sylvain thévoz

06/09/2017

Vous préférez la publicité politicienne ou la politique publicitaire ?

IMG_1668.JPGUne campagne de pub déboule au milieu de la campagne des votations du 24 septembre. Ses affiches miment le discours politique et prétendent se positionner pour ou contre un objet qui pourrait être de votation... mais qui n'en est pas un. L'effet de mimétisme est presque parfait. Il faut quelques secondes pour réaliser qu'il ne s'agit pas d'une affiche politique mais publicitaire, mimant habilement ses codes.

Si l'on n'est pas au fait des sujets de votations, un brin distrait, ou peu coutumier de ce type d'affiche, on pourrait se faire prendre, voire s'attendre même à retrouver certains de ces objets sur son bulletin de vote. Qui sait, peut-être que certains citoyens en viendront à appeler le service des votations et élections pour leur demander pourquoi, sur leur bulletin personnel, ils ne retrouvent pas l'objet soumis à choix sur les affiches des trams. Exemple de ces pseudos objets de vote : "Pour une politique d'alimentation durable", "Accepter les normes de l'UE sans débat." Plausible. 

Car certains se font prendre. J'ai vu un grand A anarchiste barrer une affiche appelant à soutenir les exportations d'arme, ou d'autres couvrant d'un slogan rageur une affiche soutenant "un avenir équilibré". Certes, le leurre fonctionne, mais peut-être aussi est-il aussi utilisé comme support, qu'elle soit vraie ou fausse important peu. Le réflexe pavlovien étant peut-être plutôt un positionnement politique affirmé détournant le détournement. Le blanc de l'affiche invite à y laisser sa marque et à s'inviter au débat. La politique reprend le dessus. Et paf.  

 

FullSizeRender.jpgDerrière cette fausse campagne politique se cache une vraie campagne publicitaire pour un grand magasin en ligne vendant babioles et colifichets.

Il est intéressant d'observer qu'au moment où certains annoncent la mort de la politique, les publicitaires s'en inspirent. Et qu'au moment où certains politiques créent pratiquement leur propre agence de communication et de pub, voire s'y réduisent, les frontières deviennent presque indistinctes entre support et contenu, ce qui est communiqué et qui communique. Ce drôle de chassé-croisé entre la pub politique et la politique de la publicité rendent les distinctions peu aisées. Assurément la confusion est plus grande. 

Définitivement plongés dans l'ère du détournement, de la subversion, du décalque et du double, à deux semaines des votations du 24 septembre, le grand gagnant de l'élection sera peut-être... Galaxus, qui aura surfé sur le temps démocratique des votations pour vendre ses casseroles. Mince alors... me retrouverai-je à leur faire plus de pub en ce moment ?

 

Vous préférez la publicité politicienne ou la politique publicitaire?

La politique serait-elle une marchandise commerciale comme une autre? L'offensive du tout marchand ferait-il croire que les idées sont des objets que l'on marchande et s'approprie à peu de frais?

Voyant dans le signe de cette campagne de publicité une sorte d'agrandissement de la société du spectacle, elle fait plutôt sourire. Car si elle laisse entendre par la caricature que le slogan peut tout, et que l'affiche est toute puissante, au final, elle n'y parvient pas, valorisant plutôt ce qu'elle prétend singer. Et que même si la publicité s'insinue partout, jusque sur les pissoirs et les distributeurs de billets TPG, une résistance citoyenne et politique s'organise pour réduire l'emprise de celle-ci. Un exemple? L'initiative zéro pub[1], lancée au début de l'été avec l'ambition affichée de privilégier la qualité du paysage urbain en libérant l'espace de la publicité commerciale par voie d'affichage, et supprimer les panneaux qui font obstacle aux déplacements des piétons.

Etes-vous pour Galaxus ou pour zéro pub?

Alors: Pour Galaxus ou zéro pub ? Il se peut que prochainement, le peuple soit appelé à trancher cette question. On se réjouit déjà de voir le festival d'affiches et de prises de position que cette votation susciterait, et les éventuelles sommes que les partis politiques investiraient en pub pour convaincre le peuple de la réduire, et que la publicité investirait en lobby politique pour se maintenir.  

Mais bon, ce n'est pas un enjeu pour l'immédiat. Cet objet n'étant bien entendu pas à l'ordre du jour des votations du 24 septembre...

 

[1]https://cocagne.ch/c58/application/files/3215/0208/6786/2...

 

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www.sylvainthevoz.ch

18:10 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : publicité, politique, genève, spectacle, commerce | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/07/2012

Dealers partout, consommateurs aux fraises?

Les demandes de médicaments stimulant l'érection augmentent de 30% chaque année. "Beaucoup d'hommes sont trop fiers pour se rendre dans une pharmacie ou chez leur médecin pour obtenir du viagra, ils ne veulent pas montrer qu'ils ont un problème avec leur virilité. Un autre cause est le prix. Une dose de viagra coûte 20 francs et n'est pas remboursée par l'assurance maladie. Sur internet la pillule ne coûte que deux francs." annonce un article de la TDG du 1e juillet. Et dans la rue, la pillule de Viagra, elle coûte combien? Les dealers du coin de la rue, ils vendent quoi: de la coke, de l'héro, mais encore? Chiffre d'affaire de R, dealer: 40% de Viagra, 60% de coke? Commerce de la jouissance immédiate pour pas cher. Qui veut mes pillules érectiles, mes bonbons pour être moins stressé, plus compétitif et relax, moins émotionnel plus centré, pour faire la fête plus longtemps? Qui n'en veut, qui n'en veut? Cette pharmacopée de rue, qui la consomme et en redemande? On parle beaucoup des nuisances des dealers, mais qui les fournit en demande, qui sont les accros de la vente et qui, au-dessus, les approvisionne?

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10:26 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sexe, drogue, commerce, &, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

06/07/2012

Sexe partout jouissance nulle part?

Le genre est à la mode, et le sexe, on en cause? Vous allez me dire: c'est égal d'en parler, du moment qu'on en jouit. -Oui. Et puis: le sexe est partout, sur tous les supports, de la vente de yoghurt jusqu'à la bagnole électrique, partout une paire de seins ou de fesses pour appâter le client, affoler la cliente dans un jeu de miroirs narcissiques: si c'était elle, si c'était moi... - Oui. C'est juste. Mais ne faut-il pas aussi penser: sexe partout, jouissance nulle part? D'ailleurs, entre boulot angoisses gamins et pognons, le temps dévolu à ça ne se réduit-il pas comme peau de chagrin? L'université de Berne a interrogé 2070 personnes de 15 à 60 ans sur internet.  Résultats? 33% des sondés déclarent ne pas avoir de rapports sexuels, 40 % à peine un rapport une fois par semaine. Une femme sur deux a avoué avoir simulé l'orgasme à plusieurs reprises au cours de sa vie. Chez les mecs, un homme sur dix l'a fait. Ah, elle semble loin la révolution sexuelle où l'entame c'était: on boit un café ou on couche? Je vous parle d'un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître....

 

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07:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sexe, commerce, &, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |