sylvain thévoz

12/04/2015

Servette FC : l'auto-goal de François Longchamp

Alors que Lausanne  fêtera en juin les 100 ans de la présence du comité international olympique (CIO) dans la commune, que le siège de l'UEFA est à Nyon et celui de la FIFA à Zurich, Genève défraie la chronique sportive d'une autre manière, martyrisant son histoire sportive. Le Servette FC, fondé en 1890 et qui fêtera ses 125 ans ce printemps, pourrait faire faillite. La sonnette d'alarme a été tirée le 1e avril par le président du club Hugh Quennec. 


Les sportifs contre les gagne-petits

Les sportifs ont du coeur. Michel Pont, Gérard Castella, Gilbert Guyot, Christian Karembeu, Caroline Abbé et plus de 100'000 personnes passionnés par le foot dans ce canton sont mobilisés. Le Servette FC risque sa peau, plombé par la gestion d'un stade mal géré par un Conseil d'Etat trop content de s'être débarrassé de son exploitation pour 32 ans via l'ancien président du Servette Majid Pishyar.

Ce Conseil d'Etat fait penser à une équipe qui mise sur un 0-0 pour essayer de l'emporter au penalties. Sauf que battre Servette n'apportera rien de bon à Genève. Aujourd'hui, les sportifs luttent contre les gagne-petits.     


La désastreuse gestion de Longchamp

Monsieur François Longchamp se moque du Servette FC et du sport.

Lors de l'émission Forum de la RTS du 1e avril, il a fait preuve d'une morgue incroyable, demeurant catégorique sur son refus d'entrer en matière au sujet du stade de Genève et de la finition des travaux. Non, pas un sou pour les travaux sur ce stade. Non, pas un sou pour éviter au Servette FC la faillite. Non, pas un sou pour le sport. Quel auto-goal de la part du président du Conseil d'Etat, et surtout quel manque d'ouverture au dialogue avec le Grand-Conseil, les habitante.s, et tous ceux qui aiment le sport à Genève!  

Quand Longchamp se mélange les pinceaux

Longchamp confond totalement la question du stade et celle du soutien au club. Il ne s'agit pas ici de soutenir une équipe professionnelle de football mais bien, pour l'Etat, propriétaire du stade, de terminer le boulot, ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps. Monsieur Longchamp s'arque boute sur cette convention d'opérette signée avec Pishyar. Cela n'est pas digne de Genève.

Le stade est pourri, le Conseil d'Etat l'a construit. Le Conseil d'Etat est pourri s'il ne reprend pas ce dossier en main. Cela pourrait ressembler à un chant de supporter, c'est pourtant la réalité. Le Conseil d'Etat ne peut pas se défausser de sa responsabilité.   

Longchamp ou le mépris du terrain

Longchamp dit "club de football" comme s'il s'agissait d'un mot sale.

Il montre par là son ignorance de la complexité du monde sportif. Et surtout, il prétend ignorer que pour une collectivité publique qui prétend assumer des tâches sportives régionales, il doit entretenir et fournir des installations adéquates et de qualité. Charles Beer l'avait rappelé en 2013 : "Le stade doit être rénové ou rasé, la politique de l'autruche devient irresponsable".  Qu'a fait le Conseil d'Etat depuis lors ? Rien. Si ce n'est voter une loi pour le Sport sans moyens et sans volonté politique pour l'appliquer. Clap clap clap pour les champions! 


Pas un soutien au club mais un entretien du stade

Il est clair que le club n'a aucun argent à recevoir pour la gestion de l'équipe pro.

Il est par contre injuste que les finances du Servette FC d'aujourd'hui soient écrasées par l'entretien d'un stade pourri, mal pensé par un Conseil d'Etat qui ne l'assume pas.


Politique de l'autruche ou poisson d'avril?

Monsieur Longchamp connait bien les difficultés du Servette FC, et cela depuis longtemps. Il nous prend pour des pives quand il prétend avoir cru à un poisson d'avril lorsque le président du Servette a annoncé le risque de faillite pour le club.

Longchamp botte en touche, fait l'autruche, et laisse Servette couler à cause de la convention d'opérette signée par Majid "magic" Pishar. Le Conseil d'Etat sait depuis longtemps que cette convention est impossible à honorer pour le club. Il a choisi de ne pas s'occuper d'un dossier pourri qu'il a mal géré du début à la fin. C'est moche.

 

Au final, c'est Genève qui perdra

S'il se poursuit, le bras de fer entre le Servette FC et le Conseil d'Etat fera une victime  : le sport à Genève. Si Servette devait aller en faillite, Monsieur Longchamp et son Conseil d'Etat en porteront la responsabilité, ayant joué petit bras et choisi de se défausser sur son locataire de leur responsabilité d'un stade pourri, inadapté et inachevé.


Un conseil d'Etat comptable et mauvais gestionnaire

Le Conseil d'Etat serait bien inspiré, lui d'ordinaire si prompt à donner des leçons aux communes, ayant même l'ambition de vouloir reprendre la gestion de grandes institutions, d'observer comment la Ville de Genève a travaillé pour permettre au club de hockey de se tenir à flot avec un savant équilibre de soutien à la relève (Genève Futur Hockey) et de mise à disposition d'infrastructures avec travaux et réaménagements : réfection des tribunes publiques, aménagement des loges VIP, etc., La collectivité publique a assumé ses responsabilités grâce à Manuel Tornare puis Sami Kanaan.

Aujourd'hui la patinoire arrive au bout, et que fait le Conseil d'Etat pour la nouvelle? Du vent, encore. Longchamp critique même le fait que la Ville veuille s'y investir. Mais qu'il réalise quelque chose alors !    

 

Un Conseil d'Etat incapable d'assumer ses responsabilités

Aujourd'hui, le Conseil d'Etat est sur la touche.

Il a laissé pourrir le dossier du stade de Genève et le projet de la Nouvelle patinoire au Trèfle Blanc est planté.

Monsieur Longchamp, avant de donner des leçons de gestion aux communes devrait regarder son équipe politique, incapable d'aller de l'avant. Si on le laisse aller, il va finir par tuer d'abord le Servette FC puis le Genève Servette Hockey. Que les dieux du stade préservent le club du Conseil d'Etat. Marre des technocrates qui prétendent diriger mais veulent avant tout ne pas perdre et juste donner l'impression qu'ils gèrent.  


Faisons rentrer les remplaçants, et vite

La gestion du dossier du stade de Genève est à ce jour un auto-goal pour Genève. Un de plus de la part d'un Conseil d'Etat gestionnaire et autocratique, légaliste à crever, qui manque totalement de coeur et d'envie.

Faisons rentrer les remplaçants, et vite, que le Grand Conseil prenne en main ce dossier et impose au Conseil d'Etat une solution et un engagement de l'Etat pour terminer la réfection et l'aménagement du stade, sinon ce sera cuit pour le Servette FC.

Ceux qui auront gagnés seront alors ceux qui méprisent le sport et les sportifs, au premier rang desquels si rien ne change, il faudra bien compter Monsieur François Longchamp.      


 

 

Sources:

http://www.tdg.ch/sports/sfc/cinq-raisons-fondamentales-soutenir-servette/story/24985464

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6649396-le-servette-fc-est-a-nouveau-au-bord-de-la-faillite-01-04-2015.html?f=player/popup

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6652583-le-torchon-brule-entre-le-servette-fc-et-le-conseil-d-etat-genevois-02-04-2015.html?f=player/popup

09:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : servette football club, sport, canton, longchamp, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/09/2013

Tu votes ou tu votes pas?

 

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A 6 jours de l'élection du 6 octobre le taux de participation est toujours à moins de 10%. Le train est encore à quai, il est temps d'y monter. Après, ce sera trop tard, fini pour 5 ans, basta. Et suivant l'équipage, 5 ans, c'est long. Le 6 octobre, on élit avant tout 100 députés. Et ce n'est pas pour les mettre dans un wagon de première classe, mais pour qu'ils assurent la bonne marche collective, son service, sa conduite.

Alors citoyen-ne, voisin-e, tu veux être actrice du voyage, passager-e- concerné-e par la destinée du train, ou rester bêtement à quai à regarder passer les wagons? En démocratie, tu as pour mandat d'élire, mais aussi de surveiller, relancer, informer, contester ceux qui gouvernent par délégation afin qu'il fassent ce pour quoi on les élit: assurer la bonne marche de la société. En tout cas pas de leur offrir un voyage de 5 ans tous frais payé reconductible automatiquement. Citoyen-ne, voisin-e, voter te permettra ensuite de leur demander des comptes et de les placer devant leurs responsabilités. La priorité c'est aujourd'hui de lutter contre la pauvreté, pas contre les pauvres ; de lutter pour que la classe moyenne sorte la tête de l'eau, pas pour qu'elle s'y enfonce. On récolte de ses élu-e-s ce qu'on y a semé. Ou alors on change. Ou bien? 

Un bilan à faire

Avant de s'embarquer dans ce voyage de 5 ans, quel bilan tirer du voyage précédent?

La droite avec une majorité écrasante au Grand Conseil (68 députés contre 32 de gauche) 4 Conseillers d'Etat contre 3 a poursuivi sa politique de démantèlement des services aux citoyen-ne-s et de bradage de l'Etat. Cette majorité a mené le Canton au bord de l'implosion sociale et les inégalités n'ont cessé de croître ces dernières années. Cette droite chaotique a mené notre canton au bord de la faillite. Des politiques perverses et dangereuses pour les travailleurs et travailleuses, la stigmatisation des personnes au bénéfice de l'aide sociale ont rendu tous les liens sociaux plus fragiles. A force d'être férocement économistes, ces politiques ont perdues de vue celles et ceux qu'elles doivent servir: les citoyen-ne-s. Les libéraux-radicaux pousseront peut-être des cris d'orfraie devant ces affirmations, qu'ils le fassent. Ils aimeraient pratiquer l'art du serrage de boulons pour certains et l'ajout de service de première classe et de communication sur papier glacé pour d'autres en toute tranquillité, mais non. On ne peut pas tondre les citoyen-ne-s et avoir en plus leurs remerciements. Le peut-on?

Le new-management est dangereux pour la santé

Suppression du RMCAS, empilage de dossiers (jusqu'à 80 à l'Hospice Général sur des assistant-e-s sociaux débordés), augmentation des "critères" et des "barèmes" comme seules manières d'envisager l'humain. La guerre au doublon et la prime aux fusions d'entités a fait des victimes: les citoyen-ne-s. Une seule porte où s'adresser, et elle est bien gardée, n'entre plus qui veut et ça va empirer. Aux EPI (Etablissements publics pour l'intégration) le slogan c'est : "Après la fusion la culture d'entreprise". Allez voir ce qui reste du Département de la solidarité et de l'emploi après le passage de Monsieur Longchamp et avant que Madame Rochat, par un grossier tour de passe-passe, ne s'y fasse doucement oublier avant les élections.... La Santé? Et un et deux et trois plans de restructuration plus tard, allez écouter les travailleurs et travailleuses et rendez-vous aux urgences pour une petite attente de 6 heures, vous m'en direz des nouvelles. Vous cherchez un logement. Revenez dans 5 ans..... ou mettez trois mille balles sur la table. Merci qui? Merci Mark Müller, merci Longchamp, merci Rochat, merci Maudet.   

Les pauvres sous le tapis les beaux sur l'affiche?

L'Hospice Général ne fait plus son boulot par manque de moyens. Il fait donc refluer les personnes vers les communes ou simplement à la rue. Sous couvert de bonnes gestions et d'"intégration" avec un joli discours formaté new management les libéraux-radicaux coupent les prestations, fragilisent les prestataires ou les basculent vers d'autres horizons, espérant les perdre en route ou s'en débarrasser. Cela augmente la précarité sociale, et l'insécurité. 

Cette manière de (dé)faire les liens sociaux en créant des murs administratifs compose de fait des difficultés supplémentaire. Le culte du chiffre ne se marie pas avec la vie sociale. Ces politiques sont non seulement dangereuses mais surtout perverses. Le tout sécuritaire, voulu par Monsieur Maudet, avec des poses de caméras à plus 2 millions, des corps de police spécialisés qui se tournent les pouces pendant que d'autres triment sur le terrain; des dizaine de gendarmes et agents municipaux en plus qui au final font du travail administratif, tout cela coûte au final très très cher et n'éponge qu'à peine ce que les politiques anti-sociales voulues par Monsieur Longchamp et Madame Rochat ont contribué à créer.

Un autre quotidien est possible
La gauche, au quotidien, en travaillant sur le terrain, que ce soit pour soutenir l'économie sociale et solidaire ou en développant et en alimentant en Ville un fonds chômage ainsi que la Fondetec, Fond de soutien aux PME et aux start-up empoigne les enjeux autrement, sous l'angle de la durabilité. Elle lutte pour conserver une administration forte, redistributrice, créatrice d'emplois. Elle développe l'offre des places de crèche, développe une école inclusive, qui limite les décrochages et permet, si pas l'égalité des chances au moins de limiter la casse des inégalités. Elle a une vision plus large de ce qu'est la sécurité, et maintient un service public de qualité et efficace. La collectivisation des sols permet de retirer le terrain sous les pieds des spéculateurs. Un éducateur spécialisé dans chaque école c'est aussi moins d'insécurité dans les rues. 

Dernier départ pour la Genève qui se lève 

Il est temps, ici et maintenant, de changer cette majorité crasse du Grand Conseil, pour oser un autre modèle de société, et donner un autre rythme que celui du confort pour certains et les économies pour d'autres. C'est maintenant que tout se joue. C'est le dernier départ pour la Genève qui se lève. Après, le train partira pour 5 ans et que tu sois à quai ou pas, dedans ou non, voisin-e-, citoyen-ne-, habitant-e-, tu le sentiras passer, ça c'est garanti.


Alors, tu votes ou tu votes pas?