sylvain thévoz

04/10/2013

Debout les damné.e.s du sandwich!

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"Le système économique est complètement fou. Je suis persuadé que ça ne durera pas. Nous allons entrer dans une période de révolution et il faudrait la préparer". -Albert Jacquard-

Vendredi : indignation. Dimanche: élection. Mardi: utopie. Les jours qui viennent, ne dites pas que vous avez piscine, que les kids veulent aller à la montagne, vous ne serez pas crédibles. Suspendez les cours de gym. Zumba, bokwa, power-yoga, ça attendra. Il y a une rétrospective De Funès à la télé? Même Jess Owens ou Jesse James sur petit écran, ça ne fait pas le poids. McDo-boulot-dodo, emplettes à la Migros: embargo. Même la sieste est bannie -mmmmh c'était si bon pourtant-. Vous voulez du changement, une révolution? Debout, les damné-e-s du sandwich. Cette semaine ça ne rigole pas. Au menu: indignation, élection, utopie. Rien que ça. 

Vendredi: Indignation La Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL) ouvre les feux avec un cycle de quatre jours  autour de l'indignation comme moteur de création. Russel Banks, guérillero US, membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, lunettes au front, plume en bandoulière allume la mèche avec une lecture-conférence évoquant le rôle de l'indignation dans son parcours d'écrivain. Retour sur sa critique de la guerre d'Irak, la fondation de son ONG établissant aux États-Unis des lieux d'asile pour écrivain-e-s menacé-e-s? Trois jours d'atelier, d'écriture, de lectures et performances à la MRL suivront ce Big Banks. Alors, Collin, Rousseau, Fiedler, Lo Verso, Banks, même combat? A voir, à entendre surtout, ça va ferrailler sec en vieille-ville. Les livres vont voler, fumer les pages, chauffer les cartouches d'encre rouge. Poudre, paroles (paroles?)... il vous manque le programme. Vous souhaitez vous engager? C'est par là que ça se passe... suivez le sentier (éclairé): www.m-r-l.ch

Dimanche: Election Hasard du calendrier ou complot révolutionnaire: entre indignation et utopie, se faufilent les élections. C'est à Uni-mail que ça se passe. Les partis politiques prennent leurs quartiers dans des cafés transformé en bocal boursouflés de ballons et de bannières. Dans une ambiance de kermesse ou d'abattoir, les militant-e-s de la première à la dernière heure animent le boulevard Carl-Vogt ; ça ronge son crayon à l'attente des premiers résultats, tapote son écran, fume clopes sur clopes. On trouve le temps long. Le chewing-gum est insipide. On guette le serveur, les photographes les papables, en alternance. Transpiration fine (ne rien montrer surtout), commentaires petites vannes, avant d'aller vite vite sur un plateau télé et faire, quoi qu'il arrive, contre mauvaise fortune bon cœur. On prend un dernier bonbon au miel, au menthol. Allez, ça donne la gnaque avant les entrées triomphales, les mots d'ordres répétés ou la débandade discrète par une porte escamotée. Vous avez-eu l'impression de vous ennuyer durant cette campagne, venez à Uni-mail en fin de journée, ce sera votre revanche. Vous en aurez un jus condensé. Les jours d'élections sont à la politique, ce qu'une arrivée est à la course cycliste. Le reste du temps on s'y ennuie, sauf les spécialistes. Vous voulez les résultats des jeux électifs? Pour le sprint, suivez cette ligne: http://www.ge.ch/chancellerie

Lundi: Débriefing. Résultats au scratch. L'élu de la veille au soir est sorti de route. Cyclothymiques, fébriles tachycardes attention, c'est ce jour là que s'enclenchent les vraies dépressions. Les stratèges font leurs comptes, les autres nettoient leurs bureaux, parlent à leur porte-manteau.

signet_evenements.gifMardi: Utopie Soyez raisonnables, demandez l'impossible. La Fureur de lire a placé la barre haut au-dessus de l'horizon. Cap sur l'utopie cette année. Russel Banks, après s'être indigné, aimante à l'utopie. Vous voulez du concret? En voilà: Des Pourfendeur de nuages, un Lamouratoire d'écriture, une constituante piratesque, des utopies cyclolittéraires. Une Société secrète d'explorateurs municipaux, un troc de livre, une Nuitopie, un bristophone, archiborescence. Ah ah! Pour terminer cette semaine folle, Isabelle Huppert lira Sade miam miam. Plaisir, enfer, paradis, utopie ou neurasthénie: la révolution s'en vient. Si vous voulez du beurre sur vos utopies, la brioche c'est par là: http://www.ville-ge.ch/culture/fureur

Avalée cette semaine gargantuesque, c'est promis, vos sandwichs n'auront plus jamais la même saveur. Utopie?


 

 

11:51 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indignation, utopie, élection, russel banks, mrl, fureur de lire, grand conseil | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/09/2013

Tu votes ou tu votes pas?

 

élection,grand conseil,canton,inégalités,société,pme,économie,sécurité,éducation,santé

A 6 jours de l'élection du 6 octobre le taux de participation est toujours à moins de 10%. Le train est encore à quai, il est temps d'y monter. Après, ce sera trop tard, fini pour 5 ans, basta. Et suivant l'équipage, 5 ans, c'est long. Le 6 octobre, on élit avant tout 100 députés. Et ce n'est pas pour les mettre dans un wagon de première classe, mais pour qu'ils assurent la bonne marche collective, son service, sa conduite.

Alors citoyen-ne, voisin-e, tu veux être actrice du voyage, passager-e- concerné-e par la destinée du train, ou rester bêtement à quai à regarder passer les wagons? En démocratie, tu as pour mandat d'élire, mais aussi de surveiller, relancer, informer, contester ceux qui gouvernent par délégation afin qu'il fassent ce pour quoi on les élit: assurer la bonne marche de la société. En tout cas pas de leur offrir un voyage de 5 ans tous frais payé reconductible automatiquement. Citoyen-ne, voisin-e, voter te permettra ensuite de leur demander des comptes et de les placer devant leurs responsabilités. La priorité c'est aujourd'hui de lutter contre la pauvreté, pas contre les pauvres ; de lutter pour que la classe moyenne sorte la tête de l'eau, pas pour qu'elle s'y enfonce. On récolte de ses élu-e-s ce qu'on y a semé. Ou alors on change. Ou bien? 

Un bilan à faire

Avant de s'embarquer dans ce voyage de 5 ans, quel bilan tirer du voyage précédent?

La droite avec une majorité écrasante au Grand Conseil (68 députés contre 32 de gauche) 4 Conseillers d'Etat contre 3 a poursuivi sa politique de démantèlement des services aux citoyen-ne-s et de bradage de l'Etat. Cette majorité a mené le Canton au bord de l'implosion sociale et les inégalités n'ont cessé de croître ces dernières années. Cette droite chaotique a mené notre canton au bord de la faillite. Des politiques perverses et dangereuses pour les travailleurs et travailleuses, la stigmatisation des personnes au bénéfice de l'aide sociale ont rendu tous les liens sociaux plus fragiles. A force d'être férocement économistes, ces politiques ont perdues de vue celles et ceux qu'elles doivent servir: les citoyen-ne-s. Les libéraux-radicaux pousseront peut-être des cris d'orfraie devant ces affirmations, qu'ils le fassent. Ils aimeraient pratiquer l'art du serrage de boulons pour certains et l'ajout de service de première classe et de communication sur papier glacé pour d'autres en toute tranquillité, mais non. On ne peut pas tondre les citoyen-ne-s et avoir en plus leurs remerciements. Le peut-on?

Le new-management est dangereux pour la santé

Suppression du RMCAS, empilage de dossiers (jusqu'à 80 à l'Hospice Général sur des assistant-e-s sociaux débordés), augmentation des "critères" et des "barèmes" comme seules manières d'envisager l'humain. La guerre au doublon et la prime aux fusions d'entités a fait des victimes: les citoyen-ne-s. Une seule porte où s'adresser, et elle est bien gardée, n'entre plus qui veut et ça va empirer. Aux EPI (Etablissements publics pour l'intégration) le slogan c'est : "Après la fusion la culture d'entreprise". Allez voir ce qui reste du Département de la solidarité et de l'emploi après le passage de Monsieur Longchamp et avant que Madame Rochat, par un grossier tour de passe-passe, ne s'y fasse doucement oublier avant les élections.... La Santé? Et un et deux et trois plans de restructuration plus tard, allez écouter les travailleurs et travailleuses et rendez-vous aux urgences pour une petite attente de 6 heures, vous m'en direz des nouvelles. Vous cherchez un logement. Revenez dans 5 ans..... ou mettez trois mille balles sur la table. Merci qui? Merci Mark Müller, merci Longchamp, merci Rochat, merci Maudet.   

Les pauvres sous le tapis les beaux sur l'affiche?

L'Hospice Général ne fait plus son boulot par manque de moyens. Il fait donc refluer les personnes vers les communes ou simplement à la rue. Sous couvert de bonnes gestions et d'"intégration" avec un joli discours formaté new management les libéraux-radicaux coupent les prestations, fragilisent les prestataires ou les basculent vers d'autres horizons, espérant les perdre en route ou s'en débarrasser. Cela augmente la précarité sociale, et l'insécurité. 

Cette manière de (dé)faire les liens sociaux en créant des murs administratifs compose de fait des difficultés supplémentaire. Le culte du chiffre ne se marie pas avec la vie sociale. Ces politiques sont non seulement dangereuses mais surtout perverses. Le tout sécuritaire, voulu par Monsieur Maudet, avec des poses de caméras à plus 2 millions, des corps de police spécialisés qui se tournent les pouces pendant que d'autres triment sur le terrain; des dizaine de gendarmes et agents municipaux en plus qui au final font du travail administratif, tout cela coûte au final très très cher et n'éponge qu'à peine ce que les politiques anti-sociales voulues par Monsieur Longchamp et Madame Rochat ont contribué à créer.

Un autre quotidien est possible
La gauche, au quotidien, en travaillant sur le terrain, que ce soit pour soutenir l'économie sociale et solidaire ou en développant et en alimentant en Ville un fonds chômage ainsi que la Fondetec, Fond de soutien aux PME et aux start-up empoigne les enjeux autrement, sous l'angle de la durabilité. Elle lutte pour conserver une administration forte, redistributrice, créatrice d'emplois. Elle développe l'offre des places de crèche, développe une école inclusive, qui limite les décrochages et permet, si pas l'égalité des chances au moins de limiter la casse des inégalités. Elle a une vision plus large de ce qu'est la sécurité, et maintient un service public de qualité et efficace. La collectivisation des sols permet de retirer le terrain sous les pieds des spéculateurs. Un éducateur spécialisé dans chaque école c'est aussi moins d'insécurité dans les rues. 

Dernier départ pour la Genève qui se lève 

Il est temps, ici et maintenant, de changer cette majorité crasse du Grand Conseil, pour oser un autre modèle de société, et donner un autre rythme que celui du confort pour certains et les économies pour d'autres. C'est maintenant que tout se joue. C'est le dernier départ pour la Genève qui se lève. Après, le train partira pour 5 ans et que tu sois à quai ou pas, dedans ou non, voisin-e-, citoyen-ne-, habitant-e-, tu le sentiras passer, ça c'est garanti.


Alors, tu votes ou tu votes pas? 

17/03/2013

Le black bloc du parlement

Clin d'oeil du calendrier, pratiquement une année après avoir fait voter une loi liberticide qui limitait le droit de manifester (11 mars 2012) et chargeait lourdement les organisateurs de manifestations, les PLR-UDC-MCG commémorent leur fascination pour la casse en se transformant en bloc noir du parlement, se donnant le droit d'y faire ce qu'ils interdisent à d'autres dans la rue. Casser du budget. PLR-UDC-MCG: bloc noir du parlement. S'ils n'en ont pas les cagoules, ils en ont retenus les méthodes et le style et la casse. Ce qui est interdit au peuple: manifester sa rage est autorisé dans l'arène politique. Il y a des castes chez les casseurs. Un privilège de classe pour les casseurs en cravatte sur les casseurs en cagoule. 

Il y a une année, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droit de réunion et d'association pacifique avait relevé que les modifications de la loi sur les manifestations restreignait "indûment les droits à la liberté de réunion pacifique et d'expression qui sont l'essence de toute démocratie". Dont acte. Le parlement profite lui pleinement de sa loi d'exception et du monopole qui autorise les manifestations violentes et la casse des services de l'Etat en son sein, sans qu'aucun organisateur n'en paie le prix. Enfin, pour l'instant, car c'est bien le peuple qui au final passera à la caisse. Le bloc noir du parlement casse, le peuple paie. C'est la loi qui veut ça. Et le MCG, s'il se tenait jusque là habilement sur la barricade, a montré maintenant dans quel camp il se tenait, copain du PLR, main dans la main pour casser l'existant et reporter les responsabilités sur d'autres. Le MCG est comme ce gamin jeteur de pierre qui pris, en faute, dénonce toujours son voisin. C'est jamais lui qui brise les vitres, pourtant son papa est vitrier. Tiens donc.

Vous me direz peut-être: mais c'est bien le peuple qui a choisi de voter la loi limitant le droit de manifester pour se prémunir de possibles violences, et c'est aussi ce peuple qui a placé le bloc noir sur les sièges de ce parlement. C'est cela l'exercice de la démocratie. Mais oui, et c'est donc encore le peuple qui choisira en novembre 2013 s'il souhaite se débarrasser du bloc noir PLR-UDC-MCG en l'empêchant de jeter ses amendements comme on jette des pierres ou qui l'élira à nouveau pour 5 longues années pour mener sa politique pirate de diminution des services, des soins, et de la sécurité.  Il y a des pouvoirs légaux qui peuvent devenir illégitimes. Le bloc noir du parlement siège sans cagoule, mais il a fait pleinement preuve de sa volonté de voyou. Le vrai réflexe citoyen, c'est maintenant de lui faire barrage.     

 

      

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15/03/2013

Les chiens fous: toutous des plus riches

Ils ont tiré sur leur laisse. Rien pour les arrêter. Ni leurs maîtres qu'ils suivaient bon gré mal gré, et qui ont essayé de les raisonner, ni le peuple, le premier à subir leurs coupes budgétaires. Ils ont brisé leurs engagements, pensant ne rien devoir à personne, n'avoir aucuns comptes à rendre. Les députés PLR, UDC et MCG, les chiens fous, tenté par la politique du pire, ont choisi de bouffer tout ce qui bougeait devant leur nez. Sans distinction, sans faire de quartier: coupe linéaire de 2% sur le budget ! Pourquoi? Parce que ça les démangeait, parce qu'ils en avaient envie, comme d'un caprice, comme d'un morceau de viande, et tant pis si ce dernier n'était pas le leur. Et tant pis si ce qu'ils coupaient, c'est ce qui permettait à d'autres de manger.

Pourquoi la gueule ouverte? Parce que l'on ne touche pas au bouclier fiscal, on ne touche pas aux revenus des plus riches. Ironie du sort, alors qu'aujourd'hui même aboutit l'initiative populaire fédérale "imposer les successions de plusieurs millions pour financer l'AVS" avec 110 205 signatures, alors même que l'initiative Minder plébiscitée par le peuple a montré que c'est bien les hauts salaires et les inégalités sociales qu'il faut combattre, les députés de la droite élitiste, conservatrice, et revancharde, ont montré que plutôt que d'être innovant et d'aller chercher l'argent là où ils se trouve, vers les plus hauts revenus et les fortunes accumulées, dans les niches fiscales aménagées, ils préférent accabler la classe moyenne et ponctionner les citoyen-ne-s en leur faisant payer toujours plus cher des services qu'ils n'auront plus.

Pour rappel, depuis 2002, ces droites au service des pouvoirs économiques ont accordé, selon le rapport de gestion de l'Etat, des allègements fiscaux à 130 entreprises pour plus de 550 millions. Ces cadeaux fiscaux, aujourd'hui, c'est le peuple qui en paie l'addition, dans sa santé, son éducation et sa sécurité. Aujourd'hui le PLR, UDC et MCG ont marqué leur option préférentielle pour les plus riches, au détriment des citoyens. Le MCG est devenue le Mouvement des complices généreux !

Les chiens fous, toutous des plus riches n'ont pas distingué ni choisi ce qui devait diminuer, ce qu'il fallait préserver, ils ont choisi de détruire. Le pouvoir de mordre leur est monté à la tête, l'ivresse de saigner. Peu leur importe que ce soit d'autres qui assument les conséquences de leurs emportements. Au final ce sont 97 millions de services et de soins dévorés d'une coup, 482 postes d'enseignants biffés, 20 millions de moins pour le réseau de santé, et des files d'attente devant les urgences qui promettent de s'allonger, etc., etc., Chauffé à blanc par les jappements de la rigueur budgétaire et le concept du déficit zéro, les chiens fous veulent un citoyen toujours plus seul pour s'autogèrer, s'auto-soigner et s'auto-débrouiller pour assurer sa sécurité. 

Les chiens fous, toutous des plus riches, ont donc choisi de faire payer au citoyen les baisses d'impôts qu'ils ont voté pour des hauts revenus. Leur mission accomplie, ils peuvent se retourner les uns sur les autres et se renifler l'arrière-train ; se congratuler parmi, en se servant du monsieur le député, eux qui pour éviter le prétendu déficit du budget, ont choisi l'option des trous, des déchirures, et de faire le jeu des plus riches, en complices généreux et repus d'avoir planté les crocs.  

 

08:07 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, austérité, grand conseil, conseil d'etat, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/02/2013

A quoi sert la culture?

Le culture ne sert à rien.

Dans un temps social où l'utilité de chaque chose doit être démontrée, quantifiée; ou tout devient moyen et ou les fins sont indécises, la culture ne sert à rien. Elle n'est au service que de sa propre fin, autopromotionnelle. C'est ce qui fait sa singularité et sa faiblesse, ce qui dérange et la rend aussi inessentielle. La Culture est élitiste, superficielle. Elle est par essence incompréhensible. C'est une pièce de théâtre en plus parmi tant d'autres, un livre ajouté à la publication de 70'000 ouvrages; c'est comme une surélévation d'immeuble au dernier étage d'un building qui en compte déjà une dizaine. Ce qui compte, ce qui pèse, c'est la base: la police, l'économique, les vrais travaux. Le reste c'est du vent, on peut faire sans... vraiment? 

Au sport au moins on a trouvé une utilité, il sert l'intégration, et fait bouger les gens. C'est bon pour la santé. Mais la culture... n'est pas un service rendu, n'a pas vocation de nous émouvoir, édifier ou rassembler, de construire un langage commun, des références partagées, faire réfléchir sur notre condition et les fins de notre société. Elle n'est pas la carte de visite d'une ville, et ne joue pour rien en matière d'attrait touristique. Et puis à quoi sert le chant, la danse, le livre et le cinéma; à quoi servent les mains tendues et se dire bonjour. Finalement...

Les députés de droite du grand conseil l'ont bien compris. Suppression de 545'000 francs pour l'aide ponctuelle à la culture, 330'000.- pour l'aide à la création indépendante, 300'000.- d'aide à la diffusion et aux échanges, 500'000.- d'apport à la fondation pour le cinéma, d'aide à la recherche, à la solidarité internationale. Le troisième débat aura lieu en commission des finances après les vacances de février. Jusqu'où tronçonneront-ils, combien de jeunes pousses abattront-ils pour ramasser quelques petites feuilles? La coupe est franche. La volonté de faire une saignée reconnue.

Nous fonctionnons encore sur des catégories du XVIIIe siècles ou pire à la façon de Saint-Thomas qui ne croyait que ce qu'il voyait. La division entre les sciences molles et sciences dures, est encore bien vivace. Il y aurait d'un côté ce qui est vraiment quantifiable, chiffrable: la police, les finances, les constructions et de l'autre les sciences humaines, molles: la culture bien sûr; mais le social, aussi. Or, cette division ne tient plus, tant les champs se correspondent désormais. On loue la transversalité, et pourtant les enjeux de société se pensent encore sur des plans confus qui opposent des éléments qui se complètent. L'obésité, par exemple, est un problème de santé publique directement liée au revenu des ménages, à l'éducation, à une certaine qualité de vie et d'accès à la culture dans les quartiers. Il vaut mieux ouvrir un centre culturel sur la rive droite et continuer de soutenir la création indépendante plutôt que de voir les taux d'obèses ou de gamins désoeuvrés gonfler. 

La culture ne sert à rien? Oui, à rien, tout comme l'air que l'on respire, du moins, tant que l'on n'en manque pas. Puis, en apnée, elle est tout ce qui reste. Alors messieurs les députés du Grand Conseil, faites un geste rationnel, respirez un grand coup, et n'imposez pas à d'autres l'anoxie qui au final coûtera bien plus cher que les quelques "économies" que vous voulez, à courte vue, faire. 

Car si chacun défend sa cabane dans les arbres, une vue dégagée, la culture est la corde qui les relie toutes ensemble.

 

11:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, finances, économie, vivre ensemble, création, grand conseil, budget, expositions | |  Facebook |  Imprimer | | |