sylvain thévoz

Air du temps

  • La charité sans les droits, ça ne marche pas !

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    E139B306-B7E8-47F3-A311-72AD6FB37320.jpegNoël approche. Cette période est traditionnellement propice à des reportages souvent larmoyant au sujet des personnes à la rue, des aînés isolés, des familles monoparentales, etc., Ces derniers mettent en valeur des initiatives individuelles venant en aide à ces pauvres avec force soupes populaires, dons de vêtement, atténuant l’extrême précarité de leurs situations. Si ces actions rappellent à certains l’époque des dames Patronnesses, pour d'autres elles palient aux manquements de l'État et à une certaine banalisation de la pauvreté.

    Ainsi se métamorphose la cruelle réalité quotidienne en belles histoires de Noël ramenant un peu d’humanité dans ce monde injuste, suscitant de l'empathie et atténuant la violence de notre société.

    Cette générosité est décriée par certain-e-s comme étant de la charité, et cette « charité » comme fondamentalement condescendante. Elle escamoterait l’essentiel : il faut donner des droits aux plus précaires, et s’assurer qu’ils puissent les exercer. La « charité » comblerait surtout et uniquement celui qui donne. Elle ne serait ni durable, ni digne. Comme l’Homme ne se nourrit pas uniquement de rations de survie ni ne se vêtit d’habits de seconde mains, mais de la défense de ses droits et de la dignité de leur exercice, cette charité est considérée comme une compensation temporaire donnée aux pauvres, alors qu’il faudrait lutter durablement contre la pauvreté à sa racines.

     

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  • Rasons les voitures que l'on voie la ville

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    E2979BD3-9456-4058-AE1A-63A0D79B2AE3.jpegDans les années 80, une expression surgissant entre Lausanne et Genève disait tout du désir d'émancipation d'une jeunesse étouffant : Rasez les Alpes que l'on voie la mer. Aujourd'hui, les habitant-e-s des villes disent: rasons les voitures, que l'on voie la ville.

    Parce que l'on n'en peut plus, des autoroutes urbaines, du volume pris par ces boîtes de métal aux agressives accélérations, de leurs pets méphitiques, trajectoires écrasantes, de leurs excès continus des vitesses, des atteintes à la santé et à la vie des plus fragiles qu'elles occasionnent, sur les routes et leurs bordures.

    Chaque année apporte son lot d'aînés, de piétons, de cyclistes abimés ou tués. Mais si tous ne meurent pas, les autres sont terrorisés, ayant intériorisé la menace au coeur de leur quotidien, comme si cela était normal.

    La phrase la plus prononcé par un parent à son enfant est : Attention à la route, reviens, tiens-moi la main.  Impossible de laisser 5 mètres de distance à ses gamins ou jouer dans la rue; d'éviter que les aînés soient contraints à des détours épuisants pour emprunter un maigre passage piéton où ils ne seront même pas sûr d'être en sécurité. Et si un sémaphore en règle le passage, ils seront contraints de presser le pas pour, chronomètre en main, avoir juste le temps d'arriver sur l'autre rive, avant que le flot rugissant ne balaie tout sur son passage.

    Marre du Moloch.

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  • Halloween machin chose

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    halloween-2870607_1920.jpgPréparation de breuvage à la citrouille, défilés de déguisements abominables, animations artificielles au coin d'un faux feu, déguisement de son animal de compagnie, Halloween revient comme chaque année nous hanter avec son kitsch commercial illimité. Chaque année, rebelote, cet avatar grotesque de fête prend davantage d'importance : toiles d'araignées factices, vieilles ouates et citrouille fluo font "décoration" dans quantité de commerce, du garage au coiffeur en passant par l'esthéticienne et le bar du coin. 

    Aucune pitié ni pour la créativité ni pour la simplicité, tout cela est tartiné d'un anglais approximatif, enseveli sous des montagnes de bonbons, de chocolat, de dégueulasseries en plastique. Pour faire passer la pilule, s'la jouer plus cool et amerloque, du beurre de cacahuètes et de la confiture de fraise sont de rigueur. Pauvre de nous. 

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  • Honte au Conseil fédéral !

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    aeroport-kaboul-afghanistan.jpgIl n'est pas possible d'accueillir des contingents de réfugiés afghans actuellement, a annoncé le Conseil fédéral mercredi, lors de sa première conférence de presse depuis la prise de Kaboul par les talibans [1]. Arthur Grosjean s’en félicite dans l’édito de La Tribune de Genève du lendemain [2]. Il loue le Conseil fédéral de ne pas céder à l’émotion et à la précipitation. Accueillir les afghan-e-s risquant leur peau actuellement serait… trop risqué ! Le journaliste appuie son argumentation sur  le fait que la criminalité aurait augmenté en Allemagne lors de l’accueil des immigrés syriens en 2015. C’est une erreur de jugement. Il oublie de dire que les migrant-e-s qui bénéficient de titres de séjour posent peu de problèmes, car ils ne veulent en aucun cas compromettre leur situation. L’augmentation en Allemagne de la criminalité n’était pas le fait des réfugiés syriens. Des études ont démontré les biais de certains chiffres, notamment le fait que les étrangers sont plus facilement dénoncés, et d'une surreprésentation des hommes jeunes [3] Si vraiment "la sécurité" était le motif du Conseil fédéral, accueillir 10'000 afghan-e-s est un milliard de fois moins dangereux que de confiner de "bons suisses" avec leur femme durant la période Covid.

     

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  • Afghanistan : poussons le Conseil fédéral à agir !

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    236477351_10159315429841826_6543534191724227901_n.jpgL'image de l'Occident s'est écroulée à Kaboul peut-on lire ici et là. Tant pis pour l'image des pays occidentaux. Ce qui doit surtout nous préoccuper actuellement, c'est de sauver les personnes menacées de mort en Afghanistan.

    Le pays est aux mains du sombre pouvoir des talibans. La faillite militaire américaine devrait appeler à un sursaut humanitaire. La victoire des talibans rend la situation invivable pour de nombreuses personnes qui sont de facto des cibles, des proies, pour les forces talibanes. Les messages "rassurants" de ces derniers ne doivent tromper personne. Il y a urgence à agir.  

    De nombreuses voix se font entendre pour que la Suisse accueille des réfugié-e-s afghan-e-s. Le Parti socialiste demande que la Suisse protège immédiatement toutes les personnes originaires d’Afghanistan et que notre pays soutienne un quota international de réfugié-e-s. Pour Carlo Sommaruga, conseiller aux États genevois, «la Suisse devrait accueillir 10’000 personnes vulnérables, en particulier des femmes et filles, en provenance d’Afghanistan». Il demande au Conseil fédéral : 

    • De mettre en œuvre à titre humanitaire l’accueil urgent de ressortissantes et ressortissants d’Afghanistan, en priorité des femmes et des filles et les personnes qui se sont engagés ouvertement pour les valeurs de démocratie, des droits de l’homme et l’égalité des genres, dès lors que ces femmes, ces filles et ces personnes subiront inéluctablement la répression ou la sanction pour leur engagement ou simplement leur mode de vie occidental ;
    • De prendre sans aucun délai les mesures nécessaires, s’il le faut en collaboration administrative avec les autres pays européens, pour octroyer les visas humanitaires et faciliter l’arrivée rapide de ces personnes en Suisse ;
    • De favoriser en premier lieu l’arrivée en Suisse des personnes visées au point 1 membres de familles de personnes résidant en Suisse, lorsque les familles en Suisse en font la demande ;
    • De coopérer, sans sursoir à la mise en œuvre du point 1, avec les Etats européens pour élaborer un plan d’action humanitaire en faveur des personnes dont la vie et l’intégrité physique sera menacée par les Talibans.

    Alors que le Canada s’apprête lui à accueillir 20 000 réfugiés afghans dans le cadre d’un nouveau programme d’immigration, visant les personnes particulièrement vulnérables en raison de la crise humanitaire émergente dans la région, il nous faut donner de la voix pour pousser notre Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à agir, vite. 

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  • Va-nu-pieds, va !

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    14A8A1A8-E624-445C-8256-0205AC85290D.jpegJe pensais qu'un musée était autre chose qu'une boîte de nuit, autre chose qu'un aéroport, autre chose qu'une banque. 

    Je pensais qu'un musée était autre chose qu'un commissariat de police. Non. Ils partagent  le même goût de la sécurité et l'amour des normes. Surtout, une défiance envers les va-nu-pieds. 

    J'étais au MCBA, acronyme pompeux pour le Musée Cantonal des Beaux-Arts, dans le nouveau "quartier" des Arts lausannois "Plateforme 10", qui jouxte la gare de Lausanne. Par un concours de circonstances en partie indépendant de ma volonté, qu'il serait trop long à exposer ici, j'étais devant cette noble et clinquante nouvelle institution culturelle sans groles.

    Pieds nus, curieux d'aller voir notamment le très beau travail de Sandrine Pelletier, que j'admire et une exposition de Christian Boltanski.

    Je ne pensais pas qu'un musée était pareil à une plage. Je ne pensais pas me rendre à la piscine, ni mettre mes orteils en éventail. Je ne suis pas fou. Je croyais sincèrement qu'un lieu culturel était capable d'accueillir de temps à autre un va-nu-pieds et en sourire. Ce pari était risqué. Je l'ai perdu. 

     

     

     

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  • Paul Biya semeur de troubles

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    biya,cameroun,genèveNous vivons dans une démocratie, dans un canton et une ville au rayonnement international. Si nous sommes très fiers de rappeler les principes humanitaires de Genève et la neutralité de la Suisse, nous devons également en honorer les valeurs et nous montrer à la fois responsables et cohérents dans les choix que nous opérons.

    En 2020, nous déposions une pétition[1], soutenue par plus de 15 000 personnes: des démocrates à Genève, en Suisse et ailleurs, des camerounais-es qui pouvaient légitimement craindre pour leur famille au pays. Cette pétition demandait quelque chose d'important pour le respect des droits humains, à savoir que M. Paul Biya soit déclaré persona non grata à Genève, afin de préserver l'ordre public et que Genève cesse d'être une confortable base arrière pour des dictateurs. Le signal politique était important. Malheureusement, la droite majoritaire au Grand Conseil l'a balayé invitant le potentat à poursuivre sa dolce Vita à Genève.[2]

    Suite à l'agression de M. Adrien Krause, journaliste de la RTS, molesté par les gardes du corps de M. Paul Biya, en marge d'une manifestation durant laquelle la police n'y était pas allée de main morte dans la répression des manifestants en juin 2019, l'image de Genève avait été écornée. Une indignation très large, à la portée internationale, s'était élevée.

    Des articles étaient parus dans des journaux américains et en Afrique, montrant non seulement l'indélicatesse dont faisait preuve Genève vis-à-vis de la liberté de manifester, mais aussi comment, dans sa pesée d'intérêt, elle exerçait le "deux poids, deux mesures" -  - à savoir une protection accrue de Paul Biya dans l'hôtel Intercontinental où il séjourne régulièrement versus une répression des manifestants venus démocratiquement questionner sa présence.

    Aujourd'hui, alors que Paul Biya revient à Genève dépenser un argent qui n'est pas le sien et y semer le trouble, une manifestation annoncée par les opposant-e-s à son régime est interdite[3] par la police et Monsieur Poggia. Il est à craindre que cette décision n'envenime la situation. Malgré cette interdiction des manifestant-e-s iront de l'avant. 

     

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  • Oui à un futur désirable le 13 juin

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    Nous suivrons particulièrement ce dimanche à Genève le résultat du vote populaire sur la Cité de la musique en Ville de Genève, et du projet de la Goutte de Saint-Mathieu au niveau cantonal. De ces deux votes dépendent la construction d'écoles, et donc pour partie l'avenir de notre jeunesse et de notre canton dans sa capacité à offrir des conditions d'étude adéquates aux générations futures.

    On peut en effet craindre que ceux qui refusent la Cité de la musique ne se mettent en travers du projet de future patinoire au trèfle blanc avec l'argument que c'est un gouffre énergétique et probablement qu'il suffira aussi de construire celle-ci dans des bureaux; voire que tout va très bien comme ça aujourd'hui aux Vernets. N'alimentons pas la vague du refus et du rejet. Aujourd'hui la culture en paiera le prix, demain ce sera le sport. On a déjà senti passer le vent du boulet aux Evaux, où de jeunes sportifs ont failli se retrouver sans terrains pour pratiquer leur passion et progresser. 

    La votation sur la Cité de la musique a soulevé des passions. Comme s'il s'agissait d'une question de vie ou de mort, un vocabulaire excessif a noué écocide à criminel et des commentaires agressifs ont achevé de vitrioler à l'extrême un enjeu très concret et méritant un débat public approfondi. Faut-il bâtir ou non une école de musique et un lieu d'accueil pour un orchestre philharmonique ou faut-il les laisser dans des locaux peu adaptés ? Faut-il offrir des outils conformes aux jeunes avec des conditions de travail irréprochables en dessinant un avenir désirable ? 

     

     

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  • Cité de la musique : quel rôle pour le Canton ?

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    200807_parvis d'entrée.jpgEn date du 30 avril 2021, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite urgente (QUE-1351)  qui a la teneur suivante : "Les habitant-e-s de la Ville de Genève voteront le 13 juin sur la Cité de la musique. Un oui permettra de rassembler sous un même toit les musicien-ne-s professionnel-le-s de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR) ainsi que 500 étudiant-e-s de la Haute école de musique de Genève aujourd’hui dispersé sur 9 sites, pas équitablement adaptés à l’enseignement. La Cité de la musique proposera également au public deux restaurants, une bibliothèque-médiathèque, ainsi qu’un espace d’exposition ouvert à toutes et tous. Le terrain des Feuillantines au nord de la place des Nations, propriété des Nations Unies, constitue une parcelle adéquate et suffisamment grande pour accueillir le projet, dont le propriétaire (l’ONU) accepte de céder la maîtrise.

    Au vu de ce qui précède, j'ai demandé au Conseil d’Etat de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

    • Certaines voix s’élèvent pour affirmer que ce projet aurait très bien pu se développer au sein du secteur du PAV. Existe-t-il actuellement, au sein du PAV, des espaces vierges qui pourraient accueillir un projet B de Cité de la musique ? Si oui, dans quel délai ?

    • Le Conseil d’Etat est-il intervenu dans les réflexions pour identifier le lieu idéal pour la Cité de la musique ?

    • Le Conseil d’Etat envisage-t-il de soutenir financièrement le projet de la Cité de la musique comme pourrait l’y inviter l’initiative cantonale 167 « pour une politique culturelle cohérente à Genève » votée à 83% en 2019 plébiscitant le fait que le canton doit s’impliquer davantage dans le champ culturel ?

    • En cas de soutien financier du canton, quels en seraient les nouveaux bénéficiaires, étant entendu que les frais de fonctionnement de l’OSR et de la HEM sont couverts ? Quels en seraient les montants ?

      La réponse du Conseil d'Etat est la suivante : 

     

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  • Solidarité avec le peuple palestinien!

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    185533075_317216776596947_1160454406849143997_n-resp480.jpgLa raison de l'explosion de violences en Israël et dans les territoire occupés? La poursuite de la colonisation et de l'état d'apartheid. Le déclencheur ? À Sheik Jarrah, à Jérusalem-Est, la spoliation des maisons de huit familles au total, soit 78 personnes dont 28 enfants menacés d'expulsion de leurs propriétés dans lesquelles elles vivent depuis plus d'un demi-siècle. Et boum : c'est l'escalade. 

    Il ne s'agit en aucun cas d'opposer un peuple à un autre, mais de dénoncer clairement l'agression d'un État dirigé par une coalition d'extrême droite perpétuant l'occupation de territoires appartenant à d'autres, grignotant de nouveaux territoires par de nouvelles colonisations, renforçant un état d'apartheid et perpétuant de multiples violations des droits humains dans l'immense silence de la communauté internationale.

    Comme le rappelle Human Rights Watch dans un rapport du mois d'avril dernier{1}, les crimes contre l'humanité doivent maintenant conduire à l'action pour mettre fin à la répression des Palestiniens.  

    Il n'y a pas d'équilibre entre les forces en présence, ni de symétrie dans ce conflit. Des jeunes manifestent dans le monde entier en criant "Palestinian lives Matter" en écho au "Black lives Matter" et ils ont raison. C'est bien le droit de vivre en tant qu'être humain, La défense de droits fondamentaux qui est en jeu. Cela nous concerne toutes et tous. Il n'y a pas de races ou de groupe ethnique qui soit inférieur à un autre. 


    Des voix s'élèvent pourtant pour dire : 'ce n'est pas votre affaire, taisez-vous' ou:  'si vous ne dénoncez pas systématiquement tous les conflits, bouclez-là sur celui-ci'. En plus, bien sûr, des récurrentes accusation d'antisémitisme qui jaillissent dès qu'il s'agit de remettre en question la politique d'extrême droite de Benjamin Netanyahou et de sa sinistre coalition. Ne nous laissons pas intimider par ces critiques ni pas celles et ceux qui voudraient nous faire croire que les torts sont également partagés, qu'il y a une sorte d'égalité de la terreur, et voudraient confortablement, grâce à l'épouvantail du Hamas, renvoyer au nom de "la paix", les un-e-s sur leurs plages au soleil et les autres dans leurs camps de réfugiés, leurs prisons, afin que le nettoyage ethnique des Palestiniens puisse tranquillement continuer. Nous refusons l'endormissement des consciences ou la lâcheté du regard détourné. Plus écœurant que le bruit des bottes là-bas, il y a le silence des pantoufles ici. Un cessez le feu n'est pas un retour à la paix. Il n'y aura jamais de paix tant qu'il y aura colonisation et apartheid. Ceux qui parlent 'de la paix' oublient un peu vite que Netanyahou était celui qui appelait à la mort directe d'Yitzakh Rabin et qu'il est le fossoyeur de tout effort de paix. L'un des principaux responsables de la situation actuelle.  

    La récente position de B'Tselem publié dans le journal israélien Haaretz est à lire. Cette position de juifs progressistes et défenseurs des droits humains en Israël identifie avec justesse le noeud du problème.{2} Pour B'Tselem: "Les violences actuelles ayant cours en Israël et Palestine sont une conséquence d'une régime d'apartheid qui contrôle la région entière. Sous ce régime, la moitié de la population qui vit entre le Jourdain et la mer Méditerranée peuvent vivre une vie pleine et entière et jouir de la protection de leurs droits humains, parce qu'ils sont juifs. L'autre moitié, des palestiniens, ne le peuvent pas. La violences urbaine que nous constatons ces derniers jours est déplorable, terrifiante, et doit être condamnée avec force. Toute violence contre les civils est totalement répréhensible. Cependant la violence coule plus profondément que ce que peuvent capter les caméras. Le spectre des mesures que le régime Israélien emploie afin d'assurer une suprématie juive est intrinsèquement violente. Frappes aériennes, grenades à main sont des éléments visibles, alors que les lois, les ordres militaires, la bureaucratie, les faiseurs de lois et juges qui soutiennent le régime demeurent grandement invisibles. Restaurer l'ordre voudrait dire que les Juifs retourneront à leur vie pacifique pendant que les Palestiniens continueront à vivre sous une botte : sujets à de constantes, incessantes violences qui demeurent invisibles. Une réalité basée sur une violence organisées n'est pas seulement immorale, elle est une danger pour nous toutes et tous. C'est pourquoi  la Déclaration universelle des droits de l'homme proclame en 1948 dans son préambule : "Il est essentiel que les droits de l'homme soient protégés par un régime de droit pour que l'homme ne soit pas contraint, en suprême recours, à la révolte contre la tyrannie et l'oppression"{3}. Nous avons toutes et tous le droit de vivre dans un régime qui assure justice, droits et devoir pour les deux peuples. Un régime qui donne à chacun-e vivant ici le droit de vivre, le droit à la sécurité, et la liberté de créer, apprendre, rêver et aimer. Nous désirons toutes et tous la vie. Pour chacun-e d'entre nous."

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  • Macron Courageuuuh ?

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    560x315_cmsv2_a67e23e7-66e7-5fc0-8e68-298a08911ef0-5607320.jpgDans l’éditorial du jeudi 6 mai, de la Tribune de Genève le journaliste Alain Rebetez rend hommage à Emmanuel Macron pour son « courage face aux tabous de l’histoire »[1]. L’éloge du président français porte sur sa capacité à aborder la question coloniale (sic!). Macron a « mandaté l’historien Benjamin Stora sur l’Algérie et Vincent Duclert sur le Rwanda ». Ah la belle affaire !

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  • Hébergement d'urgence : printemps à risque

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    La motion "Pour lutter efficacement contre la Covid-19 : zéro sans- abris" avait été déposée le 9 novembre 2020. Elle partait d’une forme d’indignation et faisait écho d’une remontée du terrain constatant qu’un grand nombre de personnes dormaient à la rue, notamment, et c’est choquant : des femmes enceintes et des familles entières. Il est choquant que des êtres humains soit contraints, à Genève, l’un des villes les plus riches du monde, à dormir sous les ponts, dans les caves dans les bois, etc.  Suite au dépôt de cette motion, de nombreuses démarches ont eu lieu. Le parlement cantonal a voté en décembre un projet de loi de 1.4 millions pour le CAUSE (collectif d'associations pour l'urgence sociale). Ce crédit a permis à 155 personnes d’être accueillies dans des hôtels avec un accompagnement social de qualité.  

      

     

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  • Clé-de-rive : qui paiera l'addition ?

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    151772481_128916205791787_2600656901574446220_o.jpgLe projet Clé-de-Rive est daté. En prévoyant de miter et bétonner tout le sous-sol, c'est l'avenir que l'on hypothèque. Les changements de société, climatiques, économiques et de mobilité sont massifs. Le modèle de ville centre est à un tournant.

    Les promoteurs spéculent sur 170 millions de revenus pour la Ville contre un droit de superficie de 65 ans. Ne tombons pas dans le piège. Pour rappel, la rente de superficie sera exprimée annuellement en pourcentage du chiffre d’affaires brut total réalisé par la société Parking Clé-de-Rive SA. Or, l'usage des parkings est en décroissance. Il est certainement possible pour les promoteurs de maximaliser l'usage du parking encore quelques années en 'vendant' son usage et en renforçant l'invitation faite aux gens de continuer à prendre leur voiture pour aller au centre-ville (ce que les experts dénoncent comme un non-sens), le temps pour eux d'amortir leur investissement. Ainsi, les promoteurs auront tiré leurs marrons du feu. Le 'gigantesque cadeau'  de Clé-de-Rive est empoisonné  et sa charge est destiné à la collectivité. Il fait craindre un usage maximaliste et agressif de Clé-de-Rive au détriment de la santé des habitant-e-s.

    Aux privés les bénéfices, à la collectivité les charges! Le risque est pour la collectivité : aux habitant-e-s les nuisances immédiates avec plus de voitures et de trafic, et à la Ville l'éléphant blanc dont on ne saura que faire pour les 300 prochaines années très prochainement. 

     
     

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  • Mieux vaut se tromper en humain que de réussir en machine

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    F449DC2D-BB37-4292-953E-CE196FAA32C6.jpegPlus que jamais, au coeur de l'hiver, le besoin de lumière.

    Pas seulement celle du soleil, mais celle des humbles, des généreuses, des silencieuses et des désintéressés. 

    Plus que jamais, au coeur de l'hiver, regarder ailleurs que droit devant soi,  davantage vers les diagonales. Chercher ceux qui protègent, cultivent, font grandir. Les pions, pas les rois. À l'abri du vent, des projecteurs, au creux de la main, dans la cabane fragile du coeur et du lien : accompagner les chèvres, pas les chevaux de compétition. 

    Aller vers ceux qui restent à l'ombre. Pas ceux qui "prennent la lumière", se l'accaparent.

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  • Le 'Vendez Globe'

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    file6pyyk0n8ziw1e9qoi8a3.jpgLa couverture médiatique du Vendée Globe, course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance est aussi insistante qu'écoeurante. Pourquoi ? Parce qu'elle met en scène des hommes et des femmes partis volontairement faire le tour du monde sur leur bateau comme des héros. Bien sûr, ce sont des êtres choisissant librement de vivre une expérience extrême, seuls avec leur webcam et leur barda technologique au milieu de la mer. Mais comment ne pas faire la comparaison avec les centaines de milliers de migrant-e-s qui vivent une expérience autrement plus mortelle et anonyme du dénuement et du risque, étant eux considérés comme des parias, des invisibles?

    Le Vendée globe est la caricature spectaculaire d'un traitement médiatique malade. Cette course contre la montre et pour la gloire est une fable pixelisée escamotant la course contre la mort et pour la survie que nos frères et soeurs humains éprouvent en traversant fleuves et mers sur des canots de fortune... et s'y noient loin de toute caméra et sans sépulture, pendant que l'on tourbillonne sottement sur nos écrans sans fonds au milieu d'incessantes publicités.

     

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  • Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour les autres

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    IMG_7764.jpegNous arrivons à l'époque la plus noire de l'année. Nous sommes en route vers la nuit la plus longue. Il en faut du courage pour accompagner le rétrécissement des jours, et avec la covid-19, ne pas se sentir mentalement étriqué, réduit dans le noir.

    Mais au solstice d'hiver, le 21 décembre, tout basculera. Les jours rallongeront par la suite. Si nous sommes à une période critique, nous allons vers l'ouverture. Il est facile, dans la brume, de perdre le fil, s'y égarer. Pourtant, c'est au moment de la nuit la plus noire que l'aube vient (Edmond Fleg). Plus que jamais, il est important de veiller les un-e-s sur les autres.

     

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  • Hé les pros du foot : mollo sur la testo!

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    20201114225650347.jpgJe ne sais pas si vous avez suivi le match de football Suisse-Espagne hier soir (joli match) et si vous avez vibré aux deux arrêts de pénalty du gardien helvétique. Moi, oui. J'aime le football, qui rassemble les gens. 

    Un truc m'a chiffonné quand même, c'est de voir les joueur s'enlacer, se bécoter, se prendre le visage à pleines mains, se frotter les joues, les cheveux, les fesses, se coller les épaules lorsqu'ils marquent un but (ou en arrêtent un). La masculinité s'en donne à coeur joie : crachats, glaires sur le terrain. Alors oui, bien sûr il y a la tension, l'adrénaline, la joie, mais... en période de pandémie, ne faudrait-il pas les mettre un peu en veilleuse les éruptions de testo?

    Depuis des décennies on voit les joueurs s'agglutiner les uns aux autres pour se fêter, alors on comprend le poids du rituel. En même temps les messes sont suspendues, chacun fera Noël chez soi, on va plus au resto, il y aurait peut-être aussi moyen de la mettre en veilleuse  l'exultation viriliste, non?

    Après tout, beaucoup de professionnel-le-s ne peuvent  plus exercer leur métier. Celles et ceux qui le peuvent encore font très attention et sont soumis à des normes très strictes. S'ils réussissent un contrat, trouvent un vaccin, gagnent une élection, ou sauvent une vie à l'hôpital, on sait qu'ils et elles évitent de se sauter dessus à 10 pour s'embrasser. Alors, ça devrait être possible pour les footeux aussi, non ? Si les gens du commun le peuvent, pourquoi pas eux ? La décence ou la loi devraient les inviter à le faire.

    Ces joueurs, érigés en "modèles de société", s'exhibent devant des centaines de milliers de personnes cloîtrés dans leur salon, donnant encore une image de nouveaux riches au-dessus des règles. 

     

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  • Oui au contrôle élémentaire des entreprises multinationales

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    124864913_10159025167622728_8364362662442350170_n.jpgL’initiative pour des multinationales responsables demande quelque chose de simple : que les entreprises suisses respectent le droit humain et le droit du travail. Le principe de territorialité n’est pas une excuse pour fouler aux pieds ces droits et détruire l’environnement. Déchets toxiques provoquant des maladies graves, conditions de travail inhumaines dans les usines textiles, travail d’enfant dans les plantations de cacao. Le 29 novembre, nous avons le pouvoir de faire en sorte que certaines multinationales suisses n’utilisent plus le drapeau national pour masquer leurs méfaits. Ces multinationales peu scrupuleuses doivent être soumises à des normes contraignantes. Celles qui ne respectent pas la loi, en assumer les conséquences juridiques. L’économie et le profit ne peuvent être placées au-dessus du droit commun.

     

     

     

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  • A quel saint se vouer?

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    Princ-25-500x500.jpgLa nécessité légale de dissimuler une partie de son visage oblige à faire un parallèle avec celles et ceux qui, hier, s'opposaient au port du voile pour des communautés religieuses et voulaient le bannir jusque dans l'espace public.

    La force avec laquelle le port du masque est aujourd'hui imposé par l'État démontre la variabilité et la rapidité avec laquelle les choses changent ; la nécessaire adaptation dont l'humain fait preuve pour vivre et survivre. La flexibilité des règles et valeurs qu'il se donne. 

    Certains légitimaient par la défense de "valeurs", la nécessité de montrer son visage. Ils invitent aujourd'hui à se voiler au nom de la santé. Les fondamentalistes laïc, les prescripteurs du visage nu s'agenouillent sans souci devant le voile. Cocasse. 

    Que n'a-t-on pas entendu de la part des anti-masques pour refuser d'accepter que des gens se couvrent la face?  De la tradition de nos pays de montrer un visage découvert, d'un prétendu héritage chrétien, à la volonté de lutter contre le hooliganisme, les black bloc ou la burka. Et que redécouvre-t-on ? Que le voile est désormais utile, un must imposé par l'Office fédéral de la santé publique. LOL.

    Nos grands-mères portaient des fichus dans les campagnes pour se protéger du soleil et des poussières. Ce bout de tissu tant décrié est désormais imposé de force sous menace de l'amende, partout, par nos autorités. Les mêmes qui hurlaient à l'oppression des femmes imposent à toutes et tous de se couvrir le visage. Ils réajustent le masque de leurs ados quand ces derniers passent la porte de la maison. Le masque a naturellement pris place sur les bouches et le nez, avec même des allelouias quand, sur le tarmac de l'aéroport de Cointrin, des gros porteurs atterrissent, chargés de masques chinois. 

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  • Ferraris et sans abris

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    IMG_6002.jpgCette photo a été prise le dimanche 30 août 2020 dans le quartier de la Servette. Une Ferrari (rouge évidemment, le conformisme fétichiste de l'objet l'impose), ayant payé son dû au parcmètre,  occupe l'espace public, suscitant les regards curieux et les photographies des gamins du quartier. Ce qui ne se voit pas et ce que personne ne veut constater c'est, en contre-bas, la literie improvisée d'une personne sans abri dormant devant l'entrée de la paroisse. L'envers du décors.  

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