sylvain thévoz

25/05/2017

Pourquoi Donald Trump a posé un lapin à la basilique de la Nativité

palestine,grève de la faim,occupation,apartheid,israëlL'événement est passé inaperçu dans la presse. En visite officielle en Israël, Donald Trump avait annoncé qu'il visiterait la basilique de la Nativité à Bethléem ce mardi. Au dernier moment, il y a renoncé. Pourquoi ? Parce que des familles de prisonniers palestiniens actuellement en grève de la faim (plus de 1000 parmi les 7000 détenus dans les prisons israéliennes) se tiennent sous une tente depuis le début de ce mouvement initié par Marwan Barghouti (17 avril 2017, 39e jour aujourd'hui) à deux pas du parvis de la basilique.[1]  

Les revendications des grévistes sont basiques. Les détenus réclament la fin de la torture, la fin des traitements dégradants et de la négligence médiale. Ils demandent de meilleures conditions de détention, l'abandon de la détention administrative, l'augmentation du nombre de visites (réduites à une par mois depuis un an), l'accès aux soins, à des livres, à des téléphones publics afin de pouvoir communiquer avec leurs proches. Ils demandent la liberté et la dignité à laquelle ils ont droit.[2]

Les proches de prisonniers dorment sous tente, proche de la basilique de la Nativité. Ils offrent le café à ceux qui viennent les voir, expliquent leur combat et sensibilisent les touristes à la lutte du peuple Palestinien pour le respect de leurs droits.

Donald craignait de les croiser, même de loin, et leur donner une visibilité.

 

Donald Trump, miroir du monde?

Donald Trump visite les pires criminels du temps dans une tournée de l'immonde, mais croiser des familles de prisonniers, des gens comme vous et moi, c'était trop. Il a préféré, lâchement, éviter de le faire, pour maintenir autant que possible la cause palestinienne hors champ, hors caméra, qu'elle demeure silencieuse et cachée.

Trump refuse de soulever le rideau de fer, se faisant collaborateur officiel d'un régime de colonisation. Si nous nous taisions, ou allions en vacances à Tel-Aviv sans rendre compte de l'arrière-boutique, nous lui serions pareils, préférant regarder ailleurs plutôt que là où des hommes ont besoin de notre voix pour relayer la leur.   

 

 

IMG_7223.JPGPour ne pas laisser le monopole de la parole aux lâches et aux violents

Nous sommes allés à la basilique de la Nativité rencontrer et écouter celles et ceux qui se tiennent sous cette tente. Mohamad est devant la photo de son père, qu'il n'a pas vu depuis 11 ans, et dont il est interdit de visite. Son père a été condamné a 24 ans d'emprisonnement, pour un crime qu'il n'a pas commis. Son fils ne l'a plus vu depuis ses 14 ans. Il en a 25 aujourd'hui, et lutte pour la justice, soutenant le mouvement des grévistes de la faim qui entre désormais, au 38e jour, dans une phase critique pour la santé des prisonniers.[3]

Le frère de Marwan a été enfermé depuis 16 ans. Marwan ne l'a jamais revu depuis son kidnapping. Son père et sa mère ont pu lui rendre visite en prison, lui non. C'est parce qu'ils sont vieux, qu'ils peuvent y aller dit-il. Lui est jeune. Alors l'état israélien lui interdit le déplacement. Qui pourrait supporter d'être privé de la visite de ses proches ?

 

Leur domination, leur lâcheté, seraient notre domination, notre lâcheté ?

Sous cette tente, la mère du frère de Mohamad nous offre le thé et le café. Donald Trump a-t-il eu peur de boire ce thé ou ce café ? Pensait-il qu'il était sale, ce café pur de la saleté de l'oppression? 

Le Président voulait donc se rendre au lieu de naissance de l'homme accouché dans une étable, mort crucifié, des mains d'une puissance occupante, sans avoir commis de délits. Quelle ironie. Trump voulait aller dans une église voir les reliques de ce qu'il avait bien vivace sous les yeux. Il a préféré les fermer et poser un lapin à la basilique de la nativité.

 

palestine,grève de la faim,occupation,apartheid,israëlCe n'est pas là où Trump va qui nous intéresse, mais là où il refuse d'aller

Et nous, sommes-nous fidèles au rendez-vous, où posons nous également un lapin à ceux qui nous informent sur leur condition ?

Face à ceux qui bafouent les droits humains, le silence et la neutralité ne sont pas une option. De nombreux détenus ont annoncé qu’ils avaient arrêté de boire de l’eau en raison du refus d’Israël de négocier avec les prisonniers. La grève est entré dans une étape critique.[4]

Quelle doit être notre réponse?

Trump a pris son avion pour être reçu au Vatican.

Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et leurs familles.  

 

 

[1]https://www.nytimes.com/2017/04/16/opinion/palestinian-hu...

[2]http://www.lexpress.fr/actualite/monde/greve-generale-en-palestine-pour-soutenir-les-prisonniers-en-greve-de-la-faim_1910612.html

[3]http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orien...

[4]http://chroniquepalestine.com/prisonniers-palestiniens...

 ........................................

www.sylvainthevoz.ch

 

05:30 Publié dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, grève de la faim, occupation, apartheid, israël | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/12/2016

Quelle collaboration suisse avec un état colonial ?

 

israël,palestine,onu,résolution,coloniesLe vote, le vendredi 23 décembre, par 14 pays et l'abstention notable des Etats-Unis, de la résolution 2334 du conseil de sécurité de l'ONU, énonce clairement que les colonies d'Israël, toute les colonies, dans les territoires occupés de Cisjordanie et de Jérusalem sont illégales.[1]

 

Il devient dès lors impossible, pour le monde entier, de faire comme si, ou de légitimer l'occupation de quelque manière que ce soit. Ce vote marque un moment important pour la reconnaissance du droit du peuple palestinien; un tournant dans une histoire emplie de méandres. S'il n'y a pas de quoi tomber dans l'euphorie, cette résolution est clairement un jalon, suite aux nombreuses résolutions réaffirmant la primauté du droit international sur la logique d'annexion.[2]

   

Une résolution de plus, un pas vers le changement?

Le gouvernement Netanyahou a beau s'agiter dans tous les sens, vitupérer, menacer ses alliés ayant voté cette résolution (France, Angleterre, Nouvelle-Zélande) l'onde de choc est profonde et marque une prise de conscience du cul-de-sac dans lequel la politique du gouvernement Netanyahou entraîne son pays. Si les Etats-Unis s'abstiennent de faire usage de leur droit de veto pour protéger leur allié, le passe-droit permettant d'accaparer une terre au mépris du droit international se retourne en acte d'accusation.[3]

La fébrilité actuelle, en Israël, illustre le fait que les sanctions internationales ne sont pas indolores. Les atermoiements de Natanyahou, entre menaces et coups d'éclats : annonces de nouvelles colonies, puis leur mise en suspens, l'illustre. Le gouvernement israélien ne peut se permettre d'être politiquement mis aux bans des nations. La bataille des consciences et de l'image est un enjeu important. La colonisation tient encore, en 2016, par le seul fait d'être encore suffisamment légitimée aux yeux de la communauté internationale comme un "état de fait".[4]

 

Une victoire pour BDS !

Cette résolution 2334 est une victoire importante pour les mouvements dénonçant l'occupation israélienne. Elle marque une légitimité renforcée pour le mouvement du BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions), qui trouve dans cette résolution du conseil de sécurité une caution internationale à sa dénonciation d'un état hors-la-loi.

Surtout, elle démontre que les moyens d'actions du BDS sont articulés d'une manière cohérente. Ils permettent d'actualiser dans des faits des décisions politiques, et de tendre vers la justice sociale, en haussant le niveau de conscience des populations concernées.

Alors que le ballet du Grand théâtre de Genève et le ballet Béjart Lausanne achèvent une tournée polémique à Tel-Aviv, malgré les avertissements du BDS, la résolution de l'ONU tombe à pic pour rappeler les risques de danser avec l'apartheid. Le dégât d'image étant fait, on peut désormais espérer que l'agenda 2017 des tournées de ces vénérables institutions sera plus solidaire et politiquement mieux inspiré. 

 

israël,palestine,onu,résolution,coloniesContinuer comme avant ?

Cette résolution du Conseil de sécurité conduit désormais directement à s'interroger sur la politique que la Suisse va désormais mener vis-à-vis d'Israël.

Pour rappel, Israël était, en 2015 le troisième partenaire commercial de la Suisse au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, après les Emirats Arabes Unis et l'Arabie Saoudite. Les biens exportés en Israël sont les produits pharmaceutiques, comptant pour plus d’un tiers des exportations (35%), les pierres précieuses et la bijouterie (19% principalement des diamants), ainsi que des machines (14%), des produits horlogers (7%) et agricoles (6%). Les importations d’Israël sont principalement constituées de pierres précieuses et de bijoux (diamants), comptant pour 66.4% du total.[5]

Est-il vraiment envisageable de continuer ce commerce comme si rien ne s'était passé ce 23 décembre 2016?

 

Quel impact, en Suisse, pour cette résolution de l'ONU ?

Certes, il n'est pas certain que la résolution de l'ONU dénonçant la politique de colonisation d'Israël puisse faire rapidement évoluer la situation dans les territoires occupés.

Toutefois, elle doit être reçue comme un signal important pour revoir la politique menée en Suisse à l'égard d'Israël.

Les positions de la Suisse doivent se fonder sur le respect inconditionnel des droits humains, du droit international, et de sa propre neutralité, garante de la paix.

Alors que le gouvernement israélien est condamné par la communauté internationale, il semblerait anachronique et dangereux que notre pays poursuive sa politique d'étroite collaboration économique, militaire, culturelle, avec un état désormais hors-la-loi.

Aux parlementaires fédéraux, aux élus, aux citoyens, consommateurs que nous sommes, de marquer la différence, par le boycott, le désinvestissement, et les sanctions, à l'égard d'Israël, et de faire pression sur notre gouvernement pour que lui aussi passe à l'acte. 

Refuser la collaboration en Suisse avec les états coloniaux, c'est un choix en faveur de la paix.

 

 

[1] https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/israel-punishes-world-after-un-vote

[2] https://www.monde-diplomatique.fr/2009/02/A/16775

[3]http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.761114

[4]https://www.letemps.ch/monde/2016/12/26/colonies-rage-net...

[5]https://www.seco.admin.ch/seco/fr/home/Aussenwirtschaftsp...

 

Photo : Afrique du Sud, 1992 - Enfants de Soweto au trempoline - James Nachtwey-  http://www.jamesnachtwey.com

...............................

www.sylvainthevoz.ch

17:05 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, onu, résolution, colonies | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/11/2016

La morgue du Grand Théâtre de Genève

160927_dontdance.jpgLundi soir, des militant-e-s du mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions contre Israël jusqu'à la fin de l'apartheid et de l'occupation en Palestine) dénonçaient à Genève la tournée prochaine du Ballet du Grand Théâtre à Tel-Aviv, en distribuant des tracts devant l'opéra des Nations.

Ce tractage visait à informer les spectateurs du fait que Genève, en tant  que capitale des droits humains, veillant sur les conventions humanitaires, ne pouvait laisser filer son ballet dans un état qui viole les droits de l'Homme sans réactions.

En effet, il est profondément troublant que le ballet du Grand Théâtre envoie ses chaussons promener la réputation de Genève dans un champ de mines[1]. En décembre 2015, le jongleur Mohammad Abou Sakha (parrainé par Amnesty international)[2] a été arrêté par l'armée israélienne sur le chemin de son école de cirque en Cisjordanie, transféré sans accusation dans une prison israélienne. La poétesse palestinienne Dareen Tatour (parrainée par PEN international) a été mise en prison en 2015 pour avoir publié un poème sur Facebook, elle est aux arrêts domiciliaires aujourd'hui.[3]

Nonobstant cela, notre ballet irait, la bouche en coeur, servir la soupe à l'opéra national de Tel Aviv?  

 

Sensibiliser le public, solidariser les artistes

Pour rappel, fin septembre, le mouvement BDS adressait une lettre au ballet du Grand Théâtre Genève l'invitant à renoncer à maintenir ses 4 dates (19-22 décembre) à l'opéra national de Tel Aviv.[4] 

Dans son courrier, BDS rappelait l'incongruité de voir deux ambassadrices culturelles de la Suisse se compromettre auprès d’un régime d’occupation et d’apartheid et démontrait qu'il est fallacieux de dire que la culture peut être un pont entre des peuples ou un outil de dialogue quand, derrière un mur de séparation de 700 km et des dizaines de checkpoints, vivent enfermé-e-s des centaines de milliers de Palestinien-ne-s qui n'ont aucune chance d'avoir accès à ces spectacles. Impossible pour eux de se rendre aux représentations du ballet du Grand Théâtre de Genève. La culture sert donc ici à renforcer une inégalité et légitimer une division des peuples.

Si la culture est le soubassement d'un dialogue clair et un facilitateur de rencontre, il y faut une volonté, un message franc, et par exemple, a minima, s'engager à aller des deux côtés du mur, à la rencontre de tous les publics. Le GTG ne peut être crédible avec son discours vertueux que s'il explique ce qu'il compte faire à Tel Aviv.

 

La culture à toutes les sauces?

Si cela n'est pas fait, merci d'arrêter de nous baratiner sur le fait que la culture serait nécessairement un outil de dialogue vertueux, un créateur automatique de liens positifs. Il est malheureusement aussi très bien utilisé comme un vecteur politique, élitiste, réservé à une certaine classe sociale, pour un certain groupe, dans une perspective de normalisation de l'intolérable et de dissimulation des conflits.   

 

La morgue du Grand Théâtre

Il faut constater que le Grand Théâtre de Genève, à ce jour, prend de haut les appels de BDS. Il n'a toujours pas formellement répondu à sa lettre de septembre l'invitant à renoncer à cette tournée, se limitant à répondre à une sollicitation du journal le Courrier en bottant en touche (on n'irait pas en Corée du Nord, mais Israël est un état fréquentable), et en maniant l'euphémisme (Le choix a été laissé aux danseurs, mais aucun n’a souhaité boycotter Tel Aviv... comme si des employés pouvaient dire à leur employeur qu'ils ne veulent pas travailler)... le plus troublant étant lorsque Tobias Richter, directeur d'un Grand Théâtre pesant quand même 43 millions de subventions de la Ville de Genève,  répond par mail au journaliste pour affirmer qu'il s’agit d’une collaboration artistique. Le Ballet du Grand Théâtre de Genève ayant simplement répondu à une invitation de l’Opéra de Tel Aviv avec lequel des relations très amicales sont entretenues.[5] Bref, circulez il n'y a rien à voir, sans prendre la peine, le moins du monde, de se positionner sur les questions de fond que soulève BDS. On est en droit d'attendre plus de la part d'une entité souhaitant jouer un rôle culturel majeur dans une Ville comme Genève.

 

L'art ne peut être neutre au sujet de l'Apartheid

Les militants de BDS se sont donc réunis ce lundi soir pour aller sensibiliser le public. L'accueil fut bon et curieux. Toutefois, après une petite heure, un responsable du Grand Théâtre leur a demandé de sortir du parvis de l'opéra. Des membres du club des amis du Grand Théâtre se plaignant apparemment de cette distribution de papillons.

Ainsi, à la place des Nations, une vénérable institution, subventionnée à hauteur de 43 millions par la Ville de Genève, prétendant porter haut son nom, demande à ses citoyen-ne-s de dégager de devant ses escaliers, et ne prend pas la peine de répondre à un courrier, engagé certes, mais courtois, appelant à un positionnement culturel et politique de l'institution face au fait d'aller danser dans un état ne respectant ni les artistes ni la liberté d'expression.

 

Le nom de Genève n'est pas une marque de lessive

On peut être d'accord ou pas avec l'appel de BDS, on peut trouver le moyen du boycott trop radical, mais on ne peut accepter la morgue et le mépris avec lequel le Grand Théâtre reçoit cet appel et fait cas des citoyen-ne-s qui questionnent la volonté du GTG de faire la promotion du dialogue comme vecteur de paix. Le nom de Genève n'est pas une rente de situation ou une marque de lessive. L'utiliser ainsi n'est pas acceptable.

La culture, bien plus qu'un outil de dialogue semble malheureusement être, dans ce cas précis, pour la direction du GTG, être réduit à un appareil de production culturel, esquivant le débat d'idées, à finalité économique, une tournée étant de l'argent qui rentre, peu importe l'origine de celui qui paie et sur le dos de qui.

Le Grand Théâtre fera-t-il vraiment porter un message de paix et de dialogue en Israël ? Si oui, qu'il nous explique comment, avec quels moyens, et pour qui et qu'il s'explique vraiment sur le maintien de ses choix. 

Sinon : qu'il s'abstienne d'y aller, comme certaines voix lui enjoignent de le faire avec une insistance désormais grandissante.

 

 

La culture oui ! Mais pour qui, et pour quoi ? 

Danser avec l'apartheid au risque de ruiner l'image de marque de Genève? Dites-leur ce que vous en pensez : facebook : @geneveOpera // twitter : @geneveOpera // courriel : info@geneveopera.ch

Pour en savoir plus : site de BDS Suisse bds-info.ch

 

 

ballet,israël,grand théâtre,genève,bds,boycott,désinvestissement,sanctions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ballet,israël,grand théâtre,genève,bds,boycott,désinvestissement,sanctions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

[1]  http://commecacestdit.blog.tdg.ch/archive/2016/10/17/gran...

[2]http://culturebox.francetvinfo.fr/scenes/cirque/la-detent...

[3]http://www.europalestine.com/spip.php?article12238&la...

[4] http://www.bds-info.ch/index.php?id=460&items=2260

[5] http://www.lecourrier.ch/143240/les_ballets_de_geneve_et_...

 

................................

www.sylvainthevoz.ch

17/10/2016

Le Grand Théâtre va dans un champ de mines en chaussons

Le ministre de la culture israélienne Miri Regev a appelé ce dimanche la municipalité de Haifa à annuler le concert d'un rappeur israélien d'origine arabe Tamer Nafar.[1] La municipalité, sous pression, a déplacé le concert du rappeur à une heure tardive. L'annulation du concert est désormais envisagée. Au début du mois, cette même ministre de la culture était sortie d'une salle au moment de la lecture d'un texte du palestinien Mahmoud Darwich[2], l'un des plus grands poètes du XXe siècle, pour marquer sa négation de la voix du poète décédé. Petit rappel encore, en mai 2012, Miri Reguev avait participé à une manifestation anti-immigration appelant les immigrés soudanais un "cancer dans notre corps", avant de s'excuser... auprès des personnes atteinte de cancer pour ses propos! Les artistes et les institutions qui ne respectent pas la culture d'état sont visés par des coupes franches, stigmatisés.[3]

 

Il y a désormais, en israël, une "bonne culture", la culture officielle, politiquement servile ou à tout le moins peu dérangeante, et une autre, à bannir, censurer, qui est chaque jour plus étouffée dans un climat délétère.


Le ballet à la baguette

Ces événements éclairent avec acuité l'urgence du débat lancé par BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) Suisse concernant la tournée du ballet du Grand Théâtre Genève (GTG) et du ballet Béjart Lausanne à Tel Aviv.

Que demande BDS au Grand Théâtre Genève par sa lettre ouverte adressée fin septembre à l'institution culturelle[4]? De ne pas danser avec un régime d'Apartheid; que le Grand Théâtre Genève renonce à se produire à Tel Aviv dans l'opéra national (israel opera) financé par l'Etat israélien pour redorer son blason et renforcer sa légitimité internationale.

Le mouvement militant souhaite aussi attirer l'attention des autorités genevoises sur l'incongruité de voir deux ambassadrices culturelles de la Suisse se compromettre auprès d'un régime d'occupation. La colonisation israélienne se poursuit, les droits de l'homme y sont constamment violés et les résolutions de l'ONU toujours pas respectés, alors que l'égalité complète pour les citoyens arabo-palestiniens reste encore une chimère. 

Dans ces conditions, comment aller danser à l'opéra de Tel Aviv la bouche en coeur, quand 20km plus au sud des gens sont bouclés dans ce qui est aujourd'hui la plus grande prison à ciel ouvert du monde. Cela est choquant.

Cette démarche aventureuse de la part du Grand Théâtre Genève mérite des explications. Il me semble important de lire la lettre de BDS[5] et d'appuyer leur démarche.

 

Le Grand Théâtre de Genève pourrait-il répondre?

On peut trouver la démarche de BDS trop radicale. On peut penser que le boycott ne soit pas la meilleure manière de faire avancer une cause. On peut aussi nier l'exemple de l'Afrique du Sud et son régime raciste qui a vacillé lorsque la communauté des états et l'opinion publique l'ont confronté à sa nature non-démocratique. On peut faire fi du fait que le mouvement BDS émerge de 171 associations et organisation non gouvernementales palestiniennes, qu'il est internationalement soutenu. On peut fermer les yeux, ou regarder ailleurs, ou se dire que l'on irait pas en Corée du Nord, mais qu'en Israël oui, pourquoi pas, il n'empêche, la question mérite d'être posée : faut-il aller donner un surplus de légitimité à un état qui se moque de la liberté d'expression, censure les voix qui contestent son hégémonie, et viole le droit international ? 

Sous la culture le cynisme ?

A cette question, un chef d'état répondra certainement d'une manière différente qu'un directeur d'opéra.  Las, le directeur du Grand Théâtre de Genève, Tobias Richter, lui, répond dans le Courrier[6] avec pragmatisme et un brin de cynisme qu'il "s’agit d’une collaboration artistique et que le Ballet du Grand Théâtre de Genève a répondu à une invitation de l’Opéra de Tel Aviv avec lequel nous entretenons des relations très amicales." A ce jour, le ballet genevois ne semble pas avoir l’intention d’annuler ses dates (du 19 au 22 décembre) avec son très amical partenaire. Pourrait-il toutefois prendre soin de répondre directement à BDS qui l'a interpellé ? Ce serait la moindre des choses pour une entité qui prétend servir le dialogue et la culture. 

L'argument de dire qu'il faut que la culture soit un pont, un lien, et qu'elle doit aller partout est un argument à retenir. Mais il devient naïf ou cynique, si derrière ce mot "culture" se loge une ignorance ou un refus d'assumer dans quel contexte on va se produire, quel pouvoir est servi, et quel sera la récupération dont sa présence se verra affubler. 

La culture rapprocherait les peuples ? Encore faudrait-il qu'elle puisse s'adresser à tous!

Le Ballet Béjart de Lausanne est allé en octobre en israël. Cela n'a empêché en rien la censure du rappeur arabe Tamer Nafar. Si vraiment le Grand Théâtre Genève veut défendre le dialogue et la paix par la culture et la liberté d'expression, pourquoi ne s'engage-t-il pas à aller jouer aussi à Ramallah, ou ne fait-il venir une troupe palestinienne à Genève? Les interdictions de sortie des artistes du territoire palestinien empêchent ces derniers de s'exprimer sur la scène internationale d'une manière récurrente et avec une brutalité implacable ? [7],[8]  Un commentaire là-dessus de la part du Grand Théâtre Genève serait bienvenu.

Tant que le Ballet du Grand Théâtre de Genève -situé de manière temporaire sur la place des Nations, quel symbole !-  n'aura pas répondu à ces questions et proposé en marge de ses spectacles une action, un discours, qui permettent d'honorer la conception de la culture qu'il prétend défendre ainsi que le rayonnement de Genève, nous oserons lui proposer de rester à la maison plutôt que d'aller avec cynisme danser pour d'autres sur un petit air d'apartheid.

Parce qu'un rayonnement qui vise, avec l'aide d'argent public, à faire le jeu d'états ne respectant pas la liberté d'expression, les résolutions de l'ONU et les droits de l'homme, nous n'en voulons pas. Je pense pour ma part que cela dessert Genève sur la scène internationale.

Il y va d'un certain respect de la neutralité suisse, mais aussi d'éviter que les peuples arabes, pour qui le mot Genève évoque d'abord les Conventions de Genève, le CICR et la neutralité, n'en viennent à croire, à cause des tournées hasardeuses du ballet du Grand Théâtre, que celles-ci sont aussi flexibles et serviles que les torsions de jambes des danseurs et danseuses du ballet du Grand Théâtre de Genève. 


....................................................................

 

[1]http://www.haaretz.com/israel-news/1.747782

[2]https://fr.wikipedia.org/wiki/Mahmoud_Darwich

[3]http://www.theatlantic.com/international/archive/2016/10/...

[4]http://bds-info.ch/files/Upload_FR/Dokumente/Kampagnen%20...

[5]http://bds-info.ch/files/Upload_FR/Dokumente/Kampagnen%20...

[6]http://www.lecourrier.ch/143240/les_ballets_de_geneve_et_...

[7]http://www.middleeasteye.net/fr/reportages/les-artistes-d...

[8]http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/07/18/khaled-j...

 

....................................................................

www.sylvainthevoz.ch

15:36 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grand théâtre, genève, israël, palestine, apartheid, bds | |  Facebook |  Imprimer | | |

21/04/2015

Poncet Pilate ou le goût de l'antisémitisme

Racisme : à quand la (deuxième) nuit de cristal ? C'est le titre qu'a trouvé Charles Poncet pour signer un billet dans l'Hebdo du 16 avril. Dans celui-ci l'avocat mélange tout ce qu'il peut ramasser pour, pense-t-il, expliquer l'antisémitisme européen. Au final, il favorise surtout son alimentation, par des raccourcis socio-historique et l'instrumentalisation de la Shoah qu'il s'autorise. Utilisant à tort et à travers le terme antisémite Poncet le galvaude et en conséquence, fait du mal au peuple juif.

On ne badine pas avec les génocides

Poncet cite trois vecteurs de l'antisémitisme : les musulmans, les chrétiens et... une certaine gauche ! Le provocateur, loin de s'embarrasser de détails, se fait plaisir en flinguant Carlo Sommaruga, conseiller national, président de la commission de politique extérieure, président du groupe parlementaire Moyen-Orient, lui mettant en tête des idées qui ne sont pas les siennes. Le Suisse Carlo Sommaruga en est (de l’antisémitisme d’une certaine gauche) un exemple des plus poisseux. Admirateur de Marx, il a lu chez son maître à penser que "l’argent est le dieu jaloux d’Israël devant qui nul autre Dieu ne doit subsister". Poncet manie la rhétorique. Malheureusement, il l'utilise à des fins de manipulation et de parade personnelle.    

Poncet projette des génocides

La détestation de la gauche par Poncet, sa rivalité avec Carlo Sommaruga le conduit sur un chemin tordu. "Et s’il fallait pour le résorber (le chancre d'Israël, comme il le nomme) que quelques millions de juifs disparussent à nouveau, M. Sommaruga et ses compères ne s’en émouvraient guère". Pour cette phrase terrible, Poncet devrait être jugé. Parce que prétendre que des adversaires politiques, quand ils ne pensent pas comme lui, seraient indifférents à un génocide, c'est tout bonnement dégueulasse. 


Une amitié lourde à porter

En prétendant que toute critique de la politique menée par l'état d'Israël, et toute dénonciation des violations des droits humains, est de nature antisémite, Poncet se fait un "ami" nocif d'Israël.

Verrouiller toute velléité de discours critique de la politique d'Israël par la Shoah risque d'alimenter la haine. Cette obstruction à la discussion, par un glissement du langage,  fait des abus de droits de l'état israélien un sujet tabou, sacralisé.

En confondant la question politique et la question religieuse liée à Israël, Poncet fait de sa critique de l'antisémitisme une glissade incontrôlée. Confondant gravement l'état d'Israël (ou plutôt les actions de l'état d'Israël avec le peuple juif, il nourrit précisément l'antisémitisme. Car l'état d'Israël n'est pas le tout du peuple juif ; les actions de l'état d'Israël ne sont pas ceux des Juifs. En prétendant que ceux qui les distinguent les amalgament, en les amalgamant lui même, Poncet fait du tort à ce peuple. 

Toutes et tous antisémites?  

Poncet a signé son petit billet incendiaire, instrumentalisant l'antisémitisme pour discréditer ses adversaires. Mais jeter l'anathème pour faire taire la critique est un signe de faiblesse. Et si le mot antisémite peut être lancé au visage du président de la commission de politique extérieure du Conseil National sans raisons, sans fondements et sans preuves, il est à craindre que nous ne soyons tous passibles d'être taxés un jour ou l'autre d'antisémite, et donc, par abus de langage, que plus personne ne le soit.  

La Shoah a tort et à travers

Désignant les musulmans, les chrétiens et une certaine gauche, pour reprendre ses trois "raisons" expliquant l'antisémitisme, Poncet en oublie une quatrième. Ce sont les "amis" d'Israël qui par leur propension à jeter l'anathème d'antisémite à la face de celles et ceux qui critiquent la politique de l'état d'Israël, exhibant l'épouvantail de la Shoah à tort et à travers pour bloquer toute critique, en font un événement historique instrumentalisé, un outil de langage qui le banalise.

Antisémite toi même

Poncet ne semble pas voir qu'avec ses accusations gratuites, il alimente le feu qu'il prétend, d'une manière rhétorique, combattre. Car bien sûr que l'antisémite ce n'est pas lui, c'est toujours l'autre, le Carlo Sommaruga, une certaine gauche, le chrétien traditionnel, le musulman... toujours un autre.

Poncet Pilate a fait son petit billet incendiaire avec la complicité de l'Hebdo. Il a enfermé les autres dans sa rhétorique, y compris les juifs. 

Poncet Pilate a rendu son verdict, il a caressé l'audimat, réglé ses comptes avec une certaine gauche, les chrétiens, les musulmans.

Il va maintenant se laver les mains.


Sources:

http://www.hebdo.ch/hebdo/id%C3%A9es-d%C3%A9bats/detail/racisme-charles-poncet-avocat-antisemitisme#

13:45 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poncet, sommaruga, antisémitisme, israël, politique, hebdo | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/02/2015

Ueli Maurer est une menace pour la Suisse

afficheDronesA3-FRrgb-page-001.jpg

Le Conseiller fédéral UDC Ueli Maurer veut 6 drones[1] pour protéger la Suisse contre l’entrée illégale de migrant-e-s ; ou plus prosaïquement, contre des contrebandiers de viande et de fromage. Pour cela, il a choisi un produit israélien ayant fait ses preuves dans la boucherie de Gaza en 2014. Attention danger !

Ueli Maurer trahit la neutralité Suisse

L’affaire est extrêmement grave. Ueli Maurer, après l'échec de l'achat des avions Grippen, veut de nouveaux jouets, à n'importe quel prix. Il a choisi 6 nouveaux drones d’exploration, non armés (mais armable), du type Hermès 900, de la société Elbit.

Je suis charnier

Elbit n’est pas n’importe quelle entreprise de n’importe quel pays. C'est un fleuron de l’industrie d’armement d’Israël et Israël est ce pays sympathique qui, cet été, souvenez-vous, même si c’est loin déjà, et qu'entre temps beaucoup d'entre-nous sont devenus Charlie, a massivement haché menu une population civile à Gaza faisant, selon le bilan annoncé par le bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) plus de 2130 morts dont 1473 civils et 500 enfants. 

Je suis charnier : Ueli le marquera-t-il sur ses drones?


Testé à Gaza en 2014, plébiscité en Suisse en 2015 ?

A Gaza, en 2014, l'armée israélienne, à la grande satisfaction de son état-major, [2] a engagé les mêmes appareil qu'Ueli veut nous faire acheter.  Nous voilà donc invité, 6 mois plus tard, bouche en cœur, à payer 250 millions de francs du matériel de guerre ayant servi contre des population civiles dans un climat international tendu. Quelles seront les réactions de ceux qui reçoivent les bombes israéliennes sur la tronche à l'annonce de cet achat par la Suisse "neutre" et dépositaire des quatre Conventions de Genève de 1949 sur le droit international humanitaire?  

Business is blindness?

"Comme souvent lorsqu’il s’agit d’armements, les affaires s’accommodent étrangement de la réalité géopolitique".[3] Ce commentaire est d’Israel Valley, chambre de commerce France-Israël. Celle-ci a raison de s’émerveiller que les affaires fassent fi de la réalité géopolitique. Ueli Maurer bonimente sur le dos de la neutralité, en mythifiant une Suisse indépendante et neutre, tout en poussant notre pays à acheter des drones militaires à un pays en guerre. Cette erreur politique majeure tache la neutralité suisse et doit être comprise comme une déclaration de guerre frontale à tous ceux qui refusent que notre pays prenne parti unilatéralement dans quelque conflit que ce soit.

 

Le Conseil national doit refuser cet achat

Dans une lettre transmise par BDS Suisse (Boycott Désinvestissement et sanctions contre Israël jusqu'à la fin de l'apartheid et de l'occupation de la Palestine) aux membres des chambres fédérales, BDS demande aux conseillers nationaux de ne pas voter le projet d’achat de drones Hermes 900 produits par Elbit.[4] BDS argumente ainsi : "permettre l’achat de drones Hermes 900 de la société israélienne Elbit équivaudrait à soutenir une compagnie collaborant étroitement avec l’armée israélienne et tirant profit de violations du droit international".

La société Elbit a vu ses actions en bourse augmenter de 6% suite a la guerre à Gaza cet été. Cette société se vante publiquement du fait que ses "produits" ont été "testés sur le terrain" et d’œuvrer à la "satisfaction de ses clients". Voulons-nous que la Suisse soit le client satisfait d'une guerre coloniale et d'une situation d'apartheid en soutenant un état qui a désormais une enquête préliminaire ouverte contre lui à la Haye pour crimes de guerre en Palestine?[5] Non. 

 

Ueli Maurer retarde d'une guerre 

Comment la Suisse peut-elle demander à qui que ce soit de respecter le droit international alors qu’elle achète de l’armement à un état qui le viole ? La crédibilité et la neutralité de la Suisse sont jetés bas par le conseiller fédéral UDC. Et ce n'est pas tout : un deuxième volet d'achat militaire est prévu pour cet automne. Evalué à 800 millions de francs, il vise ... à acheter un système de canons de DCA de 35 mm!

En résumé : Ueli Maurer n'a rien compris aux nouvelles menaces terroristes et fait fausse route sur toute la ligne.

1) En achetant du matériel de guerre israélien, il déclare de fait la guerre à tous ceux qui luttent contre les violations des droits de l'homme de cet état.

2) Pour protéger la Suisse contre les nouvelles menaces terroristes, il propose d'acheter des canons de DCA!!!

Avec Ueli, c'est clair, la Suisse est dans de sales draps 

Il nous reste une petite chance. L’acquisition de ces nouveaux drones doit encore être votée par le Conseil National. Il est urgent de faire pression sur celui-ci afin qu’il renonce à acheter ce matériel de guerre. 

Une pétition a été lancée, elle a déjà recueillie plus de 30'000 signatures et sera déposée le 26 février prochain à Berne. Il est important de la signer [6] et d'agir pour freiner le kamikaze Ueli Maurer et sa politique suicidaire qui font désormais courir à la Suisse des risques sécuritaires majeurs.

Si le Conseil national suit Ueli Maurer, nous aurons des drones tachés de sang sur la tête faisant de la Suisse une cible légitime pour des terroristes. 



[1] http://www.letemps.ch/Page/Uuid/3f1ac80e-b1f1-11e4-b561-84ba1d1afc1c/Des_drones_isra%C3%A9liens_pour_larm%C3%A9e_suisse

[2] http://rpdefense.over-blog.com/tag/hermes%20900/

[3] http://www.israelvalley.com/news/2013/09/08/41171/drones-de-iai-ou-elbit-pour-la-suisse-contrat-de-400m-de-francs-suisse

[4] http://www.bds-info.ch/index.php/fr/campagnes/bds-ch/boycott-consommateurs/161-bds-fr/campagnes/bds-suisse/embargo-militaire-securite/974-lettre-aux-membres-des-chambres-federales

[5] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/01/16/la-cour-penale-internationale-se-penche-sur-la-situation-en-palestine_4558002_3218.html

[6] http://www.bds-info.ch/index.php/fr/home-fr/161-bds-fr/campagnes/bds-suisse/embargo-militaire-securite/723-petition-contre-l-achat-de-drones-israeliens

 

 

07:06 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : drones, elbit, ueli maurer, bds, israël, neutralité, indépendance, suisse | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/08/2014

Lettre ouverte au directeur du CICR

 

Cher Monsieur Daccord,

Monsieur le directeur Général du CICR 

Je vous écris pour une question précise et politique. Je vous fais parvenir ci-joint un texte publié sur le site de la Tribune de Genève touchant au soutien qu’accorde le CICR à l’organisation d’une conférence à Tel-Aviv sur « les défis de la guerre dans les zone densément peuplées ». [1]

Je m’étonne, dans ce billet, de votre partenariat avec l’INSS (The Institute for National Security Studies) et donc du crédit donné à une institution ayant pour objectif de couvrir et légitimer les crimes de guerre commis par les forces armées israéliennes. Le directeur de l’INSS, Amos Yadlin, a joué un rôle proéminent dans les crimes de guerre commis à Gaza en 2008 et 2009. Il tient des meetings réguliers avec le président israélien, le premier ministre israélien, le commandant des armées, et le ministre de la défense israéliens pour planifier des stratégies de combat. L’INSS est intimement lié à l’appareil militaire et stratégique israélien.

Une conférence unilatérale, inefficace, et légitimant la guerre

S’agit-il vraiment, selon vous, dans ce genre de conférence, d’humaniser la guerre ? Et si oui, comment expliquez-vous malgré les deux éditions précédentes de cette conférence, leur échec complet, au vu du bilan terrible en victimes humaines de l’été 2014 à Gaza (2'130 morts dont 577 enfants) ? Ma question : le CICR peut-il vraiment continuer de soutenir et financer une conférence unilatérale et inefficace en légitimant des faiseurs de guerre ?

J’ai lu attentivement votre entretien dans la Tribune de Genève de ce lundi. Votre terme « d’humaniser la guerre » m’a questionné. Je me demande s’il est souhaitable et même possible « d’humaniser la guerre ». C’est bien entendu une très vaste question. J’aurai plutôt tendance à répondre non. La guerre doit être combattue. Pas humanisée. Votre expérience et l’engagement constant et respectable du CICR me poussent à vous faire confiance sur la ligne que vous choisissez. Vous vous étonnerez peut-être de la transparence et l’ouverture avec laquelle j’amène cette discussion sur la place publique. Cela fait sûrement rupture et peut-être désordre avec les pratiques diplomatiques des bons offices et de la discrétion. Toutefois, je crois que si les choses changent peu, les temps évoluent, et si les pratiques de la confidentialité et de la diplomatie derrière des portes closes ont du bon, il est nécessaire aussi, en démocratie, que les choses se déroulent dans la transparence et soient débattues à l’air libre. Je trouve choquante la non-réponse du CICR à la pétition lancée début juillet par des citoyen-ne-s du peuple palestinien demandant au CICR de se retirer de cette conférence. Paradoxalement, le CICR prétend aider un peuple, et en même temps il ne lui répond pas et nie sa demande. Cela me pousse à vous interpeller ouvertement.

C’est bien entendu la mission même du CICR d’aller à la rencontre des criminels de guerre et de ceux qui en sont soupçonnés, de parler avec toutes les parties, sans état d’âme, mais est-il pour autant nécessaire de légitimer leurs conduites et par là de renforcer leur influence ? Ce n’est pas le participation et le dialogue qui est ici en cause. C’est le fait que le CICR co-organise un tel événement qui est non seulement problématique mais contraire aux principes du CICR. « Le mieux » (plus d'humanisme) ne serait-il pas là le mortel ennemi du bien (ne pas légitimer la guerre)" pour citer Montesquieu ? Que penserait-on du CICR s’il sponsorisait une conférence à Gaza sur le bon usage des roquettes afin d’humaniser la guerre ? En s’affichant pareillement comme organisateur de cette conférence aux côtés de colonels et de faiseurs de guerre, le CICR trahit ses principes d’impartialité, de neutralité, et d’indépendance que nous fêtons fièrement à Genève à l’occasion des 150 ans de cette magnifique institution. Le nom de notre ville et sur une emblème que vous associez étroitement aux généraux d'une armée coloniale. Pouvez-vous aussi, en passant, m'indiquer, en tant que co-organisateur, pourquoi cette conférence, initialement prévue le 4 septembre à Tel-Aviv, a été déplacée au 2 décembre 2014 ?   

Je souhaiterai des réponses de votre part à ces questions. Il est important désormais que le CICR se positionne. Soit en envoyant au diable les citoyens palestiniens et leur pétition en maintenant votre financement et votre participation à cette conférence à Tel-Aviv, en expliquant alors qu'elles sont les raisons qui vous poussent à le faire ainsi qu'à maintenir votre présence en ces lieux, soit, et je le souhaite, vous refusez de sponsoriser cette conférence et reprenez une posture neutre, impartiale. Humaniser la guerre, c'est un magnifique slogan, mais si cela signifie vivre avec la destruction de civils et collaborer avec une institution qui légitime cette guerre, c'est très grave, et cela déshumanise l'humanité. 

Le CICR n'a bien entendu pas pour mission de supprimer ou d'empêcher les guerres. A-t-il pour autant fonction de la légitimer et de lui rendre un vernis humaniste en lustrant les pompes de ceux qui la font ? Il est peut-être important (pour qui ?) que le CICR dialogue et participe à ce genre d'événement, mais qu'il en soit le sponsor et co-organisateur donne beaucoup trop de légitimité et de crédit aux faiseurs de guerre. Cela entame l'impartialité et la neutralité de cette institution.

La guerre ne s'arrêtera bien entendu pas du fait des institutions humanitaires, mais on peut se poser la question aussi de savoir si, par certains choix, elle ne se prolonge pas parfois du fait de trop de complaisance de la part de celles-ci.

Je vous prie de trouver ci-joint le lien de la pétition provenant de citoyens palestiniens et du monde entier demandant au CICR de renoncer à sponsoriser la 3e conférence internationale sur les défis de la guerre dans des zones densément peuplées à Tel-Aviv, et demandant au CICR de prononcer des excuses du fait d'avoir co-organisé, participé, et financé les conférences précédentes qui se sont déroulées sous les mêmes auspices, sur le même sujet, et pour des résultats sur le terrain tout aussi nuls. Pour ma part, je la soutiens totalement.  

https://www.change.org/p/mr-de-maio-jacques-cancel-the-joint-conference-with-the-inss-in-september-2014

Avec mes meilleures salutations et l'expression de mon entière considération.

Sylvain Thévoz, Conseiller municipal Socialiste, Ville de Genève.



[1] http://www.tdg.ch/vivre/Sylvain-Thevoz-CICR-humaniser-la-guerre-ou-la-sponsoriser /story/11674155

11:47 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cicr, israel, palestine, colonisation, inss | |  Facebook |  Imprimer | | |

27/08/2014

CICR: humaniser la guerre ou la sponsoriser ?

Cancel the joint conference with the INSS in September 2014

Genève et le monde entier fêtent cette année les 150 ans d'existence de cette institution crée par Henry-Dunant sur le champ de bataille de Solférino. Les drapeaux du CICR ont belle allure sur le pont du Mont Blanc. Comme genevois, élu au conseil municipal de la Ville de Genève, je suis fier de cette institution qui porte haut le nom de notre ville aux quatre coins de la planète, envoie des hommes et des femmes au péril de leur vie parfois dans des zones instables ou en guerre pour fournir protection et assistance aux victimes de conflits armés et d'autres situations de violence, apporter une aide humanitaire dans les situations d'urgence.

Monsieur Yves Daccord, directeur du CICR, présentait dans la Tribune de Genève de ce lundi les objectifs éminemment louables du CICR d'humaniser la guerre. Cette phrase d'humaniser la guerre a fait écho en moi à une pétition lancée le 27 juillet pour demander au CICR de renoncer à participer aux côtés de l'INSS (The Institute for National Security Studies), l'une des institutions militaires les plus influentes en Israël, à une conférence au titre pour le moins cynique sur "les défis de la guerre dans des zones densément peuplées".

Alors que plus de 2130 humains ont péri dans la bande de Gaza sous les missiles de Tsahal dont 577 enfants broyés sous les bombes à haute précision, en regard de 64 soldats israéliens et de 4 civils, il semble difficile d'adhérer à l'idéologie d'une guerre propre et chirurgicale défendue par l'INSS. L'INSS formate le discours politique en Israël sur les questions de "sécurité". Il est donc pour le moins troublant qu'après plus de 40 jours de bombardements israéliens à Gaza ayant vu la destruction d'hôpitaux, d'écoles, de mosquées et d'une quantité astronomique de maisons, le CICR maintienne sa participation à la co-organisation d'un tel événement prévu tout d'abord le 4 septembre et repoussé désormais au 2 décembre comme annoncé sur le site de l'INSS  (http://www.inss.org.il).

Il y a 1.8 millions de personnes à Gaza répartis sur une surface de 360km2. Cela fait une densité de 4'726 habitants au kilomètre carré. Prétendre vouloir relever le défi de la guerre dans des zones densément peuplées est une mascarade ou pire, du cynisme. Y participer, de la part du CICR, m'interpelle fortement.


Sponsoriser une conférence à Tel-Aviv sur le bon usage de la guerre ?

L'INSS est avant tout un institut qui a pour objectif de couvrir et légitimer les crimes de guerre commis par les forces armées israéliennes. Le directeur de l'INSS, Amos Yadlin est un ex-général des forces armées israéliennes ayant servi durant des années au plus haut niveau à la tête des forces de renseignements d'Israël (Israeli Military Intelligence Directorate). Il a joué un rôle proéminent dans les crimes de guerre commis à Gaza en 2008 et 2009 et lors de l'attaque du Mavi Marmara (Le 31 mai 2010 le Mavi Marmara, bateau sur lequel ont embarqué des militants propalestiniens a cherché à rejoindre Gaza. Il est arraisonné par l'armée israélienne. 9 militants des droits de l'homme sont tués lors de l'opération.)

Bien sûr, c'est la mission même du CICR d'aller à la rencontre des criminels de guerre et de ceux qui en sont soupçonnés, de parler avec toutes les parties, sans états d'âme afin de protéger la vie et la dignité des victimes de conflit armés et d'autres situations de violence, leur porter assistance. Mais est-il pour autant nécessaire de légitimer leurs conduites et par là renforcer leur influence ?

Sponsoriser une conférence sur le bon usage des roquettes à Gaza?

Le CICR l'affiche sur son site: la confidentialité est une des valeurs cardinales de l'institution. Pourquoi passer alors à l'exhibition concernant cette conférence? Comment imaginer la manière dont cela est perçu par les palestiniens de Gaza toujours sous les bombes (3 tués à ajouter au compteur aujourd'hui) et par toute personne attachée aux valeurs de la neutralité ? Et puis: combien de palestiniens ont-ils été invités à cette conférence déjà? Il est problématique pour le CICR, et donc pour Genève, de s'afficher ostensiblement avec l'une des parties en conflit et d'aller même jusqu'à sponsoriser une conférence internationale sur les défis de la guerre dans les zones densément peuplées. Que penserait-on du CICR s'il sponsorisait une conférence à Gaza sur le bon usage des roquettes afin d'humaniser la guerre?  

Pour le droit des humains pas le droit du plus fort

Certes, le travail du CICR exige de mener des tractations derrière des portes closes et de travailler avec toutes les parties en présence, mais quel rapport avec celui de se montrer et faire récupérer sur le site web de l'INSS en sponsorisant à Tel Aviv une conférence? L'INSS est ravi de placer l'annonce de l'événement conjoint avec le CICR sur son site web; récupérer l'événement à son avantage. Quel gain en tire le CICR et quels sont ces objectifs ? 

Parler avec des criminels de guerre est une chose, leur sponsoriser des conférences en est une autre. Alors que le CICR fête ses 150 ans, a-t-il, dans les vapeurs de sa fête, oublié quelques uns de ses principes de base?  

De la politique de confidentialité à celle de l'exhibitionnisme?

Comme citoyen genevois, admirateur de l'institution du CICR, je suis gêné et emprunté que notre institution s'affiche d'une manière aussi ostensible avec le belligérant d'un conflit. S'agit-il d'un changement de politique, visant à passer de la politique de confidentialité à celle de l'exhibitionnisme? Ou est-ce l'expression d'un choix de soutien qui  a été fait ? Auquel cas l'impartialité, la neutralité et l'indépendance du CICR, sa marque intime, son pedigree, s'en trouvent mis à mal.

Le CICR doit maintenant rapidement se positionner, soit en refusant de sponsoriser cette conférence à Tel-Aviv, soit en s'expliquant sur les raisons qui l'ont poussé à le faire ainsi qu'à maintenir sa présence en ces lieux. Humaniser la guerre, c'est un magnifique slogan, mais si cela signifie vivre avec la destruction de civils et collaborer avec une institution qui légitime cette guerre, c'est très grave.

Lien pour signer la pétition demandant au CICR de renoncer à sponsoriser la 3e conférence internationale sur les défis de la guerre dans des zones densément peuplées.

https://www.change.org/p/mr-de-maio-jacques-cancel-the-joint-conference-with-the-inss-in-september-2014

 

12:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cicr, icrc, israel, palestine; inss; daccord | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/08/2014

BimBadaBoum, un festival où les enfants s'éclatent.

Les gens se demandent ce qu’ils peuvent faire en Suisse pour s’engager afin que cesse l’agression israélienne contre le peuple palestinien. Ils sont écoeurés par les bombes qui tombent sur les civils et l’usage de la force militaire contre des habitants sans défense. Que faire? Voilà une action concrète portée par BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’apartheid et de l’occupation en Palestine) Genève, qui peut concrètement accélérer la fin de l’agression israélienne contre le peuple palestinien.

download1.jpgBimBadaBoum

Le festival BimBadaBoum est un festival genevois pour enfant. Il est pensé comme un moment d’échange entre adultes et enfants. Il affiche sur son site ses valeurs : une attention à l’écologie et au recyclage, l’intergénérationnel, le multiculturalisme, la promotion des activités culturelles et le respect de l’autre. Il s'est tenu cette année du 14 au 17 août (www.bimbadaboum). Les intentions du festival sont louables. Un des partenaires principal du festival semble toutefois bien en décalage avec celles-ci. Il s’agit de l’entreprise Caterpillar. Cette entreprise est dénoncée depuis plusieurs années pour sa collaboration active avec l’armée israélienne dans les territoires palestiniens occupés. BDS Genève a écrit une lettre au président de l’association BimBadaBoum afin de l’enjoindre de cesser toute collaboration avec cette entreprise, proposé de le rencontrer,  afin de lui présenter la problématique particulière liée à l'entreprise Caterpillar. Cette lettre n'a pas reçu de réponse à ce jour.


10576912_10204536359758454_857497933812485816_n.jpg

Bac à sable et mare de sang

C’est tout d’abord une mobilisation des parents qui a attiré l’attention de BDS-Genève sur cette situation. En effet, chaque été des parents, connaissant la responsabilité de Caterpillar dans les territoires occupés, s’étonnent que leurs enfants soient invités à jouer dans un bac à sable sur des camions jaunes marqué du signe Caterpillar dans un festival avec des visées aussi nobles que BimBadaBoum.

Pour rappel, la société Caterpillar fournit depuis les années 50 des bulldozers et pelleteuses à l’armée israélienne. Un modèle est spécialement blindé et outillé d’une mitrailleuse par Israel Military Industries Ltd, une entreprise d’Etat. Ce modèle, le bulldozer Caterpillar D9, est lui aussi fourni par Caterpillar. Des Caterpillar D9 sont actuellement présents aux côtés des chars et des batteries de l’artillerie israélienne dans l’offensive « bordure protectrice » qui se déroule à Gaza en ce mois de juillet et août 2014.[1] 

Le Caterpillar D9 est utilisé par l’armée israélienne pour démolir des maisons et ruiner des terres agricoles. Il a fait ses "preuves" dans la construction du mur de séparation en Cisjordanie, pour les infrastructures des colonies illégales israéliennes, routes, tunnels, etc., En mars 2011, six familles palestiniennes ont déposé une plainte pénale contre la filiale suisse du fabricant de machines de chantier Caterpillar. Motif: complicité de crime de guerre. Deux ONG, l'organisation TRIAL (Track Impunity Always- poursuivre l'impunité sans relâche), basée à Genève, et son homologie palestinien, Al-Haq (la vérité), ont soutenu la plainte contre Caterpillar Sàrl, dont le siège est à Genève.[2]

Certes, l'argent n'a peut-être pas d'odeur, mais quand ça pue, ça pue vraiment, et il est difficile de regarder ailleurs ou de faire comme si de rien n'était. 

Caterpillar et la destruction d’une culture

Des centaines de milliers d’arbres dont un grand nombre d’oliviers (environ 800'000 depuis 1967 dont plus de 550'000 entre 2000 et 2008[2] ) ont été arrachés par les véhicules de l’entreprise partenaire du festival BimBadaBoum ? De même, depuis 1967, plus de 28’000 bâtiments palestiniens ont été détruits par les forces d'occupation. Depuis le début des années 2000, entre 4'000 et 5'000 maisons palestiniennes ont été démolies dans le cadre d'opérations militaires et plus de 900 démolitions ont été ordonnées par l'administration civile israélienne.[3] 

Caterpillar, Bimbadaboum, festival, enfant, Israel, Palestine. Le 16 mars 2003, Rachel Corrie, une jeune femme pleine de vie, a été écrasée par un bulldozer Caterpillar, à Rafah (bande de Gaza), alors qu’elle se trouvait devant une maison qu’un bulldozer Caterpillar avait pour mission de raser[4].

En 2004, Jean Ziegler, Rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation, a interpellé directement le directeur de Caterpillar pour lui demander de cesser ses ventes à l’armée israélienne. A ce jour, il ne lui a pas encore été répondu[5].

En 2012, le rapporteur spécial des Nations Unies  sur les Territoires palestiniens occupés, Richard Falk, a relevé que Caterpillar a été « publiquement critiqué » par des organisations religieuses et des ONG comme Amnesty International ou Human Rights Watch pour avoir fourni à l'État d'Israël du matériel, tel que bulldozers et engins de chantier, « utilisé pour démolir ou détruire des maisons, des écoles, des vergers, des oliveraies et des cultures palestiniens[6]».

Malgré ces interpellations, les engins de Caterpillar poursuivent leur oeuvre de destruction des biens palestiniens et de soutien à la colonisation et à l'Apartheid. L'attitude de Caterpillar face à ces interpellations depuis plus de 10 ans, a amené TIAA-CREF, un important fonds de pension (2012), et l'Église presbytérienne des Etats-Unis (2014), à désinvestir de cette entreprise[7].

download6.jpg

Une indignation citoyenne

BDS-Genève, sur l’impulsion des parents d’enfants fréquentant le festival BimBadaBoum, s’est décidé à écrire une lettre ouverte au président de l’association BimBadBoum, persuadé que ce dernier peut faire la différence.  En cessant immédiatement sa collaboration avec l’entreprise Caterpillar, il peut mettre fin au trouble  voisinage entre les valeurs environnementales et de tolérance que le festival BimBadaBoum souhaite promouvoir et l'action d’une entreprise impliquée dans des violations répétées des droits de l’homme, des crimes de guerre, et l’éradication planifiée de la surface de la terre d’une culture et de ses traditions millénaires. BDS-Genève a écrit une lettre ouverte le 11 août et demande à tout citoyen de bonne volonté de s’engager à la lire, la partager sur les réseaux sociaux, et y souscrire[8]

L'argent n'a pas d'odeur ? Pourtant quand ça pue, ça pue

Parce que le silence signifie la complicité, parce qu’il n’est pas désirable que des enfants jouent en Suisse sur les engins d’une entreprise directement responsable d’une entreprise de destruction planifiée d’enfants et d’une culture entière. Parce que les moyens d’agir existent et qu’ils peuvent être saisis. La solidarité entre citoyen-ne-s n’est pas un vain mot mais un moyen d’agir efficace et puissant qui a fait ses preuves tout au long de l’histoire. Pour ces raisons, ici même, à Genève, et partout où des entreprises responsables de la mort de peuple palestinien ont leur siège, nous devons les dénoncer et leur rendre la vie moins facile sans leur permettre de se redorer le blason facilement. 

Ici, à Genève comme partout où des entreprises soutiennent directement ou indirectement l’entreprise illégale de colonisation israélienne, il est possible de s'y opposer, demander des comptes et des explications, afin que celles-ci ne se poursuivent pas avec notre consentement leur oeuvre de destruction, mais soient stoppés par l'engagement citoyen.  

C'est au festival BimBadaBoum de se positionner désormais. Caterpillar se paie en l'état à peu de frais une image de compagnie proche des enfants alors qu'elle fait de l'argent en vendant du matériel qui en tue d'autres. BimBadaBoum veut-il vraiment cautionner et soutenir cette politique? Pour ma part, je pense que BimBadaBoum doit se prononcer et se repositionner avec un regain de cohérence.   



[1]Euronews, 6 août 2014, http://www.dailymotion.com/video/x22xt5x_israel-justifie-son-intervention-et-regrette-les-victimes-civiles_news?start=3  cf aussi Wikipedia, "IDF Caterpillar D9"  http://en.wikipedia.org/wiki/IDF_Caterpillar_D9


[2] http://www.amnesty.ch/fr/actuel/magazine/torture-9-11-un-tournant/israel-et-territoires-occupes-vers-la-fin-de-l2019impunite-des-entreprises

[3]Israël-Palestine. La Guerre des olives, Le Point, 2 décembre 2013  http://www.lepoint.fr/monde/israel-palestine-la-guerre-des-olives-02-12-2013-1763897_24.php

[4]The Israeli Committee Against House Demolitions, mars 2012  http://www.icahd.org/uk/node/458

[5]« Le jugement prononcé dans l'affaire Rachel Corrie illustre l'impunité de l'armée israélienne », Amnesty international, 29 août 2012  http://www.amnesty.org/fr/news/rachel-corrie-verdict-highlights-impunity-israeli-military-2012-08-29

[7]« Rapport du Rapporteur spécial sur la situation des Droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 », Nations Unies: Assemblée générale, 19 septembre 2012  http://www.refworld.org/cgi-bin/texis/vtx/rwmain/opendocpdf.pdf?reldoc=y&docid=50a1099c2+&cd=1&hl=fr&ct=clnk&lr=lang_es|lang_it|lang_fr

[8]« BDS Victory: TIAA-CREF dumps CAT Stock », Jewish Voice for Peace, 21 juin 2012  https://jewishvoiceforpeace.org/blog/bds-victory-tiaa-cref-dumps-cat-stock ; Jewish Voice for Peace applauds Presbyterian Church USA's vote to divest from companies that profit from Israeli Occupation  http://jewishvoiceforpeace.org/blog/jewish-voice-for-peace-applauds-presbyterian-church-usa-s-vote-to-dive  - See more at: http://www.bds-info.ch/index.php/fr/home-fr/158-bds-fr/campagnes/bds-suisse/boycott-culturel-academique/883-festival-bimbadaboum-caterpillar-un-partenaire-non-recommendable#sthash.2xnKbP8N.dpuf

[9] http://www.bds-info.ch/data/docs/14_08_12_BDS_Lettre_ouverte_BimBadaBoum_Caterpillar.pdf

08:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : caterpillar, bimbadaboum, festival, enfant, israel, palestine, bds, boycott. | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/08/2014

Pour Israël, la négociation est l'ennemi à abattre

Michel Warschawski, fils d'un grand rabbin de Strabourg et du Bas-Rhin, est né en 1949 à Strasbourg. Journaliste et militant pacifiste d'extrême gauche, il est l'ancien président de la ligue communiste révolutionnaire marxiste israélienne. Condamné à vingt mois de prison en 1989 pour "prestations de services à des organisations illégales". Il a été chroniqueur pour Siné hebdo, collabore avec le Monde Diplomatique, le Courrier. Conférencier reconnu, il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russel sur la Palestine.

Pourquoi cette guerre à Gaza actuellement ?

Il faut dire tout d'abord que Gaza est secondaire. Pourquoi la guerre, point. A mon avis, pour repousser le plus longtemps possible toute velléité internationale de tendre à l'ouverture de négociations. L'ennemi stratégique du gouvernement israélien, c'est la négociation. Ce gouvernement ne veut pas négocier. Certes, dans l'air du temps, il y a comme une volonté américaine, européenne de pousser israël à négocier. Il leur faut donc faire contre-feu afin que les négociations ne soient pas mises à l'ordre du jour. Il était clair qu'en attaquant Gaza les négociations, allaient être rendues impossibles. C'était l'objectif stratégique le plus important.

Dans le même état d'esprit, la cible n'est pas le Hamas, c'est Mahmoud Abbas. Mahmoud Abbas est celui que la communauté internationale présente comme prêt à discuter ; celui dont tout le monde dit à Israël: c'est avec lui que vous devez parler. En attaquant Gaza, ce gouvernement met Mahmoud Abbas dans une situation impossible. Soit il se solidarise avec Gaza et donc avec le Hamas et renforce par là le discours de Netanyahou diabolisant et le Hamas et Abbas. Soit il se désolidarise, et perd alors toute légitimité palestinienne. Pour israël, cela semble donc être une win-win situation. Sauf que cela ne se passe pas tout à fait comme cela. Car Mahmoud Abbas est poussé par les américains à jouer le rôle d'intermédiaire. Le président de la Palestine se trouve ainsi à jouer le rôle des Nations Unies alors que c'est son peuple qui est attaqué. Mahmoud Abbas reste au coeur de l'action diplomatique. Ils n'ont pas réussi à le neutraliser, mais sa position est fragile. 

Que répondez-vous aux arguments des gens qui disent: pourquoi manifester autant sur ce conflit? On ne vous entend pas autant sur la Syrie ou au sujet de Boko Haram ?

D'abord, c'est une remarque fallacieuse. Car ce sont les mêmes qui se mobilisent pour la Syrie, l'Afrique, toujours les mêmes. Qu'ils arrêtent donc de toujours nous coller : vous êtes uniquement engagés sur la Palestine et Israël, c'est faux, point. Ceci dit, il y a évidemment une intensité plus forte concernant ce conflit, pour des raisons historiques que j'expliquerai plus loin.

Le pouvoir français, les éditorialistes couvrant ce conflit disent vouloir éviter "l'importation du conflit". C'est un mot que je ne comprends pas. Lorsqu'il y a eu un immense mouvement de solidarité avec le Viêt-Nam, importait-on le conflit du Viêt-Nam? Non. On identifiait une grande injustice et un grand combat: c'était le Viêt-nam! Et tout le monde ou presque était viêt-namien. Il en est de même aujourd'hui avec la Palestine, qui est un conflit emblématique. Il se trouve sur la ligne de front du soi-disant choc des civilisations. C'est donc tout à fait compréhensible qu'il y ait cette mobilisation. Si l'on veut vraiment parler du risque d'importation du conflit, il faudrait alors désigner les institutions juives, soi disant représentatives des juifs de France, de Suisse, d'Allemagne, qui deviennent de fait des ambassades d'Israël, des bureaux de propagande de la politique israélienne. Eux, oui, ils "importent" le conflit en disant: "Nous, les juifs de France n'avons rien à dire contre le massacre de Gaza". C'est grave. Heureusement, ils parlent pour eux, pour une petite minorité des communautés juives, et ce n'est pas vrai pour les autres. Mais en disant, pour résumer: les juifs de France, c'est Tsahal, beaucoup d'autres français, et en particulier d'origine musulmane répondent: eh bien si les juifs de France c'est Tsahal, les musulmans de France c'est le hamas. A ce moment là, on fait d'un conflit politique étranger, une lutte de communauté en France. Mais a mon avis, 100% de cette responsabilité retombe en France sur le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) et ailleurs, sur des organisations équivalentes.

Vous dites ligne de front, combat emblématique, mais de quoi? En quoi finalement, ce conflit concerne-t-il l'Europe plus qu'un autre? En quoi serait-il lié à l'histoire de l'Europe?

C'est en fait doublement la responsabilité européenne. L'Europe, puis la communauté internationale, a crée ce conflit. Elle a décidé de résoudre le problème des rescapés de la seconde guerre mondiale et du génocide des juifs d'Europe en disant: vous savez quoi, on vous donne un état, prenez les clés, vingt francs, vous aurez une soutien politique, militaire, etc., acceptant en cela de faire payer les arabes de Palestine pour un crime dans lequel ils n'avaient rien à faire. C'était donc se dédouaner d'une manière abjecte, sur le dos des autres, de la responsabilité européenne du génocide. Le sionisme a pu se présenter pour l'Europe comme une solution face au problème posé en 1945: que faire des survivant-e-s? Mais c'est un problème européen, pas musulman, pas arabe et en tout cas pas palestinien. L'Europe, par le problème qu'elle a crée et la solution qu'elle a proposé, en est venue à faire payer doublement les palestiniens.

L'opinion publique est indignée, mais se sent globalement impuissante. Les gens écrivent, se mobilisent, manifestent, mais pour quels résultats? Quels sont les moyens d'actions concrets pour ceux qui veulent agir afin de mettre fin à ce conflit?

Le moyen d'agir existe, il va aller en se renforçant et il sera de plus en plus efficace. C'est le BDS (Boycott désinvestissement et sanctions contre israël jusqu'à la fin de l'apartheid et de l'occupation israélienne) qui est une campagne politique construite, réfléchie, visant a faire pression sur israël. Une pression qui dénonce, mais aussi traduit dans des actes qu'Israël, par son comportement, se met hors-la-loi et doit être traité comme tel. BDS est un grand pas en avant. BDS est en terme d'action globale un formidable levier à exercer sur israël. 

Le BDS dispose d'une grande légitimité aussi. Lancé par des ONG palestiniennes en juillet 2005, avec un fort soutien populaire, on ne peut accuser ce mouvement d'être une émanation néo-coloniale.

En effet. C'est un mouvement qui s'appuie sur l'exemple de l'Afrique du Sud, de l'Espagne de Franco, la Grèce des colonels. Je passe mon temps en Europe à contrer les arguments de ceux qui disent: quoi, vous voulez boycotter? Je me souviens, que tout petit, on ne touchait pas aux oranges outspan, on n'allait pas en vacances en Espagne. Cela faisait partie d'une culture progressiste, de boycotter d'une façon générale et pousser à des actions contre des états qui ne respectaient pas le droit.

Cela n'est-il pas une attaque contre les citoyen-ne-s d'israël?

Non. Pour que la politique gouvernementale change, il faut qu'il y ait une pression et un mouvement pacifiste qui émerge. Et cela, c'est toujours le résultat d'un prix à payer. Par exemple, pour cette population, que son économie paie le prix de la colonisation. En ce moment, en israël, le tourisme est en berne, pour cause de guerre. Les acteurs de la branche commencent à hausser le ton. On peut donc toucher la population israélienne par l'économie. La population israélienne est comme n'importe quel peuple, peut-être même plus. Elle est extrêmement sensible à l'image que l'on donne d'elle. Personne aime ne pas être aimé. Personne aime être mis au ban, boycotté. Personne n'aime ça, ni un individu ni une société. Israël n'est pas si différent des autres pays, même si, ici, on roule des mécaniques, en disant: on s'en fout, qu'ils ne viennent pas! Mais ce n'est pas vrai. A long terme, on est ici comme ailleurs extrêmement sensible à l'idée que les autres se font de soi. Le discours "ce sont tous des antisémites" existe c'est vrai, mais il est défensif, et ne contredit pas le désir, pour israël et les israéliens, d'être reconnus et accueillis. Le fait d'être estampillé infréquentable ne plaît pas, ni dans le business ni dans l'art. Personne n'aime voyager et être confronté dans le monde par des gens qui, en gros, leur disent: cela n'est pas correct.

Un sondage dit que 80% des israéliens soutiennent l'intervention à Gaza. quel regard as-tu sur cette société qui a glissé vers la droite et semble suivre aveuglément Netanhyaou et Lieberman?

Il n'y a pas l'ombre d'un doute, les hommes politiques, le gouvernement, en israël, ont clairement glissé à droite. Et pourtant, je pense que la société israélienne et divisée sur le fond en deux moitiés. Une grande moitié et une petite moitié. Un peu moins de 50% soutient la politique de la droite, vote pour ces partis. Et l'autre moitié n'aime pas les colons, s'en moque du grand Israël, aimerait bien une solution de compromis. Et puis, il y a quand même au milieu, une petite frange qui s'abstient ou vote pour des partis du centre.

La grande assymétrie entre ces deux grands pans de la société, c'est que la droite est au pouvoir. La droite agit, dans une urgence permanente, alors que les modérés, vus qu'ils ne paient pas le prix de la colonisation (avant Gaza), sont insouciants. La situation est calme, rien ne menace Israël. Il y a la sécurité individuelle, plus de bombes. Israël est une société performante, son économie tourne. Pourquoi changer? Face à cela, la droite avance. Ce n'est pas l'absence d'une opposition potentielle, mais son anomie qui pose problème. A la manifestation de Tel Aviv du 2 août, la majorité des gens qui étaient là-bas étaient pour la plupart des tel-aviviens typiques, totalement dé-idéologisés, plongés dans la consommation. C'était, je dirai presque, les bobos de Tel Aviv. Ils se sont mobilisés pour Gaza. Oh, pour certains ils avaient même une petite larme dans le coeur. Ils avaient vu des photos, même si, ici, il faut les chercher. Mais pourquoi manifestaient-ils, alors qu'ils le font si rarement? Parcequ'ils ont surtout peur pour leur Israël, leur Tel Aviv détendu, non-idéologique, plutôt à gauche qu'à droite, qui est sévèrement menacé. Ils voient desormais émerger un pays de tueurs ou Netanyahou devient presque le centre! Avec comme détonateur, l'assassinat de Mohammad Abou Khdeir, brûlé vif par trois citoyens. Le gouvernement a eu beau dire : ce sont trois illuminés, pas du tout. Ils sont dans la continuité d'une politique. Ce sont des gens qui viennent de bonne famille de droite, de famille respectée. Ils sont l'expression d'une partie d'Israël qui s'intègre dans un discours raciste, vote de lois racistes. On n'aurait jamais imaginé cela, il y a 15 ans. Certains se réveillent maintenant en se disant: cela n'est pas notre israël !

15 ans ce n'est pas en un jour, mais c'est un rythme extrêmement rapide.

Oui, c'est très rapide. Le tournant date de 2000. C'est la reconquête, la fin du mouvement de la paix. Ce sont les positions et les discours de Ehud Barak qui détruisent la paix. Les gens n'y croient plus. Ce qui veut dire que la moitié non de droite sort démobilisée, déboussolée de ces années, et offre un monopole idéologique à la droite. En 2013, Yahir Lapid a reçu 19 mandats, 10% des votes, alors qu'il est un peu comme Pepe Grillo en italie "ni de droite ni de gauche, ni pour ni contre, ni ni". Il a une belle gueule et prétend tout changer. Il était star de télé, n'a jamais pris position politiquement avant de se présenter aux elections et recevoir le vote de Tel Aviv. Il est clairement de centre droit. avec une idéologie de droite raciste, fortement positionnée contre les pauvres. Son programme? "Nous, à Tel Aviv, on ne veut pas payer pour les va-nu-pieds". Mais ce qui est intéressant, c'est de voir la jeunesse, ceux qui ont 30 ans, fatigués de la vieille politique, ne voter pour rien ou pour quelque chose qui ne veut rien dire, qui n'est engagé à rien, et qui demeure donc libre de faire ce qu'il veut. La manifestation de Tel Aviv était la prise de consience de la classe moyenne de Tel Aviv que leur israël est soumis au risque de disparaître. J'étais dans un des cafés branché de la ville et leur discours était: on va partir. Ce pays commence à sentir mauvais, on ne s'y reconnaît plus. Lieberman, Netanhyaou, les colons, ce ne sont pas nous. Certes, ils ne partiront pas. Mais cela leur permet de ne pas assumer, ne pas lutter. Ils sont résignés dans cette condition de dire: on ne veut pas cela, mais sont incapables à ce jour de proposer autre chose.

 

Que pensez-vous des discours désignant le Hamas comme mouvement terroriste?

Le Hamas est, à mes yeux, avant tout un mouvement de résistance. Je me positionne par rapport au Hamas d'abord et avant tout comme un mouvement de résistance. La charte du Hamas ne m'a jamais dérangé, parce que le charte de l'OLP était exactement pareille avant que l'OLP n'en change. Une charte, c'est un bout de papier. La charte du Likoud, c'est le grand Israël jusqu'en Syrie. Or, plus personne n'en parle aujourd'hui. C'est vieux, et on ne se débarrasse du vieux qu'en échange d'autre chose. Arafat a rendu la charte de l'OLP caduque en affirmant: on veut bien supprimer cette charte, mais que donnez-vous en échange? Il est de notoriété publique, le hamas l'a dit et répété, que si israël se retire des territoires occupés, sur les frontières de 1967, il est prêt à une houdna (trêve) de durée illimitée. C'est exactement ce passage de la posture du: "on va tout détruire",  à: "on peut parler et négocier" qu'avait fait l'OLP. "Ne nous demandez pas le reconnaissance, c'est hors de question, mais on peut accepter l'existence de fait". Le Hamas a dit qu'il ne saboterait pas les discussions avec israël, ne s'opposerait pas aux tentatives du président Mahmoud Abbas, mais a prédit leur échec. Le Hamas est une organisation assez frustre, enracinée dans la paysannerie (en Cisjordanie surtout). D'origine villageoise, avec une capacité de résistance incroyable.

Cette capacité de resistance du hamas justement, vous a-t-elle surprise?

Il n'y a  pas une guerre de laquelle israël ne s'en tire pas avec la gueule de bois et frappé de stupeur par la force de la réaction. Surprise ! Comme si on ne savait pas. Au Liban on ne savait pas, à la guerre du Kipour pareillement. La première intifada surprise, la deuxième : surprise encore. J'ai écrit récemment un texte où je réclamais le remboursement de mes impôts payés indument pour des services de renseignements à la noix, considérés pourtant comme les meilleurs du monde mais toujours surpris. Ils ne savaient pas que le hamas avait des missiles d'une aussi grande portée, et pourtant, rien d'étonnant. Quand tu enfermes quelqu'un, que fait-il ? Il essaie de sortir: par en haut, par en bas. En haut, c'est les missiles, en bas, les tunnels. Je l'ai appris, moi, dans le ghetto de Varsovie. On a des exemples historiques de comment réagissent des peuples en état de siège. Il y a ce besoin de sortir coûte que coûte. Tu creuses tu creuses, tu envoies ce que tu peux de l'autre côté. Cela, pour un peuple assiégé, c'est déjà en soi une victoire. Israël se fait toujours surprendre par l'état de préparation de l'ennemi. Personne n'aurait pu croire qu'israël n'arriverait pas à nettoyer Gaza. Pourtant, c'est un match nul. Et un match nul entre l'équipe d'Algérie et l'Allemagne, c'est comme une victoire pour l'équipe d'Algérie. Ce qui aurait permis au Hamas de ramasser la mise c'est si l'Egypte était restée neutre. Or, le Hamas doit se battre à la fois contre israël et contre l'égypte. Personne n'aurait imaginé que la junte militaire égyptienne irait aussi loin dans sa collaboration avec Israël pour casser la résistance du hamas. Je pense que, sans l'Egypte collaborationniste, le hamas aurait pu gagner. Or, là, israël va pouvoir se retirer unilatéralement, sans allégement du siège. Il y aura un retrait, mais un maintien du blocus sur un champ de ruine. 

Pourquoi le hezbollah ne bouge-t-il pas, pourquoi le Cisjordanie ne se soulève pas? Comment cela se fait-il qu'il n'y ait pas de deuxième, de troisième front ?

Il se peut que cela arrive. Jérusalem, par exemple, vit des micros soulèvement et des accrochages tous les jours. Mais il manque une direction politique, quelqu'un qui dise: on y va. Une instance qui coordonne, donne le rythme, et pas uniquement une bande de jeunes, liés au Fatah ou à autre chose, qui vont à la confrontation, se font frapper et tuer d'une manière désordonnée. Là encore, Mahmoud Abbas a une très grande responsabilité. Là encore, il ne joue pas son jeu de représentant des palestiniens, mais plutôt celui de l'ONU. Il est l'ONU. Mais ce n'est pas juste, il est élu pour être le président des palestiniens en lutte et pour mener cette lutte à terme. 


Jérusalem, août 2014.

Cet entretien est paru dans le journal le Courrier du jeudi 7 août avec un complément de notes et une mise en situation redactionnelle.

http://www.lecourrier.ch/122913/pour_israel_l_ennemi_c_est_la_negociation?utm_content=buffera321f&utm_medium=social&utm_source=facebook.com&utm_campaign=buffer

 

 

 

 

 

 

 

 

20:20 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, israel, gaza, colonisation | |  Facebook |  Imprimer | | |

07/08/2014

Lettre aux amis d'Israël

Chers amis, amies d'Israël,

J'ai entendu, depuis quatre semaines, vos arguments en faveur du droit à se défendre d'israël et la diabolisation constante du Hamas; le rappel permanent à sa fameuse charte pour justifier une guerre qui n'a de défensive que le nom.

Un chauffeur de taxi me montre la photo de sa soeur assassinée a Gaza. Elle vivait à 100km d'ici. Il lui parlait de temps en temps au téléphone. Depuis 8 ans, il ne pouvait plus aller la voir. Elle était bouclée dedans. Il me montre ses enfants et dit qu'il a peur pour eux, qu'il ne parvienne pas à les protéger; que les bombes tombent un jour à Ramallah, Naplouse, ou qu'ils soient repoussés toujours plus loin, tués. Les nouvelles colonies qu'il désigne sur les collines donnent à sa peur tout son poids.

Amis d'Israël, je vous le demande, sur qui repose le poids quotidien de la terreur ? Et comment peut-on justifier que des enfants qui vivent a 50 km de la mer ne la verront jamais et demeurent scotchés dans un état de sous-développement chronique, "pour raisons de sécurité" bien sûr. Cela, il faudrait le demander aux soldats du checkpoint qui rient en se montrant des films pornographiques sur leurs téléphones portables et demandent six fois la même question stérile, bloquant le portail de la bétaillère qui sert de tri pour se désennuyer un peu. Amis d'Israël, quand irez-vous faire le pélerinage quotidien du bétail humain au checkpoint de Bethleem ou Qalandyia? Partager le zaatar, le pain et l'huile d'olive avec ceux qui sont des hommes et des femmes comme vous, à Jéricho ou Hébron?   

J'ai été estomaqué, amis d'Israël, par votre support inconditionnel au gouvernement de Netanyahou. Que la charte du Likoud prévoie la réalisation du grand Israël sur tout le territoire palestinien ne vous a jamais semblé problématique. Que cette guerre soit la poursuite d'une volonté d'éradication et de domination d'un peuple entier, accélérée vertigineusement depuis 2001, n'a soulevé aucunes critiques de votre part, ni d'appels pour vous distancer un tant soit peu du gouvernement actuel.

Tuer les mères

Quand Mordechai Kedar professeur à la Bar Ilan Université a publiquement suggéré de violer les mères et sœurs des 'terroristes', j'ai attendu votre condamnation. Elle n'est pas venue. Je ne vous ai pas entendu commenter les dizaines de milliers de messages sur les réseaux sociaux appelant à tuer les mamans des "terroristes" parce que tuer leurs enfants ne suffisait pas. Pendant que Ayelet Shaked, membre du parlement israélien, parti maison juive, appelait l'armée d'Israël à détruire les maisons des 'terroristes', à  assassiner leurs mères pour que ne naissent plus de petits serpents, j'ai pris note de votre silence.

Alors que les chants appelant à 'tuer les arabes' tonnaient sur les réseaux sociaux, j'ai espéré de votre part plus de pondération et de distance vis à vis du gouvernement qui les inspirait. A la guerre comme à la guerre me répondrez-vous peut être. Oui, je vous comprends. Mais à trop se ranger derrière ceux qui violent le droit et bombardent 1.8 millions de personnes (et qui, pour rappel, sont 80% de réfugiés déplacés), bouclés depuis 8 ans sur un territoire manquant de tout, vous risquez de devenir comme eux : déshumanisés, au nom d'une logique grégaire d'état. 

Gaza future Ibiza?

Les interventions sur Gaza se succèdent à intervalles réguliers. 2002, 2008, 2012, 2014, avec un blocus aérien maritime et terrestre constant. Certains, en Israël appellent à faire de Gaza une future Ibiza. Moshe Feiglin, vice-président de la Knesset, veut en faire une ville israélienne florissante. Qui sait, une fois débarrassés des arabes, peut-être que l'on pourra y danser comme l'on danse aujourd'hui à Tel Aviv et qu'il n'y aura même plus le sifflement des roquettes pour rappeler qu'un peuple vivait ici auparavant et prétendait -scandale, terrorisme- à avoir le droit d'y vivre en paix, danser et chanter aussi. L'aéroport fermé de Gaza pourrait même alors réouvrir, accueillir des vols easy jet bon marché. Et il y aura, qui sait, sûrement de bonnes opérations immobilières à réaliser.

Je vous ai beaucoup entendu démontrer l'ignominie du Hamas, justifier une guerre "propre", "défensive", "préventive" et vous cacher derrière des barbus pour prétendre a l'innocence des frappes d'Israël. Pour ma part, quand j'entends Netanhyaou s'exprimer avec le vocabulaire des: 'terroristes', 'tunnels de la mort', 'attaques de terreur' je n'arrive pas à le croire. Comme il m'était devenu impossible de croire à Georges Bush et sa rhétorique guerrière pour légitimer ses violations du droit international.

Hamas, Israël même combat?

Si le destin d'Israël est de faire pire ou de se mesurer à l'ignominie pour s'y aligner et l'amplifier, c'est une triste compétition qui est engagée, et je ne me risquerai pas à juger qui du Hamas ou d'Israël en remportera le ponpon. Mais ce que je sais, au vu des récentes opérations d'assassinats ciblées d'enfants, de femmes, de civils, et l'incapacité d'en assumer la responsabilité, qu'Israël a surpassé le Hamas dans le mensonge, en demeurant loin des standards qu'il prétend respecter et imposer. Cela est-il suffisant pour nommer Israël un état terroriste? Non? Que manque-t-il alors? Le rappel des assassinats ciblés, des listes d'homme à abattre ou des 7000 prisonniers palestiniens parmi lesquels des parlementaires, des élus et des enfants, détenus?

J'aurai voulu vous entendre faire une distinction entre votre amour pour Israël et la politique de son gouvernement. J'aurai rêvé moins d'hypocrisie et l'abandon du double discours qui déplore les victimes humaines tout en soutenant la politique qui les crée. J'aurai attendu, démocrates, que vous puissiez regarder en face ce gouvernement et que celui-ci arrête d'en désigner d'autres pour se cacher derrière. 

Israël prétend avoir gagné cette bataille. Elle est selon moi de celle qui lui feront perdre la guerre. Ce gouvernement d'Israël, bébé européen, est maintenant un enfant tyrannique. A qui la faute? Et qui assumera d'autorité de lui rappeler les conduites à adopter envers ses semblables?

Des droits, pas un téléthon

Pour conclure, amis d'Israël, est-il possible de casser le cycle de la violence maintenant? Non. Il est pourtant en notre pouvoir de ne pas l'alimenter. La paix est-elle possible? Jamais sans justice. Pour l'obtenir, il faudra clairement casser les cycles de complaisances, d'indifférences, signes de complicités. Il faudra aussi casser les cycles de charités -payer pour oublier- et le versement de chèques pour reconstruire les immeubles rasés avant une nouvelle guerre pour verser encore l'obole nécessaire à la poursuite du génocide a feu doux. A quoi bon la charité pour maintenir dans une vie diminuée 1.8 millions de personnes dans une prison de 365 kilomètres carrés (sur lequel chaque METRE carré vient de recevoir 5 kg de bombes) et 2,5 millions de personnes en Cisjordanie sans perspective d'avenir autre que de se faire bouffer la laine sur le dos? Pour ma part, je refuse la complaisance et je renonce à la charité. La Palestine a besoin d'obtenir des droits et qu'ils soient respectés, pas de bénéficier d'un téléthon international ou de larmes de crocodiles. 

Amis d'Israël, tenants d'une nécessaire solution négociée, vous devez faire le pas de coté, refuser d'être pris en otage de la logique de colonisation, de domination, et de conquête constante de nouvelles terres qui met en danger l'existence d'Israël par le souffle d'impuissance et de violence qu'elle soulève.

Vous me direz peut-être que je rêve. Non. J'ai les yeux bien ouverts, et refuse que le cauchemar me berce au son de la petite musique de Netanhyahou et son armée de tueurs.

Vous pouvez toujours prétendre que vous dormiez, qu'il faut regarder ailleurs. Mais faisant cela, amis d'Israël, vous faites, convenez-en ou non, un grand tort à ce pays. Et surtout, ne venez pas prétendre demain que vous ne saviez pas. Et si vous saviez, expliquez aujourd'hui, maintenant, au nom de quoi vous n'avez rien fait, n'avez rien dit, et implicitement ou explicitement, encouragé ce gouvernement criminel agissant au nom de de votre amitié.     


12:35 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, israel, palestine, blocus. | |  Facebook |  Imprimer | | |

31/07/2014

Gaza: cette guerre n'est pas une guerre défensive

Plus les jours passent, plus le masque tombe. Il n'y a pas d'opération "protective edge" (bouclier protecteur) mené par l'Etat d'israël à Gaza. Il n'y a pas de guerre défensive. Il y a maintenant 1'364 morts à Gaza, plus de 7'000 blessés, 400'000 déplacés, 75 km2 de territoires conquis sur le terrain par Israël. Les victimes sont les femmes, les enfants, les civils. Ce sont désormais des dizaines et des dizaines de civils qui s'entassent dans des "appartements" sans eau, sans électricité, dans des conditions de salubrité effroyable et sous la menace quotidienne des bombes. L'unique central électrique de Gaza a sauté, les habitant-e-s obtiennent deux heures d'électricité par jour. Peut-on imaginer cela sans prendre position? Sur les bords de la Méditerranée, 130km plus au nord, les plages touristiques de Tel Aviv sont, elles, toujours aussi bien vendues auprès des touristes occidentaux par les chambres de commerce israéliennes. Tel Aviv, ville de fête et d'insouciance! "Tel-Aviv, la fête à tout prix. On a beau nous parler à longueur de journaux télévisés du conflit israélo-palestinien, Tel-Aviv reste une ville joyeuse, bouillonnante, décontractée, où l’insouciance est érigée en résistance".* Alors quoi : les familles courent sous les roquettes et l'angoisse domine en israël, ou la vie se poursuit presque à l'identique, sur les plages et au soleil pendant qu'à Gaza les humains meurent à la pelle ?

Une entreprise méthodique et planifiée de destruction

A Gaza, des personnes ont perdu 3, 7, 11 membres de leur famille! Plus de 200 enfants ont été tué. C'est une génération d'orphelins, de  veufs de familles brisées que l'état d'israël, par sa stratégie jusqu'au-boutiste, est en train de fabriquer. C'est un coup radical qu'Israël porte à la paix. Mohammed Abbas, le modéré, est volontairement isolé par israël. Non, il est impossible de se taire et de ne pas dénoncer la stratégie qui vise à pousser la colonisation toujours plus avant, en jouant la partition du pire, tenant et agitant la barbichette des extrémistes. A Gaza, les hôpitaux fonctionnent 24/24 et manquent de matériel de rechange, les stocks sont épuisés, 3 hôpitaux ont dû fermer. Des écoles, des hôpitaux sont bombardés. Chaque jour apporte son lot de crimes et de sang; de nouveaux massacres commis par l'armée israélienne en violation des droits fondamentaux du peuple palestinien. Ce n'est plus, depuis de nombreux jours, de légitime défense qu'il s'agit.  

La seule stratégie qui pourra assurer la paix est connue: Reconnaissance de l'Etat Palestinien avec Jérusalem-Est est comme capitale, sur les frontières de 1967, avec un retour négocié des réfugiés de 1948. Les personnes de bonne volonté, prêt à faire des concessions côté Palestinien existent. Même le Hamas a affirmé à plusieurs reprises être prêt à négocier pour autant qu'Israël arrête les bombardements.** Alors quoi? Pourquoi cette boucherie se poursuit-elle ?    

Rester neutres?

Devant cette barbarie, rester neutre, c'est choisir d'être complice, tacitement, silencieusement. Certains, à Genève, voudraient que soit brandi le drapeau israélien dans des manifestations, en signe d'équité. La belle affaire. Pour les personnes qui se tiennent en solidarité avec le peuple palestinien (civils, femmes et enfants), et pour ceux qui croient dans l'avenir d'une coexistence pacifique possible, il y a quelque chose d'extrêmement choquant de réclamer la présence de ce drapeau dans des manifestations en solidarité avec le peuple palestinien ou d'appel à la "neutralité".

Aujourd'hui, le drapeau israélien ne peut être brandi comme un drapeau de paix. Il baigne dans le sang. Aujourd'hui la stratégie de fuite en avant de l'état d'Israël va à l'encontre des intérêts de sa population et des vies environnantes. En tant qu'état dépositaire des Conventions de Genève, la Suisse a une responsabilité particulière pour l'application du droit international humanitaire; en tant qu'êtres humains, nous ne pouvons rester silencieux ou croire la propagande qui d'une guerre défensive de l'état d'israël à Gaza. 


Samedi 2 août 2014 à 15h. Manifestation de soutien avec le peuple palestinien, Berne, Place Fédérale.


* http://www.israelvalley.com/news/2013/04/09/39668/la-plage-tel-aviv-semble-bien-avoir-invente-le-mouvement-perpetuel

** http://www.humanite.fr/le-hamas-pret-negocier-si-les-bombardements-cessent-547306

download.jpg

14:43 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : palestine, israël, protective edge | |  Facebook |  Imprimer | | |

27/07/2014

La trêve d’israël est un abus de langage

Clausewitz écrivait : La guerre est une poursuite de l'activité politique par d'autres moyens. Pour israël : la diplomatie est la poursuite de la guerre par d'autres moyens.

La trêve d’Israël est un abus de langage


Après 18 jours de combats qui ont fait 1'049 morts et 6'032 blessés depuis le 8 juillet dont une écrasante majorité de civils et au moins 192 enfants, Israël a annoncé vendredi soir un trêve humanitaire dans la bande de Gaza, de 8h00 à 20h00  le samedi 26 juillet  aux conditions suivantes : 

1) Les civils de Gaza à qui il a été demandé d'évacuer leur logement doivent s'abstenir d'y retourner.

2) israël ripostera si les dénommés terroristes tentent d'exploiter cette période pour attaquer des soldats ou tirer sur des civils israéliens.

3) Pendant cette trêve, les activités opérationnelles pour localiser et neutraliser les tunnels de la bande de Gaza vont se poursuivre !

La trêve d’israël n’est pas un cessez-le-feu. La trêve d’israël est un abus de langage et nous devons l’entendre pour ce qu’elle est: une poursuite de la guerre. Elle signifie véritablement : Nous pouvons  continuer de vous tirer dessus mais vous ne le pouvez pas. Nous pouvons continuer de détruire vos infrastructures, vous ne riposterez pas. Nous pouvons empêcher les ambulances de passer, passer à perte et profit le sang des enfants sur les plages, dans les caves, et dans les écoles écroulées. Nous pouvons tirer sur des bâtiments de l'ONU, tuer ses employés, les réduire en purée, sans conséquences. Vous ne réagirez pas. Nous pouvons continuer de décrédibiliser le CICR, leur faisant évacuer des quartiers pour bombarder ensuite les civils exposés. Nous pouvons tuer des employés du croissant rouge, des bibliothécaires, des fleuristes, des cafetiers. Et quand nous penserons avoir suffisamment tués pour en imposer, nous imposerons encore une trêve. 

Soyons sérieux. La trêve d’israël n’est pas un cessez-le-feu. La trêve d’israël n’est pas un acte humanitaire. C’est une manœuvre diplomatique pour réduire la résistance Palestinienne au silence en tuant des civils tout en légitimant sa conduite derrière un sordide voile humanitaire. israël ne sait plus comment freiner la mécanique de mort qu'elle pensait dominer. Plusieurs milliers d'israéliens manifestent à Tel Aviv pour la fin de la guerre. israël est en train de perdre la bataille de la justification et de la communication; plus personne ne peut croire à sa rhétorique défensive quand elle tue plus de 1'000 civils.   

Négocier la fin de la guerre pas imposer la trêve

La trêve d’israël est un abus de langage. La trêve d’israël est faite de papier mâché. Elle ne la dégage en rien de l’écrasante responsabilité quant aux corps que l’on dégage des décombres. Elle ne la dégage en rien de la situation de colonisation, véritable source du conflit. Elle ne la dégage en rien de sa lâcheté de se dissimuler derrière le Hamas prétexte malléable pour poursuivre à cibler et détruire des civils. Elle ne la dégage en rien de ses responsabilités d'état signataire des conventions de Genève. Il faudra bien à un moment qu'israël vienne s'assoir à la table des négociations pour discuter la fin de la guerre, pas l'imposition de trêves. Il faudra bien qu'à un moment israël comprenne qu'il ne peut sortir de l'ornière sans négocier avec le Hamas et le Fatah réunis à nouveau ; qu'il ne peut imposer sa force uniquement. Il devra y mettre son intelligence et son désir de paix et entamer un véritable dialogue sous l'égide de l'ONU.   

Je souhaite partager ci-dessous un texte qui est un appel de la société civile de Gaza porté par 91 personnalités publiques.  Il a été traduit en français à Genève par des militant-e-s de BDS (Boycott Désinvestissement Sanction contre Israël jusqu’à la fin de l’apartheid et de l’occupation en Palestine).  


Dimanche matin, au prétexte de roquettes envoyées en direction de son territoire, Israël annonce la reprise des frappes sur Gaza.  

Pas de cessez-le-feu sans justice pour Gaza

Déclaration de 91 personnalités publiques de la société civile de Gaza (publiée dans The Electronic Intifada, Bande de Gaza, 22 juillet 2014).

En nos qualités d’universitaires, de personnalités publiques et de militants, témoins du génocide planifié de 1,8 million de Palestiniens vivant dans la Bande de Gaza, nous appelons à un cessez-le-feu avec Israël uniquement s'il est lié à la fin du Blocus et au rétablissement des libertés fondamentales interdites à notre peuple depuis plus de sept ans.

Nos préoccupations principales ne sont pas seulement la santé et la sécurité des personnes au sein de nos communautés, mais aussi leur qualité de vie - leur capacité à vivre sans craindre d’être emprisonné sans procès équitable, à soutenir leurs familles par un emploi salarié, à circuler librement pour rendre visite à leurs familles et poursuivre leurs études.

Il s’agit d’aspirations humaines fondamentales sévèrement limitées pour le peuple palestinien depuis plus de 47 ans, mais dont sont particulièrement privés depuis 2007, les habitants de la Bande de Gaza. Nous avons été poussés au-delà des limites de ce qu'une personne normale peut endurer.

Une vie de mort vivants

Les accusations portées dans les médias et par des politiciens de tous bords à l’encontre du Hamas, d'avoir ordonné aux habitants de Gaza de s’opposer aux ordres d'évacuation, pour ensuite les utiliser comme boucliers humains, sont fausses. Avec des abris temporaires remplis et des bombardements israéliens aveugles, il n'y a littéralement aucun endroit sûr à Gaza.

Le Hamas a reflété le sentiment de la grande majorité des résidents en rejetant le cessez-le-feu unilatéral proposé par l'Egypte et Israël sans que personne n'ait été consulté à Gaza. Nous partageons le sentiment largement répandu dans l'opinion publique qu'il est inacceptable de revenir simplement au statu quo – où Israël entrave strictement l’entrée et la sortie de la Bande de Gaza, contrôle l’entrée des approvisionnements (notamment en prohibant la plupart des matériaux de construction), et interdit pratiquement toutes les exportations, paralysant ainsi l'économie et provoquant l'un des taux de pauvreté et de chômage les plus élevés du monde arabe.

S’y plier signifierait un retour à une vie de morts vivants.

Malheureusement, l'expérience a montré qu’à plusieurs reprises le gouvernement israélien est revenu sur ses promesses de négociations et ses engagements de réforme.

De même, la communauté internationale n’a fait preuve d’aucune volonté politique pour faire appliquer ces engagements. En conséquence, nous appellerons à un cessez-le-feu uniquement quand les conditions négociées auront abouti aux résultats suivants :

- Liberté pour les Palestiniens d'entrer et de sortir de la Bande de Gaza

- Importation et exportation illimitée de fournitures et de marchandises, y compris par voies terrestre, maritime et aérienne

- Utilisation sans restriction du port de Gaza ;

- Suivi et application de ces accords par un organisme désigné par l'Organisation des Nations Unies, accompagné des mesures de sécurité appropriées.

Chacune de ces attentes est garantie dans la plupart des pays. Il est temps qu'on respecte les droits humains des Palestiniens de Gaza.

Signatures :

·    Akram Habeeb, Assistant Professor of American Literature, Islamic University of Gaza (IUG)


·    Mona El-Farra, Vice President and Health Chair of the Palestinian Red Crescent Society


·      Ramy Abdu PhD, Chairman of the Euro-mid Observer


·      Abdullah Alsaafin, Palestinian Writer/journalist


·      Ali Alnazli, Businessman


·      Adel Awadallah, Head of the Scientific Research Council


·      Hanine Hassan, Graduate Research Assistant


·      Sheren Awad, Journalist


·      Yahia Al-Sarraj, Associate Professor of Transportation, IUG


·      Tawfik Abu Shomar, Writer and political analyst


·      Hasan Owda, Businessman


·      Ibrahim AlYazji, Businessman


·      Walid Al Husari, Chair, Gaza Chamber of Commerce


·      Nael Almasri, Dentist


·      Wael El-Mabhouh, Political researcher


·      Rami Jundi, Political researcher


·      Ashraf Mashharawi, Filmmaker


·      Mohammad Alsawaf, Journalist


·      Hasan Abdo, Writer and political analyst


·      Kamal El Shaer, Political researcher


·      Omar Ferwana, Dean of Medicine Faculty, IUG


·      Iyad I. Al-Qarra, Journalist, Palestine newspaper


·      Musheir El-Farra, Palestinian activist and author


·      Khalil Namrouti, Associate Professor in Economics, IUG


·      Moein Rajab, Professor in Economics, Al-Azhar University - Gaza


·      Basil Nasser, Planning advisor


·      Hani Albasoos, Associate Professor in Political Science, IUG


·      Arafat Hilles, Assistant Professor, Al-Quds Open University


·      Imad Falouji, Head of Adam Center for Dialogue of Civilizations


·      Moin Naim, Writer and political analyst


·      Yousri Alghoul, Author


·      Mohammad Jayyab, Editor of Gaza Journal of Economics


·      Mousa Lubbad, Lecturer in Finance, Al-Aqsa University


·      Iskandar Nashwan, Assistant Professor in Accounting, Al-Aqsa University


·      Shadi AlBarqouni, Graduate Research Assistant


·      Adnan Abu Amer, Head of Political Department, Al-Umma University


·      Wael Al Sarraj, Assistant Professor in Computer Science, IUG


·      Said Namrouti, Lecturer in Human Resource Management, IUG


·      Khaled Al-Hallaq, Assistant Professor in Civil Engineering, IUG


·      Asad Asad, Vice Chancellor for Administrative Affairs, IUG


·      Hazem Alhusari, Lecturer in Finance, Al-Aqsa University


·      Shadi AlBarqouni, Graduate Research Assistant


·      Deya’a Kahlout, Journalist, Al-Araby newspaper


·      Raed Salha, Assistant Professor in Geography, IUG


·      Sameeh Alhadad, Businessman


·      Tarek M. Eslim, CEO, Altariq Systems and Projects


·      Sami Almalfouh PhD, Senior engineer


·      Fayed Abushammalah, Journalist


·      Fadel Naeim, Chairman of Palestine Physicians Syndicate


·      Zeyad Al-Sahhar, Associate Professor in Physics , Al-Aqsa University


·      Iyad Abu Hjayer, Director, Palestinian Center for Democracy and Conflict Resolution


·      Wael Al-Daya, Associate Professor in Finance, IUG


·      Younis Eljarou, Head of the Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Donia ElAmal Ismail, Head of the Creative Women Association


·      Zeinab Alghonemi, Head of Women for Legal Consulting Association


·      Amjad AlShawa, Palestinian Nongovernmental Organizations Network (PNGO)


·      Mohsen Abo Ramadan, Head of Palestinian Nongovernmental Organziations Network (PNGO)


·      Abed Alhameed Mortaja, Assistant Professor of Linguistics, IUG


·      Talal Abo Shawesh , Head of Afaq Jadeeda Association


·      Zohair Barzaq, Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Marwan Alsabh, Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Ghassan Matar, Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Rania Lozon, Writer


·      Ashraf Saqer, IT Specialist


·      Samir AlMishal, Mishal Cultural Centre


·      Jamila Sarhan, Independant Commission for Human Rights


·      Jalal Arafat, Union of Agricultrual Work Committees


·      Khalil Abu Shammala, Aldameer Association for Human Rights


·      Jamila Dalloul, Association Head of Jothor ElZaiton


·      Maha Abo Zour, Psychologist


·      Psychologist Ferdous Alkatari


·      Yousef Awadallah, Health Work Committee


·      Yousef Alswaiti, Al-Awda Hospital Director


·      Taysir Alsoltan, Head of Health Work Committees


·      Taghreed Jomaa, Union of Palestinian Women’s Committees


·      Imad Ifranji, Journalist, Alquds TV


·      Jehal Alaklouk, Activist


·      Adel Alborbar, Boycott Committee


·      Hatem AbuShaban, Board of Trustees of Al-Azhar University -Gaza


·      Saleh Zaqout, Secretary of the Red Crescent Society for the Gaza Strip


·      Mohammed Alsaqqa, Lawyer


·      Nihad Alsheikh Khalil, Professor of Modern and Contemporary History, IUG


·      Mohsen Alafranji, Lecturer at Media Department, IUG


·      Nedal Farid, Dean of Business Faculty, Al-Aqsa University


·      Salem Helles, Dean of Commerce Faculty, IUG


·      Ahmad Ali PhD, Economic Analysis


·      Raed M. Zourob PhD, Head of the Department of Preventive Medicine, Ministry of Health


·      Mosheer Amer, Professor of Lingusitics, IUG


·      Moheeb Abu Alqumboz, Lecturer


·      Fatma Mukhalalati, Supreme Court judge

·      Fahmi Alnajjar, Supreme Court judge


10:45 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gaza, crimes de guerre, israël, trêve, guerre, cesser-le-feu | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/07/2014

Gaza : Plus de t(Rêve)

Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus de répit pas de replis plus de respect pas de médecins plus d'alerte pas de fin plus de sucre pas d'appuis pas de tunnels

Plus de pitié plus de possibles plus de classe plus de lait plus de pain plus de sel plus de calme plus de plage plus de confiance plus de crème pas de navires de sorties.

Plus d'amis plus d'alliés plus de souffle plus de farine plus de temps plus le choix plus de voix plus d'arrêt plus de flotte plus de frontière plus de passeport pas de pays de passage plus de trou plus de cave pas de maison


Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus de papa plus de fusil plus de livres plus d'argent plus de cartouches pas de jeux de vêtements pas de douche plus de bain plus de miel plus de miettes plus de vacances plus de soutiens pluie de pas pluie de plus pas de maman.

Plus de paix plus d'olives plus de poids pas de plumes plus de thym plus de juifs pas de cousins plus de ciel plus de bêtes plus de peur que du mal plus d'oiseaux plus de raison pas de salut

Plus de plumes plus de bombes pas de course pas d'arrêt


Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus d'avenir plus d'essence plus de camions plus de tunnels plus de pompiers pas le temps

Plus d'échelles plus de bétons plus de fer plus de barbies plus de coton plus de souffle barbelés barbelés barbelés plus de foot plus de stade plus de rêves plus de chaussures pas de maillots que des tanks

Plus de pansements plus de buts plus d'envie plus de pas plus de droits plus de voix plus de visites plus de lettres pas de tunnel plus d'enfants


Plus de (t)Rêve Pas de soldats

Plus de papier plus de sommeil plus de jus plus de structure plus de large plus d'état plus d'été pas de fin pas de chutes pas de jour pas de nuit

pas d'oubli

plus de sang

pas de fin

pas de justice

plus de (t)Rêve  


Rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien

Samedi 19 Juillet 14h place des nations, Genève.

  israel,gaza,bds

11:40 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, gaza, bds, manifestation | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/07/2014

10 arguments en faveur d'israël qui alimentent le conflit (6-10)

israel,palestine,bdsPour agir, comment se libérer des clichés qui assurent la perpétuation de l'état de violence? Les tenants de la politique du consentement gagnent du terrain. Selon eux, il faudrait prendre le temps de comprendre, se tenir à équidistance des deux côtés, ne pas boycotter, ne plus manifester. Mais "comprendre les deux côtés" revient malheureusement à pencher pour l'état de fait et assure la continuation des pratiques d'une  puissance occupante sur un peuple occupé.

Au final, renoncer à prendre position revient très vite à abdiquer : "après tout, cela ne nous regarde pas", ou basculer dans une indignation sans embrayage; fatigue de l'impuissance et soumission à la complexité de la situation. Surtout: ne froisser personne. Surtout, ne pas risquer l'impair. Cette posture, au final, revient à renoncer à son pouvoir d'action et d'engagement. Le conflit entre l'état d'israël et le peuple palestinien va se poursuivre. Pourtant, il n'est pas sans fin. C'est le bon moment pour se construire une conscience plutôt que d'utiliser des prêts-à-penser.

Ce n'est pas la menace militaire qui oriente les préparatifs israéliens, mais le coût ou le gain médiatique et politique d'une intervention armée et la capacité de l'état d'israël à légitimer son action.

L'intensité émotionnelle du meurtre des enfants sur la plage de Gaza retombera les prochains jours, jusqu'à la banalisation des bombardements et de l'invasion terrestre en préparation. Petit tour des représentations toutes faites qui aggravent le conflit en avançant 10 arguments erronés en faveur d'Israël (6-10).   


israel,palestine,bds6) Israël n'a pas d'interlocuteurs valables pour la paix

Faux. Israël a face à lui l'Autorité Palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, interlocuteur de bonne volonté désireux de mettre fin aux violences. La reconnaissance, par l'Autorité Palestinienne de l'état d'israël conduit de fait à la reconnaissance de la prise de 78% du territoire de la Palestine d'avant 1948. L'Autorité Palestinienne l'a fait, conscient que la possibilité d'une paix est à ce prix. Qu'ont-ils reçu en retour? Rien. Pourront-ils accepter que le reste soit grignoté, en souriant ? Non. Soit israël avance avec l'Autorité vers une solution négociée du conflit, soit il choisit de privilégier la violence, option qu'il a malheureusement empoignée à Gaza, provoquant l'embarras des états européens contraint d'appeler à la retenue, incapables d'encourager israël dans sa fuite en avant, impuissant à le freiner.

Israël, du fait de l'occupation, bafoue quotidiennement toute possibilité de trêve. Les roquettes du Hamas sont un prétexte commode au déclenchement d'une guerre dans une effrayante construction d'un dispositif en miroir. 


israel,palestine,bds7) La colonisation sert uniquement à mettre la pression sur les palestiniens

Faux. La colonisation n'est pas un moyen de "faire pression", c'est un moyen d'accomplir une domination dont l'objectif est plus que jamais celui que portait Sharon (2001) de "finir la guerre d'indépendance de 1948", c'est-à-dire: l'expulsion d'un maximum de Palestiniens hors de leurs frontières.

Sitôt qu'israël accèdera à la reconnaissance de l'état Palestinien, au droit au retour des déplacés de 1948 et renégociera le tracé du mur de séparation, dans un processus, un calendrier, et des objectifs négociés avec l'Autorité Palestinienne, la paix deviendra une possibilité durable et non une accalmie de courte durée entre deux guerres placé sous le signe de l'oppression.

Israël peut entrer en dialogue, puis traduire dans des actes cette volonté, ou creuser sa monomanie anti-Hamas qui lui permet avant toute chose de ne pas bouger d'un pouce de ses positions conquérantes de colon victimaire, au risque de s'y enfermer dramatiquement.

Les retombées 

Ce choix politique d'expansion israélienne fait grandir la crainte d'israël dans toutes les rues du monde, par la monumentale injustice d'asservissement d'un peuple qu'elle abrite. Elle est une menace directe pour tout vivre ensemble par l'idéologie qu'elle revendique. Mais quelle folie furieuse est en train d'emporter israël pour qu'aux yeux de certains, Netanyahu apparaisse maintenant comme un "modéré" ?!

L'Europe entière pâtit de cette politique va-t-en guerre israélienne. A qui reviendra la  gestion des tensions soulevées par ce conflit en Europe? La Suisse peut-elle, l'air de rien, se faire plaisir en achetant le matériel de guerre israélien (400 millions pour des drones) voulu par Ueli Maurer? Le boycott, le désinvestissement et les sanctions envers israël jusqu'à la fin de l'apartheid et de l'occupation en Palestine demeurent une mesure douce pour préserver une position de la Suisse en accord avec les quatrièmes conventions de Genève, afin qu'elle ne soit pas assimilée à un soutien à israël, coupable de crime de guerre en 2009-2010 à Gaza (opération plomb durci) et récidivant actuellement à Gaza.           

La colonisation israélienne ne met pas la pression sur les palestiniens, elle les domine. C'est sur les démocraties européennes qu'elle s'exerce. Comment y répondent-elles?

israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.8) Israël agit avec bonté envers les blessés palestiniens

Faux. Si, un certain nombre de blessés et de malades palestiniens passent le mur pour se faire soigner, c'est seulement au prix de nombreuses tracasseries; le poids de l'administration conduit à des démarches kafkaïennes. Le mur a isolé des dispensaires. Il oblige les malades à des heures de route et de détours avant de se faire éventuellement soigner. Les rendez-vous sont repoussés de plusieurs mois ou manqués à cause des difficultés ou l'impossibilité d'obtenir des permis de passage. Telle femme atteinte d'un cancer a vu ses autorisations annulées deux fois; telle autre est décédée avant la date de son rendez-vous, repoussé à plusieurs reprises. Les checkpoints ferment à tout moment. Une infime minorité de la population de la Palestine occupée a accès aux soins en israël et surtout, est capable de les payer. Les conditions d'obtention des permis sont drastiques. La colonisation  est responsable, entre autre, de pénurie alimentaire, de hauts taux de mortalité infantile, de non-accès à l'éducation, etc., (Rapport de l'OMS à la soixante cinquième assemblée mondiale de la santé, 2012).

La situation à Gaza, du fait du blocus, et maintenant des frappes israéliennes est hors normes.  

israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.9) Les arabes sont des citoyen-ne-s comme les autres en Israël

Faux. S'il y a des députés arabes israéliens, ils demeurent une minorité et des citoyens de seconde zone. Il n'y a pas une véritable égalité de droits et de devoirs entre arabes et juifs dans l'état d'Israël. Lire pour cela l'article du Monde de Robert Blecher décrivant une "citoyenneté en conflit" (www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/31/les-arabes-d-israel-une-citoyennete-en-conflit_1740023_3232.html). La situation pour les arabes israéliens n'a cessé de se dégrader depuis l'an 2000, la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées, l'assassinat de sept palestiniens dans les manifestations qui ont suivi et le déclenchement de la deuxième intifada.

Quelques arabes israéliens obtiennent encore des positions en vue en israël. Sont-ils alors les représentants des minorités (in)visibles ou une caution déformée de la "démocratie" israélienne? 

Il y a malgré tout encore des raisons d'espérer quand des israéliens, qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, se mobilisent pour la paix et manifestent pour arrêter les bombardements à Gaza; quand des associations comme B'tselem, La paix maintenant, JAG (Jews against Genocide) ou Breaking the silence, défendent le droit, la justice, et une paix négociée.

Les arabes ne sont pas des citoyens comme les autres en Israël. Il reste toutefois encore des citoyen-ne-s israélien-ne-s pour dénoncer cet état de fait.


israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.10) Il faut être arabe ou juif pour parler de ce conflit religieux

Faux. Ce conflit n'est pas un conflit religieux, mais un conflit politique avec pour enjeu le contrôle d'un territoire disputé. Les arguments qui renvoient dos à dos Hamas et juifs extrémistes, faisant des identités religieuses un problème essentiel escamotent les enjeux socio-économiques. Je ne suis pour ma part pas juif, pas arabe. J'ai étudié à l'université de Genève, appris l'hébreu pour traduire des passages de la Torah, suivi avec passion les enseignements du rabbin Guedj dans le cadre de la fondation Racines et Sources. Et puis ? Des rencontres et choix politiques m'ont conduit à construire une opinion sur la situation de la colonisation israélienne, à développer une position critique envers celle-ci.

Pas besoin d'être arabe ou juif pour comprendre ce conflit et s'y engager, ni d'avoir vécu 20 ans au Moyen-Orient. L'appareil de propagande logé dans le langage rend difficile de s'en détacher. Ce qui importe c'est faire sauter,  avec une grille de lecture politique, les rouages de la colonisation qui emprisonne les palestiniens et malgré tout un appareil dissymétrique, un certain nombre d'israéliens aussi. 

L'enjeu est de mettre fin à une opération de colonisation de la terre et des esprits qui réclame notre complicité, notre collaboration passive, et notre silence pour se poursuivre.

Devant nous : une colonisation effrénée qui mène, au nom du droit à se défendre d'israël, et à une martyriologie perverse, une guerre d'expansion, aux négations des droits de l'autre. Nous (êtres humains dotés d'empathie) devons choisir si nous souhaitons en être les témoins, les complices ou les opposants.     

 

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

Ces photos illustrent l'action symbolique des JAG (Jews against genocide) qui se sont rendus à Yad Vashem, mémorial Israélien du génocide commis contre les juifs à Jérusalem, devant la Knesset, parlement israélien, et devant la base militaire d'Hakirya à Tel Aviv afin d'y honorer les enfants palestiniens morts sous les bombardements. Anat Cohen, membre du JAG a affirmé que c'étaient les premières manifestations d'une série qui allait se poursuivre tant qu'Israël continuera d'assassiner les enfants palestiniens. Les gardiens de Yad Vashem ont tenté d'interrompre la cérémonie, confisqué les extincteurs des JAG et appelé la police israélienne qui a arrêté les manifestants. "De la même manière que nous honorons les gens qui ont été tué il y a 70 ans en Europe parce qu'ils étaient juifs, nous sommes ici pour honorer les gens qui sont assassinés en ce moment même parce qu'ils sont les autochtones de cette terre et qu'ils ne sont pas juifs" ont communiqué les JAG.

Ces actions extrêmement fortes illustrent la diversité des avis en Israël, et la capacité des citoyen-ne-s, artistes, et militant-e-s, à contester l'action de leur gouvernement. 





 

09:11 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, palestine, bds, netanyahu, hamas. | |  Facebook |  Imprimer | | |

15/07/2014

10 arguments en faveur d'Israël qui alimentent le conflit (1-5)

israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.Pourquoi la colonisation israélienne nous concerne-t-elle directement? Pourquoi est-il impossible d'esquiver ce conflit en le mettant sur le même pied que ce qui se passe au Tibet ou en Ukraine par exemple ? Pourquoi ne pas s'y impliquer revient à terme à fragiliser notre sécurité et renforce la responsabilité de l'Occident dans les violences qui s'y déroulent? Pour agir, comment se libérer des clichés qui assurent la perpétuation de l'état de violence. Petit tour des représentations toutes faites qui aggravent le conflit en avançant 10 arguments fallacieux en faveur d'Israël (1-5).      

1) Le mur de séparation assure la sécurité d'Israël  

Faux. Il y a un paradoxe dans l'argumentation de ceux qui défendent la présence du mur. Ils affirment que le mur protège Israël des terroristes du Hamas. Pourtant, de nombreux travailleurs passent le mur pour travailler en Israël. Le mur n'est pas une garantie sécuritaire, il est non-étanche. De nombreux points de passages laissent entrer des clandestins. Le mur, comme le rappelle René Bachmann (Le Mur, éditions du Seuil) est avant tout un outil visant à découper des terres et à poser de nouvelles frontières au profit de l'état d'Israël, enserrant et protégeant ses colonies. Maale Adumim "perle brillante de l'état d'Israël" selon ses élus municipaux, en est l'une d'elle, construite illégalement, coupant la Cisjordanie en deux. Le mur est un outil de domination économique et géopolitique, pas une garantie de sécurité. Il demeure une des sources du problème, pas une possibilité de sa résolution. Ce n'est pas le mur qui a empêché les attentats terroristes, mais la trêve négociée entre le Hamas et Israël, et le choix politique de l'Autorité Palestinienne de renoncer à la violence. La diplomatie affirmera Israël, pas les murs ni les bombes, ni ses interventions armées qui donnent bien de nouvelles forces à ses détracteurs et attise  la haine. Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit et le mur est une construction militaire. 


israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.2) Israël donne du travail aux palestiniens

Faux. Israël le fait payer plutôt, et cher. La colonisation produit de la main d'oeuvre bon marché, un lumpenproletariat corvéable à merci. Israël est une économie florissante sous perfusion américaine. Une colonisation ne peut se justifier parce que des colons emploient des colonisés à des salaires horaires misérables. Les français en Afrique employaient des natifs, cela donne-t-il une légitimité à la colonisation? Certainement non. Israël ne donne pas du travail, il développe une économie basée sur l'exploitation. Personne ne s'attend toutefois à ce qu'Israël soit plus vertueux que d'autres pays. Ce n'est pas de la vertu qui est attendue, mais le respect du droit. Si Israël se réclame de la démocratie et veut en honorer les engagements, elle ne peut se satisfaire d'être comparée à l'Egypte des maréchaux ou aux criminels islamistes qui égorgent et tuent en Syrie et en Irak. Comparer Israël à la lie pour lui donner un semblant de légitimité et la placer au-dessus des pires dictatures est humiliant pour elle. Si Israël se revendique de l'Europe, veut pousser la chansonnette à l'Eurovision, continuer d'envoyer ses équipes de football jouer dans les championnats européens, elle doit jouer à ce niveau là, pas se reléguer au niveau des états atomisés aux pratiques criminelles comme l'Irak ou la Syrie avec l'argument fallacieux d'être la "seule démocratie" du Moyen-Orient tout en commettant à Gaza des crimes contre l'humanité.     

israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.3) Le Hamas veut avant tout la destruction d'Israël

Faux. Le Hamas est à l'origine un mouvement communautaire et social. Il s'est radicalisé lors de la première intifada (1987) et a, à de nombreuses reprises, signé et accompli des trêves avec Israël. Il a proposé, en 1993, à Israël, la paix en échange de son retrait des territoires occupés. Les cycles de violence du Hamas avec Israël montrent un rapport de force, et un dialogue constant entre les deux entités. Il est impossible au Hamas de créer une véritable économie et donner du travail à  sa population actuellement en raison du blocus israélien (2005) enserrant Gaza; impossible à quiconque de développer une économie viable à Gaza autre que de survie. Le Hamas est une jauge de sécurité pour Israël. Si le Fatah prend de l'ampleur, Israël renforce le Hamas. Si le Hamas gronde, Israël desserre l'étreinte au Fatah. Si les deux s'unissent (2 juin 2014) Israël lance une attaque qui les fragilise tous deux. Le Hamas est une monomanie, une obsession israélienne, son repoussoir favori. En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réitère la proposition de trêve de durée indéterminée et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien. Israël refuse. Il est aujourd'hui pervers de nier le droit à un peuple de s'autodéterminer en prenant en exemple sa composante la plus extrémiste pour la frapper tout en faisant parallèlement le nécessaire pour la renforcer quand elle peut être utile politiquement. L'Autorité Palestinienne ne partage pas l'idéologie et la stratégie du Hamas. Pourquoi Israël n'intensifie-t-il pas ses échanges avec elle? 


israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.4) Le droit au retour est un luxe dont finiront par se passer les Palestiniens

Faux. Tant qu'Israël n'accédera pas à cette exigence, le conflit perdurera. Il ne s'agit encore pas là de la vertu ou non d'Israël de s'y plier, mais du respect du droit international et d'honorer les quatrièmes conventions de Genève. Une fois les combats terminés, les civils doivent pouvoir retourner chez eux, dans leurs propres maison. Depuis bientôt quatre générations (1948), ce droit est bafoué par Israël. Il n'y a, là encore, aucun sens d'invoquer les autres états arabes et de pousser vers eux la question Palestinienne. On entend dire: "que les autres états arabes les accueillent". Mais non. Qu'ils choisissent ou non d'accueillir les palestiniens est non-signifiant. Les habitants de Jaffa sont originaires de Jaffa, pas Bagdad, c'est insensé de vouloir les envoyer au loin. Ils doivent pouvoir retourner chez eux, même si leur ville s'appelle Tel-Aviv aujourd'hui. Pourquoi l'Etat d'Israël bloque-t-il ce retour? Parce que ce serait la fin de l'état hébreu disent certains. Quel paradoxe. Si c'est le cas, comment prétendre démocratique un état qui se définirait par essence hébreu et donc par définition à dominance juive? Quelle est la nature de la démocratie de l'état d'Israël si une partie de sa population originaire ne peut y vivre, et celle qui y réside actuellement a pour vocation d'y demeurer minorisée ?      

5) Les épisodes de violence sont initiés par les arabes

Faux. La colonisation est un acte de violence, elle est à la racine, au coeur des autres violences qui en découlent. Invoquer le Hamas à tour de bras ne fait que le renforcer et lui donner plus de puissance. Pourquoi Israël ne s'appuie-t-il pas sur l'Autorité Palestinienne, ne renforce-t-il pas la position de Mahmoud Abbas, modéré, pragmatique, ayant reconnu l'état et l'existence d'Israël? Dès 1987 le Hamas a été toléré, accepté, voir soutenu par Israël pour contenir le Fatah selon le principe de "diviser pour régner". Israël, par les excès d'une politique de colonisation effrénée, a tout fait pour fragiliser Mahmoud Abbas qui a été présenté comme "trop tendre". La cote de popularité du Hamas est montée. Certains palestiniens ont cru qu'il pouvait être une alternative au Fatah. La colonisation divise. Choisir d'enfermer un peuple, à Gaza comme en Cisjordanie est une violence continue et quotidienne qui n'a pas besoin de coups de feu pour être dénoncée et sanctionnée. 


Les arguments 6 à 10 en faveur d'Israël qui alimentent le conflit seront publiés ultérieurement.  

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

 

09:29 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, gaza, bds, bombardement, suisse, neutralité. | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/07/2014

Boycotter Israël ou continuer à compter les morts?

israel,palestine,droit,bds.Est-ce que le fait d'appeler au boycott d'Israël est une manière de punir les israéliens, les innocents tout autant que les coupables? Est-ce une mesure discriminatoire, injuste? 

Tout d'abord, rappeler ici que le boycott n’est pas une punition, ni contre des Israéliens innocents (qu’ils soient producteurs, paysans, ou ouvriers), ni contre des israéliens coupables. Le boycott n’est ni un principe moral ou de jugement, c’est un engagement politique et éthique qui vise à faire pression sur une politique menée par un état qui s'est placé au-dessus du droit et prend à la légère les résolutions de la communauté internationale, tout en se rendant actuellement coupable aujourd'hui à Gaza de crime contre l'humanité.

Le succès du boycott mené en Afrique du Sud est un encouragement et un exemple historique de la capacité des peuples à être solidaires les uns envers les autres en faisant appel au pouvoir individuel de mobilisation et d'engagement. 

israel,palestine,droit,bds.Le boycott: un outil efficace

Le boycott vise à donner du pouvoir aux forces progressistes en Israël, afin qu’ils influencent les politiques menées dans leur pays. Le boycott vise à restaurer les droits des producteurs, paysans, ouvriers palestiniens exploité-e-s en Israël comme dans les territoires occupés.

Il vise à remettre au centre de la question les rapports de domination et d'exploitation actuels en Israël. Avoir un pacifisme plus engagé envers Israël afin de ne pas être complice de ses coups de sangs ou stratégie de contrôle ; être plus critique et exigeant afin de se comporter en possible partenaire d'Israël. Si, par peur de "punir le faible israélien pour la faute de son gouvernement", on se tait, les manoeuvres des puissants sont facilitées et, en dernier recours, le malheur du plus grand nombre. Non, ce n'est pas se comporter en possible partenaire d'Israël que de soutenir les politiques du Likoud et des faucons d'extrême droite, des ultras religieux. Acheter des drones israéliens pour 400 millions, les mêmes qui vrombissent sur Gaza comme le propose le conseiller fédéral Uelie Maurer (UDC) c'est inconscient et dangereux pour la Suisse, sa "neutralité" qui fait sa fierté.

Non, ce n'est pas se comporter en possible partenaire d'Israël que de censurer les critiques, enterrer les questions... ou consommer des produits provenant de territoires illégalement occupés et confectionnés avec une main d'oeuvre exploitée.

israel,palestine,droit,bds.Que dit le droit?

Compter les morts d'une côté, les rendre équivalents aux roquettes de l'autre, pour légitimer ses frappes? Cette comptabilité est morbide. Il faut revenir au droit pour se faire une idée de la singularité de la situation en Israël. Or, que dit le droit ? La résolution 194 du 11 décembre 1948 affirme le droit des réfugiés palestiniens qui le désirent de rentrer dans leurs foyers ou de bénéficier d'indemnités. La résolution 242 du 22 novembre 1967 demande l'évacuation de territoires occupés. La résolution 338 demande l'application de la résolution 242 dans toutes ses parties. La construction du mur de séparation est illégal, l'Assemblée générale des Nations unies l'a affirmé le 21 octobre 2003. Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice affirme que : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international » Ces résolutions sont toujours restées lettres mortes, bafouées. Depuis 1948 ce sont des centaines de résolution de l'ONU qui ont été foulé aux pieds.

En 2005 les représentant-e-s de la société civile palestinienne (plus de 150 associations) ont lancé un appel international au boycott, aux sanctions et aux retraits des investissements en Israël, à l'exemple de la lutte menée contre l'Apartheid en Afrique-du-sud. Cet appel a été renouvelé avec force depuis Gaza assiégé le 09 juillet (http://carol.blog.tdg.ch/archive/2014/07/10/les-conventions-de-geneve-ont-elles-un-sens-bis-257764.html)

 

israel,palestine,droit,bds.Les syndicats soutiennent le boycott
Le réseau européen des syndicats alternatifs de base a entendu l'appel au boycott en mars 2014 : La Confederacion General del trabajo, l'Intersindical Alternativa de Catalunya (Espagne), l’Union Sindicale Italiana, la Fédération Sud Vaud (Suisse), la Confédération National du Travail (France), des syndicats français, belges, espagnols, grecs, polonais, de l'Europe entière, soutiennent le boycott.

Le site BDS Suisse www.bds-info.ch permet de se faire une idée de l'ampleur du mouvement et de son efficacité. 

Objectifs du boycott

Le boycott se justifie en ce qu'il est un des moyens de lutte pour atteindre des objectifs circonscrits dans le temps:

1) Mettre fin à la Colonisation

2) Démanteler le Mur

3) Reconnaître les droits des travailleurs arabos palestiniens

4) Respecter protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés.

israel,palestine,droit,bds.Tant que ces objectifs ne seront pas atteints, le cycle des violences se poursuivra inexorablement. Est-il possible de rester les bras croisés, voire de contribuer à la poursuite de l'exploitation en consommant des produits israéliens, économie florissante basée sur l'exploitation territoriales et des forces de travail palestiniennes?

Il est intellectuellement fallacieux et suffisant de se contenter de la rhétorique israélienne de diabolisation du Hamas pour éviter d'avancer sur ces 4 points. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre Israël, mais de donner une possibilité à une paix juste de croître. Sans ce mouvement, le comptage des morts d'un côté et des roquettes de l'autre se poursuivra, et le désintérêt international pour une question "compliquée" la rendra toujours plus inextricable.

Le boycott est la première mesure ferme, juste, mais symbolique aussi, qui permette de canaliser la rage, la haine pour certains, que l'intervention israélienne génère au-delà de tout contrôle et territoire.


Le boycott est un moyen d'être actif. C'est aussi une ligne de front. Il est désormais à la portée de chacun-e- de s'engager, ou de continuer à compter les morts.


Vendredi 11 juillet 16h Place des Nations Genève, Manifestation pour dénoncer les frappes de l'état d'Israël sur Gaza, qualifiées de crime de guerre et de crime contre l'humanité.


Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

Photos prises le 09/07 à Tel Aviv lors d'une manifestation s'opposant à l'attaque contre la bande de Gaza.

Illustrations: "L'occupation nous tue tous"/ "Les femmes juives et palestiniennes ne veulent pas la guerre" / Gauche: "Les politiciens exploitent l'enlèvement des enfants" Droite : "Libérez la Palestine" / "Nous ne voulons pas la guerre" /


07:31 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, palestine, droit, bds. | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/07/2014

Boycotter Israël

10533551_564295353690163_1717698667271781513_n.jpgUne personne, de passage en Israël, avec une volonté de "bien faire" et un humanisme sincère, m’a écrit pour critiquer mon dernier billet «  Israël : visage d’Apartheid », me demandant pourquoi je l’avais publié et me racontant ses deux semaines en Israël avec un passage à Naplouse, l’achat touchant de 50 grammes de safran, l’odeur de la chica et de thé, la contemplation des récits de martyrs sur les murs. Mon billet,  à ses yeux, ne contribuait qu'au flou des faits et des acteurs, par la démonisation d'Israël. J’allais trop loin. Elle me proposait de venir voir sur place et faire un article moins fade. J’essaie donc ici de m'exprimer plus clairement que dans mon premier billet.  

Le mur n’est pas une frontière poreuse

Dans son récit de voyage, elle voulait "rendre la frontière poreuse". Louable vertu des échanges : elle a ainsi pu rencontrer le maire d’une ville palestinienne puis manger avec un ambassadeur américain. Mais cette façon de traverser les conflits en croyant que ses privilèges sont une norme, est fallacieuse. Si elle passe bien, c’est avant tout parce qu’européenne, avec un bon profil. Elle ne dérange rien. Pendant ce temps, les Palestiniens, eux, s'agglutinent aux grilles. Allez leur parler de porosité. Allez voir au checkpoint de Kalandia, aux villages de Kalkilya, à Bil'in à Nil'in, coupés par le mur, aux checkpoints de Bethléem à 6h du matin, ce qu’il en est; et déguster le  "petit déjeuner Israélien" aux gaz lacrymogènes, voir les vieux, malades, sécher sur pieds et les femmes enceintes descendre des ambulances parce qu'elles n'ont pas les documents nécessaires pour passer le contrôle. Le mur n’est pas la même frontière pour tous. Il ne garantit pourtant même pas la sécurité d’Israël (cf. René Backmann : un mur en Palestine, Seuil). De nombreux points laissent passer les travailleurs illégaux nécessaires à l’économie israélienne. Le mur est avant tout un outil de domination sociale et de contrainte; un barrage à la paix et un outil nécessaire à la guerre pour Israël, afin d'engranger des terres.  

10462661_564296097023422_6668086022860635688_n.jpgNous n’en sommes pas encore à la loi du talion

Il n’y a pas d'égalité dans ce conflit, mais un rapport totalement dissymétrique. Nous n’en sommes pas encore à la loi du talion: oeil pour oeil dent pour dent est un rapport lointain. Aujourd’hui, c’est encore : pour une dent de lait : dix de tes yeux et ceux de tes enfants avec. Appliquer une loi, fût-ce celle du talion serait déjà un semblant d'équilibre. Tant que, dans les discours, cette exigence d’égalité ne sera pas atteinte, posée comme préalable ; tant que l’on ne partira pas de là, la situation ne pourra changer.

Equilibrer les rapports de force

Les prémisses égalitaires légitiment la domination d’Israël. Les discours déresponsabilisant Israël comme entité politique, reviennent à lui signer un blanc-seing et l'autorisent de facto à faire comme si la violence tombait du ciel, ou plus facilement: arrivait d'en face. Les logiques victimaire ou de légitimisation de la position de martyre d'Israël survivant "seule contre tous" dans un environnement hostile lui permettent de poursuivre sa stratégie de consolidation de sa domination. Les "frères ennemis" ne sont pas dos à dos, c'est faux. Il y en a un qui est assis sur l'autre et l'écrase. Et quand celui qui est frappé se défend, il est très durement puni, et collectivement, pour l'exemple. Et même quand celui qui est frappé ne frappe pas, il est puni, préventivement. Ainsi, la domination continue.

Celui qui dénonce cet état de fait est rapidement accusé. Au mieux de manichéisme, au pire d'antisémitisme. Pas touche à l'état de domination, garantie de sa perpétuation. Il y a certes de nombreuses ONG et des militant-e-s qui oeuvrent pour la justice en Israël (Breaking the Silence, B'Tselem, La paix maintenant, etc., ), je les soutiens. Ils  font un travail incroyable. Et certaines d'entre elles soutiennent le boycott d'Israël.

 

10456829_564295950356770_5967734490309057967_n.jpgLe deux poids deux mesures et les fallacieuses demandes d’équivalences

Pourquoi, alors que le Hamas a été élu démocratiquement (2006), le blocus de Gaza a-t-il été déclenché, le Hamas diabolisé, et la bande de Gaza régulièrement dronée et bombardée (2008-2009 : Opération plomb durci : 1315 Palestiniens tués dans l'offensive israélienne, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, 5285 autres blessés), dans un déni de démocratie?

Depuis le début de la deuxième intifada le 29 septembre 2000 jusqu'au 30 novembre 2008, B'Tselem a dénombré, pour la Bande de Gaza, 2994 Palestiniens tués par les Israéliens, 459 Palestiniens tués par d'autres Palestiniens, et 136 Israéliens tués par les Palestiniens. Alors qu’une troisième intifada et peut-être une intervention israélienne à Gaza est envisagée en Israël, combien de milliers de morts palestiniens à venir encore ? Et pourquoi donc, selon les belles logiques d'équivalences, si le Hamas est sur la liste des organisations terroristes de certains pays occidentaux, Israël ne le serait-elle pas? Parce qu'Israël n'est pas une entité terroriste? Certes. Comment expliquer alors les milliers de morts palestiniens? Et comment nommer la violence qui s'exerce sur eux?

Nier la domination, c'est l'alimenter

On assiste à la claire domination d'un Etat sur un peuple. Des majorités politiques de droite dure et d'extrême droite sont élues en Israël sur une conception d'un Etat religieux ultra militarisé et ethnicisé. Fragmenter les groupes, diluer les responsabilités, individualiser ou psychologiser le conflit: et vas-y que c'est "très compliqué" afin de rendre la situation effectivement illisible, finit par la rendre inextricable. La domination est un fait. La nier, c'est la cautionner, donc la nourrir. Quant à la dénoncer, ce n'est pas démoniser Israël, mais encore soutenir les forces démocratiques dans ce pays.

10351837_564295357023496_2634227026970794277_n.jpgLes modérés n’ont rien obtenu

La rhétorique de soutien aux modérés est dysfonctionnelle. Qu’est-ce que les modérés ont obtenu ? Plus modéré que Mahmoud Abbas, c'est introuvable, et qu’est-ce que Mahmoud Abbas a obtenu ? Des promesses, et Ramallah Dream (cf.Benjamin Barthe). Est-ce que le mur a disparu, est-ce que la colonisation a cessé depuis que le Fatah a déposé les armes et que Abbas a pleinement collaboré avec Israël? Non. Pourquoi? Parce qu'Israël a toujours soutenu à bloc l'extension et le développement des colonies, faisant le choix de la politique de l'étouffement et de la parcellisation de la Palestine. Les modérés existent, mais Israël n'a pas accédé à une seule de leur demande. Pas une. Et la colonisation de se poursuivre à grande échelle.

474466_430380493651347_481954151_o.jpgAgir

Pour conclure, l'Europe doit au plus vite se débarrasser d'un vieux complexe "neutrophile" et engager pleinement ses diplomaties pour freiner Israël. Si elle ne le fait pas, ce sont aux peuples solidaires d'opérer le boycott. Si les peuples ne le font pas, à chacun-e de commencer, immédiatement. Le boycott, est une arme de paix efficace. Il a obtenu de nombreux résultats tangibles (Cf. Sodastream). Israël le définit désormais comme "une menace stratégique".

Suivi largement, le boycott permet d'espérer changer les équilibres internes en Israël ; à tout du moins de retenir les gouvernants de ce pays d'agir comme bon leur semble en toute impunité et violations des droits de l'Homme.

Le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’apartheid et de l’occupation de la Palestine) est une des dernières options crédibles pour la paix. C'est à ce jour la seule dont nous disposons dans nos supermarchés comme au moment d'acheter nos billets d'avion pour les vacances.

Boycotter l'achat de drones israéliens par  la Suisse

Tout d'abord, Ici, maintenant, faire pression sur le Conseil Fédéral pour qu’il renonce à l’achat de drones israéliens pour 300 à 400 millions -les mêmes qui aident à pointer des cibles sur Gaza actuellement-, mais aussi à l’achat de tout matériel militaire provenant de pays violant le droit international et le droit international humanitaire; demander que le Conseil Fédéral suspende toute collaboration et/ ou achat militaire avec tous les pays du Moyen Orient tant que la situation actuelle en matière de droits humains prévaut.

Produits Israéliens ? Non merci ! Ni drones ni tomates ou basilic, jusqu'à ce qu'Israël respecte le droit international et reconnaisse le droit légitime des Palestiniens à une vie libre.

Ni drones ni tomates, mais la justice maintenant.


Merci de signer la pétition : Non à l'achat de drones israéliens.

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/non-%C3%A0-l-achat-de-drones-isra%C3%A9liens


Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

06:24 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, palestine, boycott, bds | |  Facebook |  Imprimer | | |

06/07/2014

Israël: visage d'Apartheid

10514581_564295400356825_8529882966906594120_n.jpgIsraël, ton visage d'Apartheid crève les yeux. J'aurai voulu pouvoir prendre un avion pour aller à Tel Aviv, retourner à Jérusalem, voir le tombeau du Christ au Saint-Sépulcre, le Mont des oliviers, et pourquoi pas flâner dans le souk cet été, manger des tomates grillées à l'ail, des aubergines grillées au marché, prendre encore un verre sur une terrasse ombragée de la vieille-ville.

Mais Israël, ton visage d'Apartheid rend impossible le tourisme, de faire comme si de rien n'était en achetant un guide bleu à la librairie de l'aéroport, avant d'aller se baigner au lac de Tibériade. Tu traites tes minorités moins bien que tes chiens; dans ton arrière cour: ratonnades, bastonnades et humiliations quotidiennes. Ta face d'Apartheid est une figure d'épouvante.    

10492247_564296060356759_5378004022016789853_n.jpgVertus curatives de la boue

Israël j'aurai aimé me baigner dans la mer sur salée, tes produits de soin y sont réputés. Ils sont exportés dans le monde entier. Hommes et femmes se mettent sur le visage une crème douce, se gomment des impuretés au sel de la mer morte.

J'aurais pu offrir à mes amis un onguent deadsea : www.premier-deadsea.com c'est de la bonne qualité, pas cher, et puis la boue noire de la mer morte est curative. Elle stimule la circulation sanguine des parties du corps atteintes de rhumatisme. Mais ton visage, Israël, porte désormais un autre reflet. Celui de l'enfant carbonisé avec de la fumée dans les poumons - il était vivant quand il a été consumé-. Grillé vif à 16 ans, parce qu'Arabe, innocent. 

Israël figure de la peur

Ta circulation sanguine Israël transporte de gros caillots pour partie déjà acheminés à la tête : extrémisme religieux et radicalisme colonial, allié à un capitalisme avide, orientent ta politique d'Etat. Ils font de ton visage un visage de séparation et de domination. La rupture d'anévrisme te guette, trop de  botox américain, de chairs étirées, tranchées à vif. 

Le masque se craquelle, malgré tes efforts de normalisation visant à montrer que l'occupation est respectable, la colonisation un facteur nécessaire. Les agences de voyage peuvent toujours continuer d'essayer de vendre de la poudre aux yeux, ta diplomatie du rêve. Jouer à gagner du temps t'en a fait perdre beaucoup. 

 

Israël, Apartheid, Ce que racontent les cendres

Réduire en cendre un gamin de 16 ans, kidnappé alors qu'il attendait le retour de son père aurait pu être porté au crédit de quelques radicaux isolés. Mais quand ceux-ci agissent avec l'appui d'une foule qui, sur les réseaux sociaux, s'encourage au cri de : "mort aux arabes" et que cela a été précédé de manifestations monstres anti-africaines immigrés et arabes au mois de mai; que ta police bastonne à mort le cousin de celui qui a été brûlé vif http://bit.ly/1jVslPS que reste-t-il de ton visage démocrate souriant à tes vis-à-vis occidentaux?

Le peu d'entrain du premier ministre israélien à chercher les tortionnaires de Mohamed abu khdeirs réduit en cendres, et la rétention d'informations par la police, montrent que la justice régresse au profit de la chasse à l'homme; que les lois des milices et l'appartenance ethnique grignotent l'état de droit.

Encore aller à Jérusalem ? 

J'aimerai encore aller à Jérusalem au Museum on the seam, rencontrer Andy Wachowski, les chrétiens arabes de la théologie palestinienne de la libération, serrer les mains de celles et ceux qui ont porté des pancartes en anglais en hébreu en arabe pour dire: "pas de punition collective", "terreur de l'occupation", quand Israël a envoyé ses soldats défoncer les portes des maisons la nuit, arrêter plus de 400 personnes et en tuer 10 autres suite à la disparition dans des circonstances troubles de 3 jeunes colons. Mais j'hésite. Je ne sais pas comment tu me laisseras entrer chez toi Israël, et si tu le fais, comment j'en sortirai.

Crier "touristes" "vive Israël" ou "mort aux arabes" ?

Aujourd'hui Israël, tu portes le visage de l'Apartheid, de l'impunité et de la haine. Je n'aimerais pas te croiser un soir dans une ruelle de Jérusalem après une manifestation ou à un arrêt de bus. Je ne sais pas alors si je devrais crier "touristes", "vive Israël" ou "mort aux arabes" pour te démontrer que je suis "des tiens", pour ne pas être réduit à rien.

israël,apartheid

Voir Israël sans se voiler la face

Mais je ne suis pas "des tiens". Je ne suis pas des tiens, si cela veut dire griller des enfants de 16 ans, être complice de policiers cagoulés kidnappant, bastonnant, enfermant sans aucune forme de procès des innocents. Je ne suis pas des tiens si cela veut dire soutien à un régime d'Apartheid. Je ne suis pas des tiens enfin, si cela signifie rejet de l'autre derrière le mur de la honte, ou dans des camps de réfugiés et tout faire pour que le monde considère cela comme normal et se taise, par culpabilité, gêne ou fatalisme.

Israël, ta politique de l'Apartheid et de la violence te défigurent. Derrière ton visage, je ne sais plus qui t'habite et ce qui t'anime. Ou plutôt: j'en ai peur.   

   

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement. 



11:43 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, apartheid | |  Facebook |  Imprimer | | |

24/06/2014

Trois mamans israéliennes prises en otage par la raison d'Etat

Ce sont trois mères qui prétendent venir à l'ONU crier leur douleur de voir leurs 3 adolescents israéliens kidnappés dans les territoires de Palestine occupée. Ce sont surtout trois mères qui viennent sans preuve accuser le Hamas, coller l'adjectif bien utile de "terroriste" sur des actes dont on ignore pour l'instant la portée et qui en sont les véritables commanditaires. Ce sont trois mères qui se font porte-parole d'une raison d'Etat; des mères égarées qui se moquent de la douleur de toutes les autres mères, celles d'en face, quand on leur annonce que la "riposte" israélienne a elle enfermé 360 Palestiniens, que 4 personnes ont été tuées, dont un enfant et un handicapé mental. Elles, elles sont venues parler de leur enfant à eux. Ce qui arrive à ceux d'en face, ne les intéresse pas. Elles le passent sous silence et le rejettent dans une indécence sans limite en faisant de la souffrance des mères une arme de communication.       

Lire la suite

19:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, knesset, otages, israél, palestine | |  Facebook |  Imprimer | | |