sylvain thévoz

Topo Thévoz

  • Covid: l'inéquitable hâte-toi lentement genevois

    Imprimer

    440px-Eile-mit-weile.pngInjection du booster, Genève à la traîne. La Tribune de Genève ne va pas par quatre chemins pour décrire le retard qu'a pris notre Canton, notamment en comparaison avec le Canton de Vaud, qui a ouvert la troisième dose à ceux qui ont reçu la deuxième il y a déjà ... quatre mois![1]

    À Genève, il faut malheureusement encore patienter. Les atermoiements du ministre de la santé Poggia, inversement proportionnels à son activisme sur les réseaux sociaux, ont placé notre canton à la traîne.

    Alors que l'épidémiologiste Antoine Flahaut [2] espère que "les trois doses de vaccin permettront de diminuer le risque de transmission d’environ 70% et encore davantage les formes graves, c’est donc une urgence de pratiquer cette dose de rappel, au moins pour les personnes à risque et si possible pour toute la population."! Il y a urgence ! Pourquoi tant de lenteurs alors au bout du lac? 

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 0 commentaire
  • Vers la fin de l'impunité des mollahs

    Imprimer

    Sur la base de la compétence universelle, pour la première fois, l’un des auteurs du massacre de milliers de prisonniers politiques de 1988 en Iran passe en jugement en Suède. Plus de 90 % des personnes exécutées étaient des Moudjahidine du peuple (OMPI/MEK), principale opposition iranienne partisane de la liberté et de la séparation de la religion et de l'État.

    Lors de la première audience de sa défense, Hamid Nouriy a affirmé qu'il était affecté à la sinistre prison d'Evine de 1982 à 1993, et que les informations sur les exécutions de l'été 1988 étaient « une histoire fantaisiste, illusoire, vide, fausse et sans fondement ». Après une quarantaine de témoignages à charge, il a qualifié le massacre de l'été 1988 de « fiction ». Il a démenti la terrible fatwa de Khomeiny, rédigée de sa main, ordonnant l’exécution de 30’000 prisonniers politiques. Il a démenti l’ayatollah Montazeri, alors successeur de Khomeiny, qui disait – dans un enregistrement rendu public – à une commission de la mort, dont l'actuel président Ebrahim Raïssi était membre : « vous avez commis, sous la République islamique, le plus grand crime pour lequel l'histoire nous condamnera ».  Passons sur le fait que l’actuel président iranien a déclaré avant de prendre ses fonctions qu'il était fier de son passé.

     

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • Entre fatigue, repose toi

    Imprimer

    7A2E33CC-91F8-4432-A1AF-337FB8456FBF.jpegEntre, fatigue, repose-toi. Cette année fut éprouvante. Tu entames décembre sans ton air jovial et triomphant adopté de coutume, quand les repas d'entreprise, ceux des familles, te mobilisent entièrement; quand les courses aux cadeaux, l'écriture des cartes de voeux, les négociations de plans de table s'appuient sur toi. Que reste-t-il de tes habitudes, ma bonne fatigue? Je te regarde dans le miroir. Je ne te reconnais pas. 

    Tu as mauvaise mine ma compagne anonyme. Que peut-on faire pour toi, qu'attends-tu de nous, que doit-on penser de tout ça ? Plus lasse que d'habitude, tu ressasses, tu ânonnes, presque sans voix. L'année n'en finit pas. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Et toi qui dors là, dehors dans le froid.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Venue de Zemmour à Genève: le million dont on ne devrait pas parler

    Imprimer

    052A6510-0256-4502-995A-7EFF1B52E84C.jpegLe coût de la venue d'Eric Zemmour à Genève n'est officiellement toujours pas transmis. Lorsque des journalistes ont demandé au Département en charge de la police le coût du déploiement policier pour la venue du polémiste d'extrême droite à Genève, son porte-parole, Laurent Paoliello, n'a donné ni chiffre ni détails : «Tout ce qui a été mis en place entrait dans la mission de base de la police.» [1] Il faisait écho aux premières déclarations de la police [2] restant vagues sur le dispositif engagé[3].   

    Un engagement sécuritaire démesuré

    Selon nos estimations, le dispositif, jugé démesuré par de nombreux observateurs, a coûté près d'un million. Faisons le compte: 380 policiers engagés pour 10-12 heures de travail au tarif de 150.- de l'heure = 684'000.- Environ 200 policiers d'autres cantons payés par les collectivités au même tarif = 360'000.- L'engagement des démineurs pour une fausse alerte, le probable engagement d'un hélicoptère, les heures passées en amont et en aval de l'événement, nous amènent probablement au-delà du million. Parlons-en.

    Une mobilisation de plus de 500 policiers pour 700 manifestants pacifiques, est-ce bien nécessaire? Cette question devrait pouvoir être posée, débattue en toute transparence. Les Genevois-es ont le droit de savoir combien leur coûte tel ou tel événement; pourquoi lorsqu'ils manifestent démocratiquement dans la rue, ils ont automatiquement un camion de police devant eux et un derrière. Mais quand ils se sentent menacés dans une ruelle le soir, ou lorsqu'ils appellent la police pour tapage nocturne,  il leur est immanquablement répondu d'attendre.

    Dire: "Cela est pris sur les frais de base, donc cela ne coûte rien" est faux. 

    L'analyse faite par le Département en charge de la police est fausse. Il est erroné de dire que ce genre de manifestation entre dans les missions de base de la police et qu'il n'y a donc ni à en détailler le coût, ni que son prix est effectif. En rendre compte ne reviendrait pourtant pas à entrer dans "l'opérationnel" mais à respecter la loi (Article 21 de la Loi sur l'information du public et l'accès aux documents (LIPAD). Il est faux de dire que du fait qu'il n'y a pas d'heures supplémentaires engagées, il n'y a pas de coûts, ni que celui-ci ne peut être débattu. 

    Aux journalistes, aux député-e-s, aux citoyen-ne-s qui ont demandé pourquoi la collectivité devait financer un dispositif de sécurité démesuré pour Monsieur Zemmour, le Département de la sécurité a refusé de leur répondre. La question est pourtant centrale : pourquoi réunir en surnombre des policiers ici alors qu'ils manquent là?

     

     

     

     

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • Slalom (très) spécial au jardin anglais

    Imprimer

    thumbnail.jpgDes associations ont mis le doigt avec raison sur le problème de la piste cyclable qui permet bon an , mal an de traverser le pont du Mont-Blanc.[1]

    Trop petite, ne permettant pas les dépassements, mal coordonnée avec les feux de signalisation, tristement monodirectionnelle alors qu'elle relie deux pistes bidirectionnelles. Bref, mal fichue, elle possède toutefois l'avantage d'être en site propre. Avant celle-ci au jardin anglais, c'est la jungle.

    Les piétons, les poussettes, les vélos y sont jetés pêle-mêle sur un bout de bitume encore réduit à peau de chagrin par l'ouverture du marché de Noël du 18 novembre au 26 décembre. Des milliers de personnes se pressent là. Elles débouchent directement dans le flux cyclistes, obligeant cyclistes et piéton-ne-s à un slalom pour le moins spécial et très dangereux.  

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Une initiative contre la crise

    Imprimer

    fiscalité,richesses,durabilité,social,santé,emploiL’initiative cantonale « Pour une contribution temporaire de solidarité sur les grandes fortunes » prévoit la mise en place d’un impôt temporaire de solidarité sur la part des fortunes imposables qui dépasse 3 millions de francs, afin de permettre aux collectivités de faire face aux conséquences de la crise. Cette initiative, portée par toute la gauche et les syndicats vise à renforcer la classe moyenne, les petites et moyennes entreprises. La population est invitée à la signer largement. https://www.ps-ge.ch/wp-content/uploads/2021/09/IN-FISCALE.pdf

     

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève 0 commentaire
  • La charité sans les droits, ça ne marche pas !

    Imprimer

    E139B306-B7E8-47F3-A311-72AD6FB37320.jpegNoël approche. Cette période est traditionnellement propice à des reportages souvent larmoyant au sujet des personnes à la rue, des aînés isolés, des familles monoparentales, etc., Ces derniers mettent en valeur des initiatives individuelles venant en aide à ces pauvres avec force soupes populaires, dons de vêtement, atténuant l’extrême précarité de leurs situations. Si ces actions rappellent à certains l’époque des dames Patronnesses, pour d'autres elles palient aux manquements de l'État et à une certaine banalisation de la pauvreté.

    Ainsi se métamorphose la cruelle réalité quotidienne en belles histoires de Noël ramenant un peu d’humanité dans ce monde injuste, suscitant de l'empathie et atténuant la violence de notre société.

    Cette générosité est décriée par certain-e-s comme étant de la charité, et cette « charité » comme fondamentalement condescendante. Elle escamoterait l’essentiel : il faut donner des droits aux plus précaires, et s’assurer qu’ils puissent les exercer. La « charité » comblerait surtout et uniquement celui qui donne. Elle ne serait ni durable, ni digne. Comme l’Homme ne se nourrit pas uniquement de rations de survie ni ne se vêtit d’habits de seconde mains, mais de la défense de ses droits et de la dignité de leur exercice, cette charité est considérée comme une compensation temporaire donnée aux pauvres, alors qu’il faudrait lutter durablement contre la pauvreté à sa racines.

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Rasons les voitures que l'on voie la ville

    Imprimer

    E2979BD3-9456-4058-AE1A-63A0D79B2AE3.jpegDans les années 80, une expression surgissant entre Lausanne et Genève disait tout du désir d'émancipation d'une jeunesse étouffant : Rasez les Alpes que l'on voie la mer. Aujourd'hui, les habitant-e-s des villes disent: rasons les voitures, que l'on voie la ville.

    Parce que l'on n'en peut plus, des autoroutes urbaines, du volume pris par ces boîtes de métal aux agressives accélérations, de leurs pets méphitiques, trajectoires écrasantes, de leurs excès continus des vitesses, des atteintes à la santé et à la vie des plus fragiles qu'elles occasionnent, sur les routes et leurs bordures.

    Chaque année apporte son lot d'aînés, de piétons, de cyclistes abimés ou tués. Mais si tous ne meurent pas, les autres sont terrorisés, ayant intériorisé la menace au coeur de leur quotidien, comme si cela était normal.

    La phrase la plus prononcé par un parent à son enfant est : Attention à la route, reviens, tiens-moi la main.  Impossible de laisser 5 mètres de distance à ses gamins ou jouer dans la rue; d'éviter que les aînés soient contraints à des détours épuisants pour emprunter un maigre passage piéton où ils ne seront même pas sûr d'être en sécurité. Et si un sémaphore en règle le passage, ils seront contraints de presser le pas pour, chronomètre en main, avoir juste le temps d'arriver sur l'autre rive, avant que le flot rugissant ne balaie tout sur son passage.

    Marre du Moloch.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève 0 commentaire
  • Halloween machin chose

    Imprimer

    halloween-2870607_1920.jpgPréparation de breuvage à la citrouille, défilés de déguisements abominables, animations artificielles au coin d'un faux feu, déguisement de son animal de compagnie, Halloween revient comme chaque année nous hanter avec son kitsch commercial illimité. Chaque année, rebelote, cet avatar grotesque de fête prend davantage d'importance : toiles d'araignées factices, vieilles ouates et citrouille fluo font "décoration" dans quantité de commerce, du garage au coiffeur en passant par l'esthéticienne et le bar du coin. 

    Aucune pitié ni pour la créativité ni pour la simplicité, tout cela est tartiné d'un anglais approximatif, enseveli sous des montagnes de bonbons, de chocolat, de dégueulasseries en plastique. Pour faire passer la pilule, s'la jouer plus cool et amerloque, du beurre de cacahuètes et de la confiture de fraise sont de rigueur. Pauvre de nous. 

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps 0 commentaire
  • Une simple épidémie de charité

    Imprimer

    49212AFD-AB0D-4668-A695-521C10C16A21.jpeg

     

     

     

     

     


    Si seulement

    il y avait 

    épidémie de charité 

    une simple

    contagion de bonté

    S'il y avait

    une

    féroce attaque de générosité, jusqu'aux gènes 

    À l'adn même : un virus dans la moelle  

    si l'entraide avait

    un R+1 croissant follement

    et moins et toujours moins d'anticorps

    plus du tout traces de barrières 

    fondements meubles comme du savon

    avec une exponentialité astronomique l'empathie 

    à faire frissonner bourses, peurs, griffes, insécurités 

    un vaccin à la haine : quelques bonnes suggestions de lecture

    fin de l'opposition entre les pillules et Platon 

    pharmacopée : Char, Weil et quelques comptines

    pour tout kit de survie l'enfance 

    Et si 

    on s'en sortait toutes et tous

    sans laisser personne à la traîne  

    ensemble?

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • Réveille-toi Saint-père

    Imprimer

    Saint-père vous avez lu les nouvelles ?

    - Non, que s’est-il passé encore, on ne me dit jamais rien.

    Un rapport dénonce le fait qu’en France il y a eu 216'000 personnes victimes de pédocriminalité depuis 1950.

    - Que dites-vous ? Je ne vous entends pas bien.

    Une commission estime à 216'000 le nombre d’enfants et d’adolescents victimes de clercs et de religieux depuis 1950 en France.

    - 216'000, ça alors! 

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Humeur 0 commentaire
  • Loin du foot business

    Imprimer

    78D0140B-C3EA-4E46-AA1B-3E4CE6FBB62F.jpegSamedi dernier, lors du match de football entre le Servette et Lausanne sport à la Praille un gamin a fait irruption sur le terrain, traversant toute la pelouse en courant pour ... aller faire un selfie avec l'attaquant Kyei. Le match a été suspendu pendant quelques secondes dans une ambiance surréaliste. Le joueur s'est prêté de bon coeur et avec beaucoup d'humour à l'exercice, collant son visage à côté de l'enfant-intrus permettant à ce dernier d'avoir un inoubliable souvenir.

    Bravo au joueur, Kyei d'avoir joué le jeu et être sorti du sérieux de son métier (marquer des buts) pour marquer les esprits par un geste sympa et compréhensif.

    Lire la suite

    Lien permanent 0 commentaire
  • L'UDC sous la ceinture

    Imprimer

    IMG_0509.jpgL’ancien conseiller national UDC Christoph Mörgeli a signé dans la Weltwoche, officine de ce parti, un article de 4 pages traînant dans la boue le conseiller fédéral Alain Berset. Réchauffant une vieille histoire de liaison extra-conjugale, son objectif était clair : salir le Conseiller fédéral en tapant sous la ceinture. La presse romande a suivi docilement l’UDC dans le caniveau, voyant un intérêt public là où il n’y avait que manœuvre politique. Le thème a fait la manchette de la Tribune de Genève. Pour quel intérêt ? On s’en moque bien de savoir avec qui couche Berset. Chacun-e à le droit de gérer sa vie privée comme il l’entend. Cet épisode illustre par contre bien à quel niveau l’UDC place le débat public. La gestion de la pandémie est un casse-tête, les taux d’infection inquiétants, les décisions politiques difficilement acceptées par la population. L’UDC propose … d’aller fouiller dans la culotte de notre ministre de la santé. A ces méthodes d’apprentis paparazzis vivant du scandale qu’ils créent, une seule réponse possible : le mépris et le refus de laisser ramener la vie politique suisse à un épisode de la série Sex/life.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Humeur 0 commentaire
  • mariage pour tous : pourquoi tant de haine ?

    Imprimer

    mariage pour tous,égalité,haine,droitsUn quatrième drapeaux a été arraché par un indélicat. Pas de traces, pas un mot, à chaque fois un arrachage sauvage. Lors du vol du drapeau 2, j'ai juste pu voir un bougre emporter le drapeau en lui criant 'voleur voleur'. Peine perdue. Mais pourquoi tant de haine ? Pourquoi vouloir à ce point invisibiliser l'opinion d'autrui? Petit voleur de drapeau, qu'est-ce qui te fait tellement mal à la vue de ces couleurs arc-en-ciel  ?

    Des affiches sont également arrachées dans la rue, des personnes salies dans leur identité. La campagne des opposants dénigre et veut semer le doute, avec des amalgames absurdes entre mariage-GPA-PMA, de sinistres outrances langagières. Drôle de manière de faire vivre et respecter le débat démocratique. À cours d'arguments, les opposants puisent dans leur virulence une énergie noire pour réduire au silence l'opinion et le droit d'autrui à aimer qui il/elle veut.

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 0 commentaire
  • Toute honte bue ?

    Imprimer

    afghanisan,talibansLe Conseil fédéral a choisi de laisser des humains s'entasser dans une impasse menant à un aéroport en détournant le regard. Talibans dans le dos, État islamique sur les flancs, compte à rebours lancé. La trappe se refermera le 31 août. Quelques uns seront sauvés par d'autres. La loterie au milieu du cauchemar. On assiste au tri à distance, comme des voyeurs. 

    Dans un journal genevois, un journaliste indépendant s'indigne que l'on puisse parler de honte pour qualifier la décision du Conseil fédéral de laisser les candidat-e-s afghan-e-s au départ sur le tarmac. Quelques jours après sa tribune, des explosions à l'aéroport de Kaboul tuent plus de 170 civils et 13 militaires américains. Des humains réduit en charpies volent dans tous les sens. Mais ce ne serait pas notre histoire, pas de notre ressort, circulez il n'y a rien à voir, il dit. 

    Le journaliste indépendant a déroulé son laïus nationaliste rejoint par un élu UDC dans le journal Le Temps sur le refus de se laisser culpabiliser, caressant dans le sens du poil celles et ceux qui pensent que la violence et le meurtre ne nous concernent plus dès que l'on dépasse un seuil de kilomètres. 

    Éloge de l'égoïsme : les "bons suisses travailleurs" n'ont pas à se sentir redevable de celles et ceux qui s'entassent pour accrocher un improbable avion afin de fuir le bain de sang. Le journaliste indépendant et l'élu UDC attaquent au passage la gauche (toujours moraliste et responsable de tout), qui ne ferait que louer les bienfaits de la migration.

    Ils opposent les gens d'ici à ceux d'ailleurs, les nôtres aux autres, dans un réflexe de repli et de rejet, comme si les hasards de la naissance et les aléas de la vie ne nous rendaient pas toutes et tous solidaires, comme si la situation au loin ne nous concernait pas concrètement au plus proche. Il est évident que l'on doit en même temps lutter contre les inégalités ici et continuer d'offrir l'asile à des personnes menacées de mort. Davantage encore, c'est peut-être à la manière dont on traite l'étranger et accueille le persécuté que l'on reconnaît comment une société considère ses pauvres...

    Mettre sur un même pied d'égalité nos conditions de vie en Suisse, la "maigreur de nos retraites", nos souffrances du quotidien, afin de délégitimer la violence radicale d'être au milieu d'une guerre sous un régime totalitaire, est immonde. La rappel d'une facture impayée ne ressemble guère au passage d'un taliban à domicile. Faire la comparaison est aussi nauséabond que de dresser le parallèle entre le port de l'étoile jaune et l'invitation vaccinale, l'établissement de mesures de prévention sanitaire et la vie sous une dictature. 

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Humeur 0 commentaire
  • Honte au Conseil fédéral !

    Imprimer

    aeroport-kaboul-afghanistan.jpgIl n'est pas possible d'accueillir des contingents de réfugiés afghans actuellement, a annoncé le Conseil fédéral mercredi, lors de sa première conférence de presse depuis la prise de Kaboul par les talibans [1]. Arthur Grosjean s’en félicite dans l’édito de La Tribune de Genève du lendemain [2]. Il loue le Conseil fédéral de ne pas céder à l’émotion et à la précipitation. Accueillir les afghan-e-s risquant leur peau actuellement serait… trop risqué ! Le journaliste appuie son argumentation sur  le fait que la criminalité aurait augmenté en Allemagne lors de l’accueil des immigrés syriens en 2015. C’est une erreur de jugement. Il oublie de dire que les migrant-e-s qui bénéficient de titres de séjour posent peu de problèmes, car ils ne veulent en aucun cas compromettre leur situation. L’augmentation en Allemagne de la criminalité n’était pas le fait des réfugiés syriens. Des études ont démontré les biais de certains chiffres, notamment le fait que les étrangers sont plus facilement dénoncés, et d'une surreprésentation des hommes jeunes [3] Si vraiment "la sécurité" était le motif du Conseil fédéral, accueillir 10'000 afghan-e-s est un milliard de fois moins dangereux que de confiner de "bons suisses" avec leur femme durant la période Covid.

     

    Lire la suite

  • Afghanistan : poussons le Conseil fédéral à agir !

    Imprimer

    236477351_10159315429841826_6543534191724227901_n.jpgL'image de l'Occident s'est écroulée à Kaboul peut-on lire ici et là. Tant pis pour l'image des pays occidentaux. Ce qui doit surtout nous préoccuper actuellement, c'est de sauver les personnes menacées de mort en Afghanistan.

    Le pays est aux mains du sombre pouvoir des talibans. La faillite militaire américaine devrait appeler à un sursaut humanitaire. La victoire des talibans rend la situation invivable pour de nombreuses personnes qui sont de facto des cibles, des proies, pour les forces talibanes. Les messages "rassurants" de ces derniers ne doivent tromper personne. Il y a urgence à agir.  

    De nombreuses voix se font entendre pour que la Suisse accueille des réfugié-e-s afghan-e-s. Le Parti socialiste demande que la Suisse protège immédiatement toutes les personnes originaires d’Afghanistan et que notre pays soutienne un quota international de réfugié-e-s. Pour Carlo Sommaruga, conseiller aux États genevois, «la Suisse devrait accueillir 10’000 personnes vulnérables, en particulier des femmes et filles, en provenance d’Afghanistan». Il demande au Conseil fédéral : 

    • De mettre en œuvre à titre humanitaire l’accueil urgent de ressortissantes et ressortissants d’Afghanistan, en priorité des femmes et des filles et les personnes qui se sont engagés ouvertement pour les valeurs de démocratie, des droits de l’homme et l’égalité des genres, dès lors que ces femmes, ces filles et ces personnes subiront inéluctablement la répression ou la sanction pour leur engagement ou simplement leur mode de vie occidental ;
    • De prendre sans aucun délai les mesures nécessaires, s’il le faut en collaboration administrative avec les autres pays européens, pour octroyer les visas humanitaires et faciliter l’arrivée rapide de ces personnes en Suisse ;
    • De favoriser en premier lieu l’arrivée en Suisse des personnes visées au point 1 membres de familles de personnes résidant en Suisse, lorsque les familles en Suisse en font la demande ;
    • De coopérer, sans sursoir à la mise en œuvre du point 1, avec les Etats européens pour élaborer un plan d’action humanitaire en faveur des personnes dont la vie et l’intégrité physique sera menacée par les Talibans.

    Alors que le Canada s’apprête lui à accueillir 20 000 réfugiés afghans dans le cadre d’un nouveau programme d’immigration, visant les personnes particulièrement vulnérables en raison de la crise humanitaire émergente dans la région, il nous faut donner de la voix pour pousser notre Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) à agir, vite. 

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Humeur 0 commentaire
  • Va-nu-pieds, va !

    Imprimer

    14A8A1A8-E624-445C-8256-0205AC85290D.jpegJe pensais qu'un musée était autre chose qu'une boîte de nuit, autre chose qu'un aéroport, autre chose qu'une banque. 

    Je pensais qu'un musée était autre chose qu'un commissariat de police. Non. Ils partagent  le même goût de la sécurité et l'amour des normes. Surtout, une défiance envers les va-nu-pieds. 

    J'étais au MCBA, acronyme pompeux pour le Musée Cantonal des Beaux-Arts, dans le nouveau "quartier" des Arts lausannois "Plateforme 10", qui jouxte la gare de Lausanne. Par un concours de circonstances en partie indépendant de ma volonté, qu'il serait trop long à exposer ici, j'étais devant cette noble et clinquante nouvelle institution culturelle sans groles.

    Pieds nus, curieux d'aller voir notamment le très beau travail de Sandrine Pelletier, que j'admire et une exposition de Christian Boltanski.

    Je ne pensais pas qu'un musée était pareil à une plage. Je ne pensais pas me rendre à la piscine, ni mettre mes orteils en éventail. Je ne suis pas fou. Je croyais sincèrement qu'un lieu culturel était capable d'accueillir de temps à autre un va-nu-pieds et en sourire. Ce pari était risqué. Je l'ai perdu. 

     

     

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Humeur 0 commentaire
  • Paul Biya semeur de troubles

    Imprimer

    biya,cameroun,genèveNous vivons dans une démocratie, dans un canton et une ville au rayonnement international. Si nous sommes très fiers de rappeler les principes humanitaires de Genève et la neutralité de la Suisse, nous devons également en honorer les valeurs et nous montrer à la fois responsables et cohérents dans les choix que nous opérons.

    En 2020, nous déposions une pétition[1], soutenue par plus de 15 000 personnes: des démocrates à Genève, en Suisse et ailleurs, des camerounais-es qui pouvaient légitimement craindre pour leur famille au pays. Cette pétition demandait quelque chose d'important pour le respect des droits humains, à savoir que M. Paul Biya soit déclaré persona non grata à Genève, afin de préserver l'ordre public et que Genève cesse d'être une confortable base arrière pour des dictateurs. Le signal politique était important. Malheureusement, la droite majoritaire au Grand Conseil l'a balayé invitant le potentat à poursuivre sa dolce Vita à Genève.[2]

    Suite à l'agression de M. Adrien Krause, journaliste de la RTS, molesté par les gardes du corps de M. Paul Biya, en marge d'une manifestation durant laquelle la police n'y était pas allée de main morte dans la répression des manifestants en juin 2019, l'image de Genève avait été écornée. Une indignation très large, à la portée internationale, s'était élevée.

    Des articles étaient parus dans des journaux américains et en Afrique, montrant non seulement l'indélicatesse dont faisait preuve Genève vis-à-vis de la liberté de manifester, mais aussi comment, dans sa pesée d'intérêt, elle exerçait le "deux poids, deux mesures" -  - à savoir une protection accrue de Paul Biya dans l'hôtel Intercontinental où il séjourne régulièrement versus une répression des manifestants venus démocratiquement questionner sa présence.

    Aujourd'hui, alors que Paul Biya revient à Genève dépenser un argent qui n'est pas le sien et y semer le trouble, une manifestation annoncée par les opposant-e-s à son régime est interdite[3] par la police et Monsieur Poggia. Il est à craindre que cette décision n'envenime la situation. Malgré cette interdiction des manifestant-e-s iront de l'avant. 

     

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Humeur 0 commentaire
  • Qui bloque la Ville ?

    Imprimer

    IMG_7269.jpgLe mouvement extinction rébellion a demandé que le Conseil fédéral déclare l'urgence climatique, sinon ils passeront à l'action. Les activistes du climat ont annoncé qu'il bloqueront la ville de Zurich pacifiquement si les autorités n'écoutent pas la communauté scientifique. Cela en a fait frémir certain-e-s... mon Dieu bloquer une ville! Des images d'embargo, de siège, de barricades ont surgi.

    Des élu-e-s se sont distancé-e-s en rappelant qu'évidemment si la cause était juste il fallait utiliser le dialogue et la concertation pour avancer. D'autres ont sévèrement condamnés, appelant presque à mobiliser les chars de l'armée pour écraser les mutins. Après avoir entendu tout cela on est descendu dans la rue. Qu'avons-nous vu?  

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Humeur 0 commentaire