sylvain thévoz

20/07/2016

Mollo les rambos !

On a lu avec attention, dans le climat tendu et hystérique qui règne aujourd'hui, les déclarations du magistrat Maudet annonçant des mesures de lutte contre la radicalisation. On a pris bonne note de sa volonté affirmée de cibler les jeunes avant tout, nonobstant le fait que dans les récents événements de Paris, Bruxelles et Nice, il s’agit d’hommes pas si jeunes que cela, plutôt entre 20 et 39 ans, soit… des adultes.[1] Ce ne sont pas les esprits faibles des jeunes qui semblent un facteur déterminant, mais la misère de l'impasse sociale et de parcours d'échec.

Monsieur Maudet affirme que la réponse doit être de deux ordres : policière et sociale.[2] Bien. On se prend alors à espérer que ces deux démarches avancent en parallèle, main dans la main. Malheureusement, cela n'est pas le cas aujourd’hui. A entendre ce qui remonte du terrain, elles sont même plutôt antagonistes. Si les sociaux font un travail de lien et de construction, la paranoïa qui anime la police et sa manière brusque d’intervenir dans l’espace public, nourrie par une volonté de contrôle et une appétence à sur-réagir, jouer les gros bras, envoie un message qui ne peut qu’attiser ce qu’elle prétend combattre.

Le résultat de l’action policière : stigmatiser certains profils, les harceler. Poursuivis pour délit de sale gueule, ils sont alors tentés de se radicaliser. Le résultat de l’hystérie policière ? Rendre sexy une posture de djihadiste de préaux et donner à certains une raison d’exister en jouant, face aux policiers, qui en voient partout, les effrayants djihadistes, rendant ainsi valorisante la posture du barbu. La police nourrit ce qu’elle prétend combattre. A force de surjouer au djihadiste et au flic, la police finira par en créer davantage.  

 

L’hystérie policière est mauvaise conseillère

Un exemple ? Dans un bus, une femme, qui rentre d’un pique-nique dans un parc. A quelques arrêts de chez elle, elle note la montée d'une équipe de contrôleurs. Alors qu’elle leur tend son billet, elle note la présence de plusieurs policiers en tenue d'intervention. La tension devient palpable dans le véhicule. La police interpelle chacun. Le bus roule plus lentement, n'ouvre pas les portes à l'arrêt suivant. Les policiers demandent à voir les contenus des sacs. Un grand policier, tendu, fatigué... poli mais à cran.

 - Madame, est-ce que ce sac est à vous ? Elle a à ses pieds, entre ses jambes, quasi sous sa longue jupe : un cabas papier visiblement quasi vide.

- Oui, c'est le mien

- Peut-on voir son contenu?

- Oui bien sûr...

Pas même agacée, elle le lui tend. Il le fouille et se fige. Quelque chose se modifie dans sa posture : main qui va se poser sur son arme de poing à la ceinture. Car dans le cabas de papier, il y a, outre une plaque à gâteau avec un reste de tarte maison fromage/poireaux (délicieuse, même froide il paraît), un TOUT PETIT COUTEAU DE CUISINE... dont la lame maculée de fromage (serait-ce de l’anthrax ?) montre très visiblement qu'il a servi… à faire de belles parts. Mais voilà, soudain, c'est une arme blanche, et visiblement, la jupe pourrait tendre vers le noir burka.   

Cette femme relativise, explique très calmement qu’elle rentre d'un pique-nique au parc...


-Par ce temps ? A cette heure-ci ?

-Oui, il faisait un peu froid c'est vrai, mais c'était un beau moment. Les enfants étaient ravis...

- Les enfants ? Quels enfants ? Vos enfants ? Et maintenant, ils sont où vos enfants ?

- Non ce ne sont pas les miens...

- ... pas les vôtres, comment ça ?

- ...

 

Le climat de peur généralisé fout les jetons

Les questions fusent, l’interrogatoire sauvage commence. Elle explique, encore et encore, est reprise, interrompue. Elle sent que tout ce qu’elle dit est de plus en plus suspect. Elle fait tout pour rester calme, mais effrayée, elle est placée radicalement sur la défensive.

Elle a juste pris, comme à chaque pique-nique, son couteau à mini lame, à peine de la longueur de sa paume, de ses si petites mains qui n'ont jamais blessé personne. Que cherche la police, qui veut-elle arrêter ? Pas un mot. Aucun policier ne prend la peine d’être pédagogue. Chaque personne est suspecte, voire complice, dans ce bus où la tension monte. Ces citoyens, paisibles il y a peu, deviennent nerveux... contagion de la suspicion, de la peur. Finalement, après un échange en code ridicule avec ses collègues via micro/ oreillette, le rambo cesse son harcèlement envers sa cible par un sermon:

- Madame, on ne doit pas se promener dans l'espace public avec un couteau...

- Mais je..

- Non, on ne doit pas ! Point ! Oui, même dans son panier de pique-nique ! 

A l’arrêt suivant, les rambos descendent, comme si de rien n’était. Et bye. Fin de l’opération de chasse et surveillance... jusqu'au bus suivant. En général, ce genre de manœuvre se termine par la rafle d’un sans papier ou d’un rom, sur lesquels les flics passent ensuite leurs nerfs.  

 

Les tactiques d’intimidation de la police radicalisée

Tout cela a duré quelques minutes, avec une femme sûre d’elle-même, et qui pourtant portera encore, durant de nombreux jours, la marque de cette rencontre avec la police, la racontant plusieurs fois, comme pour l’exorciser.

Le dimanche, quand elle achètera son fromage au marché, elle demandera au vendeur de le lui trancher en portions, par peur d’avoir à le faire elle, l’après-midi, avec son petit couteau au bord du lac. Alors, bien qu'on soit dans un lieu public, le fromager sortira son grand couteau et tranchera le gruyère pendant qu’elle lui racontera l'incident du bus.

Il la servira poliment, mais il s'interrogera certainement lui aussi : Et si cette femme était vraiment dangereuse... il n’y a pas de fumée sans feu n'est-ce pas, ni d’intervention de police sans suspect -jamais-. Et d'ailleurs lui, tenant ce couteau haut levé, n'est-il pas soudain un peu limite aussi…  comme bientôt tous ceux qui manient la pelle, la pioche, les drones ou même les balais dans l'espace public ?

 

Identifier l’ennemi ou l'inventer ?

Cette petite histoire, reproduite des milliers de fois sur des milliers de personnes quotidiennement, montre l’ampleur de la contagion et de la pression psychique. On peut imaginer, dans un climat psychologique difficile, ce que cela donne quand la police en rajoute ;  quand cette police rambo applique sa méthode de gros bras dénués de psychologie sur des profils ciblés en fonction de leur taille ou couleur de peau, jours après jours, comme elle le fait pour les roms ou d’autres catégories précaires de la population, harcelés d’un coin à l’autre de la ville et poussés à bout, parce qu’ils ont un profil terrorisable.

 

Le risque est aussi grand de fabriquer des radicalisés par l’hystérie de la police et la paranoïa ambiante que via des imams illuminés

Le plus grand relais de Daech, ce sont les agents de la peur, ils se comptent en nombre jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat. Au Département de la sécurité que préside Monsieur Maudet, ils ont des strapontins et certains de leurs remèdes sont les pires carburants à la haine.

Comme le rappelle Humanrights.ch, dans l'affaire des 32 bagagistes de Cointrin virés à Noël 2015 par mesures préventives: "Les droits humains prévoient certes des restrictions proportionnées et reposant sur une base légale, mais comment savoir si ces restrictions sont proportionnelles lorsqu’on avance à l’aveugle, sur la base de fichiers tronqués et en acceptant, comme l’a fait Pierre Maudet, qu’il est «pratiquement impossible pour une autorité́ helvétique d’aller contrôler la véracité de l’information à̀ l’étranger»? [3]    

Allez-y mollo les rambos, car avec votre panique contagieuse et votre haute capacité à criminaliser les citoyens qui partagent des gâteaux dans les parcs, mangent du fromage au couteau suisse et tout barbu qui nourrit des pigeons, vous allez pousser à bout une catégorie de la population déjà sur le fil, excédée, harcelée par vos soins, et pour peu qu’un petit événement de vie ne vienne pousser au basculement- un manque de travail, une rupture sociale – vous allez nous fabriquer les bombes humaines dont vous prétendez nous prémunir.

 

Déradicaliser la police

Oui, le magistrat Maudet a raison, la lutte contre la radicalisation nécessite une réponse ferme et respectueuse des droits de tous. Mais il ne faut pas croire que la radicalisation islamique soit la première qui menace nos institutions, nos libertés, et notre sécurité. Aujourd’hui, il est une radicalisation plus perverse, c’est celle des polices et d'une politique de la mise sous pression, dont il faut calmer l’hystérie et l’agitation, si l’on ne veut pas que la main gauche crée le problème que la main droite s’emploiera ensuite à régler.

Certes, cette schizophrénie fait le bonheur du magistrat, se gaussant d’une nouvelle menace sur Genève. Mais calmer par le social ce que la police excite est une drôle et coûteuse politique.

Verrouiller à double tour les prisons comme des cocottes minutes, en y jetant à peu de chose près n'importe qui - des mendiants qui ne paient pas leurs amendes par exemple-, c'est préparer des bombes à retardement.

Ce cauchemar, ponctué par les sirènes hystériques des camions de déminages appelé pour faire sauter les gâteaux du dimanche et les valises quittées des yeux par des voyageurs distraits, servira au final surtout à remplir les hôpitaux psychiatriques de citoyens à bout de nerf et les nouvelles prisons de la République de gueux ratissés dans les opérations de la police genevoise.

Alors, que Maudet envoie en stage ses rambos pour leur apprendre pédagogie et respect envers tous les citoyens qu’ils ne sont pas censés harceler, mais protéger... ou qu'il arrête hypocritement de parler de social.

 

Patricia Vatré, Sylvain Thévoz

 

 

[1] http://labs.letemps.ch/interactive/2015/attentats-paris/

[2] http://www.ge.ch/dse/doc/news/160603_comp_bilan_mesures.pdf

[3] http://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/interieure/protection/securite/affaire-bagagistes-geneve

09:29 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, proportionnalité, police, terrorisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/03/2014

Bayenet - Jornot : corps à corps

topelement.jpgLe débat est dans la salle sans fenêtres mais il n'y a pas de barreaux. Il faut descendre l'escalier. La salle est déjà comble, plus de 200 personnes à vue de nez. Le public est assis sur le rebord des marches. Ce n'est pas uniquement des avocats, des juristes, le petit monde judiciaire qui est là, mais aussi les membres d'associations, habitant-e-s; de gauche, de droite... et d'ailleurs. Chaque candidat a ramené ses soutiens. La gauche est à gauche, la droite est à droite. Monsieur Jornot est bien en place. Il est arrivé à l'avance. Son costume est serré. L'homme a de l'embonpoint, porte une cravate bleue. Il cause avec les journalistes, sourit largement. Les éclairages artificiels donnent une lueur blafarde à la salle. A l'heure du repas de midi, on va parler prisons, arrachages de sac à mains, justice. J'ai pris mon sandwich au vol. Je l'ai payé 6 francs. Dehors, grand soleil. C'est le printemps déjà.

Bayenet à l'heure au rendez-vous

Pierre Bayenet ne se fait pas attendre. Seuls les journalistes sont nerveux. Ils craignaient que l'homme n'arrive en retard. Un débat public, c'est une mise en scène. On se croirait sur un plateau télé. Bayenet est à l'heure au rendez-vous. Il porte une parka vert pomme, cravate rouge, descend rapidement les escaliers, monte sur scène. Il est jeune, précis, avec l'air un peu lunaire de savoir très bien où il va, mais pas encore forcément comment. Il a de grandes chaussures noires, bien cirées. Mon sandwich est bon. J'ai pris l'un des deux qui était devant moi. Je n'avais pas beaucoup de temps, mais j'avais le choix. C'est peut-être un détail pour vous...

Mise en bouche

Ces deux hommes vont passer l'heure du midi à se faire cuisiner. Pas de salamalecs. Ils n'ont pas eu le temps de manger. Qui dévorera qui? Pour l'instant, seul le public les appâte. Ils sont assis face à lui, montés sur leurs tabourets. La table de Bayenet est mal ajustée. Deux personnes, accroupies, la stabilisent. Bayenet ne bouge pas. Il pose ses papiers sur sa table, certains sont annotés. Jornot n'a rien, juste des bouteilles d'eau. Un micro à la main, lunettes sur le nez. Tabula rasa et basta, son bilan.   

Prendre la mesure

Le débat commence. Jornot dit "bonsoir", la pénombre l'a trompé. On n'a pas l'habitude de voir les pieds des gens qui parlent. Dans les journaux, ce sont toujours les têtes que l'on relève, pas les ventres. Pareil pour les criminels... et les procureurs donc. On les prends face / profil, et voilà. On se fout pas mal de leurs cuisses. Et pourtant.... c'est toujours les corps que l'on enferme. La tête résiste, on n'y arrive pas. Et si les pieds parlaient plus que la langue? La voix de Bayenet est stable. Ses mains grandes, collées au corps. Ses pieds bougent sous la table, donnent le rythme. Pour que le débat aille plus vite? Peut-être. L'homme a soif de justice, ça se sent. Peut-être qu'il a un temps d'avance. Grandes jambes, longs bras. Ses dents semblent ok. Il dit: 15% des personnes qui sont à Champ-Dollon le sont à titre d'infraction sur la loi des étrangers. Quand il parle, il est un peu de bais, comme s'il disait des choses qui viennent d'un angle, d'un coin que l'on ne veut pas voir, à peine entendre;  comme s'il cherchait aussi à dire au mieux ce qu'il pense. Il regarde ensuite le public de face. Il cherche le contact, une forme de vérité je crois.

Droit dans ses bottes

Jornot est juché sur sa chaise, bien droit. Il semble droit dans ses bottes. Cet homme a dû faire l'armée. Il amorce ses certitudes, tire quelques cartouches, ça lui donne une contenance, de la puissance presque. Mais que vise-t-il ? L'idée de l'échec doit le tarabuster. Pas facile de passer devant le peuple. On ne sait jamais ce qui peut lui passer par la tête. Pourtant, il l'a déjà fait. Elu au conseil municipal de Veyrier, comme député au Grand Conseil, il a échoué dans sa course interne au PLR pour le Conseil d'Etat contre Mark Müller et Isabel Rochat en 2008. Est-ce que son corps raconte cela? Je ne sais pas. Il a pris du poids, ça c'est sûr. Sa tête bouge très peu. Son corps est immobile, rigide presque. Plus procureur que candidat, plus professionnel que politique, il se place au-dessus de la mêlée. Son coeur se serre pourtant quand il parle politique.

Grand écart et ronds de jambes
Jornot fait un grand écart entre son appartenance partisane et sa fonction. Il se tient pourtant sur scène jambes bien serrées, comme s'il craignait de laisser glisser quelque chose. Il est soutenu par le MCG et l'UDC. On a vu mieux comme pedigree. Dans son groupe de soutien se trouvent des affairistes, la crème du milieu de l'immobilier... et un avocat genevois membre de la fondation Pinochet
lance un homme dans le public. Bref, tout ce que le pouvoir bien établi exige de ronds de jambe. Justice de classe? Jornot s'en défend. Il nomme aussi des procureurs de gauche, rappelle-t-il. Il défend son bilan avec des mouvements précis de la manche et ferme le poing quand il évoque les arrêts domiciliaires. On oublie presque qu'il a 44 ans. On lui en donnerai presque 60 quand il parle de ceux qui, avec des bracelets électroniques, se la coulent douce avec une bière devant leur téloche. On pense qu'il rêve à sa retraite. 

Corps à corps

Les pieds de Bayenet s'animent encore. Il est chaud, mais se contrôle, ça se sent. Ses phrases cherchent le jab, il est vif. Le poing de Jornot se range dans sa poche. Les coups s'échangent, feutrés, puis plus forts. On pense que Bayenet va tomber, mais non, il sait frapper aussi : "Les conditions de travail au Ministère public sont mauvaises. Le taux d'absence est l'un des plus hauts de tout le Canton, avec 7,5%"  Jornot encaisse, rentre la tête, sur la défensive. Il entraîne Bayenet avec lui: "Je suis content que vous alliez dans mon sens en réclamant plus de policiers". Bayenet laisse faire, prend le contre-pied, "j'aimerai bien savoir quel est le bilan de monsieur Jornot en matière de lute contre les escroqueries fiscales, par exemple. Je ne le sais, car cela est gardé secret." Jornot perd pied, à moins qu'il ne feinte. Encore une demie-heure comme cela et il aurait craqué glisse un journaliste. Vrai? Peut-être. Surprise au moment du gong final. Il n'y a pas eu besoin de les départager aux poings. Chacun s'écarte d'un pas chassé. Pierre Bayenet a remporté le débat du jour contre Olivier Jornot. Il était plus frais, plus péchu, et plus proche des réalités sociales. En plus d'un vrai combat gauche-droite cette élection apparaît désormais aussi comme le combat des auto-satisfaits de leur gestion de la justice contre ceux qui la réclament encore. 

Voter avec ses pieds

Aux Pâquis, une amie m'interpelle devant le Temple. Des mecs chient dans son allée, planquent de la dope dans sa boîte aux lettres. Elle n'en peut plus, elle va craquer. Elle est contente de voir la police tourner, ça la rassure. Mais dès qu'elle est passée, c'est de nouveau la merde. Je me souviens des chaussures cirées des deux candidats au poste de procureur. Celui qui bougeait beaucoup me semble alors, dans son insatisfaction et son impatience, plus proche de la réalité que celui qui affirmait qu'il avait tout réglé en vantant son bilan, rappelant que remettre les délinquants dans la rue n’était pas la solution qui améliorerait la situation des genevois alors que les délinquants sont toujours dans la rue et que rien n'a encore changé pour les habitant-e-s des Pâquis ou d'ailleurs.

Je résume le débat du jour à mon amie. Elle me dit que je devrais écrire sur ces deux-là, ils sont rigolos. Voter? Elle me rit au nez. Elle le fera sûrement avec ses pieds le 13 avril... ou peut-être quand même... à la limite... pour celui qui aura su la toucher... si c'est encore possible. 

 

 

 

 

 

 

17:33 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élection, procureur, jornot, bayenet, genève, sécurité, police, prisons, justice | |  Facebook |  Imprimer | | |

06/01/2014

De l'érotisme sécuritaire

1620719_pic_970x641.jpgEt s'il entrait dans le désir de plus de caméras et de policiers de la gourmandise plus qu'un argument basé sur la peur et la crainte? Et si le moteur n'était pas le tremblement mais la tension du désir, peut-être un peu inavouable, caché, fantasmatique et goulu, de sentir l'exercice de la force, sa puissance. Tentation de la grosse voiture au bonhomme musclé bien matelassé, de son bâton -big stick- revolver qui en impose, ou son "inverse" qui ne fait que le renforcer encore plus : une jolie dame policière, féminine, blonde si possible, sur-féminisée même, car taillée dans l'uniforme de la force, renversant puissamment les représentations tout en les magnifiant.


Cela vous rassure ou cela vous excite? 

Bon, allons un peu plus loin. Vous avez vu, Genève a sa "police de l'extrême" habillée tout de noir avec la cagoule et se postant à l'entrée de véhicules comme devant des dark-room. You want to come in? Leur regard invite à s'approcher. Venez voir ce qui vous est caché. Venez voir qui peut intervenir à tout moment, entrer partout, jaillir de nulle part. Attention, pour voir, faudra payer. Combien au juste le petit plaisir ? On ne sait pas, c'est secret... vous reprendrez bien une coupe de champagne; comptez voir un petit million pour voir... Genève a sa police de l'extrême, mais le Jura aussi (le GITE), Vaud (le DARD ah bon), Fribourg (le GRIF), Neuchâtel (COUGAR, tiens tiens). Comme si cela ne suffisait pas, l'armée ET l'autorité de la police judiciaire fédérale ont aussi leurs crazy horses. Mazette. Cafouillages garantis lors de chaque opération (une fois tous les 5 ans). C'était le cas, par exemple, lors du ratage face au forcené de Bienne en 2010 qui avait pu partir tranquille de chez lui au nez et à la barbe des barbouzes avant d'être arrêté par une... habitante. Chaque canton désire ses Rambos, peu importe le prix à payer. L'addiction est irrépressible, peu importe l'addition. Ils sont si jolis dans leurs costumes tout noirs, avec une cagoule si seyante. De quand date leur dernière intervention? Euhhhh..... à Genève en 2008 pour sécuriser les matchs de l'Eurofoot selon les mauvaises langues, mais bon on ne minaude pas son petit plaisir secret et coquin. Il faut savoir se faire désirer et être prêt à intervenir au cas où, même si on empile les forces spéciales au kilomètre carré, les redouble avec celles des services étrangers lors des visites des dignitaires, c'est si sexy et vertigineux de jouer avec le danger. Heureusement qu'il reste l'aéroport pour s'envoyer en l'air, ça permet de justifier un corps de police en plus. Et hop. Mais on n'est plus dans l'érotisme là, plutôt dans la pornographie dure. Encore un petit million pour faire passer le tout?


1620761_pic_970x641.jpgQui, combien, pour faire quoi?

Alors, pourquoi, au-delà du raisonnable, et du nécessaire, cette appétence pour les moyens de sécurités qui se redoublent ? D'où vient cette obsession sécuritaire, quel en est le puissant levier? Ce n'est visiblement pas pour que l'on aie moins peur, ça non, on a toujours autant les jetons; pourtant les détournements d'avions et les prises d'otage ne sont pas si légion dans nos régions. Alors? Serait-ce que le jouet est si beau à manier, donne du plaisir à certain pendant qu'il en fait fantasmer d'autres? Cela fera toujours de jolies photos à prendre. Et puis c'est quand même plus sexy à montrer que cent vieilles dames a qui l'on aura pu mettre une prothèse de hanche, n'est-ce pas?


Erotisme sécuritaire

Pourquoi cette appétence pour la mise en scène des moyens de surveillance? Cette fascination pour la figure du policier, de la douane, de la cage, de l'enfermement, des menottes et sirènes?  Tout l'art réside dans le voilé, le dévoilé, bref: un érotisme, contenu dans le plaisir de l'exhibitionnisme (se rendre visible) allié à celui de tout voir, de surveiller tout le temps (voyeurisme). Pouvoir tout voir et contrôler, être soumis à tous en même temps. Tu les entends, ils se moquent bien que la NSA les écoute et que les caméras les filment, car celui qui n'a rien à cacher n'a rien à craindre, en effet : puisque son fantasme est de tout montrer. Et ils s'adonnent avec une passion sucrée à se dévoiler sur tous les médias sociaux, danse lascive. Les polices n'ont pas à les cueillir: ils s'offrent. Erotisme de la surveillance : être sur-veillé.     

   

1620711_pic_970x641.jpgFantasme sécuritaire

L'insécurité n'est pas un fantasme, elle est bien réelle; augmentera si ce qui fait le lien entre les humains et détissé. Mais la sécurité est un fantasme quand elle prend la forme d'un érotisme sécuritaire. On met bien un contrôle parental sur les sites de fesses pour les mineurs; des évangélistes américains donnent leur code d'accès à des personnes de confiance pour ne pas chuter. Peut-être faudrait-il de même instaurer un contrôle citoyen pour les députés qui s'échauffent à toujours plus de police au détriment de la santé, de l'éducation, de la culture et du logement, tâches qui les excitent semble-t-il moins. Alors, à quel moment décidera-t-on de les sevrer du peep-show qui les conduit à faire payer toujours plus cher toujours plus de fantasme sécuritaire pour moins de sécurité?



Toutes les polices se nourrissent d'un érotisme sécuritaire. 

Aucune ne nous protège de son fantasme.


 

10:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erotisme, police, peep-show, sécurité, fantasme, pornographie, media sociaux | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/09/2013

Tu votes ou tu votes pas?

 

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A 6 jours de l'élection du 6 octobre le taux de participation est toujours à moins de 10%. Le train est encore à quai, il est temps d'y monter. Après, ce sera trop tard, fini pour 5 ans, basta. Et suivant l'équipage, 5 ans, c'est long. Le 6 octobre, on élit avant tout 100 députés. Et ce n'est pas pour les mettre dans un wagon de première classe, mais pour qu'ils assurent la bonne marche collective, son service, sa conduite.

Alors citoyen-ne, voisin-e, tu veux être actrice du voyage, passager-e- concerné-e par la destinée du train, ou rester bêtement à quai à regarder passer les wagons? En démocratie, tu as pour mandat d'élire, mais aussi de surveiller, relancer, informer, contester ceux qui gouvernent par délégation afin qu'il fassent ce pour quoi on les élit: assurer la bonne marche de la société. En tout cas pas de leur offrir un voyage de 5 ans tous frais payé reconductible automatiquement. Citoyen-ne, voisin-e, voter te permettra ensuite de leur demander des comptes et de les placer devant leurs responsabilités. La priorité c'est aujourd'hui de lutter contre la pauvreté, pas contre les pauvres ; de lutter pour que la classe moyenne sorte la tête de l'eau, pas pour qu'elle s'y enfonce. On récolte de ses élu-e-s ce qu'on y a semé. Ou alors on change. Ou bien? 

Un bilan à faire

Avant de s'embarquer dans ce voyage de 5 ans, quel bilan tirer du voyage précédent?

La droite avec une majorité écrasante au Grand Conseil (68 députés contre 32 de gauche) 4 Conseillers d'Etat contre 3 a poursuivi sa politique de démantèlement des services aux citoyen-ne-s et de bradage de l'Etat. Cette majorité a mené le Canton au bord de l'implosion sociale et les inégalités n'ont cessé de croître ces dernières années. Cette droite chaotique a mené notre canton au bord de la faillite. Des politiques perverses et dangereuses pour les travailleurs et travailleuses, la stigmatisation des personnes au bénéfice de l'aide sociale ont rendu tous les liens sociaux plus fragiles. A force d'être férocement économistes, ces politiques ont perdues de vue celles et ceux qu'elles doivent servir: les citoyen-ne-s. Les libéraux-radicaux pousseront peut-être des cris d'orfraie devant ces affirmations, qu'ils le fassent. Ils aimeraient pratiquer l'art du serrage de boulons pour certains et l'ajout de service de première classe et de communication sur papier glacé pour d'autres en toute tranquillité, mais non. On ne peut pas tondre les citoyen-ne-s et avoir en plus leurs remerciements. Le peut-on?

Le new-management est dangereux pour la santé

Suppression du RMCAS, empilage de dossiers (jusqu'à 80 à l'Hospice Général sur des assistant-e-s sociaux débordés), augmentation des "critères" et des "barèmes" comme seules manières d'envisager l'humain. La guerre au doublon et la prime aux fusions d'entités a fait des victimes: les citoyen-ne-s. Une seule porte où s'adresser, et elle est bien gardée, n'entre plus qui veut et ça va empirer. Aux EPI (Etablissements publics pour l'intégration) le slogan c'est : "Après la fusion la culture d'entreprise". Allez voir ce qui reste du Département de la solidarité et de l'emploi après le passage de Monsieur Longchamp et avant que Madame Rochat, par un grossier tour de passe-passe, ne s'y fasse doucement oublier avant les élections.... La Santé? Et un et deux et trois plans de restructuration plus tard, allez écouter les travailleurs et travailleuses et rendez-vous aux urgences pour une petite attente de 6 heures, vous m'en direz des nouvelles. Vous cherchez un logement. Revenez dans 5 ans..... ou mettez trois mille balles sur la table. Merci qui? Merci Mark Müller, merci Longchamp, merci Rochat, merci Maudet.   

Les pauvres sous le tapis les beaux sur l'affiche?

L'Hospice Général ne fait plus son boulot par manque de moyens. Il fait donc refluer les personnes vers les communes ou simplement à la rue. Sous couvert de bonnes gestions et d'"intégration" avec un joli discours formaté new management les libéraux-radicaux coupent les prestations, fragilisent les prestataires ou les basculent vers d'autres horizons, espérant les perdre en route ou s'en débarrasser. Cela augmente la précarité sociale, et l'insécurité. 

Cette manière de (dé)faire les liens sociaux en créant des murs administratifs compose de fait des difficultés supplémentaire. Le culte du chiffre ne se marie pas avec la vie sociale. Ces politiques sont non seulement dangereuses mais surtout perverses. Le tout sécuritaire, voulu par Monsieur Maudet, avec des poses de caméras à plus 2 millions, des corps de police spécialisés qui se tournent les pouces pendant que d'autres triment sur le terrain; des dizaine de gendarmes et agents municipaux en plus qui au final font du travail administratif, tout cela coûte au final très très cher et n'éponge qu'à peine ce que les politiques anti-sociales voulues par Monsieur Longchamp et Madame Rochat ont contribué à créer.

Un autre quotidien est possible
La gauche, au quotidien, en travaillant sur le terrain, que ce soit pour soutenir l'économie sociale et solidaire ou en développant et en alimentant en Ville un fonds chômage ainsi que la Fondetec, Fond de soutien aux PME et aux start-up empoigne les enjeux autrement, sous l'angle de la durabilité. Elle lutte pour conserver une administration forte, redistributrice, créatrice d'emplois. Elle développe l'offre des places de crèche, développe une école inclusive, qui limite les décrochages et permet, si pas l'égalité des chances au moins de limiter la casse des inégalités. Elle a une vision plus large de ce qu'est la sécurité, et maintient un service public de qualité et efficace. La collectivisation des sols permet de retirer le terrain sous les pieds des spéculateurs. Un éducateur spécialisé dans chaque école c'est aussi moins d'insécurité dans les rues. 

Dernier départ pour la Genève qui se lève 

Il est temps, ici et maintenant, de changer cette majorité crasse du Grand Conseil, pour oser un autre modèle de société, et donner un autre rythme que celui du confort pour certains et les économies pour d'autres. C'est maintenant que tout se joue. C'est le dernier départ pour la Genève qui se lève. Après, le train partira pour 5 ans et que tu sois à quai ou pas, dedans ou non, voisin-e-, citoyen-ne-, habitant-e-, tu le sentiras passer, ça c'est garanti.


Alors, tu votes ou tu votes pas? 

15/08/2013

Les pandores veillent au bain?

 

download.jpgTous sur le pont pour éviter les noyades. Vraiment ? Cinq agents de la police municipale, un gendarme pour surveiller un pont vide, diable ceux qui voudraient se jeter à l’eau n’ont qu’à bien se tenir durant les jours qui viennent. Le dispositif on ne saute plus, à défaut d’on ne se noie plus est en place. Il est plutôt imposant.

La noyade du mois de juin, celle de vendredi passé et l’alerte déclenchée ce dimanche ont laissé des traces. Peu importe que celle-ci n’ait pas été le fait de quelqu’un qui s’était jeté du pont mais depuis le quai du Stand ;  peu importe que la présence des pandores, si elle dissuade les sauts n’empêche quiconque de se jeter à l’eau. Au final ils sont 6 sur le pont, et ils guettent. Personne ne vient. Personne ne saute. Personne ne se noiera donc. Vraiment ? L’interdiction ne résout rien (sauf quand le niveau de l’eau est bas, ce qui n’est pas le cas ces jours-ci). Rassure-t-elle ? Pas sûr non plus. L'embargo sur les sauts, si ce n’est pas la meilleure « prévention » qui soit, est en tout les cas la plus coûteuse.  

Depuis 2007, le Conseil d'Etat a adopté un arrêté cessant d'interdire la baignade le long du Rhône en aval du pont Sous-Terre. Cet arrêté interdit néanmoins toujours les plongeons depuis le pont. En 2010, quatre échelles sur la rive gauche du Rhône ont été posées pour faciliter l'entrée et la sortie dans le fleuve. En 2011, trois pontons d'une longueur totale de 90 mètres ont pu être installés pour inviter à la baignade après des années de discussion. Un quatrième emplacement de 160 mètres doit encore être installé cet été. Mais on cherchera en vain des indications sur la température de l’eau, un maître-nageur surveillant les flots, une indication d’heures de baignade protégée. On cherchera en vain des douches pour préparer les nageurs à la baignade et prévenir les chocs thermiques, des toilettes publiques et des installations complémentaires sur place, un miroir pour permettre à celles et ceux qui sautent du pont de voir si un bateau arrive dessous, voire une indication de la profondeur ou de la vitesse de l’eau ? Pourquoi pas un petit commerce qui équipe les nageurs, vend des manchons, des bouées? Enfin, des panneaux d'avertissements plus grands, signifiants? On pourrait imaginer une distribution de papillons aux baigneurs pour leur rappeler les dangers du fleuve, les comportements de sécurité de base, le comportement à avoir en cas de début de panique et si quelqu’un se trouve en détresse ? Le Canton est propriétaire de l’eau, la Ville des berges. Qui est responsable de l’information pour ceux qui vont de la berge à l’eau ?

On oscille pour l’instant dans une schizophrénie douce entre facilitation de la baignade le long des berge et répression de celle-ci depuis le pont. Six hommes en armes sur un pont dissuadent un plongeur en short de sauter. Le message transmis est paradoxal : ici c’est interdit, mais d’en bas vous pouvez y aller : aucuns soucis. Aucuns soucis, vraiment ? Quelle est la différence de risque entre sauter du pont ou sauter de la berge ? Il n’y en a pratiquement pas.

En 2011, les socialistes avaient préconisés, en plus des pontons, l'installation d'une passerelle piétonne reliant la promenade de Saint-Jean à la pointe de la Jonction et soutenu l'idée de l'installation d'une plate-forme au milieu du Rhône afin que les personnes en difficulté puissent se raccrocher à quelque chose; ou que quelqu’un tout du moins puisse, en cas de difficulté, leur venir en aide. Pourquoi ne pas imaginer des cordes qui pendraient ici et là, et que l’on pourrait saisir ?

45 personnes ont  péri noyé en Suisse en 2012 selont la société suisse de sauvetage dont 35 hommes, 6 femmes et 4 enfants. Ce sont 5 victimes de plus que l'année précédente. Ce chiffre de 45 noyades se situe dans la moyenne des années précédentes. 21 personnes ont perdu leur vie dans des rivières, 16 dans des lacs, six lors de la plongée, une personne dans une piscine, et une personne dans une piscine privée. Si les mauvais nageurs évitent en général les fleuves et les cours d’eaux, à la Jonction, la proximité urbaine et l’engouement autour des lieux de baignade, rendent peut-être les choses différentes.

Il s’agit maintenant de réagir rapidement afin de limiter au maximum les risques de noyades et sécuriser autant que possible le fleuve sur ce tronçon. Amener la police sur le pont ne résoudra rien, elle serait bien plus utile ailleurs. On est donc en droit d'attendre du Canton, qui a les compétences en matière fluviale, d'appliquer les propositions durables et créatives qui existent afin que les noyades ne soient pas une fatalité, et le Rhône ou la victime elle-même trop facilement blâmables.

Se limiter à une schizophrénie armée, en tout cas, ne résoudra rien. 

 

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30/07/2013

Cycliste on aura tes os

velo,sécurité,lcr,maudet,ralf latinaCycliste on aura tes os.

Le fait que tu puisses tourner à droite au feu rouge on n'en veut pas. Ne crois pas que l'on va essayer de te faciliter la vie. La route n'est pas à toi, tu n'es pas assez lourd pour l'abîmer, tu ne pèses donc pas. Les mêmes règles pour tous, une seule loi sur la circulation routière. Pas de facilités pour les cyclistes, que des désavantages et des risques. Voilà une loi, qu'elle est bonne. Elle nous plaît bien, n'en changeons pas.


Cycliste on aura tes os. Au feu vert, si tu ne démarres pas avant tout le monde, on te klaxonnera. Malheur à toi si tu ne pars pas bien droit sur ta selle. Prends ça: une bonne goulée de gaz d'échappements dans ta grimace ah ah ah ça t'apprendra à partir après tout le monde! On t'avait bien dit de rester chez toi, de prendre le bus, ou mieux de t'acheter une voiture, comme il se doit (5,6 millions de véhicules à moteur immatriculés en Suisse +22% depuis l'an 2000.) Sois gros ou tais-toi.

Cycliste on aura tes os. Si tu as le malheur de te dire que la seule manière de sauver ceux-ci c'est d'emprunter les trottoirs, fais gaffe, là non plus ce n'est pas chez toi. La semaine passé, Ralf Latina, un chasseur de cycliste, a braqué son revolver au poivre sur l'un d'eux. Comme si des 33 piétons tués sur les routes suisses un seul l'avait été par un vélo! Alors dis trente-trois, piéton. Et pense à chacun-e d'eux ....

Car non piéton, ce ne sont pas les vélos ta menace, tu te trompes de cible. Aménage plus de voies cyclables pour eux, donne-leur de la sécurité sur la route, et tu verras qu'ils ne viendront plus sur tes plate-bandes. Limite réelement le trafic au centre-ville, tes poumons, tes oreilles, tes enfants t'en seront reconnaissant. Tu veux ta place piéton, être en sécurité? Aide les cyclistes à avoir la leur! Soutiens la piétonnisation des routes, réduis le nombre de parking en ville, et ne terrorise pas les cyclistes qui ont droit, tout comme toi, à la sécurité. Ralf Latina, range ton pistolet au poivre, ta pétition, ou ils te feront faire un tour en tandem, et tu verras ce que ça fait, de rouler vraiment au milieu du trafic le cul sur une selle.   

Cycliste on aura tes os. Maudet est de notre côté, tu es un cyclo-terroriste, c'est prouvé. On va faire pleuvoir bûches, amendes, prunes sur toi, et le goudron et les plumes si tu continues. Maudet le dit, il voit une recrudescence de comportements anormal chez les cyclistes. Ah, l'ingénu! Avoir une conduite écolo, refuser le tout bagnole et revendiquer sa sécurité ça mérite évidemment une petite douille dans les gencives. Cycliste on aura ta peau. N'essaie pas de me prouver qu'il ne s'agit pas d'une question d'incivilité, de manque d'éducation ou de respect des lois quand tu t'adaptes comme tu peux. Ta question de survie et de rapport de force, je n'y crois pas. Tu es déviant pour le plaisir et il faut faire appliquer des lois qui favorisent les voitures au détriment des véhicules plus vulnérables. Alors ne limitons pas le trafic, n'aménageons pas de voies cyclables des espaces propres pour vélo, mobilions nos estaffettes de gendarmes derrière les fend-la-bise ou les dangereux tricératops à tricycles.

 Cycliste on aura tes os. Petit trophée on le mettra sur nos pare-choc, avec la queue de renard sous le rétro et on se baladera en klaxonnant le coude sur la fenêtre abaissée en sifflotant l'hymne à l'amour d'Edith.  Tiens, écoute ça: http://www.youtube.com/watch?v=sLBuErkHJ9c


Elle est pas belle, la vie?


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29/07/2013

Cycliste on aura ta peau

vélo,sécurité,ralf latina,lcr,maudetCycliste on aura ta peau. Tout d'abord, on ne laissera pas 70 cm d'espace entre toi et le trottoir. Tout automobiliste qui se respecte te tassera contre celui-ci, te klaxonnera pour que tu t'écrases, et bien sûr quand on te dépassera, on essaiera si possible de te frôler voir de te shooter. Jamais on ne te laissera les 80 cm de sécurité entre toi et la bagnole avec laquelle nous faisons corps. Tu prends trop de place, tu comprends? Et tu as pour toi le désavantage de ne pas polluer, ni de faire de bruit. Pour tout automobiliste qui se respecte et qui poireaute au feu, coincé dans les embouteillages, voir un cycliste glisser dans le trafic est une insulte. Quoi, un véhicule qui avance à la seule force des mollets, gratuitement, à l'air libre? Malédiction! Le vélo est l'un des derniers ilôts de gratuité. Rien que pour cela, il est à abattre. Cycliste, dès que je le peux, je te coupe la route. Tu risques en général 7 fois plus d'accident par kilomètre parcouru que moi. Rappelles-toi qu'environ 40 cyclistes sont tués chaque année sur les routes, que 900 sont très gravement blessés et plus de 2000 esquintés.  

Cycliste on aura ta peau. Attends donc que je te serre et que je te klaxonne si tu fais mine de prendre un peu plus de bitume que le bas côté où tu dois être relégué. Bien sûr, tu ne rouleras jamais côté à côte avec un de tes partenaires. C'est seulement dans nos bagnoles que l'on peut prendre 2 mètres de large et se parler entre deux sièges. Toi, tu rouleras en file indienne, et tu fileras doux. Les discussions seront pour plus tard, ou alors vas-donc à la campagne, sur des routes désertes. Tiens, je m'achèterai bien un 4X4 juste pour te bouffer encore un peu d'espace et réduire encore tes marges de manoeuvre. Tu ne vois plus rien quand tu es derrière moi? Très bien. Restes-y.

Cycliste on aura ta peau. Pour cela, on augmentera au maximum nos distractions: musique, téléphone mobile, GPS, écran plat, on fera tout pour ne pas penser à toi, ni te voir. Sandwich, sac à mains, bouteille d'eau, chewing-gum, livre, café sur les genoux, maquillages, tout est bon pour dévier de la route. Phares, klaxons, sirènes: on fera tout pour t'effrayer. Mon habitacle sera insonorisé au maximum. Hein, quoi? Tu peux bien jouer de la sonnette, crier même, rien à faire, je ne t'entend pas. Quand tu roules, pour moi tu n'existes pas.

Cycliste on aura ta peau. L'hiver on ne déneigera pas tes pistes cyclables, l'été les scooters te les prendront. L'angle mort est fait pour tuer et nous le revendiquons. Quand parqués nous ouvrons nos portières, ne te trouves pas derrière, sinon tant pis pour toi.  La chaussée est la propriété des véhicules à moteur, c'est compris? Un bon cycliste est un cycliste mort ou un piéton bien rangé. La peinture éraflée de ma voiture contre ta vie, ça me va. Je peux vivre avec cela. Et puis, une bonne portière dans les dents, un rail de tram pour tes gencives, ça te fera réfléchir. Que je t'y reprenne à rouler trop près de moi, tu verras... 

Cycliste on aura ta peau. Tu voudrais rouler un peu plus au centre ? -D'autres voitures te rabattront sur le bas côté; on te talonnera - Si je le peux, je te dépasserai par la droite, juste pour le plaisir. Tu es trop lent. Tu me retardes. Tu as fait le choix de rouler vulnérable, san rien d'autre pour te protéger qu'un petit casque sur ta tête, assume maintenant. Il te faut risquer ta peau le matin pour aller au boulot. Débrouille-toi pour franchir les trois voies sur le pont du Mont-blanc et accroche ton vélo où tu peux. Jamais on ne permettra à 15 cyclistes de se mettre là où l'on peut parquer une seule voiture.  Tes vélibs tu peux te les mettre où je pense. Genève, capitale suisse du tout bagnole, numéro 1 en pollution, le restera encore longtemps. Ah, si seulement notre salon de l'Auto pouvait durer toute l'année! Ton vélo,  tu peux te le monter dans ton appartement pour le décorer. 40'000 vélos sont volés chaque année en Suisse. Ne laisse pas traîner ton biclou dans nos rues où on te le fauche.

Cycliste on aura ta peau. Quant à tes os, on les veut aussi. Je t'écris encore un mot là-dessus demain. D'ici là, bonne route et...  profite bien des averses du jour.

 

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05/04/2013

L'enfer du cocon: le risque c'est pour les autres?

La guerre entre les klaxons et les sirènes est-elle ouverte ? Les ambulanciers et autres professionnels de la route activateurs de sirènes tirent la sonnette d'alarme. Ils sont de moins en moins pris en compte par les utilisateurs de la route. La raison ? La musique amplifiée dans les véhicules, l’usage de téléphones mains libres, écouteurs vissés sur les oreilles, des habitacles de plus en plus hermétiques laissent de moins en moins passer les sons, provoquent aussi un manque d’attention et d’écoute pour ce qui vient de l’extérieur. Une des solutions envisagée est donc d’augmenter la puissance des sirènes.  Mais alors, si la puissance des sirènes est augmentée pour attirer l’attention de ceux qui se trouvent dans leurs coques coconnées, qu’en sera-t-il des nuisances pour les piétons, les enfants et les cyclistes, encore plus fortement exposés à l’amplitude des sirènes ; et du coup à une double nuisance : celles de véhicules plus lourds et plus sourds, et des services d’urgence poussant leur puissance de signalement à l’extrême ? Les plus exposés se trouvant alors de fait encore plus vulnérable dans un espace public encore plus agressif.

Il y a là un paradoxe des mécanismes de protection qui certes protègent (certains) tous en les enfermant, et surtout agressent d'autres (ceux qui ne les possèdent pas et les rendent encore plus vulnérables). Alors, au détriment de qui le besoin d’être entendu par les services d’urgence doit-il être porté? Du désir des automobilistes de rouler confinés ou de la nécessité des autres usagers de la route, des trottoirs, de pouvoir circuler sans un surplus d’agressions sonores ? Comment trouver l'équilibre?

L'enfer du cocon: le bruit c'est les autres? L’enfer du cocon, c’est toujours l’autre ? Allez, on essaie d’étendre ce raisonnement de la sirène aux digicodes ?  En quelques années, leur usage s’est généralisé. Est-ce que cela a limité le nombre de cambriolages ? Non. Leur principale qualité semble plutôt être de stigmatiser encore plus ceux qui n’en ont pas, les désigner comme cible prioritaire. Au final, ce sont toujours les plus fragiles, les moins monétarisés qui en pâtissent. L'escalade des moyens de fermeture ne rime à rien si l'on ne s'attaque pas à la source des problèmes. Et puisque la sécurité est bien plus qu’un verrou, ou un simple moyen de retarder les cambrioleurs, l’escalade des moyens de protection n’expose-t-il pas encore plus aux risques ceux qui ne peuvent se payer le luxe de suivre les tendances à la hausse de la fermeture généralisée? Lorsque des prises de sécurités individuelles occasionnent surtout des prises de risques collectives, c’est un signal fort qu’il est urgent de renforcer les moyens collectifs d’agir au détriment des risques individuels à les supporter. Il est urgent de démocratiser l'accès à la sécurité. Ce n'est pas uniquement les gros 4X4 ou les propriétaires de villas  disposant de sécurité privée qui doivent se sentir en sécurité et accroître objectivement l'insécurité de ceux qui n'ont pas les moyens d'avoir un cocon renforcé.

Comment alors renforcer les moyens collectifs de sécurité ? Tout d'abord, en réaffirmant le principe de sécurité pour toutes et tous, et pas juste pour les plus aisés dans les quartiers les plus protégés et en se donnant les moyens de la réaliser. Enfin, en faisant les premiers gestes pour que l’autre, mon voisin, ma voisine, mon proche, mon plus lointain, soit une garantie plutôt qu’une menace pour mon bien être, qui inclut ma sécurité, mais pas seulement. Et si le meilleur cocon était celui qui englobe le plus grand nombre ; et si, en acceptant aussi, parfois, une degré d'inconfort minimal, cela évitait de se renfermer sur soi-même et de faire de sa tour d'ivoire une menace, pour soi-même et pour d'autres? On a vu des tours s'effondrer sur elles-mêmes. On a aussi vu des tours devenir des ponts.

La sécurité est un défi, il ne peut être résolu que collectivement et socialement. Les habitacles et les enveloppes, extensibles à plusieurs, poreux par endroits, sont aussi une garantie que la lumière et l'air passent encore; et sont la marque de la juste répartition de l'insécurité. Ouvrons un petit peu les fenêtres plutôt que d'amplifier le niveau des sirènes, augmentons les niveaux de sécurités collectives plutôt que d'investir chacun dans sa petite serrure et son spray au poivre portatif.   


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24/11/2012

Et une et deux et trois prisons

Vous vouliez un meilleur accès au logement, plus de crèches, des investissements dans la santé et l'éduction? Raté, vous aurez plus de pénitenciaire et de grosses taules toujours plus chères. Merci Maudet qui devise une troisième extension de Champ-Dollon à 315 millions. Le projet d'extension Curabilis - 109 millions- pour la construction d'un lieu de détention pour 62 adultes psychiquement instables a déjà calé; il faudra encore plus d'argent frais pour mener ce projet à terme. Incurie de l'Etat, Curabilis devait ouvrir cette année, il ne sera pas terminé avant... 2016: il n'y avait personne pour le piloter à la tête de l'Etat! Et une et deux et trois prisons, et combien de millions en plus ensuite pour les faire fonctionner, pour quels résultats? Et si avant de construire une nouvelle prison on essayait déjà de finir celle que l'on n'arrive pas à construire?

Le coût journalier de détention d'un prisonnier est de 1000.- Le tout condamnatoire, gouffre financier, est une fuite en avant. Il saigne les finances de l'Etat pour des résultats douteux sur la sécurité générale. Le maillon faible de la détention n'est pas le nombre de places de détention comme le prétend monsieur Maudet, mais plutôt l'impuissance à penser un système socio-sécuritaire dans son ensemble. Tout compris, le tout répressif coûte environ un milliard à Genève, années après années. Pour quels résultats durables? Monsieur Maudet veut accélérer cette inflation. Enfermer les mendiants, les joueurs de bonneteau et les sans-papiers, c'est vrai que ça n'a pas de prix, mais en quoi contruire toujours plus de prisons toujours plus chères profitera aux citoyen-ne.s? Quel sera leur retour sur investissement? En l'Etat, pas de réponses.

Des solutions urgentes doivent être dégagées du côté de la politique d'asile. Il faut une réflexion sur les centres miteux ou insalubres tels que les Tattes ou les abris de la protection civile qui finissent par devenir des centre de désoeuvrement et d'école de petite criminalité sollicitant massivement les forces de police (allez voir les norias de policiers autour de l'abri situé sous l'ECG Henry-Dunant, etc.,). Il faut intervenir en amont sur ces populations à risque plutôt que de les enfermer à coups de millions  en augmentant les places de détention administratives progressivement de 20 à 218 comme le veut le magistrat.

Par ailleurs, le tout répressif place Genève sur la sellette en matière de respect des droits humains (voir à ce sujet le rapport de la commission nationale de prévention de la torture sorti le 23 novembre qui épingle Genève et les conditions catastrophiques de détention à l'aéroport de Genève). La politique du gros bâton coûte très très cher. L'ivresse répressive fait perdre la tête au magistrat et n'amène pas plus de sécurité et de stabilité, bien au contraire. Avant de se résoudre à payer une addition salée et à s'endetter à vie pour des gardiens et des cages, il est urgent de préparer un autre plan sécuritaire, moins cher, pour une véritable politique sécuritaire plus globable et durable.

Monsieur Maudet veut plus de prisons? C'est une jolie opération de comm'. Je souhaite plus de sécurité, et en connaître le véritable prix.    

12:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, prison, sécurité, économie, droits humains | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/11/2012

Pierre Maudet tentacule froide

Quelles reptations se déroulent au département de la sécurité? Animé par ce qui sonne comme un cinglant désaveu de la politique menée par sa consoeur Isabelle Rochat, Pierre Maudet touche du bout de ses ventouses des mains, ramène les corps à sa bouche, et les boulote. Noyée Dominique Roulin, directrice de la Clairière, excrétée Fabienne Bugnon, directrice de l’Office des droits humains (ODH), broyée la carapace de l'ODH, ouvertes muqueuses et chaires. Vorace, le tentacule accomplit froidement son travail de démembrement. Cela pourrait être un simple basculement entre hyperphagie et boulimie; entendre, en français courant: entre ce qui se vomit et ne se vomit pas. Mais le tentacule, si elle porte toujours une bouche, a nécessairement un anus. Ce qui sort donc d'un côté doit entrer par l'autre, ou plutôt, parce que cela doit entrer d'un côté, il faut d'abord faire le vide de l'autre.

La faim se fait sentir, le besoin de remplir, le transit s'accélère. Après Roulin et Bugnon, c'est le directeur général des systèmes d'informations qui passe dans le tube. Ouverture du poste au 12 octobre, clotûre au 25. Le 31 octobre déjà le Conseil d'Etat annonce la nomination au poste susmentionné de ... l'ancien directeur depuis 2002 des systèmes d'information et de communication de la Ville de Genève ! Et créé au passage le scaphandre doré de directeur-adjoint pour l'ancien-directeur. Même sous l'eau, les chaises musicales ça marche bien, le son est juste un peu assourdi. Ce nouveau directeur est placé directement sous l'autorité hierarchique d'un secrétaire général. Hop, voilà un poste de secrétaire général qui s'ouvre, parution dans la presse le 12 octobre pour une clôture le... 14. Un poste de cette importance à repourvoir en 4 jours? Etrange comme pratique, non? Si j'ai parfois une algue dans l'oeil qui m'empêche de voir le tentacule dans celle du voisin, je mise là mon maillot de bain et mes tongs que l'heureux élu le savait bien avant l'ouverture de son poste. Si la pêche au gros est bonne, elle est très sélective. Où donc est passée l'ancien secrétaire général ? C'est un scaphandre doré de plus qui nage dans les eaux du Canton?  

Le tentacule froid a fait ses gammes. Avant de s'étendre au Canton, il se nourrissait en Ville. Ses petits poissons préférés: les Agents de Police Municipaux. Il en voulait 25 chaque année. Par gourmandise? Au final, c'était soit du surgelé pour le frigidaire, soit commercialisé sous un autre nom. Un exemple? Le conseil municipal votait pour la bonne bouche 6 policiers municipaux, mais par derrière, c'étaient 6 travailleurs à l'unité de gestion des incivilités qui ressortaient. Joli tour de passe-passe. Et personne hors du bocal pour crier au copinage, dénoncer l'arnaque sur l'étiquetage?

Je n'ai pas de lunettes pour voir dans l'eau trouble, ni la vocation du requin pour nager dans le sang. Je lève juste un drapeau de prudence à la baignade. Même si un bon plongeur devrait quand même aller voir de plus près ce qui se passe dans l'aquarium du département de la sécurité. Bien sûr, les vitres de l'aquarium sont propres, le silence règne. Mais il faut douter de l'entreprise de communication qui transforme la boue en eau trop claire et des tentacules en outils de bonne gestion. Car derrière la vitre, ça dégurgite à tout va et à défaut de se la jouer grand bleu, Pierre punit la chaîne Léman Bleu, et rajoute du pschit pschit et son déo sur les vitres.

Qu'est-ce ce qui l'emportera de la digestion ou de l'excrétion; de la communication aseptisée qui cache la merde aux poissons ou de la transparence? Et durant combien de temps accepterons-nous encore que la santé, le logement, le social soient passés à la moulinette aux cris de REGIME pendant que le tentacule se frotte la panse et se fabrique des scaphadres dorés tout en nous rotant au visage des petits poissons morts au milieu de bulles colorées ?

18:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, politique, administration, sécurité | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/08/2012

Bertinon et Barablanc

Barazzone ou Bertinat? Après les déclarations appuyées du candidat démocrate chrétien sur la sécurité où il propose aux locataires de la GIM de se barricader chez eux et de multiplier les caméras de sécurité ainsi que d'illuminer la Ville pour la rendre plus sécuritaire, qu'est-ce qui le distingue encore du candidat UDC? Blanc bonnet bonnet blanc, Bertinon, Barablanc, si le niveau du discours sécuritaire est monté d'un ton, il devient quasiment impossible de distinguer Bertinon et Barablanc dans leur obsession sécuritaire. L'emploi? L'économie? Le logement? Non, non, cela c'est secondaire, disent-ils en coeur, c'est la monomanie sécuritaire qui nous obsède, euh, occupe, au détriment du reste.

 

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08:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, barazzone, bertinat, populisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/07/2012

Opération Casanova

Après l'opération Figaro et Mousquetaire, la police genevoise a lancé son opération Casanova. Son objectif: se faire belle pour séduire la population. Sa tactique: à défaut de régler le problème du deal et des crimes, se refaire le portrait et une popularité auprès des habitant-e-s. Après le dévoilement de ses dix commandements, le 11e est tombé aujourd'hui : sans cesse tu feras l'éloge de tes actions. Sitôt une campagne de finie, une autre de lancée. La machine Maudet.com tourne déjà à plein régime, et ses moteur médiatiques vrombissent en vue de l'automne 2013. Les actions de la police ne sont pas efficaces, mais l'opération Casanova est en route et veut nous faire croire qu'elles le sont subitement devenues. Modus operandi: occuper une page de la tribune de Genève chaque jour et avoir une journaliste enrôlée en vitrine.

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17:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, police, communication, dix commandements+1, roms | |  Facebook |  Imprimer | | |

01/04/2012

Bordel d'Etat

lectureetvierge 044.jpgJuguler les tensions, pénaliser les petites transgressions, réduire les espaces d'expression et de manifestation, filmer, ficher le quotidien, criminaliser les mendiants, soumettre au contrôle social via facebook et internet l'intime, foutu programme. Pas étonnant que la marmite sociale, de plus en plus serrée, se fêle dans des passages à l'actes incontrôlés et que la dépression guette. Pourquoi alors ne pas prendre le contre-pied et soulever le couvercle pour donner libre cours aux pulsions et aux expressions profondes dans un espace aménagé pour cela dans la cité de Calvin? C'est le bordel à l'Etat? Exigeons de ce dernier qu'il y fasse participer la population en créant un bordel d'Etat. L'Etat a toujours eu pour fonction de contrôler les conduites de ses citoyen-ne-s, il s'est échiné à employer la contrainte et la force, et s'il s'adonnait un peu plus au plaisir? Pour le bien de tous et toutes, le bordel d'Etat est l'avenir du bordel à l'Etat.

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