sylvain thévoz

21/05/2014

Courir pour que ça marche

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Je cours le matin, le soir, je cours quand il pleut, je cours dans la douleur, je cours pour passer le temps, je cours pour rattraper le passé, je cours quand Maudet dort, quand Dal Busco s'arrête. Je cours parce que j'ai lu Echenoz: tu connais Zatopek? Je cours pour faire Sierre-Zinal, je cours pour ne pas crever à Morat-Fribourg, avoir du plaisir à l'escalade. Je cours pour taper dans les mains des gamins le long de la route, je cours pour fuir, me souvenir, retrouver le chemin, Je cours pour ne pas perdre le fil, pour un thé chaud avec une rondelle de citron. Je cours pour maigrir, aller plus vite que mon ombre, plus lentement que le chien, le rat et le renard, beaucoup plus lentement que mon voisin, et je m'en fous. Je cours malgré le vent, avec mes kilos en trop. Je cours pour suer: je ferai mieux de m'arrêter. Je cours moins vite que demain, plus vite qu'hier, pour me remplir de tartines et de lait le dimanche. Je cours pour me punir, pour bien dormir. Je cours pour les endorphines, la confiture, savourer la douche ou même le bain -ah bonheur-. Je cours pour la saveur du pain, pour que ça s'arrête enfin, pour recommencer encore. Je cours pour la forme, entrer en transe, en anaérobie, trouver le rythme, respirer plus largement, vaincre les crampes, avoir un second souffle.    

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08:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : race for gifts, reportes sans frontières, courir, donner, marcher | |  Facebook |  Imprimer | | |