sylvain thévoz

Des soignant-e-s bien mal soigné-e-s !

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1ecc5b84-ad60-469b-a78f-4dbb881fc030.jpgPour davantage de postes de soignants aux HUG, pour une meilleure qualité des soins et des conditions de travail dignes ! Cette pétition [1] demande une reconnaissance du travail des soignant-e-s. Discutée en commission du Grand Conseil, elle y a été sèchement balayée par la droite cet automne, entre deux vagues de Covid-19. Prendre soin des soignant-e-s est pourtant plus que jamais vital et nous concerne toutes et tous. Le coup de couteau dans le dos du Conseil d'État (baisse des salaires) et de la droite parlementaire à celles et ceux qui sont au front n'est pas acceptable. 

 

Nous avons été nombreuses et nombreux à applaudir les soignant-e-s au printemps passé. Ces dernier-e-s méritent bien davantage que des applaudissements, mais avant tout de bonnes conditions de travail et une sérieuse prise en compte de leur épuisement.

Souffrance au travail

Les constats de la pétition, largement signée par les soignant-e-s (plus de 2000 !), sont clairs. Le travail ne peut s’effectuer d’une manière correcte quand les moyens manquent. Dans cette pétition balayée par la droite parlementaire en commission, il est question des infirmier-e-s, des aide-soignant-e-s et des assistant-e-s en soins communautaires. Il est question de femmes et d’hommes, courant le risque de tomber malade en faisant leur devoir avec professionnalisme et courage.

Il a beaucoup été question de la revalorisation du travail des femmes récemment. Or, rien n’a été fait, ou presque. Les HUG ont un personnel féminin important, et la direction des HUG a elle-même reconnu que la profession d’aide-soignant mériterait d’être revalorisée.

Cette pétition a été lancée suite au constat fait sur le terrain par les travailleuses et travailleurs concernant leurs conditions de travail.

Le personnel soignant ne se plaint pas facilement, mais la péjoration des conditions de travail date maintenant de plus de quinze ans et ils constataient que le point de rupture était atteint. Dès 2007 et la mise en place du plan Victoria, le personnel a été mis sous pression avec une augmentation de 15% de l’activité au cours des dix dernières années, et une stagnation des effectifs. 

 

Des taux d’absence alarmants

Pour les pétitionnaires, cette situation de fragilisation de l'hôpital a entraîné inévitablement une augmentation de la cadence de travail, une violation des règles de la loi sur le travail (travail de nuit, pause, etc.), avec un management décrit comme autoritaire qui fonctionne avec des menaces et des sanctions. Le taux d’absence est inquiétant. Il est de plus de 10% chez les soignant-e-s, et a augmenté en flèches ces derniers mois jusqu'à atteindre 15.6%. Les réponses des HUG sur ces points ne sont pas satisfaisantes. 

La valse des intérimaires

On est en droit de douter de l’air du « tout va très bien madame la Marquise » qui est régulièrement entonné par Monsieur Poggia concernant la gestion des ressources humaines dans le domaine de la santé.

La direction des HUG a reconnu que la « pratique précédente conduisait à des absurdités et entraînait l’engagement d’intérimaires ». Confession fort tardive. Les 280 nouveaux postes à durée déterminée ne signifient pas une dépense supplémentaire puisque ces moyens sont simplement déplacés du pan intérimaire vers des postes fixes. Il n’est donc pas possible de se satisfaire de la stabilisation de ces postes. Cette ressource était déjà à disposition. Il faut également relever que les conditions d’engagement diffèrent largement entre le personnel fixe et les intérimaires. Certaines procédures mériteraient d’être clarifiées.  

Ce ne sont donc pas 280 postes qui sont demandés dans cette pétition mais bien 500, et une invitation à poursuivre l’effort. Quelle a été la réponse du Conseil d'État ? Couper dans les salaires des soignant-e-s... c'est irresponsable. 

 

Des soignant-e-s bien mal soigné-e-s

Les témoignages du personnel soignant font mal à entendre. Certain-e-s arrivent le matin en sachant qu’ils ne pourront pas manger, faute de pouvoir prendre une pause. Les soignant-e-s se priveraient également de boire pour ne pas perdre de temps aux toilettes et devraient, après leurs heures de travail, retranscrire tous les soins dans les dossiers médicaux. Ces heures supplémentaires ne sont pas comptées. Il s’agirait donc de travail gratuit que la direction considère inhérent à son manque d’organisation du personnel. Les changements d’horaires  liés aux absences seraient également fréquents. Il arrive que des professionnel-le-s doivent enchaîner deux horaires à la suite. Et maintenant que le pic de la pandémie augmente, ces conditions vont inévitablement encore se dégrader.

Des métiers qui évoluent, des rapports de force qui demeurent

Les médecins se déchargent parfois sur les infirmières qui débriefent les patients à leur place, sans être nécessairement formées et payées en conséquence. Certaines infirmières sont également utilisées comme aide-soignante, ce qui pose des problèmes de cahier des charges. Un projet de privatisation de blocs opératoires pose également de nombreux problèmes. Le personnel n’a pas le sentiment que la qualité des soins est si importante pour la direction. 

 

Ne pas s’en laver les mains

Aujourd’hui, alors que la Covid-19 frappe, seuls 6% du personnel avait pu prendre ses vacances de Pâques. Le surplus devait être réparti entre 2020 et 2021. Qu’en est-il aujourd’hui, alors que la pression ne s’est pas relâchée sur le front de la maladie, et que l’état d’épuisement des soignant-e-s est au plus haut ? 

Il est grand temps de prendre davantage soin de nos soignant-e-s et au-delà des applaudissements au balcon, d’en faire davantage afin d’améliorer leurs conditions de travail.

Il est urgent que le Conseil d'État revienne sur son projet de baisse de leurs salaires et la majorité de droite sur ses logiques d'économicité qui endommagent notre santé. 

On a bien entendu l'appel à la responsabilité individuelle pour éviter d'engorger les hôpitaux. Le Conseil d'Etat a-t-il lui même fait preuve de la même responsabilité en annonçant couper les salaires des soignant-e-s et ce au plus mauvais moment ; et pour avoir si mal anticipé la 2e vague que l'on s'est retrouvé début octobre à cours de personnel pour le traçage puis ensuite pour le testing ?

Le mal est fait et cela crée des dommages.

Persévérer dans l'erreur serait fatal.  

 

[1]https://ge.ch/grandconseil/data/texte/P02083.pdf

.........

www.sylvainthevoz.ch

Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 9 commentaires

Commentaires

  • Il y a un manque important de soignants en France et nous nous avons 60% de frontaliers aux HUG!!! 60% de frontaliers qui ont été formé avec l'argent des contribuables français et qui aujourd'hui ne sont pas dans les hôpitaux français! On a 2 écoles de soins hospitaliers à Genève et Lausanne, ça devait suffire aux hôpitaux de la région!!!! On est solidaire mais avec qui??? Ref France Culture "Le temps du débat" du 14/oct L'hopital est il armé pour une 2ème vague? Entendu que 50 milliards sont escroqués tous les ans dans les caisses de la sécu! (ref Charles Prat) La France peut à tout moment réquisitionner les soignants qui travaillent en Suisse!

  • Votre pétition éructe et s'édicte en victimaire,

    se fait l'écho de salariés en poste aux HUG,
    dont on sait qu'ils sont volontairement et ce depuis des décades, majoritairement recrutés hors Suisse.

    Cette pétition se tait sur le fond: les problèmes liés à la formation - en Suisse, et l'accès aux stages diplômants, des Suisses en formation.

    Ce n'est que l'attrait au salaire en CHF qui motive les soignants Français à démissionner en France, pour aller jobber aux HUG.

    Selon cette pétition, ils se plaignent en Suisse, de conditions de travail que leurs confrères et consoeurs vivent au quotidien et pire en France et ce, pour un salaire au SMIC.

    Je me mêle de votre tentative de récup politicienne, avec colère.
    Car j'ai bossé sur poste d'aide-soignante, salaire au "smic", devant assurer seule des services de 48h prolongés non stop, non compensés, nuits/fêtes etc, pas de congés etc. Services courants de plus de 24h non stop, seuls des cafés pour tenir.
    Nous étions exposés à x contaminations des patients, hépatites etc, agressions, etc. Jamais aucun contrôle. J'ai démissionné, avec 4mois d'heurs sup non payées en stock.
    Le tout, pour un salaire et conditions au bas de l'échelle de l'Etat qui nous employait. Pour une rente indexée actuelle, qui me compense de ma maigre AVS, alors que j'ai bossé de mes 18 à me
    s 64 ans, et financé mes études en pays étrangers, sans Erasmus, de mes jobs d'étudiante profitant aux pays concernés (US, UK, Australie), non inclus ni dans mon AVS ni 2me pilier.

    Cette pétition et votre parti ne m'attirent que rejet.

    Ceux qui sont venus profiter du CHF, bien que formés en France, sont redevables aux contribuables Français pour leur formation.


    Genève et la Suisse sont coupables de laxisme à ce jour, doivent fortement investir pour, et soutenir fermement, la formation du personnel de santé sur notre sol.

    Ce serait la moindre en matière d'éthique à attendre de nos exécutifs, gouvernants et élus,

    ne serait-ce que ref. cette votation ni fiable ni crédible, sur la responsabilité de multis vis à vis de l'international ... de la santé.

  • ça m attriste énormément autant qu une 2 ème vague de Corona semble toucher la Suisse et d autre part que les soignants suisses n entendent plus à 20 hrs les applaudissements des Suisses sur leurs fenêtres ou en allumant des bougies ....etc...en reconnaissance et gratitude de leur dur boulot et à grand risque ...

    Ce qui est triste aussi que les Médias en Suisse se rendent compte, enfin, que ces soignants sont nécessaires! il fallait oser le penser et le dire enfin comme si ces médais a réussi à inventer l eau chaude!!!

    Bien à Vous M. Sylvain Thevoz.
    Charles 05

  • Cher Monsieur,

    Accepteriez-vous d'user du prestige de votre blog pour appeler les lecteurs à se méfier des messages conspirationnistes sur les autres blogs de la tribune ??

    J'ai écrit aux responsables, mais ils refusent de publier un message d'alerte sur les blogs conspirationnistes ... il s'agit en effet des blogs qui suscitent le plus de commentaires.

    Je vous en prie, usez de votre voix pour que cela change ! Des vies sont en danger car certains croient aux messages des antivax/antimasques hébergés sur les blogs de la tribune.

    Il faut que les responsables de la tribune prennent leurs responsabilité !

    Merci.

  • @ Geulards

    Entre le 31 octobre et le 9 novembre, les soins intensifs "ordinaires" suisses seront pleins. En enlevant l'électif on pourrait gagner 1/2 semaine.
    Entre le 5 novembre et le 18 novembre les soins intensifs étendus en repoussant les murs seront pleins.
    Pour les lits d'étage, on en est à 55 % du taux de remplissage maximun obervé au cours de la première vague.
    La mortalité est celle du 17 mars, soit un jour après le semi-confinement. Les taux d'hospitalisation et d'occupation des soins intensifs sont plus élevés qu'au 17 mars. Plutôt les niveaux prévalant une semaine plus tard.
    Tous les cantons et tous les pays européens sont atteints. Point de secours à attendre d'eux.

  • @ Geulards

    Entre le 31 octobre et le 9 novembre, les soins intensifs "ordinaires" suisses seront pleins. En enlevant l'électif on pourrait gagner 1/2 semaine.
    Entre le 5 novembre et le 18 novembre les soins intensifs étendus en repoussant les murs seront pleins.
    Pour les lits d'étage, on en est à 55 % du taux de remplissage maximun obervé au cours de la première vague.
    La mortalité est celle du 17 mars, soit un jour après le semi-confinement. Les taux d'hospitalisation et d'occupation des soins intensifs sont plus élevés qu'au 17 mars. Plutôt les niveaux prévalant une semaine plus tard.
    Tous les cantons et tous les pays européens sont atteints. Point de secours à attendre d'eux.

  • Madame CEDH,

    Exactement, que manquait-il donc dans le message des autorités politiques entre avril et septembre pour persuader la population concernée que la menace d'engorgement des urgences est grave ?

    Cela paraît tellement facile d'en augmenter la capacité à voir la vitesse à laquelle les dollars bruxellois de l'UE construisent les logements pour accueillir les vagues de migrants et leurs virus ...

    https://www.ge.ch/dossier/nouveaux-quartiers/meyrin-vernier-etang

  • "Cher Monsieur, Accepteriez-vous d'user du prestige de votre blog pour appeler les lecteurs à se méfier des messages conspirationnistes sur les autres blogs de la tribune ??" (Hubert)


    Je vois la naissance d'un mouvement de conspiration contre les conspirationnistes. A ne pas confondre avec un mouvement de "constipation".

    Quant à la naissance d'un mouvement de censure, d'un mouvement de noyade-dilution-dissolution, ou d'un mouvement de conspiratophagie du mouvement des antivax/antimasques, ... justement, ... il est question de la suppression d'une étude sur la suppression des masques qui n'a pas encore été supprimée parce qu'elle n'a pas encore été publiée, ... ce qui expliquerait pourquoi elle n'a pas été publiée.

    Bref, offert par l'observatoire de la recherche de la politique suisse, le Swiss Policy Research (SPR), (qui cherche aussi une copie de la publication de la politique suisse pour prouver qu'elle a été supprimée avant d'exister), ...


    "On the Suppressed Danish Mask Study" ... qui explique que l'étude a été supprimée parce qu'elle a été ... rejetée.

    Heureusement que Swiss Policy Research nous avertit et lance l'alerte. On aurait pas vu qu'elle existait et on aurait risqué de passer à côté sans la voir et sans le savoir !

    https://swprs.org/the-suppressed-danish-mask-study/


    Et là c'est très intéressant parce que le Professeur Christian Torp-Pedersen explique que "The Lancet, The New England Journal of Medicine and the American Medical Association’s journal JAMA" ont refusé de publier son étude ...


    However, the professor does not wish to provide the justification given by the journals.

    “We cannot begin to discuss what they are dissatisfied with, because if we did, we also have to explain what the study showed, and we do not want to discuss it until it is published,” explains Christian Torp-Pedersen.


    Parce que les journaux médicaux ont conspiré pour "discuter" AVANT de la publier:

    “They all said no,” says Professor, MD and chief medical officer at the research department at North Sealand Hospital, Christian Torp-Pedersen.

    Le monopole de la suppression des études médicales a dit "NON".

  • Sérieusement ...

    Fauci dit en mars que les masques ne sont pas nécessaires, pas pratiques ou pas utiles ...

    https://www.youtube.com/watch?v=tghN-VsPsfM


    Puis en juin, Fauci avoue qu'il a menti parce qu'il craignait une pénurie (le désengorgement) de masques ...

    https://www.youtube.com/watch?v=0XHC5Kxxv_w


    Et la question de jeudi 22 octobre qui tue ... est-ce que les masques sont "politiques" ou "pas politiques" ?

    Le masque obligatoire selon Tony et l'oncle Joe ... qui va demander gentiment aux gouverneurs ...

    https://www.youtube.com/watch?v=_PDwrIj04Ds&t=3m48s


    Et pour compléter l'arsenal politique contre le virus, on attend encore l'annonce prochaine de la distanciation sociale obligatoire, ce qui devrait interdire les rassemblements des frères BLM et de Tata Antifa.


    Et encore sérieusement, pour les masques ... presque tout est ici ...

    https://swprs.org/face-masks-evidence/

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