sylvain thévoz

Air du temps

  • Un blocage salutaire

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    Peu avant Pâques, le Pont du Mont-Blanc a été bloqué durant deux heures par des activistes de Renovate Switzerland[1]. Cette action avait lieu dans le cadre d'une campagne de résistance civile qui demande au Conseil fédéral de mettre en place un programme de rénovation massive des bâtiments afin de permettre aux cantons de rénover d'ici à 2040 le million de maisons qui nécessite une isolation d'urgence afin de préserver le climat. 

    Un électrochoc nécessaire

    Devant l'inaction du politique et particulièrement du Conseil fédéral en termes de climat, des citoyen-ne-s ont pris leur courage à deux mains pour s’en coller une sur le bitume, dire stop, ça suffit. Bravo au passage à la police genevoise qui a géré avec professionnalisme cette action, protégeant ces activistes des comportements agressifs. Immobiliser le trafic est un acte fort. Ces intrépides risquent un casier judiciaire. Ils assument pleinement leurs actes. Les déferlements de haine à leur égard sont grotesques. Tirer sur le messager en rassure peut-être certains, mais il est infantile de ne pas entendre leur message.

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  • Ukraine : un mois de guerre. Anniversaire de sang.

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    Voilà un mois que Poutine a lancé son effroyable guerre contre l'Ukraine.

    Un mois que l'écoeurante tuerie dure.

    Des hommes, des femmes combattent courageusement pour leur liberté et pour la nôtre.

    Un peuple uni lutte et force l'admiration du monde entier. Des civils sont assassinés, des enfants mutilés, des théâtres, des maternités bombardées et l'insondable barbarie de cette guerre nous sonne.

    L'armée russe commet des crimes de guerre contre des populations civiles prises au piège.

    Elle applique les mêmes stratégies qu'en Tchétchénie où lors de l'hiver 2000 plus de bombes étaient tombées sur Grozny que sur toute l'Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Le monde a laissé faire. En 2008 en Géorgie, et dès 2015, en Syrie, quand les troupes russes se sont alliées à Bachar al-Assad, les mêmes barbaries se sont déroulées, avec des bombardements sans pitiés de civils, etc.  Le monde a laissé faire.

    Le sang coule. Un mois déjà qu'il coule à un rythme effréné. 

    Les réfugiés sont là. Ils vivent avec nous.

    Natalia, tes proches luttent armes à la main. Tu es sans nouvelles de ta famille. Tu vis le deuil, l'inconnu, la perte et la peur. Tu es arrivée épuisée, après 6-7 jours de voyage à travers l'Europe. Mais tu es debout, en recherche d'un lieu où continuer de vivre. 

    Tu es dans le bus, tu montes dans le train. Tu viens d'à-côté, à deux mille kilomètres d'ici. Tu viens d'un monde qui nous est lunaire: celui de la guerre. Tu en est sortie par les poils, avec rien : un sac plastique, quelques biens.

    Chaque histoire est une leçon de vie, est un drame. 

    Ejectée de ton quotidien, tu te retrouves dans ici, dans une langue étrangère. Mais la vie se poursuit. La diaspora se constitue, les informations s'échangent. Il faut d'abord être logé. Les enfants ont faim, doivent être scolarisés. Se soigner, s'informer. S'orienter, choisir, s'enregistrer.

    Agir pour ne pas penser, ne pas devenir dingue. Agir pour ne pas sombrer, d'impuissance, de rage face à la violence qui s'est abattue. Alors, tu t'engages, naturellement. Pour accueillir ceux qui arrivent, traduire, orienter, faire à manger, dénoncer, manifester.

    Il nous revient de t'accueillir à la hauteur de la tragédie. Proposer des relais, mettre en mouvement une énergie de vie avec les ressources qui existent et aussi avec les besoins que tu peux combler. 

    Aux yeux du monde, tu es devenue une réfugiée. Par le regard posé sur toi, c'est comme une nouvelle peau, une nouvelle identité : "permis S". Quand tu montres ton passeport ukrainien, les regards changent. Chassons le misérabilisme. Organisons-nous. Il n'y a ici que des semblables qui poursuivent leur lutte pour la vie et l'indépendance. La vie d'avant s'est brutalement effondrée. Il faut parer à l'urgence et construire la vie d'après, vite, dans l'urgence, ensemble. 

    Ce qui est clair, c'est que la lutte pour la vie de plus de 11 millions d'ukrainiens ayant fui leur pays, parmi lesquels environ 11'000 sont arrivés en Suisse, nous concerne directement toutes et tous. 

    La lutte pour la vie des femmes, des jeunes et des enfants accueillis à Genève est aussi la nôtre. Elle est celle de tous les réfugiés dans la droite ligne de la tradition de Genève, ville d'accueil. Il ne faut rien opposer, mais rassembler. 

    Car il est désormais certain que le sort actuel des réfugiés ukrainiens est le miroir du nôtre si nous ne faisons rien pour arrêter le dictateur et son immonde guerre impériale.

     

    Exerçons une pression maximale sur nos autorités pour qu'elles condamnent cette guerre, poursuivent l'accueil inconditionnel des réfugié-e-s; pour que les entreprises suisses toujours actives en Russie (Nestlé & co) s'en retirent ; que les avoirs des oligarques russes soient effectivement gelés, leurs biens confisqués, et leurs sociétés paravents sanctionnées. 

    Manifestation ce jeudi 24 mars à 17h devant la mission Russe, 10 av. de la Paix. Genève. 

      

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  • Ukraine: les journalistes, Tiktok et la mort

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    B9730283028Z.1_20220316065227_000+GGUK3Q88B.2-0.jpegGuerre en Ukraine. Un certain nombre de commentateurs font l'éloge de Tiktok et autres réseaux sociaux qui nous montreraient la guerre "en live".  Il est vrai que le réseau social est passé à la vitesse de l'éclair des recettes de cuisine et des chansonnettes déhanchées aux bombes qui pleuvent sur Kiev et Marioupol.[1]
    Mais de la même manière que ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont fait les printemps arabes, il est clair que s'en remettre à ceux-ci pour couvrir et comprendre la guerre serait périlleux. 
     
    On a même pu lire ici et là qu'à l'heure "où les journalistes et les photographes professionnels étaient contraints de se taire et de fuir les zones de conflit, l'information passerait uniquement via les réseaux sociaux: Twitch, Tiktok, Instagram & co."
     
    Il est totalement faux de dire que les journalistes quittent l'Ukraine. C'est le contraire qui se passe. Cela rend fort peu justice à ceux qui y demeurent ou s'y rendent, prennent des risques immenses pour nous informer, voire meurent en faisant leur travail. Les journaliste ne fuient pas l'Ukraine ni ne se taisent. Quand on ne les entend plus, c'est qu'ils ont été réduits au silence en faisant leur travail.[2]
     
    Dans la chronique Ukraine : "On ne s'improvise pas reporter de guerre", rappelle Christophe Deloire de RSF, diffusée le 14 mars 2022 sur France Inter. Christophe Deloire explique notamment : « Partir en Ukraine, ce n'est pas du tourisme", rappelle-t-il. "C'est une zone de guerre, extrêmement dangereuse. Comme elle est à proximité - 15 heures de route en voiture - ça amène certains à partir. Certains deviendront de grands photographes, de grands reporters. Néanmoins, il y a effectivement une vague de départs de jeunes gens qui ne sont sans doute pas assez préparés, car on ne s'improvise pas reporter de guerre […]. Il y aurait "plus de 1000 journalistes étrangers, peut-être 2000" en Ukraine actuellement pour couvrir l'invasion du pays par l'armée russe.»
     
    Les réseaux de type tiktok ou Instagram ne transmettent que faiblement de l'information. Ils véhiculent de l'émotion, avec peu d'analyse, souvent sans aucune vérification, pour un public de jeunes âgés de 15 à 25 ans qui privilégient les réseaux sociaux pour s'informer au quotidien, notamment sur cette guerre. La dimension esthétisante et glamour de la guerre y est parfois poussée à un paroxysme difficilement supportable. 
     
    Il faut rendre hommage aux journalistes, aux "fixeurs" ukrainiens. L’article émanant de La revue des médias intitulé Profession « fixeur » : ces Ukrainiens qui aident les journalistes à raconter la guerre, paru le 14 mars 2022 sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), nous apprend qu’il existe des "fixeurs" qui constituent un rouage primordial des reportages à l’étranger. Leur nombre est impossible à comptabiliser : « Sans eux, la guerre ne pourrait être décrite, documentée. "Eux", ce sont les fixeurs, celles et ceux qui guident les journalistes étrangers à travers leur propre pays, devenu champ de bataille. Qui sont-ils, quel est leur rôle exact, en quoi est-il essentiel ? Des reporters français, présents en Ukraine depuis le début du conflit, racontent. […] "Le fixeur fait un travail de journaliste". Loup Bureau émet un avis similaire : "C’est lui qui contacte les gens, met en place la séquence que l’on va tourner. Quand on veut filmer une scène près du front, par exemple, il va contacter l’attachée de presse de la brigade, puis négocier avec le chef de brigade. Il fait quasiment un travail de journaliste." D’autres interviennent moins dans la partie éditoriale. »
     
    Tiktok ne dit pas grand chose de la guerre ni n'informe. Noyés sous les images choc, parfois détournées ou fausses, rien ne remplace une information de qualité. Elle existe, au péril de la vie de ceux qui la produisent.
     
    Il serait bon de le rappeler et de leur rendre hommage, de les lire et de les entendre.
     
    Seule manière de comprendre ce qui se passe, au-delà du choc des images et des frissons d'horreur que suscite l'agression russe. Seule manière, alors qu'on les assassine, d'être à la hauteur de leur travail et de leur sacrifice. 
     
     

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  • Effaçons la pauvreté, la mendicité disparaîtra

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    273542554_10159644286861826_7934938220785695302_n.jpgA droite, la lutte contre la pauvreté est simpliste ; si on ne la voit pas, elle n’existe pas. Au GHI : si on la criminalise, elle fait vendre. Alors que d'une manière inique et certainement illégale (recours déposé) la droite s'en prend aux plus précaires en votant une nouvelle loi interdisant la mendicité, le GHI souffle sur les braises en criminalisant les pauvres. Il faut s'opposer à ce lien qui se fait entre pauvreté et criminalité parce que 1) ce lien n'est pas démontré. 2) nous sommes tous sujets à des phases de précarité et 3) dans les faits les véritables voleurs et prédateurs de notre société ne sont pas ceux que le GHI et la droite désignent à la vindicte populaire.

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  • L'ONU exhortée à enquêter sur le massacre de 1988 en Iran

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    Des centaines de hauts fonctionnaires des Nations unies, anciens et actuels, ainsi que des juristes de renommée mondiale, demandent instamment aux Nations unies d'ouvrir immédiatement une enquête sur le massacre perpétré par l'Iran en 1988, qui serait assimilable à des "crimes contre l'humanité" et à un "génocide".

     

    Dans des lettres adressées au Conseil des droits de l'homme et au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, des centaines d'experts internationaux en matière de droits de l'homme, dont l'ancien président de la Cour pénale internationale et plus de 100 fonctionnaires actuels et anciens des Nations unies, ont déclaré que le massacre de prisonniers politiques en Iran en 1988 s'apparentait à des crimes contre l'humanité et à un génocide, et ils ont appelé à la mise en place d'une enquête internationale qui permettrait de traduire ses auteurs en justice.

    La lettre ouverte publiée jeudi 27 janvier, rédigée par Justice for the Victims of the 1988 Massacre in Iran (JVMI) a été signée par quelque 460 personnes, dont un ancien président de la Cour pénale internationale (CPI), Sang-Hyun Song, et Stephen Rapp, un ancien ambassadeur américain pour la justice pénale mondiale.

    Au cours de l'été 1988, sur la base d'une fatwa du guide suprême iranien, l'ayatollah Ruhollah Khomeini, pas moins de 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés de manière extrajudiciaire ou ont disparu de force. Les victimes appartenaient à divers groupes politiques. La majorité d'entre elles étaient des militants de l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI ou MEK), des détenus marxistes ou de gauche.

    Dans une interview accordée à Reuters, Javaid Rehman, L'enquêteur de l'ONU sur les droits de l'homme en Iran avait déjà demandé une enquête indépendante sur les allégations d'exécutions de milliers de prisonniers politiques ordonnées par l'État en 1988 et sur le rôle joué par le président élu Ebrahim Raïssi en tant que procureur adjoint de Téhéran.

    "Les auteurs de ces actes continuent de bénéficier de l'impunité. Parmi eux figurent l'actuel président iranien Ebrahim Raïssi et le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni Ejei", indique la lettre ouverte. M. Ejei a succédé à M. Raisi à la tête du pouvoir judiciaire iranien.

    « Le fait qu’Ebrahim Raisi ait accédé à la présidence au lieu de faire l’objet d’une enquête pour les crimes contre l’humanité que constituent les meurtres, les disparitions forcées et la torture, est un sombre rappel de l’impunité qui règne en Iran. En 2018, notre organisation avait recueilli des informations sur la manière dont Ebrahim Raïssi avait été un membre de la “commission de la mort”, qui avait soumis à des disparitions forcées et exécuté secrètement de façon extrajudiciaire des milliers de dissidents politiques dans les prisons d’Evin et de Gohardasht près de Téhéran en 1988, a déclaré  Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International,:

    L'appel au Conseil des droits de l'homme et au Haut-Commissaire aux droits de l'homme représente le plus grand appel international à l'ONU de l'histoire par la communauté internationale des experts et des droits de l'homme pour que les responsables iraniens soient tenus responsables du massacre de 1988.

    "Nous demandons instamment au Conseil des droits de l'homme des Nations unies de s'opposer de toute urgence à l'impunité dont jouissent les responsables iraniens en demandant une enquête internationale sur les exécutions de masse et les disparitions forcées de milliers de prisonniers politiques en 1988, qui constituent des crimes contre l'humanité", indique la lettre.

    Une demande que toute personne soucieuse de la défense des droits humains et désireuse que justice soit rendue ne peut que soutenir.

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    Texte paru dans le courrier du jeudi 10 février

    www.sylvainthevoz.ch

     

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  • Entre fatigue, repose toi

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    7A2E33CC-91F8-4432-A1AF-337FB8456FBF.jpegEntre, fatigue, repose-toi. Cette année fut éprouvante. Tu entames décembre sans ton air jovial et triomphant adopté de coutume, quand les repas d'entreprise, ceux des familles, te mobilisent entièrement; quand les courses aux cadeaux, l'écriture des cartes de voeux, les négociations de plans de table s'appuient sur toi. Que reste-t-il de tes habitudes, ma bonne fatigue? Je te regarde dans le miroir. Je ne te reconnais pas. 

    Tu as mauvaise mine ma compagne anonyme. Que peut-on faire pour toi, qu'attends-tu de nous, que doit-on penser de tout ça ? Plus lasse que d'habitude, tu ressasses, tu ânonnes, presque sans voix. L'année n'en finit pas. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Et toi qui dors là, dehors dans le froid.

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  • Slalom (très) spécial au jardin anglais

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    thumbnail.jpgDes associations ont mis le doigt avec raison sur le problème de la piste cyclable qui permet bon an , mal an de traverser le pont du Mont-Blanc.[1]

    Trop petite, ne permettant pas les dépassements, mal coordonnée avec les feux de signalisation, tristement monodirectionnelle alors qu'elle relie deux pistes bidirectionnelles. Bref, mal fichue, elle possède toutefois l'avantage d'être en site propre. Avant celle-ci au jardin anglais, c'est la jungle.

    Les piétons, les poussettes, les vélos y sont jetés pêle-mêle sur un bout de bitume encore réduit à peau de chagrin par l'ouverture du marché de Noël du 18 novembre au 26 décembre. Des milliers de personnes se pressent là. Elles débouchent directement dans le flux cyclistes, obligeant cyclistes et piéton-ne-s à un slalom pour le moins spécial et très dangereux.  

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  • La charité sans les droits, ça ne marche pas !

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    E139B306-B7E8-47F3-A311-72AD6FB37320.jpegNoël approche. Cette période est traditionnellement propice à des reportages souvent larmoyant au sujet des personnes à la rue, des aînés isolés, des familles monoparentales, etc., Ces derniers mettent en valeur des initiatives individuelles venant en aide à ces pauvres avec force soupes populaires, dons de vêtement, atténuant l’extrême précarité de leurs situations. Si ces actions rappellent à certains l’époque des dames Patronnesses, pour d'autres elles palient aux manquements de l'État et à une certaine banalisation de la pauvreté.

    Ainsi se métamorphose la cruelle réalité quotidienne en belles histoires de Noël ramenant un peu d’humanité dans ce monde injuste, suscitant de l'empathie et atténuant la violence de notre société.

    Cette générosité est décriée par certain-e-s comme étant de la charité, et cette « charité » comme fondamentalement condescendante. Elle escamoterait l’essentiel : il faut donner des droits aux plus précaires, et s’assurer qu’ils puissent les exercer. La « charité » comblerait surtout et uniquement celui qui donne. Elle ne serait ni durable, ni digne. Comme l’Homme ne se nourrit pas uniquement de rations de survie ni ne se vêtit d’habits de seconde mains, mais de la défense de ses droits et de la dignité de leur exercice, cette charité est considérée comme une compensation temporaire donnée aux pauvres, alors qu’il faudrait lutter durablement contre la pauvreté à sa racines.

     

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  • Rasons les voitures que l'on voie la ville

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    E2979BD3-9456-4058-AE1A-63A0D79B2AE3.jpegDans les années 80, une expression surgissant entre Lausanne et Genève disait tout du désir d'émancipation d'une jeunesse étouffant : Rasez les Alpes que l'on voie la mer. Aujourd'hui, les habitant-e-s des villes disent: rasons les voitures, que l'on voie la ville.

    Parce que l'on n'en peut plus, des autoroutes urbaines, du volume pris par ces boîtes de métal aux agressives accélérations, de leurs pets méphitiques, trajectoires écrasantes, de leurs excès continus des vitesses, des atteintes à la santé et à la vie des plus fragiles qu'elles occasionnent, sur les routes et leurs bordures.

    Chaque année apporte son lot d'aînés, de piétons, de cyclistes abimés ou tués. Mais si tous ne meurent pas, les autres sont terrorisés, ayant intériorisé la menace au coeur de leur quotidien, comme si cela était normal.

    La phrase la plus prononcé par un parent à son enfant est : Attention à la route, reviens, tiens-moi la main.  Impossible de laisser 5 mètres de distance à ses gamins ou jouer dans la rue; d'éviter que les aînés soient contraints à des détours épuisants pour emprunter un maigre passage piéton où ils ne seront même pas sûr d'être en sécurité. Et si un sémaphore en règle le passage, ils seront contraints de presser le pas pour, chronomètre en main, avoir juste le temps d'arriver sur l'autre rive, avant que le flot rugissant ne balaie tout sur son passage.

    Marre du Moloch.

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  • Halloween machin chose

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    halloween-2870607_1920.jpgPréparation de breuvage à la citrouille, défilés de déguisements abominables, animations artificielles au coin d'un faux feu, déguisement de son animal de compagnie, Halloween revient comme chaque année nous hanter avec son kitsch commercial illimité. Chaque année, rebelote, cet avatar grotesque de fête prend davantage d'importance : toiles d'araignées factices, vieilles ouates et citrouille fluo font "décoration" dans quantité de commerce, du garage au coiffeur en passant par l'esthéticienne et le bar du coin. 

    Aucune pitié ni pour la créativité ni pour la simplicité, tout cela est tartiné d'un anglais approximatif, enseveli sous des montagnes de bonbons, de chocolat, de dégueulasseries en plastique. Pour faire passer la pilule, s'la jouer plus cool et amerloque, du beurre de cacahuètes et de la confiture de fraise sont de rigueur. Pauvre de nous. 

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  • Honte au Conseil fédéral !

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    aeroport-kaboul-afghanistan.jpgIl n'est pas possible d'accueillir des contingents de réfugiés afghans actuellement, a annoncé le Conseil fédéral mercredi, lors de sa première conférence de presse depuis la prise de Kaboul par les talibans [1]. Arthur Grosjean s’en félicite dans l’édito de La Tribune de Genève du lendemain [2]. Il loue le Conseil fédéral de ne pas céder à l’émotion et à la précipitation. Accueillir les afghan-e-s risquant leur peau actuellement serait… trop risqué ! Le journaliste appuie son argumentation sur  le fait que la criminalité aurait augmenté en Allemagne lors de l’accueil des immigrés syriens en 2015. C’est une erreur de jugement. Il oublie de dire que les migrant-e-s qui bénéficient de titres de séjour posent peu de problèmes, car ils ne veulent en aucun cas compromettre leur situation. L’augmentation en Allemagne de la criminalité n’était pas le fait des réfugiés syriens. Des études ont démontré les biais de certains chiffres, notamment le fait que les étrangers sont plus facilement dénoncés, et d'une surreprésentation des hommes jeunes [3] Si vraiment "la sécurité" était le motif du Conseil fédéral, accueillir 10'000 afghan-e-s est un milliard de fois moins dangereux que de confiner de "bons suisses" avec leur femme durant la période Covid.

     

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  • Afghanistan : poussons le Conseil fédéral à agir !

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    236477351_10159315429841826_6543534191724227901_n.jpgL'image de l'Occident s'est écroulée à Kaboul peut-on lire ici et là. Tant pis pour l'image des pays occidentaux. Ce qui doit surtout nous préoccuper actuellement, c'est de sauver les personnes menacées de mort en Afghanistan.

    Le pays est aux mains du sombre pouvoir des talibans. La faillite militaire américaine devrait appeler à un sursaut humanitaire. La victoire des talibans rend la situation invivable pour de nombreuses personnes qui sont de facto des cibles, des proies, pour les forces talibanes. Les messages "rassurants" de ces derniers ne doivent tromper personne. Il y a urgence à agir.  

    De nombreuses voix se font entendre pour que la Suisse accueille des réfugié-e-s afghan-e-s. Le Parti socialiste demande que la Suisse protège immédiatement toutes les personnes originaires d’Afghanistan et que notre pays soutienne un quota international de réfugié-e-s. Pour Carlo Sommaruga, conseiller aux États genevois, «la Suisse devrait accueillir 10’000 personnes vulnérables, en particulier des femmes et filles, en provenance d’Afghanistan». Il demande au Conseil fédéral : 

    • De mettre en œuvre à titre humanitaire l’accueil urgent de ressortissantes et ressortissants d’Afghanistan, en priorité des femmes et des filles et les personnes qui se sont engagés ouvertement pour les valeurs de démocratie, des droits de l’homme et l’égalité des genres, dès lors que ces femmes, ces filles et ces personnes subiront inéluctablement la répression ou la sanction pour leur engagement ou simplement leur mode de vie occidental ;
    • De prendre sans aucun délai les mesures nécessaires, s’il le faut en collaboration administrative avec les autres pays européens, pour octroyer les visas humanitaires et faciliter l’arrivée rapide de ces personnes en Suisse ;
    • De favoriser en premier lieu l’arrivée en Suisse des personnes visées au point 1 membres de familles de personnes résidant en Suisse, lorsque les familles en Suisse en font la demande ;
    • De coopérer, sans sursoir à la mise en œuvre du point 1, avec les Etats européens pour élaborer un plan d’action humanitaire en faveur des personnes dont la vie et l’intégrité physique sera menacée par les Talibans.

    Alors que le Canada s’apprête lui à accueillir 20 000 réfugiés afghans dans le cadre d’un nouveau programme d’immigration, visant les personnes particulièrement vulnérables en raison de la crise humanitaire émergente dans la région, il nous faut donner de la voix pour pousser notre Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à agir, vite. 

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  • Va-nu-pieds, va !

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    14A8A1A8-E624-445C-8256-0205AC85290D.jpegJe pensais qu'un musée était autre chose qu'une boîte de nuit, autre chose qu'un aéroport, autre chose qu'une banque. 

    Je pensais qu'un musée était autre chose qu'un commissariat de police. Non. Ils partagent  le même goût de la sécurité et l'amour des normes. Surtout, une défiance envers les va-nu-pieds. 

    J'étais au MCBA, acronyme pompeux pour le Musée Cantonal des Beaux-Arts, dans le nouveau "quartier" des Arts lausannois "Plateforme 10", qui jouxte la gare de Lausanne. Par un concours de circonstances en partie indépendant de ma volonté, qu'il serait trop long à exposer ici, j'étais devant cette noble et clinquante nouvelle institution culturelle sans groles.

    Pieds nus, curieux d'aller voir notamment le très beau travail de Sandrine Pelletier, que j'admire et une exposition de Christian Boltanski.

    Je ne pensais pas qu'un musée était pareil à une plage. Je ne pensais pas me rendre à la piscine, ni mettre mes orteils en éventail. Je ne suis pas fou. Je croyais sincèrement qu'un lieu culturel était capable d'accueillir de temps à autre un va-nu-pieds et en sourire. Ce pari était risqué. Je l'ai perdu. 

     

     

     

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  • Paul Biya semeur de troubles

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    biya,cameroun,genèveNous vivons dans une démocratie, dans un canton et une ville au rayonnement international. Si nous sommes très fiers de rappeler les principes humanitaires de Genève et la neutralité de la Suisse, nous devons également en honorer les valeurs et nous montrer à la fois responsables et cohérents dans les choix que nous opérons.

    En 2020, nous déposions une pétition[1], soutenue par plus de 15 000 personnes: des démocrates à Genève, en Suisse et ailleurs, des camerounais-es qui pouvaient légitimement craindre pour leur famille au pays. Cette pétition demandait quelque chose d'important pour le respect des droits humains, à savoir que M. Paul Biya soit déclaré persona non grata à Genève, afin de préserver l'ordre public et que Genève cesse d'être une confortable base arrière pour des dictateurs. Le signal politique était important. Malheureusement, la droite majoritaire au Grand Conseil l'a balayé invitant le potentat à poursuivre sa dolce Vita à Genève.[2]

    Suite à l'agression de M. Adrien Krause, journaliste de la RTS, molesté par les gardes du corps de M. Paul Biya, en marge d'une manifestation durant laquelle la police n'y était pas allée de main morte dans la répression des manifestants en juin 2019, l'image de Genève avait été écornée. Une indignation très large, à la portée internationale, s'était élevée.

    Des articles étaient parus dans des journaux américains et en Afrique, montrant non seulement l'indélicatesse dont faisait preuve Genève vis-à-vis de la liberté de manifester, mais aussi comment, dans sa pesée d'intérêt, elle exerçait le "deux poids, deux mesures" -  - à savoir une protection accrue de Paul Biya dans l'hôtel Intercontinental où il séjourne régulièrement versus une répression des manifestants venus démocratiquement questionner sa présence.

    Aujourd'hui, alors que Paul Biya revient à Genève dépenser un argent qui n'est pas le sien et y semer le trouble, une manifestation annoncée par les opposant-e-s à son régime est interdite[3] par la police et Monsieur Poggia. Il est à craindre que cette décision n'envenime la situation. Malgré cette interdiction des manifestant-e-s iront de l'avant. 

     

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  • Oui à un futur désirable le 13 juin

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    Nous suivrons particulièrement ce dimanche à Genève le résultat du vote populaire sur la Cité de la musique en Ville de Genève, et du projet de la Goutte de Saint-Mathieu au niveau cantonal. De ces deux votes dépendent la construction d'écoles, et donc pour partie l'avenir de notre jeunesse et de notre canton dans sa capacité à offrir des conditions d'étude adéquates aux générations futures.

    On peut en effet craindre que ceux qui refusent la Cité de la musique ne se mettent en travers du projet de future patinoire au trèfle blanc avec l'argument que c'est un gouffre énergétique et probablement qu'il suffira aussi de construire celle-ci dans des bureaux; voire que tout va très bien comme ça aujourd'hui aux Vernets. N'alimentons pas la vague du refus et du rejet. Aujourd'hui la culture en paiera le prix, demain ce sera le sport. On a déjà senti passer le vent du boulet aux Evaux, où de jeunes sportifs ont failli se retrouver sans terrains pour pratiquer leur passion et progresser. 

    La votation sur la Cité de la musique a soulevé des passions. Comme s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, un vocabulaire excessif a noué écocide à criminel et des commentaires agressifs ont achevé de vitrioler à l'extrême un enjeu très concret et méritant un débat public approfondi. Faut-il bâtir ou non une école de musique et un lieu d'accueil pour un orchestre philharmonique ou faut-il les laisser dans des locaux peu adaptés ? Faut-il offrir des outils conformes aux jeunes avec des conditions de travail irréprochables en dessinant un avenir désirable ? 

     

     

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  • Cité de la musique : quel rôle pour le Canton ?

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    200807_parvis d'entrée.jpgEn date du 30 avril 2021, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite urgente (QUE-1351)  qui a la teneur suivante : "Les habitant-e-s de la Ville de Genève voteront le 13 juin sur la Cité de la musique. Un oui permettra de rassembler sous un même toit les musicien-ne-s professionnel-le-s de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR) ainsi que 500 étudiant-e-s de la Haute école de musique de Genève aujourd’hui dispersé sur 9 sites, pas équitablement adaptés à l’enseignement. La Cité de la musique proposera également au public deux restaurants, une bibliothèque-médiathèque, ainsi qu’un espace d’exposition ouvert à toutes et tous. Le terrain des Feuillantines au nord de la place des Nations, propriété des Nations Unies, constitue une parcelle adéquate et suffisamment grande pour accueillir le projet, dont le propriétaire (l’ONU) accepte de céder la maîtrise.

    Au vu de ce qui précède, j'ai demandé au Conseil d’Etat de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

    • Certaines voix s’élèvent pour affirmer que ce projet aurait très bien pu se développer au sein du secteur du PAV. Existe-t-il actuellement, au sein du PAV, des espaces vierges qui pourraient accueillir un projet B de Cité de la musique ? Si oui, dans quel délai ?

    • Le Conseil d’Etat est-il intervenu dans les réflexions pour identifier le lieu idéal pour la Cité de la musique ?

    • Le Conseil d’Etat envisage-t-il de soutenir financièrement le projet de la Cité de la musique comme pourrait l’y inviter l’initiative cantonale 167 « pour une politique culturelle cohérente à Genève » votée à 83% en 2019 plébiscitant le fait que le canton doit s’impliquer davantage dans le champ culturel ?

    • En cas de soutien financier du canton, quels en seraient les nouveaux bénéficiaires, étant entendu que les frais de fonctionnement de l’OSR et de la HEM sont couverts ? Quels en seraient les montants ?

      La réponse du Conseil d'Etat est la suivante : 

     

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  • Solidarité avec le peuple palestinien!

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    185533075_317216776596947_1160454406849143997_n-resp480.jpgLa raison de l'explosion de violences en Israël et dans les territoire occupés? La poursuite de la colonisation et de l'état d'apartheid. Le déclencheur ? À Sheik Jarrah, à Jérusalem-Est, la spoliation des maisons de huit familles au total, soit 78 personnes dont 28 enfants menacés d'expulsion de leurs propriétés dans lesquelles elles vivent depuis plus d'un demi-siècle. Et boum : c'est l'escalade. 

    Il ne s'agit en aucun cas d'opposer un peuple à un autre, mais de dénoncer clairement l'agression d'un État dirigé par une coalition d'extrême droite perpétuant l'occupation de territoires appartenant à d'autres, grignotant de nouveaux territoires par de nouvelles colonisations, renforçant un état d'apartheid et perpétuant de multiples violations des droits humains dans l'immense silence de la communauté internationale.

    Comme le rappelle Human Rights Watch dans un rapport du mois d'avril dernier{1}, les crimes contre l'humanité doivent maintenant conduire à l'action pour mettre fin à la répression des Palestiniens.  

    Il n'y a pas d'équilibre entre les forces en présence, ni de symétrie dans ce conflit. Des jeunes manifestent dans le monde entier en criant "Palestinian lives Matter" en écho au "Black lives Matter" et ils ont raison. C'est bien le droit de vivre en tant qu'être humain, La défense de droits fondamentaux qui est en jeu. Cela nous concerne toutes et tous. Il n'y a pas de races ou de groupe ethnique qui soit inférieur à un autre. 


    Des voix s'élèvent pourtant pour dire : 'ce n'est pas votre affaire, taisez-vous' ou:  'si vous ne dénoncez pas systématiquement tous les conflits, bouclez-là sur celui-ci'. En plus, bien sûr, des récurrentes accusation d'antisémitisme qui jaillissent dès qu'il s'agit de remettre en question la politique d'extrême droite de Benjamin Netanyahou et de sa sinistre coalition. Ne nous laissons pas intimider par ces critiques ni pas celles et ceux qui voudraient nous faire croire que les torts sont également partagés, qu'il y a une sorte d'égalité de la terreur, et voudraient confortablement, grâce à l'épouvantail du Hamas, renvoyer au nom de "la paix", les un-e-s sur leurs plages au soleil et les autres dans leurs camps de réfugiés, leurs prisons, afin que le nettoyage ethnique des Palestiniens puisse tranquillement continuer. Nous refusons l'endormissement des consciences ou la lâcheté du regard détourné. Plus écœurant que le bruit des bottes là-bas, il y a le silence des pantoufles ici. Un cessez le feu n'est pas un retour à la paix. Il n'y aura jamais de paix tant qu'il y aura colonisation et apartheid. Ceux qui parlent 'de la paix' oublient un peu vite que Netanyahou était celui qui appelait à la mort directe d'Yitzakh Rabin et qu'il est le fossoyeur de tout effort de paix. L'un des principaux responsables de la situation actuelle.  

    La récente position de B'Tselem publié dans le journal israélien Haaretz est à lire. Cette position de juifs progressistes et défenseurs des droits humains en Israël identifie avec justesse le noeud du problème.{2} Pour B'Tselem: "Les violences actuelles ayant cours en Israël et Palestine sont une conséquence d'une régime d'apartheid qui contrôle la région entière. Sous ce régime, la moitié de la population qui vit entre le Jourdain et la mer Méditerranée peuvent vivre une vie pleine et entière et jouir de la protection de leurs droits humains, parce qu'ils sont juifs. L'autre moitié, des palestiniens, ne le peuvent pas. La violences urbaine que nous constatons ces derniers jours est déplorable, terrifiante, et doit être condamnée avec force. Toute violence contre les civils est totalement répréhensible. Cependant la violence coule plus profondément que ce que peuvent capter les caméras. Le spectre des mesures que le régime Israélien emploie afin d'assurer une suprématie juive est intrinsèquement violente. Frappes aériennes, grenades à main sont des éléments visibles, alors que les lois, les ordres militaires, la bureaucratie, les faiseurs de lois et juges qui soutiennent le régime demeurent grandement invisibles. Restaurer l'ordre voudrait dire que les Juifs retourneront à leur vie pacifique pendant que les Palestiniens continueront à vivre sous une botte : sujets à de constantes, incessantes violences qui demeurent invisibles. Une réalité basée sur une violence organisées n'est pas seulement immorale, elle est une danger pour nous toutes et tous. C'est pourquoi  la Déclaration universelle des droits de l'homme proclame en 1948 dans son préambule : "Il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression"{3}. Nous avons toutes et tous le droit de vivre dans un régime qui assure justice, droits et devoir pour les deux peuples. Un régime qui donne à chacun-e vivant ici le droit de vivre, le droit à la sécurité, et la liberté de créer, apprendre, rêver et aimer. Nous désirons toutes et tous la vie. Pour chacun-e d'entre nous."

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  • Macron Courageuuuh ?

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    560x315_cmsv2_a67e23e7-66e7-5fc0-8e68-298a08911ef0-5607320.jpgDans l’éditorial du jeudi 6 mai, de la Tribune de Genève le journaliste Alain Rebetez rend hommage à Emmanuel Macron pour son « courage face aux tabous de l’histoire »[1]. L’éloge du président français porte sur sa capacité à aborder la question coloniale (sic!). Macron a « mandaté l’historien Benjamin Stora sur l’Algérie et Vincent Duclert sur le Rwanda ». Ah la belle affaire !

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  • Hébergement d'urgence : printemps à risque

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    La motion "Pour lutter efficacement contre la Covid-19 : zéro sans- abris" avait été déposée le 9 novembre 2020. Elle partait d’une forme d’indignation et faisait écho d’une remontée du terrain constatant qu’un grand nombre de personnes dormaient à la rue, notamment, et c’est choquant : des femmes enceintes et des familles entières. Il est choquant que des êtres humains soit contraints, à Genève, l’un des villes les plus riches du monde, à dormir sous les ponts, dans les caves dans les bois, etc.  Suite au dépôt de cette motion, de nombreuses démarches ont eu lieu. Le parlement cantonal a voté en décembre un projet de loi de 1.4 millions pour le CAUSE (collectif d'associations pour l'urgence sociale). Ce crédit a permis à 155 personnes d’être accueillies dans des hôtels avec un accompagnement social de qualité.  

      

     

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  • Clé-de-rive : qui paiera l'addition ?

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    151772481_128916205791787_2600656901574446220_o.jpgLe projet Clé-de-Rive est daté. En prévoyant de miter et bétonner tout le sous-sol, c'est l'avenir que l'on hypothèque. Les changements de société, climatiques, économiques et de mobilité sont massifs. Le modèle de ville centre est à un tournant.

    Les promoteurs spéculent sur 170 millions de revenus pour la Ville contre un droit de superficie de 65 ans. Ne tombons pas dans le piège. Pour rappel, la rente de superficie sera exprimée annuellement en pourcentage du chiffre d’affaires brut total réalisé par la société Parking Clé-de-Rive SA. Or, l'usage des parkings est en décroissance. Il est certainement possible pour les promoteurs de maximaliser l'usage du parking encore quelques années en 'vendant' son usage et en renforçant l'invitation faite aux gens de continuer à prendre leur voiture pour aller au centre-ville (ce que les experts dénoncent comme un non-sens), le temps pour eux d'amortir leur investissement. Ainsi, les promoteurs auront tiré leurs marrons du feu. Le 'gigantesque cadeau'  de Clé-de-Rive est empoisonné  et sa charge est destiné à la collectivité. Il fait craindre un usage maximaliste et agressif de Clé-de-Rive au détriment de la santé des habitant-e-s.

    Aux privés les bénéfices, à la collectivité les charges! Le risque est pour la collectivité : aux habitant-e-s les nuisances immédiates avec plus de voitures et de trafic, et à la Ville l'éléphant blanc dont on ne saura que faire pour les 300 prochaines années très prochainement. 

     
     

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