sylvain thévoz

Donnons de la voie !

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IMG_8574_2.jpgLa décision des autorités cantonales et municipales de créer de nouveaux aménagements cyclables en urgence ces derniers jours afin d’accompagner la sortie du semi-confinement a provoqué une levée de boucliers de la part des pro-voitures. Pourtant, si ces pistes n’avaient pas été tracées, le risque de report modal sur la voiture aurait entraîné un chaos total du système de transport. C’est une décision pragmatique et efficace que les autorités ont prise et qui va dans le même sens que celles de nombreuses capitales européennes (Paris, Bruxelles, Milan, Paris).

 

A chaque mode de transport sa voie. Cela est très démocratique. Il n’y a pas de raison que des personnes isolées dans des carlingues d’une tonne et d’un autre temps continuent d’occuper toute la ville au détriment de la santé et de la sécurité des habitant.e.s. La part des ménages sans voitures en Ville de Genève ne cesse de croître (plus de 45%). Les aménagements cyclistes actuels ont toutefois des décennies de retard et pâlissent des comparaisons internationales avec des villes comme Bordeaux, Lyon, sans même parler d’Amsterdam ou Copenhague.

Le coup d’accélérateur donné ces derniers jours est salutaire et rééquilibre quelque peu les choses. Ces aménagements vont dans le sens de l’IN144 « pour la mobilité douce » acceptée il y a… 9 ans, jamais mise en œuvre, et qui exige la création de pistes cyclables directes, continues et sécurisées pour tout le réseau des routes primaires et secondaires. Ils accompagnent également la décision de créer un U cyclable lacustre, votée à la majorité au Conseil Municipal de la Ville de Genève, ainsi que la votation fédérale de 2018 où 73.6% de la population suisse plébiscitait l’entrée des voies cyclables dans la Constitution.

 

Il y a donc une volonté populaire affirmée et réaffirmée largement en faveur d’une augmentation des voies cyclables. Le Conseil d’Etat commence semble enfin en prendre la mesure et à prendre des décisions pour le bien être de toutes et tous. Il nous faut toutefois redoubler d’engagement afin que le Conseil d’Etat ne revienne pas sur ses décisions sous la pression des lobbies pro-voiture.

Une pétition a été lancée par les défenseur.euse.s de la mobilité douce qui demande de poursuivre les efforts en équipant d’autres tronçons, notamment sur les routes pénétrantes menant au centre-ville ; de transformer à moyen terme ces bandes cyclables en véritables pistes cyclables. Nous la soutenons bien évidemment totalement, comme nous avons toujours défendu et déposé des objets parlementaires pour faire avancer la mobilité douce en Ville de Genève.

Ces aménagements doivent être défendus et multipliés, afin que nous entrions de plein pied dans cette nouvelle ère. Signez la pétition « Oui aux nouvelles bandes cyclables à Genève ». Venez avec votre vélo ce lundi 18 mai à 18h démontrer l’importance de ces aménagements cyclables en les empruntant et en le faisant savoir.

Il n’y a pas de retour en arrière possible. Pour une ville plus sûre, plus saine, et pour une mobilité plus fluide : donnons de la voie !

 

Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 5 commentaires

Commentaires

  • Le problème des pendulaires ne va pas être réglée par ça. La problématique de Genève est particulier, on ne peut pas la comparer à d'autres villes.
    Transports insuffisants pour des frontaliers en augmentation permanente.
    Vous pensez que les frontaliers vont venir à vélo ?

    Cette autoritarisme est malvenue, même si l'idée à terme est bonne. La sécurité ne se discute pas, mais mettre la charrue avant les bœufs, c'est faire de l'écologie un repoussoir.

    Soit Genève contrôle son économie pour stabiliser sa population et pendulaires, soit elle triple les moyens pour le transport publique pour obliger les voitures des pendulaires à rester hors de la ville.
    Faire des bouchons à bruits et pollutions, je suis sceptique sur le gain écologique.

    Pourquoi ne pas encourager les entreprises à créer des lieux de télétravail autour de Genève, bien sécurisé (ce qui n'est guère le cas chez soi). Il y aurait moins de circulation et de km parcouru par les pendulaires, et les transports seraient moins saturés. Ou alors via des entreprises qui se spécialiserait dans la location de bureau pour le télétravail.
    Si les frontaliers n'ont pas besoin de traverser Genève, tout le monde y gagne.

  • Monsieur Topo, vous gagnerez la guerre contre la voiture et le vélo triomphera grâce....à la pauvreté. L'indigène genevois n'a pas besoin de véhicule car il est à l'aide sociale tandis que le frontalier va utiliser son véhicule pour "travailler" à Genève. C'est grâce à lui que les vils genevois peuvent avoir l'électricité et l'eau potalble....Plaisanterie à part, Genève s'enfonce doucement et surement vers une pauvreté noire....ce qui est mérité.

    PS : une entreprise digne ce nom ne reste pas dans un trou comme le canton de Genève.....

  • Je suis tout a fait pour la débagnolisation de la ville mais on semble oublier qu`une piste cyclable est tres dangereuse pour les cyclisteslorsqu`elle n`est pas séparée physiquement de la route aux endroits ou la vitesse autorisée des voitures atteint ou dépasse 60 km/h. Les pistes cyclables créées a coups de peinture jaune ne sont acceptables que si la vitesse des voitures est réduite, comme en centre-ville.

  • Faire des kilometres de pistes cyclables avec un peu de peinture jaune est une maniere de populisme pour les partis qui s`en réclament. Ces simili pistes cyclables sont ensuite empruntées non-seulement par des gaillards rompus au vélo en toute condition mais aussi par des gosses et des personnes agées. Si la piste est peinturlurée sur une route pleine de voitures et de camions roulant a soixante et plus, le cycliste amateur n`a qu`a prier pour qu`aucune voiture ne morde la piste ou qu`il ne se prenne pas une gamelle (par exemple par temps de pluie) qui l`enverra droit sous les roues des voitures. Je crois qu`on ne fait pas assez attention a ca dans la fievre actuelle du tout-cyclable.

  • J'attends la réaction des pastèques après le premier vélo écrasé par un taxi ou un bus, qui désormais roulent plus vite que les voitures parquées dans la file de gauche, pour rattraper le temps perdu des autres qui se déroule devant eux, en psalmodiant "Je roule pour vous.".

    https://www.youtube.com/watch?v=e5H4Lby-ke0

    Le monde à l'envers.

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