sylvain thévoz

25/03/2015

Le MCG veut la peau de l'aigle Sherkan

gshc_0.pngPendant que le MCG se montre les plumes à Onex avec son pestilentiel slogan "zéro frontalier", il y a un animal qui a lui tout seul illustre bien le ridicule de la position du MCG, c'est l'aigle Sherkan.


Car la coqueluche des genevois, la fierté du Genève Servette Hockey Club, est un vrai, un bon frontalier. Le fauconnier qui s'en occupe s’appelle Jacques-Olivier Travers, il est né en France en 1972. Fauconnier depuis 25 ans, il a créé en 1997, le parc des Aigles du Léman, sur la commune de Sciez en France voisine. Il s’occupe de Sherkan pour le club depuis le début. Diable, que vont désormais penser tous les politiciens du MCG qui adorent se faire prendre en photo à la patinoire et ne manquent pas de souligner combien le club leur tient à coeur alors que le symbole, l'emblème du club est un frontalier, qu'ils veulent à tout prix éradiquer de la vie genevoise  ? 

Sherkan :ambassadeur de Genève

Sherkan a très souvent été présent lors des évènements de la Ville ou du Canton de Genève. On a pu vérifier sa popularité lors de la Coupe Spengler à Davos où près de 900 personnes par jour venaient se faire photographier en sa compagnie. Jolie carte de visite pour Genève! On attend désormais avec impatience la motion ou l'interpellation du groupe MCG au grand conseil ou au conseil municipal demandant de virer l'aigle Sherkan pour engager un local ! Que l'on aille au bout du scénario tragi-comique du MCG. Qui sait, peut-être proposeront-ils la tortue Janus à deux têtes du musée d'histoire naturelle ou une bique du bois de la Bâtie de le remplacer pour chauffer la patinoire. Il n'y a pas à dire, il y aura vraiment du spectacle alors et nos joueurs se sentiront pousser des ailes... 

Sherkan: frontalier étranger !

Sherkan, le frontalier du Léman est né en 1999 au Canada. C'est donc un frontalier et un étranger...  et comme son espérance de vie est de l’ordre de 45-50 ans, il est là pour durer. Le MCG va en avoir des ulcères d'estomac. Un frontalier plane sur la ville! Et pire encore, un autre pygargue des Aigles du Léman est préparé pour remplacer Sherkan au cas où. Son nom : Kéops (pas vraiment un nom bien de chez nous, ça). Il est âgé de 6 ans... et voilà, encore un frontalier pour en remplacer un autre. Il y a du copinage là-dessous pensent les empaillés du MCG en se grattant le caillou.   

Sherkan : traître à la République ! 
Les MCG commence à flairer le bon coup. Vont-ils boycotter la patinoire? Y coller des autocollants zéro frontalier, menacer de tirer à vue sur tout volatile non estampillé swissmade et résidant à Genève qui déplierait ses ailes dans la patinoire? Pire, le MCG réalise qu'en 11 ans Sherkan a manqué deux matchs, une fois parce qu’il était reçu au palais de l’Elysée, et une fois parce qu’il participait à un spectacle d'importance, en France toujours. Diable, deux fois Sherkan a trahi son club au profit de l'hexagone, s'acoquinant même avec le palais de l'Elysée. C'est plus que trop, et suffisant pour virer l'indélicat rapace, traître à la République! Le MCG, par souci de cohérence, demande la peau de l'aigle Sherkan.

Leçon de l'aigle pour les empaillés

Pour conclure, excusez-moi d'avoir cherché à traiter avec un peu d'humour un sujet qui n'en recèle pourtant aucun, celui de la xénophobie et de la posture politique du MCG qui met en danger ce qui fait la force et la fierté de Genève: sa diversité, sa capacité à intégrer et valoriser les compétences de chacun.e, de soutenir la citoyenneté plutôt que le racisme. 

Pour ma part, que l'aigle Sherkan soit un frontalier, son fauconnier, l'infirmier, la juriste, l'enseignante, la boulangère, le chauffeur des TPG etc., des frontaliers aussi n'est pas un critère central. Je préfère me soucier des conditions salariales, du logement, et de la mobilité, facteurs autrement plus nécessaires pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses que l'origine de leur lieu de résidence, la couleur de leurs peaux ou de leurs plumes.  

Que la fiente de l'aigle Sherkan retombe sur la tête de ceux qui veulent en connaître la couleur et l'origine ! En la reniflant bien ils verront que le travail est du travail et que la merde est de la merde, peut importe de quel côté de la frontière elle provient, et qu'elle tombe toujours du haut vers le bas.

 
 
 

Sources: 

http://www.gshc.ch/fr/Club/Sherkan.html (Genève Servette)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/etude-professeur-flueckiger-frontaliers-prend-mcg-contrepied/story/15846981 (Frontaliers)

https://www.youtube.com/watch?v=AbcyeRJUruU (Oiseaux de passage)

http://www.synonymo.fr/synonyme/fiente (Fiente)

14:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gshc, frontalier, sherkan, mcg, fiente, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

25/02/2015

Suissesse et frontalière: elle va se faire voir à Lyon!

Suissesse, vivant à 5 minutes à pied de la frontière côté France, travaillant à Genève, rompue à l'exercice de l'usage d'internet, devant refaire son passeport à croix blanche, se rend avec confiance sur le site de la Confédération.... sans se douter de ce qui l'attend. 


Va te faire voir chez les lyonnais 

Sur le site de la Confédération elle s'inscrit, remplit le formulaire, reçoit une première annonce la prévenant de l'envoi d'un mail qui lui proposera un rendez-vous pour le lieu de saisie de son passeport.

Surprise!

Ce n'est pas l'office cantonal de la population genevoise qui lui est proposé. Non. A choix : Lyon, Strasbourg, Marseille! En tant que Suissesse vivant au pied du Salève, Berne avec la bienveillance du Canton l'invite à une petite balade dans le Sud de la France pour chercher son précieux passeport. Par souci d'économies kilométriques, elle coche Lyon. Bien sûr, entre temps, elle a donné des coups de fil pour essayer de se faciliter la vie. En vain. En général elle tombe sur des boîtes vocales, pas le bon jour, pas la première, perd son temps.. et réalise subitement que le renouvellement de son passeport risque de virer à un voyage touristique d'un ou deux jours...


Consulat de Suisse à Lyon j'écoute...  

Après une bonne journée d'attente arrive le mail lui annonçant que son bureau de référence est situé à... Lyon et qu'il lui faut entrer en contact avec celui-ci. Entre-temps, notre compatriote est passée trois fois devant l'office cantonal de la population pour aller à son boulot. Si, dans une vie idéale, elle aurait pu s'y rendre directement et obtenir son précieux sésame, les voies de l'administration ne sont pas faites pour les citoyen-ne-s vivant de l'autre côté de la frontière. Elle ne peut que passer devant en continuant d'organiser son prochain voyage administratif à Lyon. 


Kafka était un amateur

Notre suissesse frontalière choisit la date qui lui convient pour s'inscrire au consulat de Suisse des bords de Saône. Dans un mail de retour du consulat, elle reçoit une annonce lui confirmant son rendez-vous. Elle peut toutefois, si elle le désire, faire appel à l'office cantonal de la population de son canton....

vous suivez?

3 jours se sont écoulés. Notre suissesse va-t-elle poursuivre ses échanges internationaux avec des formulaires générés électroniquement à Berne, Lyon, ou des boîtes téléphoniques à Genève, afin de pouvoir retirer son passeport à côté de chez elle ?  Va-t-elle risquer deux jours de démarche supplémentaires pour atterrir à la route de Chancy 88 où abréger ses souffrances et se résigner à aller à Lyon?  Se faire naturaliser française?


Office cantonal de la population de Tombouctou j'écoute?

Les heures d'ouvertures des bureaux, tant à Lyon qu'à Onex sont limités entre 7h30 et 13h30 du lundi au vendredi... et comme les premiers rendez-vous sont pris il ne reste que des dispositions éloignées dans le temps. Le désespoir guette notre Suissesse qui se dit que peut-être, pour son futur voyage en Thaïlande, elle aurait été plus inspirée de faire renouveler son document à la dernière minute à l'aéroport... mais peut-être qu'on lui aurait proposé alors de le faire à... Tombouctou, qui sait.... les voies de l'administration fédéral et cantonale sont impénétrables. 


Faciliter la vie des Suisses et Suissesses de "l'étranger"

Comme conclusion à cette petite histoire, je proposerai ceci. Plutôt que d'emmerder les frontaliers qui travaillent en Suisse, facilitons la vie des suisses et suissesses qui vivent en France, par exemple en suggérant à la Confédération que dans un rayon de 50km autour de Genève, toutes les demandes aillent directement au bureau de l'office cantonal de la population à Onex. Je propose aussi au Canton de développer plus rapidement une agglomération qui ne fasse pas de la frontière une coupe-gorge administratif.


Un coût pour l'économie locale

Je suggère aussi à Monsieur Maudet, qui s'occupe dudit bureau de l'office cantonal, qu'il trouve des voies d'accès facilités pour les suisses-ses vivant à proximité de Genève afin de leur éviter d'innombrables échanges téléphoniques, par mail, et une balade de 6 heures à Lyon ... après tout, il est aussi Conseiller d'Etat en charge de l'économie, et s'il s'en fout que les suisses-ses frontalier-e-s aillent se faire voir à Lyon, il devrait être sensible au fait que, pour les employeurs genevois, pour les travailleurs, ces heures d'emmerdements supplémentaires ont un coût pour l'économie locale.

Moins de frontière, plus de services!
Aux dernières nouvelles, notre Suissesse frontalière court toujours après son précieux passeport. Moralité: si tu es frontalier-e- va voir à Lyon si tu es Suisse-sse.

Ou alors: arrête de voter pour ceux qui veulent faire d'une frontière un mur infranchissable générant des surcoûts et des désagréments supplémentaires pour la population. 


17:09 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : frontalier, passeport, ocp, agglomération, grand genève | |  Facebook |  Imprimer | | |