sylvain thévoz

25/11/2014

Barazzone: récupération ou plagiat ?

Le new "Geneva Lux Festival" serait né! Vraiment? A bien y regarder, on constate qu'on veut nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

La Tribune du jour nous présente un scoop. De singulières sculptures survolent la Ville! [1] Un nouveau concept d’œuvres lumineuses serait en chantier! Mazette, on prendrait presque le journaliste Mertenat au mot en découvrant le new « Geneva Lux Festival » tellement c'est beau et poétique. Il n'y a pourtant rien de neuf dans ce concept qui prétend pompeusement allier "modernité, tradition et innovation technique et artistique".[2] Ce concept a 10 ans. Nouvel éclairage : même concept, on nous en met plein les yeux avec les paillettes de la communication. Derrière: c'est du vent.  

Ceci n'est pas une lanterne

Le "Geneva Lux festival" n'est pas une nouveauté du conseiller administratif Guillaume Barazzone, ni la première édition d'un festival. C'est une simple mise à jour (un relooking diraient les new communicants) d'un projet initié par Manuel Tornare, conseiller administratif socialiste, en 2006, suspendant les mêmes oeuvres de l'artiste Cédric Le Borgne. Quelques photos souvenirs illustrent le simple copié-collé que réalise Guillaume Barazzone. [3]

Ce que l'on apprend à tout étudiant de 10 ans, c'est de citer ses sources. Un conseiller administratif serait-il soumis à d'autres règles que celles de l'honnêteté intellectuelle? Doit-on parler ici de plagiat politique ou le mot récupération est-il plus juste quand on s'attribue les mérites d'un autre sans prendre soin de le nommer? 

2006                                                         2014

arbres-et-lumieres-2006-zl.jpg

2102120_pic_970x641.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Qu'un magistrat s'attribue les mérites d'un autre sans le citer n'est pas brillant. Prétendre faire du Festival Arbres et Lumières un new " Geneva lux festival" est tape-à-l'oeil. Le procédé est vieux comme le monde, il consiste à faire prendre des vessies pour des lanternes. Seuls les benêts seront ébahis, les autres demanderont plus qu'un simple positionnement différent de statuettes et un beau discours estampillé 2014. Moins de communication, plus de création, vite !   

2006                                   2014

arbres-et-lumieres-2006-zp.jpg

 2102094_pic_970x641.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barazzone roi de la récupération

Barazzone n'en est pas à son coup d'essai en matière de récupération. Déjà le fameux "Urbanature" lancé en grande pompe le 20 mai 2014 reprenait les choix faits par son prédécesseur Pierre Maudet. Hop, un peu de plastique sur des chaises en bois, hop quelques pots déplacés ici et là et une grosse tartine de communication pour vendre le tout. Voilà comment on réinvente la roue à chaque législature. Est-ce suffisant pour faire croire que l'on innove et développe de véritables projets pour la Ville ? En tous les cas, si la population n'est pas dupe, les journalistes se laissent plutôt facilement berner avec une servilité étonnante. Où est passé leur esprit critique? 

 Pierre Maudet, chaise en bois.      Guillaume Barazzone, chaise en bois + plastoc.

images.jpg

topelement.jpg








Un vernissage 

Ce vendredi 28 novembre aura lieu le vernissage du new « Geneva Lux Festival » sur le pont de la Machine. Manuel Tornare sera-t-il convié à la fête ? Ce serait la moindre des choses de le convier afin que ce qui appartienne à César soit rendu à César, et que Guillaume Barazzone ait l'humilité de reconnaître qu'à défaut de créer on peut toujours recycler, et que la finalité d'une communication n'est pas uniquement d'être au service d'un projet de vente politique, mais sert aussi à replacer un projet dans son histoire collective. 

L'ère du tout à l'ego?

Si la politique événementielle et spectaculaire prend les tics de l'art contemporain pour sa mise en scène et ses agencements, il nous faut garder un esprit critique. En effet, au-delà de l'image, sur le fond, que penseront les étudiants sermonnés pour plagiat ou les petits enfants guignant la copie de leur voisin si les politiques font de même en toute impunité, oubliant leur valeur d'exemplarité et de modèles résistant aux tentations de s'attribuer tous les mérites de projets qu'ils n'ont pas conçu. Récupération, plagiat, des mots forts? Certainement.

Comment résister aux lumières hypnotiques du tout à l'ego ?    


[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/soir-venu-singulieres-sculptures-survolent-ville/story/24813075 

[2]http://www.ville-geneve.ch/themes/environnement-urbain-espaces-verts/manifestations-evenements/geneva-festival/

[3]http://blog.athos99.com/yalil/

12:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, barazzone, urbanature, geneva lux festival, art contemporain, politique, modèle | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/06/2014

Barazzone.com : le bug de l'apprenti jardinier

Le plan comm' était presque parfait. Nommer urbanature© le déplacement de quelques moutons du parc de la Bâtie au parc Lagrange et la pose de sièges en plastoc verts comme mobilier urbain en mettant un peu de gazon synthétique dessus aurait pu être le plan comm' de l'été. Décorer les places d'orangers, de citroniers, de grenadiers (et pourquoi pas de cocotiers pendant qu'on y est), aurait pu être la petite touche de "nature" sudiste dont l'agriculture de proximité se serait bien passée sans que l'on ne trouve rien à y redire tellement c'était bien emballé. Faire travailler les employés du service des espaces verts à lever et déposer des bacs alors qu'ils n'ont plus le temps de s'occuper des parcs, les mener en bateau lorsqu'ils viennent manifester, aurait pu être habilement dissimulé derrière des écrans de fougères. Mais voilà, le plan comm' de Barazzone a buggé à cause de quelques foutus lauriers-roses. Et quand la comm' arrête de faire écran, que découvre-t-on: beaucoup de vent, pas de racines, et le trouillomètre à zéro du magistrat, apprenti jardinier. Le bug de comm', c'est quel type d'insecte déjà?  

Le pot aux roses 

A peine quelques habitants se sont-ils plaints du risque de toxicité de la plante, que les malheureux lauriers-rose déposés par bacs aux Pâquis ont été retiré fissa. De Toulouse à Marseille, on rigole encore de ce retrait précipité. Peuchère, combien il y a-t-il d'espèces dangereuses dans les parcs de la ville ? Environ 50, 100 ? On ira avec plaisir consulter le jardin empoisonné du Jardin botanique http://www.ville-ge.ch/cjb/jardin_off.php pour s'en faire une idée. Barazzone va-t-il maintenant faire interdire la vente du muguet en mai prochain, empêcher les champignons de pousser? L'expert en communication d'urbanature© est convoqué : on arrache ou pas? On interdit ou non? On se couvre de ridicule... encore ? L'important, c'est de continuer à communiquer à tout prix... L'année prochaine, je parie : urbanature© ne proposera que des arbres en plastique et des moutons que l'on remonte pour les faire fonctionner. Pour sûr ce sera moins risqué, et la comm' sera plus facile.   

Combien la comm ?

Une habitante a posé une question intéressante via facebook à "Guillaume Barazzone, roi de la communication". Je la reprends ici au cas où il ne l'aurait pas reçue. Cette habitante s'interroge sur le fait qu'il est "le seul élu capable de payer et de sponsoriser ses publications facebook pour qu'on se coltine des jours de suite sur le fil d'actualité ses action lambda (de refleurissement de la ville)." Elle souhaite savoir si cela est payé avec l'argent des contribuables, et surtout : combien d'argent a été mis dans la comm' sans une seule motte de terre ou d'herbe en plus. Combien coûte urbanature©, avec ou sans les lauriers-roses, et sa pub sur facebook?

La mauvaise herbe de la comm'

La question mérite une réponse, car la comm' est beaucoup plus toxique que les lauriers-roses. Elle coûte plus cher, menace la santé mentale des contributeurs et surtout leur porte-monnaie. Puisque des lauriers-roses fraîchement plantés aux Pâquis ont été retiré en 48h, la cohérence serait de débarrasser tout aussi rapidement les médias sociaux de la mauvaise herbe communicationnelle si des citoyens s'en plaignent de même, non? L'objectif est-il vraiment la promotion de la nature en ville, ou de jouer à l'apprenti-jardinier pour faire de l'auto-promotion? Les moutons, les travailleurs du service des espaces verts, les amoureux de la nature s'interrogent. Moins de comm' plus de pommes, ça pourrait être un bon slogan (ça fait deux fois que je le propose). Dites, si on est trois à le demander: vous agirez Monsieur Barazzone ? 

Interroge-toi c'est gratuit

Le plus piquant, dans toute cette histoire, c'est que Monsieur Ricou, PDC élu au conseil municipal ait attaqué, sur son blog, le service Interroge des bibliothèques de la Ville et même demandé sa suppression (http://lionelricou.blog.tdg.ch). Interroge c'est ce service gratuit qui répond en ligne à toutes les questions. En novembre 2013, ce service répondait à une question sur la nocivité des plantes dans les parcs de la Ville de Genève. On lira avec délice cette information http://bit.ly/1s0U5LI listant comme il se doit le laurier-rose au rang des plantes toxiques. Dommage que Barazzone ne l'ait pas consulté. 

Il faut cultiver son jardin

Ce n'est donc pas Interroge qu'il faut supprimer, mais ceux qui lancent tout un plan comm', engagent l'arrachage et le replantage d'arbustes, sur les impôts des contribuables et de la "nature". Enfin, si le PDC est vraiment contre les doublons, qu'il exige de son magistrat Barazzone de choisir entre Berne et Genève, parce qu'à trop vouloir faire les deux, il semble que le magistrat et conseiller national, apprenti jardinier, se soit un peu perdu dans la nature....   

07:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barazzone, plan comm', ricou, pdc, nature en ville, urbanature | |  Facebook |  Imprimer | | |

04/06/2014

Barazzone, les moutons, et le mort

urbanature,william favre,parc lagrange,nature en villeEn 1917, William Favre, homme politique et protecteur des arts lègue son parc Lagrange à la Ville de Genève. Dans ses dernières volontés, il pose une condition: que le parc soit ouvert du lever du jour à la tombée de celui-ci. Le site de la Ville de Genève le rappelle d'ailleurs fort à propos (http://bit.ly/1hwNzI3). Si la légende raconte que William Favre voulait ainsi empêcher sa femme de s'enfuir à travers le parc pour lui faire des infidélités, la vérité est autre. Cet homme souhaitait surtout garantir la possibilité pour les habitant-e-s de fréquenter ce parc au maximum de ses potentiels suivant la luminosité liée aux saisons. 

Lire la suite

08:28 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : urbanature, william favre, parc lagrange, nature en ville | |  Facebook |  Imprimer | | |