sylvain thévoz

06/02/2013

On sauve bien les paysans de montagne, pourquoi pas les libraires?

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Le 11 mars 2012, le peuple suisse refusait de soutenir la réglementatin du prix du livre. Néanmoins, Genève et tous les cantons romands montraient clairement leur souci d'assurer la pérennité de la chaîne du livre, de l'auteur au libraire, en passant par l'éditeur, en disant OUI à plus de 66%! Un an pratiquement après le refus par le peuple d'instaurer le prix unique du livre, la situation du marché, des métiers et des politiques du livre, mérite un examen attentif.

L'homo oeconomicus va-t-il l'emporter sur l'homo sapiens? Les attaques contre la Culture, entendu par certains comme quelque chose de non-essentiel, ou un produit économique comme un autre, fait peur. Or: boîte de conserve, livre ou shampoing, ce n'est pas du pareil au même. Il ne peut y avoir de vivre ensemble, sans pensées, sans langages, sans livres, sans presses et sans lecteurs. Pas de relations humaines sans humains qui remplacent la machine ou la commande par internet. La place du livre est fondamentale dans l'élaboration d'une pensée critique et diversifiée. A Genève, les librairies Forum, Artou, Panchaud, Descombes, ont fait les frais du tout profitable. Les prix excessivement élevé des loyers menacent la survie des petites entreprises culturelles. Amazon pratique du dumping pour vendre moins cher des produits livres stéréotypés et contourne la loi pour expédier sans frais de ports ses produits. Au fait, combien Amazon paie-t-il d'impôts sur ses gains, et à qui ? Mystère. Quand il n'y aura plus de librairie, quand le monopole sera atteint par les industriels du livre, de combien seront alors majorés ce qui ne s'appellera peut-être même plus livres? La qualité du service est aussi un bien à défendre, au même titre que la relation de personnes à personnes. Une culture se compose de lieux, de personnes, de souffles et de corps : dernières maisons habitables avant le désert du clic.

La lutte contre le marketing en mode épandage est ouverte ; la réflexion sur l'uniformisation des medias culturels, la standardisation des modes de consommation et la sériation de l'offre aussi. L'accès privilégié à la culture pour toutes et tous, le soutien à des petites entreprises formatrices fournissant à des producteurs de culture de proximité des plateformes d'expression est vital. Maintenir des librairies de proximité, des vitrines de mise en valeur pour les auteur-e-s suisses, à des prix garantis, développer des labels de qualité pour les librairies, c'est résister au mouvement de dématérialisation et de banalisation des créations culturelles. On sauve bien les paysans de montagne, pourquoi pas les libraires? Les petits artisans culturels ne sont pas des cloches. Le livre vaut bien une poya.

Lancement du journal Causes Communes spécial livres mercredi 6 février 17h30 à la librairie du boulevard (34 rue de Carouge) avec Manuel Tornare, Sylviane Dupuis, Gabriel de Montmollin, l'illustrateur, les graphistes, l'imprimeur, les contributeurs et contributrices... lecteurs et lectrices de ce singulier numéro papier. http://www.ps-geneve.ch/

 

 

 

 

 

 

11/02/2012

Livre à vous de voter

Livre à vous de voter! Le 11 mars prochain, nous sommes appelés à soutenir le prix unique du livre et donc, directement, la survie des libraires et des librairies. En effet, sans prix unique du livre (qui ne coûtera pas un centime en subvention ou en intervention étatique, hormis la surveillance de monsieur Prix), le service, la gratuité du temps offert par les libraires qui font la qualité non exclusivement commerçante de leur travail (mais qui a un coût pourtant) va disparaître. Sans cette loi, ces espaces de vente diversifiés, qui sont aussi des lieux de rencontres, de partages, de lectures et de créations sont à moyen terme condamnés.

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14:07 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : livre, prix unique, marché, libéralisme, culture | |  Facebook |  Imprimer | | |

04/10/2011

Un mot contre le marché

La fureur de lire vient de débuter à Genève. Cette année, le polar, mauvais genre, tient la vedette pour cette édition qui met tous les deux ans le livre à l'honneur. Alors collons à l'actualité, écrivons un article Cluedo, car il y a une victime qui est au sol : la librairie Descombes, terrassée à un âge respectable, certes, puisqu'elle était née en 1797, mais flinguée dans le dos pour une histoire de vol à la tire. Mais par qui? Le franc fort, les achats de livre en France voisine, la désaffection des lecteurs? La rapacité des distributeurs? Le prix des arcades? Oui, mais pas seulement...

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23:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : économie, livre, diversité, durabilité, proximité | |  Facebook |  Imprimer | | |