sylvain thévoz

15/02/2018

Maudet veut en finir avec les Fêtes de Genève

fêtes de genève, tourisme, économie, maudet, genève La faillite de Genève Tourisme dans le dossier des fêtes de Genève est sans appel. Pertes financières des éditions 2016 et 2017 (déficit cumulé de 9.2 millions de francs), mais surtout du Conseil d'Etat où malgré les conseils professoraux et fort tardifs de Pierre Maudet, l'incurie de l'Etat a été totale.

Le magistrat en charge de l'économie du Canton arrive bien tard pour se poser en donneur de leçons alors qu'il a laissé filer les éditions précédentes et même affirmé que les votations municipales du 4 mars sur les fêtes de Genève étaient sans importance, bafouant au passage la démocratie. 

 

Une tentative de hold-up

La tentative de hold-up est grossière. On résume. 1) L'Etat ne contrôle pas Genève Tourisme qui fait faillite dans sa gestion des fêtes. 2) Maudet, magistrat à l'économie annonce que les votations municipales du 4 mars sur les fêtes de Genève n'auront aucune importance 3) Il annonce dans la presse qu'il compte utiliser les 16 millions de Genève Tourisme pour faire la promotion des hôtels, des congrès et des cliniques privés! Au final : fin des fêtes, et des millions ai service des intérêts du privé. La tentative de hold-up est parfaite. Les Genevois-e-s se laisseront-ils faire?

Pierre Maudet se pose aujourd'hui en fossoyeur des fêtes alors que l'Etat n'a rien fait pour assurer le suivi de la perception de la taxe touristique. 16 millions laissés flottant depuis des années!

Dans certains pays on demanderait la démission du ministre en charge de l'économie pour un tel scandale. A Genève, non, pas encore. Après deux éditions désastreuses, tout le monde est désormais d'accord pour dire que les fêtes doivent évoluer. Mais est-ce à la population, attachée aux fêtes, d'en payer le prix? Non. Est-ce à Monsieur Maudet qui n'a pas pu empêcher la faillite de proposer un nouveau projet ? Sûrement pas. 

 

Ce n'est pas aux Genevois-e-s de payer le prix du hold-up

Voilà des années que la Ville de Genève se bat pour que Genève Tourisme évolue, mette plus en avant la culture, et pas seulement les congrès et les banques. Aujourd'hui Maudet veut toujours plus... de la même chose, laissant à la Ville l'héritage de son incurie.

Parlant d'une fête de 4 jours seulement en 2019, si on suit Maudet, c'en est fini de la fête populaire pour les genevois-e-s. Le magistrat à l'économie pense lui aux... cliniques privées pour valoriser notre ville comme destination de référence pour une clientèle fortunée.

En résumé, le magot de 16 millions sur lequel Genève Tourisme est assis risque de ne plus du tout revenir aux Genevois-es. Ce magot, le PLR veut donc le mettre à disposition des cliniques privées, des congrès et de l'élite, des cinq étoiles et des joueurs de golf! [1]

De plus, Monsieur Maudet est drôlement culotté quand il affirme vouloir charger la Ville d'organiser de nouvelles fêtes en été...  alors que son groupe PLR coupe dans les budgets culturels et sociaux chaque année et n'arrête pas de vouloir moins de vie en Ville. Faudrait voir pour accorder ses violons du côté du PLR.

 

Votations du 4 mars : la population a son mot à dire

C'est donc aux habitant-e-s, le 4 mars prochain, de faire entendre leur voix, et de dire s'ils souhaitent soutenir une initiative populaire qui ramène les fêtes à 7 jours et charge la Ville de les organiser, laissant ainsi le magot de Genève Tourisme dans les mains des vendeurs de clinique privées, ou s'ils soutiennent le contre-projet qui demande au moins 11 jours de fêtes pour toutes et tous, exigeant de Genève Tourisme et du Conseil d'Etat de s'y impliquer en proposant autre chose que la vente internationale de Genève aux élites!

La votation du 4 mars garde donc tout son sens. Elle donne un espoir de pouvoir résister à une vision sociétale du type Monaco-sur-Léman que défend Maudet. Les fêtes populaires et les forains ne doivent pas être sacrifiées sur l'autel de la promotion d'une économie élitiste.

Le 4 mars, je vote Non à l'initiative et Oui au contre-projet, pour éviter que Genève Tourisme et Pierre Maudet n'empochent les millions au détriment de la population.

Aux Genevois-e-s de voter, s'ils ne veulent pas devenir les dindons de la farce.

 

[1]https://www.letemps.ch/suisse/pierre-maudet-veux-un-nouveau-pilotage-destination-touristique-geneve

 

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08/09/2015

Fêtes de Genève : renonçons à l'événementiel !

Bien qu’elles se terminent chaque année par un joli feu d’artifice, force est de constater que les Fêtes de Genève sont aujourd’hui un bric-à-brac d’animations coûteuses, une sorte de fête foraine dépassée. Les habitants, sous leurs fenêtres ou ailleurs, n’en veulent plus.

L’initiative populaire lancée pour des Fêtes plus courtes et plus conviviales enfonce le clou. Les bastringues d’un mois pour vendre de l’alcool ne font plus rêver. Faut-il faire confiance à Frédéric Hohl pour trouver une solution? Non. L’ancien directeur PLR des Fêtes de Genève les a conduites dans une impasse commerciale et culturelle.

Il faut donc réfléchir autrement qu’avec une ancienne logique. Tout d’abord, se poser la question de la raison d’être de ces fêtes, ainsi que de leur véritable nécessité. Qui les finance pour l’instant? Genève Tourisme. Pour quel public? Des touristes fortunés. Avec quel groupe d’intérêt? Les hôtels luxueux de la rade. Cette équipe n’est pas gagnante. Les habitants héritent des nuisances et de la poudre aux yeux.

 

Genève n’a pas à investir

pour sauver des fêtes qui ne font plus rêver

 

 

Pourtant, ce ne sont pas les propositions culturelles estivales qui manquent à Genève. Elles sont de qualité et… gratuites. Musiques en été, concerts sur la scène Ella Fitzgerald, aubes musicales aux Bains des Pâquis, films en plein air à Ciné transat, théâtre estival de l’Orangerie, grillades et animations dans les parcs et au quai Gustave Ador. Pas un soir sans qu’il ne se passe quelque chose dans notre ville. D’autres communes aussi font la fête (Festival Plein-les-Watts, Jazz à Hermance, etc.,). Et pour les aventuriers qui pensent plus loin que le bout de la rade, le Paléo Festival est à 15 minutes; le Festival de la Cité de Lausanne, tout comme le Montreux Jazz Festival, à une heure.

Face à ce constat, il me semble important de poser la question suivante: pourquoi ne pas renforcer l’existant, tout en développant des événements décentrés dans des quartiers, notamment sur la rive droite, trop souvent oubliée?

Genève n’a pas à investir pour sauver des fêtes qui ne font plus rêver. Plutôt que de frimer pour une clientèle de passage, il est plus important d’investir dans la construction du théâtre de la Nouvelle Comédie sur la gare du CEVA, pour la rénovation extension du Musée d’art et d’histoire, le Pavillon de la Danse. Faisons aboutir ces projets vitaux pour les générations futures, plutôt que de servir des caïpirinhas à foison.

Genève en fête, c’est toute l’année, pas juste un mois l’été avec une gueule de bois ensuite. Nos valeurs de diversité seront mieux défendues et Genève adéquatement mise en valeur si nous renonçons à l’événementiel racoleur au profit du renforcement du tissu culturel existant.

 

 

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18:43 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fêtes de genève, culture | |  Facebook |  Imprimer | | |