sylvain thévoz

15/12/2015

La droite s'enivre: le social et la culture trinquent

La droite s'est élancée sur le budget de la Ville de Genève pour le taillader. Tout à son enthousiasme de disposer enfin d'une majorité pour faire ce qu'elle voulait du budget 2016 de la deuxième ville de Suisse, elle a, après avoir refusé une première fois en septembre de faire le travail, choisi avant Noël de le hacher.

L'hybris de la coupe s'est emparée de la droite. Frénésie sélective quand même puisqu'elle a choisi arbitrairement d'épargner le sport, le Grand théâtre et les crèches...gare à la gueule de bois. Ses coupes ont permis de jeter une lumière crue sur l'inconsistance du seul magistrat de droite au Conseil administratif Guillaume Barazzone (PDC) qui a choisi de faire son lobby personnel à Berne, plutôt qu'honorer son mandat en Ville, et assumer le saccage de ses troupes.

La droite se renie

La droite coupant dans les budgets des associations culturelles et sociales, supprimant des emplois, le fonds de réinsertion fonds chômage, tout un pan de la vie associative locale, obnubilée par les chiffres abstraits, a perdu le contact avec l'économie réelle.

Elle a même perdu le contact avec ce qu'elle prétend encore défendre malgré elle: le courage d'entreprendre, la créativité, et l'engagement pour la collectivité. Si les explorateurs et entrepreneurs que la droite valorise avaient eu la même mentalité que cette droite rabougrie, ils auraient dit : nous ne pouvons pas avancer, il y aura peut-être des difficultés, restons au chaud, coupons tout. Arrêtons la vie.

Barazzone a choisit d'aller surfer à Berne, tranquille.  

La gauche s’est opposée aux coupes déséquilibrant le budget municipal en refusant le boni de 15.5 millions effectué sur le dos des forces vives de la société.

Ces coupes votées produiront des charges reportées. Elles mettent directement en péril des associations, des emplois, la cohésion sociale, et diminuent fortement les prestations à la population. Par un effet domino, elles entameront aussi profondément des secteurs de la vie collective. Surtout, elles pénaliseront injustement certaines associations qui se voient déjà assommer par les coupes du Canton. Elles créent des inégalités de traitement injustifiées.

Quelques exemples parmi tant d'autres!

Centre social protestant
Pour le CSP, la baisse du Canton représente CHF 30'000.- de moins au budget. Cette baisse devra être compensée par une hausse des produits propres; cumulée à d'autres pertes, elle débouchera sur
une suppression de poste. Les coupes de 2% imposées au Centre Protestant de Vacances par la droite du conseil municipal les y condamnera probablement.

Caritas
Pour Caritas, la baisse du Canton sera du même ordre de grandeur que le CSP (CHF 30'000.-) avec les mêmes problèmes (compensation à chercher sur d'autres recettes) et les mêmes conséquences potentielles (nécessité de réduire les charges sur les coûts de personnel). Les coupes de 2% imposées en Ville les y condamnera.

F-information
Pour l'association destinée aux femmes et aux familles, les coupes cantonales  représentent 30'000.- en moins sur budget. C'est la suppression d’un poste de 30% avec 8 heures de consultation en moins par semaine pour les femmes. Le montant de la réduction ne pourra pas être compensé par ailleurs. La droite municipale y ajoute encore 2% !


Alcip
Pour l’Alcip, l'association de lutte contre les injustices sociales et la précarité, les coupes cantonales déboucheront sur une suppression de poste d’un permanent à 50 % et à ne plus pouvoir éditer leur journal. Ils vont devoir réduire également de moitié leur distribution de nourriture via Partage pour les plus démunis. Les 2% de coupe ajoutée en Ville limiteront encore l'appui aux plus démunis.


Boulevard, Aspasie

Pour les associations boulevard et Aspasie, aux 5% cantonaux doivent s’ajouter le 1% de solidarité avec l’association PVA (Personnes vivant avec) qui s’occupent des personnes atteintes du VIH. Boulevard a déjà perdu 6% de son budget pour 2016. Un poste de collaboratrice socio-sanitaire à été supprimé. Les coupes de 2% en Ville fragilisent encore plus la structure.


Pro Juventute
Pour Pro Juventute, les coupes cantonales représentent une diminution de 95'000.-  Comment y faire face? 2% de coupe en Ville en plus! Joyeux Noël pour les enfants. 


A ces associations fragilisées qui surnageaient déjà difficilement, auquel le Canton a mis la tête sous l’eau. La droite municipale a choisi d'attacher une pierre.

 

Double coupes pour certains, triple coupes pour d'autres

Les acteurs culturels sont eux aussi frappés de plein fouet. Là aussi :  double sanctions des coupes cantonales et municipales. Cela fait donc 3% de coupe pour le Théâtre Am Stram Gram, Les Marionnettes, le Poche, la Comédie, l'Orchestre de Suisse Romande, L'Orchestre de Chambre Genevois, exemples parmi d'autres. Mais il faut là y ajouter encore la baisse de 10% des fonds de soutien à la création et aux manifestations ! 

Ces coupes interviennent dans un contexte économique difficile pour la culture, avec une crise financière, et le franc fort. Les coupes de la droite touchent un secteur vital pour la ville locale ayant permis l'engagement de presque deux mille personnes en 2014.

Elles affectent les petites institutions qui n'ont pas de budget de production, mais aussi les manifestations qui en dépendent: fête du théâtre, fête de la danse, festival Electron, Black Movie, Filmar, Animatou, Ciné Transat, etc.

Ce sont donc directement des prestations à la population qui sont touchées.

 

La droite n'aime pas la musique

Si l'on prend le fonds général Musiques et chorales, ce sont les ensembles suivants de musique populaire qui seront touchés : Empro, Losange, Fifres et tambours, Cercle choral, Union accordéonistes mixtes, etc... la culture porte seule plus de 10% des coupes de la droite!

Pourquoi un tel acharnement sur ce qui fonde le vivre ensemble?

 

Tout le monde y perd

Au final, les habitant-e-s de la Ville de Genève paieront toujours autant d’impôts pour moins de service. La production collective de richesse en Ville sera atteinte. Ceux qui ont de la peine à boucler les fins de mois seront les premiers touchés.


La gauche s’est opposée à cette ivresse destructrice de la droite qui, pour une question de posture politique, a balayé le fait que les dépenses de fonctionnement de la Ville sont sous contrôle (1%), que la gouvernance et la gestion financière de la Ville sont fortes. Aujourd’hui, la Ville honore sa dette, dispose de liquidités. Pourquoi casser un budget à l’équilibre? Est-ce parce que la Ville fait mieux que le Canton que la droite veut la faire tanguer ?

 

Retirer le coupe-coupe des mains de la droite


La population augmente, les besoins croissent. L'endettement des collectivités publiques ne conduit pas à des politiques restrictives. La dette en ville de Genève est sous contrôle et n'entame pas l’exercice budgétaire.

Par contre, la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse. Aujourd’hui, la Ville assure les moyens de ses prestations. Avoir sabré dans ce budget 2016 met en péril tout un pan de l’économie et de la population.

 

Les référendums sinon rien

La gauche lancera donc des référendums pour contester ces coupes devant le peuple. Je suis persuadé que le peuple les soutiendra et refusera de payer toujours plus pour recevoir toujours moins, et de valider ces coupes qui vont contre son intérêt et son attachement à des associations et acteurs culturels de Genève qui le lui rendent au centuple. 

 

Quant au PDC qui tabasse le social et la culture avec un magistrat absent et se lie toujours plus étroitement au MCG malgré ses grandes déclarations de refus d'alliance avec ce parti, il est définitivement passé du côté des tartuffes.

 

Barazzone démission


Et si Monsieur Barazzone a oublié qu'il a été élu pour siéger dans un Conseil Administratif en Ville de Genève et y faire son boulot, qu'il démissionne. Son absence durant le vote du budget illustre bien l'incohérence des discours de la droite et son irresponsabilité.

Appeler les autres à la rigueur tout en se donnant des passe-droits est hallucinant. La droite devrait s'appliquer sa morale avant de l'imposer à ceux qui, faisant leur travail, luttant au quotidien, créent des richesses et améliorent la vie en Ville de Genève.

 

 

 

08:48 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, conseil municipal, ville de genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/12/2015

Voulez-vous être les dindons de la dette?

En Ville de Genève, la droite a annoncé en commission des finances vouloir faire un bénéfice de 15.9 millions. Elle a déposé des amendements pour des réductions linéaires dans le domaine de la culture, du social et de l'économie de proximité.

La droite veut casser l'économie réelle qui produit de la richesse et offre de l'emploi à de nombreux habitant-e-s pour "rembourser la dette". Elle prétend infliger à la structure publique les remèdes qu'elle a développé dans le privé au bénéfice des conseils d'administration et au détriment des gens. Sauf qu'une entité publique ne se gère pas comme un fonds entrepreneurial; ses objectifs ne sont pas similaires. Sa finalité n'est pas de faire du bénéfice, mais de répondre aux besoins de la population.

 

Il n'est pas dans la vocation d'une crèche de faire du bénéfice, il n'est pas dans la vocation d'un théâtre de faire du bénéfice, il n'est pas dans la vocation de la fête de la musique d'augmenter son cash-flow ou aux associations s'occupant des plus précaires de faire du fric!

En réalisant leur mandat social, culturel, économique, ils créent des richesses et évitent l'appauvrissement de notre société. La mission de la collectivité est de leur permettre d'exercer leur travail pour le bien de toutes et tous, pas de l'entraver.

 

L'hypnose de la dette

Rembourser la dette à tout prix est le seul argument que la droite revancharde et frustrée par des années de posture minoritaire parvient à articuler pour montrer qu'elle est désormais aux commandes du cénacle municipal. Mais que veut-elle  ? Elle même ne le sait pas. Elle ne donne aucune impulsion politique, aucune direction, ne fait aucun choix. Elle veut juste "rembourser la dette" (n'importe comment, tout en créant des coûts reportés) et couper au plus court, sans concertation, sans réflexion, en biffant des lignes transversales d'un budget sans savoir ce qu'il y a dedans. 

 

La santé économique de la Ville est excellente

L'argument du remboursement de la dette est extrêmement faible. Tout d'abord, parce que la Ville de Genève bénéficie d'une économie forte avec un produit intérieur brut par habitant très élevé en comparaison internationale. Les dépenses de fonctionnement sont contrôlées (1%). La gouvernance et la gestion financière de la Ville sont excellentes. La gestion de la dette et de la trésorerie est prudente. Genève fait preuve d'un contrôle étroit sur ses entités satellites.

La Ville a effectué en mai 2014 un remboursement obligataire de 200 millions de francs suisse. Les prochains échéances de remboursement obligataire ne seront pas avant 2023. En conséquence, le service de la dette intègre uniquement à l'heure actuelle les charges financières et la dette à courte terme de la Ville. Il ne s'agit pas là de propagande socialiste... mais du rapport de Standard's and Poor's de novembre 2015 qui crédite la Ville de Genève de la note AA- et que l'on ne peut qualifier d'officine de propagande de gauche.

 

Du danger de prendre les gens pour des dindons

L'argument monomaniaque du remboursement de la dette est dangereux. Parce qu'en proposant à une collectivité publique de faire du bénéfice en coupant dans les prestations pour donner de l'argent à une économie virtuelle, cela affaiblit la collectivité et revient à engraisser des banquiers qui n'ont même rien demandé. Ces derniers ont prêté de l'argent sans intérêt à la Ville de Genève, voir à intérêt négatif.  Il est donc faux de dire que l'endettement des collectivités publiques conduit à des politiques restrictives! Ce qui est certain, c'est que la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse.

 

Garder la tête froide

La déclaration de guerre de la droite élargie visant à faire du bénéfice sur un budget équilibré est négative pour la Ville de Genève. Couper les prestations à la population en temps de crise, est un choix politique périlleux et rajoute de l'insécurité à l'insécurité à un moment où il faut garder la tête froide.

Pas sûr que les genevois-es accepteront de payer plus pour obtenir moins de prestations. Pas sûr non plus que les moins fortunés accepteront d'éponger l'austérité plus fortement que ceux qui ont 10 fois plus de moyens qu'eux. Si la droite va jusqu'au bout de sa logique accidentelle, un référendum s'imposera afin de lui retirer le coupe-coupe des mains.

 

Ne soyons pas les dindons de la dette !

Ce qu'il faut retenir des remèdes ultra-libéraux de la droite ? Toujours moins de prestations pour le public; une fragilisation de l'économie pour un renforcement de l'économie virtuelle au détriment de l'économie réelle; une non-concertation avec les politiques cantonales, un mépris des associations qui vont se voir couper deux fois, et subir en quelque sorte une double peine, d'une manière totalement aléatoire, et sans réflexion sur les buts poursuivis;  un mépris des syndicats, des employés, de toute forme de réflexion participative ; une litanie, : réduire une dette.. pourtant contrôlée qui ne péjore pas les finances de la Ville, bien au contraire, elle lui permet d'entreprendre.

Ce qu'il faut retenir des remèdes ultra-libéraux de la droite ? une fièvre monomaniaque de montrer son pouvoir de nuisance et le dresser contre tout ce qu'elle ne peut comprendre ; enfin : un aveu d'impuissance et de faiblesse politique : détruire est toujours plus facile que construire.

Les genevois accepteront-ils d'être les dindons de la dette, et de payer un prix fort pour voir leurs prestations baisées par les petits comptables frustrés de la droite qui n'ont qu'une idée en tête ... faire jouer les autres au jeu de "qui veut perdre des millions" pendant qu'ils tirent les marrons du feu pour leurs petits copains de la finance et banquiers ? 

Réponse samedi 12 décembre dès 8h pour le vote du budget en Ville de Genève.

Rassemblement citoyen 8h même jour au 2 Hôtel de Ville pour s'opposer aux coupes.

Et joyeuse escalade !

 

 

 

10:06 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : budget, conseil municipal, dette, prestations publiques | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/06/2015

La démocratie : rien que la démocratie

martine sumi,parti socialiste,conseil municipal,présidence,vote,démocratieCe mardi le Conseil Municipal va désigner son président ou sa présidente pour une année. Cela ne sera pas une désignation par défaut. Martine Sumi, socialiste, membre du bureau du conseil municipal brigue cette présidence. Carlos Medeiros, MCG, de même. Certains grincheux regrettent que cette élection n'ait pas été tacite. Ils auraient voulu que le siège revienne de droit au MCG. Le groupe socialiste a choisi de présenter Martine Sumi, parce que la présidence au Conseil Municipal est l'enjeu d'un débat et demande de vraies prises de position sur des valeurs politiques.

 

Tout oppose ces deux candidat-e-s. Martine Sumi est Présidente de GymSeniors, membre du comité de l’Université Populaire Albanaise et de Solidarité Bosnie. Elle s'est toujours engagée pour l'égalité femme-homme. Issue d'un petit village du canton de Vaud, elle aime rappeler que lorsqu'elle est née, les femmes n'y avaient pas encore le droit de vote. Cela l'a été bien tardivement, en 1971, lorsqu'elle avait 15 ans, et cela a été le fruit d'une lutte. Martine Sumi est une femme de dialogue, constructive. Membre du Syndicat SIT, créatrice de F-information et du bureau de l'égalité, créatrice de Viol Secours, de la  Marche mondiale des Femmes, active auprès de l'association Camarada, elle inspire confiance et a toujours placé le respect de l'autre au plus haut point. 

Carlos Medeiros? Pour l'avoir côtoyé durant 4 ans, m'être fait traiter par lui de connard, de tapette, avoir été provoqué: buste en avant et index glissé sous son cou en signe de menace, avoir vu ses insultes fleurir sur les réseaux sociaux, ce monsieur n'est pas le type d'élu dont on rêve pour représenter la Ville de Genève et ses valeurs (pour autant qu'on les partage).

En politique, il faut avoir le cuir épais. Je ne fais pas une affaire personnelle des dérives de Monsieur Medeiros. Je les rappelle simplement ici pour évoquer mon droit démocratique à ne pas soutenir quelqu'un qui fait de l'insulte une banalité et joue de l'intimidation en menaçant physiquement ses adversaires politiques. Soutenir Martine Sumi, c'est promouvoir une certaine idée de la démocratie contre ce qui la menace.  

 

MCG. Ni de gauche, ni de droite, mais prêt à tout pour être élu

Et puis, quelle étrangeté, pour un parti comme le MCG, ne se revendiquant ni de droite ni de gauche, d'invoquer un droit à obtenir cette présidence en regard d'une coutume de tournus profitant aux partis bourgeois. Or, on le sait, les coutumes sont partagées par ceux qui ont en commun les mêmes valeurs. Pour ceux qui les récusent, comment simultanément les invoquer pour en bénéficier?

Le MCG a fondé son engagement sur la contestation du système. Il s'est toujours défini comme refusant le compromis et le partage du pouvoir. Le voilà, maintenant, prêt à tout pour être élu, devenir plus royaliste que le roi, en lançant des coups de téléphone à tout va pour obtenir les voix du PLR et du PDC. Ce parti, prétendu un jour contestataire, promet maintenant de voter tous les budget de la Ville, tous les objets politiques qu'on lui présentera, tout et son contraire finalement, pour autant que son préféré soit élu.

Mais être président-e- du Conseil Municipal ne vise pas à assouvir une revanche personnelle, ce doit être une volonté de servir le bien collectif. Ainsi se pense l'alternance du pouvoir. Il est destiné à promouvoir une finalité collective. La manière dont le MCG gère cette élection montre qu'il n'en a cure. Le MCG pourrait, par exemple, présenter un autre candidat, plus rassembleur et attentif à l'avis collectif. Peut-être alors qu'un certain nombre d'élu-e-s se sentiraient potentiellement représentés par lui. Mais il faudrait, là encore, que le MCG soit prêt à dialoguer, entrer dans le jeu de la représentation, plutôt que de faire de l'autisme et du forcing avec Medeiros.   

 

Pas de putsch du parti socialiste mais une proposition alternative  

Le Parti Socialiste ne provoque pas un putsch en opposant Martine Sumi à Carlos Medeiros. Il continue d'oeuvrer dans le champ démocratique. Il propose à une assemblée à majorité de droite et d'extrême-droite, où un certain nombre voix s'élèvent pour dire qu'il leur est impossible de voter pour Monsieur Medeiros, une alternative.

L'alternative, c'est bien ce qui fonde l'alliance des verts, du ps et d'ensemble à gauche. Une alternative à ce qui met à mal les valeurs de notre République. Une alternative à un nostalgique du dictateur Salazar, aux coups de force et aux intimidations; une possibilité de ne pas subir ce vote mais d'exprimer politiquement une autre option. 

 

La violence n'a pas droit de cité

Il ne s'agit pas, ce mardi, comme l'a faussement fait entendre Julien de Weck dans un éditorial de la Tribune de Genève d'un déni de démocratie ou, comme l'a affirmé Adrien Genecand (PLR) d'un appétit démesuré de la gauche. Si le PLR ou le PDC avaient proposé un.e candidat.e, le parti socialiste l'aurait soutenu.e, par respect pour le tournus gauche-droite. Malheureusement, ils ne l'ont pas fait. Il s'agit de servir la démocratie, rien que la démocratie; et de combattre, par le vote, le MCG. Parce que nous sommes en désaccord total sur ce qu'est la racine de ce parti (le rejet de l'autre, la stigmatisation de l'étranger, le travail de sape contre les institutions, la préférence de quelques uns contre tous les autres).

Laisser accéder Medeiros à la présidence sans combattre, c'est cautionner le fait que les messages de rejet de l'autre, de haine et de violence ont droit de cité aux plus hautes fonctions de la Ville. Contrairement à certains, nous ne nous y résoudrons jamais. 

 

Quand la droite se mêle au MCG

Comment faudrait-il nommer le principe qui laisserait le champ libre en Ville de Genève à celui qui est fier d'être la doublure de Stauffer ?

Le MCG ne progresse plus en Ville de Genève. Il a été rejeté de l'exécutif de la ville d'Onex grâce à l'engagement de forces politiques diverses mobilisées pour empêcher que des "commune zéro frontalier" voient le jour.

Aujourd'hui, l'attitude de la droite est nauséabonde. Alors qu'au Canton elle s'est mobilisée pour barrer le chemin de Stauffer à la présidence, en Ville de Genève elle est prête à se soumettre devant le MCG et construire avec lui une étroite alliance politique.

Le PDC et le PLR appellent désormais ouvertement à voter Medeiros. Alors que le président du PDC, Sébastien Desfaye, avait courageusement, dès le début de sa présidence, appelé à  refuser toute alliance avec le MCG, voilà que son parti se dit prêt à retourner sa veste, se boucher le nez et voter avec l'extrême droite. Voilà que Lionel Ricou, chef de groupe du PDC en Ville de Genève embrasse le MCG, avec le soutien de Guillaume Barazonne. Les électeurs et électrices qui ont pensé voter pour plus de nature en Ville constaterons malheureusement, par ce vote, qu'ils ont soutenu quelqu'un qui préfère le brun. 

 

La démocratie jusqu'au bout

C'est bien parce que le MCG a été élu par les urnes qu'il peut être contesté par un vote. C'est ainsi que le Conseil fédéral avait été débarrassé de Blocher. Il s'agit toujours là de démocratie, de prises de position et de risques.

Qu'est-ce que le parti socialiste a à gagner dans ce combat? Pas grand chose. La droite et l'extrême droite seront tentés de se fédérer encore plus étroitement. Carlos Medeiros se pose déjà d'une manière complaisante en angelot-victime. Les intimidations vont augmenter afin de faire payer à la minorité de gauche son acte de résistance démocratique. Si Martine Sumi est élue présidente du conseil municipal, ce sera une voix de moins pour l'Alternative lors des votes en plénière.

Le PS n'a pas grand chose à gagner à la présidence de Martine Sumi. C'est la démocratie qui sortira gagnante si elle est élue à la présidence du Conseil Municipal ce mardi.   

Qu'est-ce que le parti socialiste a à gagner : pas grand chose.

La démocratie ? Beaucoup. 

 

 

 

http://www.tdg.ch/signatures/editorial/La-dignite-versus-le-deni-de-democratie/story/24550738

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Sebastien-Desfayes-est-le-nouveau-president-du-PDC-genevois/story/27814809

https://www.ge.ch/egalite/representation-politique/temoignages/sumi-martine.asp

07:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : martine sumi, parti socialiste, conseil municipal, présidence, vote, démocratie | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/04/2015

Voulez-vous gagner 6 milliards?

En Ville de Genève, ce dimanche, le budget de 5 années est en jeu. Au bas mot : 6 milliards. Tout l'avenir des service sociaux, du logement, de la culture, de la police, du sport, du soutien aux associations, des écoles, de l'aménagement urbain, des parcs, des places de jeu, des pompiers, des terrains de jeux, des nouvelles constructions, des rénovations de bâtiments, des préaux, de la politique pour les aîné.e.s, les jeunes,  etc., etc., est en jeu. Vous voulez gagner 6 milliards ? Allez voter.

Qui ne prend pas son vote ne gagne pas. 100% de ceux qui se sont abstenus perdent leur voix.


Et si vous alliez enfin ouvrir cette enveloppe qui traîne depuis 10 jours sur votre bureau ? 


Chaque voix compte

On arrive à la fin de cette campagne des élections municipales. Certains disent "enfin", ils en ont marre des stands, de son lot de photos, de folklore. La fatigue se fait sentir, tant du côté des candidat.e.s que des citoyen.ne.s. On peut comprendre que certains se sentent harcelés : flyers sur les pare-brise, dans les boîtes aux lettres, dans le journal, sur les écrans, glissés de la main à la main... Qu'on en finisse, remplace bientôt allez voter dans certaines bouches, ou : je vote promis, si vous cessez de me torturer pour d'autres. Chaque voix compte pourtant. Et nous ferons campagne jusqu'au bout.

Pourquoi tant d'abstention ?

Les vacances ont probablement freiné la participation 27.5% a trois jours de l'échéance, c'est très peu. Même si l'on m'opposera qu'il en était de même il y a 4 ans. Pourquoi un tel désintérêt ? Force est de constater qu'il y a encore et malgré les efforts de communications entrepris tant par la Ville que par le Canton un déficit abyssal de compréhension des institutions et de la technique du vote.

Le cumul des enveloppes dans l'enveloppe de vote. - Hein, quoi, une liste bleue dans l'enveloppe bleue une liste jaune dans l'enveloppe jaune, le tout dans l'enveloppe grise? Cela n'aide pas, c'est certain. A cela s'ajoute un désintérêt pour la chose publique, la politique. On a glissé d'une démocratie participative à une démocratie consumériste ou une démocratie d'initiés. Pour voter, il faut presque déjà participer. Ceux qui ne se sentent pas engagés se retrouvent devant les bulletins et les listes comme un voyageur en pays inconnu. C'est notre travail de donner les clés d'accès à cette culture démocratique. Nous l'avons fait. Ce travail doit et devra s'accentuer.

Après les élections... les élections!

La campagne électorale se termine dimanche. Nous n'en aurons pourtant pas fini ce jour avec l'enjeu collectif. Il reprendra... lundi 20 avril à l'aube pour l'élection au deuxième tour au Conseil Administratif, échéance au 10 mai. Et ensuite, durant 5 ans, nous continuerons de travailler pour regagner du terrain sur le désintérêt, l'abstentionnisme, les discours à l'emporte-pièce, les promesses vaines, la haine et la perte de confiance dans ce que sont et font les collectivités publiques.

Nous continuerons à fond d'informer, de sensibiliser, et d'impliquer les citoyen.ne.s. Parce que nous refusons d'avoir une démocratie de type drive-in. 

Jamais trop tôt pour dire merci

Il n'est jamais trop tôt pour dire merci quand on a reçu un cadeau. Le sentiment qui m'habite aujourd'hui, c'est la gratitude.

Merci aux habitant.e.s qui nous ont ouverts leurs portes, se sont intéressés aux points de notre programme, les ont parfois contesté, entamé des discussions sur les pas de porte, devant les postes, les marchés, les commerces.

Merci aux passant.e.s qui ont levé le nez de leurs téléphones portables, ont souri, pris 30 secondes pour s'intéresser à ce que leur tendait un autre humain dans le rythme effréné du quotidien. Merci aux curieux, aux insatisfaits, aux enthousiastes ; à ceux qui ont pris le risque de la parole, de l'autre, de la rencontre, de la sortie de l'anonymat. Merci à ceux qui ont dit : j'ai voté pour vous! ou bravo pour votre engagement, c'était un sacré carburant. Merci à ceux qui ont changé d'avis, se sont remis en question, merci pour votre ouverture d'esprit. Merci à ceux qui ont gueulé, c'était un bon coup de fouet. Merci à celles et ceux qui ont pris leur bulletin de vote en main et s'y sont affirmés. 

Merci, à tous ceux et toutes celles qui ont travaillé d'arrache-pied à cette campagne depuis octobre pour que la Ville de Genève ait une politique marquée à gauche au service de l'humain, un avenir, des moyens.

Merci à celles et ceux qui ont répondu présent dans un monde que nous refuserons toujours d'habiter d'une manière fantomatique.

   

Le parlement de la rue

Le monde est moins pourri dans la rue qu'aux journaux télévisés. Le monde est moins pourri dans la rue qu'avec le nez dans son téléphone.  Etre en campagne, c'est se donner à la rencontre et recevoir des surprises. 

C'est donner de l'information sur la Ville, sa gestion, ses mécanismes, ses enjeux, en proposer un projet politique et recevoir en retour, dans chaque immeuble, à chaque arrêt de tram, des attentes, des demandes, des insatisfactions, et de nouveaux regards.

Le tirage c'est dimanche.

Vous voulez participer ? Allez Voter.

Vous y gagnerez 6 milliards. Nous serons amplement payés de nos efforts.


Merci. 


12/03/2012

Le racisme à la mode de chez nous

portraits_web1.jpg Alexandra Rys, présidente du conseil municipal de la Ville de Genève a écrit une lettre aux élu-e-s la semaine passé pour leur rappeler les bases de la vie en société, rien de moins. "Chacun a droit au respect", "les propos sexistes, attentatoires à l'honneur ou d'autre manière irrespectueux à l'endroit d'un ou d'une collègue..." sont condamnés. Pas de mention de racisme. Ah bon? Démodé, le racisme? Pourtant, enrobé sur le ton de la blague, de l'humooooour, et sur le dos des Roms, ou des femmes noires et de leur psychologie singulière (signé MCG), le racisme reste une valeur refuge. Depuis le début de la législature d'ailleurs, des élus MCG font étalage de tirades homophobes, xénophobes et racistes. Ne jouons pas sur les mots, pourquoi le respect devrait-il être donné "entre collègues" seulement et pas à toutes et tous les citoyen-ne-s?

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23:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : racisme, sexysme, xénophobie, conseil municipal, genève, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |