sylvain thévoz

11/08/2016

La peur est mauvaise conseillère

 

La peur est mauvaise conseillère. Elle provoque des réactions excessives et coûteuses. Voilà des blocs de béton sur la route. Eh quoi ? Si un hélico vient à foncer du ciel sur des gens en Allemagne, on vivra sous filet ou sous verre, histoire de protéger nos vies ? Jusqu'où faudra-t-il aller dans la réaction, avec des mesures de police et de contrôle toujours plus démonstratives?

 

Les terrorisants sont en train de gagner la bataille des esprits, et d'obliger, avec des moyens rudimentaires, certains de nos dirigeants à faire de la surenchère médiatique, au détriment de nos libertés, et à mettre en péril ce qui fonde nos démocraties: le droit et la justice, au profit d'opérations de communication ou de soin de l'audimat.  

 

Vous voulez prévenir des attentats? Faites advenir la justice sociale

Chaque précieuse vie mérite complète sécurité et attention.

Quelle justice alors pour les 4’000 migrants ayant perdu la leur lorsque les rafiots dans lesquels ils ont pris place ont coulé dans la Méditerranée? Cela sans que grand monde, réellement s’en soucie, ou alors philosophiquement, charitablement, virtuellement, voire, à l’inverse, en regardant d’autant plus de travers ceux qui y ont survécu, durcissant l’asile, avec des foyers toujours également sous-dotés et des politiques discriminatoires plus sévères.

Comment ne pas citer l'exemple de ce camp au sud du Tessin, où se trouvent actuellement des personnes s'étant vues dénier le droit de déposer l'asile en Suisse, étant refoulées en toute illégalité avec confiscation de leurs papiers à la clé, alors que leur famille se trouvait dans la Confédération ou qu'ils souhaitaient traverser notre pays pour en rejoindre un autre.[1] Ne pensez-vous pas que l'on fabrique là des bombes sociales ? Qui en sont les artificiers ?

Il serait bon d’avoir une vision plus large de « la sécurité » que celle consistant à placer en dernier recours des blocs de béton sur la route en laissant entendre que toujours plus de contrôle sera une solution. Cela nous mène à une surenchère qui mène à l'impasse.

 

Nous voilà placés dans une sale alternative

D’un côté ceux qui font commerce de terroriser, et de l’autre… ceux qui font presse de sécuriser, et pour qui le risque zéro tend vers la paranoïa maximale, empilant des mesures démonstratives afin de montrer que... des mesures sont prises. Sauf que ces mesures, visant avant tout à faire toujours plus de la même chose, nourrissent avant tout la peur.

Crever de trouille mais ne pas perdre la face, est-ce vraiment ce que l'on peut attendre de mieux de la part de nos dirigeants?

Quelles sont leurs perspectives à disons, ne serait-ce que deux ans, plutôt que ressasser l'immédiateté et être toujours dans la réaction (avec sempiternellement un temps de retard) ?

   

Pourquoi emprunter le même chemin que la France ?

S’inspirer de la logique sécuritaire française est la meilleure manière d’importer pareillement le mal qu’elle combat d'une main et nourrit de l'autre.

Vous croyez aux attaques irrationnelles, contre tous et sans but, comme dans les dents de la mer ? Serions-nous de ceux qui renonceront à toute baignade en mer, sous prétexte qu'un monstre y est tapi?

Triste réalité, c'est un mélanome du fait d'une exposition prolongée au soleil qui vous emportera... ou l'hélice d'un hors-bord.

La peur est mauvaise conseillère.  

 

Donner toujours plus de champ à la peur ? 

Même les voitures de police qui tournent dans les quartiers 24h/24, en redemander encore ? Doubler, tripler les surfaces de Champ-Dollon, priver de promenade ceux qui y vivent, et de libération conditionnelle ceux qui le peuvent : serrer la vis encore d’un bon cran? Pour sûr, quand les encagés passeront les grilles, ce sera beau  voir… à défaut de lutter contre un mal, cela le renforcera surtout.

 

Méthode Maudet: de la comm' avant toute chose, des fusibles à faire sauter au cas où, et après lui le déluge... 

 

Et surtout : moins de moyens pour les primo-arrivant, pour la médecine et la psychiatrie, plus de cadences infernales, et forçons sur les rivalités et les angoisses en accentuant les inégalités sociales et faisant toujours porter aux plus précaires le poids de la menace.

Discriminer l’engagement de personnel ayant un casier judiciaire à l’aéroport est immonde ; s’en moquer parallèlement aux TPG illustre à quel point le Conseil d'Etat est désuni en terme de politique sécuritaire ; et, en parlant des TPG, cogner sur des frontaliers sans préciser que si leur taux d'absentéisme et important c'est bien parce que la pénibilité de leur travail l'est d'autant, est de la désinformation pure et simple[2].

La logique de la peur conduit à l'irrationnel. L'irrationnel à la violence et à l'injustice.    

 

Le rôle anxiogène de la presse 

Il n’y a pas un terroriste derrière la barbe de chaque jeune ou chaque hipster en quête de révolte ou d’identité. La journaliste Lugon[3] cherchant frénétiquement le scoop en stigmatisant des quartiers entiers parce qu’un jeune est parti Dieu sait où ressemble en tous points à cette femme qui a fait une fausse alerte à la bombe à l'aéroport pour retenir son mari[4] … sauf qu’elle l'a fait pour son rédacteur en chef et son audimat... et n’a pas été condamnée à faire de la taule.  

Ce qui nous menace le plus sûrement, c’est la terreur dans les têtes, et le fait que ceux qui font métier ou sont désignés pour lutter contre l’alimentent.  

Ou encore, ce genre "d'infos"[5]: "90% des requérants recourent à l'aide sociale", ou la presse balance encore des données brutes, sans les expliquer, sans illustrer en quoi cela s'explique par le niveaux de précarité des nouveaux arrivants, ni combien de temps ils le sont avant justement de pouvoir prendre une autre place dans la société. On prend des données brutes et on les jette, alimentant par là la violence et la confusion, sur des lignes de rupture. 

 

A force de crier au loup, ça finira par mordre

Vous en voulez encore des pyromanes? Et voilà un article supplémentaire de Sophie Rosselli journaliste de la TDG, qui en devient carrément indécente dans sa promotion continuelle du couple flic-terroriste, et dans son inlassable capacité à broder l'ouvrage hystérique sur le chablon des informations prises en ligne directe chez Maudet, parce que : c’est ça désormais que les gens veulent entendre… (ah oui, on a vu lors du drame de Nice ce que la presse sort de plus beau quand elle est soumise à l’émotion galopante et court à l’effroi séance tenante, ou alors, quand elle pompe ses information au pouvoir policier).

L’hystérisme social est avancé. Mangez et tremblez-en tous. Je ne serai pour ma part pas étonné quand certains décideront, soudainement, d'y planter les crocs. Cette hystérie contribue à renforcer la menace qu'elle prétend dénoncer. Vous voulez prévenir la violence? Faisons plutôt advenir la justice sociale. Et vite.

Si l’on demeure pragmatique et réaliste, avant, bien avant que le menace islamiste ne s’approche et ne saisisse votre vie, pour sûr, le risque de mourir, à choix :

de connerie

de diabète

d’obésité

d’une classique compression de l’aorte

de particules fines avalées tous les jours à haute dose

d’accident de voiture

d’anévrisme

d'enfumage journalistique aggravée

de l’explosion de Mühleberg

d’un crime passionnel

d’une glissade dans l’escalier

aura eu raison de vous.

 

 

Faut-il donc mettre un policier derrière chacun pour sécuriser ?  

La peur est mauvaise conseillère.

 

 

[1] https://www.letemps.ch/suisse/2016/08/05/un-camp-migrants...

[2]https://www.letemps.ch/suisse/2016/07/21/aux-tpg-frontali...

[3] https://www.letemps.ch/suisse/2015/10/02/piste-islam-radi...

[4]http://www.tdg.ch/geneve/grand-geneve/Prison-ferme-pour-u...

[5]http://www.tdg.ch/suisse/90-requerants-recourent-aide-soc...

 

...................................

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28/10/2015

La droite irresponsable veut détruire l'Usine

La droite élargie (PLR, PDC, UDC, MCG) si elle ne sait pas s'unir pour des projets communs au service des Genevois, sait par contre faire alliance pour casser des institutions et mettre en péril ce qui fonctionne à Genève.

 

Au Conseil Municipal de la Ville de Genève, ce mercredi soir, la droite destructrice, unie, a donc décidé de suspendre toutes les subventions de l'Usine et de forcer la Ville de Genève à prendre en charge les déprédations commises par quelques individus isolés ayant débordé l'encadrement de l'Usine samedi passé et malheureusement dénaturé cette manifestation, y déversant leur désarroi. 

 

La droite, en faisant payer à une institution culturelle les dégâts que celle-ci n'a ni commis ni voulu, commet une injustice; et en faisant payer au public de l'Usine une situation qui ne le concerne pas, elle le prend en otage. Voulant faire payer à la Ville la casse, elle crée un précédent juridique absurde. Depuis quand la Ville devrait-elle payer pour des casseurs?

Avançant des arguments plus moraux que politiques: "quand mon enfant fait une bêtise je lui donne une claque"; ignorant tout de la réalité d'une institution culturelle de l'ampleur de l'Usine; allant même jusqu'à la comparer à un club de sport:  "quand les supporters d'un club de sport dérapent, c'est au club de payer", la droite destructrice, en plus de faire démonstration de son incompétence, faire preuve de rétorsion en punissant une entité culturelle qui accueille plus de 100'000 personnes par an, est animée par 18 associations (un théâtre, un lieu d'exposition, des salles de concerts, des buvettes, une radio, un atelier de sérigraphie, etc.,) http://usine.ch/ ; une institution phare qui a joué et joue un rôle clé, historique, symbolique, alternatif, à Genève, à l'échelle de la Suisse, et même européenne.

Cette droite destructrice est nocive, dangereuse pour Genève et pour sa paix sociale. 

 

L'Usine, c'est une Institution, une référence. Ouverte en 1989 avec l'appui décisif d'un libéral de l'époque (Claude Haegi) qui avait, lui, compris que la jeunesse a besoin d'un lieu d'expression  et que l'on ne peut laisser une ville sans lieux bon marché, culturel, inclusif et associatif.

L'Usine, c'est une institution qui a vu émerger des artistes de classe internationale, qui a permis de former, créer et donner des espaces d'expression à des artistes qui aujourd'hui font la fierté de Genève (John Armledder, les Young Gods, Sandrine Kuster, Greta Gratos, Yann Marrussich, Gigi, Lionel Bovier, les Klat, qui ont crée la statue Frankenstein à Plainpalais, Nirvana est passé à l'Usine, Mapping Festival, Electron, Black Movie y ont pris leurs marques, et tant d'autres... la liste est longue.)

 

Attaquer l'Usine, de la part de la droite destructrice, c'est une déclaration de guerre irresponsable envers des milliers de personnes. C'est mettre le feu aux poudres. 

 

Ce coup, porté par la droite torpille tout effort de dialogue entamé par l'Usine. Au nom d'une application de la loi littérale sur un enjeu de petite ampleur (il faudrait que l'Usine demande sans délai 5 autorisations administratives distinctes pour ses buvettes), elle sape tous les efforts de dialogue et de médiation entamés par la Ville de Genève pour trouver une issue à la crise déclenchée et alimentée par la magistrat de police Pierre Maudet et son petit homme de main en ville Barazzone.

Pire, la droite bafoue l'Usine, qui jusqu'au dernier moment a cherché le dialogue en demandant, sans succès, d'être reçue et entendue en commission par les casseurs du conseil municipal. 

 

Rien, dans ce conflit jusqu'alors administratif entre l'Usine et le Canton, ne concerne au fond le conseil municipal. C'est une affaire cantonale que gère (mal) Monsieur Maudet magistrat de police cantonal. Ce dernier a bloqué le versement de dons de la Loterie Romande, il instrumentalise maintenant sciemment le conseil municipal de la Ville de Genève pour forcer l'Usine à plier. Cela n'est pas démocratique. Le chantage institutionnel n'a pas sa place dans notre République. Etre chargé de garantir la loi et son application, ne signifie pas faire usage de la loi du plus fort. C'est mal interpréter l'esprit de la loi, en détourner l'usage, que de prétendre l'appliquer à son unique avantage.

 

L'entière responsabilité des violences et déprédations qui pourraient découler de l'attitude irresponsable et dangereuse de la droite, ainsi qu'à Monsieur Maudet, pyromane en chef, devront lui être imputée. 

Ceux qui ont choisi, bien au chaud sur leur siège, de couper des subventions, de saboter une institution culturelle pour l'empêcher de fonctionner en conformité avec la loi, de punir tout un public la fréquentant, ont opté pour la voie de la violence institutionnelle.

Cette droite destructrice, irresponsable, a jeté de l'huile sur le feu et sciemment déclaré la guerre à l'Usine. 

On ne peut que craindre désormais le retour de flamme.  

 

23:16 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : usine, maudet, genève. | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/08/2015

Cela ne vous rappelle rien ?

 

Cela ne vous rappelle rien ?

Une rafle au mois de juin : toi, tu vas au trou, toi tu restes en surface. Parce que tu es un homme, célibataire, que tu as commis un petit délit et même si tu as purgé ta peine :  le sous-sol c'est pour toi.

Les double et triple peine, cela ne vous rappelle rien?  

 

Une rafle au mois de juin :  la police anti-émeute contre des migrants pour les déplacer de force dans l'attente de leur déportation. Cela ne vous rappelle rien?

La police envoyée pour trier des gens. Le pouvoir qui justifie ce tri entre bons migrants et mauvais migrants, invoque la dignité de certains pour traiter les autres en sous-hommes, cela ne vous rappelle rien ?

Un magistrat de police qui tente de siffler la fin des droits humains. Un magistrat de police, capitaine à l'armée, qui use de sa parole et de son pouvoir pour s’en prendre à des militant.e.s des droits de l’homme, menace les citoyens qui font preuve de solidarité et se proposent d'accueillir chez eux des personnes harcelées, cela ne vous rappelle rien?

Cela ne vous rappelle rien ?

 

Faire de certains des exutoires bon marché, d'autres d'utiles boucs émissaires, considérer l'humain en fonction de son statut, de ses tampons sur ses papiers, des quotas et rouages politiques, plutôt que sa personne. Criminaliser les problèmes sociaux, pénaliser la contestation, décrédibiliser les mouvements qui défendent les droits humains, cela ne vous rappelle rien ?

Vraiment?

 

Abuser de l’argument de l'urgence pour bafouer le droit et la dignité due à toute personnes comme le stipule notre Constitution. Cela ne vous rappelle rien ?

 

Faire de la Constitution un simple bout de papier, voir un torchon, avec lequel s'essuyer au nom de l'urgence, de l'économie, ou des principes supérieurs de l'Etat, cela ne vous rappelle rien?

 

Rien n’a commencé par une rafle en juin, tout se poursuit, quotidiennement, depuis des années, dans un état de droit en danger qui tolère que des hommes soient traités en sous-hommes, discriminés, écartés, logés dans des abris avec pour toute nourriture des barquettes à réchauffer; la lumière électriques en continu, et des punaises de lit sur les châlits.

Cela ne vous rappelle rien, vraiment ?

Vraiment?

Peut-être parce que vous vous dites: cela ne me concerne pas.

 

Mais qui sait, de force, et dans très peu de temps, cela pourrait vous revenir et vous concerner plus directement. 

 

 

Cela ne vous rappelle rien, vraiment ?

Vraiment?

 

 

 

 

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19/06/2015

Abri or not abri? Telle est la question?

grütli,occupation,no bunker,conseil d'etat,poggia,maudet,la matraque,la montreAbri or not abri? Telle est la question. Les fronts sont posés. D'un côté le Conseil d'Etat reconnaît qu'héberger des requérants en sous-sol n'est pas  une solution, mais ne fait rien pour dégager des solutions. De l'autre, des associations, des collectifs militants, des partis de gauche réclament du Conseil d'Etat de s'activer pour mettre en oeuvre des solutions, dégager une volonté politique et être créatif, plutôt que de se réfugier derrière son motif d'urgence pour justifier ses négligences.

Le front de ceux qui veulent sortir du tout à l'abri s'élargit chaque jour, jusqu'à l'Hospice général, ayant proposé depuis de nombreux mois des solutions alternatives aux abris PC (la Caserne des Vernets par exemple).

Pourtant, à ce jour, tous se heurtent à un Conseil d'Etat muré dans son refus de sortir du tout à l'abri. Cette attitude contre-productive conduit au chaos, comme lundi passé lorsque des requérants ont pris la route pour quitter les Tattes avec la police aux trousses.

C'est maintenant prouvé, l'attitude rigide du Conseil d'Etat engendre des conflits.

 

Il y a quelque chose de pourri au pays de l'asile

Il est admis que dormir dans un abri PC devrait être uniquement réservé aux situations de catastrophes naturelles, de conflit atomique, ou d'exercice militaire. Il est indigne pour un pays comme la Suisse d'accueillir en sous-sol des personnes dont elle a la responsabilité et la charge, dont l'entretien est même garanti dans sa Constitution (art.12).

Forcer des gens à dormir sous terre est une forme de maltraitance, d'autant plus grande quand les personnes accueillies viennent de parcours de vie que des abus, des traumatisme, et des violences ont fragilisé. Et quand du jour au lendemain le voisin de chambrée est dégagé par vol spécial, cela change jusqu'à la couleur des murs.

Invoquer depuis des dizaines d'années l'urgence pour mettre des gens sous-terre est un argument qui ne tient plus. Depuis des années le Conseil d'Etat à balayé sous le tapis un enjeu de société qui lui revient aujourd'hui, comme un boomerang, en pleine poire. Abri or not abri ne devrait plus être une question. Ce devrait être une ligne rouge au-delà de laquelle le Conseil d'Etat devrait reculer, et rendre des comptes pour son incurie.

 

Le Conseil d'Etat s'attaque à la Culture

A la Maison des arts du Grütli, occupée depuis le lundi 15 juin, la situation semble bloquée. Le mouvement No Bunkers – Collectif d'occupation du Grütli tient désormais le lieu. La Ville héberge jour après jour ceux qui ne peuvent plus aller ailleurs, l'Hospice Général ayant porté ces requérants comme sortis de son institution. La Ville fournit aide et assistance, mais elle n'est ni la Croix-Rouge, ni n'a pour vocation de se substituer à l'Hospice général. En bonne gestion de crise, il serait du devoir de l'institution de tutelle de chercher des solutions. Mais le Conseil d'Etat répond absent. Il reste sur une ligne dure, sans ouverture de négociations, comme si cela ne le concernait pas.

Ce comportement conduit 1) à pousser les requérants d'autres abris PC à rejoindre le Grütli 2) le mouvement à se radicaliser 3) à faire d'un lieu culturel un bunker à ciel ouvert.

Le Conseil d'Etat voudrait faire flamber un lieu culturel qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Faut-il, en plus d'attaques contre la dignité humaine, que le Conseil d'Etat s'en prenne à la Ville, la Culture?

 

Des possibilités existent

Pourquoi le Conseil d'Etat n'enclenche-t-il pas une médiation, avec No Bunkers – Collectif d'occupation du Grütli, la Ville, les communautés religieuses? Certainement, si des églises avaient connaissance de ce qui est en train de se dérouler, elles ne pourraient renier le Christ et laisser celui qui demande à entrer à la porte. La bible rappelle: "Celui qui demande reçoit; celui qui cherche trouve; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira. Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ou un serpent quand on lui demande un poisson ?

On pourrait ajouter: 

Lequel d'entre vous forcerait un homme à dormir sous terre quand il le refuse? 

Si le Conseil d'Etat ne veut plus s'occuper des Hommes, pourquoi ne délégue-t-il pas cette responsabilité à ceux qui savent et peuvent le faire. Après tout, il y a un certain nombre d'églises vides à Genève. 

 

We had a dream

On a rêvé, à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, que le Conseil d'Etat allait prendre l'initiative d'une sortie de crise, rassemblant les divers acteurs et parties liées à ce qui se joue autour de l'hébergement en sous-sol.

On a imaginé l'Hospice général, la Ville, les collectifs, les communautés religieuses, réunis sous le haut patronage du Conseil d'Etat, chercher des solutions ensemble, et en trouver !

On a rêvé que Genève allait sortir grandie, renouvelée, d'une négociation réussie!

On a rêvé, on espère encore, mais l'attitude butée, fermée, du Conseil d'Etat, laisse entendre que les hauts patronages sont réservés à l'ONU et que les petits chefs qui dirigent l'Etat, préfèrent jouer de la montre et de la matraque que prendre le risque du dialogue et de la négociation.

 

grütli,occupation,no bunker,conseil d'etat,poggia,maudet,la matraque,la montreSamedi 20 juin : fête musicale des réfugiés

Pour la journée mondiale des réfugiés, ce samedi, à 16h, des collectifs de Berne, de Zurich, et des centaines de militants viendront manifester leur soutien, à 16h, au Grütli, pour tous les requérants, pour tous les enfermés.

Une marche est prévue. 

Pour faire entendre, à l'occasion de la fête de la musique, une autre chanson que celle des marches militaire et des vols spéciaux, il est important d'y être.

Car si le Conseil d'Etat aime écouter des chansons grinçantes en boucle, nous pensons que d'autres mélodies existent, que d'autres possibles sont à élaborer.  

 

16:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grütli, occupation, no bunker, conseil d'etat, poggia, maudet, la matraque, la montre | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/06/2015

La rafle des Tattes, l'abri du Grütli

 
Que l’Hospice Général décide de déplacer dans des abris PC à Carouge les hommes migrants célibataires du foyer des Tattes afin de libérer de la place pour des familles syriennes c’est une chose. Que la police soit envoyée ce mardi pour exécuter l’ordre est tout autre chose. 
 
Parce que certains migrants ont reçu des courriers leurs annonçant ce déménagement, d’autres non. Parce que certains se sont présentés à l’abri PC de la Gabelle, d’autres ont refusé de le faire, d’autres n’ont pas compris ce que ce courrier leur intimait de faire. Parce qu’il est dégueulasse d’envoyer la police pour réduire des gens dans des abris PC.  Un problème social doit être réglé d’une manière sociale, politique, pas policière.  
 
Ces hommes ne sont pas du bétail
A qui peut-on reprocher de ne pas se présenter à la porte d’un abri pour y être placé dans des conditions de survie ? Toute personne censée résisterait, encore plus quand un parcours de migration, de guerre, de traumatisme et d’abus a fragilisé tous les rapports à l’autorité et à la force policière. Non, tous les migrants destinés à l’abri de la Gabelle ne sont pas allés spontanément se faire enfermer. Certains n'ont pas compris ce que la police leur voulait. Ils n'ont pas compris! Fallait-il user de la force publique pour les déplacer de force ? C’est ce que le Conseil d’Etat a choisi de faire, envoyant la police au foyer des Tattes pour aller rafler ces hommes. Et maintenant : le reste à Champ-Dollon?
 
La rafle des Tattes  
Ce lundi 15 juin, les policiers entrent aux Tattes, dans les studios. Ils pointent des hommes du doigt et disent : toi, et  toi et toi, essaient d’emmener de force ceux qui  ne comprennent pas ce qui leur arrive.  Employer la rafle et la force n’est pas responsable pour un Canton comme celui de Genève. A une question sociale il faut une réponse sociale, pas policière. 
 
La dignité comme résistance 
Les migrants, appuyés par le mouvement Solidarité Tattes et Stop bunkers se sont alors réunis pacifiquement dans la cour des Tattes et ont organisé une forme de résistance citoyenne. Le groupe décide de quitter les Tattes et descendre à l’église du Sacré Cœur, à Plainpalais. La police poursuit le cortège, le laisse se faire son chemin sans le protéger de  la circulation. Arrivé devant l’église du Sacré Cœur, la porte est close. L’église catholique n’ouvrira pas aux migrants jetés sur la route.
 
Le symbole du Grütli 
Le seul refuge que trouve la quarantaine de migrants est le centre culturel du Grütli. Les portes du théâtre sont ouvertes par le Conseiller administratif en charge de la culture Sami Kanaan avec l'accord du Conseil administratif de la Ville.. Face à la violence de la police, face à la désorganisation d’un déplacement mal organisé de migrants terrorisés, la culture joue son rôle de refuge et d’abri. Face à la rafle policière décidée par le Canton, un espace culturel  est ouvert dans l'urgence pour que des hommes ne dorment pas à la rue ou soient enfermés comme des chiens sans collier. 
 
 
Le Grütli accueille les migrants 
Il y a là une image très forte pour la Suisse et Genève, que des migrants, déplacés, réfugiés, traumatisés, que l’on chasse avec des policiers pour les mettre dans des abris sous-terre, que l’on cherche à cacher encore, trouvent refuge dans un lieu culturel qui plus est nommé Grütli, lieu du mythe fondateur de la Suisse!
Cela doit nous faire réfléchir sur la place que notre société donne aux plus précaires et comment notre pays respecte sa propre constitution, honore son préambule qui rappelle notre devoir d’assumer nos responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres.
 
En espérant qu’un nouveau pacte, culturel, social et non policier, puisse naître de ce refuge trouvé par des migrants un jour de juin à Genève, alors qu’ils avaient la police à leur trousse et le langage de la violence pour toute réponse à leur demande d'asile. 
 
RASSEMBLEMENT MARDI 16 JUIN 18H GRÜTLI
derrière le bâtiment -place Bela-Bartok- côté place du cirque. 
 

10:46 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : police, migrants, maudet, genève, droit | |  Facebook |  Imprimer | | |

30/03/2015

Ayop : Victoire du droit et de la mobilisation.

Ayop ne sera pas expulsé par le Canton de Genève. Mis sous pression populaire, associative, et politique, Pierre Maudet a été contraint de reprendre le chemin du droit. Il faut se réjouir de cette victoire des droits humains sur une tentative d'abus d'autorité de la part du magistrat de police, mais faudra-t-il à chaque fois que les associations et toutes les sensibilités politiques de gauche se mobilisent pour faire appliquer un droit qu'un magistrat cherche à court-circuiter?   

Ceci n'est pas une demande de grâce

Exiger de ne pas renvoyer Ayop n'était pas une demande de grâce ni un appel à faveur mais au respect du droit. C'est aujourd'hui une victoire que Maudet revienne au droit, mais on reste inquiet sur le fait que sans une extraordinaire mobilisation et débauche d'énergie, il se serait tout simplement assis dessus.

Pour rappel, Ayop a dû s'opposer jeudi 26 mars à être embarqué manu militari dans un avion. S'il n'avait pas physiquement défendu ses droits, il serait aujourd'hui au large et plus personne ou presque n'en parlerait.

Maudet a cherché à éliminer un témoin gênant. Il doit nous expliquer aujourd'hui comment il pouvait jeudi déporter un être humain et affirmer aujourd'hui avoir "décidé de surseoir à la décision de renvoi, sur la base des éléments du dossier, notamment de sa situation médicale et de son évolution durant le week-end".

Diable, on joue la vie des gens aux dés dans cette république ou quoi?

Il y a quelque chose de pourri dans la gestion de l'asile

Il y a quelque chose de pourri dans la gestion de l'asile par le Canton. L'incendie des Tattes et la tentative de se débarrasser du témoin Ayop est inquiétante. Il serait faux d'écrire que Monsieur Maudet a écouté la mobilisation des organisations citoyennes. Il est plus juste d'affirmer qu'il a cédé devant elles quand la mobilisation politique, citoyenne, associative est devenue si forte qu'il était trop coûteux pour lui de s'acharner.

Mais pour un Ayop sauvé du renvoi par les cheveux, combien de migrant.e.s dégagés avec des dossiers mal ficelés et le tampon aléatoire de Monsieur Maudet? 


Maudet et l'abus de droit 

Comme le rappelle la Ligue suisse des droits de l'homme dans un communiqué de presse :

Le Canton ne devait pas jeudi exécuter le renvoi car le dossier médical d'Ayop n'avait pas été transmis, en violation avec l'exigence fixée par l'ODM (office fédéral des migrations) à la suite du décès d'un jeune nigérian sur le tarmac de l'aéroport de Kloten.

Le Canton ne devait pas exécuter le renvoi car Ayop s'était constitué partie civile dans le cadre de l'incendie des Tattes; le virer était un déni de droit.

Le Canton ne pouvait se défausser de sa responsabilité en renvoyant Ayop. Il doit réparer le dommage subi par les victimes de l'incendie des Tattes.

Le Canton doit garantir a tout justiciable un droit à un procès équitable, à ce que sa cause soit entendue et traitée équitablement; et garantir le droit à la santé. Ayop a subi des atteintes à son intégrité physique pour sauver sa vie lors de l’incendie. Les séquelles, notamment à la tête, empêchaient tout renvoi, surtout dans les conditions d'un vol spécial.

Tous ces éléments étaient dans les mains de Monsieur Maudet jeudi 26 mars déjà lorsqu'il a essayé de fourrer de force Ayop dans un avion. Rien de nouveau depuis ne s'est ajouté au dossier, si ce n'est une extraordinaire mobilisation associative, citoyenne et politique. Sans celle-ci, Pierre Maudet aurait abusé du droit.


La mobilisation va se poursuivre

Bravo aux associations d'avoir rassemblé largement, à tous ceux et toutes celles qui ont lutté pour ramener Maudet à la raison. C'est une victoire de la mobilisation de celles et ceux qui mettent l'humain et le respect du droit avant la lâcheté et la soumission administrative. C'est donc une petite mais très forte et importante victoire d'étape pour le droit et la République.

Maintenant, de nombreuses questions se posent sur la manière dont Messieurs Maudet et Poggia s'occupent de l'asile, de la police et des renvois. Ce qui s'est passé autour d'Ayop nous invite toutes et tous à redoubler notre engagement et notre attention pour dénoncer les abus de droit du Canton et les dérives autoritaires que s'autorisent des magistrats.      

 

 

Sources:

http://www.lsdh.net (communiqué de presse Ligue suisse des droits de l'Homme)

http://www.stopexclusion.ch




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28/03/2015

Le Conseil d'Etat cherche à liquider un témoin

Tout serait propre en ordre et bien gardé et dans le meilleur des mondes. Monsieur Maudet a fait voter sa nouvelle loi sur la police, nos politiciens se gargarisent de la tradition humaniste de Genève pendant que tout citoyen de notre ville en est fier.


Expulsez ce témoin que l'on se saurait entendre

Mais derrière cette carte postale d'Epinal d'une Genève humaniste, un jeune homme de 19 ans victime de l'incendie des Tattes, témoin dans cette affaire, se trouve être arrêté jeudi 26 mars sur le chemin de son audience et conduit illico presto à l'aéroport pour y être expulsé.

Ce jeune homme s'appelle Ayop, il est tombé du 3e étage du foyer des Tattes pour échapper à la fumée et a été grièvement blessé à la tête. Il suit des traitements, désormais brutalement interrompus. Si des prévenus sont arrêtés à l'étranger, parfois incarcérés à peine la frontière franchie, ici, en revanche un plaignant est arrêté pour être expulsé alors qu'il se rend au tribunal! Incompréhensible? Pas si l'on prend en compte la raison d'Etat. Ayop est devenu le témoin gênant de son dysfonctionnement et Monsieur Maudet veut faire disparaître les témoins. Le Conseil d'Etat se tait. Anne, Antonio, vous en dites quoi. Vous êtes toujours là ?


Maudet, salaud Sartrien 

Cette volonté de renvoyer Ayop empêcherait de fait la victime de faire valoir ses droits dans une procédure contre l'Etat. Le rapport des pompiers dit clairement qu'aux Tattes :"des problèmes techniques ont été constatés", que les "fenêtres avaient été condamnés par des vis" et "les exutoires de fumées sous-dimensionnés".

Ayop, ce jeudi, a résisté courageusement à son expulsion en refusant de monter dans l'avion. Il est désormais détenu et en attente d'expulsion par vol spécial sous 72h. Le Conseil d'Etat macère toujours dans son silence et se cache derrière le tacite et laconique "la procédure suit son cours". Il joue la montre. Mais dans les faits, le CE accepte de liquider un témoin. La Ville de Genève, elle, a courageusement pris position pour demander au Conseil d'Etat de surseoir à cette expulsion. Mais du CE toujours pas de réponses. On a connu Messieurs Longchamp et Maudet beaucoup plus communicants (sur le footing, le plantage d'arbres, la célébration des centenaires, etc). On les imagine sans peine, planqués tranquilles, personne ne voulant y aller, ni François, ni Pierre, ni Mauro, non, chacun disant à l'autre : à toi, non, à toi, vas-y... Ils regardent au plafond, la machine administrative suit son cours, faisant d'eux rien de moins que des salauds au sens Sartrien du terme. Cette façon de faire rappelle l'affaire Adeline. Toujours fait péter les fusibles, les petits, et s'assurer que l'on est responsable de rien. "Assume ce qui ne t'engage à rien, et si tu dois être tenu pour responsable de quelque chose de plus grand, arrange-toi pour trouver un lampiste". Devise du Conseil d'Etat?

Une baffe pour l'Etat de droit

Comment le Conseil d'Etat a-t-il examiné les conditions concrète de vie pour Ayop en Espagne, ses possibilités d'assister en tant que partie plaignante à la procédure pénale le concernant? Les dernières lois adoptées par les autorités espagnoles sur la migration et toutes les restrictions qu'elles apportent aux libertés fondamentales montrent qu'Ayop ne pourra pas défendre ses droits dans l'affaire qui l'occupe à Genève s'il y est effectivement expulsé. La Genève humaniste, de la Croix Rouge et du blabla qui fait plaisir au moment des apéritif mais pour laquelle on ne lève pas le petit doigt, est ridiculisée.

 

Une pétition disparaît

Pour ajouter au déshonneur du Conseil d'Etat, une pétition munie de 2200 signatures demandant de surseoir à l'expulsion d'Ayop est restée coincée "quelque part" dans les tuyaux de l'Etat". Monsieur Maudet, par l'expulsion précipitée d'un témoin gênant empêche de fait l'audition des pétitionnaires et que le Grand Conseil soit saisie de cette affaire. Le Conseil d'Etat ne peut faire comme si cette pétition n'existait pas et nier les droits politiques de 2200 habitant.e.s. Au déni de justice pour Ayop s'ajoute le déni de démocratie pour les pétitionnaires.

Court-circuitage démocratique

La précipitation louche de Monsieur Maudet ne permet pas un traitement serein d'une affaire pénale. Elle éteint la lumière sur une affaire dans laquelle l'Etat est impliqué. Il ne s'agit pas ici d'un affrontement entre le respect du droit d'un côté et une bande de gauchistes humanistes de l'autre. Il s'agit du Droit même qui est attaqué par une raison d'Etat qui ne veut pas que les cendres de l'incendie des Tattes lui retombe dessus. C'est Ayop, 19 ans, qui en fait les frais. 

Ni demande de grâce ni traitement de faveur


Il ne s'agit pas ici de déposer une demande de grâce ou d'un traitement de faveur, mais du respect du droit et de la responsabilité de l'Etat.

Le Conseil d'Etat doit désormais, comme le demande le collectif opposé à l'expulsion d'Ayop

Renoncer à la détention administrative de cette victime, et qu'elle soit relâchée immédiatement.

Que toutes les expulsions des sinistrés de l'incendie du foyer des Tattes soient suspendues jusqu'à la fin du procès afin d'en garantir le bon déroulement.

Sans réponse claires et une prise de position de la part du Conseil d'Etat qui le sorte de sa posture de salaud sartrien, il faudra prendre acte que le Conseil d'Etat est devenu et assume d'être un liquidateur de témoins.  

Il faudra aussi prendre en compte que Maudet, Longchamp, Poggia &cie qui font le dos rond et se terrent dans le silence ont les mains sales.

 

Sources:

http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2015/03/27/ayop-se-leve-tot-heureusement/

http://www.ville-geneve.ch/espace-presse/communiques-presse/detail-communiques-presse/article/1427450380-conseil-administratif-demande-conseil-etat-suspendre-execution-renvoi-monsieur-ayop-aziz/


Rencontre :

Aux Tattes. Dimanche 29 mars de 12h à 16h. Dans la cour centrale du foyer des Tattes ( 1 chemin de Poussy, Vernier)

 


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25/11/2014

Barazzone: récupération ou plagiat ?

Le new "Geneva Lux Festival" serait né! Vraiment? A bien y regarder, on constate qu'on veut nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

La Tribune du jour nous présente un scoop. De singulières sculptures survolent la Ville! [1] Un nouveau concept d’œuvres lumineuses serait en chantier! Mazette, on prendrait presque le journaliste Mertenat au mot en découvrant le new « Geneva Lux Festival » tellement c'est beau et poétique. Il n'y a pourtant rien de neuf dans ce concept qui prétend pompeusement allier "modernité, tradition et innovation technique et artistique".[2] Ce concept a 10 ans. Nouvel éclairage : même concept, on nous en met plein les yeux avec les paillettes de la communication. Derrière: c'est du vent.  

Ceci n'est pas une lanterne

Le "Geneva Lux festival" n'est pas une nouveauté du conseiller administratif Guillaume Barazzone, ni la première édition d'un festival. C'est une simple mise à jour (un relooking diraient les new communicants) d'un projet initié par Manuel Tornare, conseiller administratif socialiste, en 2006, suspendant les mêmes oeuvres de l'artiste Cédric Le Borgne. Quelques photos souvenirs illustrent le simple copié-collé que réalise Guillaume Barazzone. [3]

Ce que l'on apprend à tout étudiant de 10 ans, c'est de citer ses sources. Un conseiller administratif serait-il soumis à d'autres règles que celles de l'honnêteté intellectuelle? Doit-on parler ici de plagiat politique ou le mot récupération est-il plus juste quand on s'attribue les mérites d'un autre sans prendre soin de le nommer? 

2006                                                         2014

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Qu'un magistrat s'attribue les mérites d'un autre sans le citer n'est pas brillant. Prétendre faire du Festival Arbres et Lumières un new " Geneva lux festival" est tape-à-l'oeil. Le procédé est vieux comme le monde, il consiste à faire prendre des vessies pour des lanternes. Seuls les benêts seront ébahis, les autres demanderont plus qu'un simple positionnement différent de statuettes et un beau discours estampillé 2014. Moins de communication, plus de création, vite !   

2006                                   2014

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Barazzone roi de la récupération

Barazzone n'en est pas à son coup d'essai en matière de récupération. Déjà le fameux "Urbanature" lancé en grande pompe le 20 mai 2014 reprenait les choix faits par son prédécesseur Pierre Maudet. Hop, un peu de plastique sur des chaises en bois, hop quelques pots déplacés ici et là et une grosse tartine de communication pour vendre le tout. Voilà comment on réinvente la roue à chaque législature. Est-ce suffisant pour faire croire que l'on innove et développe de véritables projets pour la Ville ? En tous les cas, si la population n'est pas dupe, les journalistes se laissent plutôt facilement berner avec une servilité étonnante. Où est passé leur esprit critique? 

 Pierre Maudet, chaise en bois.      Guillaume Barazzone, chaise en bois + plastoc.

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Un vernissage 

Ce vendredi 28 novembre aura lieu le vernissage du new « Geneva Lux Festival » sur le pont de la Machine. Manuel Tornare sera-t-il convié à la fête ? Ce serait la moindre des choses de le convier afin que ce qui appartienne à César soit rendu à César, et que Guillaume Barazzone ait l'humilité de reconnaître qu'à défaut de créer on peut toujours recycler, et que la finalité d'une communication n'est pas uniquement d'être au service d'un projet de vente politique, mais sert aussi à replacer un projet dans son histoire collective. 

L'ère du tout à l'ego?

Si la politique événementielle et spectaculaire prend les tics de l'art contemporain pour sa mise en scène et ses agencements, il nous faut garder un esprit critique. En effet, au-delà de l'image, sur le fond, que penseront les étudiants sermonnés pour plagiat ou les petits enfants guignant la copie de leur voisin si les politiques font de même en toute impunité, oubliant leur valeur d'exemplarité et de modèles résistant aux tentations de s'attribuer tous les mérites de projets qu'ils n'ont pas conçu. Récupération, plagiat, des mots forts? Certainement.

Comment résister aux lumières hypnotiques du tout à l'ego ?    


[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/soir-venu-singulieres-sculptures-survolent-ville/story/24813075 

[2]http://www.ville-geneve.ch/themes/environnement-urbain-espaces-verts/manifestations-evenements/geneva-festival/

[3]http://blog.athos99.com/yalil/

12:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, barazzone, urbanature, geneva lux festival, art contemporain, politique, modèle | |  Facebook |  Imprimer | | |

05/10/2014

Guérilla urbaine à Genève : selfie coûteux de Maudet.

Monsieur Maudet tenait vraiment à sa fête de la police et à faire parader 500 participants, dont 200 policiers sur une partie de la Rive Gauche ce samedi 4 octobre, bien que le défilé ait été contesté, au risque de provoquer des échauffourées. Le Conseiller d'Etat, capitaine à l'armée, pensait peut-être gérer la police dans la ville comme une armée en campagne, avec bataillons et marches au pas. C'est raté. 

Une fête fictive

Au final, il y a de la casse: trois blessés, des voitures brisées, des fumigènes largués sur la place de Plainpalais et des scènes de guérilla urbaine. Tout ça pour quoi en fait? Parce que Monsieur Maudet tenait à faire une jolie communication avec costumes d'époque, fusils ripolinés et chaussures bien cirées alors que les historiens de l’Université de Genève Marco Cicchini, Michel Porret rappellent que cette commémoration est nulle et inutile dans une édition de la Tribune du mois de juin. Le choix de 1814 comme date de naissance de la force de l’ordre est fictif, et sert purement un discours de communication et de propagande politique.

La police plutôt que l'éducation?

On peut comprendre que cela crée des tensions alors que les autres budgets de l'Etat sont réduits au strict minimum et que seul celui de la sécurité augmente. Est-ce que l'on veut vraiment limiter les places de crèches et les rénovations des écoles pour faire des défilés policiers dans les rues ; dépenser de l'argent à jouer au chat et à la souris avec des bougres qui auraient passé l'après-midi à faire autre chose si on ne leur avait pas proposé une si jolie vitrine pour faire de la casse ? Payer pour plus de sécurité, oui. Mais casquer pour une mise en scène de la sécurité; voir même une exhibition de la police créant de l'insécurité? Faudrait voir pour ne pas trop prendre les citoyens pour des abrutis.   

Vendre ses paniers à salades à tous prix

Monsieur Maudet veut sa communication à tout prix. Est-ce parce qu'il recule sur tous ses dossiers? La police, suite à sa grève de l'uniforme de cet été - diable, il voulait ramener la sécurité dans les rues et ne contrôle même plus ses troupes qui se laissent pousser la barbe et choisissent quand il est temps d'enlever leur T-shirt I love New-York ou leurs étoiles de shérif pour repasser le bleu- a fait reporter la réforme SCORE des barèmes salariaux pour les policiers de deux à trois ans. Le procureur Jornot reconnaît que la politique d'incarcération des migrants à tout prix pour infraction à la Loi sur les étrangers, de leur condamnation à des peines fermes est stérile. Il  y a renoncé. Champ-dollon déborde, les gardiens sont à bout. Les policiers vont désormais aller faire signer le référendum contre la nouvelle Loi sur la police voulu par Monsieur Maudet. Rien pour parader avec ça, non, vaudrait peut-être mieux mettre de l'énergie ailleurs que dans les défilés.     

Défiler à tous prix?

Quelle est la réaction de Monsieur Maudet suite au gâchis et aux violences d'une manifestation mal gérée? " La minorité d'individu dans le rejet de la société qui voulaient casser du flic ne sont pas parvenus à empêcher le bon déroulement du défilé et je m'en réjouis". Ben oui, l'important c'était que le défilé de Monsieur Maudet puisse avoir lieu. C'était en fait la seule chose qui comptait. Mais Monsieur Maudet se trompe lorsqu'il pense que ce sont les policiers qui étaient visés par cette manifestation. C'était lui la cible, lui et sa politique tape à l'oeil, racoleuse, le déclencheur de ces débordements, dont les policiers eux-mêmes font les frais.   

Une fête fictive vraiment nécessaire?

Ce défilé de 500 policiers protégés par au moins autant de troupe, avec une débauche de moyens (chiens, camions, policiers en civils) avait pour seul objectif de garantir la communication du chef et dorer son blason. C'est une manière coûteuse de s'occuper de la sécurité à Genève que de créer des occasions de guérilla urbaine en inventant des fêtes commémoratives fictives! Pour conclure, que Monsieur Maudet en rajoute en venant clamer comme un général d'armée le succès de son opération du jour est peu glorieux et sert les arguments de ceux qui voient dans ces défilés une instrumentalisation de la police à des fins politiques et électorales.    

Le 17 octobre journée du bluff?

Pas de raison toutefois que le chef s'arrête pour si peu. Il a déjà annoncé que le 17 octobre prochain (journée mondiale de lutte contre la misère en passant) le Victoria Hall sera réservé pour un concert de la Garde républicaine française en hommage aux pseudo 200 ans de la police genevoise! (Eh oui, il n'y a pas que les petites frappes qui ont droit au violon). Après l'occupation du domaine public, l'occupation du domaine culturel par la police maintenant? Il y aura donc à nouveau quelques centaines de policiers autour et dans le Victoria hall le 17 octobre. Alors que l'ONU et le monde entier placent cette journée sur le plan de la lutte contre la misère, Maudet prend cette date pour célébrer à nouveau la police!  Est-ce parce qu'il est au final plus facile d'occuper le Victoria Hall ou de défiler Place De-Neuve que d'occuper les quais du Seujet ou le jardin Anglais?

A qui appartient la police?

Enfin, puisque le nouveau slogan de Monsieur Maudet est : "la police n'appartient pas aux policiers mais à la population, elle est l'émanation du corps social", prenons-le au mot et recommandons-lui d'arrêter de l'instrumentaliser et de se l'approprier pour sa petite communication personnelle en provoquant d'inutiles tensions.


Références

1814: Naissance de la police genevoise: "c'est de la propagande!"

http://infopolice.ch/wp-content/uploads/200-ans-police.pdf

 

4 octobre: un défilé pour faire briller les boutons 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/deux-faces-defile-reactions-pierre-maudet/story/25636374

Blog de Demir Sönmez sur les échauffourées du 4 octobre

http://demirsonmez.blog.tdg.ch/archive/2014/10/05/la-fete-de-la-police-a-ete-celebree-sous-les-bombes-lacrymog-260428.html

Blog de Haykel Ezzeddine 

http://planetephotos.blog.tdg.ch/archive/2014/10/04/scenes-de-guerilla-urbaine-dans-les-rues-de-geneve-260420.html


17 octobre journée mondiale d'élimination de la pauvreté

http://www.un.org/fr/events/povertyday/


Quand le procureur Jornot reconnu (après sa campagne électorale) avoir emprisonné des gens qui n'avaient pas commis de délits autre qu'une infraction à la loi sur les étrangers, et confirma l'inutilité de cette politique. 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Olivier-Jornot-assouplit-sa-politique-criminelle/story/29210901

08:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : police, bicentenaire, communication, maudet, racolage. | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/08/2013

Grand homme, petit dormeur: éloge de la couille

sexisme,le matin,presse,politique,maudet,barthassat,dal busco,künzler,rochat,etc.,féminisme,virilité,couilleFallait-il se lever tôt aujourd'hui ou plutôt dormir debout comme des somnambules pour avaler le matin Dimanche et son article édifiant sur les hommes politiques qui se lèvent à 4h30 ou 5h pour être actifs le matin? Cet éloge des hommes qui veulent être la hauteur de l'adage l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt est une charge contre les femmes. L'adage dit bien à ceux et pas à celles; les femmes, c'est bien connu, lambinent et ronronnent dans leur sensualité, l'article nous le rappelle en les excluant. Trop lentes: hors-jeu. Du balai.

Le sexisme revient au sprint

A ces heures matinales où nous dormons, rêvons, faisons l'amour, poétisons, récupérons de la soirée de la veille, bref : vivons, nous sommes en-dehors du champ du pouvoir. Car le pouvoir c'est la puissance. Et la puissance vient de la virilité qui est forcément masculine. CQFD. Il faut le réaffirmer:  le vir, dans sa racine étymologique veut dire: le guerrier, l'homme. Le vir est même devenu le dénominateur du sexe masculin et par extention de l'humanité entière. Le pouvoir c'est le vir: le membre. Et les testicules, du latin testis témoin, témoignent du fait d'en être doté. Les testicules, testis culus, c'est donc littéralement avoir des couilles au cul et témoigner de sa virilité. Il faut donc lire cette mise en scène virile des grands hommes qui dorment peu par Le Matin comme une éloge de la couille et une mise en scène politique de la domination masculine.

Le pouvoir est réservé aux couillus. Et les couillus sont ceux qui se lèvent tôt, les super-mâles. Alors, les plus tôt debout, les plus virils, les plus actifs? Oui. Et encore mieux s'ils chassent les bêtes, les dominent, dirigent à l'armée d'autres mâles. Pourquoi Dal Busco sera élu au Conseil d'Etat et pas Barthassat? Pour une question de centimètres, au finish? Ou parce que Serge fait plus jeune, court le marathon, a une poignée de main ultra-virile et se lève tôt, alors que Luc cavale de noces en vogues, se couche tard et rigole? Le modèle de domination pourrait privilégier l'un au détriment de l'autre, mais la moto et la culture de la terre, permettont peut-être à l'hédoniste de regagner du terrain perdu sur l'homme de fer.

Une étude américaine le démontre, il y a une corrélation entre celui qui a des couilles et le courage. Celui qui n'en a pas n'a pas de force, pas de courage, c'est donc... une femme. Voilà pourquoi le PDC ne présente que des mecs et pourquoi les PLR cachent les leurs. Chère Isabel, si tu avais des couilles et si tu faisais du jogging, tu serais peut-être réélue. Tu sais ce qui te reste à faire: arrête de faire ta gonzesse. Il n'est pas trop tard pour faire campagne, prends de la testostérone! Le sexisme revient au sprint. Nous voilà revenu à l'âge des cavernes.

Couché / Debout : la femme, la bête, même combat.

Ce que fait le Matin:

1) Une éloge gratuite du masculin. Parce que les femmes en sont exclues, hormis Doris Leuthard, qui a droit à une petite ligne parce qu'elle a renoncé à avoir des enfants pour porter un projet politique. Le Matin aurait dû aller plus loin et noter les temps de celui qui vide une bière le plus rapidement, urine le plus loin, a le plus grand nombre de conquêtes, propulse un noyau de cerise au-delà de ses limites. Ils se sont contentés du chrono, du classement, et de poser la couronne sur la tête du champion. Tout y est pour célèbrer le mâle dans sa puissance. Pas une femme sur le "podium" des surhommes (par définition, les frontières du genre et de la domination sont bien gardées). Mais où sont-elles les femmes? A la cuisine? Derrière leur grand homme (le petit dormeur)? Se lèvent-elles pour des tâches moins visibles et viriles que faire un jogging ou lire son courrier? Type: s'occuper des enfants, nettoyer le salon? - Il faudra lire Fémina pour le savoir... ah, ça tombe bien, il est en supplément-

2) Une mise en scène politique et morale. La mise en scène de cette masculinité dominante rappelle les heures les plus racoleuses du sarkozysme en mettant en avant un élu au trot dans la rade à 50 jours d'une élection cantonale. La question entre dormir peu et agir beaucoup est rhétorique, elle recouvre de fait un outil de promotion people et personnelle. Nul doute que cette publicité gratuite vaut son pesant de sueur. 2 PLR, 1 PDC, 1 UDC. Tous des mecs, des bons mecs de droite qui se lèvent tôt. Mais se lèvent-ils tous pour courir? Non. Philippe Pidoux (PLR) se redresse pour s'occuper modestement de son cheval. Il rappelle:  "Il n'y a aucune vertu à cela. Les relations entre un homme et sa monture sont semblables à celles d'un homme et d'une femme. On sert d'abord avant d'être servi." Ah, la vache! Vu le choix du journaliste de les exclure, la phrase courtoise pourrait être remaniée pour les femmes en politique: " Nous on sert d'abord pour se faire monter ensuite". Couché / Debout : la femme, la bête, même combat.

Sexisme partout égalité nulle part

Le sexisme revient au sprint. Il imbibe les rapports de domination, de leadership, et évacue les questions politiques portant sur l'éducation des enfants, des gardes, des rôles attribués aux femmes et qui les ralentissent dans les courses au podium et aux flashs, aux emplois en vue. On croyait l'ère Sarkozy et la mise en scène médiatique du jogging révolue. Non. On nous la refait en nous rejouant le cirque de l'hyperactif qui ne s'arrête jamais. On croyait que le suicide de Carsten Schloter serait un avertissement pour les surhommes. Mais non. La pression sociale et la nécessité de dépasser les limites et de s'afficher en téflon les pousse à s'aligner à bloc sur la ligne de départ. Et Vae victis, qu'ils aillent tous se faire pendre.

Il faut lire le Matin dimanche avant de le recracher, parce qu'il illustre le fait que le sexisme est présent ici maintenant, partout, en force, tout le temps. Que l'air du temps est un air vicié qui nous ressert les mêmes rengaines de vieux modèles de domination. Que ces modèles de domination sont masculins; qu'au nom de la neutralité journalistique, ils servent les pouvoirs dominants. Après cela, il faut mettre ce journal à la poubelle, ses préjugés sexistes et politiques avec.... et choisir résolument son camp histoire de construire une société ou ce n'est pas celui qui a les plus longues dents, les plus grosses jambes, des couilles en or qui l'emportera mais celle (ou celui) qui porte un projet collectif pour le plus grand nombre, jeunes comme vieux, homme comme femmes.   

30/07/2013

Cycliste on aura tes os

velo,sécurité,lcr,maudet,ralf latinaCycliste on aura tes os.

Le fait que tu puisses tourner à droite au feu rouge on n'en veut pas. Ne crois pas que l'on va essayer de te faciliter la vie. La route n'est pas à toi, tu n'es pas assez lourd pour l'abîmer, tu ne pèses donc pas. Les mêmes règles pour tous, une seule loi sur la circulation routière. Pas de facilités pour les cyclistes, que des désavantages et des risques. Voilà une loi, qu'elle est bonne. Elle nous plaît bien, n'en changeons pas.


Cycliste on aura tes os. Au feu vert, si tu ne démarres pas avant tout le monde, on te klaxonnera. Malheur à toi si tu ne pars pas bien droit sur ta selle. Prends ça: une bonne goulée de gaz d'échappements dans ta grimace ah ah ah ça t'apprendra à partir après tout le monde! On t'avait bien dit de rester chez toi, de prendre le bus, ou mieux de t'acheter une voiture, comme il se doit (5,6 millions de véhicules à moteur immatriculés en Suisse +22% depuis l'an 2000.) Sois gros ou tais-toi.

Cycliste on aura tes os. Si tu as le malheur de te dire que la seule manière de sauver ceux-ci c'est d'emprunter les trottoirs, fais gaffe, là non plus ce n'est pas chez toi. La semaine passé, Ralf Latina, un chasseur de cycliste, a braqué son revolver au poivre sur l'un d'eux. Comme si des 33 piétons tués sur les routes suisses un seul l'avait été par un vélo! Alors dis trente-trois, piéton. Et pense à chacun-e d'eux ....

Car non piéton, ce ne sont pas les vélos ta menace, tu te trompes de cible. Aménage plus de voies cyclables pour eux, donne-leur de la sécurité sur la route, et tu verras qu'ils ne viendront plus sur tes plate-bandes. Limite réelement le trafic au centre-ville, tes poumons, tes oreilles, tes enfants t'en seront reconnaissant. Tu veux ta place piéton, être en sécurité? Aide les cyclistes à avoir la leur! Soutiens la piétonnisation des routes, réduis le nombre de parking en ville, et ne terrorise pas les cyclistes qui ont droit, tout comme toi, à la sécurité. Ralf Latina, range ton pistolet au poivre, ta pétition, ou ils te feront faire un tour en tandem, et tu verras ce que ça fait, de rouler vraiment au milieu du trafic le cul sur une selle.   

Cycliste on aura tes os. Maudet est de notre côté, tu es un cyclo-terroriste, c'est prouvé. On va faire pleuvoir bûches, amendes, prunes sur toi, et le goudron et les plumes si tu continues. Maudet le dit, il voit une recrudescence de comportements anormal chez les cyclistes. Ah, l'ingénu! Avoir une conduite écolo, refuser le tout bagnole et revendiquer sa sécurité ça mérite évidemment une petite douille dans les gencives. Cycliste on aura ta peau. N'essaie pas de me prouver qu'il ne s'agit pas d'une question d'incivilité, de manque d'éducation ou de respect des lois quand tu t'adaptes comme tu peux. Ta question de survie et de rapport de force, je n'y crois pas. Tu es déviant pour le plaisir et il faut faire appliquer des lois qui favorisent les voitures au détriment des véhicules plus vulnérables. Alors ne limitons pas le trafic, n'aménageons pas de voies cyclables des espaces propres pour vélo, mobilions nos estaffettes de gendarmes derrière les fend-la-bise ou les dangereux tricératops à tricycles.

 Cycliste on aura tes os. Petit trophée on le mettra sur nos pare-choc, avec la queue de renard sous le rétro et on se baladera en klaxonnant le coude sur la fenêtre abaissée en sifflotant l'hymne à l'amour d'Edith.  Tiens, écoute ça: http://www.youtube.com/watch?v=sLBuErkHJ9c


Elle est pas belle, la vie?


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29/07/2013

Cycliste on aura ta peau

vélo,sécurité,ralf latina,lcr,maudetCycliste on aura ta peau. Tout d'abord, on ne laissera pas 70 cm d'espace entre toi et le trottoir. Tout automobiliste qui se respecte te tassera contre celui-ci, te klaxonnera pour que tu t'écrases, et bien sûr quand on te dépassera, on essaiera si possible de te frôler voir de te shooter. Jamais on ne te laissera les 80 cm de sécurité entre toi et la bagnole avec laquelle nous faisons corps. Tu prends trop de place, tu comprends? Et tu as pour toi le désavantage de ne pas polluer, ni de faire de bruit. Pour tout automobiliste qui se respecte et qui poireaute au feu, coincé dans les embouteillages, voir un cycliste glisser dans le trafic est une insulte. Quoi, un véhicule qui avance à la seule force des mollets, gratuitement, à l'air libre? Malédiction! Le vélo est l'un des derniers ilôts de gratuité. Rien que pour cela, il est à abattre. Cycliste, dès que je le peux, je te coupe la route. Tu risques en général 7 fois plus d'accident par kilomètre parcouru que moi. Rappelles-toi qu'environ 40 cyclistes sont tués chaque année sur les routes, que 900 sont très gravement blessés et plus de 2000 esquintés.  

Cycliste on aura ta peau. Attends donc que je te serre et que je te klaxonne si tu fais mine de prendre un peu plus de bitume que le bas côté où tu dois être relégué. Bien sûr, tu ne rouleras jamais côté à côte avec un de tes partenaires. C'est seulement dans nos bagnoles que l'on peut prendre 2 mètres de large et se parler entre deux sièges. Toi, tu rouleras en file indienne, et tu fileras doux. Les discussions seront pour plus tard, ou alors vas-donc à la campagne, sur des routes désertes. Tiens, je m'achèterai bien un 4X4 juste pour te bouffer encore un peu d'espace et réduire encore tes marges de manoeuvre. Tu ne vois plus rien quand tu es derrière moi? Très bien. Restes-y.

Cycliste on aura ta peau. Pour cela, on augmentera au maximum nos distractions: musique, téléphone mobile, GPS, écran plat, on fera tout pour ne pas penser à toi, ni te voir. Sandwich, sac à mains, bouteille d'eau, chewing-gum, livre, café sur les genoux, maquillages, tout est bon pour dévier de la route. Phares, klaxons, sirènes: on fera tout pour t'effrayer. Mon habitacle sera insonorisé au maximum. Hein, quoi? Tu peux bien jouer de la sonnette, crier même, rien à faire, je ne t'entend pas. Quand tu roules, pour moi tu n'existes pas.

Cycliste on aura ta peau. L'hiver on ne déneigera pas tes pistes cyclables, l'été les scooters te les prendront. L'angle mort est fait pour tuer et nous le revendiquons. Quand parqués nous ouvrons nos portières, ne te trouves pas derrière, sinon tant pis pour toi.  La chaussée est la propriété des véhicules à moteur, c'est compris? Un bon cycliste est un cycliste mort ou un piéton bien rangé. La peinture éraflée de ma voiture contre ta vie, ça me va. Je peux vivre avec cela. Et puis, une bonne portière dans les dents, un rail de tram pour tes gencives, ça te fera réfléchir. Que je t'y reprenne à rouler trop près de moi, tu verras... 

Cycliste on aura ta peau. Tu voudrais rouler un peu plus au centre ? -D'autres voitures te rabattront sur le bas côté; on te talonnera - Si je le peux, je te dépasserai par la droite, juste pour le plaisir. Tu es trop lent. Tu me retardes. Tu as fait le choix de rouler vulnérable, san rien d'autre pour te protéger qu'un petit casque sur ta tête, assume maintenant. Il te faut risquer ta peau le matin pour aller au boulot. Débrouille-toi pour franchir les trois voies sur le pont du Mont-blanc et accroche ton vélo où tu peux. Jamais on ne permettra à 15 cyclistes de se mettre là où l'on peut parquer une seule voiture.  Tes vélibs tu peux te les mettre où je pense. Genève, capitale suisse du tout bagnole, numéro 1 en pollution, le restera encore longtemps. Ah, si seulement notre salon de l'Auto pouvait durer toute l'année! Ton vélo,  tu peux te le monter dans ton appartement pour le décorer. 40'000 vélos sont volés chaque année en Suisse. Ne laisse pas traîner ton biclou dans nos rues où on te le fauche.

Cycliste on aura ta peau. Quant à tes os, on les veut aussi. Je t'écris encore un mot là-dessus demain. D'ici là, bonne route et...  profite bien des averses du jour.

 

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25/01/2013

Le projet mal ficelé de Pierre Maudet

culture,aménagement,maudet,solo solo,tantvalacultureauprivékalafinelleseperdLes travaux de transformation de l'ancien abri de la protection civile situé sous la terrasse Agripa d'aubigné vont démarrer le 14 janvier pour livrer un nouvel espace culturel à l'intérieur des remparts de la Vieille Ville. Voilà l'annonce triomphale passée sur le site de la Ville de Genève par les services de monsieur Barazonne. Ce projet rêvé et pensé en 2011 par Pierre Maudet n'a pourtant de culturel que le nom. Ce partenariat, ou plutôt, ce joint-venture, entre la fondation Wilsdorf et le département de l'environnement urbain et de la sécurité est un projet grandiloquent de plus de 600m2 (un an et demi de travaux prévus dans un lieu inadapté), opaque, au concept vendu comme "inédit", mais pour l'instant insaisissable. Surtout, le département de la Culture n'a pas été associé à l'élaboration de ce projet. La délégation à la jeunesse du service social, travaillant directement en lien avec les jeunes, non plus. Les artistes raillent déjà des adaptations architecturales prévues qui ne sont pas en accord avec les pratiques et les besoins du milieu. On a déjà vu mieux en terme de planification.

Ce nouveau "lieu culturel" sera géré par une fondation sans but lucratif qui travaillera sur "une programmation basée sur l'excellence et l'élégance artistique". Mais comment a-t-on pu passer de la lutte contre les botellons des jeunes dans la rue -raison mise en avant par Monsieur Maudet pour développer ce projet- à la promotion d'une boîte à l'élégance artistique? Le public cible a changé en cours de route. Pensé pour des jeunes désoeuvrés causant des nuisances, il s'adresse désormais aux jeunes talents. De projet social il est devenu un projet culturel. Et désormais, de projet culturel, a basculé en projet anti-culturel, se constituant au détriment de lieux existants sans étude sur la nécessité d'ouvrir un tel lieu à cet endroit. 

Alors que les infrastructures de la Ville ont besoin d'argent, que la maille pour rénover le Grand Théâtre, le Musée d'Art et d'Histoire manque; que la Nouvelle Comédie a besoin de soutiens, et le musée d'ehtnographie de moyens supplémentaires, Monsieur Maudet, s'inspirant des mauvaises pratiques du Canton en la matière (qui cède gratuitement l'usage de l'usine Sicli à la route des Acacias à une entreprise "culturelle" privée), a choisi de morceler la culture en bradant des biens publics pour en régaler les privés. Est-ce cela que l'on appelle le partenariat public-privé? N'est-ce pas, au mieux, une politique improvisée et non concertée, et au pire, une politique particulariste visant à satisfaire des investisseurs culturels? Certains théâtres ont des fréquentations en baisse. L'offre est abondante. Faut-il vraiment vouloir ouvrir un nouveau lieu théâtral, à la sauvette?

Alors que le patrimoine de la ville a besoin de soutiens privés en bonne intelligence pour se refaire une façade, pourquoi offrir au privé des espaces publics sans contre-partie? Les intérêts de la collectivité sont placés là sous les intérêts d'une fondation de prestige. Joli cadeau: un écrin en vieille ville avec, cerise sur l'abri, la sécurité fournie par les agents de police municipaux de la Ville... 

Pour terminer, il est troublant que le département de la police municipale et de la voirie élabore dans son coin un projet de nouvel espace culturel. Cela veut-il dire que désormais le département de la culture est invité à s'occuper des casernes de pompier; le service social des espaces verts? Et que va faire désormais Monsieur Barazonne du projet mal ficelé de Pierre Maudet ? La promotion faite sur le site de la Ville de Genève laisse penser qu'il a choisi de le faire sien. Enfin, sien.... celui de la fondation Wilsdorf, plutôt.

 

 

 

11/12/2012

Lettre ouverte au capitaine d'Etat Maudet

Monsieur le capitaine d'Etat, depuis votre arrivée au pouvoir au Conseil d'Etat au mois de juin 2012, vous jouez du bâton. En effet, après vous être débarrassé de Fabienne Bugnon, directrice de l’Office des droits humains (ODH), viré manu militari Dominique Roulin, directrice de la Clairière, vous mettiez le 3 décembre aux arrêts Jacques-Eric Richard, directeur ad-interim au motif grave que vos ordres n'avaient pas été respecté. «L’idée était d’avoir deux types de serrures, afin que les employés n’aient pas sur eux les clés permettant de sortir du centre», expliquez-vous. Cet ordre n’ayant pas été exécuté, vous vous sentiez légitime de virer votre directeur. Car vous ordonnez, monsieur le capitaine d'Etat, et vos troupes ont pour mission d'exécuter. Gare à celui, celle, qui ne marche pas droit. Bien entendu, vous, vous n'êtes jamais responsable. Vous commandez, vos subordonnés ont pour mission d'obéir. Si donc la fin des évasions exigent les changements de cylindres, c'est simple comme bonjour, cela devrait fonctionner. Sinon, vous congédiez. L'arbitraire semble faire partie de votre manière de convaincre. Mais si c'étaient vos manières de commander qui étaient à réviser? Car cette stratégie de maximilisation des "résultats" et votre rudesse à les obtenir soulève la question: combien de fusibles allez vous encore faire sauter? A chaque ordre non exécuté vous allez en virer combien, de collaborateurs et de collaboratrices ?

En même temps, sur des dossiers moins exposés médiatiquement, vous faites preuve d'un laisser-faire troublant. Par exemple, dans le rapport du comité anti-torture sur la Suisse du 25 octobre 2012, Genève était salement épinglé. Il y est écrit qu'une proportion troublante de personnes, dont quelques mineurs, avec qui la délégation s'est entretenue dans le canton, se sont plaintes de mauvais traitements physiques que la police leur aurait infligés au moment de l'appréhension, ou peu après. Ces allégations étaient souvent étayées par les données médicales. Le Comité anti-torture du conseil de l'Europe a donc recommandé que des mesures de lutte contre les mauvais traitements soient prises dans le canton, au moyen de meilleures formations et du renforcement des garanties existantes, et que les lésions traumatiques établies en période d'admission à la prison de Champ-Dollon soient automatiquement transmis à un organe d'enquête indépendant. Dites, vous avez suivi ces recommandation monsieur le capitaine d'Etat?

Le 23 novembre dernier, le comité national de prévention de la torture (CNPT) publiait à son tour son rapport dans lequel était à nouveau épinglé Genève. Les locaux de détention à l'aéroport y sont décrits comme inadaptés à l'accueil des enfants. La commission s'est déclarée très préoccupée (dans la bouche diplomate d'une d'officine fédérale, c'est quelque chose) par les conditions d'accueil dans le centre de transit de l'aéroport de Genève. Une prison n'est de fait pas adapté à "l'hébergement" de familles avec femmes et enfants sur une longue période. Les autorités devraient transférer les enfants au CEP de Vallorbe ou faire en sorte que les enfants puissent aller au jardin d'enfants ou à l'école durant la journée. Dites, vous avez suivi ces recommandations monsieur le capitaine d'Etat?

Plus grave encore. L'OPP (Observatoire des pratiques policières) fait état de régulières violences lors d'arrestations, d'insultes racistes, de poignets cassés, de minorités visibles persécutées par, notamment, un agent de police clairement identifié, de citoyens lésés dans leur droit. Dites, vous avez pris soin de recevoir l'observatoire des pratiques policières monsieur le capitaine d'Etat?

A ce jour, à ma connaissance, aucunes  de ces recommandations, que ce soient celles du comité anti-torture du conseil de l'Europe, ni celles du comité national de prévention de la torture n'a été suivi d'effets de votre part. Faut-il en conclure que si vous, vous donnez des ordres, vous êtes récalcitrants à suivre des recommandations?

Enfin, et c'est ce qui m'a poussé à vous écrire, vous vous êtes positionné, le 2 décembre, dans la presse, comme voulant poursuivre et punir ce que vous appelez les plaintes fantaisistes à l'égard des forces de police. Vous avez donc choisi, plutôt que de suivre les recommandations sur des maltraitances effectives de vos services, de mettre la pression sur ceux qui viendraient en témoigner. Vous avez préféré protéger votre troupe (quitte à jeter le discrédit sur elle), plutôt que de faire respecter le droit. Vous avez levé le maillet de la sanction sur ceux qui braveraient la loi du silence; comme si porter plainte contre la police n'était pas déjà chose suffisamment intimidante et difficile.

Certains d'entre-nous, lors du vote de la nouvelle constitution genevoise, craignaient l'engagement potentiel de l'armée pour des tâches d'ordre public. Force est de constater, aujourd'hui, que cette crainte n'est rien en regard du risque bien réel de dérive militaire de la police, et la relégation au second plan du respect des droits humains les plus élémentaires. La conception avant tout répressive de la sécurité que vous défendez. Le cocktail composé de new-management, d'obligations de résultats et d'obéissance militaire avec laquelle vous souhaitez la réaliser fait aujourd'hui peser un risque sur la sécurité des citoyen-ne-s au contact de la police.

Dites, monsieur le capitaine d'Etat, vous n'auriez pas envie de repasser vos habits civil?

06:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, militaire, insécurité, prison, répression | |  Facebook |  Imprimer | | |

24/11/2012

Et une et deux et trois prisons

Vous vouliez un meilleur accès au logement, plus de crèches, des investissements dans la santé et l'éduction? Raté, vous aurez plus de pénitenciaire et de grosses taules toujours plus chères. Merci Maudet qui devise une troisième extension de Champ-Dollon à 315 millions. Le projet d'extension Curabilis - 109 millions- pour la construction d'un lieu de détention pour 62 adultes psychiquement instables a déjà calé; il faudra encore plus d'argent frais pour mener ce projet à terme. Incurie de l'Etat, Curabilis devait ouvrir cette année, il ne sera pas terminé avant... 2016: il n'y avait personne pour le piloter à la tête de l'Etat! Et une et deux et trois prisons, et combien de millions en plus ensuite pour les faire fonctionner, pour quels résultats? Et si avant de construire une nouvelle prison on essayait déjà de finir celle que l'on n'arrive pas à construire?

Le coût journalier de détention d'un prisonnier est de 1000.- Le tout condamnatoire, gouffre financier, est une fuite en avant. Il saigne les finances de l'Etat pour des résultats douteux sur la sécurité générale. Le maillon faible de la détention n'est pas le nombre de places de détention comme le prétend monsieur Maudet, mais plutôt l'impuissance à penser un système socio-sécuritaire dans son ensemble. Tout compris, le tout répressif coûte environ un milliard à Genève, années après années. Pour quels résultats durables? Monsieur Maudet veut accélérer cette inflation. Enfermer les mendiants, les joueurs de bonneteau et les sans-papiers, c'est vrai que ça n'a pas de prix, mais en quoi contruire toujours plus de prisons toujours plus chères profitera aux citoyen-ne.s? Quel sera leur retour sur investissement? En l'Etat, pas de réponses.

Des solutions urgentes doivent être dégagées du côté de la politique d'asile. Il faut une réflexion sur les centres miteux ou insalubres tels que les Tattes ou les abris de la protection civile qui finissent par devenir des centre de désoeuvrement et d'école de petite criminalité sollicitant massivement les forces de police (allez voir les norias de policiers autour de l'abri situé sous l'ECG Henry-Dunant, etc.,). Il faut intervenir en amont sur ces populations à risque plutôt que de les enfermer à coups de millions  en augmentant les places de détention administratives progressivement de 20 à 218 comme le veut le magistrat.

Par ailleurs, le tout répressif place Genève sur la sellette en matière de respect des droits humains (voir à ce sujet le rapport de la commission nationale de prévention de la torture sorti le 23 novembre qui épingle Genève et les conditions catastrophiques de détention à l'aéroport de Genève). La politique du gros bâton coûte très très cher. L'ivresse répressive fait perdre la tête au magistrat et n'amène pas plus de sécurité et de stabilité, bien au contraire. Avant de se résoudre à payer une addition salée et à s'endetter à vie pour des gardiens et des cages, il est urgent de préparer un autre plan sécuritaire, moins cher, pour une véritable politique sécuritaire plus globable et durable.

Monsieur Maudet veut plus de prisons? C'est une jolie opération de comm'. Je souhaite plus de sécurité, et en connaître le véritable prix.    

12:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, prison, sécurité, économie, droits humains | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/11/2012

Pierre Maudet tentacule froide

Quelles reptations se déroulent au département de la sécurité? Animé par ce qui sonne comme un cinglant désaveu de la politique menée par sa consoeur Isabelle Rochat, Pierre Maudet touche du bout de ses ventouses des mains, ramène les corps à sa bouche, et les boulote. Noyée Dominique Roulin, directrice de la Clairière, excrétée Fabienne Bugnon, directrice de l’Office des droits humains (ODH), broyée la carapace de l'ODH, ouvertes muqueuses et chaires. Vorace, le tentacule accomplit froidement son travail de démembrement. Cela pourrait être un simple basculement entre hyperphagie et boulimie; entendre, en français courant: entre ce qui se vomit et ne se vomit pas. Mais le tentacule, si elle porte toujours une bouche, a nécessairement un anus. Ce qui sort donc d'un côté doit entrer par l'autre, ou plutôt, parce que cela doit entrer d'un côté, il faut d'abord faire le vide de l'autre.

La faim se fait sentir, le besoin de remplir, le transit s'accélère. Après Roulin et Bugnon, c'est le directeur général des systèmes d'informations qui passe dans le tube. Ouverture du poste au 12 octobre, clotûre au 25. Le 31 octobre déjà le Conseil d'Etat annonce la nomination au poste susmentionné de ... l'ancien directeur depuis 2002 des systèmes d'information et de communication de la Ville de Genève ! Et créé au passage le scaphandre doré de directeur-adjoint pour l'ancien-directeur. Même sous l'eau, les chaises musicales ça marche bien, le son est juste un peu assourdi. Ce nouveau directeur est placé directement sous l'autorité hierarchique d'un secrétaire général. Hop, voilà un poste de secrétaire général qui s'ouvre, parution dans la presse le 12 octobre pour une clôture le... 14. Un poste de cette importance à repourvoir en 4 jours? Etrange comme pratique, non? Si j'ai parfois une algue dans l'oeil qui m'empêche de voir le tentacule dans celle du voisin, je mise là mon maillot de bain et mes tongs que l'heureux élu le savait bien avant l'ouverture de son poste. Si la pêche au gros est bonne, elle est très sélective. Où donc est passée l'ancien secrétaire général ? C'est un scaphandre doré de plus qui nage dans les eaux du Canton?  

Le tentacule froid a fait ses gammes. Avant de s'étendre au Canton, il se nourrissait en Ville. Ses petits poissons préférés: les Agents de Police Municipaux. Il en voulait 25 chaque année. Par gourmandise? Au final, c'était soit du surgelé pour le frigidaire, soit commercialisé sous un autre nom. Un exemple? Le conseil municipal votait pour la bonne bouche 6 policiers municipaux, mais par derrière, c'étaient 6 travailleurs à l'unité de gestion des incivilités qui ressortaient. Joli tour de passe-passe. Et personne hors du bocal pour crier au copinage, dénoncer l'arnaque sur l'étiquetage?

Je n'ai pas de lunettes pour voir dans l'eau trouble, ni la vocation du requin pour nager dans le sang. Je lève juste un drapeau de prudence à la baignade. Même si un bon plongeur devrait quand même aller voir de plus près ce qui se passe dans l'aquarium du département de la sécurité. Bien sûr, les vitres de l'aquarium sont propres, le silence règne. Mais il faut douter de l'entreprise de communication qui transforme la boue en eau trop claire et des tentacules en outils de bonne gestion. Car derrière la vitre, ça dégurgite à tout va et à défaut de se la jouer grand bleu, Pierre punit la chaîne Léman Bleu, et rajoute du pschit pschit et son déo sur les vitres.

Qu'est-ce ce qui l'emportera de la digestion ou de l'excrétion; de la communication aseptisée qui cache la merde aux poissons ou de la transparence? Et durant combien de temps accepterons-nous encore que la santé, le logement, le social soient passés à la moulinette aux cris de REGIME pendant que le tentacule se frotte la panse et se fabrique des scaphadres dorés tout en nous rotant au visage des petits poissons morts au milieu de bulles colorées ?

18:08 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maudet, politique, administration, sécurité | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/11/2012

Notre état anti-rom

643911_10151279628801826_706181630_n.jpgLa dernière recommandation du Conseil de l'Europe aux Etats membres votée le 12 septembre porte sur la médiation comme moyen efficace de promouvoir le respect des droits de l'homme et l'intégration sociale des roms. Que dit-elle? Tout d'abord, elle reconnaît que les roms, depuis plus de cinq siècles, font face à travers l'Europe à une discrimination, un rejet et une marginalisation généralisée qui touchent tous les domaines de leurs vies, et que le recours à la médiation peut être utile pour améliorer leur intégration, leur accès aux services publics. 

Le Conseil de l'Europe recommande donc à ses membres, (dont la Suisse est le 17e), d'élaborer et mettre en oeuvre des politiques efficaces en faveur de l'intégration des roms ; de mettre en place un dispositif de médiation efficace et de qualité avec les communautés roms, et concevoir des évaluations participatives permettant aux membres de cette communauté d'exprimer leurs besoins et de participer activement à l'élaboration de solutions les mieux adaptées. Conséquent, le conseil de l'Europe a mis sur pied un système de formation pour des médiateurs roms. Toute personne qui en fait la demande peut être formée gratuitement à la médiation dans plus de 15 pays participants. Pourtant, la Suisse refuse, jusqu'à aujourd'hui, d'en faire partie. Pourquoi? http://www.coe-romed.org/

Du coup, je me pose quatre questions :

Pourquoi Isabelle Rochat, alors qu'elle était à la tête du département de la police a interdit tout programme sur les roms et prohibé au Bureau d'intégration des étrangers (BIE) de développer tout programme en lien avec cette population ?

Que va faire Pierre Maudet désormais chef du département de la sécurité pour améliorer l'intégration des roms? Quel sera son nouveau mot d'ordre pour le Bureau d'Intégration des Etrangers? Enfin, quel a été l'efficacité des mesures de nettoyage des campements des bords de l'Arve et de l'interdiction de mendier en Ville pour résoudre d'une manière pérenne les problèmes d'adaptation de cette population européenne?

Pourquoi la ville de Genève impose-t-elle des quotas aux roms pour l'accès à l'abri de la protection civile ainsi qu'aux lieux de distribution de repas chauds et gratuits? Au risque de quoi laisse-t-elle dormir des femmes enceintes et des enfants sur son territoire alors qu'il gèle la nuit et que le seul abri de la protection civile ne sera ouvert que le 15 novembre prochain?

Enfin, et, plus fondamentalement, pourquoi la Suisse qui paie son écôt comme membre du Conseil de l'Europe, n'en reçoit pas les bénéfices en ne faisant pas partie de ce programme de médiation concernant les roms, à tel point que les personnes qui souhaitent se former à la médiation (payée par le Conseil de l'Europe) doivent aller se faire former en France? La Suisse cotise donc pour faire partie d'un club dont elle refuse les avantages....

Avec des réponses claires de la part des pouvoirs fédéraux, cantonaux, municipaux, à ces questions nous aurons, il me semble, quelques pistes nouvelles afin d'améliorer la situation des roms en Suisse en général et à Genève en particulier. En tous les cas, nous aurons fait un pas pour sortir du tabou de notre état anti-rom, dont l'une des conséquences directe est qu'une femme enceinte de 6 mois "dort" sous les ponts le long de l'Arve avec d'autres personnes dans l'indifférence générale malgré les interpellations d'une conseillère municipale et de l'association Mesemrom. Probablement qu'à 4h du matin, la police viendra les faire dégager, comme cela fût le cas il y a trois jours, ce genre d'intervention étant pour l'instant la seule réponse qu'articule Genève face à la question de la présence et de l'intégration des roms sur son territoire.

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19/05/2012

Attention chute de charmes

betisesscie.jpgLe président de la SSR Ramyond Loretan n'ira finalement pas soutenir Pierre Maudet le 24 mai pour sa soirée de campagne. La nouvelle de sa présence avait pourtant fait grand bruit. En effet, comment un président d'une association indépendante, publique, pouvait officiellement venir soutenir un homme politique en campagne électorale? La raison de cette retirette? Murat Alder, vice-président du PLR Genevois la donne dans le Courrier de ce samedi :"il y a eu une petite boulette électronique de notre secrétariat, la liste qui a malencontreusement figuré sur notre site était un brouillon". Et bien dis-donc, après l'annonce précipitée et erronnée de l'abattage de 5 arbres, des charmes, "un acte de vandalisme pur et dur, bête et méchant" alors qu'il s'agissait de l'oeuvre de ses propres services, Maudet est à nouveau trahi par ses ouvriers. Deuxième abattage de charmes! Pas à la scie électrique cette fois, mais à la boulette électronique! Et Raymond Loretan de confirmer dans la foulée qu'en effet, il n'avait jamais confirmé sa venue à la fête de campagne...

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