sylvain thévoz

11/09/2017

Biji Kurdistan!

IMG_1876.JPGCe dimanche, un demi millier de kurdes étaient réunis sur la place des Nations, dans la perspective du référendum sur l'indépendance du Kurdistan irakien le 25 septembre prochain. Carlo Sommaruga, conseiller national, est intervenu pour rappeler que le résultat du référendum du 25 septembre ne faisait aucun doute, exprimant l'appui du PS à ce processus démocratique.

Ce qui est clair: ce qui se passe au Kurdistan Irakien nous concerne directement. Une partie de son avenir dépendra d’ailleurs aussi directement des discussions qui ont eu lieu et auront lieu ici, à Genève, au sein de l’ONU et des instances internationales. Genève, en tant que capitale des droits humains, ville hôte des conventions de Genève, centre mondial de décision, ne peut minimiser sa responsabilité et refuser de prendre en compte son impact sur  les sujets internationaux.

Genève a le devoir moral de s'exprimer lorsque des droits humains sont attaqués, où que ce soit dans le monde, contrairement à ce que pensent certains.[1] En tant que socialiste, nous devons aussi assumer un rôle d’aiguillon et de lanceurs d’alertes afin que les autorités, mais aussi les genevois-e-s prennent pleinement conscience de cette responsabilité particulière.

 

kurdistan,indépendance,peuple,votation,referendum,solidaritéNous avons la chance de vivre à Genève et avons la capacité de nous s’engager afin de faire changer la situation sur le terrain.

Faire pression, aux côtés des ong, des associations et des militant-e-s, pour que la demande légitime du peuple kurde à vivre en paix soit assurée est de la responsabilité de chacun-e.

En tant que socialistes, nous avons récemment demandé la libération de Taner Kiliç, président d'Amesty International Turquie placé arbitrairement en détention depuis le 9 juin. Nous avons aussi déposé une motion demandant à la Turquie de ne respecter les droits humains, la démocratie et les droits du peuple kurde. Si la distance semble parfois rendre cotonneuses des situations terribles, l’éloignement ne doit en aucun cas être une excuse pour renoncer à agir.

Dans un monde globalisé, il n’y a pas que la terreur qui doit être générale, mais surtout les actions de solidarité et la défense des droits humains.

La Ville de Genève, en tant que dépositaire des Conventions auxquelles elle a donné son nom, a une responsabilité particulière, et un devoir moral de se positionner lorsque les droits humains sont en danger. Personne ne peut demeurer silencieux lorsque ces droits sont violés. Il dépend de nous de dépasser le cynisme qui refuse de prendre position. A quelques centaines ou milliers de kilomètres de la Suisse, des personnes subissent des exactions, voient leur vie menacée, et sont injustement pourchassées. Cela, nous ne l’accepterons jamais.

 

IMG_1906.JPGLa défense des droits humains, le droit à l’autodétermination, et la protection des minorités sont des valeurs cardinales. Elles requièrent toute notre attention et défense. Nous sommes engagés pour leur pleine réalisation, au niveau local comme au niveau global.

En Suisse, une longue tradition d’exercice des droits populaires. Nous sommes coutumiers des referendums, initiatives et votes populaires.

 

Que le Kurdistan irakien vote le 25 septembre 2017 pour son indépendance, que le peuple kurde soit appelé à se prononcer sur son destin est un acte démocratique important qui aura des impacts sur la région et sur le monde.

Nous appelons à ce que le cadre institutionnel légal de cette votation soit garanti et la décision du peuple kurde pleinement respectée.

Biji Kurdistan !

 

[1] https://m.lecourrier.ch/152293/la_ville_depasse_t_elle_ses_bornes

 

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17/02/2016

Dynamisme d'un musée

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Il est un petit livre intéressant qu'il faudrait parcourir avant la votation du 28 février sur la rénovation et l'extension du musée d'art et d'histoire. Museum of the future, aux Presses du réel, édité par Cristina Bechtler et Dora Imhof, et dont Lionel Bovier, actuel directeur du Mamco, dirige la collection. Ce livre donne la parole à des artistes, aux curateurs, aux directeurs et directrices de musées. Il permet d'envisager celui-ci autrement qu'en terme d'argent et d'architecture, sur un plan culturel, créatif, et participatif.  

 

Transformer, cultiver, évoluer

"Les musées sont en continuelles transformation et évolution. Le futur des musées dépend de leur flexibilité et de leur capacité à se transformer" (Gerhard Bott, 1970). Pendant trop longtemps, ils ont été considéré et envisagé avant tout comme des lieux de dépose d'oeuvres uniquement, de replis les jours de pluie, royaume d'un conservatisme sans âme ni perspective.

Questionner la place d'un musée dans la cité, c'est questionner le rôle de la culture en son sein. En ce sens : refuser un projet de rénovation de musée conduit aussi à refuser le rôle de rénovation de la culture, surtout si ce sont pour des raisons financières, de jalousie ou de conservatisme suranné, qui n'ont que peu à voir avec celle-ci. Rénover c'est évoluer, sans sacralisation, sans vénération excessive; dans le respect du patrimoine, certes, comme c'est le cas dans le projet du Mah+, mais surtout dans le respect du public.  

 

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l’église de Salemi, Alvaro Siza, 1982
la situation après le tremblement de terre en haut, le projet de Siza en bas

 

La culture toute la culture

En ce sens, le slogan "la culture, toute la culture" porte en son sein un dynamisme, celui de ne pas vouloir opposer les différentes formes d'expression culturelles, et surtout de placer celles-ci à un niveau plus haut que les considérations la réduisant à telle chapelle contre telle autre.   

Respect du patrimoine, entretien, soin pris à restaurer les oeuvres. Travail d'archivage, de catalogage, dans des conditions adéquates et digne des oeuvres que le musée a hérité des anciens; respect du personnel, de ses conditions de travail: le oui au musée d'art et d'histoire dynamisera tous les secteurs culturels : médiateurs, graphistes, danseurs, dessinateurs, etc. Tous les créateurs qui se sont exprimés dans le cadre des soirées culturelles du MAH, peuvent en témoigner. C'est tout le secteur social et culturel qui bénéficiera du nouveau dynamisme du musée d'art et d'histoire.  

Le musée sera plus vivant et accueillant quand il sera rénové et agrandi qu'actuellement alors qu'il suinte sous la chaleur et macère les jours de pluie. Ce coup de fouet culturel que permettra le nouveau musée, nous ne pouvons nous payer le luxe de l'attendre pour dans 20 ou 30 ans.

 

Dynamisme d'un musée!

"Si les circonstances ont fait que, dans le même espace soient réunis l'histoire et l'art, le passé et les espérances de l'avenir, il faut que cet édifice soit non pas un tombeau consacré seulement aux souvenirs du passé, il faut qu'il soit surtout une source de vie et de lumière" - Alfred Cartier, discours d'inauguration du musée d'art et d'histoire, Genève, 1910.

Cette phrase vaut son pesant d'art et d'émerveillement. Parce qu'un musée est un lieu ouvert, inclusif, qui forge des identités et des débats. Ceux qui voudraient nous faire croire que refuser et exclure est la bonne solution, et que l'unanimisme naîtra, comme par magie du refus, d'un hypothétique plan B, plus coûteux et hasardeux, se paient de mots et veulent nous faire avaler un bouillon pour les morts.   

 

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Ne nous rendormons pas

C'est parce que ce projet de rénovation et d'extension du MAH est si décrié et si férocement combattu, qu'il démontre peut-être aussi combien il touche à l'essentiel concernant les enjeux actuels pour Genève, la plus petite des grandes villes. Notre ville ne s'est pas vu grandir, au point de s'étonner aujourd'hui de découvrir ses vêtements trop serrés et trop courts. 

Ce projet de rénovation et d'extension, dont le sort est désormais entre les mains des habitant.e.s de la Ville, hésitant entre le passé et l'avenir, l'ouverture et la fermeture, la culture ou les économies, servira en quelque sorte, d'épreuve pour les ambitions de Genève et sa créativité future. 

Le vote du 28 février démontrera s'il est possible d'aller de l'avant, pour la culture, toute la culture, ou s'il faut prendre - et perdre?- plus de temps encore pour se mettre d'accord avec tous sur tout avant de commencer quoi que ce soit, au risque de la sacralisation de l'identique, d'une Genève qui se fige, par nostalgie ou romantisme d'un passé idéalisé.   

Je crois, pour ma part, fortement, que les habitant.e.s de la Ville sont prêts à faire un pas en avant le 28 février, par curiosité et désir de découvrir ce que ce musée pourra continuer à raconter sur eux et ce qu'ils pourront y vivre de neuf.

 

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14/02/2016

MAH : ni sacccage ni éblouissement, une évolution!

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Faut-il laisser le musée d'art et d'histoire tomber en ruine, au nom de la sacralisation de la margelle d'une cour? Faut-il renoncer pour les 15 prochaines années à tout changement, par peur d'évolution ? 

Pourtant, les opposants s'arque-boutent autour de la margelle de la cour, parlent de saccage et figurent Jean Nouvel comme un démon venant tout détruire. Du délire.

Il faut tout d'abord rappeler que la Commission des monuments de la nature et des sites (CMNS) a validé le projet Nouvel comme ne portant pas atteinte au bâtiment. Ensuite, que Patrimoine Suisse, principal opposant, a obtenu 80% de ses demandes de modification sur le projet initial. Il est désormais acquis que les mezzanines, qui offriront des espaces d'exposition supplémentaires, ne toucheront pas au bâtiment; que la lumière naturelle continuera d'illuminer la cour intérieure, qui évoluera comme un plateau d'accueil central, permettant enfin la circulation dans le musée; le restaurant panoramique sera inscrit dans le gabarit du bâtiment, l'espace en sous-sol sera maximalisé (un nouveau forum de 300 places, et surtout 2000m carrés dédiés aux expositions temporaires qui manquent aujourd'hui cruellement pour développer ou accueillir des expositions de format international).

Le projet Nouvel, fruit d'un appel d'offre en 1998, est au final un projet que les opposants ont grandement contribué à améliorer. En fait, mieux que tout concours, il a bénéficié de leur participation directe à l'élaboration du projet. Ni saccage ni éblouissement, c'est désormais un projet mature, comme on en fait chez nous, fruit du compromis, des contraintes patrimoniales et politiques, bien dans les clous financièrement, sur lequel le peuple se prononcera. 

La haine des opposants ne saurait être récompensée 

Les opposants ont choisi de faire une campagne qui salit. Paranoïa, théorie du complot, haine, leur stratégie est de jeter le discrédit total sur ce projet. Ils voient des liens d'intérêts partout, travestissent Nouvel en Nosferatu, un mécène en tyran, et Sami Kanaan, magistrat démocratiquement élu, en potentat soustrayant des informations. Chaque semaine, les mensonges deviennent plus gros... et grossiers. Est-ce que cela marchera? Est-ce que les genevois se laisseront abuser ? Les opposants salissent aussi la Ville de Genève et ses employé.e.s, qui ont calculé au franc près le coût de réalisation de ce projet en les décrivant comme des amateurs, au motif qu'en calculant des volumes à la louche et au pif les opposants arrivent eux à des prix plus élevés. A la longue liste des griefs des opposants, il faut donc ajouter leur mépris pour la fonction publique, qui a travaillé pour ce projet, et oeuvre dans le musée aujourd'hui.

 

Revenir au temps des machines à vapeur ?

Pourquoi un tel déchaînement de négativité? Parce que la margelle d'une cour: c'est sacré! Sérieusement ? Pourtant, si vous êtes allé une seule fois de votre vie au musée d'Orsay, à Paris, vous ne pouvez pas oublier que ce musée autrefois était une gare [1]. Et personne aujourd'hui ne pleure le tabac-journaux qui se trouvait au bout des quais. Personne, aujourd'hui, ne regrette la pissotière qui se trouvait là où, aujourd'hui, on découvre l'entier du musée. Quand vous pensez au musée d'Orsay, demandez-vous si vous souhaiteriez revenir au temps des locomotives à vapeur, et en pensant au MAH, si Genève aurait dû conserver ses fortifications. N'est-ce pas dans l'ordre des choses que les architectures évoluent ? 

 

Nostalgie quand tu nous tiens

Sacraliser la cour du MAH, avec ses quelques herbes folles, et ses flaques d'eau noire, fréquentable 4 mois par an est un réflexe de nostalgie et de refus du changement. Il y a pourtant, au jardin botanique, de belles serres et de magnifiques jardins. Il semblerait donc plus raisonnable qu'un musée soit dédié à l'exposition des oeuvres et à l'accueil de collections, plutôt que de sacrifier une rénovation complète au profit d'une cour vide.

 

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[1] http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/de-la-gare-au-mu...

 

 

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09:44 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mah, culture, votation, changement | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/02/2016

MAH : le choix de l'intérêt public

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Le moment de voter pour la rénovation et l’extension du Musée d'art et d'histoire a sonné. Ce moment, le MAH le réclame depuis des années. Notre vénérable musée de la vieille-ville tombe en ruine, et tout laisse entendre que si rien n'est fait, il devra être fermé à très courte échéance. L'heure du  choix a sonné également pour effacer la volonté pusillanime d’argumenter et contre–argumenter sans fin. Assez de palabres infinies et actons la volonté de ne pas sacraliser une ruine mais de la rénover!  

Les opposants rabâchent depuis des semaines le même article sur un appel d’offre qui aurait dû être un concours... il y a bientôt 20 ans! Ils ne semblent pas voir qu’ils y sacrifient le musée, ses collections, et son public dans une guerre procédurière dont les genevois.es sont les grands perdants. Et tout cela, parce que l’un d’entre eux n’a pas été retenu à cet appel d’offre. Désolant. Regardons plutôt où se trouve l’intérêt public prépondérant plutôt que de laisser aux aigris trop d'importance. 

 

Le grand gagnant sera le public !

Voter oui, c'est voter pour le doublement des surfaces d’exposition, le doublement des surfaces d’accueil, la création d’un restaurant panoramique, une muséographie repensée, avec un nouveau projet scientifique et culturel qui vient d'être présenté par le magistrat Sami Kanaan. C'est s'offrir un musée renouvelé et agrandit qui réouvrira en 2022. Il sera alors toujours en mains publiques, toujours gratuit, et permettra à chacun.e d'apprendre, de questionner, se renseigner sur l’histoire de Genève, de l'art, et lutter contre l’obscurantisme. De l’emploi sera créé. Ce musée sera un atout touristique de plus pour notre Ville, et les retombées pour celle-ci: majeures. Oui à ce nouveau souffle en vieille-ville et pour tout le bassin genevois !  


Un forum de 300 places sera créé sous le musée, une pompe géothermique alimentera le musée qui, a 80%, sera énergétiquement autonome. Le restaurant et le forum seront indépendants du musée. Ils pourront être ouverts même quand celui-ci sera fermé. Le musée de l’horlogerie sera établi et le musée des instruments anciens créé. Certains se demandent encore si ce projet est un projet de gauche ou de droite? Mais ce débat transcende les front politiques. L'extrême gauche s'est d'ailleurs alliée avec l'extrême droite pour le combattre. Il ne s'agit donc pas d'un front idéologique, mais d'un front qui sépare ceux qui regardent vers demain de ceux qui regardent vers hier.

Financé à 50% par les privés, ce projet préserve les finances publiques. Il permettra d'investir l'argent public ainsi économisé dans d'autres domaines (crèches, écoles, installations sportives), pour le bénéfice et le bien être de toute la collectivité.

 

Le débat démocratique a lieu

Malgré ce que prétendent les opposants (accusations paranoïaques d'opacité), ce projet a été étudié et décortiqué sous toutes ses coutures au Conseil Municipal et dans ses commissions. Un référendum a été lancé et a abouti. Des débats ont lieu désormais presque quotidiennement, le prochain ayant lieu ce jeudi[1], organisé par la Tribune de Genève. Que les opposants annoncent déjà des recours devant les tribunaux montre en fait le peu de confiance que ces derniers ont du peuple, de sa sagesse et de son vote. Leur côté procédurier à l'extrême illustre la faiblesse de leurs arguments.

 

Je voterai oui le 28 février pour le musée d'art et d'histoire. Car ce projet est bon. C'est le meilleur que nous avons en main. Il bénéficiera directement et concrètement aux genevois.e.s, à la culture, au vivre-ensemble et à toute notre région. 



[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/saisir-vite-quatre-enjeux-grand-debat/story/20072159

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16/02/2014

Nous sommes les 49,7%

1653540_10152189125346826_1160588183_n.jpgNous sommes le 49,7%. Belle consolation. Et puis quoi? Nous sommes le 49,7%, ce n'est pas rien, certes, mais en l'état ça ne pèse pas encore bien lourd. Il y a dans ce nombre quelque chose de fortifiant, une source de cohésion, mais nous valons mieux, et surtout, plus que cela.


49,7% mais de quoi?

On sait contre quoi nous nous sommes retrouvés : refus de l'initiative trompeuse de l'UDC contre l'immigration de masse qui péjore le développement de la Suisse, complique toute dynamique de création de richesse (sans résoudre la question de sa répartition), en revenant à des contingents pour les travailleurs étrangers. Initiative rendant plus précaires les conditions de travail des employé-e-s, ajoutant des complications aux entreprises, et n'améliorant pas d'un iota la question du dumping salarial, tout en crispant encore plus les rapports sociaux et bureaucratisant à l'extrême les conditions d'embauche des travailleurs et travailleuses. Nous sommes, pour l'instant, le 49,7% du refus au refus, du rejet au rejet de l'autre qui apporte travail et prospérité à la Suisse.

Non à la division des masses

A lire les analyses de la semaine, plutôt qu'une Suisse unie et forte, ce sont la division et l'opposition qui ont marqué des points. Opposition de la suisse-romande à la suisse-allemande, des villes aux campagnes, des vieux aux jeunes, opposition des suisses qui auraient une conscience nationale à ceux qui ne l'ont pas, de la Suisse réelle à la Suisse irréelle, des bobos hystériques au peuple authentique, du quartier des Avanchets et de Châtelaine aux autres communes, des élites autistes au peuple réifié... des 49.7% aux 50,3%. N'est-ce pas surtout là que se nicherait la victoire des initiants?  Dans la division de masse qu'elle a réussit à imposer? Dans le fait de creuser les clivages et la division dans un pays qui a crée sa richesse en faisant travailler ensemble les différences plutôt qu'en les exacerbant? Blocher ne dérape pas quand il dit que les romands ont toujours eu une conscience nationale plus faible. Il poursuit, inlassable, son projet de division des masses, en bon petit patron.

Suspens économique

Et maintenant qu'allons-nous faire? L'annonce de la non-ratification par le Conseil Fédéral de l'accord pour l'extension de la libre circulation des personnes à la Croatie oblige l'Europe à geler la participation de la Suisse aux programmes "Horizon 2020" (8000 emplois potentiels en Suisse de perdus) et Erasmus (fin d'une mobilité facilitée pour les étudiants suisses en Europe). Jusqu'aux CFF, on s'inquiète. 25% des monteurs de voies salariés, 26% des installateurs de ligne de contact, 15% des employés de maintenance sont étrangers. Selon Le Temps, 75% du personnel qui travaille sur les chantiers ferroviaires a un nom à consonance étrangère. Dès 2016, lorsque le fonds d'infrastructure sera débloqué, qui va aller poser les rails et renouveler le réseau ferroviaire? Les retraités à la croix-blanche, comme le désire l'UDC? Il serait bon de les voir serrer les boulons de nuit sur les chantiers ferroviaires. Quel gâchis. Et qui va aller ramasser les patates dans les champs? Les chômeurs ? Quelle illusion.

Un conte rappelle l'histoire d'un homme tellement en colère qu'il marchait dans la rue avec une pierre pour frapper les gens. Ne voulant plus avoir à ramasser sa pierre à chaque fois qu'il en frappait un, il l'avait attaché à un élastique afin qu'elle lui revienne à chaque fois. Parfois il touchait quelqu'un, mais toujours, qu'il atteigne sa cible ou non, la pierre lui revenait... dans la figure. Soulagé, il recommençait plus tard, encore, encore. Effet boomerang, quand tu nous tiens....

download.jpg50,3% de f...âchés ?
Non, "eux" ce ne sont pas 50,3% de fachos, plutôt 50,3% de fâchés (39% à Genève). Je les écoute. Ils disent non aux bus bondés, aux cacas de chiens en bas de chez eux, aux cages d'escalier taguées, oui à la Suisse du formol, non à l'étranger (sans savoir très bien qui c'est au juste), oui à la Suisse éternelle, au goût original du Toblerone, au "c'était mieux avant", à des billets de train moins cher, au deuxième McDo gratuit. Non au changement-si-je-ne-sais-pas-ce-que-j'ai-au-bout, aux jeunes qui traînent dans la rue. Cette Suisse fâchée des 50,3% a mille bonnes raisons de l'être, mais au final, en l'écoutant bien, pas une seule qui rentre directement en adéquation avec le libellé de l'initiative UDC. Cette Suisse des 50,3% vote contre ses intérêts. En suivant sa colère, elle s'est surtout fait instrumentaliser et mal à elle-même. Recommencera-t-elle? C'est à craindre. La Suisse de celles et ceux qui ne sortent plus de chez eux le soir et n'essaient même plus, parce qu'en lisant les nouvelles on voit bien que c'est l'horreur. Et qui maintenant ont même peur chez eux en lisant le GHI qui annonce la torture d'un aîné en Une, créant la psychose  (4 cas avérés rappelle la Police en petit caractère en bas de page). La Suisse de celles et ceux qui veulent retrouver un pays d'avant, mythifié et rêvé, plutôt que de construire le pays d'après, et font confiance à Blocher, petit patron du tassement, qui divise les masses pour mieux prospérer. Une Suisse qui à force d'être en sécurité à tout prix, risque d'être morte avant de commencer à vivre.

Le 18 mai nous serons combien?

Nous étions 49,7%. Il nous a manqué 0,3%. Il a manqué 20'000 voix à l'appel, ou d'avoir pu faire changer d'avis 10'000 personnes. Cela veut-il dire qu'il ne nous manquerait plus que 0,3% pour être une majorité ? Ce serait si facile. Aujourd'hui, une semaine après, combien sommes-nous? Plus ou... moins de 49,7%? Et demain?

Combien serons-nous le 18 mai à refuser de payer la somme astronomique de 3 ou 4 milliards pour acheter des avion de combat Gripen ? Un petit peu plus ou un petit peu moins que 49.7%? Combien serons-nous le 18 mai à accepter l'initiative populaire pour la protection de salaires équitables (initiative sur les salaires minimums) qui résoudra pour partie les questions du dumping salarial et des abus patronaux ? Plus, ou moins de 49,7% ?

Si nous avons su nous rassembler contre une Suisse qui regarde dans le rétroviseur, nous pouvons maintenant réussir à faire une majorité pour la Suisse qui avance, économiquement et socialement. 

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28/05/2012

Un mot est un acte

Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte est un mot

Facile, tu dis? - Menteur -

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