sylvain thévoz

Y'en a pas comme nous ?

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srl002.jpgLa marque Suisse a fait bonne figure lors de la pandémie nous dit Nicolas Bideau, directeur de présence suisse. Cela nous fait une belle jambe. Ce denier, sans vergogne, alors que les files de personnes s'allongent à Genève pour avoir de quoi manger, affirme que l’image de la Suisse sort renforcée de l’épidémie liée au nouveau coronavirus. Dans un entretien[1]  au journal Le Temps il égrène les domaines dans lesquels notre pays (y’en a pas comme nous) s’est illustré.

L’industrie pharmaceutique : y’en a pas comme nous ! L’application qui doit permettre de retracer les personnes infectées par le coronavirus : y’en a pas comme nous ! Le système sanitaire qui n’a pas craqué et nous a évité un « bad buzz international » : y’en a pas comme nous ! Le « tennis at home challenge » lancé par Roger Federer : « un buzz mondial qui nous a profité. » Dans le même registre, le conseiller national PDC Vincent Maître s’autocongratulait de la démocratie Suisse en publiant une photo des parlementaires entassés dans un tram avec des conseillers fédéraux, en légendant : il ne doit pas y avoir beaucoup de pays au monde où l’on peut tomber à 22h passée dans un tram tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sur une vingtaine de sénateurs et députés fédéraux, ainsi que le dernier Président de la Confédération, rentrant chez eux après une session lors de laquelle près de 60 milliards ont été voté. Y’en a pas comme nous ! Pourtant, si c’était pour s’entasser dans des trams sitôt la séance terminée, sans respecter les mesures de distance physique, ils auraient pu siéger au Palais fédéral, cela aurait fait des économies. Le coût de cette session s’est monté à 3.4 millions.

 

Le directeur de présence suisse, et tous les adorateurs de vitrine, n’ont pas dû lire Le Monde du mardi 5 mai qui titrait « À Genève, la pandémie de Covid-19 révèle une misère sociale jusque-là peu visible »[2] , mettant en avant que jamais Genève, l’une des dix villes les plus riches au monde, n’avait imaginé accueillir une distribution de tels vivres à des milliers de personnes dont la majorité n'a même pas d'assurance maladie[3]. Le New-York Times [4] a lui relayé une vidéo montrant  une des distributions de biens de premières nécessités sous l’égide de la Caravane de la Solidarité avec l'appui de la Ville de Genève avec la légende suivante : « Dans l’une des villes les plus riches et les plus chères du monde, les travailleurs pauvres et migrants souffrent de restrictions liées au coronavirus ». Comme l’a rappelé le Conseiller aux États Carlo Sommaruga sur son compte twitter : « cela est humainement insupportable et plus dramatique encore dans la Genève internationale, capitale mondiale de l’humanisme et de l’Agenda 2030 qui fait de la lutte contre la faim et la pauvreté l’une de ses priorités ».   

Aux auto-satisfaits, à celles et ceux qui seraient tentés comme Bideau de dire : « tout va bien madame la marquise » et de se vautrer dans la communication complaisante tout en balayant sous le tapis précarités sociales, travailleuses et travailleurs invisibles, nous leur disons que nous ne nous laisserons pas endormir par ces discours de classe déconnectés de la réalité. Si Genève est aujourd’hui internationalement sur le devant de la scène, c’est en raison des files de pauvres qui s’allongent et nous révoltent, et c’est une honte pour notre Ville.   

Rien qu’à Genève, selons Caritas, 13'000 personnes travaillaient sans statut légal. Elles se retrouvent aujourd’hui dans une immense précarité. Il faut y ajouter les travailleuses et travailleurs pauvres, les retraité-e-s, les familles monoparentales, etc., toutes celles et ceux que la crise à fait basculer dans la misère.

Alors, quand certains disent « y’en a pas comme nous » et envoient le police pour faire disparaître les pauvres de l’espace public, punir celles et ceux qui tentent de leur amener des biens de première nécessité, nous répondons : il ne dépend que de nous de construire une société plus juste, en défendant mordicus les droits et la dignité de toutes et tous, ici et maintenant.

Si seulement nous arrivons à faire disparaître la pauvreté de notre Ville et de notre pays, alors seulement pourront nous dire : Y’en a pas comme nous. Mais avant cela, rien ne mérite fanfaronnade.

Rien.  

 

[1] https://www.letemps.ch/suisse/nicolas-bideau-limage-suisse-sort-renforcee-crise

[2] https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/05/geneve-la-pandemie-de-covid-19-revelateur-d-une-misere-sociale-invisible_6038709_3210.html

[3]  https://www.rts.ch/info/regions/geneve/11309509-60-des-personnes-qui-ont-fait-la-queue-pour-manger-a-geneve-n-ont-pas-d-assurance-maladie.html

[4] https://www.nytimes.com/video/world/europe/100000007131162/geneva-food-line-coronavirus.html?fbclid=IwAR2OEAY_mfQg_c2sosWSy6-52AdRWlwgAZzs6uiacHxmikF32slGEkBhVyk

 

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Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 9 commentaires

Commentaires

  • Monsieur Topo, vous déféquez sur la Suisse à longueur d'année alors que faites vous ici. Il me semble que vous êtes né au Canada donc vous avez la nationalité de ce pays. Vous êtes libre de partir et de prendre avec vous tous les clandestins de Genève.....
    PS (Post Scriptum) : Lorsque l'on respecte un pays on y vient légalement non comme vos amis les clandestins qui choisissent une destination, profitent et n'apportent rien

  • Eh bien ! Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne vous a pas réussi, ce confinement ! Mon pauvre mark-o !!

  • Y-en-a-pas comme nous! C'est certain qu'avec nos 790 morts pour 8,5 millions d'habitants (20,9 morts pour 100.000 personnes),presque l'égale des Etats-Unis (21,1 décès pour 100.000 habitants), il n'y a pas de quoi se vanter.
    Nicolas Bideau vit peut être sur une autre planète que la nôtre ! The bling-bling one!

  • Aie aie aie la référence nous parler d'un tocard pour nous dire quoi??? En tout cas les mafias internationales protégées par toute la gauche, adorent la Suisse où elles ouvres des dizaines de milliers de commerces de blanchiments d'argents: salons de coiffures, boutiques de fringues, kebab et autres! Et les petites mains de ces mafias sont entretenues par les citoyens que le système étrangle, dans l'indifférence de la gauche, qui est prête a réouvrir les goulags, ces fameux camps de vacances de l'Est!

  • La gauche peut s'enorgueillir d'avoir les dealers de drogues les mieux habillés du monde, avec toujours le derniers portable et la dernière paire de tennis à 350.- la paire minimum, en tout cas eux ne vont pas glander devant la patinoire pour bouffer, ils vont poser leur fric dans les agences de transfères d'argents! Et mes nièces, qui toutes trois travaillent, n'ont pas les moyens d'acheter à leurs enfants, qui sont à l'école à Porrentruy, les fringues portés par les enfants des migrants qui sont dans leurs écoles! On peut m'expliquer pourquoi???

  • Décidément vous ne vous améliorez pas. Le virus a laissé des traces. Je me demande quand vous écrira quelque chose d'intelligent.

  • *Les chiens ne font pas de chats" disait-on souvent. Il faut croire que ce n'est pas toujours vrai: j'ai peine à croire que Jean-Luc, le papa, soit aussi aveugle ... ou obéissant aux ordres.

  • Tout monde comprends votre populisme, mais je doute que quelqu'un comprenne ce que vous voulez dire.

    Les illégaux par définition, n'ont pas le droit d'être là, sont inconnus de l'Etat, et en même temps, chaque pays en a.

    Les aider veut dire quoi, donner des papiers ? Les pays qui l'ont fait le regrettent, même l'Espagne socialiste ne le ferait plus (appel d'air).
    Donner un revenu minimum ? Si chaque étranger mettant un pied à Genève recevait un revenu minimum, tous les illégaux de Suisse et de Navarre viendrait à Genève, en peu de temps la population doublerait.

    Sur des sujets sérieux, j'attends des politiciens, non la critique aisée, mais des solutions. L'empathie n'est pas une solution, c'est un oreiller de paresse.

  • Au Vietnam, pays riche en socialisme, l'efficacité des files d'attente socialistes vietnamiennes ...

    https://www.youtube.com/watch?v=lWLuIO1DGAA


    Depuis au moins le 13 avril dit Bloomberg.

    https://edition.cnn.com/2020/04/13/world/coronavirus-vietnam-rice-atm-trnd/index.html


    "La marque Suisse"
    "Y'en a pas comme nous ?" ... dites vous ? Voyons cela ...

    https://www.youtube.com/watch?v=H0CXFgToxH8


    Vous avez raison. J'ai compté seulement 6 préposés à la distribution à Hanoï. Combien chez nous ? Vous avez vu combien le peuple, cette masse, est docile ? Et la mini-jupe de la réceptionniste ?

    Avec la bénédiction du parti.

    Et seulement 288 cas de coronadada et 0 morts, dit John Hopkins !

    On croirait le club mède ! La version bon marché, faite pour les masses.


    "Rien qu’à Genève, selons Caritas, 13'000 personnes travaillaient sans statut légal" vous dites.

    Sérieusement Monsieur Thévoz, qu'est-ce que vous appellez un "travailler sans statut légal" ?

    Est-ce parce que leur travail est illégal ? Leur travail est illégal, n'est-ce pas Monsieur Thevoz ?

    Ou est-ce leur présence sur le marché du travail de "la marque Suisse", sur le territoire de "la marque Suisse" qui est illégale ?

    Ca ne fait suffit pas que ces personnes recçoivent de l'argent pour que leur travail soit légal ?

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