sylvain thévoz

15/01/2015

Etre ou ne pas être Charlie... telle n'est pas la question

charlie hebdo,être ou ne pas être,terroristes,parisDire je suis ou je ne suis pas Charlie est la dernière "question" que les dramatiques événements de la semaine passée à Paris semblent avoir produits. Cette question nous fait encore retomber dans un essentialisme crasse et un choix binaire inutile. Tu en es ou tu n'en es pas? Sans que l'on sache vraiment ce que cette appartenance recouvre, ce qu'engage ce cri: "Je suis Charlie" (devenu pour certain déjà un business, pour d'autres un outil de récupération politique, voir même une marque de cynisme ou d'hypocrisie, pour d'autres encore: le rappel d'un humanisme et d'une tendresse).   

Quoi, il y aurait donc d'un côté ceux qui sont Charlie et de l'autre ceux qui ne le sont pas? Quelle farce, et quelles divisions est-on en train de créer encore, à partir de bons sentiments et d'une volonté légitime de s'identifier à une cause?   


L'ennemi ne porte pas la barbe, l'ennemi c'est la peur  

L'enjeu n'est évidemment pas d'être ou de ne pas être Charlie. Il est, d'une manière urgente, de refuser de se trouver piégé dans des identités uniques ou d'y enfermer l'autre; d'éviter précisément de se trouver avec des Charlie d'un côté et des non-Charlie de l'autre, des musulmans ici, des chrétiens là, des athées plus loin, des homos à la marge, des hétéros au centre; des femme collées aux marmots, des homme rangés au boulot, barbares terroristes séparés des bons humanistes, monde figé et cliché des vignettes d'Epinal. L'ennemi ne porte pas la barbe, l'ennemi, c'est la peur. Il existe aussi des fondamentalismes pseudo-démocratiques, comment les révéler?    

On pourrait multiplier ces exemples d'identités rigides et crispée avec bien souvent un drapeau qui le surplombe: Charlie pour les uns, Dieudonné pour les autres, la République-raison-d'Etat- pour les plus flagorneurs. Or, nous avons plus que jamais besoin de souplesse, d'appartenances multiples, et de ne pas réduire l'entier de l'individu à l'une ou l'autre de ses parties, au risque que cette gigantesque opération de réduction finisse par faire de nous les uns pour les autres des bourreaux, des victimes ou... des moutons cherchant des yeux un sauveur, quel qu'il soit.    

L'extrême vitesse des évènements de la semaine passée a poussé un grand nombre de citoyen-ne-s à descendre dans la rue avec un slogan d'appartenance: "Je suis Charlie". Mais qui rassemble exclut dans un même mouvement lorsqu'il ne le fait pas au nom de valeurs auxquelles chacun-e- peut s'identifier. "Liberté d'expression" ne s'avère pas être un slogan au-dessus de tout soupçon, puisque ceux qui crient aujourd'hui "Je suis Charlie Coulibaly" ne font rire personne et se retrouvent inculpés d'apologie de terrorisme, ce qui en montre les limites. "Tu ne tueras point" pourrait en être un. Mais comment justifier alors les assassinats légalisés de l'armée française ? 

charlie hebdo,être ou ne pas être,terroristes,parisDu tout politique au tout polémique

Les polémiques enclenchées depuis une semaine sont incessantes, des plus sérieuses aux plus triviales. Un florilège : Jeannette Bougrab était-elle la compagne de Charb? Fallait-il accepter la présence ou non des chefs d'état lors de la manifestation de rassemblement, un pigeon a-t-il vraiment chié sur Hollande ? Est-ce un phallus que Luz a dessiné sur le prophète? La liberté d'expression est-elle une liberté d'outrager? Fallait-il inculper Dieudonné? etc., etc.,

Le temps du deuil n'existe plus. Il se dessine un monde obscène où tout peut donc doit être montré. Si dans les années 60 tout était politique, aujourd'hui tout est polémique. Au passage, polémique vient du grec polemos : la guerre. La course au scoop ou à la vente en est concomitante. Il faut presser le jus de tout événement... puis en trouver un autre, quitte parfois à l'inventer ou s'y déchirer.  

Touche pas à mon prophète, touche pas à mes martyrs

Dans les années 80, la foule descendait dans la rue avec "Touche pas à mon pote" comme slogan. Faut-il en déduire que l'on est passé des engouements altruistes aux manifestations grégaires? Que l'on descendait à un moment pour l'autre et que maintenant on descend contre lui (Pegida en Allemagne), au nom des prophètes ou des martyrs seulement (de la liberté de blasphème ou de son interdiction) ? - Non. Ce serait trop simpliste de l'énoncer comme cela. Cela raconte pourtant indéniablement quelque chose de l'air du temps.

Si je suis ou je ne suis pas Charlie n'est pas la question, si la voie de la polémique n'est qu'une impasse ou une machine à jus médiatique,  quelles sont les questions qui doivent nous mobiliser désormais pour ne pas céder à la peur, crever d'insécurité ou d'isolement sécuritaire ?

Il y a un élément d'espoir aujourd'hui, c'est celui qui fait jaillir de cet électrochoc social un rapport à l'autre différent créant et imaginant des rapports plutôt que des isolats; qui pousse à aller visiter les synagogues, découvrir les mosquées, ouvrir les portes du dialogue, s'intéresser à ses voisins, tisser des liens avec les barbus, les jaunes, les verts; et là où la peur est la plus forte, qui fait redoubler d'intérêt et de curiosité.

Si le tout sécuritaire l'emporte alors nous sommes foutus. Un durcissement et une rigidité accrue de notre société avec des budgets toujours plus grands pour les polices sera avant tout un constat d'échec et de défaite source d'insécurités plus grandes. Il ne me sera d'aucun secours de recevoir un Charlie Hebdo doré aux feuilles de la légion d'honneur dans une boîte aux lettre sous surveillance avec des caméras à l'entrée de mon immeuble et des flics plein les rues, je sursauterais alors si quelqu'un me suit dans la rue...

Ce n'est pas cette société là qui est désirable.

Je suis un être de désir, non de refus, de peur ou de haine.    

 

Dessins : Géraldine Puig

17:13 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charlie hebdo, être ou ne pas être, terroristes, paris | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/01/2015

Charlie Hebdo : d'Hommages collatéraux

Pendant que la France "pousse un ouf de soulagement", que des journaux inconscients osent titrer: "happy end" (La liberté) à une telle boucherie, faut-il célébrer béatement la "liberté d'expression", et se glorifier qu'un aréopage de chefs d'état viennent marcher dimanche à Paris, Benjamin Netanyahaou en tête dans le piège sirupeux du : le cauchemar est terminé, vous pouvez vous assoupir à nouveau, dans le péril d'une récupération massive des évènements des derniers jours par ceux qui bafouent les valeurs que la rédaction de Charlie défendait.  

Rendre hommage aux victimes est un besoin vital, nécessaire, qui nous rappelle à notre humanité. Affirmer que l'équipe de Charlie Hebdo serait morte pour la liberté d'expression est aussi morbide qu'asséner que d'autres meurent pour Allah. Coller des étiquettes et des raisons à la mort divise encore. L'équipe de Charlie Hebdo ne cherchait pas la mort. Ils ne sont pas morts pour, ils ont été assassinés par, lâchement, tristement, injustement alors qu'ils célébraient la vie, le rire, le blasphème, la dérision jusqu'à la moquerie.  

Pendant que se prépare l'hommage de ce dimanche par une grande marche républicaine à Paris, la liberté d'être, mais aussi de religion, de rassemblement est quotidiennement bafouée en France. Tirs contre des mosquées, graffitis, menaces de morts, passages à tabac; comment sont qualifiées aujourd'hui ces attaques contre les lieux de culte et mosquées ? Je n'ai pas encore entendu le mot 'terroriste' ni 'attaque contre la liberté religieuse' ni aucun républicain, chrétien bouddhiste ou Dieu sait qui sommé de venir s'en excuser. Plus ou moins passés sous silence au profit des remerciements aux forces de l'ordre et au soulagement général; ce sont là pourtant des attaques contre la liberté d'être extrêmement graves.

Il faut saluer les nombreuses prises de parole et éditoriaux rappelant la nécessité d'une France refusant la violence, l'intolérance; le soin et la dignité prises à faire la différence fondamentale entre musulmans et terroristes; le désir d'éviter les amalgames, de bien distinguer les "bons musulmans des affreux terroristes". Saluer les hommages, au-delà même du cercle restreint de la rédaction de Charlie, des hommes et femmes tombés, et parmi ceux qui composaient cette rédaction, les poètes les dessinateurs, qui faisaient leur boulot avec joie et passion. Ce sont des humains qui ont été tués, pas des symboles. 

La tentation sécuritaire prend du galon. Certaines rédactions lèvent bien haut le drapeau de cette "liberté d'expression" (Tribune de Genève), tout en faisant paradoxalement (Judith Mayencourt), l'apologie dans ce journal d'une diminution de la liberté individuelle et d'un contrôle accru des citoyens : "à l'heure du fichage universel, défendre les droits de la personne contre la surveillance de l'Etat est sans doute louable. Mais ce combat semble d’une naïveté presque coupable au regard des enjeux sécuritaires" [1] Mais oui, fliquons tout le monde, c'est sûrement la meilleure solution qui s'impose.

Si les terroristes ont assassiné " au nom de", rappelons que l'équipe de rédaction de Charlie Hebdo n'est pas morte au nom de quoi que ce soit, mais assassinée en pleine vie qu'elle vivait avant tout du désir, du plaisir, de la joie et  de la création. Valeurs qui risquent, au nom des raisons d'Etat et des récupérations avides, d'être violemment, aujourd'hui même, piétinées. D'Hommages collatéraux.      

 

 

Dernières atteintes à la liberté d'être ou d'exercice du culte en France depuis mercredi : 

Mercredi : tirs contre une salle de prière à Port-la-Nouvelle, tirs contre un véhicule d'une famille musulmane dans le Vaucluse. L'entrée de la mosquée de Poitiers est couverte de graffitis anti-musulmans énonçant" mort aux Arabes".

Jeudi : trois grenades à main lancées contre la mosquée des Sablons au Mans, une balle tirée. Explosion d'origine criminelle visant un kebab proche d'une mosquée à Villefranche-sur-Saône. Deux mosquées vandalisées avec des graffitis anti-musulmans à Liévin et Béthune. En Isère un jeune homme de 17 ans est agressé par une bande et battu après des insultes racistes. Une mosquée prend feu dans des circonstances suspectes à Aix-les-Bains.

Vendredi : graffitis à l'extérieur d'une mosquée à Bayonne disant " liberté, Charlie", "assassins", "sales arabes". A Rennes, un centre islamique de prière est vandalisé et tagué avec le mot "dehors" en breton et en français. La mosquée de Bischmiller est vandalisée avec le mot "ich bin Charlie". 4 tirs contre la mosquée de l'entrée de la mosquée de Saint-Juéry, proche d'Albi (sud de la France). 5 coups de feu contre la mosquée à Soisson. En Corse, une tête de sanglier est déposée devant une salle de prière avec l'inscription : " la prochaine fois ce sera votre tête".

Samedi : "Dieu n'existe pas" tagué sur une mosquée,

etc., etc.,

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10:51 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charlie hebdo, terrorisme, politique, république, hommages, dommages, collatéraux | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/01/2015

3 terroristes made in France

Il sera difficile de regarder la vérité en face pour les français. Il sera difficile d'assumer que les trois terroristes abattus ce vendredi sont de purs produits nationaux. La tentation sera forte de basculer sur l'Islam, sur les musulmans (indistinctement), les femmes voilés et que sais-je encore, la responsabilité, la défiance, la genèse de ces jeunes trentenaires parlant à peine l'arabe, ayant à peine quitté l'Hexagone de toute leur existence.

Il sera tentant de faire peser la responsabilité sur l'Islam de France... des partis politiques s'y emploieront activement. Il sera tentant et on les entend déjà, les généraux, les militaires, les policiers, demander plus de moyens, plus de surveillance. Mais quoi, mettre des milliers de jeunes mecs sous surveillance, ce sera la solution ? - Et comment, pour quels résultats?- Il s'est avéré impossible de sécuriser une rédaction de journaliste, comment surveiller un pan de sa jeunesse? Ces terroristes, avant de passer à l'acte étaient connus des services de sécurité, sur des listes noire américaines, et pourtant ils ont été capables de passer à l'action. Un pas a été franchi. Et maintenant, vous voulez encore plus de sécurité? Changez d'approche plutôt.  

Les crimes écoeurants de ces derniers jours ont montré combien la République est démunie, combien elle est faible, combien le déni sera puissant pour ne pas constater que ces trois terroristes ne sont pas des illuminés, des extra-terrestres, mais des produits sociaux, ceux de la société française, ceux de jeunes largués auxquels la République n'a plus grand chose d'autre à offrir que des prisons surpeuplées et des existences en péril sans filet de sécurité, facilitant grandement le boulot pervers des prêcheurs et semeurs de haine.        

Ces terroristes made in France révèlent l'échec extrême de la République. Pas que les terroristes soient tout puissants (avant de l'être, pour leur sommet morbide et médiatique, ils étaient orphelins, à la rue, puis en taule), mais parce que la République peine à proposer à des jeunes de "seconde génération", "français", "musulman" (mettez tous les guillemets que vous voulez si ça vous rassure), autre chose qu'une identité au rabais, une appartenance sur les marges, et des identifications impossibles.

Ce terrorisme est un produit social, pas une importation exotique. Nos analystes peuvent bien s'efforcer d'aller chercher à des milliers de kilomètres ce qui s'est tramé à Paris sur 60km2, le cauchemar ne se terminera pas ce soir par le soulagement de la neutralisation de ces terroristes suicidaires, et la célébration des forces de police. Le cauchemar a atteint une nouvelle intensité, et qu'on le veuille ou non, ces trois là seront désormais célébrés par des moins de quinze ans comme des héros (c'est écoeurant, ça donne envie de vomir, oui). Pourquoi le seront-ils, quelle est donc la racine de la guerre menée à la République?       

Ces trois trentenaires sont nés, ont grandi, aimé, en France (c'est désagréable à entendre, assurément). Ils sont, jusqu'à la moelle, des produits made in France. Les français pourront-ils se placer devant cette vérité et essayer d'en assumer toutes les conséquences? Pas sûr. Derrière cet événement, c'est l'affreux retour d'un refoulé colonial jamais traité, l'impasse d'une société raciste où le front national devient une référence banalisée, d'inégalités sociales extrêmes, où les semeurs de haine (Zemmour, Finkelkraut, Dieudonné,  Elisabezh Lévy, pullulent); où les armes lourdes, de guerre, se vendent facilement ; où le socialisme est fade, un pays qui n'a jamais véritablement traité les racines de son passé collaborationniste, s'autoconditionnant aveuglement au fait que la menace viendrait du retour de djihadiste de Syrie ou d'Irak, alors qu'elle vient de l'origine de ces départs, quand plus rien ne les rattache à leur pays d'origine (France). Pour preuve, quand on les empêche de partir (Kouachi), c'est ici qu'ils passent à l'acte; comprendre: quand il n'y a plus rien à perdre, une aura de martyre est préférable à une existence minable. Pas besoin d'aller faire un camp d'entraînement en Syrie, les buttes Chaumont feront l'affaire. 

Ce que j'écris ne soustrais aucune responsabilité à ces trois assassins, tueurs abjects, mais elle cherche à l'approfondir. Ce que j'écris est peut-être inaudible aujourd'hui. Si la France veut faire le procès du djihadisme et de l'Islam, qu'elle le fasse, qu'elle s'y complaise, elle y trouvera réconfort et cohésion, replaçant soigneusement à l'extérieur la menace en glorifiant ses forces de sécurité et pleurant la merveilleuse équipe de Charlie Hebdo qu'elle a pourtant très faiblement contribué à protéger, la laissant être une cible désignée bien isolée.

Ces trois terroristes seront enterrés en France, car ils y sont nés, y ont grandi et été éduqué. Ils lui appartiennent pleinement.     

19:41 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charlie hebdo, terrorisme, france, kouachi, coulibaly | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/01/2013

Charlie-hebdo co-dépendant fondamentaliste

On pourrait penser que Charlie-Hebdo, en réchauffant, ce 2 janvier, les caricatures de Mahomet en publiant une BD de la vie du prophète certifiée Hallal souhaite 1) faire exploser ses ventes 2) s'offrir de la pub facile 3) défendre la liberté d'expression 4) tirer sur la barbe des intégristes de tout poil 5) rire un bon coup. Probablement un peu de tout ça, assurément.

Suivant le mécanisme de la dépendance alcoolique, et son corrolaire: la co-dépendance, une autre idée vient à l'esprit. Celle d'une co-dépendance fondamentaliste. Qu'est-ce que c'est? Les symptômes, du co-dépendant fondamentaliste, sont les mêmes que chez le co-dépendant alcoolique : avoir un comportement obsessionnel, une volonté de contrôler le comportement de l'autre, répéter toujours la même chose. Car enfin, que serait Charlie Hebdo sans l'islam fondamentaliste, sans céder au kick de caricaturer Allah, ridiculiser Mahommet, et le rush de faire du sacré une pantalonnade; parodier Rushdie?

Pas besoin d'avoir la foi pour être accro au fondamentalisme. Au contraire, c'est même déconseillé. Suffit d'y adhérer. Par contre, y être symétriquement opposé pousse à y croire. Si la co-dépendance fondamentaliste n'est pas listée dans le DSM, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (qui a inclu les problèmes religieux et spirituels comme catégorie signifiante en 1994), je parie ma bible, mon coran, mon Charlie-Hebdo, qu'elle ne tardera pas à faire son entrée dans la 5e édition (prévue pour mai 2013). La recherche psy progresse sur les fondamentalismes qu'ils soient religieux ou athées. Que Charlie-Hebdo se foute de la gueule des fondamentalistes: bravo. Mais qu'il ironise sur des figures rassembleuses pour les croyant-e-s, à quoi ça sert, hormis jeter de l'huile sur le feu et y faire dorer les marrons des islamophobes? 

Les co-dépendants fondamentalistes ont besoin des fondamentalistes et de leur conception rigide de la religion comme un curé de sa robe de première communion. Tous deux se tiennent par la barbichette. Pendant que l'un rit, l'autre montre les dents; pendant que l'un menace, l'autre provoque. Vieux couple.

Pendant ce temps, les croyant-e-s vont à la mosquée, à l'église, aiment, dorment, font l'amour, des enfants, votent, bossent, et se foutent pas mal des caricatures de Charlie caricaturant l'islam caricaturé des fondamentalistes, que ce soit au nom de la liberté de la presse, des exigences du marché ou du droit de rire de tous. Ils achètent Charlie-Hebdo, voient que les caricatures des caricatures y sont presque plus vraies que nature, c'est-à-dire, qu'elles finissent par faire l'apologie de ce qu'elles prétendaient dénigrer. Vieux couple.

Mais si les accros à la provoc' des deux bords parvenaient à se lâcher la barbiche, afin que chacun puisse croire, ou ne pas croire en paix, que ce soit dans la vie ou dans le livre ce serait, pour la compréhension respectueuse des croyances, qu'elles soient athées ou inspirées, un véritable coup de foudre. Malheureusement, entre dépendants et co-dépendants, les histoire de haine sont souvent des histoires d'amour et durent même quand les caricatures des Lumières et des mille et une nuits  pâlissent et font moins rire.     

 

16:46 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : charlie hebdo, caricatures de mahomet, bd, dépendance, codépendance. | |  Facebook |  Imprimer | | |