sylvain thévoz

28/03/2016

Qui roulera la pierre ?

Qui roulera la pierre, qui dégagera l'entrée, qui donnera de l'espace pour l'herbe sur la terre.

Qui ramènera le disparu, rassemblera les bandelettes, les bandages et le bois.

Qui allumera le feu ?

 

Qui fera décoller l'avion, ramènera le peloton.

Qui remplira le distributeur, nourrira les cochons?

Qui vendra son journal, qui gonflera ses ventes, dira non le premier?

Qui cassera la clé dans la serrure?

Que retiendra l'annonceur?

 

Qui trichera sur les mots, fera sauter le fusible, désignera le bouc émissaire?

Qui protégera le système?

Qui fera corps avec lui,  en fera du compost?

 

Qui saura se chauffer? Qui fera sauter la chaudière? 

Qui reconnaîtra le maître, qui jugera Judas, qui votera Pilate,

les imbéciles du Conseil d'Etat?

 

Qui criera : Expulsez-les ! Et libérez l'escroc?

Qui ira chercher l'homme à l'aube pour le séparer de sa femmes et de ses enfants?

Qui fera de l'homme un sans-domicile fixe?

Qui interdira la mendicité et persécutera les pauvres? 

Qui fera de la police une idole asservie ? 

 

Qui sentira le pouls de l'arbre, qui palpera la pierre, qui trouvera la source?

Qui éveillera la conscience, qui cèdera à la colère, que nourrira l'ego ?

Qui gagnera l'eurofoot, remplira le frigo ?


Qui roulera la pierre, qui autorisera les pleurs ?

Qui fera bondir les ventes? Qui toussera sans respirer? Qui polluera sans gêne? 

Qui nourrira les diviseurs, ouvrira un crédit à 4 milliards pour bétonner de l'eau ?

 

Qui servira le pouvoir de l'argent?

Qui roulera en Harley, sponsorisé par le Qatar?

 

Qui détachera les ceintures d'insécurité?

Qui roulera la pierre qui bloque l'entrée? 

 

Qui affirmera sa liberté sans nuire à personne ? 

 

 

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 www.sylvainthevoz.ch

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10/07/2015

Barthassat 2.0 : une mise à jour

Je souhaite ici poursuivre le débat engagé par mon dernier billet  : Baby Barthassat et la chose publique. J'ai été surpris par la charge émotionnelle voire passionnelle que ce dernier a déclenché ; étonné aussi par les injures portées à mon encontre par des gens bien en vue de cette société; des élu-e-s, qu'ils soient PLR ou PDC. Certes, Facebook désinhibe fortement, et ceux qui ne goûtent que peu le débat démocratique et la production d'arguments y cèdent trop facilement.

Beaucoup d'amis de Monsieur Barthassat se sont mis sur la défensive suite à mes propos. Ils ont sincèrement essayé de le défendre (comme s'il n'arrivait pas à le faire tout seul); mais peut-être aussi qu'un vieux fond bourgeois les encourageait à vouloir maintenir inaudible ce que tout le monde murmure tout bas. Lorsque quelqu'un soulève cette coutume, il faut alors inévitablement ... le réduire au silence. Pour ma part, il me semble avoir, certes avec engagement, mis des mots sur des actes qui appartiennent à Monsieur le Conseiller d'Etat Barthassat et dont il ne se cache pas du tout : l'exhibition répétée de son fils dans son cadre professionnel.  

 

Pour ma part, les enfants doivent être tenus en dehors de la vie politique

J'ai été sensible aux deux mots que la fille du Conseiller d'Etat a laissé en commentaire de mon billet. Elle y regrette que son frère voit si peu son papa, elle en souffre elle-même. Comme elle s'invite elle aussi dans le débat, j'aimerais rappeler ici que je ne m'adressais pour ma part en aucune manière au fils, à la fille, au tonton, à la tata, au papa, mais uniquement au Conseiller d'Etat en charge du Département de l'Environnement, des Transports et de l'Agriculture. Les enfants n'ont rien à voir là-dedans. Ils devraient, à mon avis, très soigneusement en être tenus à l'écart. Monsieur Barthassat conviendrait-il de cela? 

Il me sera toutefois difficile de plaindre le Conseiller d'Etat Barthassat. Certes, le métier de CE est exigeant, mais il est aussi composé de joyeux moments de détente. S'y ajoute une rémunération plus que correcte. Ajoutez à cela une retraite à vie, cela paraît suffisant pour que nous ne pleurions pas trop sur son sort. Cela rend encore plus surprenants les cris indignés des supporters de Barthassat, voire pathétique la manière dont ils le victimisent. 

Car enfin, un très grand nombre de nos concitoyen-ne-s vivent les mêmes difficultés que le magistrat Barthassat. Ils ne peuvent voir autant qu'ils le souhaiteraient leurs enfants. S'en plaignent-ils ? Ont-ils le choix ? Ils bossent. Emmènent-ils pour autant leurs bambins sur leur lieux de travail le lundi matin avant de le diffuser sur les réseaux sociaux? J'en doute. Vous avez déjà vu une vendeuse avec son bambin à côté d'elle dans un magasin? Vous vous positionneriez comment devant cela?   

C'est leur situation qui m'interpelle et celle des inégalités sociales. C'est pour changer la condition des familles moins nanties, de celles et ceux qui ne disposent pas d'un train de vie de ministre pour faire vivre leur famille, que je m'engage.

Je suis fier d'appartenir à un parti politique qui travaille activement et concrètement à lutter contre les inégalités, que ce soit par le biais de l'instauration d'un congé parental, pour l'augmentation des places en crèche; pour une égalité plus grande entre les femmes et les hommes tant au niveau des salaires que des responsabilités professionnelles ; un parti qui a instauré les frais de garde pour les élu-e-s siégeant au Conseil municipal, afin précisément que vie familiale et vie professionnelle puissent se dérouler d'une manière optimale, sans confusions de genre, ou que l'une ou l'autre de ces dimensions ne soit sacrifiée; et au final que les enfants en paient le prix. 

 

Et si Barthassat faisait son boulot plutôt que de se substituer à Gala magazine ?


Il est normal qu'un fils veuille passer du temps avec son père me glisse la fille du Conseiller d'Etat en bas de blog. Je suis d'accord avec elle. Il me semblerait encore plus normal, à l'inverse, qu'un père se rapproche davantage de son fils plutôt que de l'entraîner avec lui dans ses bourlingues et bastringues politiques, l'affichant à tout va. Mais de cela je ne suis pas juge, c'est du domaine de sa vie privée... pour autant qu'il ne l'étale pas publiquement à tort et à travers.

Car en affichant très fréquemment des images de son fils sur Facebook, en en faisant un sujet médiatique et politique, le Conseiller d'Etat Barthassat a choisi de projeter son fils dans la sphère publique et polémique. A partir de ce moment, il n'y a rien de choquant à en discuter ouvertement et à prendre une position critique sur cette manière de faire. Cela me semble même plutôt sain. Qu'en pensent d'ailleurs les chefs de services et les fonctionnaires qui travaillent sous Barthassat. On leur demande pour voir?    

En s'indignant de ma critique, les amis de Luc Barthassat le défendent mal. Par leurs insultes, ils confortent plutôt ceux qui pensent qu'il y a un problème dans l'approche du fait qu'un gamin de 15 ans se retrouve avec des hauts fonctionnaires à discuter de projets et de leur mise en oeuvre, avant de retourner à l'école comme si de rien n'était pendant que papa Conseiller d'Etat fait des selfies pour facebook.

 

Ce qu'il faut retenir de cette petite polémique ? 

A mon avis, une opportunité pour aborder des sujets importants pour notre République :

Un Conseiller d'Etat ne doit-il pas faire preuve de prudence dans sa manière d'exposer ses enfants en les impliquant dans sa vie professionnelle ?

Comment vie privée et vie publique se délimitent-elles à l'heure des réseaux sociaux; un élu à l'exécutif peut-il tout mélanger et l'afficher?

Avons-nous la capacité de sortir des débats à bas bruits entre les happy-few de la Vieille-ville comme il est de coutume dans cette République, atteindre une maturité démocratique qui permette de questionner ce qui m'apparaît personnellement comme une dérive d'un dirigeant politique  ?

 

Enfin, et pour conclure, le Conseiller d'Etat Barthassat, puisqu'il est féru de réseaux sociaux, pourrait-il réaliser sa mise à jour 2.0, et arrêter de faire de son fils un hochet médiatique?

 

Car je vois dans cela, pour ma part, quelque chose de profondément troublant pour la gestion de la chose publique et de la représentation qu'il en donne : un domaine que l'on gèrerait comme une petite entreprise familiale personnelle... à se transmettre ensuite ainsi... de père en fils, en quelque sorte.

 

Ce n'est pas ma conception du bien public, ni ce qui fonde mon engagement politique.

 

 

 

12:11 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barthassat, conseil d'etat, privé, public, transparence, réseaux sociaux | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/07/2015

Baby Barthassat et la chose publique

barthassat, conseil d'etat, Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux économiser sur le baby-sitting. Plus besoin de chercher des solutions quand tu dois laisser ton gamin à la maison, pas de soucis à se faire sur où il va aller, avec qui: tu le prends avec toi.

 

Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux faire ce que personne n'oserait: te pointer à ton travail avec ton gamin, le laisser comme un enfant roi jouer avec les camions de pompier; dans le tunnel du Mont-Blanc, se faire expliquer comment ça se passe quand le trafic devient ingérable. 

Il faut imaginer alors le haut fonctionnaire qui regarde le père, le fils, et finit par se demander si c'est au fiston ou à papa qu'il doit expliquer son boulot... et surtout, de qui il sera le mieux compris.

 

Quand tu es Conseiller d'Etat PDC, et que le mot d'ordre de ton parti, c'est soi-disant de défendre la famille, tu peux montrer ce que cela signifie pour toi : la mienne d'abord.

Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux préparer ta succession, laissant le baby-sitting pour les prolos; et mettre en scène ton gamin, dans un baby-showing décomplexé.

Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux te dire que, finalement, la monarchie, comme système, ça permet d'assurer ses arrières. Allez gamin, montre ta bou-bouille, ça fera plaisir aux électeurs; et puis un jour, petit, tu prendras peut-être ma succession. 

Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux mélanger rendre service et te faire servir, vie privée et vie publique, dans un joyeux mélange 2.0.

 

 

Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux exiger des autres le respect absolu de ta vie privée, mais l'instrumentaliser et la mettre en scène comme il te sied (et si possible aux frais du contribuable). Viens-là fiston que je te mette la paluche sur l'épaule. Montes un coup sur le camion. Voilà, comme ça c'est parfait. Encore une dure journée de travail d'effectuée. On peut rentrer à la maison maintenant....

 

Quand tu es Conseiller d'Etat PDC, tu peux t'inspirer d'un collègue de parti qui est Conseiller administratif à temps partiel, et faire ton boulot à moitié pour t'occuper simultanément de fiston et de tes dossiers, et si possible bien mélanger les deux. 

Quand tu es Conseiller d'Etat, tu peux tout te permettre et si possible l'afficher.

 

Le privé c'est du privé et par définition - oui, c'est difficile aujourd'hui avec les nouvelles technologies- on cherche à éviter de le confondre dans la sphère publique. Il ne devrait pas concerner le politique, ses vertus décisionnelles et directives. Mais, quand il est injecté massivement dans ce domaine, on réagit comment ? Et maintenant que la confusion est de mise, on s'adresse à qui pour que ça change ? A toi ou à ton fils Luc ? Avant ou après 23h ?

Luc, (tu remarqueras que je te dis tu spontanément; la manière dont tu es Conseiller d'Etat, m'y autorise ainsi que le peu de respect que tu montres pour ta fonction), par égard pour tes électeurs et électrices, pour la République et ses institutions, j'oserai te proposer de laisser au moins ton gamin à la maison quand tu bosses, cela évitera de faire croire que tu as fait de ton boulot une extension du magazine l'Illustré et de ta maisonnée un sujet politique.

Car au final, ton fiston, Luc, on s'en fout.

Ce qui nous intéresse par contre au plus haut point, ce sont les embouteillages à Genève, l'état de délabrement de ton Département, la manière dont tu as traité et poussé à la démission l'ex-directrice des TPG, la réduction de l'offre des TPG, la pollution sonore et constante aux particules fines à Genève, etc., etc.,

Le fait que tu sembles y porter moins d'attention que de bien cadrer fiston sur ton téléphone portable à longueur d'année avec une face joviale est attristant pour le bien public. 

 

 

 

 

12:37 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : barthassat, conseil d'etat | |  Facebook |  Imprimer | | |

24/06/2015

Le Conseil d'Etat est-il déjà en vacances?

Depuis le lundi 15 juin la Maison des Arts du Grütli est occupée. La Ville de Genève n’a pas choisi cette situation, mais s’est trouvée mise devant l’urgence du fait accompli. Des requérants d’asile, une trentaine, refusant un transfert dans les abris PC, ont investi la maison des Arts du Grütli. Ils sont aujourd'hui plus de 40, ce chiffre pourrait encore augmenter.

 

La Ville a accueilli ces hommes, et entamé un intense travail de recherche de solutions pour que la maison des Arts du Grütli, qui n’est pas un lieu viable  et adapté pour ceux qui s’y sont réfugiés ne soit pas transformé en bunker à ciel ouvert par la faute du Canton.  

 

En tant que résidents de la ville de Genève nous avons pour but commun la poursuite des intérêts de cette dernière et le respect de ses institutions.

Comme socialiste, la recherche du dialogue, le respect du débat politique et la recherche de solutions pragmatiques.

 

Le Conseil d'Etat est-il déjà en vacances ?

A un moment toutefois, il ne faut pas hésiter à dire les choses telles qu'elles sont. La gestion par le Conseil d'Etat de cette crise est calamiteuse.

 

D’un côté se trouvent des requérants d’asile, soutenus par des collectifs (Stop bunkers, Solidarité Tattes, collectif sans Retour) qui refusent le fait que l’on loge des êtres humains jusqu’à 6-9-12-18 mois dans des abris de la protection civile en violation de la Constitution Suisse (Article 7 et 12).

Ces revendications sont à ce jour formellement soutenues par le Parti Socialiste, Solidarité, Caritas, CSP, la Ligue Suisse des droits de l'Homme - section Genève-, avec l'appui de la Ville de Genève et celle de Carouge. 

 

La LSDH – Genève s’indigne en outre de l’amateurisme outrageant des autorités responsables qui ont fait preuve non seulement d’un défaut d’humanité dans leur gestion de la situation et le suivi des personnes qui en dépendent directement, mais encore d’une absence totale de planification et d’organisation.

 

L’occupation du Grütli n’est pas un micro événement. Il faut le relier à d’autres, et y réfléchir aussi d’une manière globale. A Lausanne, le collectif R , Stop renvoi, occupe la paroisse de Saint-Laurent depuis des mois. Ces évènement sont des conséquences de la politique restrictive d'asile menées par l'extrême droite au niveau fédéral. Cette politique conduit à une crispation généralisée du système.

 

Un Conseil d'Etat crispé

Face à ces collectifs et partis, il y a un Conseil d’Etat qui se crispe. Pour lui, il n’est pas possible de loger ces requérants ailleurs que dans des abris, pas d’autres solutions que d'être les soldats les plus obéissants de la politique décidée à Berne. C’est le langage de l’impuissance et de la soumission, fruit d’années de négligence dans la gestion de l'asile. Cette ligne rigide du Conseil d’Etat crée inutilement de la violence et de la tension.

 

La Ville de Genève gère l'urgence

La Ville de Genève se retrouve au centre de ce rapport de force entre deux positions en apparence peu conciliable. Bien seule, elle travaille toutefois dignement à dessiner une issue à la crise.

Il faut ici relever les efforts menés depuis plus d'une semaine par le magistrat du Département de la Culture et des sports Sami Kanaan et par la Maire Esther Alder, magistrate du Département de la Cohésion sociale et de la solidarité, ainsi que du médiateur Monsieur Ueli Leuenberger, qui redoublent d'efforts et d'inventivité.

 

Comment sortir de la crise ?

Monsieur Poggia plutôt que de s’en prendre à Sami Kanaan qui essaie de le sortir un peu de sa torpeur (est-ce là un crime de lèse-majesté ?), de le réveiller un tant soit peu (la sieste au Conseil d’Etat est-elle sacrée ?) devrait effectivement se mettre au travail et proposer des solutions plutôt que de se contenter d'une posture de monarque choqué quand un conseiller administratif questionne sa non-politique et le confronte sur le fait que, depuis 8 jours, la Ville fait front et assume seule une situation héritée de l’inaction du Canton.

J'ai été choqué des lamentos que Monsieur Poggia a poussé quand Monsieur Kanaan l'a interpellé et pressé d'agir.

J'ai été choqué par sa fébrilité. Plutôt que de se sentir attaqué dès qu'il est remis en cause, Monsieur Poggia devrait plutôt arriver avec des propositions et faire preuve d'initiative.

Pour l'instant, la Ville fait le boulot à la place du Canton. Ce n'est pas acceptable. 

 

Rafle, expulsion.. baston?

Lors du Conseil Municipal du lundi 22 et mardi 23 juin, le MCG et le PLR ont voulu voter des résolutions pour faire expulser de force les requérants réfugiés au Grütli.

Après avoir utilisé la police pour  mettre de force des hommes en abri PC, les matraquer hors du Grütli semblerait être une option pour la droite élargie. Mais envoyer la police pour virer les requérants qui occupent actuellement le Grütli n’est pas responsable. Cela fera le jeu des extrémistes, jetant encore plus d’huile sur le feu.

Quand la violence commence, on ne sait pas où elle s’arrête. Quand l’état de droit se transforme en volonté d'abuser de la violence étatique. Il est juste de s’y opposer.  

 

Evacuer de force le Grütli, en voilà une mauvaise idée

Ceux qui préconisent l'évacuation de force du Grütli pensent-ils plus loin que le bout de leur nez?

Comment le boucleront-ils pour éviter une réoccupation ? En le ceinturant de forces de police ? Puis en mettant un cordon de policiers autour de chaque lieu culturel de la Ville ? La réponse de la matraque n'est pas une solution, c'est une fuite en avant.

La droite, en choisissant cette impasse comme option, montre son incapacité à chercher des solutions à cette crise sans cumuler de nouveaux problèmes. 

 

Des issues, il en existe

Les issues à cette situation complexe à la Maison des arts du Grütli, conséquence directe de décennies d’inaction cantonale existent.

Elles sont à trouver par le dialogue, et une implication du Canton. Dialogue entre le Canton et les requérants avant tout, le Canton et la Ville, la Ville et les requérants; entre tous les acteurs en présence. Il n’y a pas d’autre solution viable.

 

Le Canton doit désormais s’impliquer à la recherche de solution, pas seulement à la recherche de sa propre préservation.

Des familles syriennes arrivent. Elles doivent être logées et préservées de la mauvaise gestion de la crise par le Conseil d'Etat.

Le fait que ce Conseil d’Etat trébuche sur le premier écueil n’est pas pour nous rassurer en vue d'un été qui s'annonce chaud.

 

Le Conseil d'Etat est-il déjà en vacances? Si ce n'est pas le cas qu'il donne un signe de vie. Qui a entendu Monsieur Longchamp, président du Conseil d'Etat, silencieux depuis plus de 8 jours?

 

François si tu nous entends, donne-nous un signe de vie. On ne se contentera pas d'une carte postale envoyée à la maison des Arts du Grütli, ni en poste restante au fin fond d'un abri pour qui vont y passer l'été

 

 

 

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/monte-ville-geneve-canton/story/21656474

http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2015/06/24/le-courrier-vivre-dans-un-bunker-au-peril-de-sa-sante

 

 

12:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grütli, poggia, conseil d'etat, vacances, asile, requérants, négligence | |  Facebook |  Imprimer | | |

19/06/2015

Abri or not abri? Telle est la question?

grütli,occupation,no bunker,conseil d'etat,poggia,maudet,la matraque,la montreAbri or not abri? Telle est la question. Les fronts sont posés. D'un côté le Conseil d'Etat reconnaît qu'héberger des requérants en sous-sol n'est pas  une solution, mais ne fait rien pour dégager des solutions. De l'autre, des associations, des collectifs militants, des partis de gauche réclament du Conseil d'Etat de s'activer pour mettre en oeuvre des solutions, dégager une volonté politique et être créatif, plutôt que de se réfugier derrière son motif d'urgence pour justifier ses négligences.

Le front de ceux qui veulent sortir du tout à l'abri s'élargit chaque jour, jusqu'à l'Hospice général, ayant proposé depuis de nombreux mois des solutions alternatives aux abris PC (la Caserne des Vernets par exemple).

Pourtant, à ce jour, tous se heurtent à un Conseil d'Etat muré dans son refus de sortir du tout à l'abri. Cette attitude contre-productive conduit au chaos, comme lundi passé lorsque des requérants ont pris la route pour quitter les Tattes avec la police aux trousses.

C'est maintenant prouvé, l'attitude rigide du Conseil d'Etat engendre des conflits.

 

Il y a quelque chose de pourri au pays de l'asile

Il est admis que dormir dans un abri PC devrait être uniquement réservé aux situations de catastrophes naturelles, de conflit atomique, ou d'exercice militaire. Il est indigne pour un pays comme la Suisse d'accueillir en sous-sol des personnes dont elle a la responsabilité et la charge, dont l'entretien est même garanti dans sa Constitution (art.12).

Forcer des gens à dormir sous terre est une forme de maltraitance, d'autant plus grande quand les personnes accueillies viennent de parcours de vie que des abus, des traumatisme, et des violences ont fragilisé. Et quand du jour au lendemain le voisin de chambrée est dégagé par vol spécial, cela change jusqu'à la couleur des murs.

Invoquer depuis des dizaines d'années l'urgence pour mettre des gens sous-terre est un argument qui ne tient plus. Depuis des années le Conseil d'Etat à balayé sous le tapis un enjeu de société qui lui revient aujourd'hui, comme un boomerang, en pleine poire. Abri or not abri ne devrait plus être une question. Ce devrait être une ligne rouge au-delà de laquelle le Conseil d'Etat devrait reculer, et rendre des comptes pour son incurie.

 

Le Conseil d'Etat s'attaque à la Culture

A la Maison des arts du Grütli, occupée depuis le lundi 15 juin, la situation semble bloquée. Le mouvement No Bunkers – Collectif d'occupation du Grütli tient désormais le lieu. La Ville héberge jour après jour ceux qui ne peuvent plus aller ailleurs, l'Hospice Général ayant porté ces requérants comme sortis de son institution. La Ville fournit aide et assistance, mais elle n'est ni la Croix-Rouge, ni n'a pour vocation de se substituer à l'Hospice général. En bonne gestion de crise, il serait du devoir de l'institution de tutelle de chercher des solutions. Mais le Conseil d'Etat répond absent. Il reste sur une ligne dure, sans ouverture de négociations, comme si cela ne le concernait pas.

Ce comportement conduit 1) à pousser les requérants d'autres abris PC à rejoindre le Grütli 2) le mouvement à se radicaliser 3) à faire d'un lieu culturel un bunker à ciel ouvert.

Le Conseil d'Etat voudrait faire flamber un lieu culturel qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Faut-il, en plus d'attaques contre la dignité humaine, que le Conseil d'Etat s'en prenne à la Ville, la Culture?

 

Des possibilités existent

Pourquoi le Conseil d'Etat n'enclenche-t-il pas une médiation, avec No Bunkers – Collectif d'occupation du Grütli, la Ville, les communautés religieuses? Certainement, si des églises avaient connaissance de ce qui est en train de se dérouler, elles ne pourraient renier le Christ et laisser celui qui demande à entrer à la porte. La bible rappelle: "Celui qui demande reçoit; celui qui cherche trouve; et pour celui qui frappe, la porte s'ouvrira. Lequel d'entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ou un serpent quand on lui demande un poisson ?

On pourrait ajouter: 

Lequel d'entre vous forcerait un homme à dormir sous terre quand il le refuse? 

Si le Conseil d'Etat ne veut plus s'occuper des Hommes, pourquoi ne délégue-t-il pas cette responsabilité à ceux qui savent et peuvent le faire. Après tout, il y a un certain nombre d'églises vides à Genève. 

 

We had a dream

On a rêvé, à l'occasion de la journée mondiale des réfugiés, que le Conseil d'Etat allait prendre l'initiative d'une sortie de crise, rassemblant les divers acteurs et parties liées à ce qui se joue autour de l'hébergement en sous-sol.

On a imaginé l'Hospice général, la Ville, les collectifs, les communautés religieuses, réunis sous le haut patronage du Conseil d'Etat, chercher des solutions ensemble, et en trouver !

On a rêvé que Genève allait sortir grandie, renouvelée, d'une négociation réussie!

On a rêvé, on espère encore, mais l'attitude butée, fermée, du Conseil d'Etat, laisse entendre que les hauts patronages sont réservés à l'ONU et que les petits chefs qui dirigent l'Etat, préfèrent jouer de la montre et de la matraque que prendre le risque du dialogue et de la négociation.

 

grütli,occupation,no bunker,conseil d'etat,poggia,maudet,la matraque,la montreSamedi 20 juin : fête musicale des réfugiés

Pour la journée mondiale des réfugiés, ce samedi, à 16h, des collectifs de Berne, de Zurich, et des centaines de militants viendront manifester leur soutien, à 16h, au Grütli, pour tous les requérants, pour tous les enfermés.

Une marche est prévue. 

Pour faire entendre, à l'occasion de la fête de la musique, une autre chanson que celle des marches militaire et des vols spéciaux, il est important d'y être.

Car si le Conseil d'Etat aime écouter des chansons grinçantes en boucle, nous pensons que d'autres mélodies existent, que d'autres possibles sont à élaborer.  

 

16:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grütli, occupation, no bunker, conseil d'etat, poggia, maudet, la matraque, la montre | |  Facebook |  Imprimer | | |

12/12/2014

Génocide des Arméniens : un Conseil d'Etat complice du négationnisme?

mémorial,génocide arménien,genève,conseil d'etat,burkhalter,droits humains,négationnismePourquoi l'établissement d'un monument à la mémoire du génocide arménien est-il si compliqué à Genève ? Parce que le Conseil d'Etat n'ose pas prendre de décision, comme il s'y est habitué depuis le début de sa législature. Et que se passe-t-il quand on ne choisit pas? D'autres le font à votre place. Cette semaine, c'est le PLR et conseiller fédéral Didier Burkhalter qui s'est permis de dire à Genève ce qu'il faut faire du monument à la mémoire du génocide arménien : ne pas le placer dans le parc du musée de l'Ariana car trop proche de l'ONU; autant dire, l'enterrer ailleurs. Pourquoi? Parce que Burkhalter a peur de froisser son ami Recep Tayyip Erdogan... dont il souhaite se faire inviter au G20 à Istanbul au printemps prochain. Par sa position, la Suisse s'assied sur des valeurs humanitaires pour favoriser la politique des petits intérêts.  

Burkhalter tendance négationniste

L'argumentation de Didier Burkhalter est scandaleuse. Il invoque, dans une lettre au Conseil d'Etat [1] la nécessité de : "préserver un environnement impartial et paisible permettant aux Nations unies et aux autres organisations internationales de s’acquitter de leurs fonctions dans les meilleures conditions cadre possibles." Impartial? Cela sous-entend qu'avec le monument, on prendrait parti pour une version de l'histoire contre l'autre, ce qui est factuellement faux et surtout conforme au discours négationniste qui cherche toujours à disqualifier la mémoire des victimes en disant que c'est une version de l'histoire. Paisible? C'est encore plus pervers: ça reviendrait, par exemple, à refuser un mémorial de la Shoah sous prétexte que des néo-nazis pourraient le profaner. Il y a, dans le périmètre de l'ONU, aujourd'hui un monument à la mémoire du génocide de Srebrenica [2]. Cela empêche-t-il le maintien d'un environnement "impartiale" et "paisible"? Non, bien entendu. De plus, cela se déroule à la veille de l'année du centenaire du génocide arménien, c'est odieux. Un Conseil d'Etat lâche et servile aux côtés d'un conseiller fédéral entravant le travail de mémoire, collant à la définition du négationnisme [3] sont en train de couvrir Genève de honte.

Notre Conseil d'Etat peut faire des flonflons politiquement corrects et des vernissages sans enjeux. Quand vient le moment des choix courageux : plus personne. Honte!

Une décision politique qui heurte les défenseurs des droits humains

Le Conseil d'Etat est le garant des procédures et des règles en vigueur concernant l'octroi d'une autorisation de construire. En l'espèce, ce dossier est mûr pour une autorisation depuis le mois d'avril 2014. Que fait ce Conseil d'Etat ? Il tergiverse. La peur est contagieuse. Il a pourtant donné un engagement explicite à la communauté arménienne, écrit et oral, de ne pas tenir compte des pressions ni de Berne, ni d'Ankara. Aujourd'hui, il est tenté de revenir sur cet engagement. Le Conseil d'Etat va-t-il renier sa parole pour plaire à Berne qui lèche les bottes de la Turquie?

Burckhalter : "Nous recommandons que l'autorité cantonale compétente pour statuer refuse d'octroyer l'autorisation de construire à l'emplacement envisagé". Eh bien nous, nous recommandons à Burkhalter d'arrêter sa politique de compromission qui va, dans sa lâcheté, de la collaboration militaire étroite avec Israël[4] à la soumission au négationnisme turc ! Et nous appelons le Conseil d'Etat à ne pas céder à la lâcheté et à une déresponsabilisation totale consistant à se faire les complices administratif d'un génocide en s'écrasant pour que le mémorial soit enterré aux Cropettes, au parc Beaulieu, ou Dieu sait où, loin de l'ONU, sa véritable place, dans le parc de l'Ariana, sous les yeux des nations, comme un rappel incontournable envers toutes les victimes, les survivant.e.s et exilé.e.s de tous les génocides.[5]

 

mémorial,génocide arménien,genève,conseil d'etat,burkhalter,droits humains,négationnismeUn rappel de l'histoire

D'avril 1915 à juillet 1916 deux tiers des arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été exterminés lors de déportations et de massacres de grandes ampleurs. Ce massacre fut planifié par le comité Union et Progrès, plus connu sous le nom de "Jeunes turcs". Les recherches établissent à 1'500'000 le nombre de victimes.  

Plusieurs historiens et spécialistes de la Shoah, dont Elie Wiesel et Yehuda Bauer, ont pris position pour déclarer incontestable la réalité du génocide arménien et inciter les démocraties occidentales à le reconnaître officiellement. L'institut de l'Holocauste et des génocides (Jérusalem) et l'institut pour l'étude des génocides (New York) ont établi comme fait historique établi le génocide des Arméniens. Le parlement européen a reconnu le génocide des Arméniens en 1987 déjà.

L'arrêt du 12 décembre 2007 du Tribunal fédéral énonce clairement le génocide du peuple arménien par l'empire Ottoman. Le TF rappelle d'abord le jugement du Tribunal de police de Lausanne qui énonce en substance que  "Le génocide arménien est un fait avéré selon l'opinion publique helvétique, aussi bien que plus généralement." Pour ce faire, il s'est "référé à différents actes parlementaires, à des publications juridiques, aux manuels scolaires, ainsi qu'aux déclarations émanant d'autorités politiques fédérales et cantonales. Il a également souligné le poids de la communauté scientifique dans la reconnaissance du génocide arménien par les Etats en relevant que la France en particulier s'est appuyé sur l'avis d'un collège composé d'une centaine d'historiens pour adopter la loi du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915."


Le Tribunal Fédéral confirme cette décision et ajoute que "dans le même sens, lors du débat qui a conduit le conseil national à reconnaître OFFICIELLEMENT le génocide arménien, il a été fait référence aux travaux de recherche internationaux publié sous le titre "der Völkermord an den Armenien und die Shoah" (BO/CN 2003: 2017;intervention Lag. Enfin, le génocide arménien constitue l'un des exemples présentés comme "classiques" dans la littérature générale consacrée au droit pénal international, respectivement à la recherche sur les génocides".

Le Conseil National a reconnu le génocide des Arméniens. Le Conseil d'Etat, sur pression de Burkhalter, est prêt le reléguer dans l'ombre. Honte à ce Conseil d'Etat dont François Longchamp assume une "présidence" qui semble rimer, jusqu'à présent, surtout avec complaisance.  

 


[1] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6369653-nouvelle-resistance-au-memorial-du-genocide-armenien-a-geneve.html

[2] http://archives.tdg.ch/geneve/actu-geneve/pierre-memoire-victimes-srebrenica-2010-11-15

[3] http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=170

[4] http://www.lecourrier.ch/126090/la_prudence_de_la_suisse_confine_a_la_lachete

[5] http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2014/12/11/message-de-berne-a-geneve-il-n-y-a-pas-eu-de-genocide-des-ar-262756.html


Quelques ouvrages de référence sur la question :

Taner Akçam, Un acte honteux : le génocide arménien et la question de le responsabilité turque, Editions Denoël; rééd., Gallimard, "Folio", 2012.

Sévane Garibian, Le crime contre l'humanité au regard des principes fondateurs de l'Etat moderne. Naissance et consécration d'un concept, Schultess, Bruylant, LGDJ, Genève, Bruxelles, Paris, 2009.

Raymond H. Kevorkian, Le Génocide des Arméniens, Odile Jacob, 2006.

Raymond H. Kevorkian et Yves Ternon, Mémorial du génocide des Arméniens, Editions du Seuil, 2014.

Yves Ternon, Les Arméniens: histoire d'un génocide, Seuil, 1977: rééd. coll. Points. 1996.


 



 

 

19/11/2014

Grève TPG : l'échec du Conseil d'Etat

1625536_10152795421331826_301594468449128811_n.jpgOn va leur montrer que les petits ont encore du poil au cul! C'est ainsi qu'un conducteur décrit l'action de grève des Transports Publics Genevois ce 19 novembre. Et en effet, les petits se sont mobilisés! Pas un véhicule ne sort. La mobilisation est massive. Aucun conducteur ne prend place derrière les volants. Les mécanos, les rouleurs, tout le monde est à l'arrêt. Les prises de parole se succèdent. La grève ne vise pas les usagers, elle s'adresse au Conseil d'Etat. Cette grève est un coup de semonce, un avertissement. Elle concerne tout le service public, les travailleurs.

 

Les petits résistent sous la pression

Il y a bien eu des tentatives de la direction de faire plier les plus jeunes, leur offrir une paie augmenté, des petits coups de fil le soir d'avant: menacer leur emplois, appeler des sous-traitants. Rien n'y fait. Petites manoeuvres sans envergures. Le mouvement est compact, très suivi. Rien ne roule. Les sous-traitants engagé à l'arrache par les TPG pour fait rouler quelques véhicules sont rapidement retournés au dépôt. Pris à partis par les usagers en colère, leur sécurité était en jeu. On n'arrête pas un mouvement de fond avec des mesurettes.

Un mouvement large, légal et légitime

Aux dépôts, pas de violence, pas de colère; de la résolution et de l'engagement. Autour des piquets de grève, l'ambiance est sérieuse. Rien ne bloque les trams au dépôts du Bachet. Simplement, personne ne veut les faire rouler. Aucun emploi de la force, pas de véhicule bloqué, aucune prise d'otage. Le mouvement est pacifiste. Il y a ici simplement des travailleurs à bout qui disent STOP, ça suffit de tirer sur la corde et de faire porter aux petits tout le poids des efforts. 

Seul le dialogue paiera

Quelques jeunes conducteurs, mis sous pression par une direction irresponsable, pensent à sortir. Ils en sont dissuadés par le dialogue et les conducteurs plus expérimentés. Pourquoi aller au casse-pipe isolés, alors que les chefs de service sont bien au chaud, que l'on ne voit nulle part Barthassat sur le terrain ? Le Conseil d'Etat a laissé tomber les TPG, proposant un contrat de prestation qui supprimerait plus de 100 emplois. Et ce serait aux petits de payer le prix fort d’une gestion désastreuse du Conseil d’Etat; d'assurer le service alors que les moyens pour le faire sont coupés ?

Luc Barthassat perd les pédales

A la télévision, sur Léman Bleu mardi soir, Le Conseiller d'Etat en charge des transports, Luc Barthassat, s'essayait à l'intimidation [1]. A la radio suisse romande, ce mercredi, il récidive [2], et annonce encore des sanctions contre les grévistes (alors que le droit de grève est garanti dans la constitution fédérale, art.28 et dans la constitution genevoise, art.37) Il demande à son collègue Maudet d'envoyer la police. Cela fait rigoler dans les dépôts. Les policiers sont venus ce mercredi matin... et se sont déclarés solidaires du mouvement de grève! Rien, aucune infraction n'est à constater. Les travailleurs et travailleuses des TPG exercent leur droit le plus strict.

Monsieur Barthassat se trompe lourdement en menaçant les grévistes. Il montre tristement combien le Conseil d'Etat a mal anticipé et gère très mal cette crise, l'aggravant par un durcissement de ton sans concertation ni compréhension de la situation sur le terrain.  

Longchamp se tait, Maudet se cache, Barthassat menace

François Longchamp se fait discret, Maudet se cache, Barthassat délègue et menace. C'est la cacophonie au Conseil d'Etat. En attendant, les usagers sont laissés sur le trottoir et râlent légitimement. Mais qu'ils ne se trompent pas de cible. Ils ne sont pas pris en otage par les travailleurs des TPG, qui défendent un service public de qualité et fiable ; ils sont laissés à l'abandon par un Conseil d'Etat à la ramasse.

Une journée de gêne pour éviter des années de galère

La grève est un droit des travailleurs et un échec de la gouvernance. Cette grève d'une journée est un coup de semonce. C'est une journée de gêne pour les usagers afin d'éviter des années de galère. Le Conseil d'Etat s'est planté. Qu'il en assume les conséquences. Monsieur Barthassat est le patron, il doit prendre ses responsabilités. Il ne peut continuer de faire des sondages, de la communication douce ou prendre des mesurettes sur la mobilité et évacuer la gestion de fond des mouvements de contestation. Le Conseil d'Etat veut poursuivre une politique d'austérité sur les services publics en faisant payer le prix cher aux usagers et aux usagères ? Qu'il revoie ses petits calculs et surtout que Monsieur Barthassat se mette au travail, remplace ses menaces par le dialogue social. Sinon, la situation de la mobilité à Genève risque encore de se détériorer.



[1] C'était dans l'émission Genève à Chaud du mardi 18 novembre (à partir de la 22e mn que Luc Barthassat, ministre genevois des transports, envisageait déjà des sanctions contre les grévistes (intimidation), ainsi que l'envoi de la police

« J’ai demandé au directeur des TPG qu’on aille au-delà du service minimum, parce qu’on en a les capacités au niveau des gens qui veulent travailler. C’est un syndicat sur trois qui demande à faire la grève. Ce syndicat est minoritaire. Et si demain, ce syndicat se met en travers des portes pour ne pas laisser travailler les gens qui ont envie d’y aller, eh bien il y aura des sanctions qui seront prises. Les services de M. Maudet sont avertis. Ils seront présents. Et normalement, le service minimum est assuré à partir de 06.30h demain matin. (…..) S’ils se comportent mal, oui, on leur enverra la police. La police sera présente. »


[2] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6315090-luc-barthassat-promet-des-sanctions-apres-la-greve-des-tpg.html

 



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02/10/2013

Votez pour moi, qu'on en finisse!

Je me suis donné sans compter dans cette campagne. J'ai payé de ma personne, jusqu'à ouvrir un petit crédit. J'ai parcouru en tous sens la campagne et la ville, battu le rappel, couvert plus de dix mille kilomètres à pieds; arpenté les trottoirs dans tous les sens et parfois dans le vide, j'ai les zygomatiques tendus, 5 kilos en trop. Si la politique est un sport à risque, les élections c'est jouer à zig-zag-zoug dans un champ de mine. Vivement qu'on en finisse. Faut-il vraiment risquer autant pour si peu? J'ai distribué 3'613 flyers. Je n'en suis pas peu fier. J'ai même laissé deux ongles dans la boîte aux lettres de mon voisin, retirant le flyer de mes adversaires. (Mon flyer a aussi fini dans la poubelle. je l'ai regardé comme un bébé abandonné. S'ils savaient ce que j'y ai mis!) 432 sonnettes activées. On m'a toujours ouvert, et ça m'a quand même fait de l'effet, surtout quand le chien aboyait. Je pensais que les gens allaient avoir peur, mais non, ils étaient contents de me voir, soulagés que je ne sois pas témoin de Jéhovah, curé, ou pire: un créancier. Ils disaient: c'est si gentil de venir nous voir, on se sent parfois si seuls dans ce quartier. 32 fois on m'a offert de rester boire un café, toujours j'ai accepté. Ce qui se raconte sur les pas-de-porte, vous n'avez même pas idée... Je ne me souviens pas le nombre de cafés que j'ai bus, je ne les compte même plus. J'en ai payé tout autant, j'en suis tout excité. Offrir des pots, c'est ce que recommandaient les anciens, pour ne pas boire la tasse.

Les pieds plats

Je croyais que la politique était un investissement; au final, pieds couverts de camphre de menthol et de cloques, je crois que c'est un don: convictions et action. J'ai eu ma chance. J'ai eu mes crampes. Je suis un candidat dans le vent. 15 stands dans la rue, sous la tente, sous la pluie, à donner des flyers des biscuits à des gens qui couraient au tram ou accéléraient vers les boutiques. 12'356 mains serrées, ça oui j'ai compté. J'ai toujours aimé rencontrer les gens, les écouter. C'est un amour, ma motivation. 4'200 amis Facebook confirmés; toujours un petit mot pour leur anniversaire, message câlin avant d'aller se coucher. A 2h du matin, je me suis parfois connecté, pour poster une ou deux piques vers mes adversaires. Qui aime bien châtie bien. L'art de la guerre selon Sun Tzu est mon livre de chevet. 132 tweets postés. La petite phrase qui tue, j'ai peu à peu réussi à la ciseler. J'ai reçu 4 lettres d'insultes, ça m'a presque rassuré. C'est là que je me suis dit que j'avais des opinions bien trempées. Deux fois levé pour aller courir à 4h30 du matin. Je n'en ai parlé à personne. Quand même. Vous ne vouliez pas que je dise combien je donne aux handicapés ?   

Les mains serrées

Je suis un candidat en forme. Bien sûr, j'ai grincé des dents. J'ai même pété une ou deux fois les plombs, mais toujours gardé ça pour la maison, à la plus grande joie de ma famille. Ils me remercient tous les jours de faire de la politique en regardant la télé. Ah, 2 petits plateaux de télé seulement; faut dire qu'il y a dix ans j'avais fâché le chef des émissions. J'avais pris de vraies positions politiques, il ne me l'a jamais pardonné. On m'avait pourtant déconseillé de faire ça, faut pas trop la ramener, faut ressembler aux affiches, mais j'ai pas pu m'empêcher. J'aurai bien voulu en faire plus, mais je n'ai pas le bagout facile et mon électorat est sensible. J'aurai dû commenter une affaire de crime? Quoi, me taire m'a sûrement coûté des voix? Je m'en fous. J'aurai pu faire mieux, hurler avec les loups, mais pire aussi... On est 476 sur les listes, c'est une petite société. On sera 100 élu-e-s à l'arrivée. Le choix, vous vous en occupez, électeurs électrices adoré-e-s,  alors dépêchez-vous, qu'on en finisse.

les dents longues

Cela va se jouer à quelques voix. C'est vrai, j'aurai pu être plus saignant. Je fais dare-dare un petit tour dans le quartier. 65 flyers en plus chez mes voisin-ne-s, 234 mains serrées vite-vite, et l'affaire est dans l'urne, effectue mes derniers deals. Tu m'ajoutes sur ta liste, je te mets sur la mienne. D'accord, tu le fais? Oui, clair -souvenirs de cour d'école- croisant mes doigts derrière le dos. Mentant, pas grave, je suis persuadé qu'il fait pareil. Je supplie, je sanglote, rappelle mes ex, descends dans la séduction à des niveaux inédits:  please please glissez-moi sur vos listes, je serais sage, ferais Onex - Vieille Ville à genoux, poserais des ex-voto à Saint-pierre.  La radio? C'est ma plus grande joie. Le jour de l'émission sur MeFM, j'ai salué ma grand-mère, elle en a perdu son dentier. Depuis on raconte que j'ai les dents longues, tsssss, les mauvaises langues!  

Vous pensez que je serai élu? Cela dépend de vous, mais j'y crois. Je suis un mec déjà, paraît que ça paie en politique. Les statistiques fédérales les études américaines le confirment. Si je n'ai pas de réseaux, j'ai le soutien des grands-mères de l'EMS où j'ai travaillé, et j'ai labouré du terrain. Je ne suis pas calviniste, ne crois pas au salaire au mérite. Mais si je suis élu, ce sera juste je crois, car j'ai tout donné. Je n'ose plus dire votez pour moi, je l'ai trop répété. Mes actes parlent en mon nom et mon parti croit en moi. A défaut de la grâce j'ai la foi, et jusqu'à dimanche je vais tout donner. Des fois je me dis que l'élection se jouera à zig-zag-zoug et que j'aurai pu rester à la maison. Fatigué? Même pas. Votez pour moi! Qu'on en finisse.

 

 

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15/03/2013

Les chiens fous: toutous des plus riches

Ils ont tiré sur leur laisse. Rien pour les arrêter. Ni leurs maîtres qu'ils suivaient bon gré mal gré, et qui ont essayé de les raisonner, ni le peuple, le premier à subir leurs coupes budgétaires. Ils ont brisé leurs engagements, pensant ne rien devoir à personne, n'avoir aucuns comptes à rendre. Les députés PLR, UDC et MCG, les chiens fous, tenté par la politique du pire, ont choisi de bouffer tout ce qui bougeait devant leur nez. Sans distinction, sans faire de quartier: coupe linéaire de 2% sur le budget ! Pourquoi? Parce que ça les démangeait, parce qu'ils en avaient envie, comme d'un caprice, comme d'un morceau de viande, et tant pis si ce dernier n'était pas le leur. Et tant pis si ce qu'ils coupaient, c'est ce qui permettait à d'autres de manger.

Pourquoi la gueule ouverte? Parce que l'on ne touche pas au bouclier fiscal, on ne touche pas aux revenus des plus riches. Ironie du sort, alors qu'aujourd'hui même aboutit l'initiative populaire fédérale "imposer les successions de plusieurs millions pour financer l'AVS" avec 110 205 signatures, alors même que l'initiative Minder plébiscitée par le peuple a montré que c'est bien les hauts salaires et les inégalités sociales qu'il faut combattre, les députés de la droite élitiste, conservatrice, et revancharde, ont montré que plutôt que d'être innovant et d'aller chercher l'argent là où ils se trouve, vers les plus hauts revenus et les fortunes accumulées, dans les niches fiscales aménagées, ils préférent accabler la classe moyenne et ponctionner les citoyen-ne-s en leur faisant payer toujours plus cher des services qu'ils n'auront plus.

Pour rappel, depuis 2002, ces droites au service des pouvoirs économiques ont accordé, selon le rapport de gestion de l'Etat, des allègements fiscaux à 130 entreprises pour plus de 550 millions. Ces cadeaux fiscaux, aujourd'hui, c'est le peuple qui en paie l'addition, dans sa santé, son éducation et sa sécurité. Aujourd'hui le PLR, UDC et MCG ont marqué leur option préférentielle pour les plus riches, au détriment des citoyens. Le MCG est devenue le Mouvement des complices généreux !

Les chiens fous, toutous des plus riches n'ont pas distingué ni choisi ce qui devait diminuer, ce qu'il fallait préserver, ils ont choisi de détruire. Le pouvoir de mordre leur est monté à la tête, l'ivresse de saigner. Peu leur importe que ce soit d'autres qui assument les conséquences de leurs emportements. Au final ce sont 97 millions de services et de soins dévorés d'une coup, 482 postes d'enseignants biffés, 20 millions de moins pour le réseau de santé, et des files d'attente devant les urgences qui promettent de s'allonger, etc., etc., Chauffé à blanc par les jappements de la rigueur budgétaire et le concept du déficit zéro, les chiens fous veulent un citoyen toujours plus seul pour s'autogèrer, s'auto-soigner et s'auto-débrouiller pour assurer sa sécurité. 

Les chiens fous, toutous des plus riches, ont donc choisi de faire payer au citoyen les baisses d'impôts qu'ils ont voté pour des hauts revenus. Leur mission accomplie, ils peuvent se retourner les uns sur les autres et se renifler l'arrière-train ; se congratuler parmi, en se servant du monsieur le député, eux qui pour éviter le prétendu déficit du budget, ont choisi l'option des trous, des déchirures, et de faire le jeu des plus riches, en complices généreux et repus d'avoir planté les crocs.  

 

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20/01/2013

Le socialisme n'est pas une mathématique

rosa_lives.jpgFaut-il que le Parti socialiste aligne quatre candidat-e-s en vue de l'élection au Conseil d'Etat ou seulement deux? Et pourquoi pas trois ? Réduit-on vraiment au carré les ténors comme on le lit dans la presse dominicale? Il y aurait-il donc des petit génies qui réduisent de moitié l'influence de ceux qui comptent ? Qui voudrait la peau des gros numéros, ceux qui pèsent pour quatre?

Combien il y a-t-il de gestionnaires qui font des calculs politiques et de visionnaires qui raisonnent sur la théorie des ensembles? Ce qui est démontré: dans une premier temps, au-delà (ou comme résultante?) des arithmétiques, ce seront les presque mille membres du parti qui poseront l'équation la meilleure, puis le peuple fera ses additions, ses soustractions... et exigera des comptes!

Rosa Luxembourg l'avait compris :"la liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d'un parti- aussi nombreux soient-ils- ce n'est pas la liberté. La liberté c'est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement" Les calculs doivent englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Alors quoi, il y aurait des clans, des groupes, des couples, des gens qui se parlent et font de la tactique politique? Il existerait des stratégies pour maximaliser le résultat du parti au bénéfice aussi de résultats personnels? Il y aurait des alliances, des nombres premiers, des intersections et des intervalles ouverts? Quoi, les partis seraient donc des usines de traitement d'idées, d'ambitions, de pouvoirs, de désirs et de vouloirs à géométries variables? Quelle suprise... Et pourtant, les calculs doivent toujours englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Car rien, évidemment, n'est pure logique et calcul statistique. C'en est même une part réduite. Et pan dans les sinus, et vlan dans les tangentes! L'arithmétique du politique passe par le rêve, l'engagement et la passion, et 2+2 font souvent autre chose que 4. Et 4 fait aussi parfois moins que 2. Celles et ceux qui font les calculs en laboratoire ou au bureau reçoivent alors une bonne pomme bien réelle sur la tête; sortent éclairés d'un bain (de foule?). Heurekâ, nous avons trouvé: les autres d'abord, JE est à leur service. 

Le socialisme n'est pas une mathématique. Si cet axiome s'efface du tableau, toute équation risque bien d'être nulle et tous les petits calculs réduit à zéro. 

 

 

 

13/10/2012

Flibusterie fiscale

Prostitution pour les faire venir. Supplications pour qu'ils restent. Le Conseil d'Etat continue de se mettre à quatre pattes devant le secteur du négoce des matières premières, des hedge funds et des entreprises dites auxiliaires. Prêt à tout, il a annoncé jeudi la baisse massive de 24,2% à 13% du taux d'imposition global sur toutes les personnes morales. Mais pourquoi écrase-t-il ses taux d'impositions des personnes morales? - Par peur que la constellation des entreprises pirates du négoce alimentaire et des hedge funds laissent Genève en rade.

Le Conseil d'Etat est donc prêt à avaler la couleuvre d'un manque à gagner d'un demi-milliard avec un taux d'imposition à 13% unique pour continuer d'être le port d'attache des pirates. A force de se mettre à quatre pattes et de céder au chantage, il est devenu un paillasson sur lequel le milieu économique essuie ses mocassins. Il a choisi son camp : celui de l'intérêt des entreprises, contre la collectivité. La fédération des entreprises romandes de Genève (FER), applaudit la décision. Merci pour les cadeaux, elle dit.

Le Conseil d'Etat, à son petit jeu fiscal avec les milieux économiques est en train de payer le prix fort de sa logique d'attraction. Pour ne pas accepter l'échec de sa politique de développement économique à court terme et se désavouer, il doit continuer de faire alliance avec les pirates. Sauf que sa logique de céder sur tout pour que les holdings et autres sociétés auxiliaires restent à Genève est en train de se muer en dérive. Sur 5 ans, ce sont déjà 30 milliards que ces entreprises ont soustraits à la collectivité publique grâce à des taux préférentiels. La baisse annoncée à 13% des taux d'imposition va encore augmenter cette somme d'un demi-milliard par an!

Le choix politique suivi par le Conseil d'Etat de se mettre à quattre pattes devant les milieux économiques se résume en une phrase: les petits je les tient, les gros je les engraisse. L'impôt, ainsi instrumentalisé, devient un outil de contrôle social et d'accroissement des inégalités. Le chantage à l'emploi, à la fuite, à la croissance, n'a qu'un seul objectif: servir la maximalisation des intérêt des entreprises; intérêts de classe pour lesquels la collectivité paie le prix fort et le paie toujours plus.

A quatre pattes devant le lobby économique, c'est la ligne politique et la choix tactique voulu par ce Conseil d'Etat ultra libéral. Le peuple, lui, n'est pas condamné à le suivre. Plutôt que de faire leur quatre volonté, il devient urgent de repousser les pirates, de changer ce gouvernement qui prend ses objectifs à court terme pour ses finalités, et de reprendre le contrôle du bateau genevois avant qu'il ne soit pillé et coulé par la flibusterie fiscale. 

 

19/05/2012

Attention chute de charmes

betisesscie.jpgLe président de la SSR Ramyond Loretan n'ira finalement pas soutenir Pierre Maudet le 24 mai pour sa soirée de campagne. La nouvelle de sa présence avait pourtant fait grand bruit. En effet, comment un président d'une association indépendante, publique, pouvait officiellement venir soutenir un homme politique en campagne électorale? La raison de cette retirette? Murat Alder, vice-président du PLR Genevois la donne dans le Courrier de ce samedi :"il y a eu une petite boulette électronique de notre secrétariat, la liste qui a malencontreusement figuré sur notre site était un brouillon". Et bien dis-donc, après l'annonce précipitée et erronnée de l'abattage de 5 arbres, des charmes, "un acte de vandalisme pur et dur, bête et méchant" alors qu'il s'agissait de l'oeuvre de ses propres services, Maudet est à nouveau trahi par ses ouvriers. Deuxième abattage de charmes! Pas à la scie électrique cette fois, mais à la boulette électronique! Et Raymond Loretan de confirmer dans la foulée qu'en effet, il n'avait jamais confirmé sa venue à la fête de campagne...

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21/04/2012

Mendie, c'est de la bonne!

download.jpgEst-ce que parce que 3500 personnes ont signé la pétition demandant l'abrogation de la loi anti-mendicité votée en 2007 par les collègues de parti de Madame Isabelle Rochat, messieurs Jornot et Lüscher, que cette dernière perd le sens de l'équilibre? En effet, on peut lire dans Le Courrier du samedi 21 avril une édifiante prise de position de la magistrate en charge de la police. Que répond madame Rochat au dépôt de cette pétition demandant la non-criminalisation de la mendicité? "Que le phénomène de la mendicité fonctionne par vagues. Qu'aux mendiants succèdent des populations au comportement plus difficile suivis ensuite dans un troisième temps par de vrais délinquants." Madame Rochat rejoue là une vieille ritournelle, celle, erronée, que l'on pouvait entendre concernant le cannabis (le premier joint conduit à la drogue dure). Elle fait un amalgame direct et dramatique entre précarité sociale et crime. La présence de mendiants serait un appel d'air conduisant au crime. Or, si le mendiant est un pousse au crime, la pauvreté doit logiquement être interdite et pénalisée. Cette logique, si elle est cohérente, n'en est pas moins démente. On ne lutte pas préventivement contre la pauvreté avec un code pénal. Cette logique folle, c'est exactement celle que dénoncent les pétitionnaires : la mendicité, la pauvreté, ne sont ni un crime ni un appel au crime. Il faut donc les sortir du champ pénal et ramener Madame Rochat à la raison (à défaut de pouvoir l'empêcher d'appliquer strico sensu la loi); et ainsi l'empêcher de faire passer les menottes aux pauvres par ses pandores, comme le décrit si bien Marguerite Contat-Hickel, présidente de l'Assemblée Constituante, dans la Tribune du 20 avril.

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30/03/2012

Une droite à bout de souffle

urban 067.JPGUne droite à bout de souffle? Pourtant, en ligne de mire, il y a le sprint jusqu'au 17 juin, élection complémentaire au Conseil d'Etat. Il faut donc mettre les boosters à la campagne comme dit Marine Le Pen, mais comment? Eh bien, en faisant campagne sur "la sécurité", "les valeurs", pardi! Et voilà qu'à droite on s'agite pour rééditer le hold-up de 2009 sur ces thématiques pour lesquelles Monsieur Maudet en ville et Madame Rochat au Canton, ont avant tout fait preuve de leur impuissance à les résorber. On parle d'insécurité, d'incivilités, on fait peur, et on amalgame le tout dans une bouillabaisse que ne manque pas de reprendre la presse de boulevard en y mettant son gros grain de sel. La droite, asthmatique, redouble d'énergie pour souffler sur les braises du populisme sécuritaire, alors que c'est autour du logement, de l'économie, de la mobilité que se cristalisent les véritables enjeux dans ce Canton.

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