sylvain thévoz

Le ministre de la santépolice perd les pédales

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cyclisme,vélo,démocratie,manifestationLe lundi 18 mai, une manifestation spontanée a réuni plus de 2000 cyclistes en soutien à la politique du Conseil d’Etat d’ouvrir de nouvelles pistes cyclables en lien avec le COVID-19. Le magistrat Poggia s’en est trouvé fort marri et a haussé le ton suite à celle-ci, menaçant indistinctement d’amendes les personnes qui y étaient présentes. Le Grand Conseil, le Conseil municipal de la Ville de Genève, les chambres fédérales ont pourtant pu siéger. Pas les cyclistes. Le droit de manifester est ainsi gelé pour certain-e-s et autorisés pour d'autres. L'exercice des droits démocratique serait-il uniquement à disposition des élu-e-s?

Il faut remercier les services de police présents le 18 mai qui ont encadré ce rassemblement spontané cycliste et permis que les droits démocratiques soient respectés ; que la sécurité de toutes et tous soit garantie. Il demeure toutefois regrettable qu’une logique répressive et punitive soit proclamée par le ministre de la santépolice plutôt que de chercher à faciliter la vie des gens et l'exercice de leurs droits démocratique. Plutôt que de participer à une dangereuse escalade (cf.appels d'automobilistes à rouler sur les pistes cyclables voir sur les cyclistes sur les réseaux sociaux) le ministre de la santépolice ne devrait-il pas plutôt chercher à ramener la sérénité, le dialogue en sortant des logiques d'invectives pour dégager un chemin garantissant les droits démocratiques et la santé publique?

L'intervention de Monsieur Poggia soulève plusieurs questions : Pourquoi les droits démocratiques sont-ils garantis à certains et interdits à d'autres ? Quels sont les critères pour accepter ou refuser une demande de manifestation? Ces critères ont-ils été explicitement communiqués à la population, ainsi que la marche à suivre pour obtenir une autorisation de manifester? Pourquoi le Conseil d'Etat a-t-il autorisé des député-e-s et des élu-e-s municipaux/ales à siéger en les protégeant, et interdit-il aux citoyen-ne-s défendant leurs droits et jusqu'à la politique du Conseil d'Etat de le faire ?

De nombreux appels d’automobilistes à rouler sur les pistes cyclables et sur les cyclistes eux-mêmes sont apparus sur les réseaux sociaux. De quelle manière la police y a-t-elle répondu : des personnes ont-elles été interpellées à ce sujet ?

Il est regrettable que le ministre de la santépolice annonce qu'il poursuivra (sur quelles bases légales, avec quels moyens de vidéosurveillance?) les cyclistes qui ont pacifiquement roulé sur des pistes que le Conseil d'Etat a aménagé pour eux le 18 mai, tout en ne disant mot sur les appels au meurtre visant les cyclistes.

Cette politique du deux poids deux mesures n'est pas acceptable. De la même manière que passer des menottes et amender lourdement les citoyen-ne-s ayant répondu à #apppel4mai après leur avoir refusé une autorisation de manifester relève plus de l'arbitraire que d'une saine gestion de l'Etat.

Il est urgent que monsieur Poggia retrouve mesure et équilibre plutôt que de menacer à tout va les citoyen-ne-s et leur interdire l'exercice de leurs droits démocratiques.

 

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www.sylvainthevoz.ch

 

Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 4 commentaires

Commentaires

  • A moins que j'ai loupé quelque chose, pour le moment les manifestations sont interdites pour cause de corona.
    Il est donc dans son droit.

    A votre avis, pourquoi les festivals sont annulés ?

    Pour s'exprimer, il faut être inventif.
    Au lieu de faire une concentration idiote en ses temps de distanciation, autant accroché une étoffe verte ou jaune pour exprimer sa position.
    Il faut être irresponsable de concentrer des gens, sachant que ce virus lui faut peu pour se propager, et si il y a propagation, Genève aura la joie d'être isolée de ses voisins.

    Est-ce que Poggia a d'autre choix que d'intervenir pour éviter que cela se reproduise, sachant les risques sur les conséquences économiques. Je doute que les indépendants, personnels de restaurant et artisans ont apprécié le risque de cette manif.

    Ce rassemblement était de la pure crétinerie.

  • Il me semble que ceux qui ont perdu les pédales, ici, ce sont justement les cyclistes qui se sont massés ("spontanément" - la bonne blague!), sans le moindre respect des règles sanitaires de base que l'on nous martèle depuis des semaines, tout cela pour exiger le maintien des aménagements antibagoles passés en force sous des prétextes fumeux (la peur du "report" des TP sur la bagnole? qui peut de bonne foi affirmer que le pendulaire de Nyon ou Bons-en-Chablais qui aura peur de prendre le train va tout d'un coup venir travailler à vélo!) Non, il est évident que lorsque les services de l'(im)mobilité de ce canton on cru percevoir le "risque" que le chaos pût s'installer en ville, il leur incombait alors de tout mettre en oeuvre que ce "risque" devînt réalité. Et c'est ce qu'ils on fait.

  • Au moins lorsqu'une centaine de bagnoles se retrouvent dans un bouchon M. Poggia est rassuré de savoir qu'ils ne vont pas se contaminer... Mais pour ce qu'il en est de la pollution et des maladies respiratoires de tous les citadins notre magistrat ne semble pas trop s'en préoccuper. Les habituels pollueurs hurlent au scandale en ce temps d'épidémie du COVID-19, toutefois ils se fichent des poumons des autres en temps normal...

  • Une raison de plus pour démontrer que les cycliste se croient tout permis grâce à leur anonymat.

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