sylvain thévoz

Topo Thévoz

  • Face au deal de rue : changer de méthode !

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    deal,drogue,criminalité,politique,santé publique
    Dans La Tribune de Genève, la police réagit à des problématiques récurrentes concernant la drogue aux Pâquis en incriminant.... la piétonisation ! [1] Quelle sinistre blague. On est en droit de se demander alors pourquoi ça continue de dealer autour du quartier des banques, à la plaine de Plainpalais, à la gare à la Jonction, etc malgré des avenues bien droites et les passages des voitures de police.

    L'échec patent des politiques anti-drogues, et de la politique visant à faire la chasse aux dealers est flagrante et dure depuis des années. Rien de nouveau. Plutôt que de faire toujours la même chose, il serait temps de changer de paradigme et de stratégie comme le recommande les expert(e)s. Pas un mot de Monsieur Poggia en charge de la police, silence du côté de Madame Barbey-Chappuis en charge de la police municipale. L'échec de la politique de la lutte contre la drogue est un tel échec que la droite incrimine maintenant la piétonisation.

    Pourtant, à la fin de l'année 2021, une pétition des habitant(e)s des Pâquis alertait les député(e)s du Grand Conseil sur la question du deal aux Pâquis[2]. Ces habitant(e)s faisaient un constat sévère : celui d’une usure liée aux tensions entre habitant(e) et vendeurs de drogues. Pour les habitant(es), il y avait un véritable problème dans la réponse des pouvoirs publics face aux problématiques qu’ils et elles subissaient au quotidien. Visiblement, le tout caméra des Pâquis, solution coûteuse, ne remplissait pas sa mission. Fatigué(es) les habitant(es) demandaient intelligemment un train de mesures, échelonnant ces dernières du court terme au long terme, afin de développer une réponse pérenne et pragmatique face aux enjeux liés à la vente et aux consommations de produits psychotropes dans le quartier.

    Mettre tout le monde autour de la même table

    Les habitant(es) développaient des propositions allant des plus répressives et axées sur le rôle de la police aux plus préventives et travaillant le lien social. Cette intelligence des habitant(es) de proposer des mesures mixtes sans tomber dans un angélisme qui écarterait d’emblée la réponse policière, ni dans un tout répressif qui occulterait l’impuissance et l’échec patent depuis des décennies de ce genre de dispositifs nous semblait pertinent et bien articulé. La présence policière à pied a un effet réel, et la médiation sociale est également nécessaire pour faire le point de la situation, analyser les problèmes et discuter avec la population. C’est bien de nouvelles collaborations et d’une redéfinition du travail en réseau de certains professionnels qu’il était question ici.  

    Une méthode qui a fait ses preuves ailleurs

    Les pétitionnaires, s’inspirant de l’exemple existant à Lausanne, de correspondant(e)s de nuit et le renforcement du rôle des travailleurs(euses) sociaux(ciales) hors murs sur le terrain proposaient de soutenir les associations du quartier afin de favoriser la réappropriation de l’espace par les habitant(e)s. Bien conscient(es) que le problème du deal de rue ne peut être éradiqué mais seulement déplacé ou aménagé selon certaines heures, les habitant(es) proposaient de poser les bases d’un déplacement de la scène de la vente de drogue vers des zones non habitées en s’inspirant d’exemples pratiqués dans d’autres villes suisses. Le côté stimulant de cette pétition était de nous inviter à sortir des logiques de silos pour proposer de nouvelles réponses face à l’enlisement actuel et l’échec des politiques actuelles de "guerre à la drogue".

    Pour des approches pluridisciplinaires efficaces

    Les habitant(es) invitaient à une réflexion sur l’urbanisme, sur la cohabitation de divers publics, et à long terme proposaient d’aménager des zones piétonnes et de réaliser le projet « Croix-Verte », que le Grand Conseil avait d’ailleurs soutenu. Le travail des habitant(es) nous invitait à développer une vision pour une véritable politique de la Ville, de manière coordonnée et congruente entre les services du Canton et de la Ville de Genève, ce qui manque toujours cruellement aujourd’hui.

    Urgence d’agir !

    Pour les habitant(es), la situation s’est péjorée depuis quelques années. Lorsque le deal a commencé, la cohabitation était presque quotidienne, et il n’y avait pas d’agression ni d’intrusion dans les allées des immeubles.  Monsieur Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement Romand d’Etudes des Addictions (GREA) a souligné la justesse de l’analyse des habitant(es). Pour cet expert, le fait que le marché de la drogue soit de nature économique, avec un calcul de risques et d’opportunité, que le marché de rue n’est pas le marché de la drogue majoritaire et qu’il ne représente qu’une minorité mais que l’essentiel du marché de la drogue se passe de gré à gré au travers de canaux sociaux, est un élément important La réalité de la drogue, dont le marché se déroule dans la rue, est le fait des personnes les plus problématiques. Pour cet expert, Genève est une ville centre et un centre économique.

    Aucune grande ville n’a pu se débarrasser du marché de la drogue. Il faut donc vivre avec et aménager la vie en supprimant les nuisances pour les habitant(e)s, en encadrant ce marché afin que les habitant(es) aient la paix et ne se sentent pas menacés. Refuser d’emprunter une nouvelle voie, c’est se condamner à refaire toujours la même chose pour obtenir un même résultat.

    Vers la vente régulée du cannabis à Genève

    Pour rappel, la Suisse a opté pour une politique des quatre piliers avec une approche concertée portant sur la répression, les enjeux sanitaires, la prévention et les mesures de réduction de risques. Cette politique a porté ses fruits avec une diminution du nombre de morts des consommateurs et une criminalité en baisse. Les prescriptions d’héroïne permettent de réduire de 98% les infractions à la propriété, comme cela a été le cas à Zurich. Pour l’expert Jean-Félix Savary, il n’est pas possible de se débarrasser du marché de la drogue mais il est possible de réguler les conditions-cadres de ce marché, les lieux et les horaires. Un certain nombre de villes ont adopté des politiques de cette nature. Cette culture du compromis fonctionne au bénéfice de tous. La Ville de Zurich a même proposé un règlement du deal, alors que Berne a aménagé un parc discret pour les trafics. Cette logique de compromis doit être menée de manière concertée. Il faut à notre sens aller plus loin maintenant, avec, par exemple, une libéralisation du marché du cannabis.

    Le cannabis est de loin la substance illégale la plus consommée en Suisse. Une augmentation de son utilisation a été constatée durant les années 90, mais les chiffres sont stables depuis une quinzaine d’années. Consommer du cannabis avec une teneur en THC (tétrahydrocannabinol) de plus de 1% est illégal2 en Suisse. Les personnes prises en flagrant délit peuvent être punies d’une amende jusqu’à 100 francs. Il est toutefois autorisé de posséder du cannabis jusqu’à 10 grammes pour sa propre consommation. D’après les analyses faites lors des saisies de drogue, le taux moyen de THC de la marijuana a varié entre 9% et 12% ces cinq dernières années, le taux du haschisch entre 17% et 21%. Un projet de vente régulée de cannabis à l’échelle cantonale verra le jour en 2022. Là encore, une meilleure collaboration entre tous les services devra être de mise afin de relever les défis liés à ce projet pilote.

     

    L’exemple probant Zurichois : la réponse policière seule est insuffisante 

    Entendre Monsieur Michael Herzig, enseignant à la Haute école des sciences appliquées de Zürich et ancien « Monsieur drogue Zurichois » montre les solutions qu'a trouvées  Zürich pour pacifier la Langstrasse qui faisait face aux mêmes difficultés que les Pâquis. Pour l’expert une réponse policière seule est insuffisante. Les actions menées contre le deal n’ont pas d’effet sur la qualité de vie des habitant(e)s, puisque la police doit observer les deals pour prouver les crimes. La police doit donc attendre que le crime se déroule pour intervenir, ce qui n’est pour le moins pas une bonne nouvelle pour les habitant(e)s. Pour l’expert, les patrouilles de police en uniforme sont efficaces. Ces patrouilles doivent être coordonnées avec les associations. La communication entre les travailleurs sociaux et la police est aussi fondamentale. Il est important de renforcer les formations communes. A Zürich, des patrouilles conjointes ont même été organisées, sur un modèle hollandais. La mise en place d’une formation commune aux institutions dans ce domaine est importante. Pourquoi ne pas essayer, à Genève, pour pacifier les quartiers ?

    Les habitant(es) sont les expert(es) de leur quartier. Les habitant(es) des Pâquis ont fait un exercice que les collectivités publiques semblent bien loin de mener : développer une vision de la ville concertée et articulée afin d’obtenir des résultats concrets.

    A l'hiver 2021, les autorités ont laissé entendre que tout allait très bien et que la police gérait la situation. Les député(s) de droite ont sèchement refusé la pétition des habitant-e-s des Pâquis. La conséquence est aujourd'hui sous nos yeux. Un manque de stratégie et de méthode pour faire ce que Zürich et Berne ont réussi : pacifier des quartier en adoptant une stratégie innovante face au deal de rue. Il n'est pas trop tard pour agir et changer de méthode.

     

    [1] https://www.tdg.ch/pourquoi-le-deal-sest-enracine-devant-une-ecole-primaire-178337155289

    [2]https://ge.ch/grandconseil/data/texte/P02116A.pdf

  • Préparez le chemin du Seigneur... supprimez le culte des routes

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    C’est une fierté nationale. Elles sont lisses, innombrables, proprettes. Sur les routes de notre pays, on peut y manger. Avec le retour du soleil, le culte qui leur est voué reprend avec frénésie. Des armées d’ouvriers creusent et rebouchent, décapent et recouvrent, aménagent et bichonnent avec une folle débauche de moyens et un gaspillage de ressources financières.

    Le coûteux raffinement de l’art de la route est sans limite. Subtils décrochages, ciselures des bords de routes, raffinement de l’évacuation des eaux, sans oublier les innombrables panneaux à la savante sémiotique. A l’heure de l’urgence climatique, l’énergie dépensée pour bitumer l’environnement est saisissante.

    Nos routes sont pareilles à des toiles de Soulages. On s’y retrouve comme au cœur d’un musée d’art contemporain. C’est minéral, absurde et spectaculaire. Les herbes sont coupées ras au mépris de la biodiversité. Les faucheurs, par zèle ou pour tuer l’ennui, taillent dans les talus. Aucune plante, aucune vie ne doit approcher du goudron. Si un hérisson s’y hasarde : qu’on l’écrase ! Des hectolitres de peintures, style grand prix de formule1 ou ponton de porte-avion, sont coulés avec une précision millimétrique et maléfique sur les sols.

    Si le financement ahurissant des routes est choquant, le mépris de la nature l’est encore plus. Littéralement, on lui roule dessus. Une petite route de campagne avec des nids de poule ? – Cela n’existe plus. Un chemin de traverse en gravillons ? On le bétonne ! Même dans le plus petit des villages, alors qu’un cheminement sobre suffirait, on bitume. La terre, c’est sale, l’herbe ça glisse. Des véhicules toujours plus gros et lourds veulent des routes toujours plus grandes et gourmandes en coûts d’entretiens. Résultat : les budgets pour les routes dépassent les bornes. La Confédération a annoncé en début d’année débourser plus de huit milliards de francs pour l’entretien des routes entre 2024 et 2027 ! S’y ajoute quatre milliards pour l’extension du réseau, ce qui fait 12 milliards sur 3 ans donc, sans même comptabiliser les sommes faramineuses que les communes et les cantons gaspillent également dans celles-ci.

    Dans notre pays, on soigne mieux les routes que les gens ; on prend davantage soin d’elles que du climat.

    Préparons le chemin du Seigneur, supprimons l’inutile et coûteux culte des routes.

     

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    Ce texte est paru dans le dernier numéro d' Echo Magazine https://echomagazine.ch

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  • Servette: et le fair-play, du flan ?

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    brg013-4.jpegCe samedi le club de notre Canton, le Servette football club, se déplaçait à Sion pour un derby du Rhône. En cas de défaite, Sion risquait une place de barragiste pour une descente en ligue inférieur.

    Servette n'avait plus grand chose à craindre ni à espérer. L'entraîneur des grenats envoya en vacances précoces 4 titulaires indiscutables (Vincent Sasso (non-convoqué), Gael Clichy (non-convoqué), Kastriot Imeri (non-convoqué), Miroslav Stevanovic (non-convoqué) et lança dans le bain son gardien remplaçant (qui s'illustra de la pire des manières). 

    La Presse ne s'y trompa pas[1], rappelant que pour les Genevois, le déplacement en terre valaisanne s’apparentait, vu de l’extérieur, à une course d’école et que ce Servette B était un cadeau de l'entraîneur grenat Geiger au FC Sion. 

    Le dernier match de l'année, une occasion de finir en beauté ? Visiblement non, pour ce Servette. Du côté de Lucerne, autre barragiste suspendu au résultat de ce match, on appréciera le triste "professionnalisme" genevois, refusant de jouer pour gagner en ne mettant pas sa meilleure équipe sur le terrain. Drôle d'interprétation de l'éthique sportive et du respect de la compétition. Etrange oubli pour l'un des principaux ambassadeurs sportifs de notre Canton. [2] 

    Bon, pas de quoi en faire tout un fromage, c'est vrai.  Après tout c'est Lucerne qui paie les pots cassés. Mais imaginez la situation inverse où notre club de coeur serait suspendu au résultat d'un autre match dont l'une des équipes biaiserait le résultat en refusant d'aligner sa meilleure formation, joujouant pour ne pas gagner. Comment apprécieriez vous cela ? "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse". Visiblement, Servette ne connaît pas la règle d'or. 

    Mépris du fair-play sportif, manque de professionnalisme, et du respect de l'adversaire. Quelles sont les raisons de ce choix ? On ne sait pas. Celui du sport business sûrement, particulièrement vaseux. 

    Les joueurs ne jouent pas jusqu'au bout la saison ? Allez, j'en saute une comme supporter.  Payer un abonnement au Servette la saison prochaine, à quoi bon? Un club qui montre cette mentalité antisportive ne doit pas être particulièrement soutenu dans sa démarche. 

    Et que l'on ne vienne plus nous rabâcher les oreilles avec l'exemplarité du Servette pour nos jeunes, ni son sentiment d'être "sans domicile fixe dans sa ville"[3]. Une équipe qui solde ses matchs questionne lui-même sa propre nécessité à s'entraîner... un club qui accepte que son équipe première refuse de jouer, se reposant sur la Fondation qui aligne des millions sans compter, pose la question de son exemplarité.

    Devenir des roublards calculateurs n'est pas un modèle de formation pour nos jeunes.   

     

    [1]https://www.lematin.ch/story/servette-a-t-il-choisi-de-solder-son-derby-contre-sion-807856564851

    [2]https://www.lacote.ch/sport/football-super-league--sion-sauve-par-le-gardien-remplacant-du-servette-fc-1185266

    [3]https://www.tdg.ch/servette-sdf-dans-sa-ville-153508838643

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  • Il y a-t-il un-e pilote dans la loco ?

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    f5b28804-fb32-4cc0-9e17-4d45f72a19b8.jpegL'Intercity de 9h42 peine à partir de la gare Cornavin. Plusieurs minutes après le départ annoncé, le chef de train fait entendre d’une voix résignée : "par manque de personnel roulant, ce train est immobilisé à quai." Un peu plus tard, il annoncera un retard dépassant vingt minutes. Les passager-e-s sont priés de rejoindre un régional stationné sur le quai d'en face. Le train se vide. Personne pour parier que les vingt minutes annoncée ne se transformeront pas en heures ou en annulation pure et simple. Va pour le tortillard. 

    Le petit régio subira évidemment lui aussi son ajournement : « pour assurer une correspondance ». L’état des toilettes est déplorable, l'évier bouché. On a l'impression de rentrer dans les WC d’un festival en bout de soirée. Cahin-caha, la majorité debout et résignée, les passagers arriveront à destination. C'est ainsi que les CFF justifieront certainement leur transbahutement des masses populaires : « on finit toujours par vous amener à bon port ». Oui, même quand ça finit en car postal au milieu de la nuit ou en Über surtaxé. Certitude : si le service n’a cessé de se détériorer, les tarifs ont pris l'ascenseur. Le client paie toujours plus cher un service toujours plus fragile. Voilà 10 ans, un abonnement demi-tarif annuel était à 120.- Le voilà à 165.- …sans pilote dans la loco.  

    La ponctualité, comme les correspondances, ne sont plus garanties. Les conditions de travail des employé-e-s se détériorent. Des client-e-s renoncent à prendre le train quand ils ont un avion ou un rendez-vous important à assurer. On est passé de l'orgueil national du train précis à la seconde à la joie maussade de pouvoir simplement être déplacé du point A au point B, quitte à passer par Z.

    N'importe quelle famille normalement constituée sera tentée de se rabattre sur l'achat d'une bagnole après avoir été soumise à l'exercice de grimper dans les vieux trains CFF, d'être pris dans les retards ou interruptions de lignes. Les CFF se moquent des cyclistes, considérés comme des gêneurs. Pas mieux pour les personnes à mobilité réduite. Au final, tant qu'à être coincé, autant que ce soit dans des bouchons avec ses gamins bien attachés, une petite musique douce et l'air conditionné penseront certains.

    On voudrait nous décourager d’utiliser les transports publics qu’on ne s'y prendrait pas autrement. C'est mal nous connaître. On lutte. Dommage que les autorités genevoises, du Conseil d'État aux élus nationaux soient peu enclins à fournir des efforts pour obtenir des résultats à Berne.

    Probablement trop absorbés par le parcage des scooters sur les trottoirs ou la largeur des traits de peinture de pistes cyclables, ils en oublient l’essentiel : connecter correctement Genève au reste de la Suisse, défendre à Berne la qualité du transport et les conditions de travail des employé-e-s.

    Il est pourtant urgent de remettre un-e pilote dans la loco.

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  • Menace sur Genève : des fascistes pro-Poutine annoncent défiler samedi à Genève

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    Ce samedi 7 mai, le régiment immortel de Russie, annonce sur les réseaux sociaux parader à Genève avec un rendez-vous fixé à 10h au quai du Mont-Blanc devant l'hôtel d'Angleterre et défiler jusqu'à la place de Nations.

    Prétendant se cacher derrière un but honorable, soit commémorer les proches et les familles des soldats russes ayant combattu pendant la seconde guerre mondiale, la véritable visée de cette manoeuvre ne trompe personne.[1]

    Proche du pouvoir russe, avec un porte parole diffusant en Suisse de la propagande pour la guerre en Russie, l'objectif de cette organisation est de faire l'éloge du criminel au Kremlin et servir la propagande russe.[2] Cette organisation célèbre également le criminel de guerre tchétchène Ramzan Kadyrov, qui soutient inconditionnellement Vladimir Poutine et a envoyé ses troupes en Ukraine massacrer des civils. 

    Le groupe de motards "les Loups de la nuit" annonce sa participation ce samedi. Comme le rappelle journal Le Matin[3] , on ne sait pas combien de motards suisses sont affiliés aujourd’hui à ce club. on sait toutefois qu’il s’est implanté avant 2015 à Regensdorf dans le canton de Zurich. L’année précédente, les motards russes du club s’étaient fait connaître dans l'annexion de la Crimée où certains avaient combattu.  «Nous considérons que nous faisons partie de l’armée de la Russie», déclarait alors le chef des Loups de la nuit, Alexander Zaldostanov, ajoutant: «Là où nous sommes, c’est la Russie».

    Si, sur le papier, cette manifestation prétend être commémorative, il s'agit évidemment d’une grave et vicieuse provocation. Le moment choisi pour cette parade ne laisse planer aucun doute sur le lien avec l'agression contre l'Ukraine, une volonté de la légitimer de manière perverse.

    Cette démonstration pro-russe, pro-guerre avec, parmi les participants annoncés, un groupe des "Loups de la nuit" domicilié en Suisse et selon nos informations un ami de Poutine à leur tête est source de potentiels troubles graves.

    Alors que plus de 45'000 ukrainien-ne-s victimes de la guerre, sont déjà arrivé-e-s en Suisse et que des milliers ayant subi  des violences extrêmes sont à Genève, leurs soeurs, pères, frères et maris étant en train de lutter au péril de leur vie pour la démocratie et nos libertés, autoriser une telle manifestation serait non seulement à haut risque, mais clairement d'une violence insoutenable avec des risques de trouble à l'ordre public évidents.

    Les autorités genevoises doivent de toute urgence informer la population sur qui sont véritablement les personnes qui défileront ce samedi à Genève. D'une manière démocratique nommer le véritable but de cette manifestation et qui est derrière elle. En regard du danger évident que cette manifestation fait courir à l'ordre public, la nécessité de protéger la population, se positionner clairement, et dans le pur respect de l'article 5 de la loi sur les manifestations,[4] sur l'opportunité d'autoriser l'envahissement de l'espace public par des groupes paramilitaires faisant l'éloge de la guerre, dont les manifestations en Allemagne ou en Autriche sont sources de violences. 

    Comme l'a écrit un groupe de russes contre la guerre dans le journal le Temps :" Le devoir des citoyens d’un Etat de droit est de respecter les lois. L’obligation des organes de l’Etat est de s’assurer que les lois soient respectées. Nous avons déjà vu ce à quoi menait le manquement à cette obligation: pendant de nombreuses années, la Suisse n’a pas appliqué la loi contre le «blanchiment d’argent sale», celui volé à la population russe. L’opinion publique suisse peut et doit empêcher la répétition de cette erreur, quand un Etat de droit n’applique pas ses propres lois. Poutine est un criminel de guerre. Le soutien à Poutine équivaut à soutenir une agression criminelle, à faire la propagande de la guerre. Dans tous les pays démocratiques, il y a des lois contre la propagande de la guerre. Nous exigeons que ces normes juridiques soient respectées et appliquées." [5]

     

     
     
     
     
     
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  • Contre les régressions sociales et la guerre !

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    279198227_10159775795021826_774236322685508922_n.jpegLe slogan de ce premier mai : « contre les régressions sociales et la guerre » est au cœur de l'action de la gauche, tant au niveau municipal, cantonal que fédéral.

    Nous savons qu’en période de guerre (de crise), sans action encore plus résolue de la gauche, les plus pauvres s’appauvrissent et les plus riches s’engraissent.

    A Genève, l’accroissement général des inégalités sociales va de pair avec les résultats exceptionnels des grandes entreprises genevoises. L’indice des prix à la consommation continue d’augmenter (+2.1% en un an) sans que les salaires ne soient adaptés. A Genève, les grandes fortunes de plus de 3 millions ont triplé depuis 2011 passant de 26 milliards à plus de 70 milliards. Pendant ce temps, les citoyens tirent la langue. 

    Concernant la guerre, comme le rappelle le Comité Ukraine Genève, nous voyons avec horreur les images des populations ukrainiennes martyrisées (Boutcha). D’autres découvertes macabres nous attendent dans les jour, les semaines, les mois à venir (horreur indicible d’Azovstal), etc.

    Combien de milliers de civils et de militaires vont encore être tués, mutilés, traumatisés ? Combien de viols ? Combien d'enfants orphelins ? Nous devons évidemment tout faire pour mettre fin à cette boucherie qui a déjà jeté dans l’exil plus de 5 millions de personnes. Il est clair que notre sécurité et notre prospérité dépendent de la fin la plus rapide possible de cette guerre.

    A cette fin, il nous revient de tout mettre en œuvre pour ne plus acheter d’énergies fossiles à la Russie et pour interdire le transit, par des raisons sociales ayant leur siège en Suisse, du commerce de combustibles fossiles provenant d'entreprises majoritairement ou partiellement en mains de la Russie ou d’investisseurs habitant la Russie. Une pétition demande d'ailleurs que la Suisse cesse d'acheter du pétrole et du gaz russe. Merci de la signer.[1] 

    Il nous revient de mettre en place une autorité de surveillance du marché des matières premières ayant pour tâche d’octroyer des licences, en garantissant l’identification des bénéficiaires économiques réels des sociétés, ainsi que de contrôler que les matières négociées ne proviennent pas de pays objets de sanctions internationales ni de zones de conflit, comme le propose l’organisation Public Eye.

    Il nous revient d’accélérer les mesures destinées à promouvoir les énergies renouvelables et donc également à respecter la fin progressive de l’énergie nucléaire. Il nous faut établir des aides institutionnelles pour limiter les effets de l’inflation sur les biens de base, prendre des mesures spécifiques supplémentaires en faveur des couches pauvres de la population frappées par le renchérissement, couvrir à 100% du gain assuré le chômage partiel contraint par la renonciation aux énergies provenant de Russie ou par les effets de la guerre.

    Enfin, d’accueillir dignement mais aussi dans la plus parfaite égalité de traitement tous les réfugié-e- s au sens de la Convention de 1951 relative au statut des réfugié-e-s.  

    Le slogan de ce premier mai « contre les régressions sociales et la guerre » est fondamental. Il est cœur des engagements des prochains mois, avec des déclinaisons au niveau municipal, cantonal, et fédéral. Pendant que la droite continue de couver les intérêts des oligarques et des grandes fortunes louches réfugiées à Genève. Pendant qu'elle leur accorde des visas dorés et des permis d'établissement de permis de séjour de complaisance, prétendant ignorer les conséquences directes de ces largesses sur les civils massacrés. 

    Ce n’est pas à la population de faire les frais des profits mirobolants des grandes entreprises. Ce n’est pas aux Genevois-es de payer le prix de la guerre. Contre les régressions sociales et la guerre !

     

    [1]https://www.change.org/p/arrêtez-de-financer-la-guerre-de-poutine-arrêtez-d-acheter-du-pétrole-et-du-gaz-russes?utm_content=cl_sharecopy_33200364_fr-FR%3A5&recruiter=1263361500&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=share_petition

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  • Génocide des Arméniens : vérité historique

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    2018-jg-reverberes-memoire-01.jpegLa Fédération des associations turques de Suisse romande a envoyée aux parlementaires de la Ville de Genève et du Grand Conseil genevois un DVD à haute teneur négationniste. À l'approche du 24 avril, date commémorative du génocide des Arméniens (plus de 1.5 millions d’arméniens exécutés entre 1915 et 1916 par les autorités de l’Empire ottoman), cette propagande était accompagnée d’une lettre prétendue explicative sur ce que serait la vraie nature de ces massacres, niant leur caractère génocidaire, bafouant la mémoire des victimes. Voilà une année, un même matériel négationniste avait déjà été adressé aux élu-e-s nationaux et nationales. Nous, signataires de cette lettre, dénonçons le caractère révisionniste et négationniste de ces manoeuvres. Nous affirmons avec force notre refus du caractère nationaliste et aveugle de celles-ci. La réalité historique du génocide des Arméniens est scientifiquement établie et fait consensus parmi la communauté des historiens. Pour rappel, le Parlement européen (18 juin 1987), le Conseil de l'Europe (déclaration écrite de l'Assemblée parlementaire le 24 avril 1998), le Parlement du Mercosur (19 novembre 2007) le Président français Emmanuel Macron, notre Conseil national, ont reconnu le génocide Arménien. Le 24 avril 2021, à l'occasion de la commémoration des 106 ans du génocide, Joe Biden, président des États-Unis, l’a également reconnu officiellement. Plus de 30 pays en ont désormais fait de même. Nous déplorons que l’État Turc, contre toute évidence, nie toujours farouchement cette réalité historique, entravant une reconnaissance internationale plus large et une possible réconciliation basée sur la vérité historique. Parce qu’il ne suffit pas aux assassins d’assassiner, encore veulent-il effacer les traces de leurs crimes, nous ne serons jamais silencieux devant de tels agissements. Ce 24 avril, comme cela a été fait de par le monde, nous avons commémoré, à Genève, le génocide Arménien. Nous sommes aux côtés du peuple Arménien et de tous les peuples ayant été ou étant aujourd'hui victimes de génocide. Pour la justice, pour la paix, pour la défense des droits humains. 

    Signataires: Carlo Sommaruga (Conseiller aux États, Co-président du groupe Suisse Arménie, PS), Lisa Mazzone (Conseillère aux États, Co-présidente du groupe Suisse Arménie, Les Verts), Alex Farinelli (CN, Co-président du groupe Suisse Arménie, PLR), Marianne Streiff-Feller (CN, Co-présidente du groupe Suisse Arménie, PEV), Charles Beer (a. Conseiller d’État, PS), Glenna Baillon (GC, PS), Anna Barseghian (CM, Les Verts), Luc Barthassat (CM, Indépendant), Fabienne Beaud (CM, Le Centre), Olivia Bessat (CM, PS), Anne Carron (CM, Le Centre), Pierre Conne (GC, PLR), Alia Chaker Mangeat (CM, Le Centre), Laurence Corpataux (CM, Les Verts), Emmanuel Deonna (GC, PS), Sébastien Desfayes (GC, Le Centre), Patrick Dimier (GC, MCG), Valentin Dujoux (CM, Les Verts), Pierre Eckert (GC, Les Verts), Matthias Erhardt (CM, Les Verts), Diego Alan Esteban (GC, PS), Joëlle Fiss (GC, PLR), Timothée Fontolliet (CM, PS), Jean-Marc Guinchard (GC, Le Centre), Jocelyne Haller (GC, EAG), Alain de-Kalbermatten (CM, Le Centre), Theo Keel (CM, PS), Badia Luthi (GC, PS), Marta Julia Macchiavelli (GC, Les Verts), Danièle Magnin (GC,MCG), Paule Mangeat (CM, PS), Aude Martenot (GC, EAG), Dalya Mitri (CM, PS), Françoise Nyffeler (GC, EAG), Amanda Ojalvo (CM, PS), Xhevrie Osmani (GC, PS), Maxime Provini (CM, PLR), Patrick Saudan (GC, Indépendant), Christel Saura  (CM, PS), Salma Selle (CM, PS), Brigitte Studer (CM, EAG), Vincent Subilia (GC, PLR), Ruzanna Tarverdyan (CM, PLR),  Sylvain Thévoz (GC, PS), Louise Trottet (CM, Les Verts), Nicole Valiquer Grecuccio (GC, PS), Jean-Luc von Arx (CM, Le Centre), Luc Zimmermann (CM, Le Centre), Manuel Zwyssig (CM, PS).

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  • L’avenue de la Paix, la malfamée

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    Genève,av.de-la-Paix-15.jpegC’est une fort belle avenue. Elle borde l’Organisation des Nations Unies, longe le Comité international de la Croix-Rouge, embrasse la place des Nations et sa chaise brisée, symbole du refus des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions. A l’arrière de la place des Nations, une pierre sombre commémore les massacres de Srebrenica. Cette pierre commémorative appelée «Kamen Spavac» («pierre dormante»), a été offerte à la Ville de Genève par l'Association culturelle des Bosniaques de Genève. A côté d’elle, une stèle commémorative rappelle le génocide rwandais. L’avenue de la paix accueille également une statue de Gandhi, guide spirituel et apôtre de la non-violence.

    Cette avenue relie deux institutions vouées à la recherche de la paix dans le monde : le Palais des Nations Unies et celui du Bureau international du travail, aujourd'hui occupé par une autre institution internationale, l’Organisation Mondiale du Commerce.

    Elle est belle cette avenue de la Paix ! Elle est pleine de symboles forts, de rappels à l’histoire, de refus de l’injustice. Autour d’elle, une multitude de grandes organisations internationales ont leur siège. L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, l’Union Internationale des Télécommunication, le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés entre autre y voisinent. Ils font du multilatéralisme l’essence de leurs actions. Si l’on descend en l’avenue, on dépasse l’Organisation Mondiale de la Météorologie, avant d’arriver à l’OMC. Et puis ?  La statue de James Vibert nommée : « l’effort humain », les galets et le bleu du lac, puis l’horizon et le monde.  

     

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  • Un blocage salutaire

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    Peu avant Pâques, le Pont du Mont-Blanc a été bloqué durant deux heures par des activistes de Renovate Switzerland[1]. Cette action avait lieu dans le cadre d'une campagne de résistance civile qui demande au Conseil fédéral de mettre en place un programme de rénovation massive des bâtiments afin de permettre aux cantons de rénover d'ici à 2040 le million de maisons qui nécessite une isolation d'urgence afin de préserver le climat. 

    Un électrochoc nécessaire

    Devant l'inaction du politique et particulièrement du Conseil fédéral en termes de climat, des citoyen-ne-s ont pris leur courage à deux mains pour s’en coller une sur le bitume, dire stop, ça suffit. Bravo au passage à la police genevoise qui a géré avec professionnalisme cette action, protégeant ces activistes des comportements agressifs. Immobiliser le trafic est un acte fort. Ces intrépides risquent un casier judiciaire. Ils assument pleinement leurs actes. Les déferlements de haine à leur égard sont grotesques. Tirer sur le messager en rassure peut-être certains, mais il est infantile de ne pas entendre leur message.

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  • Un accueil qui nous grandit

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    Les personnes ukrainiennes (71% de femmes) arrivant à Genève doivent en première intention être logées, c’est le rôle de l’Hospice général.

    Il faut souligner l’incroyable solidarité de la population genevoise! Sur les 800 lits occupés par les permis S enregistrés à l’HG, 572 le sont chez des privés!
    Mille gestes de solidarité, d’entraide, ont lieu tous les jours. Quelques-uns sont médiatisés, la plupart sont invisibles et se passent loin des caméras.

    Mais attention à ce que le recours au bénévolat ne soit pas la norme, et que l’État ne se défausse sur des personnes de bonne volonté. L’ampleur de la tâche demande des personnes formées. S’engager dans la durée est une tout autre chose qu’une réaction empathique immédiate.

    Quand la personne est enregistrée, dispose d’un toit sur sa tête, la vie commence à Genève dans un lieu qui lui est totalement inconnu. Les personnes ukrainiennes trouvant à Genève une terre d’accueil ne doivent pas être regardées d’une manière misérabiliste. Si les besoins en termes d’éducation, de travail, de santé, sont grands, ce sont des personnes formées, prêtes à aider et s’engager activement. À nous de prendre soin de leurs fragilités pour qu’elles puissent partager leurs ressources.

    J’ai vu une personne s’activer du matin au soir dans la cuisine d’un lieu d’accueil. Si elle s’arrêtait, elle allait devenir folle, disait-elle. Cet activisme dissimule mal les déchirures que la guerre provoque. Qui en prendra soin?

    Merci aux Genevoises et Genevois pour leur accueil et leur générosité. Cela fait honneur à notre ville, capitale des droits humains.

    Merci à l’État et notamment à l’Hospice général de ne pas oublier d’investir dans les ressources existantes et rétribuer les personnes qui vont au-delà du bénévolat pour faire un véritable et sensible travail social d’intégration.

    C’est la condition pour que notre accueil soit à la hauteur des attentes et des défis de cette situation inédite.

     

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  • Genève, paradis des religions

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    278371396_10159750111321826_3805961748768101825_n.jpegGenève, l’ex Rome protestante est devenue la Mecque des religions. Avec plus de 270 lieux de cultes recensés et 400 communautés notre canton s’illustre par sa diversité et sa tolérance. Si l’on y ajoute les mille et une écoles de yoga qui invoquent bouddha, mère nature ou toute autre essence supérieure, ainsi que les écoles de développement personnels faisant de l'ego une quasi divinité, notre Canton est indéniablement un bouillon spirituel, bien aidé par les plus de 189 nationalités étrangère représentées sur notre territoire, y partageant leurs croyances et coutumes.  

    En pleine période de Pâques et de Ramadan, alors que le nouvel an bouddhiste theravada a débuté, la diversité et le respect avec lequel les différents groupes religieux coexistent à Genève est à souligner.

    Les nouvelles du monde nous donnent parfois une image écoeurante des religions. Découvrir la diversité genevoise, c’est à l’inverse forer une filon de joie. Des liens de solidarité et d’entraide existent dans tous les quartiers ou presque. On les découvre en poussant au hasard la porte d’une synagogue, d’une mosquée, d'une église ou d'un ashram. La Plateforme interreligieuse (PFIR) qui contribue à la réflexion et au partage des savoirs et des expériences dans le domaine interreligieux au travers de projets, événements, prises de parole et manifestations publiques à Genève et à proximité, en rend joliment compte. 

    J’ai été émerveillé, le dimanche des rameaux, en entrant dans l’église Notre-Dame proche de la gare. Les gens priaient, allumaient des bougies, d’autres se retrouvaient pour échanger, attendaient sur le parvis. Toute une petite vie, avec des communautés de soutien et de solidarités. Une femme avait la tête appuyée contre une colonne du temple. Elle priait seule. Cette femme que je vois d'habitude dans la rue, devant un centre commercial pour demander un sou, priait à genoux. Et peut-être n'était-ce là qu'une suite de sa prière quand elle demande de l'aide aux passants. J'ai eu honte pour les politiciens de droite -certains se proclamant même chrétiens- qui ont voté voilà quelques mois une nouvelle loi interdisant la mendicité et criminalisant des chrétiens.  

    Il ne reste plus beaucoup de lieux dans notre canton où des gens de tout horizon, origine et revenus se côtoient. Peut-être il y a-t-il les supermarché et les cimetières. Avec ceux-ci : les lieux de culte, où les plus précaires sont soutenus, sans tambours ni trompettes. Ces lieux de vie font indubitablement partie de la liste... et de Genève un paradis pour les religions. Joyeuses Pâques !

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  • Mortalité sur les routes genevoises : le prix de l'inaction

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    20190608084008222.jpgLes routes genevoises sont plus mortelles que jamais. En 2021 quatorze accidents fatals ont été recensés, dont la moitié sont des conducteurs de deux-roues motorisés. Les 14 accidents funestes dénombrés en 2021 concernent plus précisément 4 piétons, 2 cyclistes, 2 scootéristes, 4 motocyclistes et 2 automobilistes. Parmi ces accidents, 6 ont eu lieu presque successivement, soit entre le 31 août et le 30 septembre dernier. Les usagers de la mobilité douce et les utilisateurs de deux-roues motorisés sont fortement représentés dans ces événements tragiques. Par ailleurs, l'augmentation des blessés graves à doublé, passant à 48. [1] Là aussi, les cyclistes (vélos classiques et e-bike), trottinettistes paient le prix fort.[2] La police laisse entendre, comme à son habitude que la responsabilité individuelle est en cause, voire l'état général du conducteur (alcool, fatigue, prises de drogue et médicaments).[3] On ne peut se satisfaire de cette explication. Lorsque nous avions interpellé le Conseil d'Etat (QUE 1661-A) à ce sujet l'année passée, ses réponses étaient lénifiantes.

    Or, le problème est avant tout structurel. Genève n'a pas prévu les changements de mode de mobilité et a 30 ans de retard pour les aménagements touchant à la mobilité douce. La place réservés aux piétons est disputée du fait de l'emprise du trafic autoroutier motorisé.  

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  • L'Italie n'ira pas au mondial au Qatar : gloire à elle !

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    MD6BT4RRJNDEPGNF7IMS3BBBCE.jpegCe jeudi soir l'Italie a perdu un but à zéro contre la Macédoine du Nord. Cela condamne la championne d'Europe de football en titre à ne pas aller au Mondial qui aura lieu au Qatar du 21 novembre au 18 décembre... gloire à elle !

    Plus de 6.500 ouvriers originaires d’Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka sont morts au Qatar depuis que le pays a obtenu l’organisation de la Coupe du monde 2022, il y a dix ans. Ce chiffre a été révélé par The Guardian, qui a recoupé les données des gouvernements de ces pays, principaux pourvoyeurs de main-d’œuvre au Qatar. Le nombre réel de morts serait même supérieur, puisque les données d’autres pays, dont les Philippines ou le Kenya, qui comptent de nombreux ressortissants travaillant au Qatar, n’ont pas été recueillies.

    Cette coupe du monde n'a rien d'une fête du football, les joueurs vont pousser la balle dans des cimetières humains. Cette coupe du monde est anti-écologique[1], anti-démocratique, et l'attribution a été décidée sur fond de corruption et de pots de vin.

    L'Italie se tient donc prudemment à l'écart de tout cela. Et alors que des voix, suite à la défaite, s'élèvent en Italie pour tout changer dans le championnat national, de la formation à la gestion, force est de constater que le changement est déjà bien implanté. Avant, l'équipe gagnait, désormais elle perd. Avant, le totonero gangrénait l'Italie, maintenant l'équipe préfère se saborder plutôt que se rendre dans un pays corrompu... gloire à elle ! 

     

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  • Ukraine : un mois de guerre. Anniversaire de sang.

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    Voilà un mois que Poutine a lancé son effroyable guerre contre l'Ukraine.

    Un mois que l'écoeurante tuerie dure.

    Des hommes, des femmes combattent courageusement pour leur liberté et pour la nôtre.

    Un peuple uni lutte et force l'admiration du monde entier. Des civils sont assassinés, des enfants mutilés, des théâtres, des maternités bombardées et l'insondable barbarie de cette guerre nous sonne.

    L'armée russe commet des crimes de guerre contre des populations civiles prises au piège.

    Elle applique les mêmes stratégies qu'en Tchétchénie où lors de l'hiver 2000 plus de bombes étaient tombées sur Grozny que sur toute l'Allemagne durant la seconde guerre mondiale. Le monde a laissé faire. En 2008 en Géorgie, et dès 2015, en Syrie, quand les troupes russes se sont alliées à Bachar al-Assad, les mêmes barbaries se sont déroulées, avec des bombardements sans pitiés de civils, etc.  Le monde a laissé faire.

    Le sang coule. Un mois déjà qu'il coule à un rythme effréné. 

    Les réfugiés sont là. Ils vivent avec nous.

    Natalia, tes proches luttent armes à la main. Tu es sans nouvelles de ta famille. Tu vis le deuil, l'inconnu, la perte et la peur. Tu es arrivée épuisée, après 6-7 jours de voyage à travers l'Europe. Mais tu es debout, en recherche d'un lieu où continuer de vivre. 

    Tu es dans le bus, tu montes dans le train. Tu viens d'à-côté, à deux mille kilomètres d'ici. Tu viens d'un monde qui nous est lunaire: celui de la guerre. Tu en est sortie par les poils, avec rien : un sac plastique, quelques biens.

    Chaque histoire est une leçon de vie, est un drame. 

    Ejectée de ton quotidien, tu te retrouves dans ici, dans une langue étrangère. Mais la vie se poursuit. La diaspora se constitue, les informations s'échangent. Il faut d'abord être logé. Les enfants ont faim, doivent être scolarisés. Se soigner, s'informer. S'orienter, choisir, s'enregistrer.

    Agir pour ne pas penser, ne pas devenir dingue. Agir pour ne pas sombrer, d'impuissance, de rage face à la violence qui s'est abattue. Alors, tu t'engages, naturellement. Pour accueillir ceux qui arrivent, traduire, orienter, faire à manger, dénoncer, manifester.

    Il nous revient de t'accueillir à la hauteur de la tragédie. Proposer des relais, mettre en mouvement une énergie de vie avec les ressources qui existent et aussi avec les besoins que tu peux combler. 

    Aux yeux du monde, tu es devenue une réfugiée. Par le regard posé sur toi, c'est comme une nouvelle peau, une nouvelle identité : "permis S". Quand tu montres ton passeport ukrainien, les regards changent. Chassons le misérabilisme. Organisons-nous. Il n'y a ici que des semblables qui poursuivent leur lutte pour la vie et l'indépendance. La vie d'avant s'est brutalement effondrée. Il faut parer à l'urgence et construire la vie d'après, vite, dans l'urgence, ensemble. 

    Ce qui est clair, c'est que la lutte pour la vie de plus de 11 millions d'ukrainiens ayant fui leur pays, parmi lesquels environ 11'000 sont arrivés en Suisse, nous concerne directement toutes et tous. 

    La lutte pour la vie des femmes, des jeunes et des enfants accueillis à Genève est aussi la nôtre. Elle est celle de tous les réfugiés dans la droite ligne de la tradition de Genève, ville d'accueil. Il ne faut rien opposer, mais rassembler. 

    Car il est désormais certain que le sort actuel des réfugiés ukrainiens est le miroir du nôtre si nous ne faisons rien pour arrêter le dictateur et son immonde guerre impériale.

     

    Exerçons une pression maximale sur nos autorités pour qu'elles condamnent cette guerre, poursuivent l'accueil inconditionnel des réfugié-e-s; pour que les entreprises suisses toujours actives en Russie (Nestlé & co) s'en retirent ; que les avoirs des oligarques russes soient effectivement gelés, leurs biens confisqués, et leurs sociétés paravents sanctionnées. 

    Manifestation ce jeudi 24 mars à 17h devant la mission Russe, 10 av. de la Paix. Genève. 

      

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  • Ukraine: les journalistes, Tiktok et la mort

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    B9730283028Z.1_20220316065227_000+GGUK3Q88B.2-0.jpegGuerre en Ukraine. Un certain nombre de commentateurs font l'éloge de Tiktok et autres réseaux sociaux qui nous montreraient la guerre "en live".  Il est vrai que le réseau social est passé à la vitesse de l'éclair des recettes de cuisine et des chansonnettes déhanchées aux bombes qui pleuvent sur Kiev et Marioupol.[1]
    Mais de la même manière que ce ne sont pas les réseaux sociaux qui ont fait les printemps arabes, il est clair que s'en remettre à ceux-ci pour couvrir et comprendre la guerre serait périlleux. 
     
    On a même pu lire ici et là qu'à l'heure "où les journalistes et les photographes professionnels étaient contraints de se taire et de fuir les zones de conflit, l'information passerait uniquement via les réseaux sociaux: Twitch, Tiktok, Instagram & co."
     
    Il est totalement faux de dire que les journalistes quittent l'Ukraine. C'est le contraire qui se passe. Cela rend fort peu justice à ceux qui y demeurent ou s'y rendent, prennent des risques immenses pour nous informer, voire meurent en faisant leur travail. Les journaliste ne fuient pas l'Ukraine ni ne se taisent. Quand on ne les entend plus, c'est qu'ils ont été réduits au silence en faisant leur travail.[2]
     
    Dans la chronique Ukraine : "On ne s'improvise pas reporter de guerre", rappelle Christophe Deloire de RSF, diffusée le 14 mars 2022 sur France Inter. Christophe Deloire explique notamment : « Partir en Ukraine, ce n'est pas du tourisme", rappelle-t-il. "C'est une zone de guerre, extrêmement dangereuse. Comme elle est à proximité - 15 heures de route en voiture - ça amène certains à partir. Certains deviendront de grands photographes, de grands reporters. Néanmoins, il y a effectivement une vague de départs de jeunes gens qui ne sont sans doute pas assez préparés, car on ne s'improvise pas reporter de guerre […]. Il y aurait "plus de 1000 journalistes étrangers, peut-être 2000" en Ukraine actuellement pour couvrir l'invasion du pays par l'armée russe.»
     
    Les réseaux de type tiktok ou Instagram ne transmettent que faiblement de l'information. Ils véhiculent de l'émotion, avec peu d'analyse, souvent sans aucune vérification, pour un public de jeunes âgés de 15 à 25 ans qui privilégient les réseaux sociaux pour s'informer au quotidien, notamment sur cette guerre. La dimension esthétisante et glamour de la guerre y est parfois poussée à un paroxysme difficilement supportable. 
     
    Il faut rendre hommage aux journalistes, aux "fixeurs" ukrainiens. L’article émanant de La revue des médias intitulé Profession « fixeur » : ces Ukrainiens qui aident les journalistes à raconter la guerre, paru le 14 mars 2022 sur le site de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), nous apprend qu’il existe des "fixeurs" qui constituent un rouage primordial des reportages à l’étranger. Leur nombre est impossible à comptabiliser : « Sans eux, la guerre ne pourrait être décrite, documentée. "Eux", ce sont les fixeurs, celles et ceux qui guident les journalistes étrangers à travers leur propre pays, devenu champ de bataille. Qui sont-ils, quel est leur rôle exact, en quoi est-il essentiel ? Des reporters français, présents en Ukraine depuis le début du conflit, racontent. […] "Le fixeur fait un travail de journaliste". Loup Bureau émet un avis similaire : "C’est lui qui contacte les gens, met en place la séquence que l’on va tourner. Quand on veut filmer une scène près du front, par exemple, il va contacter l’attachée de presse de la brigade, puis négocier avec le chef de brigade. Il fait quasiment un travail de journaliste." D’autres interviennent moins dans la partie éditoriale. »
     
    Tiktok ne dit pas grand chose de la guerre ni n'informe. Noyés sous les images choc, parfois détournées ou fausses, rien ne remplace une information de qualité. Elle existe, au péril de la vie de ceux qui la produisent.
     
    Il serait bon de le rappeler et de leur rendre hommage, de les lire et de les entendre.
     
    Seule manière de comprendre ce qui se passe, au-delà du choc des images et des frissons d'horreur que suscite l'agression russe. Seule manière, alors qu'on les assassine, d'être à la hauteur de leur travail et de leur sacrifice. 
     
     

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  • C'était mieux au temps du féodalisme

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    IMG_7553.jpegDans la rue, sur un banc, au soleil, je lisais. Un livre  : "Pourquoi je hais l'indifférence" d'Antonio Gramsci. J'en étais arrivé là dans ma lecture d'Antonio : Notre optimisme révolutionnaire a toujours été soutenu par une vision d'un pessimisme sans fard de cette réalité humaine....  Une voix me tira de celle-ci. 

    - Bonjour monsieur, vous lisez quoi ? 

    Une femme entourée de sacs, six ou huit de grands volumes marcha vers moi, pointant du doigt le livre que je tenais.  

    - C'est un livre d'Antonio Gramsci. Un homme incroyable qui a fondé le parti communiste italien. Les fascistes l'ont jeté en prison. Il est mort quelques jours après en être sorti. Ses écrits sont des ressources pour s'opposer aux choses comme elles vont. 

    - C'est intéressant monsieur. Mais vous savez, on vivait mieux au temps du féodalisme. 

    - Pardon ? 

    - On vivait mieux au temps du féodalisme. Il y avait un seigneur qui protégeait ses gens, et même si on avait rien, on était défendu. 

    Cette femme, entourée de ses sacs dans lesquels il y a sa vie me dit que sa vie elle la perçoit plus fragile à Genève en 2022 qu'au temps des chevaliers et de la peste noire. Elle dit quelque chose de très simple et de très fort. En 2022, avec tous les progrès technologiques dont on se gausse, les milliards de fortunes accumulées,  malgré tous les discours sur le zéro sans-abrisme et le refus de la pauvreté, pour cette femme, il n'y a aucun seigneur en vue, pas de protections ni de sécurité. D’autres diraient peut-être : "on mangeait mieux au temps des cavernes" .... en sortant d’une chaine de restauration rapide.

    - Je vous entends madame, mais les seigneurs avaient droit de vie et de mort sur leurs sujets qui étaient considérés comme des choses. C'était pas folichon le féodalisme. Un mot de travers et on vous coupait la tête.

    - Vous croyez vraiment cela monsieur ?  

    Elle a regardé ses sacs. Elle a regardé le livre de Gramsci. Elle a regardé autour d'elle.

    Elle m'a regardé longuement.

     

    Je revois souvent cette femme dans le quartier. Toujours avec ses sacs qu'elle déplace de quelques mètres et qu’elle aligne comme pour former une palissade. 

    Parfois elle forme un cercle avec, et c'est une forteresse. 

    Elle construit sa propre seigneurie.

     

     

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  • Ukraine : Ne pas se taire, agir

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    Exprimer notre admiration notre respect et notre reconnaissance envers celles et ceux qui résistent, combattent les armes à la main à 2000km de nos maisons pour la défense de leur vie, de leur indépendance, de leur terre mais aussi de nos démocraties et de nos libertés.  

    Exprimer notre reconnaissance envers celles et ceux qui combattent pour des valeurs communes aux femmes et hommes de bonne volonté : le respect du droit international, des droits humains, de la justice et de la paix. 

    Exprimer notre solidarité intégrale envers celles et ceux qui sont actuellement sous les bombes en Ukraine, notre intime soutien aux proches, aux familles, ukrainiennes et ukrainiens du monde entier. 


    Exprimer notre dégoût, notre tristesse et colère devant l'agression lâche du criminel du Kremlin et de ses hommes de main. Poutine est un assassin. Que le sang de toutes les victimes innocentes retombe sur lui. 

    Exprimer aussi notre culpabilité de dormir dans des draps blancs, de lever nos enfants pour les amener à l'école, de sourire et manger sous ce terrible soleil alors qu'a moins de 2000km de là, à Kiev, la vie est devenue subitement un enfer mortel. La guerre écrase les familles, la population. 

     

    Exprimer notre honte devant la tiédeur de notre gouvernement, son refus de prendre des mesures fortes. Refuser l'impuissance et le silence complice. 

    Agir enfin et nous engager avec toute notre énergie afin que la Suisse gèle les avoirs des oligarques russes, gèle les milliards de l'agresseur mis en réserve dans les banques suisse, prive d'atterrissage les jets privés russes, comme le fait déjà le royaume-uni.

    Agir et combattre pour que la Suisse reprenne intégralement les sanctions décidées par l'Union Européenne contre l'agresseur. 

    Ici, à Genève, agir par tous les moyens nécessaires pour que les fortunes russes, les hommes du pouvoir et les oligarques corrompus ne trouvent ni retraite ni base arrière pour jouir des fruits de leur rapines et se retirent d'Ukraine.

     

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  • Ukraine : les larmes de crocodile du Conseil fédéral

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    russie,ukraine,guerre,capitalisme,exploitation,financesLe Conseil fédéral, après s'être répandu en condamnations et réprobations "les plus fermes" contre l'agression russe en Ukraine, s'est refusé à s'aligner sur les sanctions occidentales. "Aujourd'hui est un jour triste comme nous n'en avons pas connu depuis longtemps" blabla.

    Pour le Conseil fédéral, pleurer des larmes de crocodiles, pourquoi pas : mais pas touche au porte monnaie et au portefeuille bancaire. "La Suisse ne pourrait pas tenir son rôle traditionnel si elle reprenait automatiquement toutes les sanctions de l'UE ou d'autres pays" nous dit le Conseil fédéral. Il ne faut surtout pas fâcher les traders et lâcher les négociants de matières première qui ont pignon sur rue, à Genève notamment. Conséquence : des millions affluent pour être planqués dans les banques genevoises[1]. Le refus de prendre position devient complicité. Les comptes des oligarques russes ne sont pas gelés. Les retraits d'argent sont toujours possibles pour eux, et Ignazio Cassis dénonce "l'émotionnalité" populaire qui voudrait que la Suisse s'aligne sur les sanctions de l'UE. L'hypocrisie de la majorité de droite du Conseil fédéral est sans limites et sous couvert des "bons offices", l'UDC et le PLR démontrent ce qu'est la souveraineté et de la neutralité helvétique pour eux : un sent-bon pour servir les intérêts de la finance au détriment des droits humains.

     

    La Suisse a une relation privilégiée avec la Russie. Genève est le premier centre de négoce du pétrole russe, ce qui est important et donne un pouvoir certain à la Suisse dans la lutte mondiale contre l'agresseur. Environ 80% du commerce russe des matières première se déroule à Genève.[2] L'association suisse de négoce des matières première se réjouit de "l'absence de sanctions contre les entreprises russes, car en cas de sanctions, les entreprises suisses ne pourraient plus travailler avec la SberBank, plus grande banque de crédit en Russie, ou la Gazprombank". "Si une entreprise qui se fait financer en partie par une banque russe ne pouvait plus le faire... ce serait embêtant." Ah oui, ce serait embêtant ! Pendant que des femmes et des enfants se font pilonner à Kiev, tuer, par l'agression sauvage voulue par un gangster sanguinaire, du côté du lobby financier et du trading on trouverait "embêtant" de perdre quelques pourcentages d'intérêts !

    Au nom de la finance et du trading, le Conseil fédéral brade notre souveraineté et neutralité, et fait de la Suisse une exception en Europe, nous isolant encore davantage vis-à-vis de nos alliés européens. Pire, il se fait l'allié objectif de l'agresseur et nous vole une partie de notre dignité, faisant de nous les usuriers de la violence. Face à cela, il nous faut évidemment hausser la voix pour dire que nous ne sommes pas d'accord. Nous n'avons peut-être pas le pouvoir d'arrêter cette guerre, mais nous avons celui de ne pas en être complice, et l'exigence de faire notre part pour en réduire les dommages. 

     

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  • Effaçons la pauvreté, la mendicité disparaîtra

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    273542554_10159644286861826_7934938220785695302_n.jpgA droite, la lutte contre la pauvreté est simpliste ; si on ne la voit pas, elle n’existe pas. Au GHI : si on la criminalise, elle fait vendre. Alors que d'une manière inique et certainement illégale (recours déposé) la droite s'en prend aux plus précaires en votant une nouvelle loi interdisant la mendicité, le GHI souffle sur les braises en criminalisant les pauvres. Il faut s'opposer à ce lien qui se fait entre pauvreté et criminalité parce que 1) ce lien n'est pas démontré. 2) nous sommes tous sujets à des phases de précarité et 3) dans les faits les véritables voleurs et prédateurs de notre société ne sont pas ceux que le GHI et la droite désignent à la vindicte populaire.

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  • L'ONU exhortée à enquêter sur le massacre de 1988 en Iran

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    Des centaines de hauts fonctionnaires des Nations unies, anciens et actuels, ainsi que des juristes de renommée mondiale, demandent instamment aux Nations unies d'ouvrir immédiatement une enquête sur le massacre perpétré par l'Iran en 1988, qui serait assimilable à des "crimes contre l'humanité" et à un "génocide".

     

    Dans des lettres adressées au Conseil des droits de l'homme et au Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, des centaines d'experts internationaux en matière de droits de l'homme, dont l'ancien président de la Cour pénale internationale et plus de 100 fonctionnaires actuels et anciens des Nations unies, ont déclaré que le massacre de prisonniers politiques en Iran en 1988 s'apparentait à des crimes contre l'humanité et à un génocide, et ils ont appelé à la mise en place d'une enquête internationale qui permettrait de traduire ses auteurs en justice.

    La lettre ouverte publiée jeudi 27 janvier, rédigée par Justice for the Victims of the 1988 Massacre in Iran (JVMI) a été signée par quelque 460 personnes, dont un ancien président de la Cour pénale internationale (CPI), Sang-Hyun Song, et Stephen Rapp, un ancien ambassadeur américain pour la justice pénale mondiale.

    Au cours de l'été 1988, sur la base d'une fatwa du guide suprême iranien, l'ayatollah Ruhollah Khomeini, pas moins de 30 000 prisonniers politiques ont été exécutés de manière extrajudiciaire ou ont disparu de force. Les victimes appartenaient à divers groupes politiques. La majorité d'entre elles étaient des militants de l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI ou MEK), des détenus marxistes ou de gauche.

    Dans une interview accordée à Reuters, Javaid Rehman, L'enquêteur de l'ONU sur les droits de l'homme en Iran avait déjà demandé une enquête indépendante sur les allégations d'exécutions de milliers de prisonniers politiques ordonnées par l'État en 1988 et sur le rôle joué par le président élu Ebrahim Raïssi en tant que procureur adjoint de Téhéran.

    "Les auteurs de ces actes continuent de bénéficier de l'impunité. Parmi eux figurent l'actuel président iranien Ebrahim Raïssi et le chef du pouvoir judiciaire Gholam-Hossein Mohseni Ejei", indique la lettre ouverte. M. Ejei a succédé à M. Raisi à la tête du pouvoir judiciaire iranien.

    « Le fait qu’Ebrahim Raisi ait accédé à la présidence au lieu de faire l’objet d’une enquête pour les crimes contre l’humanité que constituent les meurtres, les disparitions forcées et la torture, est un sombre rappel de l’impunité qui règne en Iran. En 2018, notre organisation avait recueilli des informations sur la manière dont Ebrahim Raïssi avait été un membre de la “commission de la mort”, qui avait soumis à des disparitions forcées et exécuté secrètement de façon extrajudiciaire des milliers de dissidents politiques dans les prisons d’Evin et de Gohardasht près de Téhéran en 1988, a déclaré  Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International,:

    L'appel au Conseil des droits de l'homme et au Haut-Commissaire aux droits de l'homme représente le plus grand appel international à l'ONU de l'histoire par la communauté internationale des experts et des droits de l'homme pour que les responsables iraniens soient tenus responsables du massacre de 1988.

    "Nous demandons instamment au Conseil des droits de l'homme des Nations unies de s'opposer de toute urgence à l'impunité dont jouissent les responsables iraniens en demandant une enquête internationale sur les exécutions de masse et les disparitions forcées de milliers de prisonniers politiques en 1988, qui constituent des crimes contre l'humanité", indique la lettre.

    Une demande que toute personne soucieuse de la défense des droits humains et désireuse que justice soit rendue ne peut que soutenir.

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    Texte paru dans le courrier du jeudi 10 février

    www.sylvainthevoz.ch

     

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