sylvain thévoz

21/12/2016

Budget de la Ville de Genève : le PLR refusera-t-il encore l'obstacle?

saut-obstacles-problemes-abords-1.jpgLa Ville de Genève aura-t-elle un budget pour 2017 ce jeudi? Rien n'est moins sûr. La faute aux atermoiements du PLR, de l'extrême gauche et de l'extrême droite. Ces derniers, après avoir choisi, durant 3 mois, soit de septembre à décembre de ne pas amender le budget proposé par le Conseil Administratif, ni de travailler sur celui-ci, se sont réveillés... pour choisir de ne rien faire et d'attendre encore avant de décider quoi que ce soit, se mettant au passage dans une infantile posture victimaire.

 

Ce n'est pas à la population d'en faire les frais   

Le budget présenté par le Conseil Administratif est à l'équilibre. Il est même un brin bénéficiaire. Il garantit les prestations à la population, les conditions cadres de l'exercice des services publics, alors même que la population et ses besoins sont croissants. C'est devant un budget responsable et équilibré que les forces politiques de droite et de l'extrême gauche jouent aux enfants colériques (mais sans amener de véritables revendications).  

Lors de la plénière du 10 décembre dernier, une pluie d'amendements, aussi tardifs qu'une première neige est tombée sur le parlement municipal. Le groupe MCG n'a rien trouvé de plus malin d'agglomérer une majorité constituée de PLR, d'UDC, d'extrême gauche et de quelques verts, pour renvoyer l'examen de ces amendements en commission.

En équitation on appelle cela un refus devant l'obstacle. Sandrine Salerno a eu beau tirer sur les rênes pour faire avancer l'attelage, rien à faire. Depuis, il ne s'est pas passé grand chose. Les élus rétifs tournent en rond devant l'obstacle et refusent d'assumer la responsabilité de leur plantage.  

En commission des finances, le Président du Conseil d'Etat, François Longchamp est venu en personne remonter les bretelles des conseillers municipaux, leur rappelant leurs devoirs et les limites de leurs pouvoirs. Les conseillers administratifs sont revenus rappeler une enième fois qu'un budget est une autorisation de dépenses, et qu'au final, c'est aux comptes que tout se joue, que ce budget est bon et qu'avec un peu de volonté il est possible de sauter l'obstacle... mais certains traînent encore des sabots.

Au passage, ce sont de nouvelles auditions qui ont été votées, quelques dizaines de milliers de francs dépensée pour faire siéger des élus qui ne savent, au final, toujours pas ce qu'ils veulent ni comment l'obtenir, et font de l'obstruction parlementaire alors qu'ils sont majoritaires. 

 

PLR et Extrême gauche cul et chemise pour saboter le vote du budget

Le PLR peut hurler au complot tant qu'il peut, répéter que le Conseil Administratif n'a pas fait son travail, ils ne trompent personne. Les faits sont têtus. On ne peut à la fois être majoritaire dans une arène politique et faire une politique d'obstruction et de délégitimation aussi massive. Le PLR montre là un visage d'incurie. Lui, pourtant si prompt à donner des leçons de bonne gestion et d'efficacité... les PME et l'économie apprécieront le trouble et l'incertitude que ce parti crée de toute pièce.

Que l'extrême gauche s'acoquine avec le PLR et oublie qu'il a en la personne de Rémy Pagani un responsable de l'exécutif est par ailleurs dramatique. Si c'est la stratégie de la rupture que l'extrême gauche veut jouer, que Pagani démissionne, plutôt que de laisser saboter un budget nécessaire à la collectivité. Ce ne sont pas aux habitant-e-s de payer les tâtonnements idéologiques de l'extrême gauche.

La posture du PDC est bien plus claire. Le groupe a choisit d'assumer ses responsabilités et d'aller de l'avant. 

 

Incertitudes devant l'obstacle

Que va-t-il se passer ce jeudi ? Différents scénarios se dessinent : soit le PLR, l'extrême gauche et l'extrême droite se rappellent à leurs devoirs, arrêtent leur pantalonnade et votent le budget amendé par leurs soins, soit la Ville n'aura pas de budget et fonctionnera sur ce que l'on appelle les 12e provisionnels, soit des autorisations de dépenses votées chaque mois chargeant inutilement l'administration et l'appareil bureaucratique d'une manière coûteuse.

La droite élargie acceptera-t-elle enfin de sauter l'obstacle ou tournera-t-elle casaque, faisant perdre encore des centaines de milliers de francs à la collectivité? On doit espérer que, dans chaque écurie, des élu-e-s sauront prendre leur responsabilité pour avancer et éviter de sombrer dans l'indigence.

Car le niveau a déjà bien baissé. Refuser encore l'obstacle reviendra à ramper à quatre pattes. Certes, les aplatis dénonceront ensuite la vilaine gauche, le méchant conseil administratif.

Mais il n'empêche, quand on ne veut pas passer des obstacles, on devrait en rester à l'accompagnement de poneys, pas au vote du budget de plus d'un milliard de la deuxième ville de Suisse.   

 

 

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www.sylvainthevoz.ch

 

15:15 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, ville de genève, finances, plr, obstacle | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/05/2015

La FIFA : une affaire Suisse

Son président est Suisse, son siège est à Zurich. Quand la tempête s'abat sur la FIFA et que les preuves de corruption s'accumulent, Ueli Maurer, conseiller fédéral UDC, vole au secours de Sepp Blatter. Devant les quelques 340 participants du 5e Forum suisse des médias à Lucerne, il a défendu le bon président, affirmant qu'il ne faut pas oublier tout ce qu'il a fait de formidable pour le football.

Sans blague, alors que la FIFA est sous enquête, corrompue jusqu'à l'os, que la justice américaine va déballer des années de corruption généralisée. Ueli Maurer a la même ligne de défense que Blatter : il fait diversion et préfère parler football, se rangeant aux côté de Poutine pour le soutenir.

Didier Burkhalter, autre conseiller fédéral, PLR, voit dans cette affaire une chance à saisir.  "Cela va peut-être faire évoluer les fédérations sportives internationales". Surtout ne pas s'en mêler, surtout ne pas réfléchir sur le rôle tenu par la Suisse dans ce système, surtout ne pas se sentir responsable, alors que notre pays est le champion du monde toutes catégories pour l'hébergement des fédérations sportives (une soixantaine) et que ces fédérations bénéficient chez nous d'un statut fiscal privilégié. Elles sont définies comme sans but non-lucratif. La FIFA fait des millions de bénéfices, a plus d'un milliard de réserve en cash, est au bénéfice d'une grande flexibilité juridique, sans obligation de rendre ou de publier des comptes. Quel est le système fiscal qui permet à la FIFA une totale opacité sur ses gains ? Le nôtre. Qui le défend mordicus? La droite.   

L'Hebdo rappelle, dans sa dernière édition, les sept péchés capitaux de Blatter et revient sur le fait que la FIFA soit exemptée de tout impôt fédéral direct. En effet, le parlement (à majorité de droite) a refusé, en juin 2012, d'abolir ce privilège. Parce que les partis bourgeois ont toujours servi l'argent, et pratiquent les mêmes tactiques qui a cours à la FIFA : chantage, lobbying, graissage de pattes et complaisance envers ceux qui possèdent l'argent et le pouvoir.

La FIFA: un produit de la droite

Couvrir le blanchiment d'argent sale, encourager les forfaits fiscaux, les évasions fiscales, fermer les yeux sur la Suisse qui lave plus blanc, la Suisse mafieuse, c'est un sport de droite qui a été érigé en système puis en droit. Faire du chantage au départ, couvrir les malfaiteurs des palaces, c'est la mission de la droite. Cette stratégie a conduit le système bancaire à ne pas se réformer et au final à le payer cher. Aujourd'hui, les procureurs américains font le ménage à Zurich dans les palaces où les magouilleurs se prélassent et la droite menace notre souveraineté en s'acoquinant avec des indélicats. Avec l'affaire de la FIFA, on découvre que la complicité de la droite pour soustraire des millions d'impôts au fisc et faire plaisir aux copains est dans son ADN.  

Le parti socialiste, par son conseiller national Carlo Sommaruga, avait proposé en 2012 une loi pour «poursuivre d’office les cas de corruption dans le secteur privé», et non plus seulement lorsqu’une plainte était déposée. Le PLR, l'UDC, economiesuisse, l'USAM et l'association suisse des banquiers l'avaient rejetée, ainsi que... la FIFA. La droite n'aime pas les lois anti-corruption. Elle aime la "main invisible" du marché et les yeux qui se ferment. Elle adore les forfaits fiscaux et les associations milliardaires à but non-lucratifs. Elle adore agiter le chantage au départ pour ceux bénéficiant des largesses et de la complaisance de la législation helvétique. Cela la conduit à la paresse intellectuelle et encourage la criminalité des cols blancs. La crédibilité de la Suisse est aujourd'hui gravement entachée. L'image de notre pays salement détériorée. La FIFA est une affaire suisse, le produit de son système fiscal voulu par la droite.

 

Tous les regards vers Zurich 

Ce jeudi, tous les regards seront tournés vers Zurich où un valaisan cherchera à se faire élire pour un cinquième mandat à la tête d'une association corrompue brassant des milliards et ne payant pas un centime d'impôt en Suisse.

Tous les regards seront tournés vers notre capitale financière où nos conseillers fédéraux et la majorité de droite de notre parlement ont choisi de protéger la FIFA et la corruption.

Que Blatter s'en aille. Et avec lui les valets de la droite helvétique, championne du monde d'un système fiscal opaque qui sert l'argent plutôt que les intérêts du peuple, les intérêts des puissants plutôt que ceux du droit et de la justice. 

 

 

 

 

https://www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/portrait-les-sept-p%C3%A9ch%C3%A9s-capitaux-de-sepp-blatter

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/77cfbfc2-f312-11e3-a2d8-dc7d3196b5d7/La_Suisse_h%C3%A9site_%C3%A0_domestiquer_la_FIFA

 

08:21 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fifa, blatter, maurer, forfaits fiscaux, cadeaux, plr, udc, pdc, economie suisse | |  Facebook |  Imprimer | | |

19/05/2012

Attention chute de charmes

betisesscie.jpgLe président de la SSR Ramyond Loretan n'ira finalement pas soutenir Pierre Maudet le 24 mai pour sa soirée de campagne. La nouvelle de sa présence avait pourtant fait grand bruit. En effet, comment un président d'une association indépendante, publique, pouvait officiellement venir soutenir un homme politique en campagne électorale? La raison de cette retirette? Murat Alder, vice-président du PLR Genevois la donne dans le Courrier de ce samedi :"il y a eu une petite boulette électronique de notre secrétariat, la liste qui a malencontreusement figuré sur notre site était un brouillon". Et bien dis-donc, après l'annonce précipitée et erronnée de l'abattage de 5 arbres, des charmes, "un acte de vandalisme pur et dur, bête et méchant" alors qu'il s'agissait de l'oeuvre de ses propres services, Maudet est à nouveau trahi par ses ouvriers. Deuxième abattage de charmes! Pas à la scie électrique cette fois, mais à la boulette électronique! Et Raymond Loretan de confirmer dans la foulée qu'en effet, il n'avait jamais confirmé sa venue à la fête de campagne...

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21:36 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : plr, maudet, conseil d'etat, ssr | |  Facebook |  Imprimer | | |