dans les faits, nous nous retrouvons toutes et tous à payer pour la folie d'un seul. Plus personne n'est dupe. 

 

Monsieur Maudet répète qu'il faut être agile, se remettre en question. À titre personnel, il applique exactement l'inverse. ll n'écoute pas. Il ne change pas. Il ne sort pas du même tunnel. Même quand il annonce partir, il reste encore. Il veut nous faire croire qu'il est une victime? - Attendez une seconde -  où sont les victimes ? N'est-ce pas Genève qui est la risée de la Suisse, nos institutions qui sont mises à mal, des serviteurs de l'État qui sont poussé-e-s au suicide? N'est-ce pas son parti qui, n'en pouvant plus de ses soustractions fiscales et diverses malhonnêtetés, a choisi de le mettre dehors pour y survivre ?  Le bourreau c'est lui. La victime : tout Genève.  

Depuis deux ans maintenant, Pierre Maudet montre qu'il ne veut pas entendre. Il poursuit son entreprise solitaire au détriment de ce qui fait le fondement même de la politique en Suisse. Le débat, le dialogue, la construction du consensus. Etre un bon manager, un homme ou une femme politique servant le bien commun, c'est indiquer la direction où aller et montrer comment s'y rendre, invitant librement les autres à suivre. C'est être capable de se remettre en question, douter aussi, et prendre les bonnes décisions pour le bien de la collectivité et des personnes qui vous ont élu. C'est re-présenter les autres. Monsieur Maudet aujourd'hui ne représente plus que lui-même. 

Non, notre système politique ne se plie pas à la folie d'un seul. 

Non, notre système politique ne se joue pas au poker.

Ayez un peu de dignité Monsieur Maudet. Démissionnez avec effet immédiat. Et ne revenez pas en mars 2021 pour réintégrer le même collège avec l'ambition de le miner à nouveau, mais en 2023, si vous avez retrouvé votre esprit et le sens des institutions, essuyé votre procès et que Genève aie pu surmonter la crise de la Covid-19 sans avoir à se soucier de votre destin personnel et de votre maladive addiction au pouvoir.  

Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 36 commentaires

Commentaires

  • En fait cher Monsieur, dans votre longue diatribe vous dites " les conclusions de ses mensonges et magouilles", mais vous ne spécifiez pas ce que vous lui reprochez exactement. Luc Barthassat a aussi été pris la main dans le sac des magouilles, mais cela a été mis dans le tiroir d'oubli. Je m'insurge donc contre cet acharnement malsain. Et vous savez tout comme moi que parmi les hommes politiques, il n'y aucun qui soit blanc comme neige, chacun cherche à tirer le maximum de sa fonction. Bonne soirée.

  • “(...) parmi les hommes politiques, il n'y aucun qui soit blanc comme neige, (...):
    Il y en a tout de même qui sont nettement moins blancs que d'autres.

    “(...), chacun cherche à tirer le maximum de sa fonction.”
    C'est justement ce qu'il convient de dénoncer et de combattre. Et c'est précisément ce que fait M. Thévoz quand il rappelle qu'un homme ou une femme politique doit avant tout être au service de la collectivité, de l'intérêt commun, et non pas poursuivre un combat narcissique aux frais des contribuables. Je ne peux qu'abonder dans ce sens.

  • @Frenkel - la presse locale, et même internationale, a largement fait état de tout ce que l'on peut valablement reprocher à ce margoulin. Mensonges, dissimulations, acceptation d'avantages, abus de position managériale dominante... Que faut-il de plus?

  • @ Nicolas D. Chauvet

    - "acceptation d'avantages" : Violation de la présomption d'innocence. La moitié de cette fantasque accusation est tombée. La suite suivra.

    - Margoulin : Injure

    - Abus de position managériale dominante. : C'est dur pour des fonctionnaires de travailler dur, c'est vrai.

    - Mais pas pour le personnel soignant, infirmiers et médecins, qui, eux, savent accélérer quand il le faut et on leur en sait gré. Pourtant Poggia les maltraite, ne les entends pas, vient leur dire que la baisse de salaire ce n'est pas une punition : abus de position dominante, maltraitance. Qui plus est Poggia, autorité de surveillance, laisse les cadres de l'hôpital violer délictueusement la loi sur le travail, faisant de lui un complice de ces délits. Qu'on lui retire la santé.

  • @"CDEH" - Margoulin (péjoratif): "Petit spéculateur ou trafiquant sans scrupules" - souligner sans scrupules.

    Par ailleurs, je m'élève en faux contre cette stratégie consistant à dévier toute discussion en changeant de cible. Vous voulez vous en prendre à Mauro Poggia? Libre à vous, mais ne prenez pas prétexte de Maudet pour cela.

    Il sera jugé pour "acceptation d'un avantage".

    Quant à l'abus de position managériale dominante, associée à une incompétence crasse dans ce domaine, il conviendrait de faire parler ses anciens subordonnés.

    Voila voila.

  • @ Nicolas D. Chauvet

    Incompétence ou abus ? Votre langage manque de précision, sauf pour ce qui est des injures. Tout cela me rappelle l'affaire Legrix.

    L'audit de 2013 accusait Jean-Charles Legrix de harcèlement psychologique envers des employés de son dicastère des infrastructures. En réalité, bien que tatillon, il n'a été coupable d'aucune maltraitance managériale au sens de la loi, selon une enquête menée par l'ancien président du Tribunal fédéral Claude Rouiller.

    La mise à l'écart de Jean-Charles Legrix par ses collègues pendant des mois a été déclarée illégale par le Tribunal cantonal neuchâtelois. L'élu a pu réintégrer l'exécutif début 2014, cette fois à la tête du dicastère de la sécurité, des énergies et du tourisme.

    Comme vous le dites, Pierre Maudet, ancien radical sera jugé sur l'accusation d'un Procureur libéral, qui a traîné alors que l'intérêt public exigeait des décisions rapides et laissé tomber la moitié de l'accusation. Celle concernant l'acceptation prétendument indue de 100'000 francs et autres avantages en nature de Manotel, soit d'un milieu très libéral. Cela s'explique : pour accuser Maudet d'avoir accepté indûment, il faut une contrepartie qui a octroyé indûment. Accuser des libéraux de la bonne société genevoise, vous n'y pensez pas !

    Alors que dans la prétendue affaire quatarie, on n'a trouvé un octroyeur d'avantage indu, une cible parfaite, le type louche aux yeux de la "bonne" société libérale genevoise : un promoteur libanais.

    Pour votre défaillante mémoire :
    Art. 32 Procédure pénale

    1 Toute personne est présumée innocente jusqu’à ce qu’elle fasse l’objet d’une condamnation entrée en force.

  • @ "CEDH"

    Abus ou incompétence? Ma réponse: les deux. Son surnom à la Ville de Genève était "le terroriste".

    Je ne connais pas "l'affaire Legrix" et n'en n'ai rien à faire. L'affaire Maudet me suffit amplement.

    Et si vous aviez lu correctement mon dernier commentaire, vous auriez constaté que j'utilisais le futur: il SERA jugé...

  • Le bien de la collectivité c'est aussi de respecter la Constitution. Et priver de tout dicastère un magistrat élu est une violation des droits politiques de chacun des citoyens de ce canton (cf. l'affaire Legrix) et est le fruit de 6 putschistes bafouant la constitution au point que chacun devrait compulser le code pénal.

    Monsieur le Conseiller d'Etat Maudet est libre de démissionner pour la date qu'il fixera. Et il sera alors possible d'organiser une élection complémentaire en temps utiles. Les fourberies de Bertrand Reich, libéral sale teint, heureux d'occir un radical n'ont aucun sens.

    Quant à bénéficier d'informations confidentielles (ou d'un traitement) c'est ce qui se passe avec tout sortant. Il a été élu par le peuple et se doit d'exercer sa fonction autant que faire se peut et doit bien se tenir informé des tenants et aboutissants des décisions de la compétences du Conseil d'Etat. Et cela pourrait bien être. au grand dam de la bande des 6, une tâche à plein temps.

    Maudet, Conseiller d'Etat, et six chefs de département. Voilà à quoi ont abouti les 6.

    Je n'ai jamais soutenu cet homme et ai de fortes critiques à opposer à ses politiques, mais là non, je refuse d'applaudir à un règlement de compte des 6 et du septième, dont la lenteur est responsable du pourissement de la situation.

    Au demeurant, votre prise de position n'est pas dénuée d'une dimension partisane puisqu'elle à pour effet de faire basculer plus à gauche le Conseil d'Etat, que le peuple ne l'a voulu

  • “6 putschistes bafouant la constitution au point que chacun devrait compulser le code pénal”.
    Pour avoir fait des études de droit et travaillé pendant près de 20 ans au Département fédéral de justice et police au sein de la Division de l'entraide judiciaire en matière pénale, je connais bien le code pénal. Et je peux vous assurer qu'il ne contient aucune disposition qui pourrait s'appliquer à ceux que vous appelez peu respectueusement les “6 putschistes” ou “la bande des six”.

  • les “6 putschistes” ou “la bande des six”. Ce sont là des termes que j'assume et maintiens car ils ont, en bande, bafoué la constitution en privant de toute fonction directoriale le Conseiller d'Etat Maudet et, par là, piétiné l'expression démocratique des électeurs qui l'on élu pour 5 ans.

    Quant à votre longue expérience de juriste de l'administration fédérale, elle ne m'émeut, ni me convainc, ni m'impressionne.

    Je vous laisse donc la charge de respecter la bande des 6 putschistes, dont 3 nabots politiques.

  • daniel mouchet PS gagnait la modique somme de 400'000.- par an comme président du conseil d'administration des SIG!

  • Ce montant est exact mais il était payé pour un travail à mi-temps !! Donc à plein temps vous doublez ce montant !!

  • Genève va mal. La RTS déménage sa newsroom, Aeschbach chaussures a vendu son immeuble et a déménagé dans un local plus petit, Coty (ex Procter) déménage son siège du Petit Lancy à Amsterdam, les locaux vides sont à tous les coins de rues.......Mettons de la joie et de la bonne humeur à Genève en élisant....Pierre Maudet.

  • Je persiste à penser que Pierre Maudet a commis de graves fautes qui son de l’ordre éthique et qu’il y à longtemps qu’il aurait dû démissionner avec effet immédiat.
    La rupture confiance est consommée.
    Dans tous les pays du Nord de l’Europe il y aurait été obligé.
    Pour les affaires la justice décidera.
    Il a beau s’arc-bouter à son fauteuil, une probable réélection, compte tenu du système partitocratique en place, tient de la science-fiction.
    Au nom de www.collectifcitoyen.ch j’ai déposé en décembre 2019 plusieurs initiatives populaires cantonales constitutionnelles , dont une touche ce sujet.
    Elles sont malheureusement en dormance en raison de la crise du COVID 19, mais nous les réactiverons dès que la situation le permettra.

  • Bravo pour cet écrit et votre analyse, déjà faisable et l'ai exprimé, lors de son retour sur le marché des élecs-GE, après son échec au Fédéral.

    Le gâteau Maudet sur la cerise de la démocratie à la Genevoise: promettre sa démission
    ce qui lui permet d'éviter la sanction qui l'aurait privé de sa rente, mais ne pas la déposer avant 5 mois, ce qui lui permet de toucher son salaire à ne rien faire,

    tout en faisant peser sur tous: la toxicité de sa présence le temps à courir d'ici là, et les coûts de sa réélection improbable.

    Le pire s'exprime du fruit, l'immonde jouissant d'immorale, cet indigne représentant au licol lâche maintenu libre par son parti, a mijoté pendant 2 ans sa revanche, servie froidement par derrière, au Peuple et à ses frais.

    C'est introduit de force dans nos annales, ce fruit empoisonné né d'ambitions frustrées d'un égo maniaque accro à son image du pouvoir, devenue aussi séduisante que celle d'1 pot en tas.

    (Censuré? Mon truc de dessinateur - j'exprime mieux mes caricatures au charbon).
    Merci!.

  • La haine vous aveugle Monsieur. Et vous condamnez un homme brillant sur des broutilles puisqu'il n'a pas encore été jugé sur le fond.
    Si j'avais la même hargne, je pourrais reprendre votre billet en mettant en scène les six nuls qui resteront dans l'histoire comme ceux qui ont bousillé Genève.
    Maudet pourrait bien être réélu, grâce à des gens comme vous qui nous font soudainement prendre conscience de la cabale pour écarter une des plus brillant Conseiller d'Etat que nous ayons connu.
    Et tout ça pour quoi ? Pour une course de F1 au Quatar ? Honte à vous et à ceux qui vous ressemblent.

  • Un Conseiller d'Etat et 6 putschistes, dont 3 nabots politiques, qui ont violé notre constitution en privant Pierre Maudet de tout dicastère.


    Art. 275 CP Mise en danger de l’ordre constitutionnel / Atteintes à l’ordre constitutionnel

    Celui qui aura commis un acte tendant à troubler ou à modifier d’une manière illicite l’ordre fondé sur la Constitution ou la Constitution d’un canton, sera puni d’une peine privative de liberté de cinq ans au plus ou d’une peine pécuniaire.

  • @ CEDH, qui confond Jenni et Jelmini

    Quand on ne connaît rien au droit, on évite de s'aventurer à invoquer des dispositions légales en leur donnant un sens qu'elles n'ont pas.

    L'art. 275 CP, que vous citez, porte le titre marginal “Atteintes à l’ordre constitutionnel”. Il est bien entendu inapplicable en l'espèce. Ne serait-ce que parce que la condition de l'illicéité (“d’une manière illicite”), qui est constitutive de l'infraction, n'est pas remplie.
    De toute façon, la répudiation de Maudet par ses pairs n'a pas constitué un acte de nature à modifier l’ordre fondé sur la Constitution genevoise. Elle a constitué un acte d'assainissement d'une situation devenue insalubre.
    N'oubliez pas que les “6 putschistes, dont 3 nabots”, comme vous les appelez, ont eux aussi été élus par le peuple, et cela pour agir dans l'intérêt général.

    Je sais que je ne vais ni vous émouvoir, ni vous convaincre, ni vous impressionner mais apprenez que j'ai eu l'honneur, dans le cadre de ma “longue expérience de juriste de l'administration fédérale”, de plaider pour la Suisse devant la Commission Européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg. Et pourtant je ne signe pas “CEDH”, comme vous, mais parle à visage découvert.

  • Maudet a menti et son voyage n'a pas coûté un franc à l'Etat mais que dire d'un ancien conseiller d'état qui possédait une parcelle dans la campagne genevoise avec un verger et cabane de jardin alors que sa fameuse cabane était une belle villa non-cadastrée, non déclarée aux impôts donc il volait l'Etat ? Comment appeler un conseiller d'état qui a été, dans sa jeunesse, arrêté pour cambriolage au Perron ? Bon, d'accord, il était socialo donc ceci explique cela !! Au fait, a propos de mensonge, que dire de cette conseillère fédérale qui nous a promis que, si on acceptait sa LaMal, il n'y aurait plus d'augmentation de primes d'assurance-maladie ? Une menteuse socialiste ! Quel est le parti politique qui ne respecte pas le résultat d'une élection ? Le PS avec l'interdiction faite à Matthey d'accepter son élection et de nous imposer une syndicaliste, Dreifuss !

  • Petite question : Que deviendra ce conseil d'état si Maudet est réélu ? Est-ce qu'il démissionneront tous ? Ce serait logique puisqu'ils lui ont tous crachés à la face ! N'oubliez pas que ce n'est pas les femmes et hommes politique qui font l'élection mais le peuple qui a élu Maudet au premier tour alors que tous les autres devraient cravacher pour se faire élire ! Maudet est toujours populaire et cela pose problème à tous les partis. On lui reproche aussi de faire travailler très dur les fonctionnaires et c'est vrai, ils ne sont pas habitués à bosser !

  • L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde. Car, aujourd'hui comme autrefois, chacun, un peu plus, un peu moins, voudrait bien profiter du travail d'autrui. Ce sentiment, on n'ose l'afficher, on se le dissimule à soi-même; et alors que fait-on? On imagine un intermédiaire, on s'adresse à l'État, et chaque classe tour à tour vient lui dire: « Vous qui pouvez prendre loyalement, honnêtement, prenez au public, et nous partagerons. »

  • @CEDH
    "Un Conseiller d'Etat et 6 putschistes, dont 3 nabots politiques, qui ont violé notre constitution en privant Pierre Maudet de tout dicastère."
    Quel article a-t-il été violé?

    "Art. 106 Départements
    1
    Le Conseil d’Etat organise l’administration cantonale en départements et la dirige.
    2
    Toute modification de la composition des départements est soumise pour approbation au Grand Conseil. Ce dernier se détermine par voie de résolution à la séance qui suit la proposition du Conseil d’Etat. "

    Il n'est nulle part écrit qu'un conseiller ne peut pas être privé de département.

  • Chère CEDH2,

    Je vous renvoi à la réponse que j'ai apporté à Monsieur Jelmini et vous recommande la lecture intégrale de la constitution, de ses travaux préparatoires, de l'arrêt Legrix et, notamment des principes juridiqes généraux qui y sont rapportés.

    Bonne journée, chère Madame.

  • Chère CEDH2,

    0. Finalement, je m'en remet à la sagesse de M. Thévoz, qui n'a pas publié le commentaire que j'ai cité, et vous en produit une version expurgée.

    1. La commission européenne des droits de l'homme a été supprimée à la fin du siècle dernier.

    2. Si la typicité objective de l'infraction (275 CP) peut, au vu de la doctrine qui en soutient une interprétation restreinte, se discuter bien que celle-ci soit large selon la volonté du législateur, le caractère illicite de la décision de la bande des 6 putschistes est évident.

    3. Pour mémoire je rappelle que la Suisse a ratifié le pacte II ONU et que, s'agissant de son article 25, le comité en charge de ce traité a précisé :

    "Lorsque les citoyens participent à la direction des affaires publiques par l'intermédiaire de représentants librement choisis, il ressort implicitement de l'article 25 du pacte ONU II que ces représentants exercent un pouvoir REEL de gouvernement et qu'ils sont responsables à
    l'égard des citoyens, par le biais du processus électoral, de la façon dont ils exercent ce pouvoir. Il est également implicite que ces représentants n'exercent que les pouvoirs qui leur sont conférés conformément aux dispositions de la constitution. "

    Au fond, ce REEL ne veut rien dire d'autre que les droits des électeurs de Pierre Maudet, ainsi que les siens propres, ne sauraient être théoriques et illusoires mais qu'ils se doivent d'être concrets et pratiques, comme le rappelle sempiternellement la CourEDH.

    4. Faits relatif à Jean-Charles Legrix, accusé de harcèlement avant d'être blanchi

    L'audit de 2013 accusait Jean-Charles Legrix de harcèlement psychologique envers des employés de son dicastère des infrastructures. En réalité, bien que tatillon, il n'a été coupable d'aucune maltraitance managériale au sens de la loi, selon une enquête menée par l'ancien
    président du Tribunal fédéral Claude Rouiller.

    La mise à l'écart de Jean-Charles Legrix par ses collègues pendant des mois a été déclarée illégale par le Tribunal cantonal neuchâtelois. L'élu a pu réintégrer l'exécutif début 2014, cette fois à la tête du dicastère de la sécurité, des énergies et du tourisme.

    5. Extrait des considérants du Tribunal cantonal neuchâtelois qui ont une portée générale :

    La mesure ici en cause porte sur l’organisation interne du Conseil communal. Elle a toutefois pour objectif – quelle qu’en soit par ailleurs la motivation – de priver un conseiller communal de l’exercice d’une part essentielle de sa fonction, qui est de diriger sous sa responsabilité un des dicastères de l’exécutif communal. Pratiquement, seule subsiste de ce fait la possibilité, que son statut de conseiller communal lui garantit nécessairement, de participer aux séances de l’exécutif et aux votes du collège. Les auteurs qui ont eu l’occasion de se prononcer sur ce type de mesures considèrent que, si un organe exécutif dispose de la compétence de diriger et de surveiller le collège, notamment par l’attribution des départements ou dicastères, la
    modification de cette attribution, ainsi que par la possibilité d’adresser des directives aux titulaires de ceux-ci, cette compétence ne saurait aller jusqu’à priver entièrement un membre du collège de tout dicastère. Car cela est en contradiction avec l’élection du magistrat
    (par le peuple ou par le pouvoir législatif) d’une part, et contrevient au principe de collégialité, qui postule l’égalité des membres du collège entre eux, d’autre part. Cela ne signifie pas cependant pas que toute mesure de réorganisation commandée par le bon fonctionnement de
    l’autorité, y compris le transfert de certains domaines de responsabilité, serait exclue (Brühl-Moser, Die schweizerische Staatsleitung, Berne 2007, p. 656 s.; Georg Müller, Abberufung durch Reorganisation, NZZ du 09.05.2003 Nr. 106 p. 15).

  • On ne trouverait dans les textes invoqués par CEDH (qu'il n'a probablement lui-même pas lus) aucun argument appuyant sa thèse selon laquelle “6 putschistes, dont 3 nabots politiques” auraient violé la Constitution genevoise. Si de tels arguments existaient, CEDH n'aurait pas manqué de nous les servir.

  • "Car cela est en contradiction avec l’élection du magistrat (par le peuple ou par le pouvoir législatif) d’une part, et contrevient au principe de collégialité, qui postule l’égalité des membres du collège entre eux, d’autre part."

    A Genève, la constitution cantonale proclame égalité et élection par le peuple (je vous laisse retrouver les dispositions idoines).

    Par surcroît de droit, l'article 25 Pacte II ONU est tel que les compétences de Monsieur Maudet ne sauraient être réduites par les 6 putschistes à une portion aussi congrue si l'on veut que ceux-ci restent réels. Il s'agit donc bien d'une violation d'un traité ratifié par la Suisse.

    Sur ce, pour moi notre débat est clos et je vous laisse le soin de conclure si cela vous plaît.

  • @ CEDH
    En démissionnant, M. Maudet a implicitement accepté sa mise à l'écart.
    Jean-Charles Legrix, lui, n'avait pas démissionné.
    De plus M. Legrix n'était pas Conseiller d'État à Genève mais conseiller communal à La Chaux-de-Fonds.

  • Chère CEDH2,

    Monsieur Jelmini nous fait remarquer que Pierre Maudet a cédé à la contrainte sur lui exerçée par les puputschistes.

    Le droit genevois n'ignorant point la démocratie et l'égalité de traitement d'où découle, en droit et indépendamment de savoir si l'on est à Neuchâtel ou à Genève l'illicéité de la décision des puputchistes, les éléments pertinents à la typicité objective de l'infraction prévue et réprimée par l'article 181 CP sont donc réunis.

    Si un Procureur général demandait la levée de l'immunité des puputschistes, le Grand conseil y donnerait-il suite ? Et quel Procureur ? L'actuel où l'un des futurs Procureurs apte à agir en temps non prescrits ? N'y aurait-il pas des co-puputschistes ou des complices ne bénéficiant d'aucune immunité ?

    Des années durant le glaive de la justice pourrait bien se mettre en mouvement.

  • Malgré ses défaut Maudet aurait été le seul a pouvoir prendre le leadership de la crise covid qui touche Genève. Ses collègues du CE ont préférés être mauvais ensemble que de devoir suivre le meilleur tout seul.

  • @ CEDH, en réaction à son commentaire de ce jour à 15ho2.

    Ad 1.
    Si la Commission européenne des droits de l'homme “a été supprimée à la fin du siècle dernier”, cela n'a pas empêché que je sois appelé, en 1984, à représenter la Suisse devant cette Commission alors qu'elle existait encore, comme le démontre ce document publié par le Conseil de l'Europe: https://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:15g3Z9ff6BgJ:https://hudoc.echr.coe.int/app/conversion/pdf%3Flibrary%3DECHR%26id%3D001-73685%26filename%3DSANCHEZ-REISSE%2520contre%2520la%2520SUISSE.pdf+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=ch.
    En face, les avocats genevois Dominique Poncet, Philippe Neyroud, Paul Gully-Hart et Jacques Barillon - excusez du peu.

    Ad 2 et ss.
    Si votre argumentation tenait la route, le Procureur général de la République, M. Olivier Joriot, devrait ouvrir d'office une procédure contre ceux que vous appelez “la bande des 6” pour violation de l'art. 275 CPS. Comme il arrive qu'il faille parfois un peu tirer l'oreille du Ministère public pour qu'il se décide à agir, je vous suggère de lui écrire pour dénoncer les faits que vous reprochez aux six Conseillers d'État que vous mettez en cause. Et nous verrons bien ce qu'il adviendra. CEDH2 vous a indiqué l'article de la Constitution genevoise qui s'applique (Genève n'est pas Neuchâtel).

  • Très Chère CEDH0,

    "Je vous renvoi à la réponse que j'ai apporté à Monsieur Jelmini et vous recommande la lecture intégrale de la constitution,"

    En quoi les autres articles sont-ils pertinents pour le cas qui nous occupe ?

    " de ses travaux préparatoires,"

    Désolé, rien à cirer de ces "travaux préparatoires", seuls les articles tels qu'ils existent ont force de loi.

    "de l'arrêt Legrix"

    Autre canton, autre constitution, autres tribunaux. Aucune valeur jurisprudentielle. Le maudet a-t-il été blanchi des accusations qui sont portées contre lui ? Pas à ma connaissance.


    " et, notamment des principes juridiqes généraux qui y sont rapportés."

    Rien à cirer de ces "principes juridiques généraux" vu que la situation est complètement différente. Je vous renvoie à la jurisprudence Muller qui s'applique bien mieux. Mais voilà quand on n'a pas d'honneur, on préfère foutre le bordel jusqu'au bout.

    "2. Si la typicité objective de l'infraction (275 CP) peut, au vu de la doctrine qui en soutient une interprétation restreinte, se discuter bien que celle-ci soit large selon la volonté du législateur, le caractère illicite de la décision de la bande des 6 putschistes est évident."

    Et donc votre point de vue est complètement subjectif. Merci de l'admettre.

    "3. Pour mémoire je rappelle que la Suisse a ratifié le pacte II ONU et que, s'agissant de son article 25, le comité en charge de ce traité a précisé : "Lorsque les citoyens participent à la direction des affaires publiques par l'intermédiaire de représentants librement choisis, il ressort implicitement de l'article 25 du pacte ONU II que ces représentants exercent un pouvoir REEL de gouvernement et qu'ils sont responsables à
    l'égard des citoyens, par le biais du processus électoral, de la façon dont ils exercent ce pouvoir. Il est également implicite que ces représentants n'exercent que les pouvoirs qui leur sont conférés conformément aux dispositions de la constitution. ""

    Ouais, sauf que le maudet est sous le coup d'une inculpation et qu'il a menti. Il a donc perdu la confiance de ses collègues et il s'accroche comme une tique. On peut seulement regretter la lenteur de la justice à régler cette affaire.

    "Au fond, ce REEL ne veut rien dire d'autre que les droits des électeurs de Pierre Maudet, ainsi que les siens propres, ne sauraient être théoriques et illusoires mais qu'ils se doivent d'être concrets et pratiques, comme le rappelle sempiternellement la CourEDH."

    Sauf qu'en l'occurrence le maudet a trahi la confiance de ceux qui l'ont élu. Un menteur et un magouilleur au gouvernement, quelle magnifique publicité pour Genève !

    "4. Faits relatif à Jean-Charles Legrix, accusé de harcèlement avant d'être blanchi"

    Déjà répondu sur ce point. A la différence du maudet, il n'a pas été inculpé. Rideau.

    "5. Extrait des considérants du Tribunal cantonal neuchâtelois qui ont une portée générale :"

    Non. Cantonale.

    Bonne nuit, Très Chère Madame.

    PS: " la bande des 6 putschistes, dont 3 nabots politiques."
    Propos passibles de l'Art. 177 CP.
    Quand on se laisse ainsi aller à proférer des injures, c'est qu'on n'a pas d'argument valable, mais seulement une rage.

  • Très chère CEDH2,

    Vos propos ne sont qu'arguments politiques rageux.

    Peut-être doit-on vous rappeler, d'une part, le principe de présomption d'innocence et, d'autre part, le fait qu'une condamnation ne prive pas un Conseiller d'Etat des compétences qui sont constitutionnellement les siennes.

    Quant à ce que vous appellez la jurisprudence Muller, ce n'est que le choix de démissionner fait par un politicien, mais en aucun cas une jurisprudence. Votre jargon est celui d'un commentateur politique français. D'ailleurs, je ne perçois pas la similitude entre une castagne dans un établissement de nuit et une démarche de politique extérieure en faveur de Genève et de la sécurité de ses habitants.

    Putchistes ne peut être considéré comme une injure puiqu'aussi bien le terme est manifestement détourné de son sens réel, alors que nabot politique ne fait que référence à une incompétence, étant rappelé qu'une allégation d'incompétence ne constitue jamais une atteinte à l'honneur pénalement protégé.

    A oui, j'allais oublier, depuis de nombreuses années, l'inculpation est une notion qui n'existe plus en droit Suisse.

    Laisser donc courir votre indignation politique, cela est votre droit, injuriez-moi si vous le voulez, je m'en fiche, mais évitez donc de sombrer dans le grotesque juridique, cela nuit à votre point de vue politique, qui peut se comprendre lorque l'on sait que vous ignorez une partie des faits.

  • Très Chère CDH0

    Magnifique illustration d'un juridisme particulièrement étroit.

    En attendant c'est vous qui avez la rage de constater que votre héros sans honneur se voit priver de tout subordonné parce que les autres Conseillers d'Etat veillent conscienceusement à la santé et au bien être psychologique des employés de l'Etat, ce dont n'avait cure votre chouchou. Rage multipliée par le fait qu'aucune action juridique n'est entreprise contre cette fantasmatique atteinte à l'ordre constitutionnel. Manifestement vous êtes le seul de votre avis, qui ne vaut donc pas un pet de lapin. Que n'engagez-vous vous-même cette action, histoire que l'on rigole encore davantage de votre "compétence". Alors, vous allez vous défiler ou pas? Je vous mets au défi.

    Inculpation, chacun sait ce que cela veut dire. C'est clair.

    Présomption d'innocence? Merci encore pour le rire!

    Car c'est curieux, mais je n'ai jamais lu que dans certaines affaires non jugées ou jamais jugées vous ayez jamais invoqué la "présomption d'innocence".

    Bonne nuit, Très Chère Madame.

  • Maudet, le même qui ne sait pas remplir sa déclaration d'impôts tellement il est surdoué, compétent et autres ?

  • Très Chère CEDH0,

    Alors cette action en justice pour atteinte à l'ordre constitutionnel, elle vient ou non?

    Vous dégonflez-vous? Manquez-vous de courage? Ou votre courage se limite-t-il aux blogs de la tdg? Avez-vous constaté une infraction pénale grave ou n'est-ce qu'hypocrisie de votre part?

    Je ne supporte plus cette attente! Actionnez donc la justice!

    Très Chère Madame, Bonne Nuit!

    PS: "Putchistes ne peut être considéré comme une injure puiqu'aussi bien le terme est manifestement détourné de son sens réel, alors que nabot politique ne fait que référence à une incompétence,"

    "Manifestement détourné de son sens réel"? Ah bon?! Il n'y a donc pas eu prise de pouvoir anticonstitutionnelle, puisque le "putsch" n'est manifestement - dans votre interprétation - pas réel non plus. Pas de "putsch", pas d'atteinte à l'ordre constitutionnel.
    Comme quoi la logique n'est pas votre fort. Et toujours en suivant votre "logique" je peux vous qualifier de nabot juridique, puisque votre incompétence fait que vous n'avez entrepris aucune action pour rétablir l'ordre constitutionnel.

    J'adore échanger avec vous, c'est un vrai plaisir intellectuel. Merci.

  • Daniel,

    Une petite définition (selon l'académie française) :
    PUTSCH
    Coup de force, soulèvement mené par un groupe armé qui tente de s’emparer du pouvoir politique.

    Un Putsch suppose donc l'usage de la force armée. Qui donc a pu donc penser qu'il était allégué que la bande des 6 avait braqué le 7ème pour le contraindre à démissionner ? Vous seul sans doute. A moins que votre méconnaissance du sens des mots vous ait égaré.

    Dénonciateur, plaignant, lésé, victime, partie plaignante au pénal, partie plaignante au civil, faites vous une différence entre ses six expressions ? Entre les droits afférents à ces six qualités ? Non, bien sûr.

    Immunité, cela vous dit-il quelque chose ?
    Nouveau procureur, cela vous dit-il quelque chose ?
    Prescription de l'action pénale , cela vous dit-il quelque chose ? Et quand surviendra-t'elle pour les infractions prévues et réprimées par les articles 181 et 275 CP ?

    Toujours est-il que la décisions de la bande des six constitue une violation crasse de notre ordre constitutionnel.

    D'ailleurs, qu'est-ce qui vous permet de penser qu'une "action" n'a pas déjà été introduite (peut-être sous l'angle des droits politiques, allez savoir) ou qu'elle ne sera pas introduite par un Maudet, blanchi ou pas, réélu ou pas, ou bien alors une fois un nouveau procureur élu et un nouveau parlement élu, par un tiers. A moins que l'actuel ou un futur Procureur fasse spontanément son travail.

    Le glaive de la justice est là qui peut attendre de nombreuses années avant de frapper.

    Je vous laisse conclure, si tel est votre volonté, car notre aimable conversation n'a pour moi aucun intérêt tant vous êtes aveuglé par votre détestation de Pierre Maudet, détestation qui n'a d'égale que votre ignorance en le domaine dont il s'agit. Ce qui dénote que vous avez toutes les qualités pour exercer votre profession au rang qui est le vôtre.

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