sylvain thévoz

07/11/2017

Christian Constantin, roi des types

Christian Constantin va incarner Elvis à Las Vegas. C'est le journal le Matin qui nous l'apprend ce mardi. Le journal en fait sa manchette. Cet article occupe le quotidien sur pas moins de 7 pages. On y fait miroiter le rêve américain du millionnaire valaisan, qui s'en va avec les comiques Yann Lambiel, Vincent Kucholl et Vincent Veillon, animateurs vedette du 26 minutes, tourner un nanar aux US nommé Valais Bad trip. Au final, cet article sert la mise en avant de l'ego de de Constantin. Voilà pour la page glamour.

Troublant toutefois, que le même homme qui ait frappé au bord d'un terrain de football le commentateur sportif  Rolf Fringer fin septembre, se refasse ainsi une virginité médiatique. Troublant que celui qui cogne en prétendant que  son action avait été "un peu trop valaisanne", ne l'ayant ni regretté ni ne s'en soit excusé, ajoutant avoir appliqué la loi du talion, soit en Une. Que celui qui justifie sa violence avec des arguments pour la banaliser, en faisant un élément pulsionnel, soit ensuite valorisé dans la presse comme modèle de réussite. Les coups portés ont été prémédité et exercé de sang froid.[1] Il a été reconnu coupable, condamné à 100'000.- d'amende et interdit de stade pour 14 mois[2]. Voilà. Un type qui en cogne un autre, se fait 7 pleines pages dans un journal de la place. Un héros. Notre lilliputien B.Cantat à nous. 

Mais au final, Constantin n'est pas très intéressant. Ce qui est remarquable, et doit faire réfléchir, c'est la manière dont notre société accepte et banalise certaines violences, en condamne fortement d'autres, et découpe politiquement le traitement de ces violences.   

Car il est clair que la violence reçoit des traitements différents suivant qui l'exerce. Allez faire comprendre ensuite au gars devant sa téloche qu'il finira au poste s'il en cogne un autre à la fin du match, ou met quelques claques et un coup de pied au cul à sa femme comme le boss Constantin? Ou au jeune qui s'énerve au bord du terrain que le fair-play est plus important que de marcher sur son adversaire. Ah oui, la RTS nous informait cette semaine d'une augmentation des hooligans étrangers en Suisse. Surprenant non, le hooliganisme est à la fois dénoncé et un hooligan millionnaire est érigé comme modèle de réussite. [3]

La violence, finalement, c'est toujours les prolos et les étrangers qui l'exercent, non ? Quand c'est quelqu'un de chez nous qui l'exerce, c'est un trait régional ou la banale expression de la tradition...

Christian Constantin, roi des types. La culture de la violence et le machisme ont encore de beaux jours devant eux...

 

 

[1]https://www.tdg.ch/sports/football/constantin-rolf-fringe... 

[2] https://www.24heures.ch/sports/actu/amende-salee-christia...

[3]https://www.rts.ch/info/suisse/9063376-toujours-plus-de-hooligans-etrangers-viennent-chercher-la-bagarre-en-suisse.html

 

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21/09/2016

Lettre à Christoph Tonini, PDG de Tamedia

Monsieur Christoph Tonini,

J'ai appris avec inquiétude et colère que votre groupe Tamedia, plus grand groupe de médias privé de Suisse, chiffre d'affaire de plus d'un milliard, dizaines de millions de bénéfice chaque année[1], avait planifié des réductions de postes dans les journaux de la Tribune de Genève et du 24h, dans le cadre d'une restructuration planifiée de ces deux titres romands.

 
Vous ne pouvez ignorer que ces titres sont d'une grande importance pour la vie citoyenne, démocratique, participative, de notre pays. La liberté et qualité de la presse, principe de base des systèmes démocratique reposant sur la liberté d'expression et la liberté d'opinion, est pareil à l'air que l'on respire.

 

Comment interpréter votre décision de virer des journalistes alors que votre groupe réalise depuis de nombreuses années de confortables bénéfices ?

 

Votre salaire annuel en 2015? 6 millions! Augmentation de 100% en une année! Cela fait de vous l'un des patrons les mieux payés de Suisse. Cette promotion a été obtenue avec la bénédiction de votre conseil d'administration: "On peut se demander si c'était justifié, mais nous nous sentons à l'aise avec ce chiffre, vu qu'il s'agit d'une exception»... vous n'aviez "que" 3 millions de salaire l'année précédente. Qu'en sera-t-il en 2016 ? Vous allez envoyer votre fiche de paie aux employé-e-s virés, pour les remercier d'avoir arrondi vos comptes sur leurs dos ?[2]

 

Votre plan ? Continuer à investir les juteux bénéfices réalisés notamment grâce à vos sites (jobup, ricardo, doodle, etc.,) ailleurs que dans la presse, et soumettre celle-ci au même régime de sur-rentabilité en virant des journalistes. Finalité : toujours plus d'argent pour l'argent.

 

Votre responsabilité, en terme d'accès à l'information, s'arrêterait-elle sur la barrière de rösti ?

 

Par ces coupes, visant uniquement des titres en Suisse romande, vous laissez entendre que la Suisse allemande est soumise à un traitement différenciée.

Pendant que sont dégommés, à la kalachnikov, des journalistes en France, et dans le monde, qu'on loue avec raison, l'importance pour la démocratie de la liberté d'opinion, dans une époque où l'ignorance et la peur nous menacent, vous avez fait des petites listes pour rayer des emplois au nom des courbes de bénéfices et par obéissance aveugle aux taux de rendement maximum.


Par la planification de ces coupes, quand bien même vous vous targuez d'en être l'un des garants, vous incarnez une menace pour la démocratie. Par la manière dont vous menacez les travailleurs et travailleuses, faisant planer parmi ceux-ci le doute sur l'identité de ceux qui seront frappés, vous exercez aussi un jeu malsain. Fragiliser les travailleurs, les mettre en rivalité, espérant probablement qu'ils craqueront, est un jeu sadique.

Mais surtout, c'est une aberration économique de se passer de gens formés, compétents, connaissant le milieu dans lequel ils travaillent, pour un modèle dépassé d'économie virtuelle. La violence a plusieurs visages. Par l'annonce de ces coupes, vous montrez que vous en êtes, ni plus ni moins, l'une des facettes, tout respectable que soit votre CV. Un journal n'est pas un arbre que l'on élague et les gens des branches que l'on coupe. Le tissu économique genevois ne vous remercie pas.

Qu'est-ce qui vous fera reculer ? La pression populaire, politique, votre possible dégât d'image. Ainsi je vous écris, et relaie ci-dessous l'appel lancé par les journalistes à le faire. Puisque vous ne comprenez que le langage de l'intérêt, vous faire entendre qu'il est dans le vôtre de renoncer à ces coupes.

Monsieur Tonini, lâchez plutôt l'un de vos millions, plutôt que de virer des travailleurs genevois!

Ne déclarez pas la guerre à ceux qui écrivent, nous informent et nous renseignent, nous avons besoin d'eux.

 


Sylvain Thévoz

 

 

L’appel à Tamedia

(que vous soutenez, à renvoyer à appel.tamedia@gmail.com)

 

Que restera-t-il de de l’information, culturelle, économique, politique, sportive, dans les cantons de Vaud et de Genève ? Comme nous l’avons appris, Tamedia, propriétaire de 24 Heures et de la Tribune de Genève, prépare une restructuration des deux titres romands, avec à la clé la suppression probable de dizaines d’emplois et une baisse certaine de la qualité de l’information. A terme, c’est la disparition pure et simple des deux titres de presse, relais des activités socio-culturelles et de la vie économique et politique de nos régions, que nous craignons.

 

La Tribune de Genève et 24 Heures se retrouvent aujourd’hui dans une situation difficile. Mais nous savons aussi que TA-Media réalise de consistants bénéfices. Dans ces circonstances, il est du devoir d’un grand groupe tel que le vôtre, en situation de quasi-monopole en Suisse romande, d’y maintenir la qualité de l’information. Et pour cela d’y maintenir l’emploi et de s’engager fermement pour la pérennité de la presse romande.

 

Nom, fonction, domicile :

Votre propre commentaire (si vous le désirez):

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[1]http://www.tdg.ch/economie/tamedia-baisse-22-benefice-net/story/31656108

https://www.letemps.ch/economie/2016/03/15/tamedia-degage...

[2]http://www.24heures.ch/economie/entreprises/Tamedia-a-ben...

 

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11/08/2016

La peur est mauvaise conseillère

 

La peur est mauvaise conseillère. Elle provoque des réactions excessives et coûteuses. Voilà des blocs de béton sur la route. Eh quoi ? Si un hélico vient à foncer du ciel sur des gens en Allemagne, on vivra sous filet ou sous verre, histoire de protéger nos vies ? Jusqu'où faudra-t-il aller dans la réaction, avec des mesures de police et de contrôle toujours plus démonstratives?

 

Les terrorisants sont en train de gagner la bataille des esprits, et d'obliger, avec des moyens rudimentaires, certains de nos dirigeants à faire de la surenchère médiatique, au détriment de nos libertés, et à mettre en péril ce qui fonde nos démocraties: le droit et la justice, au profit d'opérations de communication ou de soin de l'audimat.  

 

Vous voulez prévenir des attentats? Faites advenir la justice sociale

Chaque précieuse vie mérite complète sécurité et attention.

Quelle justice alors pour les 4’000 migrants ayant perdu la leur lorsque les rafiots dans lesquels ils ont pris place ont coulé dans la Méditerranée? Cela sans que grand monde, réellement s’en soucie, ou alors philosophiquement, charitablement, virtuellement, voire, à l’inverse, en regardant d’autant plus de travers ceux qui y ont survécu, durcissant l’asile, avec des foyers toujours également sous-dotés et des politiques discriminatoires plus sévères.

Comment ne pas citer l'exemple de ce camp au sud du Tessin, où se trouvent actuellement des personnes s'étant vues dénier le droit de déposer l'asile en Suisse, étant refoulées en toute illégalité avec confiscation de leurs papiers à la clé, alors que leur famille se trouvait dans la Confédération ou qu'ils souhaitaient traverser notre pays pour en rejoindre un autre.[1] Ne pensez-vous pas que l'on fabrique là des bombes sociales ? Qui en sont les artificiers ?

Il serait bon d’avoir une vision plus large de « la sécurité » que celle consistant à placer en dernier recours des blocs de béton sur la route en laissant entendre que toujours plus de contrôle sera une solution. Cela nous mène à une surenchère qui mène à l'impasse.

 

Nous voilà placés dans une sale alternative

D’un côté ceux qui font commerce de terroriser, et de l’autre… ceux qui font presse de sécuriser, et pour qui le risque zéro tend vers la paranoïa maximale, empilant des mesures démonstratives afin de montrer que... des mesures sont prises. Sauf que ces mesures, visant avant tout à faire toujours plus de la même chose, nourrissent avant tout la peur.

Crever de trouille mais ne pas perdre la face, est-ce vraiment ce que l'on peut attendre de mieux de la part de nos dirigeants?

Quelles sont leurs perspectives à disons, ne serait-ce que deux ans, plutôt que ressasser l'immédiateté et être toujours dans la réaction (avec sempiternellement un temps de retard) ?

   

Pourquoi emprunter le même chemin que la France ?

S’inspirer de la logique sécuritaire française est la meilleure manière d’importer pareillement le mal qu’elle combat d'une main et nourrit de l'autre.

Vous croyez aux attaques irrationnelles, contre tous et sans but, comme dans les dents de la mer ? Serions-nous de ceux qui renonceront à toute baignade en mer, sous prétexte qu'un monstre y est tapi?

Triste réalité, c'est un mélanome du fait d'une exposition prolongée au soleil qui vous emportera... ou l'hélice d'un hors-bord.

La peur est mauvaise conseillère.  

 

Donner toujours plus de champ à la peur ? 

Même les voitures de police qui tournent dans les quartiers 24h/24, en redemander encore ? Doubler, tripler les surfaces de Champ-Dollon, priver de promenade ceux qui y vivent, et de libération conditionnelle ceux qui le peuvent : serrer la vis encore d’un bon cran? Pour sûr, quand les encagés passeront les grilles, ce sera beau  voir… à défaut de lutter contre un mal, cela le renforcera surtout.

 

Méthode Maudet: de la comm' avant toute chose, des fusibles à faire sauter au cas où, et après lui le déluge... 

 

Et surtout : moins de moyens pour les primo-arrivant, pour la médecine et la psychiatrie, plus de cadences infernales, et forçons sur les rivalités et les angoisses en accentuant les inégalités sociales et faisant toujours porter aux plus précaires le poids de la menace.

Discriminer l’engagement de personnel ayant un casier judiciaire à l’aéroport est immonde ; s’en moquer parallèlement aux TPG illustre à quel point le Conseil d'Etat est désuni en terme de politique sécuritaire ; et, en parlant des TPG, cogner sur des frontaliers sans préciser que si leur taux d'absentéisme et important c'est bien parce que la pénibilité de leur travail l'est d'autant, est de la désinformation pure et simple[2].

La logique de la peur conduit à l'irrationnel. L'irrationnel à la violence et à l'injustice.    

 

Le rôle anxiogène de la presse 

Il n’y a pas un terroriste derrière la barbe de chaque jeune ou chaque hipster en quête de révolte ou d’identité. La journaliste Lugon[3] cherchant frénétiquement le scoop en stigmatisant des quartiers entiers parce qu’un jeune est parti Dieu sait où ressemble en tous points à cette femme qui a fait une fausse alerte à la bombe à l'aéroport pour retenir son mari[4] … sauf qu’elle l'a fait pour son rédacteur en chef et son audimat... et n’a pas été condamnée à faire de la taule.  

Ce qui nous menace le plus sûrement, c’est la terreur dans les têtes, et le fait que ceux qui font métier ou sont désignés pour lutter contre l’alimentent.  

Ou encore, ce genre "d'infos"[5]: "90% des requérants recourent à l'aide sociale", ou la presse balance encore des données brutes, sans les expliquer, sans illustrer en quoi cela s'explique par le niveaux de précarité des nouveaux arrivants, ni combien de temps ils le sont avant justement de pouvoir prendre une autre place dans la société. On prend des données brutes et on les jette, alimentant par là la violence et la confusion, sur des lignes de rupture. 

 

A force de crier au loup, ça finira par mordre

Vous en voulez encore des pyromanes? Et voilà un article supplémentaire de Sophie Rosselli journaliste de la TDG, qui en devient carrément indécente dans sa promotion continuelle du couple flic-terroriste, et dans son inlassable capacité à broder l'ouvrage hystérique sur le chablon des informations prises en ligne directe chez Maudet, parce que : c’est ça désormais que les gens veulent entendre… (ah oui, on a vu lors du drame de Nice ce que la presse sort de plus beau quand elle est soumise à l’émotion galopante et court à l’effroi séance tenante, ou alors, quand elle pompe ses information au pouvoir policier).

L’hystérisme social est avancé. Mangez et tremblez-en tous. Je ne serai pour ma part pas étonné quand certains décideront, soudainement, d'y planter les crocs. Cette hystérie contribue à renforcer la menace qu'elle prétend dénoncer. Vous voulez prévenir la violence? Faisons plutôt advenir la justice sociale. Et vite.

Si l’on demeure pragmatique et réaliste, avant, bien avant que le menace islamiste ne s’approche et ne saisisse votre vie, pour sûr, le risque de mourir, à choix :

de connerie

de diabète

d’obésité

d’une classique compression de l’aorte

de particules fines avalées tous les jours à haute dose

d’accident de voiture

d’anévrisme

d'enfumage journalistique aggravée

de l’explosion de Mühleberg

d’un crime passionnel

d’une glissade dans l’escalier

aura eu raison de vous.

 

 

Faut-il donc mettre un policier derrière chacun pour sécuriser ?  

La peur est mauvaise conseillère.

 

 

[1] https://www.letemps.ch/suisse/2016/08/05/un-camp-migrants...

[2]https://www.letemps.ch/suisse/2016/07/21/aux-tpg-frontali...

[3] https://www.letemps.ch/suisse/2015/10/02/piste-islam-radi...

[4]http://www.tdg.ch/geneve/grand-geneve/Prison-ferme-pour-u...

[5]http://www.tdg.ch/suisse/90-requerants-recourent-aide-soc...

 

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16:36 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : police, aliénation, presse, maudet, rosselli, lugon | |  Facebook |  Imprimer | | |

31/05/2015

Journalisme de promotion, journalisme de dégradation

Le journaliste Thierry Mertenat adore le magistrat Guillaume Barazzone, le magistrat Guillaume Barazzone adore le journaliste Thierry Mertenat. Depuis de nombreux mois maintenant se succèdent les articles de promotion sur les actions du magistrat : sur les bananiers, sur les dix citronniers donnant des rêves de bar à Mojitos, sur les ouvertures de casernes, les aménagements des pieds d'arbre, la communication de vente de verdure en Ville, sur un festival de lumière, sur les bulbes plantés par le magistrat, des arbres plantés, taillés, décorés, déplacés, replantés, sur l'ouverture des marchés, sur des ruches dérobées, une sombre histoire de lauriers prétendument dangereux pour la population, etc., le journaliste, élogieux, suit à la trace les actions du magistrat, des plus anodines aux plus croquignolesques, ne manquant pas de doubler adéquatement son service de presse et d'adouber, sans fausse note, l'action du magistrat. 

C'est peut-être de bonne guerre me direz-vous. Tout magistrat qui maîtrise la communication gagne une partie de la population. Que certains journalistes servent les plats, se concentrent sur le fait de relayer les actions et paroles de magistrats sans critique, avec servilité, devrait prêter à rire, tant la manoeuvre est grosse, et au final décrédibilise la profession. Cela pose toutefois des questions sur la difficile position critique du journalisme et ce qu'il sert; sur la qualité de l'information et de la manière dont il la traite. Information ou promotion? Certains semblent avoir choisi leur camp.  

Là où cela devient encore plus problématique, c'est quand Monsieur Mertenat pousse plus loin son jeu et passe, dans son dernier article "les pompiers au garde-à-vous devant une faible représentation politique", d'un journalisme de promotion à un journalisme de dégradation. "Les collègues de M. Barazzone n’ont pas fait le déplacement; ceux de Pierre Maudet non plus. Pour eux, nulle obligation protocolaire.Les caves ouvertes, et sans cravates, passent avant cette formelle inspection quadriennale". Il y affirme que parce que les élu.e.s n'étaient pas à la fête de son magistrat favori, ils étaient forcément en train de picoler dans les caves. Pourtant: Marche pour le climat, Débat sur la situation des roms à Genève organisé par le maire de la Ville, Ville est à vous à la Jonction, La fête de l'espoir, Hommage à Grisélidis Réal au cimetière des rois, Fureur de lire, etc., etc., si Monsieur Mertenat avait pu être ailleurs que là où était son magistrat, il aurait pu constater que les élu.e.s, sur de nombreux sujets, en de nombreux lieux, étaient engagés, prenaient la parole et honoraient leur fonction.

Il est dommage de prétendre que tous devaient être à un endroit parce qu'un seul y était. Et que s'ils n'y sont pas, ils sont forcément en un seul lieu : dans les caves. Et il est attristant de voir un journaliste servir de rabatteur et produire des préjugés.    

Dans un univers politique où les élus se prennent parfois pour des rois soleils et supportent mal la contradiction, il est regrettable que des journalistes assument sans honte un rôle de courtisane-s. Arrivés là, il leur serait peut-être profitable de changer de profession. Les magistrats ont des conseillers personnels et des chargés de communication; leur rôle n'en serait alors que plus limpide et l'information de la presse écrite clarifiée. 

 

 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/pompiers-gardeavous-faible-representation-politique/story/19033302

14:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, information, compromission, dégradation, barazzone, mertenat | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/08/2013

Grand homme, petit dormeur: éloge de la couille

sexisme,le matin,presse,politique,maudet,barthassat,dal busco,künzler,rochat,etc.,féminisme,virilité,couilleFallait-il se lever tôt aujourd'hui ou plutôt dormir debout comme des somnambules pour avaler le matin Dimanche et son article édifiant sur les hommes politiques qui se lèvent à 4h30 ou 5h pour être actifs le matin? Cet éloge des hommes qui veulent être la hauteur de l'adage l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt est une charge contre les femmes. L'adage dit bien à ceux et pas à celles; les femmes, c'est bien connu, lambinent et ronronnent dans leur sensualité, l'article nous le rappelle en les excluant. Trop lentes: hors-jeu. Du balai.

Le sexisme revient au sprint

A ces heures matinales où nous dormons, rêvons, faisons l'amour, poétisons, récupérons de la soirée de la veille, bref : vivons, nous sommes en-dehors du champ du pouvoir. Car le pouvoir c'est la puissance. Et la puissance vient de la virilité qui est forcément masculine. CQFD. Il faut le réaffirmer:  le vir, dans sa racine étymologique veut dire: le guerrier, l'homme. Le vir est même devenu le dénominateur du sexe masculin et par extention de l'humanité entière. Le pouvoir c'est le vir: le membre. Et les testicules, du latin testis témoin, témoignent du fait d'en être doté. Les testicules, testis culus, c'est donc littéralement avoir des couilles au cul et témoigner de sa virilité. Il faut donc lire cette mise en scène virile des grands hommes qui dorment peu par Le Matin comme une éloge de la couille et une mise en scène politique de la domination masculine.

Le pouvoir est réservé aux couillus. Et les couillus sont ceux qui se lèvent tôt, les super-mâles. Alors, les plus tôt debout, les plus virils, les plus actifs? Oui. Et encore mieux s'ils chassent les bêtes, les dominent, dirigent à l'armée d'autres mâles. Pourquoi Dal Busco sera élu au Conseil d'Etat et pas Barthassat? Pour une question de centimètres, au finish? Ou parce que Serge fait plus jeune, court le marathon, a une poignée de main ultra-virile et se lève tôt, alors que Luc cavale de noces en vogues, se couche tard et rigole? Le modèle de domination pourrait privilégier l'un au détriment de l'autre, mais la moto et la culture de la terre, permettont peut-être à l'hédoniste de regagner du terrain perdu sur l'homme de fer.

Une étude américaine le démontre, il y a une corrélation entre celui qui a des couilles et le courage. Celui qui n'en a pas n'a pas de force, pas de courage, c'est donc... une femme. Voilà pourquoi le PDC ne présente que des mecs et pourquoi les PLR cachent les leurs. Chère Isabel, si tu avais des couilles et si tu faisais du jogging, tu serais peut-être réélue. Tu sais ce qui te reste à faire: arrête de faire ta gonzesse. Il n'est pas trop tard pour faire campagne, prends de la testostérone! Le sexisme revient au sprint. Nous voilà revenu à l'âge des cavernes.

Couché / Debout : la femme, la bête, même combat.

Ce que fait le Matin:

1) Une éloge gratuite du masculin. Parce que les femmes en sont exclues, hormis Doris Leuthard, qui a droit à une petite ligne parce qu'elle a renoncé à avoir des enfants pour porter un projet politique. Le Matin aurait dû aller plus loin et noter les temps de celui qui vide une bière le plus rapidement, urine le plus loin, a le plus grand nombre de conquêtes, propulse un noyau de cerise au-delà de ses limites. Ils se sont contentés du chrono, du classement, et de poser la couronne sur la tête du champion. Tout y est pour célèbrer le mâle dans sa puissance. Pas une femme sur le "podium" des surhommes (par définition, les frontières du genre et de la domination sont bien gardées). Mais où sont-elles les femmes? A la cuisine? Derrière leur grand homme (le petit dormeur)? Se lèvent-elles pour des tâches moins visibles et viriles que faire un jogging ou lire son courrier? Type: s'occuper des enfants, nettoyer le salon? - Il faudra lire Fémina pour le savoir... ah, ça tombe bien, il est en supplément-

2) Une mise en scène politique et morale. La mise en scène de cette masculinité dominante rappelle les heures les plus racoleuses du sarkozysme en mettant en avant un élu au trot dans la rade à 50 jours d'une élection cantonale. La question entre dormir peu et agir beaucoup est rhétorique, elle recouvre de fait un outil de promotion people et personnelle. Nul doute que cette publicité gratuite vaut son pesant de sueur. 2 PLR, 1 PDC, 1 UDC. Tous des mecs, des bons mecs de droite qui se lèvent tôt. Mais se lèvent-ils tous pour courir? Non. Philippe Pidoux (PLR) se redresse pour s'occuper modestement de son cheval. Il rappelle:  "Il n'y a aucune vertu à cela. Les relations entre un homme et sa monture sont semblables à celles d'un homme et d'une femme. On sert d'abord avant d'être servi." Ah, la vache! Vu le choix du journaliste de les exclure, la phrase courtoise pourrait être remaniée pour les femmes en politique: " Nous on sert d'abord pour se faire monter ensuite". Couché / Debout : la femme, la bête, même combat.

Sexisme partout égalité nulle part

Le sexisme revient au sprint. Il imbibe les rapports de domination, de leadership, et évacue les questions politiques portant sur l'éducation des enfants, des gardes, des rôles attribués aux femmes et qui les ralentissent dans les courses au podium et aux flashs, aux emplois en vue. On croyait l'ère Sarkozy et la mise en scène médiatique du jogging révolue. Non. On nous la refait en nous rejouant le cirque de l'hyperactif qui ne s'arrête jamais. On croyait que le suicide de Carsten Schloter serait un avertissement pour les surhommes. Mais non. La pression sociale et la nécessité de dépasser les limites et de s'afficher en téflon les pousse à s'aligner à bloc sur la ligne de départ. Et Vae victis, qu'ils aillent tous se faire pendre.

Il faut lire le Matin dimanche avant de le recracher, parce qu'il illustre le fait que le sexisme est présent ici maintenant, partout, en force, tout le temps. Que l'air du temps est un air vicié qui nous ressert les mêmes rengaines de vieux modèles de domination. Que ces modèles de domination sont masculins; qu'au nom de la neutralité journalistique, ils servent les pouvoirs dominants. Après cela, il faut mettre ce journal à la poubelle, ses préjugés sexistes et politiques avec.... et choisir résolument son camp histoire de construire une société ou ce n'est pas celui qui a les plus longues dents, les plus grosses jambes, des couilles en or qui l'emportera mais celle (ou celui) qui porte un projet collectif pour le plus grand nombre, jeunes comme vieux, homme comme femmes.   

20/12/2012

L'actu datait d'hier

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Omar Feisal, photographe chez Reuters a reçu en 2011 le 1e prix dans la catégorie vie quotidienne pour la photo d'un homme transportant un requin dans les rues de Mogadiscio en Somalie. Le mercredi 19 décembre 2012 la photo du jour de la tribune de Genève est désormais l'homme à... l'espadon, photo Reuters toujours (omar Feisal encore?) qui dans une troublante répétition des ruines et de la guerre, rejoue la même histoire. La photo du jour n'est-elle pas celle d'hier, dans un perpétuel recommencement du même? "L'actualité" un plat réchauffé ou plutôt cuisiné avec espadon ou requin mais toujours à la même sauce.... Les commentaires changent, les preneurs d'images, d'otages, ou de sons vieillissent, le propos dominant reste le même.  

Dans le genre "l'actualité" bégaie. Patrick Simon dans la Tribune toujours,  propose une apologie de la colonisation israélienne vieille comme le monde en resservant les mythes israéliens les plus éculés et insultant les faits.

1) Israël aspire à vivre en paix avec ses voisins et l'a montré à maintes reprises (Ben oui les bombes c'est bien connu c'est une bonne base pour le bien vivre ensemble. Les Gazaouites peuvent en témoigner. 2002: invasion de la bande de Gaza sous le nom opération bouclier défensif, mai 2004: opération arc-en-ciel. Octobre 2004: opération jours de pénitence.  2006: Opérations pluie d'été, Israël lâche plus de 40'000 bombes et missiles sur la bande de Gaza en un été. 2008: oération hiver chaud contre Gaza encore. 2009: opération plomb durci assaut massif contre la bande de Gaza ainsi qu'une opération en eaux internationales dans la méditerrannée contre une flotille pacifiste. C'est l'opération vent du ciel: neuf morts et vingt huit blessés parmi les miliants. Toujours, les opérations sont affublées de noms rappelant la nature ou la bible pour laisser sous-entendre que les opérations sont de droit divin ou naturel, comme le relève Raja Shehadeh. La place manque ici pour parler des agressions répétées d'Israël contre le Liban. Au rayon chiffre: de juin 2005 à novembre 2008, l'association israélienne B'Tselem compte 1609 palestiniens tués par les israéliens, et 99 israéliens tués par les palestiniens; plus de 8200 détenus palestiniens sont dans les prisons israéliennes, pour un seul détenu israélien, le soldat Guilad Shalit, libéré le 18 octobre 2011. Si c'est vrai qu'Israël aspire à vivre en paix avec ses voisins, il va bien au-delà de l'adage qui dit qu'il faut préparer la guerre, il la fait et frappe fort.

2)  Israël est un pays démocratique qui accorde aux arabes palestiniens le droit d'être représenté au sein du parlement israélien (Pourquoi alors n'ont-ils pas le même statut de citoyen, sont dispensés de faire l'armée, sont victimes d'inégalités économiques, sociales, culturelles et religieuses? Pourquoi sont-ils de fait, des citoyens de seconde zone de plus en plus marginalisés? De plus, comment un état peut-il être dit démocratique quand il est sous une tutelle économique complète, maintenu en vie sous perfusion par les Etats-unis: environ 85 milliards reçus depuis la création d'israël en aides sonnantes et trébuchantes, sans compter le soutien militaire et diplomatique sans faille. Israël est un pays de colons colonisés, pas encore une démocratie.)

3) Israël est un ilôt de civilisation et de démocratie entouré de vilains états arabes vivant à l'état sauvage et opposé à la libéralisation de la femme (c'est clair les communauté ultra-orthodoxes juives qui imposent des bus séparés pour les hommes et les femmes, chassent les femmes qui ont des tenues "indécentes", sont un modèle d'équité! Mmh, qui veut faire l'expérience d'aller en jupe à Méa-Sharim? Israël est un pays de colons colonisé par sa propre tentation terroriste et son choix de  sauvage fuite en avant).  

Enfin, à la fin de cette journée "d'actu", un scoop! L'annonce par Israël de la construction de 2621 logements supplémentaires à Jérusalem Est, qui se rajoutaient aux 1500 annoncés quelques jours plus tôt. L'actu' du jour datait en fait d'hier, voire d'avant-hier. La colonisation se poursuit tant et plus, il y a toujours des voix pour la légitimer. Shalom Simon d'avoir amené ta pierre à l'édifice, à défaut d'avoir porté la croix cette fois-ci. 

Alors peut-être que demain les archives feront la une? En attendant, si l'histoire n'est pas seulement cet éternel recommencement de "l'actu",  c'est bien parce qu'elle se construit dans ses failles et zones d'ombre, en arrière plan et au revers des écrans.     

Il y a beaucoup de requins et d'espadons en liberté dans l'océan. 

 

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09/10/2011

Tu es média-cratie

Tu es média-cratie, tu copies-colles, tu acible.jpegmalgames, tu jettes, dégommes, sers la soupe aux chiens, tu es un chien, tu es une chienne, tu encourages les fuites, colmates, conglomères, agglomères, tout t’est permis, on peut bien se tromper tu dis, tu es pilote, es piloté, pilosité, frissons à rebrousse-poil, tu obéis aux commandes, tu commandes, commandites, tu fais le jeu des extrêmes, tu modères, tempères, temporises, tricotes, détricotes, t’emmêles, tu tisses ta toile, tends tes filets de sécurité, tu es média-cratie.

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20:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, politique, scandale, liberté, argent | |  Facebook |  Imprimer | | |