sylvain thévoz

19/03/2013

L'économie genevoise progresse

Bonne nouvelle, l'économie genevoise progresse! C'est l'Office cantonal de la statistique qui l'annonce aujourd'hui. Et selon les estimations trimestrielles du produit intérieur brut (PIB) cantonal, la croissance de l'économie genevoise s'accélère légèrement au quatrième trimestre 2012.  Le PIB genevois croît même de 1,6% par rapport au quatrième trimestre 2011, soit une hausse plus importante qu'à l'échelon national!Cocorico? On pourrait être tenté de se taper sur le ventre et se dire qu'à Genève on continue de créer de la richesse. Mais alors pourquoi notre canton a-t-il le plus haut taux de chômage de Suisse? Mais pourquoi l'augmentation des dossiers ouverts à l'hospice général se poursuit-elle ? Cela amène un premier constat. Nous sommes certainement plongés dans une société toujours plus riche mais aussi toujours plus inégalitaire. Il y a donc deux questions que nous devons affronter: comment continuer de produire de la richesse, mais surtout, à qui profite celle-ci et comment mieux la répartir afin qu'elle ne satisfasse pas seulement un nombre toujours plus restreint d'individus ?

Pour l'ensemble de l'année 2012, une première estimation mène à une hausse du PIB de 1,1% par rapport à 2011. Il est bon de se réjouir de ces résultats globalement positifs. Ils nous autorisent, en passant, à nous poser des questions sur l'acharnement des partis de droite à couper à tout prix à la hache dans le budget cantonal 2013, d'une manière préventive en quelque sorte. Pensent-ils que le canton se gère comme une multinationale qui licencie préventivement afin de maximaliser ses revenus? Les coupes préventives sur un budget par définition projectif jettent dans la précarité la vie de nombreux citoyen-ne-s, d'associations, d'entreprises, qui sont eux aussi des micros-moteurs de croissance, pour atteindre un équilibre de zéro déficit uniquement théorique. 

En parallèle, et pour colorer d'une autre teinte ce tableau économique, le ralentissement de la croissance se confirme par rapport aux deux année précédentes (+4,2% en 2010, +2,3% en 2011). La richesse croît donc alors que la croissance baisse. Qu'est-ce qui peut expliquer ce double mouvement paradoxal ? Le fait que ce PIB en augmentation soit lourd d'inégalités, de rabais d'impôts forcés pour les hauts revenus! Il nous faut donc interroger la nature de cette croissance, car si elle profite aussi peu à la collectivité, n'est-elle pas source aussi de régressions et de coûts futurs qui ne sont pas encore pris en cause? 

Le PLR, en attaquant le budget 2013 et réduisant de 100 millions les prestations et services pour les habitant-e-s et donc une meilleure répartition des richesses, a fait la démonstration que les inégalités sociales lui importent peu. Bon, après tout, c'est logique, c'est dans l'essence de son projet politique, mais que l'UDC et le MCG, partis dit "populistes" se soient alliés à eux dans cette OPA sur le budget collectif du canton identifie clairement ceux qui se cachent sous le voile du budget fantôme comme des porteurs de cagoule cherchant le casse du siècle: 100 millions piqué à la population!  

Puisque l'économie genevoise progresse, il est essentiel d'en réserver les bénéfices au plus grand nombre plutôt qu'à un nombre restreint de happy fews et de faire supporter les charges aux autres.       

 

 

21:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget2013, impôts, gc, répartition, richesses | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/10/2012

Flibusterie fiscale

Prostitution pour les faire venir. Supplications pour qu'ils restent. Le Conseil d'Etat continue de se mettre à quatre pattes devant le secteur du négoce des matières premières, des hedge funds et des entreprises dites auxiliaires. Prêt à tout, il a annoncé jeudi la baisse massive de 24,2% à 13% du taux d'imposition global sur toutes les personnes morales. Mais pourquoi écrase-t-il ses taux d'impositions des personnes morales? - Par peur que la constellation des entreprises pirates du négoce alimentaire et des hedge funds laissent Genève en rade.

Le Conseil d'Etat est donc prêt à avaler la couleuvre d'un manque à gagner d'un demi-milliard avec un taux d'imposition à 13% unique pour continuer d'être le port d'attache des pirates. A force de se mettre à quatre pattes et de céder au chantage, il est devenu un paillasson sur lequel le milieu économique essuie ses mocassins. Il a choisi son camp : celui de l'intérêt des entreprises, contre la collectivité. La fédération des entreprises romandes de Genève (FER), applaudit la décision. Merci pour les cadeaux, elle dit.

Le Conseil d'Etat, à son petit jeu fiscal avec les milieux économiques est en train de payer le prix fort de sa logique d'attraction. Pour ne pas accepter l'échec de sa politique de développement économique à court terme et se désavouer, il doit continuer de faire alliance avec les pirates. Sauf que sa logique de céder sur tout pour que les holdings et autres sociétés auxiliaires restent à Genève est en train de se muer en dérive. Sur 5 ans, ce sont déjà 30 milliards que ces entreprises ont soustraits à la collectivité publique grâce à des taux préférentiels. La baisse annoncée à 13% des taux d'imposition va encore augmenter cette somme d'un demi-milliard par an!

Le choix politique suivi par le Conseil d'Etat de se mettre à quattre pattes devant les milieux économiques se résume en une phrase: les petits je les tient, les gros je les engraisse. L'impôt, ainsi instrumentalisé, devient un outil de contrôle social et d'accroissement des inégalités. Le chantage à l'emploi, à la fuite, à la croissance, n'a qu'un seul objectif: servir la maximalisation des intérêt des entreprises; intérêts de classe pour lesquels la collectivité paie le prix fort et le paie toujours plus.

A quatre pattes devant le lobby économique, c'est la ligne politique et la choix tactique voulu par ce Conseil d'Etat ultra libéral. Le peuple, lui, n'est pas condamné à le suivre. Plutôt que de faire leur quatre volonté, il devient urgent de repousser les pirates, de changer ce gouvernement qui prend ses objectifs à court terme pour ses finalités, et de reprendre le contrôle du bateau genevois avant qu'il ne soit pillé et coulé par la flibusterie fiscale. 

 

25/10/2011

Du destop pour les artères fiscales

arteres.jpgPour déboucher les artères fiscales, les socialistes ont lancé une double initiative (http://bit.ly/mQrOt8). L'une intitulée "pas de cadeaux aux millionaires" invite à supprimer les forfaits fiscaux. L'autre, nommée "pas de cadeaux aux multinationales" souhaite supprimer les allégements fiscaux. Pourquoi cette double initiative? Parce que si, selon le dicton, si on ne prête qu’aux riches, les plus petits ont de la peine à trouver des financements et s’épuisent avant d’être mangés. Il est donc urgent de faire sauter les caillots sanguins qui préparent l'infarctus social, et de redistribuer plus amplement les richesses. C’est-à-dire: que les plus fortunés contribuent d’une manière équitable aux coûts sociaux, environnementaux que leur présence occasionne.

Lire la suite

02/10/2011

Salerno c'est du propre (avec ou sans adoucissants)

Mais qu'a donc dit Sandrine Salerno pour déchaîner contre elle la Fédération des entreprises romandes (FER), la chambre du commerce, le groupement des banquiers privés genevois? Pourquoi une telle hargne dans les réactions de ces derniers? Se sont-ils inquiétés de l'augmentation des demandes à l'hospice général (+20% en 2 ans), fait un sang d'encre pour le manque de logements disponibles en Ville de Genève, anticipé l'annonce des baisses des recettes fiscales et le risque énorme de fragilisation pour le tissus associatif et social? Se sont-ils dit que cela aura inéluctablement des conséquences sur la violence dans les rues ? Mais non, voyons. Ils s'étranglent parce que la magistrate dit courageusement: c'est assez que les richesses soient aussi mal réparties dans ce canton et que les plus fortunés se voient offrir des conditions spéciales et occasionnent des coûts et des risques pour les citoyens sans en payer le prix! Elle affirme que ça suffit de tailler des costumes économiques sur mesure pour les expats les exploit's et les bobos de la finance ; au final, les gogos qui ne trouvent pas où se loger, c'est toujours les locaux. Cette prise de position politique et courageuse, pour les gardiens du temple économique c'est "une véritable déclaration de guerre".  Cela illustre combien Salerno, avec ou sans adoucissants, met le doigt sur les taches et combien le tambour du milieu économique ne tourne que sur et pour lui même.

 

Lire la suite

22:38 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, économie, impôts, justice, sociale | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/09/2011

Mon banquier m'a tuer

15 septembre, l'UBS annonce par un bref communiqué que la première banque suisse a subi un préjudice de 2 milliards de dollars. Un trader actif dans les produits dérivés, Kweku Adoboli, est soupçonné de fraude par abus de position. Il est arrêté à Londres. Voilà qui efface d'un coup le 1.8 milliards de bénéfice que la banque espérait réaliser avec la suppression des 3'500 emplois annoncés en août. 3500 emplois sacrifiés donc pour... rien. Qui donc a dit que les "too big too fall" que sont CS et UBS créaient de la richesse et de l'emploi? Elles en créent autant qu'elles en détruisent!  Nul développement durable donc, incertitudes répétées que leurs activités engendrent, coût humain exhorbitant. La fragilité de ces colosses au pied d'argile les expose à toutes sortes de dangers, et par ricochet l'économie suisse, genevoise, toute entière.

Lire la suite

10:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : impôts, finances, justice sociale, politique. | |  Facebook |  Imprimer | | |