sylvain thévoz

29/05/2015

La FIFA : une affaire Suisse

Son président est Suisse, son siège est à Zurich. Quand la tempête s'abat sur la FIFA et que les preuves de corruption s'accumulent, Ueli Maurer, conseiller fédéral UDC, vole au secours de Sepp Blatter. Devant les quelques 340 participants du 5e Forum suisse des médias à Lucerne, il a défendu le bon président, affirmant qu'il ne faut pas oublier tout ce qu'il a fait de formidable pour le football.

Sans blague, alors que la FIFA est sous enquête, corrompue jusqu'à l'os, que la justice américaine va déballer des années de corruption généralisée. Ueli Maurer a la même ligne de défense que Blatter : il fait diversion et préfère parler football, se rangeant aux côté de Poutine pour le soutenir.

Didier Burkhalter, autre conseiller fédéral, PLR, voit dans cette affaire une chance à saisir.  "Cela va peut-être faire évoluer les fédérations sportives internationales". Surtout ne pas s'en mêler, surtout ne pas réfléchir sur le rôle tenu par la Suisse dans ce système, surtout ne pas se sentir responsable, alors que notre pays est le champion du monde toutes catégories pour l'hébergement des fédérations sportives (une soixantaine) et que ces fédérations bénéficient chez nous d'un statut fiscal privilégié. Elles sont définies comme sans but non-lucratif. La FIFA fait des millions de bénéfices, a plus d'un milliard de réserve en cash, est au bénéfice d'une grande flexibilité juridique, sans obligation de rendre ou de publier des comptes. Quel est le système fiscal qui permet à la FIFA une totale opacité sur ses gains ? Le nôtre. Qui le défend mordicus? La droite.   

L'Hebdo rappelle, dans sa dernière édition, les sept péchés capitaux de Blatter et revient sur le fait que la FIFA soit exemptée de tout impôt fédéral direct. En effet, le parlement (à majorité de droite) a refusé, en juin 2012, d'abolir ce privilège. Parce que les partis bourgeois ont toujours servi l'argent, et pratiquent les mêmes tactiques qui a cours à la FIFA : chantage, lobbying, graissage de pattes et complaisance envers ceux qui possèdent l'argent et le pouvoir.

La FIFA: un produit de la droite

Couvrir le blanchiment d'argent sale, encourager les forfaits fiscaux, les évasions fiscales, fermer les yeux sur la Suisse qui lave plus blanc, la Suisse mafieuse, c'est un sport de droite qui a été érigé en système puis en droit. Faire du chantage au départ, couvrir les malfaiteurs des palaces, c'est la mission de la droite. Cette stratégie a conduit le système bancaire à ne pas se réformer et au final à le payer cher. Aujourd'hui, les procureurs américains font le ménage à Zurich dans les palaces où les magouilleurs se prélassent et la droite menace notre souveraineté en s'acoquinant avec des indélicats. Avec l'affaire de la FIFA, on découvre que la complicité de la droite pour soustraire des millions d'impôts au fisc et faire plaisir aux copains est dans son ADN.  

Le parti socialiste, par son conseiller national Carlo Sommaruga, avait proposé en 2012 une loi pour «poursuivre d’office les cas de corruption dans le secteur privé», et non plus seulement lorsqu’une plainte était déposée. Le PLR, l'UDC, economiesuisse, l'USAM et l'association suisse des banquiers l'avaient rejetée, ainsi que... la FIFA. La droite n'aime pas les lois anti-corruption. Elle aime la "main invisible" du marché et les yeux qui se ferment. Elle adore les forfaits fiscaux et les associations milliardaires à but non-lucratifs. Elle adore agiter le chantage au départ pour ceux bénéficiant des largesses et de la complaisance de la législation helvétique. Cela la conduit à la paresse intellectuelle et encourage la criminalité des cols blancs. La crédibilité de la Suisse est aujourd'hui gravement entachée. L'image de notre pays salement détériorée. La FIFA est une affaire suisse, le produit de son système fiscal voulu par la droite.

 

Tous les regards vers Zurich 

Ce jeudi, tous les regards seront tournés vers Zurich où un valaisan cherchera à se faire élire pour un cinquième mandat à la tête d'une association corrompue brassant des milliards et ne payant pas un centime d'impôt en Suisse.

Tous les regards seront tournés vers notre capitale financière où nos conseillers fédéraux et la majorité de droite de notre parlement ont choisi de protéger la FIFA et la corruption.

Que Blatter s'en aille. Et avec lui les valets de la droite helvétique, championne du monde d'un système fiscal opaque qui sert l'argent plutôt que les intérêts du peuple, les intérêts des puissants plutôt que ceux du droit et de la justice. 

 

 

 

 

https://www.hebdo.ch/hebdo/cadrages/detail/portrait-les-sept-p%C3%A9ch%C3%A9s-capitaux-de-sepp-blatter

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/77cfbfc2-f312-11e3-a2d8-dc7d3196b5d7/La_Suisse_h%C3%A9site_%C3%A0_domestiquer_la_FIFA

 

08:21 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fifa, blatter, maurer, forfaits fiscaux, cadeaux, plr, udc, pdc, economie suisse | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/06/2014

Barazzone.com : le bug de l'apprenti jardinier

Le plan comm' était presque parfait. Nommer urbanature© le déplacement de quelques moutons du parc de la Bâtie au parc Lagrange et la pose de sièges en plastoc verts comme mobilier urbain en mettant un peu de gazon synthétique dessus aurait pu être le plan comm' de l'été. Décorer les places d'orangers, de citroniers, de grenadiers (et pourquoi pas de cocotiers pendant qu'on y est), aurait pu être la petite touche de "nature" sudiste dont l'agriculture de proximité se serait bien passée sans que l'on ne trouve rien à y redire tellement c'était bien emballé. Faire travailler les employés du service des espaces verts à lever et déposer des bacs alors qu'ils n'ont plus le temps de s'occuper des parcs, les mener en bateau lorsqu'ils viennent manifester, aurait pu être habilement dissimulé derrière des écrans de fougères. Mais voilà, le plan comm' de Barazzone a buggé à cause de quelques foutus lauriers-roses. Et quand la comm' arrête de faire écran, que découvre-t-on: beaucoup de vent, pas de racines, et le trouillomètre à zéro du magistrat, apprenti jardinier. Le bug de comm', c'est quel type d'insecte déjà?  

Le pot aux roses 

A peine quelques habitants se sont-ils plaints du risque de toxicité de la plante, que les malheureux lauriers-rose déposés par bacs aux Pâquis ont été retiré fissa. De Toulouse à Marseille, on rigole encore de ce retrait précipité. Peuchère, combien il y a-t-il d'espèces dangereuses dans les parcs de la ville ? Environ 50, 100 ? On ira avec plaisir consulter le jardin empoisonné du Jardin botanique http://www.ville-ge.ch/cjb/jardin_off.php pour s'en faire une idée. Barazzone va-t-il maintenant faire interdire la vente du muguet en mai prochain, empêcher les champignons de pousser? L'expert en communication d'urbanature© est convoqué : on arrache ou pas? On interdit ou non? On se couvre de ridicule... encore ? L'important, c'est de continuer à communiquer à tout prix... L'année prochaine, je parie : urbanature© ne proposera que des arbres en plastique et des moutons que l'on remonte pour les faire fonctionner. Pour sûr ce sera moins risqué, et la comm' sera plus facile.   

Combien la comm ?

Une habitante a posé une question intéressante via facebook à "Guillaume Barazzone, roi de la communication". Je la reprends ici au cas où il ne l'aurait pas reçue. Cette habitante s'interroge sur le fait qu'il est "le seul élu capable de payer et de sponsoriser ses publications facebook pour qu'on se coltine des jours de suite sur le fil d'actualité ses action lambda (de refleurissement de la ville)." Elle souhaite savoir si cela est payé avec l'argent des contribuables, et surtout : combien d'argent a été mis dans la comm' sans une seule motte de terre ou d'herbe en plus. Combien coûte urbanature©, avec ou sans les lauriers-roses, et sa pub sur facebook?

La mauvaise herbe de la comm'

La question mérite une réponse, car la comm' est beaucoup plus toxique que les lauriers-roses. Elle coûte plus cher, menace la santé mentale des contributeurs et surtout leur porte-monnaie. Puisque des lauriers-roses fraîchement plantés aux Pâquis ont été retiré en 48h, la cohérence serait de débarrasser tout aussi rapidement les médias sociaux de la mauvaise herbe communicationnelle si des citoyens s'en plaignent de même, non? L'objectif est-il vraiment la promotion de la nature en ville, ou de jouer à l'apprenti-jardinier pour faire de l'auto-promotion? Les moutons, les travailleurs du service des espaces verts, les amoureux de la nature s'interrogent. Moins de comm' plus de pommes, ça pourrait être un bon slogan (ça fait deux fois que je le propose). Dites, si on est trois à le demander: vous agirez Monsieur Barazzone ? 

Interroge-toi c'est gratuit

Le plus piquant, dans toute cette histoire, c'est que Monsieur Ricou, PDC élu au conseil municipal ait attaqué, sur son blog, le service Interroge des bibliothèques de la Ville et même demandé sa suppression (http://lionelricou.blog.tdg.ch). Interroge c'est ce service gratuit qui répond en ligne à toutes les questions. En novembre 2013, ce service répondait à une question sur la nocivité des plantes dans les parcs de la Ville de Genève. On lira avec délice cette information http://bit.ly/1s0U5LI listant comme il se doit le laurier-rose au rang des plantes toxiques. Dommage que Barazzone ne l'ait pas consulté. 

Il faut cultiver son jardin

Ce n'est donc pas Interroge qu'il faut supprimer, mais ceux qui lancent tout un plan comm', engagent l'arrachage et le replantage d'arbustes, sur les impôts des contribuables et de la "nature". Enfin, si le PDC est vraiment contre les doublons, qu'il exige de son magistrat Barazzone de choisir entre Berne et Genève, parce qu'à trop vouloir faire les deux, il semble que le magistrat et conseiller national, apprenti jardinier, se soit un peu perdu dans la nature....   

07:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barazzone, plan comm', ricou, pdc, nature en ville, urbanature | |  Facebook |  Imprimer | | |

23/12/2013

Les PDC se lourdent

Ils y vont et ça fait la une de la presse. Le président du PDC suisse Christophe Darbellay et le conseiller national Yannick Buttet (VS) vont pour Noël en villégiature à Lourdes pour fêter l'élection de leurs deux conseillers d'Etat démocrate-chrétien à Genève, Luc Barthassat et Serge Dal Busco. Allelouhia. Joli coup médiatique: faire d'un pari entre chrétien un geste politique sur les réseaux sociaux à la veille de Noël. Sympa? Non. Cohérent? Allez savoir. Ils soutiennent bien une initiative pour faire payer aux femmes le droit à l'avortement, ils peuvent sans soucis aller entre mecs vouer un culte à la vierge à Lourdes. Le départ était paraît-il dans l'esprit des fêtes, avec la petite phrase sibylline et assassine du PLR François Longchamp: "Pour rien au monde je ne louperai le jour où Christophe Darbellay tient une promesse." Décidément, c'est Noël dans les coeurs, et les baisers de Judas volent en guise de baisers d'adieux. Certes, il y a quelque chose de respectable dans le fait de faire ce que l'on a promis et de promettre ce que l'on veut faire. On ne s'étonnera donc pas que Guillaume Barazzone soit resté à la maison. 

Car on aurait bien voulu qu'ils emmènent dans leur sac à dos Guillaume Barazzone. Malheureusement, lui n'a pas tenu parole, il est donc privé de Lourdes. Le conseiller administratif de la Ville de Genève, en effet, en plus de son don d'ubiquité ( il siège en simultané à Berne et à Genève) possède désormais le don du double discours, ayant "défendu" en tant que Conseiller administratif le budget de la Ville de Genève, tout en avalisant le fait que son groupe attaque ce budget en faisant alliance avec l'UDC et le MCG. Au final, Barazzone a quand même réussi à retirer ses hosties du feu en se félicitant que le budget ait été voté et ses postes supplémentaires de policiers municipaux votés. Bravo. Bon, il s'est quand même brûlé les doigts en essayant sur les réseaux sociaux et dans la presse de s'en attribuer le mérite. Raté. Le baiser de Judas de Guillaume à la Ville de Genève n'est pas passé inaperçu. On ne peut pas vouloir casser quelque chose et se féliciter de l'avoir construit. Pas très catholique tout cela. Croire aux miracles est une chose. Nous prendre pour des con-ne-s en est encore une autre.
 
Les PDC, en Ville de Genève, en faisant alliance avec les partis d'extrême droite, attaquant le budget que leur magistrat était supposé défendre collégialement, ont violé leur serment d'élu de servir leur Ville. Ils ont trahi celle-ci au profit d'intérêts cantonaux. Ils peuvent bien, ensuite, voir leurs chefs de partis et conseillers nationaux partir le coeur léger se refaire une virginité dans les eaux baptismales, et les saluer du chapeau même, ce sont des gestes de grenouilles de bénitier. Quand on fait alliance avec l'extrême droite, ce n'est plus à Lourdes, en tant que chrétiens, qu'il faut aller.   
 
Des actes ou des miracles
Un miracle que les PDC aient deux élus cantonaux? Qu'ils aillent jusqu'à Rome sur les genoux s'ils le veulent. Pour moi, le véritable miracle serait que les PDC tiennent parole et fassent ce pour quoi ils s'engagent. Quand Guillaume Barazonne affirme "défendre les intérêts de la Ville" sur la page web de son parti, qu'il le fasse réellement, plutôt que de chercher à la casser au profit d'intérêt cantonaux ou nationaux. 
 
Et puis, plutôt que de promettre Lourdes ou le paradis à la télé ou la radio, il semble plus important que jamais de prendre des mesures rapides pour que le chômage baisse, pour que de nouveaux logements soient construits, pour maintenir le niveau de prestations envers la population, garantir un service social de qualité. Plutôt que d'aller à Lourdes et faire le buzz avec ses nouvelles chaussures, veiller à ce que ceux qui sont déjà élus ne trahissent pas leur parole, et s'engagent à construire une société plus solidaire et responsable. Bref plutôt que de croire aux miracles, faire son boulot, tout simplement, sinon, on risque bien, légitimement, un jour ou l'autre, de se faire, par le peuple, qui ne croit que ce qu'il voit : lourder.   
 

 

 

 

17:15 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lourdes, pdc, darbellay, barazzone, genève, esprit de noël, buttet | |  Facebook |  Imprimer | | |