sylvain thévoz

Air du temps

  • Stop à la stigmatisation "des jeunes"

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    logo200.pngDans Le Matin Dimanche, le magistrat de la police et de la santé Mauro Poggia s’en est pris aux jeunes. Il a mis en garde contre la tenue de "rave parties" les interprétant comme "zones de non-droit" et a déclaré qu'il y a : "de plus en plus de groupes de jeunes, sur le territoire genevois, qui n'ont aucun respect pour l'autorité". Cette façon de stigmatiser les jeunes n'est pas acceptable. 


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  • Un été pas comme les autres

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    XSJZ5098.jpegLe Covid-19 bouleverse nos habitudes et nos rythmes sociaux. Quel visage aura notre ville cet été? Les Genevois-es partiront-ils à l'étranger en vacances ou, crise économique et sociale oblige, resteront-ils davantage à Genève? Les personnes migrantes, indispensables à l'économie genevoise, qui traditionnellement privilégient le retour au pays pour retrouver leur famille durant la saison estivale, prendront-ils le risque de voyager au loin ?  Prendront-ils le risque de s'exposer à une mise en quarantaine à l'aller ou/et au retour, aux risques sanitaires liés? Les difficultés économiques vont rendre tout déplacement plus onéreux. Cela va contraindre de nombreuses personnes à ne pas bouger. Cela risque de changer le visage de notre ville et exiger davantage de réactivité de l'administration et des associations, à une période de l'année où, traditionnellement, tout ralentit. 


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  • Déboulonnons les David de Pury, Piachaud & co !

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    29401100894430L.gifC'est une contradiction totale pour nos démocratie de maintenir des statues de grands hommes du passé dont on sait et reconnaît aujourd'hui que la fortune bâtie ou les agissements se sont faits au prix du sang et en bafouant les droits humains. Comment condamner le meurtre, le viol, la traite des être humains, le travail au noir aujourd'hui et maintenir des statuaires de tyrans des siècles passés ?

    Quelle cohérence il y a-t-il à continuer de glorifier d'une main, par le bronze et la pierre, ce que l'on  prétend vouloir condamner pénalement aujourd'hui ?

    Les pétitions et textes parlementaires qui demandent de retirer de l'espace public les représentations de tyrans sont bienvenues.[1] Il faut faire le ménage.  

     

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  • Mort de George Floyd : regardons-nous dans la glace !

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    _112574168_061718848-1.jpgLa mort de Georges Floyd choque le monde entier. Nous sommes horrifiés et écoeurés par la mort de cet homme sous le genou d’un policier de Minneapolis. Nous ne devrions toutefois pas penser que ces pratiques sont limitées aux USA et le racisme un produit US. Ce dernier est endémique en Suisse et en forte augmentation (+25% de plaintes l’an passée). Les pratiques policières à Genève et en Suisse ne sont guère reluisantes. Elles ont été régulièrement épinglées par des ONG et au niveau international. Victimes de profilage racial, personnes ciblées et amendées à répétition en raison de leur appartenance ethnique, arrestations abusives, violences verbales et physiques, humiliations corporelles, minorités placées en détention à Champ-Dollon pour suspicion de mendicité, le dossier de la police est lourd. Qui pour l’instruire ?

     

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  • Y'en a pas comme nous ?

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    srl002.jpgLa marque Suisse a fait bonne figure lors de la pandémie nous dit Nicolas Bideau, directeur de présence suisse. Cela nous fait une belle jambe. Ce denier, sans vergogne, alors que les files de personnes s'allongent à Genève pour avoir de quoi manger, affirme que l’image de la Suisse sort renforcée de l’épidémie liée au nouveau coronavirus. Dans un entretien[1]  au journal Le Temps il égrène les domaines dans lesquels notre pays (y’en a pas comme nous) s’est illustré.

    L’industrie pharmaceutique : y’en a pas comme nous ! L’application qui doit permettre de retracer les personnes infectées par le coronavirus : y’en a pas comme nous ! Le système sanitaire qui n’a pas craqué et nous a évité un « bad buzz international » : y’en a pas comme nous ! Le « tennis at home challenge » lancé par Roger Federer : « un buzz mondial qui nous a profité. » Dans le même registre, le conseiller national PDC Vincent Maître s’autocongratulait de la démocratie Suisse en publiant une photo des parlementaires entassés dans un tram avec des conseillers fédéraux, en légendant : il ne doit pas y avoir beaucoup de pays au monde où l’on peut tomber à 22h passée dans un tram tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sur une vingtaine de sénateurs et députés fédéraux, ainsi que le dernier Président de la Confédération, rentrant chez eux après une session lors de laquelle près de 60 milliards ont été voté. Y’en a pas comme nous ! Pourtant, si c’était pour s’entasser dans des trams sitôt la séance terminée, sans respecter les mesures de distance physique, ils auraient pu siéger au Palais fédéral, cela aurait fait des économies. Le coût de cette session s’est monté à 3.4 millions.

     

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  • Protégez-vous. Protégeons-nous. Protégez-les.  

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    images.jpgLa ruée sur les magasins est forte. Les sites de vente en ligne, de LeShop.ch à Digitec Galaxus, connaissent une hausse sans précédent du nombre de commandes, provoquant des délais jamais vus. «Nous recevons actuellement autant de commandes que lors du Black Friday 2019, et en raison de la ruée sur nos boutiques en ligne, nous avons 35 000 commandes en retard», détaille un porte-parole de Migros.[1] La ruée sur les magasins provoque des vidages de rayons, et les vagues successives de client-e-s mettent en danger la santé des caissiers et caissières, des travailleurs et travailleuses qui sont en premier ligne pour répondre à la demande. La surconsommation des un-e-s met en danger la vie des autres. Pourtant, nulle pénurie. 

     

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  • Le virus ou la vie ?

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    76c387532194999f5e7095cfdcc0f2fa.jpgAlors que le coronavirus a débarqué en Suisse et que la décision du Conseil fédéral d’interdire tout rassemblement de plus de 1'000 personnes, fait trembler l’économie et suscite un mouvement de peur diffus, il est important de garder la tête froide, appliquer et faire appliquer les consignes de sécurité. Mais il ne s'agit pas, comme des bandits de grand chemin de dire : "le virus ou la vie" et de paniquer dès qu'un-e voisin-e éternue dans son coude, ou renfile dans sa manche, mais bien d'inclure la possibilité du virus dans nos vies, et tirer rapidement les enseignements politiques de cette crise. 

     

     

     

     

     

     

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  • Panneaux signalétiques : merci madame la Maire !

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    La politique, ce sont des projets d’infrastructures, des mesures lourdes et des mesures symboliques. Le beau projet mené conjointement par la Ville de Genève et le Canton de modifier avec une belle économie de moyens les panneaux signalétiques pour les rendre à la diversité démontre que rien n'est figé n’est figé dans le formol, et que la politique peut changer très concrètement notre quotidien.

    Le symbole, et l'acte politique fort, dans cette action, c'est que le personnage lambda "neutre" du passage piéton n'est plus un monsieur à chapeau. C'est fini. La société a changé et celles et ceux qui n'avaient pas leur place ne peuvent plus être nié-e-s aujourd'hui. Les citoyen-ne-s de second rang et de longue date (femmes, enfants, aîné.e.s) effacé-e-s de la statuaire urbaine, gommé-e-s des nominations de rue, des commémorations officielles et historiques, refont désormais surface grâce à une volonté politique, celle de la maire de la Ville de Genève Sandrine Salerno. Voilà un joli geste qui aurait dû être unanimement salué. Pourtant, des réactions conservatrices, machistes, voire haineuses et dénigrantes se sont fait entendre. Mon Dieu on a touché à la statuaire. On a remis en cause, par une modeste action, ce qui semblait de tout temps figé dans le métal et bien cadré. 

     

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  • Mon tout premier Noël

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    12A508D4-3C6E-4DFB-8EC8-F1450C34F40F.jpegPetit enfant promis à la mort par Hérode. Nouveau-né pourchassé. Fils fugitif emmené en Egypte dans le ventre de sa mère pour échapper à la mort. Enfant de migrants. Fils placé dans une mangeoire : il n’y avait pas de place pour toi dans l’abri destiné aux visiteurs. Il n’y avait de place pour toi nulle part d’ailleurs. Tu n’étais pas attendu. Pas prévu. Sans place réservée au planning familial.

    Tu naquis dans une étable. Tu arrivas sur terre comme des millions et des millions d’enfants : menacé, fragilisé, pourchassé, à deux doigts de claquer avant de naître.

    Tu naquis à l’écart, à la marge, en déplacement rapide. Tu naquis en marche forcée, sans sage-femme, sans passeport, sans docteur, avec juste quelques bêtes autour de toi pour te tenir chaud : maigre réconfort. Un âne, un bœuf, dit la légende. Peut-être même pas un chant d'oiseau. Pas un sifflement. De la paille ça oui. Beaucoup de paille. Mais pas d’herbe verte. Pas de ruisseau. Pas de luminothérapie ni supplément de vitamine D.

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  • Mobilisation pour Julian Assange

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    Ce jeudi, sur la place des Nations, à Genève, les partis politiques de gauche et de nombreuses associations étaient réunis pour demander la libération immédiate de Julian Assange et sa conduite en lieu sûr, pour soutenir toutes les démarches possibles afin que la Suisse lui accorde l’asile politique.

    Le Conseiller aux Etats Carlo Sommaruga a été remercié pour les démarches entreprises à Berne afin de protéger la vie de Julian Assange. Toutefois, les démarches pour obtenir l’asile ou un visa humanitaire en Suisse sont complexes et très réglementées. Depuis 2012, plus aucune demande d’asile ne peut être déposée auprès des représentations diplomatiques suisses à l’étranger. Ce qui est regrettable. Des personnes perdent la vie aujourd’hui du fait de cette impossibilité de déposer des demandes d’asile depuis l’étranger. La Ville de Genève a également demandé au gouvernement suisse d’intervenir pour sauvegarder la vie et l’intégrité corporelle de Julian Assange, fondateur de Wikileaks.

     

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  • 39 corps dans un camion, et toi et toi et toi ?

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    migrations,frontières,égoïsme,esclavagisme39 corps dans un camion. 39 morts dans un frigo roulant. 39 êtres humains asphyxiés. 39 victimes de plus au décompte morbide, aux dizaine de milliers sur les routes de l'exil, dans les mers, les montagnes, au bord des routes, au fond des ravins, aux postes frontières. 39 victimes de la fermeture des frontières. 39 morts silencieux dans un camion scellé. 39 anonymes dont on cherche désormais les empreintes, les derniers messages WhatsApp, à retracer le périple, connaître les proches. 39 pauvres, en route vers un destin meilleur, dont on ne prend plus le pouls, dont on ne peut plus prendre soin, entassés froids à l'arrière d'un camion.    

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  • Sion-Servette: mettons le racisme hors-jeu!

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    73056627_10157449749036826_4998682663653998592_n.jpgSortez vos bâtons les rats sont de sortie. Voilà le message affligeant répandu en Ville de Sion avant le derby Sion-Servette de ce samedi 26 octobre. Voilà ce que peuvent produire de plus ineptes des petites affichettes A4 sorties d’une imprimante et de tous petits cerveaux. D’autres messages rappellent aussi l’heure du match et l'accompagnent d’impératifs brusques comme « honore ta ville » une phraséologie bas de plafond et dangereusement haineuse.  

     

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  • Lettre d'amour à un.e candidat.e

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    metro-bonde-a-chatelet.jpgCher.e candidat.e

    Les élections sont au système démocratique ce que la déclaration est à l'amour. Un passage obligé et chargé d'émotions. Un moment clé, où la connexion intime est confirmée, ou une gênante fin de non-recevoir murmurée.

    Quand tu t'es porté.e candidat.e, tu n'aurais jamais imaginé combien cet amour pouvait être exigeant. Passage obligé, les plateaux télé ou radio, les émissions de plus ou moins bonne qualité, où tu dois parfois te faire violence pour répondre aux questions. Ces dernières vont du quizz indigeste (date de naissance d'un illustre inconnu du 18e aux dernières lois votées à Berne) à des développements qui n'ont rien à envier à de véritables thèses de doctorat. Toi, tu dois être prêt.e à tout. Tu dois répondre de tout. 

    Insidieusement, tu t'es transformé en toutou savant.e, en encyclopédie sur patte. On attend de toi au minimum une forme de science infuse; on ne te pardonnera pas de manquer de sympathie et de sourire ou de charisme. Et cela 24 sur 24, à l'aube comme au bout de la nuit. 

    Tu connais par coeur maintenant le sadisme galant de ceux qui veulent te prendre en défaut, te glissent avec délectation des peaux de banane sous tes pas. Heureusement, il y a les autres, celles et ceux pour qui tu te bouges et qui ont besoin de changement, attendent de vraies réponses pour leur vie quotidienne, ont des besoins criants et cherchent des partenaires fiables pour y répondre : toi. 

    Tu devrais tout savoir. Et si tu ne sais pas, nous faire croire que tu sais? C'est vrai, on n'aime pas rester sans réponse et si possible immédiate, dans notre société. Mais surtout, on te désire sincère. C'est la base de l'amour non? La séduction n'a qu'un temps, et est souvent un leurre. 

    Les invitations, innombrables, pleuvent. Elles vont d'une fête de quartier aux cercles les plus restreints d'entrepreneurs ou d'artistes. Dans ton sac maintenant, toujours deux jeux de vêtements, au minimum. Ainsi, en une journée, tu peux traverser plusieurs mondes. Toujours, tu dois correspondre aux codes des milieux que tu traverses. Gare au faux-pas. Quand il pleut, te déplacer d'un lieu à l'autre tout en restant impeccable. Quand il fait chaud, ne plus transpirer sous les aisselles. Tu n'aurais pas imaginé que notre société était composé de tant de différences. Si l'élu.e est du peuple, il doit montrer des talents d'homme ou de femmes orchestre que peu possèdent. 

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  • Sur le chemin des vacances...

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    0C1CF489-058B-4486-8E63-0C8620BDC25F.jpegUn arrêt en gare pour un TGV, ce n'est pas long, 3 ou 4 minutes peut-être. Mais cela peut sembler un temps infini. Et lié à un événement qui se déroule durant ce laps de temps, cela peut même se poursuivre longtemps après. J'aimerai vous raconter une petite histoire qui m'est arrivée sur le chemin des vacances...

     

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  • Mes héros du jour

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    Ce sont mes héros du jour. Ils se brûlent les poumons pour construire la ville et refaire les trottoirs en pleine canicule. Ils sont Français, Portugais, Espagnols, Kosovars, Suisses ou d’autres nationalités encore. Quand tu trouves que la canicule est insupportable à 38 degrés, ils sont à 150 degrés le nez sur le bitume. Et ils sourient. 

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  • Merci aux femmes*

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    la-greve-des-femmes-a-lhonneur-4-936x546.jpgEn cette journée de grève du 14 juin, les rassemblements aux quatre coins des villes ont commencé, les coups de cuillères sur les casseroles y résonnent depuis minuit déjà. La cathédrale de Lausanne s'est embrasée, Genève va suivre, et Bâle et Zürich et toutes les campagnes. Les journaux font leur une sur cette grève. Le soulèvement est déjà un énorme succès. Désormais, c'est depuis la France, à l'internationale que les messages de soutien, d'émulation affluent. Les réseaux sociaux se couvrent de violet, tout le monde en parle, partout. Avec cette grève, on va en voir de toutes les couleurs. Les femmes* se soulèvent! Quelque chose de grand, d'énorme est en marche. Alors que cette incroyable force se déploie, un mot simple et fort vient sur les lèvres : merci!

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  • Urgence démocratique

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    11E39E96-A101-488C-A2D8-896D6933F74E.JPGFranchement, cette votation du 19 mai était déjà bien compliquée. Les électrices et électeurs s'étaient déjà faits assommer par une brochure explicative longue comme le bras. Ils devaient ensuite, estourbis, chercher dans une deuxième enveloppe leur parvenant en décalé, leur matériel de vote. Déjà la participation plafonnait à une poignée de pourcents (18% à J-10). On se demandait qui allait vraiment voter au final. C’est alors qu'éclatait une bombe : l'annonce de possibles manipulations de matériel de vote au service des élections et votations et ce durant des années, pouvant potentiellement avoir faussé, biaisé des résultats, et déjà entaché les votations du 19 mai. 

    Avant la bombe déjà, cela demandait beaucoup d'abnégation pour voter; un certain nombre de compétences pour comprendre les enjeux, se sentir certain de son choix ou à tout le moins suffisamment serein pour le lâcher, s'en remettre aux mots d'ordre des partis, aux recommandations d’un tel ou une telle. Après la bombe, instantanément, la certitude que sa voix allait porter ne semblait plus garantie. Sentiment de trahison. La bonhomme certitude de la fiabilité du processus volait en éclat. A tel point qu’il faille s’interroger froidement aujourd’hui sur qui ira au bout du processus en allant voter. A cette question, le peuple devrait donner une réponse forte: mobilisation! 

     

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  • Pour ou contre les catégories?

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    Politique

    Es-tu plutôt:

    pour le mur de Trump ou les plages du Venezuela

    couloirs à bestiaux ou trous de souris

    champ de mine ou champ de blé

    service civil ou secret bancaire

    gibier de potence ou gueule de bois

    sodomie catholique ou sex appeal de Tariq?

     

    Economie

    Es-tu plutôt :

    rat des villes ou riche expatrié

    passe-muraille ou passe droits

    prêt à en découdre ou prompt à lancer les dés

    forfaits fiscaux ou mouche à merde

    défense du pouvoir d’achat ou libre-choix de ne plus acheter

    buvant la tasse ou trinquant à l’amitié ?

     

    Ecologie

    Es-tu plutôt :  

    aux abonnés absents ou sur liste d'attente

    taxe sur le kérosène ou impôt sur le capital

    pour le recyclage du papier ou scan de données sur le cloud

    marche sur l’eau ou tour de la rade à pied

    femmes et enfant d’abord ou égalité oblige ?

     

    Alimentation

    Es-tu plutôt:

    Toblerone halal ou plafonnement des primes LAMAL

    Coca-Cola sans viande ou lasagnes de cheval

    Mac Donald’s au petit dej’ ou fish-sticks en cocktail

    pilule du lendemain ou abstinence sexuelle ?

     

    Social

    Es-tu plutôt :

    taxe sur les robots ou humanisation des bêtes

    Interdiction des minarets ou vente de cannabis légal

    égalité salariale ou interdiction du voile 

    bikini XXL ou épilation à la cire d’abeille  

    justice partout ou police nulle part

    pour des élections anticipées ou l’oubli de la démocratie grecque?

     

    Sport

    Es-tu plutôt

    moi d'abord ou après moi le déluge

    Diagonale du fou ou coupe au carré

    Saut à la perche ou jeu de l’oie

    Champion’s League ou Wikileaks 

    Ronaldo ou Ronnie Mac Donald’s ?

    Juan Antonio Samaranch ou Franco ?

     

    Littérature

    Es-tu plutôt

    Pasolini ou Pessoa

    Pinochet ou Pinocchio

    Jorge Semprun ou Spielberg 

    Pierre dans ton jardin ou pipi sur vos tombes

    Page blanche ou trou de mémoire

    Journée mondiale de la poésie ou minute de silence?

     

    Es-tu plutôt

    Pour ou contre les catégories ?

     

     

    www.sylvainthevoz.ch

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  • Nous n'avons rien vécu en 2018

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    190.JPGC'est le dernier jour de l'année, et après une enième rétrospective, un ultime récapitulatif, un arrêt sur image, même un bilan météo, un bêtisier et une rediffusion des meilleurs moments de 2018, + un résumé au ralenti sur les grands événements de l'année, le présentateur, toujours aussi falot, propre sur lui, que l'on a appris à accueillir comme un membre de la famille au moment du repas, avec les dents aussi blanches que la neige qui ne tombe pas, plus, avec les cheveux aussi lisses que la lac au mois d'août, lâche cette phrase sans appel : nous n'avons rien vécu en 2018.

     

    Cela ne lui ressemble pourtant pas de lancer une phrase aussi sèche lui qui met toujours les formes pour dire quelque chose de suffisamment insignifiant pour plaire au plus grand nombre ; reste toujours dans les clous de la normale et balise bien les bornes de sa banalité -audimat oblige- on en était pourtant à la séquence sur le manque de neige dans les Alpes, la multiplication des canons à neige, et l'impact sur les nappes phréatiques : quel choc. Quelle provocation.

    Nous n'avons rien vécu en 2018.

     

    Bon. Nous avons quand même mimé beaucoup, singé aussi, tweeté à tour de bras, commenté sans cesse, analysé les commentaires des commentaires, proposé d'érudites et sagaces interprétations, depuis notre salon, salivé, digéré, ruminé, coupé les cheveux en quatre, couru pour rattraper le tram. Alors que l'apocalypse sociale et climatique se rapproche, on a quand même continué d'avoir des suppléments automobiles dans les journaux, et malgré #metoo régressé depuis les années 70. Faut pas laisser le capitalisme sans freins.  

     

    Certes, nous avons cuit et recuit la même soupe. C'est dans les vieilles soupières que l'on fait les meilleures tambouilles. Nous avons aimé, quitté, changé, lu, combattu, mordu, voyagé, dormi, des amis sont morts, des enfants sont nés, les factures ont été payées en temps et en heure, nous avons ressenti la douleur, eu du plaisir, mangé des filets de perche et des pizzas margherite, ricotta, sué, chanté, dansé, mince alors, ce n'est pas rien quand même. Faut pas pousser. 

     

    Ce n'est pas rien quand même!

    N'est-ce pas? 

    Il reste sans bouger, brocher. Pas un cil en mouvement.  

    Nous n'avons rien vécu en 2018.

     

    Il dit cela comme si cela n'avait pas d'importance. Comme si on se satisfaisait de peu, comme si l'on grappillait du raisin, à peine mûr, alors que les vendanges ne sont pas commencées, que l'on est à peine à tracer les sillons, préparer des listes; comme si l'on glanait les petites patates restées dans les champs, alors que le gros de la récolte est déjà parti en purée, comme si l'on se satisfaisait de peu, comme si l'on brûlait de la viande à l'usine d'incinération; comme si l'on gaspillait, comme si l'on avait le choix, de vivre une vie agrandie plutôt que se contenter de mijoter avec A.Jolien et Roger.F et JJG : personnalité préférée des français. 

    Peut-être qu'il décompense, à force de servir les "nouvelles" les mêmes tièdes que la veille, à force de maintenir l'ordre du monde comme s'il était immuable alors qu'on le sent, on le sait, ça vient, ça se craquelle, ça se fendille, ce n'est pas tenable, comme cela ça ne va pas jouer: pas pouvoir continuer longtemps, pas pouvoir maintenir le mythe, il ne faut pas, c'est les mêmes qui ramassent le pactole, et le ressort se fatigue, le ressort va casser, pas possible, que ça se ravale, ça se comprime encore, que l'on ne s'organise pas encore davantage.  

    Peut-être encore 5 ans, mais pas une génération, pas même une demie, pas possible, à faire comme si ça pouvait durer toujours, au même rythme, avec la même croissance, à laisser les actionnaires actionner, et les crevards crever, plus au sud, plus au nord, plus au centre; laisser s'écraser frères et soeurs sur les frontières ou se noyer dans la mer, à distinguer selon le passeport ou la couleur de peau, le genre, ou l'origine, comme si cela comptait, comme si chacun.e n'était pas crée de l'éternité, de Dieu, du milieu, appelez cela comme vous voulez, mais priez nom de Dieu, priez. 

    On peut se contenter un moment de l'opération nez rouge et de gratter son ticket de Rento, Tribolo, vivre d'espoir et d'eau fraîche, et se féliciter d'être bien né, au bon endroit au bon moment, et lever haut le drapeau, comme si ce dernier signifiait quoi que ce soit, comme si nous en étions dépositaires, les propriétaires, les héritiers naturels, comme si cela devait amener fierté, ou quoi que ce soit, la main sur la casquette, la chemise bien repassée, et le petit patriote fiérot qui ne se sent plus pisser, alors que ça lui dégouline le long de la jambe. Risée. 

    C'est un peu niais de fêter Noël et de courir dans les supermarchés pour acheter des cadeaux dont on ne sait que faire. C'est un peu niais de se gargariser de sa position quand dans tous les coins du pays la pauvreté , le silence et l'endettement progressent et que ça va de l'office des poursuites à l'Office cantonal de l'emploi sans passer par la case départ.  

     

    Il enlève son micro cravate, son oreillette. Il se lève calmement 

    Il enlève son micro cravate, son oreillette, il se lève calmement. 

     

    Il répète : tout doucement d'abord puis de plus en plus fort : 

     

    Nous n'avons rien vécu en 2018

    Nous n'avons rien vécu en 2018

    Nous n'avons rien vécu en 2018

    Nous n'avons rien vécu en 2018

    Nous n'avons rien vécu en 2018.

     

    Il sort dans la rue, son maquillage encore sur le visage, il longe l'Arve. Il marche doucement, en regardant le ciel, il arrive à la Jonction, monte dans le bois de la Bâtie, il y a là une grotte, inoccupée, inhabitée. Parfois les sans-abris l'investissent, mais les flics les en chassent régulièrement, prennent leurs affaires et les matelas et les couvertures : tout ce qui traîne ils le mettent dans la benne - joyeux Noël- tu verras pas ça sur les reportages de la rts sur la soupe populaire, ou sur une manchette, ça se passe sans bruit, tranquille, il n'y a rien là de compassionnel, rien de positif, rien de bien vendeur, rien qui ne te caresse dans le sens du poil, ça se fait doucement, entre spécialistes : ceux de la sécurité et de l'hygiène sociale, et ceux de la misère et de la galère. Laissons les pros régler ça entre eux et le bâton remplacer le fléau de la balance de la justice. La justice n'est pas de ce monde. C'est bien connu. 

    Dans la grotte il s'assied, avec rien de plus que son costard déjà un peu froissé taché, son téléphone a moins 10% de batterie. Il répète doucement, comme s'il était encore à l'antenne, alors qu'il n'a plus que les chênes et les peupliers comme public fidèle et les nuages et le Rhône majestueux qui coule sur les flots duquel brillent le reflet d'un feu d'artifice poussif et coûteux avec quand même quelques exclamations de surprise ou de joie quand le bleu chasse le jaune et que le rouge recouvre tout.  

     

    2019 sera une autre histoire.

    Vous verrez. 

    Ce n'est plus possible autrement.

     

    Quelques oiseaux s'approchent en volant, pendant que des renards et deux blaireaux s'assoient. En cercle. 

     

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  • A visage découvert

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    410h5Z1xVWL.jpgMacron n’ose plus sortir sans maquillage.[1] D’autres n’ont qu’une langue de bois pour s’exprimer. Certains se créent des personnages de pacotille, entre déni et toute puissance, menant des existences dignes du portrait de Dorian Grey d’Oscar Wilde, avec des parts enfouies et des secrets honteux. Pendant que certains hurlent devant des visages couverts d’un voile, portant eux-mêmes plusieurs couches de mensonge ou d’identités troubles sur la face, le seul moment de vérité reste peut-être celui du carnaval, où les puissants sont tenus et considérés pour ce qu'ils sont : des porteurs de masque. Quoi, le moment de la farce serait devenu le moment le plus haut de la vérité ? Certes, il n'y a rien de fondamentalement nouveau là-dedans. C'est l'un des travers de l'exercice du pouvoir. La question qui nous importe aujourd'hui : comment y mettre fin et dénoncer les dérives? #démaquillantpourtous

      

    Trop proche pour être vrai?

    La proximité de notre démocratie semblait nous tenir à l'écart des identités usurpées et des mensonges d'état. Ainsi nous accrochions-nous à ce mythe, et étions presque amusés de voir Pierre Maudet déposer des paniers garnis devant la porte d'autres politiciens lors de sa campagne pour le Conseil fédéral. Cela avait un esprit si sympathique et bonhomme, cette recherche de contact direct. Las, c'était de la comm' encore. De la même manière, sa présence sur les marchés et réactivité sur les réseaux sociaux, ces lettres de lecteur écrites à l'avance par d'autres pour marquer la popularité et les connivences joyeuses, les sondages financés en sous-main: de la comm', encore, du vent.

    Grégoire Chamayou nous rappelle, dans son dernier livre, La société ingouvernable ce qu’est le libéralisme autoritaire en faisant une distinction éclairante entre l'hypocrite et l'hypercrite. 'L’hypocrite est celui qui porte un masque et qui en a conscience. L’hypercrite est celui qui se prend lui-même pour son masque, celui chez qui la conscience de la duplicité s’est évanouie. En s’oubliant elle même, l’hypocrisie bascule dans l’hypercrisie, sorte de profession de foi amnésique par laquelle un homme se trompe lui même en trompant les autres, sans avoir dessin de les tromper.'[2]  

    A force de se croire détenteur de ce pouvoir que d'autres leur ont délégué pour un temps, à force de confondre leur personnalité et leur rôle, brouiller représentation et plan de carrière, les règnes des avatars trouble le rapport à la réalité et en vient même à le saper faisant le jeu de l'indistinction.

    A force de se faire solliciter au nom de leur fonction, et de croire qu'ils la subliment alors qu'ils devraient en être  les garants responsables dont on espère prudence et humilité, cette hubris déconnectée du réel aboutit à l'apothéose risible de Mélenchon sous perquisition judiciaire hurlant ma personne est sacrée alors qu'il n'est rien.

    Ayant ceint en vitesse son écharpe bleue blanc rouge comme un talisman de protection, le tribun se voile encore la face et invente une nouvelle pièce bouffonne. Pendant ce temps le président de la république passe à toute vitesse devant des ronds-point où son effigie est brûlée et pendue au bout d'une corde par des gilets jaunes, sans que l'on sache vraiment s'il s'agit là d'une carnavalesque provocation ou si Monsieur le Président y passerait vraiment s'il osait mettre un pied à terre. Quand donc les rois et roitelets accepteront-ils de se montrer nus et que le pouvoir qui leur est délégué n'est en définitive et de tout temps pas le leur et qu'ils ne peuvent le confisquer à leur avantage ?     

     

    10592378.jpgQui porte quels masques? 

    Au vu des niveaux de mensonge et de dissimulation atteints, de la dilution de la parole donnée par des je ne savais pas à je n'ai pas vraiment dit ça, et des rhétoriques d'enfumage, de contorsionnistes, de rétropédalages accélérés, à l'industriel découpage de cheveux en quatre, on assiste à une constante entreprise de maquillage et de dissimulation par quelques malfrats politiques.

    Portant perruques et postiches, en changeant selon le contexte et le code vestimentaire exigé, les gentilhomme bien rasés, cravate portée haut et en mode de communication constante, passent de la pénitence au pénal sans sourciller, et s'accrochent comme des moules à des pieux vacillants qu'ils s'ingénient par leur emprise à pourrir toujours plus. Ces "gendres parfaits", dignes descendants des yuppies des eighties, s'accrochent à leur image déchue comme à un viatique, à un discours de proximité et de transparence, alors que plus personne n'écoute ni ne les croit et qu'ils ne pourraient traverser un marché sans se faire houspiller ou  subir un rituel ravalement de façade populaire: bombardement de tomates pourries ou entartage à la crème.

    Le rôle qu'ils veulent tenir, plus personne ne les y voit. Prisonnier d'un masque devenu seconde peau, ils s'en débarrasseront peut-être hâtivement dans une arrière salle de bistrot après des mois de lutte, se déclarant enfin libéré, soulagé (et nous aussi), dans un acte dramatique, provoquant certes soulagement, mais malaise à la fois. Ayant tout misé sur la scène, il ne peuvent croire qu'ils arriveront à survivre à une révérence. Un conseil : relisez Shakespeare pendant les fêtes... 
     

     

    miroir-cosmetique-a-eclairage-led-et-grossissement-5x-a-ventouse-ref_NX5553_6.jpgMiroir, miroir, dis-moi qui se déforme le plus sous ton regard....

    Les derniers twits de Joachim Son-Forget[3] nous enfoncent aussi dans le règne des faux-semblants. S'en prenant à Madame Esther Benbassa et l'harponnant sur son maquillage, suscitant un tollé dont il semble se complaire, l'élu des français de l'étranger, circonscription Suisse-Liechtenstein, répond d'une manière alambiquées que sa démarche relevait d'une expérience psycho-cognitive visant à tendre un miroir agrandi. Il provoquait, l'expérimentateur, pour démontrer par une sorte d'abîme d'absurde, les mécanismes des réseaux sociaux. Sauf que personne n'a cru à ses pataudes explications. Plutôt que de jouer son rôle, il est définitivement devenu le jouet de ce qu'il prétendait, à posteriori toujours, animer. Miroir, miroir, dis-moi qui se déforme le plus sous ton regard....       

    Certains messieurs propres, prétendants d'un nouvel ordre souhaitant incarner les vertus de la république se sont avérés être des faussaires ou de bien mauvais acteurs... ne tenant pas leur rang, pour avoir perdu de vue les limites de leur rôle et ayant cru faire du langage un matériel souple que l'on pouvait retourner dans tous les sens (à un moment pourtant ça craque. Le discours a des trames, ça résiste, ça tranche.)

    Que souhaiter pour 2019?

    Un nouveau langage et un nouveau casting, à visage découvert. Histoire que l'on puisse croire à nouveau, lorsque l'on s'adresse à un.e élu.e au maximum de sa redevabilité, honnêteté, respect de sa parole donnée et serment prononcé; à sa capacité à remettre son mandat lorsque la confiance n'est plus de mise et qu'il a prouvé avoir bafoué l'une comme l'autre.

    Que souhaiter pour 2019? Des visages découverts, enfin, sans maquillage, sans trucages, sans effet de communication ou spin doctor travaillant en sous-main, sans communication ciblée, sans journalistes copains-choisis, car oui tout le monde peut se tromper, se planter, mais de grâce, merci de le reconnaître, et tirer les conséquences quand il est devenu impossible de reconnaître une erreur sans révéler la fraude qui la provoque. 

     

    d859rg.jpgEn cadeau: miroir et démaquillant! 

    Pour 2019, offrons à nos élus un pot de démaquillant pour le maquillage waterproof et un joli miroir, pour qu'ils clarifient les traits de leur visage et en retrouvent les contours, afin que, à visage découvert, il ne leur soit plus possible de maquiller leur langage, la vérité, la réalité, prétendant jouer un rôle tout en exerçant d'autres partitions, de bonne ou de mauvaise foi. 

     

     

    [1]https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/22/emmanuel-macron-a-huis-clos-en-son-palais_5401266_823448.html

    [2]https://www.lesinrocks.com/2018/11/03/idees/gregoire-chamayou-nous-sommes-entres-dans-lere-du-liberalisme-autoritaire-111139694/

    [3]https://www.letemps.ch/monde/lidiosyncrasie-joachim-sonforget

      

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    www.sylvainthevoz.ch

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