sylvain thévoz

Air du temps

  • Clé-de-rive : qui paiera l'addition ?

    Imprimer

    151772481_128916205791787_2600656901574446220_o.jpgLe projet Clé-de-Rive est daté. En prévoyant de miter et bétonner tout le sous-sol, c'est l'avenir que l'on hypothèque. Les changements de société, climatiques, économiques et de mobilité sont massifs. Le modèle de ville centre est à un tournant.

    Les promoteurs spéculent sur 170 millions de revenus pour la Ville contre un droit de superficie de 65 ans. Ne tombons pas dans le piège. Pour rappel, la rente de superficie sera exprimée annuellement en pourcentage du chiffre d’affaires brut total réalisé par la société Parking Clé-de-Rive SA. Or, l'usage des parkings est en décroissance. Il est certainement possible pour les promoteurs de maximaliser l'usage du parking encore quelques années en 'vendant' son usage et en renforçant l'invitation faite aux gens de continuer à prendre leur voiture pour aller au centre-ville (ce que les experts dénoncent comme un non-sens), le temps pour eux d'amortir leur investissement. Ainsi, les promoteurs auront tiré leurs marrons du feu. Le 'gigantesque cadeau'  de Clé-de-Rive est empoisonné  et sa charge est destiné à la collectivité. Il fait craindre un usage maximaliste et agressif de Clé-de-Rive au détriment de la santé des habitant-e-s.

    Aux privés les bénéfices, à la collectivité les charges! Le risque est pour la collectivité : aux habitant-e-s les nuisances immédiates avec plus de voitures et de trafic, et à la Ville l'éléphant blanc dont on ne saura que faire pour les 300 prochaines années très prochainement. 

     
     

    Lire la suite

  • Mieux vaut se tromper en humain que de réussir en machine

    Imprimer

    F449DC2D-BB37-4292-953E-CE196FAA32C6.jpegPlus que jamais, au coeur de l'hiver, le besoin de lumière.

    Pas seulement celle du soleil, mais celle des humbles, des généreuses, des silencieuses et des désintéressés. 

    Plus que jamais, au coeur de l'hiver, regarder ailleurs que droit devant soi,  davantage vers les diagonales. Chercher ceux qui protègent, cultivent, font grandir. Les pions, pas les rois. À l'abri du vent, des projecteurs, au creux de la main, dans la cabane fragile du coeur et du lien : accompagner les chèvres, pas les chevaux de compétition. 

    Aller vers ceux qui restent à l'ombre. Pas ceux qui "prennent la lumière", se l'accaparent.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Humeur 0 commentaire
  • Le 'Vendez Globe'

    Imprimer

    file6pyyk0n8ziw1e9qoi8a3.jpgLa couverture médiatique du Vendée Globe, course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance est aussi insistante qu'écoeurante. Pourquoi ? Parce qu'elle met en scène des hommes et des femmes partis volontairement faire le tour du monde sur leur bateau comme des héros. Bien sûr, ce sont des êtres choisissant librement de vivre une expérience extrême, seuls avec leur webcam et leur barda technologique au milieu de la mer. Mais comment ne pas faire la comparaison avec les centaines de milliers de migrant-e-s qui vivent une expérience autrement plus mortelle et anonyme du dénuement et du risque, étant eux considérés comme des parias, des invisibles?

    Le Vendée globe est la caricature spectaculaire d'un traitement médiatique malade. Cette course contre la montre et pour la gloire est une fable pixelisée escamotant la course contre la mort et pour la survie que nos frères et soeurs humains éprouvent en traversant fleuves et mers sur des canots de fortune... et s'y noient loin de toute caméra et sans sépulture, pendant que l'on tourbillonne sottement sur nos écrans sans fonds au milieu d'incessantes publicités.

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Humeur 0 commentaire
  • Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour les autres

    Imprimer

    IMG_7764.jpegNous arrivons à l'époque la plus noire de l'année. Nous sommes en route vers la nuit la plus longue. Il en faut du courage pour accompagner le rétrécissement des jours, et avec la covid-19, ne pas se sentir mentalement étriqué, réduit dans le noir.

    Mais au solstice d'hiver, le 21 décembre, tout basculera. Les jours rallongeront par la suite. Si nous sommes à une période critique, nous allons vers l'ouverture. Il est facile, dans la brume, de perdre le fil, s'y égarer. Pourtant, c'est au moment de la nuit la plus noire que l'aube vient (Edmond Fleg). Plus que jamais, il est important de veiller les un-e-s sur les autres.

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Hé les pros du foot : mollo sur la testo!

    Imprimer

    20201114225650347.jpgJe ne sais pas si vous avez suivi le match de football Suisse-Espagne hier soir (joli match) et si vous avez vibré aux deux arrêts de pénalty du gardien helvétique. Moi, oui. J'aime le football, qui rassemble les gens. 

    Un truc m'a chiffonné quand même, c'est de voir les joueur s'enlacer, se bécoter, se prendre le visage à pleines mains, se frotter les joues, les cheveux, les fesses, se coller les épaules lorsqu'ils marquent un but (ou en arrêtent un). La masculinité s'en donne à coeur joie : crachats, glaires sur le terrain. Alors oui, bien sûr il y a la tension, l'adrénaline, la joie, mais... en période de pandémie, ne faudrait-il pas les mettre un peu en veilleuse les éruptions de testo?

    Depuis des décennies on voit les joueurs s'agglutiner les uns aux autres pour se fêter, alors on comprend le poids du rituel. En même temps les messes sont suspendues, chacun fera Noël chez soi, on va plus au resto, il y aurait peut-être aussi moyen de la mettre en veilleuse  l'exultation viriliste, non?

    Après tout, beaucoup de professionnel-le-s ne peuvent  plus exercer leur métier. Celles et ceux qui le peuvent encore font très attention et sont soumis à des normes très strictes. S'ils réussissent un contrat, trouvent un vaccin, gagnent une élection, ou sauvent une vie à l'hôpital, on sait qu'ils et elles évitent de se sauter dessus à 10 pour s'embrasser. Alors, ça devrait être possible pour les footeux aussi, non ? Si les gens du commun le peuvent, pourquoi pas eux ? La décence ou la loi devraient les inviter à le faire.

    Ces joueurs, érigés en "modèles de société", s'exhibent devant des centaines de milliers de personnes cloîtrés dans leur salon, donnant encore une image de nouveaux riches au-dessus des règles. 

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Humeur 0 commentaire
  • Oui au contrôle élémentaire des entreprises multinationales

    Imprimer

    124864913_10159025167622728_8364362662442350170_n.jpgL’initiative pour des multinationales responsables demande quelque chose de simple : que les entreprises suisses respectent le droit humain et le droit du travail. Le principe de territorialité n’est pas une excuse pour fouler aux pieds ces droits et détruire l’environnement. Déchets toxiques provoquant des maladies graves, conditions de travail inhumaines dans les usines textiles, travail d’enfant dans les plantations de cacao. Le 29 novembre, nous avons le pouvoir de faire en sorte que certaines multinationales suisses n’utilisent plus le drapeau national pour masquer leurs méfaits. Ces multinationales peu scrupuleuses doivent être soumises à des normes contraignantes. Celles qui ne respectent pas la loi, en assumer les conséquences juridiques. L’économie et le profit ne peuvent être placées au-dessus du droit commun.

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • A quel saint se vouer?

    Imprimer

    Princ-25-500x500.jpgLa nécessité légale de dissimuler une partie de son visage oblige à faire un parallèle avec celles et ceux qui, hier, s'opposaient au port du voile pour des communautés religieuses et voulaient le bannir jusque dans l'espace public.

    La force avec laquelle le port du masque est aujourd'hui imposé par l'État démontre la variabilité et la rapidité avec laquelle les choses changent ; la nécessaire adaptation dont l'humain fait preuve pour vivre et survivre. La flexibilité des règles et valeurs qu'il se donne. 

    Certains légitimaient par la défense de "valeurs", la nécessité de montrer son visage. Ils invitent aujourd'hui à se voiler au nom de la santé. Les fondamentalistes laïc, les prescripteurs du visage nu s'agenouillent sans souci devant le voile. Cocasse. 

    Que n'a-t-on pas entendu de la part des anti-masques pour refuser d'accepter que des gens se couvrent la face?  De la tradition de nos pays de montrer un visage découvert, d'un prétendu héritage chrétien, à la volonté de lutter contre le hooliganisme, les black bloc ou la burka. Et que redécouvre-t-on ? Que le voile est désormais utile, un must imposé par l'Office fédéral de la santé publique. LOL.

    Nos grands-mères portaient des fichus dans les campagnes pour se protéger du soleil et des poussières. Ce bout de tissu tant décrié est désormais imposé de force sous menace de l'amende, partout, par nos autorités. Les mêmes qui hurlaient à l'oppression des femmes imposent à toutes et tous de se couvrir le visage. Ils réajustent le masque de leurs ados quand ces derniers passent la porte de la maison. Le masque a naturellement pris place sur les bouches et le nez, avec même des allelouias quand, sur le tarmac de l'aéroport de Cointrin, des gros porteurs atterrissent, chargés de masques chinois. 

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Ferraris et sans abris

    Imprimer

    IMG_6002.jpgCette photo a été prise le dimanche 30 août 2020 dans le quartier de la Servette. Une Ferrari (rouge évidemment, le conformisme fétichiste de l'objet l'impose), ayant payé son dû au parcmètre,  occupe l'espace public, suscitant les regards curieux et les photographies des gamins du quartier. Ce qui ne se voit pas et ce que personne ne veut constater c'est, en contre-bas, la literie improvisée d'une personne sans abri dormant devant l'entrée de la paroisse. L'envers du décors.  

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Covid-19 : Genève condamnée à être cancre de Suisse?

    Imprimer

    EAF7C927-0D7F-4165-9256-3B874E632235.JPGLa situation de Genève inquiète Berne[1]. Genève est la triste leader du nombre de contaminations au Covid-19, devançant Vaud et Zürich. Notre canton est trois fois plus touché par l'épidémie que le reste du pays. L'OFSP rappelle que la majorité des contaminations ont lieu dans les familles ou sur le lieu de travail. L'échec des autorités à juguler les cas de contamination montre clairement les limites d'un discours stigmatisant certaines minorités (les jeunes, les frontaliers), menaçant (amendes, punitions, sanctions), ou passif (la faute à la malchance selon Monsieur Poggia). A ce jour, la stratégie pour contenir les contaminations échoue. Pourquoi ? 

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Stop à la stigmatisation "des jeunes"

    Imprimer

    logo200.pngDans Le Matin Dimanche, le magistrat de la police et de la santé Mauro Poggia s’en est pris aux jeunes. Il a mis en garde contre la tenue de "rave parties" les interprétant comme "zones de non-droit" et a déclaré qu'il y a : "de plus en plus de groupes de jeunes, sur le territoire genevois, qui n'ont aucun respect pour l'autorité". Cette façon de stigmatiser les jeunes n'est pas acceptable. 


    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Humeur 0 commentaire
  • Un été pas comme les autres

    Imprimer

    XSJZ5098.jpegLe Covid-19 bouleverse nos habitudes et nos rythmes sociaux. Quel visage aura notre ville cet été? Les Genevois-es partiront-ils à l'étranger en vacances ou, crise économique et sociale oblige, resteront-ils davantage à Genève? Les personnes migrantes, indispensables à l'économie genevoise, qui traditionnellement privilégient le retour au pays pour retrouver leur famille durant la saison estivale, prendront-ils le risque de voyager au loin ?  Prendront-ils le risque de s'exposer à une mise en quarantaine à l'aller ou/et au retour, aux risques sanitaires liés? Les difficultés économiques vont rendre tout déplacement plus onéreux. Cela va contraindre de nombreuses personnes à ne pas bouger. Cela risque de changer le visage de notre ville et exiger davantage de réactivité de l'administration et des associations, à une période de l'année où, traditionnellement, tout ralentit. 


    Lire la suite

  • Déboulonnons les David de Pury, Piachaud & co !

    Imprimer

    29401100894430L.gifC'est une contradiction totale pour nos démocratie de maintenir des statues de grands hommes du passé dont on sait et reconnaît aujourd'hui que la fortune bâtie ou les agissements se sont faits au prix du sang et en bafouant les droits humains. Comment condamner le meurtre, le viol, la traite des être humains, le travail au noir aujourd'hui et maintenir des statuaires de tyrans des siècles passés ?

    Quelle cohérence il y a-t-il à continuer de glorifier d'une main, par le bronze et la pierre, ce que l'on  prétend vouloir condamner pénalement aujourd'hui ?

    Les pétitions et textes parlementaires qui demandent de retirer de l'espace public les représentations de tyrans sont bienvenues.[1] Il faut faire le ménage.  

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Mort de George Floyd : regardons-nous dans la glace !

    Imprimer

    _112574168_061718848-1.jpgLa mort de Georges Floyd choque le monde entier. Nous sommes horrifiés et écoeurés par la mort de cet homme sous le genou d’un policier de Minneapolis. Nous ne devrions toutefois pas penser que ces pratiques sont limitées aux USA et le racisme un produit US. Ce dernier est endémique en Suisse et en forte augmentation (+25% de plaintes l’an passée). Les pratiques policières à Genève et en Suisse ne sont guère reluisantes. Elles ont été régulièrement épinglées par des ONG et au niveau international. Victimes de profilage racial, personnes ciblées et amendées à répétition en raison de leur appartenance ethnique, arrestations abusives, violences verbales et physiques, humiliations corporelles, minorités placées en détention à Champ-Dollon pour suspicion de mendicité, le dossier de la police est lourd. Qui pour l’instruire ?

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Y'en a pas comme nous ?

    Imprimer

    srl002.jpgLa marque Suisse a fait bonne figure lors de la pandémie nous dit Nicolas Bideau, directeur de présence suisse. Cela nous fait une belle jambe. Ce denier, sans vergogne, alors que les files de personnes s'allongent à Genève pour avoir de quoi manger, affirme que l’image de la Suisse sort renforcée de l’épidémie liée au nouveau coronavirus. Dans un entretien[1]  au journal Le Temps il égrène les domaines dans lesquels notre pays (y’en a pas comme nous) s’est illustré.

    L’industrie pharmaceutique : y’en a pas comme nous ! L’application qui doit permettre de retracer les personnes infectées par le coronavirus : y’en a pas comme nous ! Le système sanitaire qui n’a pas craqué et nous a évité un « bad buzz international » : y’en a pas comme nous ! Le « tennis at home challenge » lancé par Roger Federer : « un buzz mondial qui nous a profité. » Dans le même registre, le conseiller national PDC Vincent Maître s’autocongratulait de la démocratie Suisse en publiant une photo des parlementaires entassés dans un tram avec des conseillers fédéraux, en légendant : il ne doit pas y avoir beaucoup de pays au monde où l’on peut tomber à 22h passée dans un tram tout ce qu’il y a de plus ordinaire, sur une vingtaine de sénateurs et députés fédéraux, ainsi que le dernier Président de la Confédération, rentrant chez eux après une session lors de laquelle près de 60 milliards ont été voté. Y’en a pas comme nous ! Pourtant, si c’était pour s’entasser dans des trams sitôt la séance terminée, sans respecter les mesures de distance physique, ils auraient pu siéger au Palais fédéral, cela aurait fait des économies. Le coût de cette session s’est monté à 3.4 millions.

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Protégez-vous. Protégeons-nous. Protégez-les.  

    Imprimer

    images.jpgLa ruée sur les magasins est forte. Les sites de vente en ligne, de LeShop.ch à Digitec Galaxus, connaissent une hausse sans précédent du nombre de commandes, provoquant des délais jamais vus. «Nous recevons actuellement autant de commandes que lors du Black Friday 2019, et en raison de la ruée sur nos boutiques en ligne, nous avons 35 000 commandes en retard», détaille un porte-parole de Migros.[1] La ruée sur les magasins provoque des vidages de rayons, et les vagues successives de client-e-s mettent en danger la santé des caissiers et caissières, des travailleurs et travailleuses qui sont en premier ligne pour répondre à la demande. La surconsommation des un-e-s met en danger la vie des autres. Pourtant, nulle pénurie. 

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Le virus ou la vie ?

    Imprimer

    76c387532194999f5e7095cfdcc0f2fa.jpgAlors que le coronavirus a débarqué en Suisse et que la décision du Conseil fédéral d’interdire tout rassemblement de plus de 1'000 personnes, fait trembler l’économie et suscite un mouvement de peur diffus, il est important de garder la tête froide, appliquer et faire appliquer les consignes de sécurité. Mais il ne s'agit pas, comme des bandits de grand chemin de dire : "le virus ou la vie" et de paniquer dès qu'un-e voisin-e éternue dans son coude, ou renfile dans sa manche, mais bien d'inclure la possibilité du virus dans nos vies, et tirer rapidement les enseignements politiques de cette crise. 

     

     

     

     

     

     

    Lire la suite

  • Panneaux signalétiques : merci madame la Maire !

    Imprimer

    74537186_10157702407641826_8721517129930637312_n.jpg

    La politique, ce sont des projets d’infrastructures, des mesures lourdes et des mesures symboliques. Le beau projet mené conjointement par la Ville de Genève et le Canton de modifier avec une belle économie de moyens les panneaux signalétiques pour les rendre à la diversité démontre que rien n'est figé n’est figé dans le formol, et que la politique peut changer très concrètement notre quotidien.

    Le symbole, et l'acte politique fort, dans cette action, c'est que le personnage lambda "neutre" du passage piéton n'est plus un monsieur à chapeau. C'est fini. La société a changé et celles et ceux qui n'avaient pas leur place ne peuvent plus être nié-e-s aujourd'hui. Les citoyen-ne-s de second rang et de longue date (femmes, enfants, aîné.e.s) effacé-e-s de la statuaire urbaine, gommé-e-s des nominations de rue, des commémorations officielles et historiques, refont désormais surface grâce à une volonté politique, celle de la maire de la Ville de Genève Sandrine Salerno. Voilà un joli geste qui aurait dû être unanimement salué. Pourtant, des réactions conservatrices, machistes, voire haineuses et dénigrantes se sont fait entendre. Mon Dieu on a touché à la statuaire. On a remis en cause, par une modeste action, ce qui semblait de tout temps figé dans le métal et bien cadré. 

     

    Lire la suite

  • Mon tout premier Noël

    Imprimer

    12A508D4-3C6E-4DFB-8EC8-F1450C34F40F.jpegPetit enfant promis à la mort par Hérode. Nouveau-né pourchassé. Fils fugitif emmené en Egypte dans le ventre de sa mère pour échapper à la mort. Enfant de migrants. Fils placé dans une mangeoire : il n’y avait pas de place pour toi dans l’abri destiné aux visiteurs. Il n’y avait de place pour toi nulle part d’ailleurs. Tu n’étais pas attendu. Pas prévu. Sans place réservée au planning familial.

    Tu naquis dans une étable. Tu arrivas sur terre comme des millions et des millions d’enfants : menacé, fragilisé, pourchassé, à deux doigts de claquer avant de naître.

    Tu naquis à l’écart, à la marge, en déplacement rapide. Tu naquis en marche forcée, sans sage-femme, sans passeport, sans docteur, avec juste quelques bêtes autour de toi pour te tenir chaud : maigre réconfort. Un âne, un bœuf, dit la légende. Peut-être même pas un chant d'oiseau. Pas un sifflement. De la paille ça oui. Beaucoup de paille. Mais pas d’herbe verte. Pas de ruisseau. Pas de luminothérapie ni supplément de vitamine D.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Humeur 0 commentaire
  • Mobilisation pour Julian Assange

    Imprimer

    Ce jeudi, sur la place des Nations, à Genève, les partis politiques de gauche et de nombreuses associations étaient réunis pour demander la libération immédiate de Julian Assange et sa conduite en lieu sûr, pour soutenir toutes les démarches possibles afin que la Suisse lui accorde l’asile politique.

    Le Conseiller aux Etats Carlo Sommaruga a été remercié pour les démarches entreprises à Berne afin de protéger la vie de Julian Assange. Toutefois, les démarches pour obtenir l’asile ou un visa humanitaire en Suisse sont complexes et très réglementées. Depuis 2012, plus aucune demande d’asile ne peut être déposée auprès des représentations diplomatiques suisses à l’étranger. Ce qui est regrettable. Des personnes perdent la vie aujourd’hui du fait de cette impossibilité de déposer des demandes d’asile depuis l’étranger. La Ville de Genève a également demandé au gouvernement suisse d’intervenir pour sauvegarder la vie et l’intégrité corporelle de Julian Assange, fondateur de Wikileaks.

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • 39 corps dans un camion, et toi et toi et toi ?

    Imprimer

    migrations,frontières,égoïsme,esclavagisme39 corps dans un camion. 39 morts dans un frigo roulant. 39 êtres humains asphyxiés. 39 victimes de plus au décompte morbide, aux dizaine de milliers sur les routes de l'exil, dans les mers, les montagnes, au bord des routes, au fond des ravins, aux postes frontières. 39 victimes de la fermeture des frontières. 39 morts silencieux dans un camion scellé. 39 anonymes dont on cherche désormais les empreintes, les derniers messages WhatsApp, à retracer le périple, connaître les proches. 39 pauvres, en route vers un destin meilleur, dont on ne prend plus le pouls, dont on ne peut plus prendre soin, entassés froids à l'arrière d'un camion.    

    Lire la suite