sylvain thévoz

17/04/2015

Voulez-vous gagner 6 milliards?

En Ville de Genève, ce dimanche, le budget de 5 années est en jeu. Au bas mot : 6 milliards. Tout l'avenir des service sociaux, du logement, de la culture, de la police, du sport, du soutien aux associations, des écoles, de l'aménagement urbain, des parcs, des places de jeu, des pompiers, des terrains de jeux, des nouvelles constructions, des rénovations de bâtiments, des préaux, de la politique pour les aîné.e.s, les jeunes,  etc., etc., est en jeu. Vous voulez gagner 6 milliards ? Allez voter.

Qui ne prend pas son vote ne gagne pas. 100% de ceux qui se sont abstenus perdent leur voix.


Et si vous alliez enfin ouvrir cette enveloppe qui traîne depuis 10 jours sur votre bureau ? 


Chaque voix compte

On arrive à la fin de cette campagne des élections municipales. Certains disent "enfin", ils en ont marre des stands, de son lot de photos, de folklore. La fatigue se fait sentir, tant du côté des candidat.e.s que des citoyen.ne.s. On peut comprendre que certains se sentent harcelés : flyers sur les pare-brise, dans les boîtes aux lettres, dans le journal, sur les écrans, glissés de la main à la main... Qu'on en finisse, remplace bientôt allez voter dans certaines bouches, ou : je vote promis, si vous cessez de me torturer pour d'autres. Chaque voix compte pourtant. Et nous ferons campagne jusqu'au bout.

Pourquoi tant d'abstention ?

Les vacances ont probablement freiné la participation 27.5% a trois jours de l'échéance, c'est très peu. Même si l'on m'opposera qu'il en était de même il y a 4 ans. Pourquoi un tel désintérêt ? Force est de constater qu'il y a encore et malgré les efforts de communications entrepris tant par la Ville que par le Canton un déficit abyssal de compréhension des institutions et de la technique du vote.

Le cumul des enveloppes dans l'enveloppe de vote. - Hein, quoi, une liste bleue dans l'enveloppe bleue une liste jaune dans l'enveloppe jaune, le tout dans l'enveloppe grise? Cela n'aide pas, c'est certain. A cela s'ajoute un désintérêt pour la chose publique, la politique. On a glissé d'une démocratie participative à une démocratie consumériste ou une démocratie d'initiés. Pour voter, il faut presque déjà participer. Ceux qui ne se sentent pas engagés se retrouvent devant les bulletins et les listes comme un voyageur en pays inconnu. C'est notre travail de donner les clés d'accès à cette culture démocratique. Nous l'avons fait. Ce travail doit et devra s'accentuer.

Après les élections... les élections!

La campagne électorale se termine dimanche. Nous n'en aurons pourtant pas fini ce jour avec l'enjeu collectif. Il reprendra... lundi 20 avril à l'aube pour l'élection au deuxième tour au Conseil Administratif, échéance au 10 mai. Et ensuite, durant 5 ans, nous continuerons de travailler pour regagner du terrain sur le désintérêt, l'abstentionnisme, les discours à l'emporte-pièce, les promesses vaines, la haine et la perte de confiance dans ce que sont et font les collectivités publiques.

Nous continuerons à fond d'informer, de sensibiliser, et d'impliquer les citoyen.ne.s. Parce que nous refusons d'avoir une démocratie de type drive-in. 

Jamais trop tôt pour dire merci

Il n'est jamais trop tôt pour dire merci quand on a reçu un cadeau. Le sentiment qui m'habite aujourd'hui, c'est la gratitude.

Merci aux habitant.e.s qui nous ont ouverts leurs portes, se sont intéressés aux points de notre programme, les ont parfois contesté, entamé des discussions sur les pas de porte, devant les postes, les marchés, les commerces.

Merci aux passant.e.s qui ont levé le nez de leurs téléphones portables, ont souri, pris 30 secondes pour s'intéresser à ce que leur tendait un autre humain dans le rythme effréné du quotidien. Merci aux curieux, aux insatisfaits, aux enthousiastes ; à ceux qui ont pris le risque de la parole, de l'autre, de la rencontre, de la sortie de l'anonymat. Merci à ceux qui ont dit : j'ai voté pour vous! ou bravo pour votre engagement, c'était un sacré carburant. Merci à ceux qui ont changé d'avis, se sont remis en question, merci pour votre ouverture d'esprit. Merci à ceux qui ont gueulé, c'était un bon coup de fouet. Merci à celles et ceux qui ont pris leur bulletin de vote en main et s'y sont affirmés. 

Merci, à tous ceux et toutes celles qui ont travaillé d'arrache-pied à cette campagne depuis octobre pour que la Ville de Genève ait une politique marquée à gauche au service de l'humain, un avenir, des moyens.

Merci à celles et ceux qui ont répondu présent dans un monde que nous refuserons toujours d'habiter d'une manière fantomatique.

   

Le parlement de la rue

Le monde est moins pourri dans la rue qu'aux journaux télévisés. Le monde est moins pourri dans la rue qu'avec le nez dans son téléphone.  Etre en campagne, c'est se donner à la rencontre et recevoir des surprises. 

C'est donner de l'information sur la Ville, sa gestion, ses mécanismes, ses enjeux, en proposer un projet politique et recevoir en retour, dans chaque immeuble, à chaque arrêt de tram, des attentes, des demandes, des insatisfactions, et de nouveaux regards.

Le tirage c'est dimanche.

Vous voulez participer ? Allez Voter.

Vous y gagnerez 6 milliards. Nous serons amplement payés de nos efforts.


Merci. 


14/04/2014

Jornot battu par l'abstentionnisme

2144.jpgElection du procureur général à Genève, La victoire n'est pas celle du procureur Jornot, c'est surtout celle, absolue de l'abstentionnisme: 66%. La défaite n'est pas celle de Pierre Bayenet, mais de la démocratie et de la représentativité. Un procureur sortant élu par environ 24% de la population représente qui en fait ? Et que reste-t-il de son bilan qui n'est ni soutenu ni voté par la majorité de la population ? Comment analyser un si faible taux de participation?

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07:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : baynet, jornot, procureur, élection, genève, palais, justice, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/03/2014

Bayenet - Jornot : corps à corps

topelement.jpgLe débat est dans la salle sans fenêtres mais il n'y a pas de barreaux. Il faut descendre l'escalier. La salle est déjà comble, plus de 200 personnes à vue de nez. Le public est assis sur le rebord des marches. Ce n'est pas uniquement des avocats, des juristes, le petit monde judiciaire qui est là, mais aussi les membres d'associations, habitant-e-s; de gauche, de droite... et d'ailleurs. Chaque candidat a ramené ses soutiens. La gauche est à gauche, la droite est à droite. Monsieur Jornot est bien en place. Il est arrivé à l'avance. Son costume est serré. L'homme a de l'embonpoint, porte une cravate bleue. Il cause avec les journalistes, sourit largement. Les éclairages artificiels donnent une lueur blafarde à la salle. A l'heure du repas de midi, on va parler prisons, arrachages de sac à mains, justice. J'ai pris mon sandwich au vol. Je l'ai payé 6 francs. Dehors, grand soleil. C'est le printemps déjà.

Bayenet à l'heure au rendez-vous

Pierre Bayenet ne se fait pas attendre. Seuls les journalistes sont nerveux. Ils craignaient que l'homme n'arrive en retard. Un débat public, c'est une mise en scène. On se croirait sur un plateau télé. Bayenet est à l'heure au rendez-vous. Il porte une parka vert pomme, cravate rouge, descend rapidement les escaliers, monte sur scène. Il est jeune, précis, avec l'air un peu lunaire de savoir très bien où il va, mais pas encore forcément comment. Il a de grandes chaussures noires, bien cirées. Mon sandwich est bon. J'ai pris l'un des deux qui était devant moi. Je n'avais pas beaucoup de temps, mais j'avais le choix. C'est peut-être un détail pour vous...

Mise en bouche

Ces deux hommes vont passer l'heure du midi à se faire cuisiner. Pas de salamalecs. Ils n'ont pas eu le temps de manger. Qui dévorera qui? Pour l'instant, seul le public les appâte. Ils sont assis face à lui, montés sur leurs tabourets. La table de Bayenet est mal ajustée. Deux personnes, accroupies, la stabilisent. Bayenet ne bouge pas. Il pose ses papiers sur sa table, certains sont annotés. Jornot n'a rien, juste des bouteilles d'eau. Un micro à la main, lunettes sur le nez. Tabula rasa et basta, son bilan.   

Prendre la mesure

Le débat commence. Jornot dit "bonsoir", la pénombre l'a trompé. On n'a pas l'habitude de voir les pieds des gens qui parlent. Dans les journaux, ce sont toujours les têtes que l'on relève, pas les ventres. Pareil pour les criminels... et les procureurs donc. On les prends face / profil, et voilà. On se fout pas mal de leurs cuisses. Et pourtant.... c'est toujours les corps que l'on enferme. La tête résiste, on n'y arrive pas. Et si les pieds parlaient plus que la langue? La voix de Bayenet est stable. Ses mains grandes, collées au corps. Ses pieds bougent sous la table, donnent le rythme. Pour que le débat aille plus vite? Peut-être. L'homme a soif de justice, ça se sent. Peut-être qu'il a un temps d'avance. Grandes jambes, longs bras. Ses dents semblent ok. Il dit: 15% des personnes qui sont à Champ-Dollon le sont à titre d'infraction sur la loi des étrangers. Quand il parle, il est un peu de bais, comme s'il disait des choses qui viennent d'un angle, d'un coin que l'on ne veut pas voir, à peine entendre;  comme s'il cherchait aussi à dire au mieux ce qu'il pense. Il regarde ensuite le public de face. Il cherche le contact, une forme de vérité je crois.

Droit dans ses bottes

Jornot est juché sur sa chaise, bien droit. Il semble droit dans ses bottes. Cet homme a dû faire l'armée. Il amorce ses certitudes, tire quelques cartouches, ça lui donne une contenance, de la puissance presque. Mais que vise-t-il ? L'idée de l'échec doit le tarabuster. Pas facile de passer devant le peuple. On ne sait jamais ce qui peut lui passer par la tête. Pourtant, il l'a déjà fait. Elu au conseil municipal de Veyrier, comme député au Grand Conseil, il a échoué dans sa course interne au PLR pour le Conseil d'Etat contre Mark Müller et Isabel Rochat en 2008. Est-ce que son corps raconte cela? Je ne sais pas. Il a pris du poids, ça c'est sûr. Sa tête bouge très peu. Son corps est immobile, rigide presque. Plus procureur que candidat, plus professionnel que politique, il se place au-dessus de la mêlée. Son coeur se serre pourtant quand il parle politique.

Grand écart et ronds de jambes
Jornot fait un grand écart entre son appartenance partisane et sa fonction. Il se tient pourtant sur scène jambes bien serrées, comme s'il craignait de laisser glisser quelque chose. Il est soutenu par le MCG et l'UDC. On a vu mieux comme pedigree. Dans son groupe de soutien se trouvent des affairistes, la crème du milieu de l'immobilier... et un avocat genevois membre de la fondation Pinochet
lance un homme dans le public. Bref, tout ce que le pouvoir bien établi exige de ronds de jambe. Justice de classe? Jornot s'en défend. Il nomme aussi des procureurs de gauche, rappelle-t-il. Il défend son bilan avec des mouvements précis de la manche et ferme le poing quand il évoque les arrêts domiciliaires. On oublie presque qu'il a 44 ans. On lui en donnerai presque 60 quand il parle de ceux qui, avec des bracelets électroniques, se la coulent douce avec une bière devant leur téloche. On pense qu'il rêve à sa retraite. 

Corps à corps

Les pieds de Bayenet s'animent encore. Il est chaud, mais se contrôle, ça se sent. Ses phrases cherchent le jab, il est vif. Le poing de Jornot se range dans sa poche. Les coups s'échangent, feutrés, puis plus forts. On pense que Bayenet va tomber, mais non, il sait frapper aussi : "Les conditions de travail au Ministère public sont mauvaises. Le taux d'absence est l'un des plus hauts de tout le Canton, avec 7,5%"  Jornot encaisse, rentre la tête, sur la défensive. Il entraîne Bayenet avec lui: "Je suis content que vous alliez dans mon sens en réclamant plus de policiers". Bayenet laisse faire, prend le contre-pied, "j'aimerai bien savoir quel est le bilan de monsieur Jornot en matière de lute contre les escroqueries fiscales, par exemple. Je ne le sais, car cela est gardé secret." Jornot perd pied, à moins qu'il ne feinte. Encore une demie-heure comme cela et il aurait craqué glisse un journaliste. Vrai? Peut-être. Surprise au moment du gong final. Il n'y a pas eu besoin de les départager aux poings. Chacun s'écarte d'un pas chassé. Pierre Bayenet a remporté le débat du jour contre Olivier Jornot. Il était plus frais, plus péchu, et plus proche des réalités sociales. En plus d'un vrai combat gauche-droite cette élection apparaît désormais aussi comme le combat des auto-satisfaits de leur gestion de la justice contre ceux qui la réclament encore. 

Voter avec ses pieds

Aux Pâquis, une amie m'interpelle devant le Temple. Des mecs chient dans son allée, planquent de la dope dans sa boîte aux lettres. Elle n'en peut plus, elle va craquer. Elle est contente de voir la police tourner, ça la rassure. Mais dès qu'elle est passée, c'est de nouveau la merde. Je me souviens des chaussures cirées des deux candidats au poste de procureur. Celui qui bougeait beaucoup me semble alors, dans son insatisfaction et son impatience, plus proche de la réalité que celui qui affirmait qu'il avait tout réglé en vantant son bilan, rappelant que remettre les délinquants dans la rue n’était pas la solution qui améliorerait la situation des genevois alors que les délinquants sont toujours dans la rue et que rien n'a encore changé pour les habitant-e-s des Pâquis ou d'ailleurs.

Je résume le débat du jour à mon amie. Elle me dit que je devrais écrire sur ces deux-là, ils sont rigolos. Voter? Elle me rit au nez. Elle le fera sûrement avec ses pieds le 13 avril... ou peut-être quand même... à la limite... pour celui qui aura su la toucher... si c'est encore possible. 

 

 

 

 

 

 

17:33 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élection, procureur, jornot, bayenet, genève, sécurité, police, prisons, justice | |  Facebook |  Imprimer | | |

04/10/2013

Debout les damné.e.s du sandwich!

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"Le système économique est complètement fou. Je suis persuadé que ça ne durera pas. Nous allons entrer dans une période de révolution et il faudrait la préparer". -Albert Jacquard-

Vendredi : indignation. Dimanche: élection. Mardi: utopie. Les jours qui viennent, ne dites pas que vous avez piscine, que les kids veulent aller à la montagne, vous ne serez pas crédibles. Suspendez les cours de gym. Zumba, bokwa, power-yoga, ça attendra. Il y a une rétrospective De Funès à la télé? Même Jess Owens ou Jesse James sur petit écran, ça ne fait pas le poids. McDo-boulot-dodo, emplettes à la Migros: embargo. Même la sieste est bannie -mmmmh c'était si bon pourtant-. Vous voulez du changement, une révolution? Debout, les damné-e-s du sandwich. Cette semaine ça ne rigole pas. Au menu: indignation, élection, utopie. Rien que ça. 

Vendredi: Indignation La Maison de Rousseau et de la Littérature (MRL) ouvre les feux avec un cycle de quatre jours  autour de l'indignation comme moteur de création. Russel Banks, guérillero US, membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, lunettes au front, plume en bandoulière allume la mèche avec une lecture-conférence évoquant le rôle de l'indignation dans son parcours d'écrivain. Retour sur sa critique de la guerre d'Irak, la fondation de son ONG établissant aux États-Unis des lieux d'asile pour écrivain-e-s menacé-e-s? Trois jours d'atelier, d'écriture, de lectures et performances à la MRL suivront ce Big Banks. Alors, Collin, Rousseau, Fiedler, Lo Verso, Banks, même combat? A voir, à entendre surtout, ça va ferrailler sec en vieille-ville. Les livres vont voler, fumer les pages, chauffer les cartouches d'encre rouge. Poudre, paroles (paroles?)... il vous manque le programme. Vous souhaitez vous engager? C'est par là que ça se passe... suivez le sentier (éclairé): www.m-r-l.ch

Dimanche: Election Hasard du calendrier ou complot révolutionnaire: entre indignation et utopie, se faufilent les élections. C'est à Uni-mail que ça se passe. Les partis politiques prennent leurs quartiers dans des cafés transformé en bocal boursouflés de ballons et de bannières. Dans une ambiance de kermesse ou d'abattoir, les militant-e-s de la première à la dernière heure animent le boulevard Carl-Vogt ; ça ronge son crayon à l'attente des premiers résultats, tapote son écran, fume clopes sur clopes. On trouve le temps long. Le chewing-gum est insipide. On guette le serveur, les photographes les papables, en alternance. Transpiration fine (ne rien montrer surtout), commentaires petites vannes, avant d'aller vite vite sur un plateau télé et faire, quoi qu'il arrive, contre mauvaise fortune bon cœur. On prend un dernier bonbon au miel, au menthol. Allez, ça donne la gnaque avant les entrées triomphales, les mots d'ordres répétés ou la débandade discrète par une porte escamotée. Vous avez-eu l'impression de vous ennuyer durant cette campagne, venez à Uni-mail en fin de journée, ce sera votre revanche. Vous en aurez un jus condensé. Les jours d'élections sont à la politique, ce qu'une arrivée est à la course cycliste. Le reste du temps on s'y ennuie, sauf les spécialistes. Vous voulez les résultats des jeux électifs? Pour le sprint, suivez cette ligne: http://www.ge.ch/chancellerie

Lundi: Débriefing. Résultats au scratch. L'élu de la veille au soir est sorti de route. Cyclothymiques, fébriles tachycardes attention, c'est ce jour là que s'enclenchent les vraies dépressions. Les stratèges font leurs comptes, les autres nettoient leurs bureaux, parlent à leur porte-manteau.

signet_evenements.gifMardi: Utopie Soyez raisonnables, demandez l'impossible. La Fureur de lire a placé la barre haut au-dessus de l'horizon. Cap sur l'utopie cette année. Russel Banks, après s'être indigné, aimante à l'utopie. Vous voulez du concret? En voilà: Des Pourfendeur de nuages, un Lamouratoire d'écriture, une constituante piratesque, des utopies cyclolittéraires. Une Société secrète d'explorateurs municipaux, un troc de livre, une Nuitopie, un bristophone, archiborescence. Ah ah! Pour terminer cette semaine folle, Isabelle Huppert lira Sade miam miam. Plaisir, enfer, paradis, utopie ou neurasthénie: la révolution s'en vient. Si vous voulez du beurre sur vos utopies, la brioche c'est par là: http://www.ville-ge.ch/culture/fureur

Avalée cette semaine gargantuesque, c'est promis, vos sandwichs n'auront plus jamais la même saveur. Utopie?


 

 

11:51 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : indignation, utopie, élection, russel banks, mrl, fureur de lire, grand conseil | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/09/2013

Tu votes ou tu votes pas?

 

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A 6 jours de l'élection du 6 octobre le taux de participation est toujours à moins de 10%. Le train est encore à quai, il est temps d'y monter. Après, ce sera trop tard, fini pour 5 ans, basta. Et suivant l'équipage, 5 ans, c'est long. Le 6 octobre, on élit avant tout 100 députés. Et ce n'est pas pour les mettre dans un wagon de première classe, mais pour qu'ils assurent la bonne marche collective, son service, sa conduite.

Alors citoyen-ne, voisin-e, tu veux être actrice du voyage, passager-e- concerné-e par la destinée du train, ou rester bêtement à quai à regarder passer les wagons? En démocratie, tu as pour mandat d'élire, mais aussi de surveiller, relancer, informer, contester ceux qui gouvernent par délégation afin qu'il fassent ce pour quoi on les élit: assurer la bonne marche de la société. En tout cas pas de leur offrir un voyage de 5 ans tous frais payé reconductible automatiquement. Citoyen-ne, voisin-e, voter te permettra ensuite de leur demander des comptes et de les placer devant leurs responsabilités. La priorité c'est aujourd'hui de lutter contre la pauvreté, pas contre les pauvres ; de lutter pour que la classe moyenne sorte la tête de l'eau, pas pour qu'elle s'y enfonce. On récolte de ses élu-e-s ce qu'on y a semé. Ou alors on change. Ou bien? 

Un bilan à faire

Avant de s'embarquer dans ce voyage de 5 ans, quel bilan tirer du voyage précédent?

La droite avec une majorité écrasante au Grand Conseil (68 députés contre 32 de gauche) 4 Conseillers d'Etat contre 3 a poursuivi sa politique de démantèlement des services aux citoyen-ne-s et de bradage de l'Etat. Cette majorité a mené le Canton au bord de l'implosion sociale et les inégalités n'ont cessé de croître ces dernières années. Cette droite chaotique a mené notre canton au bord de la faillite. Des politiques perverses et dangereuses pour les travailleurs et travailleuses, la stigmatisation des personnes au bénéfice de l'aide sociale ont rendu tous les liens sociaux plus fragiles. A force d'être férocement économistes, ces politiques ont perdues de vue celles et ceux qu'elles doivent servir: les citoyen-ne-s. Les libéraux-radicaux pousseront peut-être des cris d'orfraie devant ces affirmations, qu'ils le fassent. Ils aimeraient pratiquer l'art du serrage de boulons pour certains et l'ajout de service de première classe et de communication sur papier glacé pour d'autres en toute tranquillité, mais non. On ne peut pas tondre les citoyen-ne-s et avoir en plus leurs remerciements. Le peut-on?

Le new-management est dangereux pour la santé

Suppression du RMCAS, empilage de dossiers (jusqu'à 80 à l'Hospice Général sur des assistant-e-s sociaux débordés), augmentation des "critères" et des "barèmes" comme seules manières d'envisager l'humain. La guerre au doublon et la prime aux fusions d'entités a fait des victimes: les citoyen-ne-s. Une seule porte où s'adresser, et elle est bien gardée, n'entre plus qui veut et ça va empirer. Aux EPI (Etablissements publics pour l'intégration) le slogan c'est : "Après la fusion la culture d'entreprise". Allez voir ce qui reste du Département de la solidarité et de l'emploi après le passage de Monsieur Longchamp et avant que Madame Rochat, par un grossier tour de passe-passe, ne s'y fasse doucement oublier avant les élections.... La Santé? Et un et deux et trois plans de restructuration plus tard, allez écouter les travailleurs et travailleuses et rendez-vous aux urgences pour une petite attente de 6 heures, vous m'en direz des nouvelles. Vous cherchez un logement. Revenez dans 5 ans..... ou mettez trois mille balles sur la table. Merci qui? Merci Mark Müller, merci Longchamp, merci Rochat, merci Maudet.   

Les pauvres sous le tapis les beaux sur l'affiche?

L'Hospice Général ne fait plus son boulot par manque de moyens. Il fait donc refluer les personnes vers les communes ou simplement à la rue. Sous couvert de bonnes gestions et d'"intégration" avec un joli discours formaté new management les libéraux-radicaux coupent les prestations, fragilisent les prestataires ou les basculent vers d'autres horizons, espérant les perdre en route ou s'en débarrasser. Cela augmente la précarité sociale, et l'insécurité. 

Cette manière de (dé)faire les liens sociaux en créant des murs administratifs compose de fait des difficultés supplémentaire. Le culte du chiffre ne se marie pas avec la vie sociale. Ces politiques sont non seulement dangereuses mais surtout perverses. Le tout sécuritaire, voulu par Monsieur Maudet, avec des poses de caméras à plus 2 millions, des corps de police spécialisés qui se tournent les pouces pendant que d'autres triment sur le terrain; des dizaine de gendarmes et agents municipaux en plus qui au final font du travail administratif, tout cela coûte au final très très cher et n'éponge qu'à peine ce que les politiques anti-sociales voulues par Monsieur Longchamp et Madame Rochat ont contribué à créer.

Un autre quotidien est possible
La gauche, au quotidien, en travaillant sur le terrain, que ce soit pour soutenir l'économie sociale et solidaire ou en développant et en alimentant en Ville un fonds chômage ainsi que la Fondetec, Fond de soutien aux PME et aux start-up empoigne les enjeux autrement, sous l'angle de la durabilité. Elle lutte pour conserver une administration forte, redistributrice, créatrice d'emplois. Elle développe l'offre des places de crèche, développe une école inclusive, qui limite les décrochages et permet, si pas l'égalité des chances au moins de limiter la casse des inégalités. Elle a une vision plus large de ce qu'est la sécurité, et maintient un service public de qualité et efficace. La collectivisation des sols permet de retirer le terrain sous les pieds des spéculateurs. Un éducateur spécialisé dans chaque école c'est aussi moins d'insécurité dans les rues. 

Dernier départ pour la Genève qui se lève 

Il est temps, ici et maintenant, de changer cette majorité crasse du Grand Conseil, pour oser un autre modèle de société, et donner un autre rythme que celui du confort pour certains et les économies pour d'autres. C'est maintenant que tout se joue. C'est le dernier départ pour la Genève qui se lève. Après, le train partira pour 5 ans et que tu sois à quai ou pas, dedans ou non, voisin-e-, citoyen-ne-, habitant-e-, tu le sentiras passer, ça c'est garanti.


Alors, tu votes ou tu votes pas? 

28/05/2012

Un mot est un acte

Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte Un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte un mot est un acte est un mot

Facile, tu dis? - Menteur -

10:00 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : election, votation, politiques | |  Facebook |  Imprimer | | |