sylvain thévoz

20/02/2018

OUI au logement au Petit-Saconnex !

visuel_petitsacc.pngLe 4 mars nous votons OUI à la construction de logements en Ville, et pour un quartier du Petit-Saconnex vivant. Nous soutenons la délibération du Conseil municipal de la Ville de Genève approuvant le projet de modification des limites de zone au Petit-Saconnex. Ce OUI est un signal important au développement de notre ville et à ses habitant-e-s. L’intérêt général est prioritaire. Nous voulons que ce quartier ait la chance d’évoluer, de manière respectueuse pour l’environnement et pour le bien de toutes et tous. 

 

 

Un peu d’histoire  

Le site Moïse Duboule s’est construit sur d’anciens domaines agricoles, principalement entre 1800 et 1940. Aujourd’hui, il y règne un enchevêtrement de petites maisons autour de la place du Petit-Saconnex, avec une pente très marquée couverte d’une végétation variée.  Les parcelles y sont découpées par des murets, avec des ruptures d’échelles entre le centre historique et les grandes opérations immobilières des années 70. Cela donne un ensemble disparate qui n’est pas pleinement réalisé. Les propriétaires des 18 villas du site ainsi que l’UDC et le MCG ont soutenu un référendum pour que rien ne bouge. Je porte une autre vision pour notre ville que celle de la nostalgie crispée. Ne pas accepter aujourd’hui le changement de zone signifierait s’aligner avec l’UDC et le MCG et leur vision de la ville passéiste et clientéliste. Créer un Ballenberg genevois, un petit réduit pour des privilégié-e-s, n’est pas compatible avec notre vision sociale.  

Faire évoluer en douceur le quartier  

La modification de plan de zone soumis à votation le 4 mars préserve l’esprit du quartier actuel et permettra à terme d’utiliser les sols d’une manière optimale ainsi que d’implanter 200 logements en ce lieu. Mais attention, sur un horizon de 20 à 30 ans, progressivement ! Il n’y a donc aucun risque de grand chambardement, mais plutôt la chance de permettre une lente évolution. Aucune expulsion n’est à redouter. Les propriétaires qui voudront vendre pourront le faire au fur et à mesure dans le cadre d’un plan localisé de quartier concerté.   

 

Pour le bien de toutes et tous 

La modification de plan de zone sur laquelle nous nous prononçons est raisonnable. Nous sommes face à l’un des derniers secteurs pouvant se développer en Ville de Genève, en conformité avec le plan directeur cantonal. On valorisera le patrimoine bâti existant en créant des venelles piétonnes, alignant les bâtis pour créer une urbanité sur la place du Petit-Saconnex, alignant le chemin de la Tourelle avec l’existant. On valorisera l’espace public avec une densité adaptée à un cœur de village en renforçant les liaisons traversantes existantes, créant un maillage de circulations douces tout en préservant la quiétude du quartier. De nouvelles zones plantées seront ajoutées aux endroits qui visent à être assainis. La verdure sera préservée. Ce quartier est calme, avec un trafic limité. N’est-il pas juste d’en faire profiter le plus grand nombre possible en faisant évoluer l’habitat d’une manière harmonieuse ? Si l’on ne construit pas ici, comment pourrait-on justifier de le faire ailleurs ?  

Un projet qui ne défigure pas le quartier 

Contrairement à ce que prétendent les référendaires, rien ne sera saccagé. Tout ce qui pouvait avoir une valeur de patrimoine a été exclu du périmètre. Les villas Heimatstill, la place du Petit-Saconnex, le Café du Soleil, tout sera préservé ! L’implantation future des nouveaux bâtiments reprendra en majorité l’emprise au sol du tissu urbain existant. On ne casse rien. On modifie. On bonifie.   

 

Conclusion 

Certes, voir évoluer des quartiers bucoliques provoque toujours un pincement au cœur. Mais pensons à celles et ceux qui doivent faire 2h de trajets pour venir au centre-ville car ils ne trouvent pas à s’y loger. Pensons à celles et ceux qui paient le prix sanitaire de la pollution lié au trafic et refusons le quant-à-soi, la défense d'une qualité de vie de quelques uns alors que le plus grand nombre doit être logé dans des conditions décentes. 

Pour défendre le logement en ville et le rendre accessible au plus grand nombre, il s'agit de voter oui le 4 mars prochain à la modification du plan de zone au Petit-Saconnex. Cela permettra l’ouverture de nouvelles perspectives pour ce quartier, avec une possibilité de densification raisonnable.

Voter oui, c’est se tourner vers demain, en prenant soin que le changement opère en douceur et que celui-ci soit choisi plutôt que subi.  

17:23 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aménagement, petit-saconnex, ville de genève, ville, densification, changement | |  Facebook |  Imprimer | | |

14/02/2016

MAH : ni sacccage ni éblouissement, une évolution!

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Faut-il laisser le musée d'art et d'histoire tomber en ruine, au nom de la sacralisation de la margelle d'une cour? Faut-il renoncer pour les 15 prochaines années à tout changement, par peur d'évolution ? 

Pourtant, les opposants s'arque-boutent autour de la margelle de la cour, parlent de saccage et figurent Jean Nouvel comme un démon venant tout détruire. Du délire.

Il faut tout d'abord rappeler que la Commission des monuments de la nature et des sites (CMNS) a validé le projet Nouvel comme ne portant pas atteinte au bâtiment. Ensuite, que Patrimoine Suisse, principal opposant, a obtenu 80% de ses demandes de modification sur le projet initial. Il est désormais acquis que les mezzanines, qui offriront des espaces d'exposition supplémentaires, ne toucheront pas au bâtiment; que la lumière naturelle continuera d'illuminer la cour intérieure, qui évoluera comme un plateau d'accueil central, permettant enfin la circulation dans le musée; le restaurant panoramique sera inscrit dans le gabarit du bâtiment, l'espace en sous-sol sera maximalisé (un nouveau forum de 300 places, et surtout 2000m carrés dédiés aux expositions temporaires qui manquent aujourd'hui cruellement pour développer ou accueillir des expositions de format international).

Le projet Nouvel, fruit d'un appel d'offre en 1998, est au final un projet que les opposants ont grandement contribué à améliorer. En fait, mieux que tout concours, il a bénéficié de leur participation directe à l'élaboration du projet. Ni saccage ni éblouissement, c'est désormais un projet mature, comme on en fait chez nous, fruit du compromis, des contraintes patrimoniales et politiques, bien dans les clous financièrement, sur lequel le peuple se prononcera. 

La haine des opposants ne saurait être récompensée 

Les opposants ont choisi de faire une campagne qui salit. Paranoïa, théorie du complot, haine, leur stratégie est de jeter le discrédit total sur ce projet. Ils voient des liens d'intérêts partout, travestissent Nouvel en Nosferatu, un mécène en tyran, et Sami Kanaan, magistrat démocratiquement élu, en potentat soustrayant des informations. Chaque semaine, les mensonges deviennent plus gros... et grossiers. Est-ce que cela marchera? Est-ce que les genevois se laisseront abuser ? Les opposants salissent aussi la Ville de Genève et ses employé.e.s, qui ont calculé au franc près le coût de réalisation de ce projet en les décrivant comme des amateurs, au motif qu'en calculant des volumes à la louche et au pif les opposants arrivent eux à des prix plus élevés. A la longue liste des griefs des opposants, il faut donc ajouter leur mépris pour la fonction publique, qui a travaillé pour ce projet, et oeuvre dans le musée aujourd'hui.

 

Revenir au temps des machines à vapeur ?

Pourquoi un tel déchaînement de négativité? Parce que la margelle d'une cour: c'est sacré! Sérieusement ? Pourtant, si vous êtes allé une seule fois de votre vie au musée d'Orsay, à Paris, vous ne pouvez pas oublier que ce musée autrefois était une gare [1]. Et personne aujourd'hui ne pleure le tabac-journaux qui se trouvait au bout des quais. Personne, aujourd'hui, ne regrette la pissotière qui se trouvait là où, aujourd'hui, on découvre l'entier du musée. Quand vous pensez au musée d'Orsay, demandez-vous si vous souhaiteriez revenir au temps des locomotives à vapeur, et en pensant au MAH, si Genève aurait dû conserver ses fortifications. N'est-ce pas dans l'ordre des choses que les architectures évoluent ? 

 

Nostalgie quand tu nous tiens

Sacraliser la cour du MAH, avec ses quelques herbes folles, et ses flaques d'eau noire, fréquentable 4 mois par an est un réflexe de nostalgie et de refus du changement. Il y a pourtant, au jardin botanique, de belles serres et de magnifiques jardins. Il semblerait donc plus raisonnable qu'un musée soit dédié à l'exposition des oeuvres et à l'accueil de collections, plutôt que de sacrifier une rénovation complète au profit d'une cour vide.

 

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[1] http://www.musee-orsay.fr/fr/collections/de-la-gare-au-mu...

 

 

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www.sylvainthevoz.ch

09:44 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mah, culture, votation, changement | |  Facebook |  Imprimer | | |