sylvain thévoz

28/11/2015

Climat : je marche, donc nous sommes

Pluie, neige et froid. Un temps tempéré aujourd'hui pour manifester pour le climat. Mais qu'est-ce que cela veut dire, au juste, manifester pour le climat?

Est-ce que le climat a besoin de moi, de nous, de nos chants, de banderoles et des schémas alarmants des courbes de Co2 prenant l'ascenseur?

Le climat n'a pas d'âme pas de liens, pas de responsabilités; il se moque que notre terre se torréfie et que nous soyons destinés, à plus ou moins courte échéance, si rien ne change, à y cuire.

Le climat nous grillera tous comme les derniers des criquets à la fin d'un été torride. Mais nous, en attendant... quelle vie voulons-nous et pour combien de temps? Alors que la conférence de Paris sur les changements climatiques s'ouvre du 30 novembre au 11 décembre, marcher pour le climat, c'est marcher pour l'humain.

C'est aller pour la vie, l'affirmer. 

   

La tyrannie de l'état d'urgence

L'air social est devenu, en certains lieux du continent, irrespirable. L'Etat liberticide a pris le pas sur l'état d'urgence. La France embastille aujourd'hui même 24 militants éco socialistes au nom de l'Etat d'urgence[1]. Elle opère des perquisitions administratives contre des couples de maraîchers bio et des associations de semeurs de graine ! Partout, des manifestations pour le climat ont été annulées en Europe pour risque d'attentat. La responsabilité de manifester est aujourd'hui plus grande que jamais, au nom de ceux qui sont empêchés de le faire. 

Les corrélations entre terrorisme et climat sont clairement posées.[2] Les liens entre instabilités géopolitique, migrations, noués. Il y a des luttes et des mouvements qui sont en marche. L'air du temps est à la défense de nos droits fondamentaux, ceux de vivre, s'opposer, respirer, manifester.  

 

Marcher pour l'éco-socialisme

Marcher pour le climat, c'est marcher pour les humains, dans leur écosystème; se balancer d'un pied sur l'autre, refaire encore et encore ce geste ancestral caractère des premiers hominidés. Geste d'humanité, depuis l'acquisition de la bipédie il y a 4 millions d'années ; de Lucy à ceux qui ont pressé le pas pour se mettre à l'abri le 13 novembre et pour tous ceux et toutes celles qui vivent sur cette planète, soumis aux aléas climatiques et sociaux, à l'accentuation des dérèglements.

 

Cyclo-révolutionnaires de tous les pays unissez-vous

Je marche pour un écosystème durable et protecteur, dans un pays libre. Je marche pour ceux qui partent à pied en laissant tout derrière eux, et se heurtent à des murs.

Je marche pour une réflexion profonde, morale (même si ce mot est raillé par les cyniques), sur la politique capitaliste coûteuse et à courte vue, qui sectionne nos héritages et ampute notre avenir aussi sûrement que des rafales de kalachnikov.

Je marche contre un système fou consumant un présent frénétique, avec l'hypocrisie d'une société se rêvant à 2000 watts mais n'arrêtant pas d'ajouter des prises et des câbles, des prothèses numériques à son vide existentiel.

Je marche contre ceux qui appellent cyclo-terroristes ceux qui veulent une place devant les 4X4, et mettent en taule des gamins de 16 ans parce qu'ils n'ont pas le bon permis de séjour.

 

Marcher pour la vie

Aujourd'hui, marcher pour le climat, c'est marcher pour une vision durable de l'humain dans son écosystème, respectueux de ce qu'il a reçu gratuitement, responsable de ce qu'il transmettra après lui.

C'est marcher pour faire groupe, corps, agréger les possibles, à mille ou deux mille à Genève et toujours plus demain, malgré toutes les menaces, contre toutes les résignations.

C'est marcher pour arrêter de rêver que nous sommes dans une bulle hors du monde, et que notre avenir se construira cloîtré chez soi avec un état d'urgence imposé et des camions de police dans la rue, soumis à l'angoisse unique que la connexion internet ne lâche et qu'il faille écrire Je suis nombril pour se sentir encore exister un tout petit peu.

 

 

Marche pour le Climat. Samedi 28 novembre, Genève.

Rassemblement à 13h, place des 22 Cantons.

 

 [1]etat-d-urgence-cosse-s-insurge-contre-la-mise-en-cause-de...

 [2]Terrorisme-et-si-on-cherchait-les-causes-du-cote-du-chang...

 

 

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www.sylvainthevoz.ch 

 

 

 

 

 

11:22 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : climat, marche, genève, ecosocialisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/05/2013

Sous les pavés les potagers!

cc30-a5.jpgQu’est-ce qui nage dans mon assiette ? Comment cela est-il produit, par qui, et dans quelles conditions ? Le vent de panique suite au scandale des lasagnes au cheval étiquetées bœuf a conduit à une profonde prise de conscience que nous n’avons plus le contrôle sur ce qui atterrit dans nos assiettes. Les éclats de merde fourrés dans les tartelettes d’IKEA montrent ce que les chaînes industrielles de consommation peuvent produire de plus exquis. Le parti socialiste ville de Genève a donc choisi de faire un numéro thématique spécial sur les questions alimentaires, pour planter de nouvelles graines.  

Qui sait encore planter, sarcler, biner, faire pousser des tubercules ?Comment voulons-nous produire notre alimentation, selon quels modes et avec qui? La préservation de terres agricoles et fondamentale. Comment garantir une agriculture de qualité et de proximité ? Les jardins urbains pourraient encore être accrus et la vente directe encouragée. Le porte-monnaie de chacun-e- ne s'en porterait que mieux.L’agriculture contractuelle, à l’inverse d’une agriculture livrée aux marchés et aux acheteurs dans des postures de monopole (COOP, MIGROS, etc.,) permet de produire à un juste prix, pour le producteur, pour le consommateur. 

L’affaire TourneRêve, les Jardins de Cocagne, le Jardin des Charrotons, les cueillettes de Landecy, les Ares et Vous à la ferme des Verpillères de Choulex, les vergers d’Epicure, le panier à 4 pattes, etc., etc., sont des démarches participatives qui renforcent ce lien de confiance et créent une plus-value sociale et relationnelle. L’épicerie-restaurant Les Mangeurs, La Fin des haricots, la ferme de Budé, etc permettent de se procurer les produits de l’agriculture de proximité et les déguster. L’espace-terroir délivre des paniers de légumes et de fruits et soutient ainsi la production de la région. Les alternatives existent, elles sont de plus en plus nombreuses ! Pourquoi continuer à manger Dieu sait quoi couvert par des emballages au mieux sexy au pire mensongers? 

Un remède de cheval à la crise de l'alimentation : l’écosocialisme

Parce que tout se tient, parce que le citoyen n’est pas un consommateur passif qui gobe ce qu’on lui met devant le nez comme un cochon, mais un agent de changement et de créativité. Parce que la question du sens, du coût et de l’éthique doit se poser, nous avons désormais deux plats bien distincts devant les yeux : l'écosocialisme ou la merde en boîte. Pourquoi manger de la crotte lointaine quand on peut manger des carottes locales? 

Sous les pavés: les potagers! Sur la planchette: le partage des ressources.  Le changement passera par un changement d'assiette (fiscale et alimentaire). Venez au lancement du journal Causes communes dédié à l'alimentation (28 pages, avec illustrations de Tom Tirabosco) pour déguster la différence.

Vendredi 3 mai dès 18h au Bibarium, 5 rue Dizerens. Vous amenez un petit quelque chose à manger, on amène le vin....