sylvain thévoz

votations

  • La dent, ce coeur de l'être humain

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    IMG_6950 (2).jpgLe 10 février, les Genevois.e.s sont appelé.e.s à voter l’initiative populaire 160 : "Pour le remboursement des soins dentaires." Cette initiative garantit un accès équitable à des soins médicaux essentiels : les soins dentaires. Il est important de la soutenir.  

    La langue française regorge d'expression avec le mot dents dedans, illustrant le fait que celles-ci sont bien au coeur de nos vies. Ne dit-on pas : mentir comme un arracheur de dents, avoir une dent contre quelqu'un, avoir la dent dure, avoir la (ou les) dents; se mettre quelque chose sous la dent, avoir les dents longues, être sur les dents, parler entre ses dents, se casser les dents, serrer les dents, être armé jusqu'aux dents ?  

    Pourtant, aujourd'hui, le système de l’assurance-santé ne couvre pas les soins dentaires. C’est une aberration totale qu’une partie du corps humain ne soit pas comprise dans le système de l’assurance-maladie. L’initiative populaire « Pour le remboursement des soins dentaires » part du constat de la mauvaise santé dentaire chez certain.e.s Genevois.es et souhaite améliorer cet situation du point de vue de la santé publique.

    Une grande majorité de personnes, notamment dans la classe moyenne, n’ont en effet pas les moyens d’aller chez le dentiste, ou repoussent toujours à plus tard les soins pour des questions financière. Ils délaissent leur santé pour des raisons financières, ne pouvant se payer des soins dentaires élevés, ce qui aggrave à terme les problèmes. Les dents sont évidemment un enjeu de santé publique, mais aussi un problème social important. La profession de dentiste n’étant pas conventionnée, les tarifs des dentistes ne sont pas régulés. Pourquoi une profession échappe-t-elle ainsi à une réglementation et à un contrôle ? Il est pourtant urgent de limiter les tarifs et d’encadrer les pratiques des dentistes. Genève ne dispose actuellement pas de catalogue et fonctionne de façon archaïque puisque les médecins-conseils décident sur des bases floues. Ceci aussi afin d'éviter le tourisme médical et que des Genevois.e.s doivent aller se faire soigner à l'étranger. Cela est un signe de dysfonctionnement et n'est pas optimal pour notre économie locale.  

    Une assurance de l’Etat permettrait dès lors de fixer un tarif maximal pour chaque prestation. Et si les dentistes dépassaient ces tarifs, ils ne seraient pas remboursés. Ce modèle permettrait de responsabiliser les médecins en termes de résultats de santé et de charges financières, afin d’éviter une tarification à l’acte plutôt que sur l’ensemble d’un traitement.

    Tout au long de la vie, les soins dentaires sont estimés à 40’000 ou 50’000.- par personne. L’élément déterminant est donc de savoir comment ces coûts doivent être répartis. Bien sûr, la prévention et la responsabilité individuelle jouent un rôle, mais tout axer sur la prévention est insuffisant. Une excellente hygiène buccale n’empêchera jamais totalement les maladies. L'assurance dentaire serait financée de manière similaire à l’AVS ou à l’assurance maternité: paritairement entre l’employeur et l’employé et en complément par l’Etat. La cotisation salariale ne dépasserait pas 1% du salaire. 

    Pour rappel, le 4 mars 2018, le canton de Vaud a certes refusé une initiative demandant le remboursement des soins dentaires par 57%. Mais, fait remarquable, les villes de Lausanne et de Renens l’ont acceptée, ce qui montre bien que la possibilité existe, à Genève, de faire passer cette initiative progressiste. L’assurance est un système digne mutualisant les coûts et permettant de faire une promotion active de la santé publique.

    Certaines personnes en situation de précarité ne peuvent se permettre de payer des soins dentaires et y renoncent, même si elles ne fréquentent pas pour autant les services sociaux, étant situées dans la classe juste au-dessus de celle ouvrant les droits à l’aide sociale. Pour les personnes âgées, la prévention n’a que peu d’impact. Ce public aîné et économiquement fragilisé ne se voit proposer aucune piste d’amélioration ou de prise en charge. Trop de personnes âgées ne s'occupent plus de leurs dents en raison des coûts. Cela n'est pas acceptable. 

    Il est important de permettre à celles et  ceux qui ont des problèmes dentaires, quels que soient leurs trajectoires de vie, leurs revenus, leur génétique d’être soignés et bien soignés. 

    Croquons donc à pleines dents dans cette initiative, mordons dans la vie, et votons OUI à des soins dentaires pour toutes et tous sans se ruiner ! 

     

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  • La politique, c'est comme le sexe

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    Voilà, nous arrivons au terme de cette longue campagne de votations dotée de 4 objets fédéraux, 8 objets cantonaux, et un vote municipal. Nous n'avons plus que ce jeudi pour voter par correspondance, et sinon il faudra se lever dimanche matin, sortir de la couette pour glisser son enveloppe dans l’urne.

    Alors quoi, finies les joutes autour du Musée d’art et d’histoire ? La mauvaise foi crasse des opposants, les coups sous la ceinture, et la volonté malgré tout d’aller de l’avant pour Genève en votant Oui, un oui libérateur et joyeux à ce projet? Eh quoi tout aurait été dit ? Eh non, on n’y est pas encore, pas tout à fait. Alors, encore un petit argument pour aller voter, un petit stand, un mail, un dernier ballon gonflé! Encore une personne ou deux à convaincre, oui !

     

    Oh OUI

    Quoi qu’il en soit, dimanche on sera délivré. Souvenez-vous du vote sur la loi sur la police à Genève (le oui l'avait emporté par 42 voix, de la votation du 9 février 2014, accepté à 50.3%: 19'000 voix! De la Loi sur la redevance Radio/TV du 14 juin 2015. 3669 voix avaient fait pencher la balance dans le camp du oui). Cela encourage à poursuivre encore le débat, la dispute, l’échange, donner encore de l'énergie avant l’échéance de dimanche…

    Car enfin, c’est notre héritage démocratique, citoyen, transmis par les grecs, d’entrer dans cette arène politique et d’y débattre. Et puis, la politique, osons cette comparaison, n'est-elle pas comme le sexe, à savoir : plus on le pratique et plus on en a envie, avec tout de même, une inversion, car si l’on dit du sexe que c’est ceux qui en parlent le plus qui le goûtent le moins, et qu’il est, en général savouré dans la sphère intime, en politique, le silence est onanisme et la retenue revient à s'abstenir de tout débat public. Au final, ce sont celles et ceux qui s'engagent et s'expriment qui l'exercent avec le plus de plaisir...

     

    Plus que 3 nuits dormir

    Dimanche, c’en sera fini ? Ouf disent certains ! Encore! murmurent d’autres ! Regrets, remords, entre ceux qui sont partis trop tôt, ceux qui se sont arrêtés trop tard : joie de l’aboutissement. Fatigue. Comment seront les uns et les autres dans la victoire ou la défaite ? Ce qui est certain, c’est que notre système démocratique en sortira gagnant.

    Une certitude: je ne partage pas le point de vue de ceux, inquiets, qui pointent du doigt la surcharge démocratique, et la crainte, pour le peuple, de ne plus pouvoir suivre. Au contraire, le travail civique des citoyen.ne.s se trouve renforcé par des votations dotées d’enjeux d’importance, passionnants, voire passionnels, touchant au rapport à l’autre, au droit, à la culture, à la durabilité de notre société et à sa santé économique, éthique.

    Des votations gourmandes

    Les taux de vote annoncés relativement hauts pour ces votations du 28 février (37% à J-4), laissent entendre que les citoyen.ne.s se déplacent pour voter quand ils perçoivent que leur vote fera la différence. Les partis sortent aussi renforcés de ces votations gourmandes. Dans le doute, s'inspirer des mots d’ordre d’un parti permet de trouver repère et cohérence de vote. Dans l'abondance des choix, suivre une ligne permet d'y voir plus clair et de se faire une idée plus précise des enjeux.   

    Si la politique est comme le sexe, il faut alors penser uniquement le 28 février comme un coïtus extaticus. Après, on se repose, on souffle un peu... et dès le 29 février on se remet en jambes en vue de la nouvelle ronde pour les votations du 5 juin. Car le menu s’y annonce tout aussi copieux avec plusieurs objets agendés (Initiative populaire en faveur du service public, pour un revenu de base inconditionnel, pour un financement équitable des transports, la modification de la loi fédérale sur la procréation médicalement assistée, la modification du 25 septembre 2015 de la loi sur l'asile (Lasi), l'éventuel Personal stop, la traversée de la rade, les référendums sur les coupes dans le domaine de la culture et du social en Ville de Genève, etc.,) Miam.  

     

    Votons, encore, et encore ! 

    Alors, sitôt fini, on recommence? Mais oui ! C'est là la joie et jouissance de notre démocratie helvétique. Celle que l'on partage. Alors, pour conclure, ne boudons pas notre plaisir… votons et faisons voter. Il reste encore quelques jours d'ici dimanche pour faire durer le plaisir et profiter pleinement de ces dernières heures qui, si elles nous prennent entièrement nous rappellent que la vie continue, grande, pleine et belle.

    Oui, la politique, c'est comme le sexe. Et peut-être même qu'au final, le plaisir qu'on y trouve dépend tout autant des partenaires avec qui on le pratique et du niveau de participation, que du "résultat".  

     

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