sylvain thévoz

Préserver la vie, à tout prix

Imprimer

IMG_6410.jpegLe Point épidémiologique hebdomadaire du Canton de Genève, publié le 22 octobre, est très alarmant. Le temps de doublement des nouvelles hospitalisations est passé à 4 jours, dénotant une accélération rapide de la progression épidémique. Les clusters sont très nombreux et concernent tous les milieux : familiaux, professionnels, scolaires, médicaux, de loisirs, et lieux de vie pour personnes âgées. Le nombre élevé de nouveaux cas positifs ne permet plus d’identifier et analyser tous les clusters. Les mauvaises nouvelles s’accumulent. Les cas de Covid augmentent rapidement, les décès également. La montée en flèche des cas positifs fait peser une lourde pression sur le système de santé.  Les délais d’attente pour se faire tester se comptent en jours. La capacité de traçage est noyée sous les cas. Les professionnel·les du domaine tirent la sonnette d’alarme. Si rien n’est fait immédiatement pour infléchir la courbe des infections, on va dans le mur.

 

Les conférences de presse successives, la volonté implicite de chaque niveau décisionnel, fédéral ou cantonal, de se décharger sur l’autre, donne la désagréable impression de chipotage au milieu d’une impréparation sérieuse à cette deuxième vague. Il faudrait pourtant davantage de leadership, une collaboration sans faille entre les différents niveaux politiques. Malheureusement, on n’y est pas encore. Cela a un impact certain sur nous toutes et tous. 

Au moment d’entrer dans les rouleaux de cette deuxième vague, la décision du Conseil d’État de baisser les salaires de celles et ceux qui étaient au front apparaît clairement comme une grave erreur politique. Cette décision risque malheureusement de se payer très cher. Les médias font état de la fatigue des soignant·es, de leur sentiment également d’avoir été lâché·es en cours de route. Les applaudissements du printemps sont bien loin. Face à une communication aléatoire du Conseil d’État, fatigue, doutes, refus, se font entendre. Que faire ? On peut chercher et appuyer sur les failles. On doit surtout chercher à améliorer le système et renforcer par tous les moyens ce qui nous rassemble : la préservation de la vie. 

Dans ce contexte angoissant, plus que jamais, il nous revient de garder le cap et notre sang froid. Soutenir les nouvelles mesures collectives afin de diminuer la propagation du virus. Limiter nos contacts, visites et sorties non essentiels, en respectant scrupuleusement les gestes barrière. Porter le masque. Demeurer actif·ves pour relayer les bonnes pratiques et rester attentif·ves  aux besoins et fragilités d’autrui.

Il y a une sortie à ce tunnel. Bien évidemment, l’État ne fait pas tout juste, mais ne nous trompons pas de colère. Les errements du Conseil d’État ne doivent pas être une excuse pour ne pas être exemplaire. Ne perdons pas de temps en vaines polémiques.  Davantage de solidarité, d’engagement et d’attention aux autres sont requis de nous. Ce n’est qu’ensemble que nous sortirons de cette situation, en limitant la casse pour les plus faibles et les plus fragiles. Le plus discipliné·es nous serons, le plus rapidement ce sera.

Je vous souhaite la santé et la lucidité en cette période troublée, ainsi qu’à vos proches.

Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 10 commentaires

Commentaires

  • "... Si rien n’est fait immédiatement pour infléchir la courbe des infections, on va dans le mur..."
    Propos exagérés face à la réalité. Notre société est fragile autant psychologiquement que physiquement.

    Je me base sur les courbes de mortalité, les seules solides, simples et objectives. Certes il y a eu une surmortalité nette fin mars début avril, surtout en GB et Espagne. C'était donc un peu plus qu'une bonne grippe ordinaire. Mais actuellement c'est comme une grippe, avec une explosion de cas, plus que la première vague, mais sans aucune surmortalité significative.

    En tout cas, face à l'inéluctable et véritable catastrophe à venir (le vrai mur), à cause de notre surpopulation et surconsommation, à savoir un autre virus possible beaucoup plus mortel, l'effondrement massif et global certain par épuisement des ressources naturelles et pollutions consécutives dont le changement climatique n'est qu'un des aspects, la 6eme extinction des espèces, ce covid n'est même pas un petit apéritif.

  • On peut s'attendre à un joli cluster jeudi avec la manif. C'est très contradictoire avec un hymne à la vie

  • Dieu reconnaîtra les siens...

  • "Préserver la vie, à tout prix" est un beau slogan et même un but digne et louable. Comme la TdG nous apprend qu'il existe une directive (en réserve) qui prévoir q'en cas de surcharge notre hôpital cantonal n'offrirait plus les soins intensifs
    aux patients de 85 ans, il faut croire que le "à tout prix" peut céder devant la réalité des faits, même en Suisse et à Genève.
    Mais cela nous le savions déjà, à moins d'être de grands naïfs. Quant à offrir une mort digne et choisie par le suicide assisté, la seule évocation de cette possibilité fait toujours se recroqueviller dans leur coquille tous les bienpensants et ceux qui aspirent à une carrière politique.

  • Il existe aussi le droit de recourir, pour une personne qui pourrait être touchée, directement auprès du Tribunal fédéral contre cette directive d'application directe. Il semble, en effet, qu'elle ne respecte pas les directives des sociétés savantes pour lesquelles l'âge ne peut être un facteur direct d'admission ou non au soins intensifs. Seule compte la possibilité de tenir le coup en suite des traitements prodigués aux soins intensifs, possibilité qui évidemment peut parfois être meilleure à 87 ans qu'à 82 ans. C'est en fait une discrimination directe sur l'âge contraire à l'article 8 al. 2 de la Constitution fédérale. Autant dire qu'une telle pratique est illégale.

    Il me semble aussi qu'il faudrait saisir le procureur général d'une dénonciation de ce qui est typiquement un acte préparatoire à la commission de meurtre par dol éventuel, lequel ne peut être considéré comme légal au vu des explications qui précèdent. Avec copie à Berne auprès des instances chargées de procéder l'élection d'un nouveau procureur général fédéral. Et demande de la suite donnée. A 85 ans ou presque les droits de procédures ne peuvent qu'être renforcés.

    Quant au fait que l'hôpital en viendrait à être débordé, il ne faut certainement pas vous tourner vers Poggia, mais vers nos lâches conseillers cantonaux et fédéraux, nos scélérats députés et la troupe des rassurationnistes préocuppés de l'ouverture des bordels et débits éthyliques.

  • Hello Topo.....sur un autre sujet, le départ de la TSR de Genève.....une très bonne nouvelle. Genève manque de logement surtout pour les clandestins donc ils pourront trouver de beaux appartements....
    https://www.youtube.com/watch?v=M7Giq6WYSTM

    https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/des-dizaines-dappartements-sous-loues-a-des-clandestins-a-geneve?urn=urn:rts:video:11703167

  • Qui est responsable de la tragique situation qui exposée un peu plus bas (pour la Suisse car Genève cela est pire) ?

    Une manifestation en plein air à venir ou bien les réunions en privé que d'aucun soutenaient au nom de la liberté personelle, traitant Poggia de faciste ? En quoi la liberté personnelle de contaminer chez soi serait-elle supérieure au droit de manifester en public, en plein air et masqué ? En quoi la liberté publique des manifestants serait inférieure à la liberté publique de contaminer chez soi et, par extension, partout ?

    Il ne faudrait éviter de justifier une détestation cartel intersyndical par des exigences sanitaires infondées.

    Laborbestätigte Fälle: Verdoppelung in den vergangenen 6 Tagen.
    Hospitalisationen: Verdoppelung in den vergangenen 8 Tagen.
    Patienten auf der Intensivstation: Verdoppelung in den vergangenen 7 Tagen.
    Todesfälle: Verdoppelung in den vergangenen 7½ Tagen.

    Gestern warnte Andreas Stettbach, der oberste Sanitätsverantwortliche des Bundesrats, vor einer Überlastung der Spitäler: «Ohne weitere Massnahmen reicht es bei den Akutbetten für 15 Tage, bei den Intensivstationen für 10 Tage.».

  • "En quoi la liberté personnelle de contaminer chez soi serait-elle supérieure au droit de manifester en public, en plein air et masqué "


    Madame CEDH,

    J'ai un peu de peine à vous comprendre ce que vous mettez dans la balance. Dans l'un des paniers vous placez une "liberté", dans l'autre un "droit".

    La même contradiction que dois résoudre mon calculateur quand l'on met d'un coté un "intérêt", et de l'autre une "valeur".

    C'est là que je fais intervenir l'algorithme Mark III du Doctor Spock:

    Que faut-il faire prévaloir ?

    Les besoins de l'individu, face aux besoins d'un plus grand nombre ? Et alors quels besoins ?

    Les besoins d'un petit nombre d'individus, et alors quels individus, face aux besoins du plus grand nombre ?

    Le salut de l'individu, face au salut du plus grand nombre ?

    Le salut d'un petit nombre d'individus, et alors lesquels, face au salut du plus grand nombre ?

  • BREAKING NEWS
    Six mois de répit pour les sapins: Noël vient d'être reporté au 25 juin !

  • Les écotouristes seront-ils sensibles aux cris des sapins quand on les scie? Une anesthésie locale serait la moindre des considérations en reconnaissance de ce sacrifice suprême.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel