sylvain thévoz

05/04/2018

Conseil d'Etat: renversons la majorité et sa méthode !

conseil d'etatL’échec de la législature cantonale qui se termine aura été celui de la volonté centralisatrice et technocratique du Conseil d’Etat à majorité de droite. Incarnée par un François Longchamp en bout de course dans son Département présidentiel fantôme. Il aura servi, au final, à couper des rubans, essuyer par derrière les maladresses de ses collègues, et tenter de faire bonne figure au moment de rendre les clés du pouvoir. Guère plus.

 

Un bilan ? Les projets de lois se sont entassés. Pour quels résultats ? Loi sur la police, loi sur la restauration, les débit de boissons, l'hébergement et le divertissement, loi sur la laïcité. Les Genevois-e-s auront savouré durant 5 ans le velouté technocratique et caporaliste du conseil d’Etat. Résultat : plus de cacophonie et d’incompréhension. En rigidifiant le système, en légiférant à bloc plutôt que de chercher des solutions pragmatiques, donner davantage des moyens aux travailleurs, et mettre de l’huile plutôt que du cadre, le Conseil d’Etat a fini par rendre le système plus lourd et moins efficace. Pour une droite qui parle toujours de réformes et d'austérité, quel paradoxe!

 

La fameuse loi sur la répartition des tâches entre les communes et le canton est un exemple parfait de ce qu’il ne fallait pas faire

Le Conseil d’Etat s’y est engouffré avec un enthousiasme napoléonien. Au final : Berezina. Au nom de la lutte contre les « doublons », d’une idéologie de la « bonne gouvernance », le Conseil d’Etat a cassé des savoir-faire qui fonctionnaient en complémentarité. Et au nom de la clarification d’échelons différents, brisé des relais et des compétences qui se renforçaient.

Le Conseil d’Etat a mis sur un même niveau canton et communes pour les opposer. Cela est contreproductif et a conduit à passer à côté de ce qui a fait la richesse de Genève depuis toujours : la complémentarité des niveaux de décision. Que l’un réalise d’une certaine manière, ce que l’autre parachève, c’est souhaitable, et intelligent. Au diable les étiquettes et la volonté régalienne que tout soit « propre en ordre ». Cette manière hygiénique et maniaque de vouloir délimiter des petites cases pour les remplir, prétendant y caser la réalité est révélateur d’une idéologie carrée qui aurait davantage dû inspirer le Conseil d’Etat à gérer une entreprise de lego, plutôt que de conduire l’Etat pour 5 ans de plus.

 

Un gros problème d'humanité

Ce gouvernement a traité les humains comme des pièces, en faisant sauter des travailleurs comme des fusibles, et payer les lampistes (Affaire Adeline, renvoi de Christian Cudré-Mauroux, la trentaine de bagagistes virés de l’aéroport par P.Maudet. etc.,), mettant toujours celles et ceux qui sont en bas de l’échelle sous pression pour que d'autres conservent leur poste ou bonne figure.

Ce Conseil d’Etat a failli, parce qu’il a tellement cru dans l’idéologie des petites boîtes qu’il en est devenu une lui-même, pas très subtile et reproduisant les mêmes erreurs, en fonctionnant sur un même logiciel, manquant d’âme et d’engagement, proposant de gérer Genève à coup de normes plutôt que de négociations et pragmatisme.

 

Assez de technocratisme !

1) Assez des lois inutiles qui, plutôt qu'encadrer une réalité sociale complexe, la rendent plus nouée.  Assez de technocratisme et de rigidités idéologiques qui se font sur le dos de la république mais en son nom, et qui, au nom d’appliquer les mêmes lois pour toutes et tous, inventent des textes inapplicables en regard de la réalité du terrain, constituant de nouvelles inégalités.

Au final, les plus fragiles ou trop honnêtes sont punis. Soit parce que l’Etat les a sous la main, soit parce qu’ils ne sont pas assez organisés pour se défendre, ou parce que l’usure et la fatigue fait son travail. L’Etat alors cognera encore sur eux,  prétendant que la lassitude de se défendre et l’abandon de la bagarre est un signe de manque d’adaptabilité et de sveltesse. A l’iniquité de mauvaises lois sera rajouté alors la punition de les avoir subies de plein fouet.  

2) Assez du désengagement de l’Etat au profit des bénévoles et des associations sans moyens supplémentaires. Par exemple dans le domaine des assurances sociales, les gens sont découragés d’exercer leurs droits, et parfois volontairement maintenus dans l’ignorance. Les pauvres sont fliquées, et la chasse aux précaires est organisée (loi contre la mendicité). Monsieur Poggia n'a fait pas son travail jusqu’au bout. Il a laissé des « dossiers » être ventilés ici et là parce que les travailleurs sociaux n’ont plus les moyens de les gérer. La « subsidiarité » voulue au profit des associations devient un mot vertueux pour une sale pratique, celle de dire « bon débarras » de la part de l’Etat en direction du monde associatif fonctionnant d’une manière bénévole usante en regard des charges imposées.

2) Assez de traiter les gens comme des ressources inertes, des fusibles que l’on fait sauter, pour un oui ou un non. Ce conseil d’Etat est en échec, parce qu’il a oublié de travailler avec les gens et pour les gens, se souciant avant tout de sauver son arrière train, sans panache ni courage. On ne fait pas de politique avec le trouillomètre à zéro, juste pour éviter de se faire des ennemis ou pour finir conseiller fédéral en slalomant médiatiquement et méthodiquement en direction de Berne. Cette manière-là de fonctionner, c’est toujours sur le dos des citoyen.ne.s qu’elle se fait.

3) Assez d’un Etat déconnecté du terrain. Sans les communes, l’Etat n’est rien. Sans la proximité du local, sans le travail et la connaissance des réseaux locaux, les décrets et les grands plans quinquennaux, les belles déclarations de principe et le projet de traversée du lac à 5 milliards pour 2060 si tout va bien, c’est juste du vent ou de la com’ opportuniste. Il s’agit de renforcer le pouvoir des communes, le pouvoir des travailleuses et travailleurs de proximité, d’accentuer les collaborations et transversalité avec l’Etat. Le temps des silos a vécu, le temps des mammouths est fini depuis longtemps. Il est temps de changer de manière de faire. Et pour cela, renverser la double majorité de droite (Conseil d'Etat et Grand Conseil). 

A gauche !

Ce conseil d’Etat à dominance de droite a vécu. Il a eu sa chance. Il a échoué. Renversons-le à gauche, pour changer de majorité et de méthode, afin que le nouveau Conseil d'Etat travaille enfin de manière véritablement concertée, collégiale, pour les genevois.e.s, et pour le bien public! 

 

[1]https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/inter...

 

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www.sylvainthevoz.ch

12:03 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : conseil d'etat, élections, genève, majorité, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | |

25/10/2012

Pour un Islam de gauche

Certains politiciens d’extrême droite et Madame Mireille Vallette qui a récemment obtenu des tribunes d’expression dans le Temps et le Matin pour un livre prônant la haine et les clivages ethnique veulent faire de l’Islam, religion séculaire, complexe, ayant imprégné le continent européen, sa science et sa culture, une caricature. Leur fatras intellectuel prétend répondre aux fatwas en mêlant indistinctement pays d’origine, appartenance religieuse, pratique effective, discrimination sociale et racisme, tout en refusant le principe laïc du respect de la croyance et de la pratique religieuse. La Suisse est ainsi entraînée sur une pente que l'on peut qualifier de néo-fasciste (interdiction des minarets, limites mises à l’exercice du culte) et les minorités religieuses servent de bobsleigh sous les fesses de partis conservateurs prônant l’intolérance.

  

Il faut rappeler qu’en Suisse, les musulman-e-s sont entre 300'000 et 350'000 (3,8 à 4,5 % de la population). Ce sont des citoyens et des citoyennes comme les autres, qui paient leurs impôts, respectent les lois, et contribuent au bien-être de ce pays qui est le leur. Si 75% des musulman-e-s vivants en Suisse résident dans les villes, 76% résident en suisse-allemande. Ce sont en grande majorité des turcs. Ceux qui résident en Suisse Romande, 14%, sont principalement originaires du pourtour méditerranéen. Et s’il y a aujourd’hui environ 100 lieux de prières en Suisse, ces espaces sont de loin inadéquats (garages, appartements). Il faut d’une manière urgente emprunter la voie d’accommodements raisonnables, négociés, afin que les différences culturelles entre les peuples ne soient pas des murs mais des espaces de négociation et de dialogue. Sur la question des rapports entre les hommes et les femmes, c’est aux femmes musulmanes de décider ce qu’elles veulent pour elles, pas à leurs hommes ni à certaines féministes occidentales voulant faire leur « bonheur » à leur place et bien souvent sur leur dos.

 

Etre de gauche, c’est accepter de dialoguer avec son voisin là où il est et tel qu’il est, non pas de le vouloir à son image. Etre musulman, c’est placer Dieu au cœur de sa vie, un Dieu de justice et de respect. Les discours essentialistes, qu’ils viennent de formes dégénérées parlant au nom de l’Islam ou de réactions xénophobes apeurées en Suisse doivent être écartés pour progresser vers une société de la compréhension réciproque et du respect de l’autre. Nous défendons une Suisse ouverte, accueillante, riche et curieuse de ses diversités et qui ne bafoue pas les valeurs que prône sa Constitution qui commence, faut-il le rappeler, par cette phrase de son préambule « au nom de Dieu tout puissant », sans que cela en fasse pour autant une théocratie. Le journal Le matin nous a refusé tout droit de réponse aux thèses propulsées par Madame Vallette. Nous déplorons ce journalisme orienté jetant de l'huile sur le feu et stigmatisant une minorité. Les nationalismes étriqués sont un poison. Ils ont démontré toute leur nocivité dans l'histoire. Oui à une Suisse ouverte et curieuse. Oui à un Islam de gauche, afin que tous deux puissent, en se rencontrant, se féconder réciproquement.     

 

Hafid Ouardiri, Directeur de la fondation de l’Entre-Connaissance.

Sylvain Thévoz, Conseiller municipal socialiste en Ville de Genève.

 

14:17 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : islam, gauche, dialogue, xénophobie | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/05/2012

Pour une gauche angélique

KAlifornia 001.JPGAngélique la gauche? Malheureusement non, ou pas assez en tous cas. Face aux violences sociales (licenciements massifs, abus de pouvoir sur les lieux de travail, violences sexuelles, atteintes multiples à la personne; face aux agressions verbales, à la perte de respect les uns pour les autres et pour la chose publique, on dérive bien loin de l'angélisme, et la gauche mécréante, malheureusement, a encore du chemin à faire pour l'incarner... quelques prières et confessions à effectuer pour y arriver. A la violence des uns répond la violence des autres. Résultat: terre brûlée, à tel point qu'Eric Teufel jette des verres d'eau à tire larigot et surtout à tort et à travers. Sacré bois sans soif, c'est facile pour lui, il ne croit plus en rien, et il le dit.

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14:11 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité sociale, convivialité, angélisme, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | |