sylvain thévoz

21/12/2016

Budget de la Ville de Genève : le PLR refusera-t-il encore l'obstacle?

saut-obstacles-problemes-abords-1.jpgLa Ville de Genève aura-t-elle un budget pour 2017 ce jeudi? Rien n'est moins sûr. La faute aux atermoiements du PLR, de l'extrême gauche et de l'extrême droite. Ces derniers, après avoir choisi, durant 3 mois, soit de septembre à décembre de ne pas amender le budget proposé par le Conseil Administratif, ni de travailler sur celui-ci, se sont réveillés... pour choisir de ne rien faire et d'attendre encore avant de décider quoi que ce soit, se mettant au passage dans une infantile posture victimaire.

 

Ce n'est pas à la population d'en faire les frais   

Le budget présenté par le Conseil Administratif est à l'équilibre. Il est même un brin bénéficiaire. Il garantit les prestations à la population, les conditions cadres de l'exercice des services publics, alors même que la population et ses besoins sont croissants. C'est devant un budget responsable et équilibré que les forces politiques de droite et de l'extrême gauche jouent aux enfants colériques (mais sans amener de véritables revendications).  

Lors de la plénière du 10 décembre dernier, une pluie d'amendements, aussi tardifs qu'une première neige est tombée sur le parlement municipal. Le groupe MCG n'a rien trouvé de plus malin d'agglomérer une majorité constituée de PLR, d'UDC, d'extrême gauche et de quelques verts, pour renvoyer l'examen de ces amendements en commission.

En équitation on appelle cela un refus devant l'obstacle. Sandrine Salerno a eu beau tirer sur les rênes pour faire avancer l'attelage, rien à faire. Depuis, il ne s'est pas passé grand chose. Les élus rétifs tournent en rond devant l'obstacle et refusent d'assumer la responsabilité de leur plantage.  

En commission des finances, le Président du Conseil d'Etat, François Longchamp est venu en personne remonter les bretelles des conseillers municipaux, leur rappelant leurs devoirs et les limites de leurs pouvoirs. Les conseillers administratifs sont revenus rappeler une enième fois qu'un budget est une autorisation de dépenses, et qu'au final, c'est aux comptes que tout se joue, que ce budget est bon et qu'avec un peu de volonté il est possible de sauter l'obstacle... mais certains traînent encore des sabots.

Au passage, ce sont de nouvelles auditions qui ont été votées, quelques dizaines de milliers de francs dépensée pour faire siéger des élus qui ne savent, au final, toujours pas ce qu'ils veulent ni comment l'obtenir, et font de l'obstruction parlementaire alors qu'ils sont majoritaires. 

 

PLR et Extrême gauche cul et chemise pour saboter le vote du budget

Le PLR peut hurler au complot tant qu'il peut, répéter que le Conseil Administratif n'a pas fait son travail, ils ne trompent personne. Les faits sont têtus. On ne peut à la fois être majoritaire dans une arène politique et faire une politique d'obstruction et de délégitimation aussi massive. Le PLR montre là un visage d'incurie. Lui, pourtant si prompt à donner des leçons de bonne gestion et d'efficacité... les PME et l'économie apprécieront le trouble et l'incertitude que ce parti crée de toute pièce.

Que l'extrême gauche s'acoquine avec le PLR et oublie qu'il a en la personne de Rémy Pagani un responsable de l'exécutif est par ailleurs dramatique. Si c'est la stratégie de la rupture que l'extrême gauche veut jouer, que Pagani démissionne, plutôt que de laisser saboter un budget nécessaire à la collectivité. Ce ne sont pas aux habitant-e-s de payer les tâtonnements idéologiques de l'extrême gauche.

La posture du PDC est bien plus claire. Le groupe a choisit d'assumer ses responsabilités et d'aller de l'avant. 

 

Incertitudes devant l'obstacle

Que va-t-il se passer ce jeudi ? Différents scénarios se dessinent : soit le PLR, l'extrême gauche et l'extrême droite se rappellent à leurs devoirs, arrêtent leur pantalonnade et votent le budget amendé par leurs soins, soit la Ville n'aura pas de budget et fonctionnera sur ce que l'on appelle les 12e provisionnels, soit des autorisations de dépenses votées chaque mois chargeant inutilement l'administration et l'appareil bureaucratique d'une manière coûteuse.

La droite élargie acceptera-t-elle enfin de sauter l'obstacle ou tournera-t-elle casaque, faisant perdre encore des centaines de milliers de francs à la collectivité? On doit espérer que, dans chaque écurie, des élu-e-s sauront prendre leur responsabilité pour avancer et éviter de sombrer dans l'indigence.

Car le niveau a déjà bien baissé. Refuser encore l'obstacle reviendra à ramper à quatre pattes. Certes, les aplatis dénonceront ensuite la vilaine gauche, le méchant conseil administratif.

Mais il n'empêche, quand on ne veut pas passer des obstacles, on devrait en rester à l'accompagnement de poneys, pas au vote du budget de plus d'un milliard de la deuxième ville de Suisse.   

 

 

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16/12/2015

Barazzone joue à cache-cache-double mandat

Suite à la casse dans le budget de la Ville de Genève par une droite ivre de son nouveau pouvoir, le fait de voir Guillaume Barazzone absent des débats, en a choqué plus d'un, à droite (légèrement) comme à gauche (très profondément).

Monsieur Barazzone s'est piteusement justifié dans la presse. Ce n'était pas en raison de son agenda politique (Monsieur Barazzone a un double mandat qui l'a emmené à Berne lundi renforcer une révision du mariage rétrograde, que défend son parti), mais pour des raisons politiques se défend-il.[1] 

Utiliser le mot politique pour se justifier de ne pas assumer sa fonction ni ce pour quoi les genevois l'ont élu et le rétribuent via leurs impôts est faire injure au mot de politique.

 

Des raisons politiques ? la belle affaire. 

Monsieur Barazzone a approuvé ce budget, il a réussi à y faire ajouter 25 pompiers au mois de novembre, puis l'a défendu devant la presse avec les quatre membres de gauche du Conseil administratif avant de... se débiner au moment de faire face à ses responsabilités.

"Je ne suis pas en phase avec le discours de la majorité du Conseil administratif tenu samedi. Je ne m'y suis pas du tout reconnu. Je l'ai jugé trop partisan et ne voulais pas y être associé."

Voilà la seule justification de ce monsieur : ne pas se reconnaître dans les discours de ses collègues. Mauvais signal. Quant on en dans une équipe de 5, et que l'on obtient plus que les 4 autres sur un budget, que son parti organise le grand tabassage de la culture et du social, il est pour le moins malvenu de se poser en oie blanche ou en victime.

Son propre budget de droite que Barazzone n'assume pas

Le budget de la Ville voté dans la nuit de mardi est un budget de droite, voulu par la droite, Guillaume Barazzone en tête. En tant que seul représentant de cette droite au CA, il devait l'assumer publiquement.

Or, que faisait Monsieur Barazzone à Berne lundi ? Y donnait-il un signal politique ? Non. Aurait-il voulu donner ce signal qu'il aurait marqué son absence par communiqué à Genève le lundi même. Or, il ne l'a pas fait. Pensait-il que son absence allait passer sans autre? Rompre la collégialité pour des questions de forme est injustifiable. Monsieur Barazzone semble aussi peu concerné par la chose collective que par la solidarité envers les institutions. Pourtant, elles le légitiment. Or, aujourd'hui, il s'en sert plutôt qu'il ne les sert.

S'il y a quelque chose avec lequel Guillaume Barazzone n'est pas en phase, plutôt que le Conseil administratif de gauche, c'est notre système démocratique. Double-mandataire, jouant à cache-cache au moment du budget et rompant une collégialité pour servir son agenda personnel, il méprise nos institutions.    

 

Un leader de la droite qui ne dit pas son nom

Idéologiquement, Barazzone désavoue toute la droite dont il est pourtant le représentant avec un aplomb hallucinant : "Il faut faire des économies, mais couper n'est pas la bonne solution, car les coupes linéaires ne permettent pas de dégager des priorités! Elles prennent les associations au dépourvu."

Pourtant, il n'était pas là pour l'exprimer lundi, ni pour retenir ses troupes de couper. C'est une forme de lâcheté politique que de désavouer le lendemain des coupes qui impacteront la vie de centaines de gens et prétendre s'en émouvoir alors qu'il les a lui-même ordonnées.

 

Se moquer du monde sans oser rire de soi

Arrivé à ce point là, Monsieur Barazzone montre son vrai visage en se moquant de... tout le monde.

 

  • Il se moque tout d'abord du Conseil Administratif, brisant la collégialité pour trahir le conseil administratif sur un budget dont il est responsable et qu'il a signé.
  • Il se moque des règles du jeu de la démocratie. Tout comme celles de la loi, l'important dans notre système, c'est d'apprendre à les respecter. Or, quand on est minoritaire, on vit et on perd comme minoritaire, ce que la gauche a durement éprouvé durant le vote du budget. On ne se pose pas en diva en biaisant les règles. Sinon, cela devient de l'arbitraire, et c'est cela qui nourrit aujourd'hui une colère contre la droite. Invoquer une fois le respect de la loi et "La démocratie" pour dominer l'autre au nom du "respect des règles" est une chose ; mais l'invoquer aussi comme minoritaire pour biaiser le débat, et dans les deux cas, en tirer avantage, c'est bafouer les institutions. C'est ce que Monsieur Barazzone a fait durant le vote de ce budget. Il a voulu gagner sur tous les tableaux à la fois, utilisant chaque fois les institutions à son avantage. Est-ce cela la démocratie ? Non.
  • Il se moque enfin de son parti, le PDC, leader dans l'opération de coupes sauvages contre la culture et le social en affirmant que ces coupes ne sont pas une bonne chose. Il s'en distingue dans la presse alors qu'il en est l'instigateur. Mais quoi? Monsieur Barazzone n'a-t-il pas été élu comme conseiller administratif par le PDC? Comment la main peut-elle faire une chose et la tête une autre ? Cette schizophrénie politique montre l'incohérence politique de ces coupes. Au fond, elles ne sont assumées ni par la tête ni par la main qui s'en renvoient la responsabilité. Elles sont du même ordre que les grands discours que porte le PDC contre l'alliance avec le MCG au niveau cantonal. Mais au final: qui a été l'allié principal du MCG durant le vote du budget ? Le PDC...
  • Enfin, il se moque surtout de la population genevoise. En jouant au petit prince médiatique pouvant gagner sur tous les tableaux politiques, il montre son avidité de le faire au détriment de la chose commune et des vies en jeu, de la prospérité de Genève. Il montre, par son exemple, que les combinazione politique peuvent dominer sur la cohérence, et le trouble sur la transparence, ce qui jette le discrédit sur toute la classe politique.  

 

Le règne du faux semblant

En raison de ses ambivalences et démissions, et tout ce que cela laisse envisager de chaos et de casses futures pour notre Ville de Genève:

J'aimerais inviter Monsieur Barazzone à la réflexion et à se demander s'il ne serait pas bienvenu de laisser sa place à un homme ou une femme de son parti, qui aurait plus à coeur et plus de temps que lui pour défendre les intérêts collectifs et surtout les assumer, quelles que soient ses options politiques.  

J'aimerais aussi inviter Monsieur Barazzone à la réflexion sur son double mandat, afin qu'il soit capable d'être présent à Genève quand il y est, et assumer sa politique plutôt que de se défiler; effectuer un travail de duplicité entre le conseil administratif et le conseil municipal à Genève, mais aussi entre Genève et Berne n'est pas bon pour notre cité. 

Enfin, l'inviter à considérer ce qu'il faut penser d'un magistrat filant à Berne quand ça devient difficile ici avant de revenir au bout du lac quand Berne lui déplaît, le faisant bien sûr toujours au nom des institutions et de notre Ville, mais au final lui causant un tort certain.

 

 

 

[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/barazzone-absent-budget-voulais-associe-discours-partisan-executif/story/22042877    

 

 

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15/12/2015

La droite s'enivre: le social et la culture trinquent

La droite s'est élancée sur le budget de la Ville de Genève pour le taillader. Tout à son enthousiasme de disposer enfin d'une majorité pour faire ce qu'elle voulait du budget 2016 de la deuxième ville de Suisse, elle a, après avoir refusé une première fois en septembre de faire le travail, choisi avant Noël de le hacher.

L'hybris de la coupe s'est emparée de la droite. Frénésie sélective quand même puisqu'elle a choisi arbitrairement d'épargner le sport, le Grand théâtre et les crèches...gare à la gueule de bois. Ses coupes ont permis de jeter une lumière crue sur l'inconsistance du seul magistrat de droite au Conseil administratif Guillaume Barazzone (PDC) qui a choisi de faire son lobby personnel à Berne, plutôt qu'honorer son mandat en Ville, et assumer le saccage de ses troupes.

La droite se renie

La droite coupant dans les budgets des associations culturelles et sociales, supprimant des emplois, le fonds de réinsertion fonds chômage, tout un pan de la vie associative locale, obnubilée par les chiffres abstraits, a perdu le contact avec l'économie réelle.

Elle a même perdu le contact avec ce qu'elle prétend encore défendre malgré elle: le courage d'entreprendre, la créativité, et l'engagement pour la collectivité. Si les explorateurs et entrepreneurs que la droite valorise avaient eu la même mentalité que cette droite rabougrie, ils auraient dit : nous ne pouvons pas avancer, il y aura peut-être des difficultés, restons au chaud, coupons tout. Arrêtons la vie.

Barazzone a choisit d'aller surfer à Berne, tranquille.  

La gauche s’est opposée aux coupes déséquilibrant le budget municipal en refusant le boni de 15.5 millions effectué sur le dos des forces vives de la société.

Ces coupes votées produiront des charges reportées. Elles mettent directement en péril des associations, des emplois, la cohésion sociale, et diminuent fortement les prestations à la population. Par un effet domino, elles entameront aussi profondément des secteurs de la vie collective. Surtout, elles pénaliseront injustement certaines associations qui se voient déjà assommer par les coupes du Canton. Elles créent des inégalités de traitement injustifiées.

Quelques exemples parmi tant d'autres!

Centre social protestant
Pour le CSP, la baisse du Canton représente CHF 30'000.- de moins au budget. Cette baisse devra être compensée par une hausse des produits propres; cumulée à d'autres pertes, elle débouchera sur
une suppression de poste. Les coupes de 2% imposées au Centre Protestant de Vacances par la droite du conseil municipal les y condamnera probablement.

Caritas
Pour Caritas, la baisse du Canton sera du même ordre de grandeur que le CSP (CHF 30'000.-) avec les mêmes problèmes (compensation à chercher sur d'autres recettes) et les mêmes conséquences potentielles (nécessité de réduire les charges sur les coûts de personnel). Les coupes de 2% imposées en Ville les y condamnera.

F-information
Pour l'association destinée aux femmes et aux familles, les coupes cantonales  représentent 30'000.- en moins sur budget. C'est la suppression d’un poste de 30% avec 8 heures de consultation en moins par semaine pour les femmes. Le montant de la réduction ne pourra pas être compensé par ailleurs. La droite municipale y ajoute encore 2% !


Alcip
Pour l’Alcip, l'association de lutte contre les injustices sociales et la précarité, les coupes cantonales déboucheront sur une suppression de poste d’un permanent à 50 % et à ne plus pouvoir éditer leur journal. Ils vont devoir réduire également de moitié leur distribution de nourriture via Partage pour les plus démunis. Les 2% de coupe ajoutée en Ville limiteront encore l'appui aux plus démunis.


Boulevard, Aspasie

Pour les associations boulevard et Aspasie, aux 5% cantonaux doivent s’ajouter le 1% de solidarité avec l’association PVA (Personnes vivant avec) qui s’occupent des personnes atteintes du VIH. Boulevard a déjà perdu 6% de son budget pour 2016. Un poste de collaboratrice socio-sanitaire à été supprimé. Les coupes de 2% en Ville fragilisent encore plus la structure.


Pro Juventute
Pour Pro Juventute, les coupes cantonales représentent une diminution de 95'000.-  Comment y faire face? 2% de coupe en Ville en plus! Joyeux Noël pour les enfants. 


A ces associations fragilisées qui surnageaient déjà difficilement, auquel le Canton a mis la tête sous l’eau. La droite municipale a choisi d'attacher une pierre.

 

Double coupes pour certains, triple coupes pour d'autres

Les acteurs culturels sont eux aussi frappés de plein fouet. Là aussi :  double sanctions des coupes cantonales et municipales. Cela fait donc 3% de coupe pour le Théâtre Am Stram Gram, Les Marionnettes, le Poche, la Comédie, l'Orchestre de Suisse Romande, L'Orchestre de Chambre Genevois, exemples parmi d'autres. Mais il faut là y ajouter encore la baisse de 10% des fonds de soutien à la création et aux manifestations ! 

Ces coupes interviennent dans un contexte économique difficile pour la culture, avec une crise financière, et le franc fort. Les coupes de la droite touchent un secteur vital pour la ville locale ayant permis l'engagement de presque deux mille personnes en 2014.

Elles affectent les petites institutions qui n'ont pas de budget de production, mais aussi les manifestations qui en dépendent: fête du théâtre, fête de la danse, festival Electron, Black Movie, Filmar, Animatou, Ciné Transat, etc.

Ce sont donc directement des prestations à la population qui sont touchées.

 

La droite n'aime pas la musique

Si l'on prend le fonds général Musiques et chorales, ce sont les ensembles suivants de musique populaire qui seront touchés : Empro, Losange, Fifres et tambours, Cercle choral, Union accordéonistes mixtes, etc... la culture porte seule plus de 10% des coupes de la droite!

Pourquoi un tel acharnement sur ce qui fonde le vivre ensemble?

 

Tout le monde y perd

Au final, les habitant-e-s de la Ville de Genève paieront toujours autant d’impôts pour moins de service. La production collective de richesse en Ville sera atteinte. Ceux qui ont de la peine à boucler les fins de mois seront les premiers touchés.


La gauche s’est opposée à cette ivresse destructrice de la droite qui, pour une question de posture politique, a balayé le fait que les dépenses de fonctionnement de la Ville sont sous contrôle (1%), que la gouvernance et la gestion financière de la Ville sont fortes. Aujourd’hui, la Ville honore sa dette, dispose de liquidités. Pourquoi casser un budget à l’équilibre? Est-ce parce que la Ville fait mieux que le Canton que la droite veut la faire tanguer ?

 

Retirer le coupe-coupe des mains de la droite


La population augmente, les besoins croissent. L'endettement des collectivités publiques ne conduit pas à des politiques restrictives. La dette en ville de Genève est sous contrôle et n'entame pas l’exercice budgétaire.

Par contre, la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse. Aujourd’hui, la Ville assure les moyens de ses prestations. Avoir sabré dans ce budget 2016 met en péril tout un pan de l’économie et de la population.

 

Les référendums sinon rien

La gauche lancera donc des référendums pour contester ces coupes devant le peuple. Je suis persuadé que le peuple les soutiendra et refusera de payer toujours plus pour recevoir toujours moins, et de valider ces coupes qui vont contre son intérêt et son attachement à des associations et acteurs culturels de Genève qui le lui rendent au centuple. 

 

Quant au PDC qui tabasse le social et la culture avec un magistrat absent et se lie toujours plus étroitement au MCG malgré ses grandes déclarations de refus d'alliance avec ce parti, il est définitivement passé du côté des tartuffes.

 

Barazzone démission


Et si Monsieur Barazzone a oublié qu'il a été élu pour siéger dans un Conseil Administratif en Ville de Genève et y faire son boulot, qu'il démissionne. Son absence durant le vote du budget illustre bien l'incohérence des discours de la droite et son irresponsabilité.

Appeler les autres à la rigueur tout en se donnant des passe-droits est hallucinant. La droite devrait s'appliquer sa morale avant de l'imposer à ceux qui, faisant leur travail, luttant au quotidien, créent des richesses et améliorent la vie en Ville de Genève.

 

 

 

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11/12/2015

Voulez-vous être les dindons de la dette?

En Ville de Genève, la droite a annoncé en commission des finances vouloir faire un bénéfice de 15.9 millions. Elle a déposé des amendements pour des réductions linéaires dans le domaine de la culture, du social et de l'économie de proximité.

La droite veut casser l'économie réelle qui produit de la richesse et offre de l'emploi à de nombreux habitant-e-s pour "rembourser la dette". Elle prétend infliger à la structure publique les remèdes qu'elle a développé dans le privé au bénéfice des conseils d'administration et au détriment des gens. Sauf qu'une entité publique ne se gère pas comme un fonds entrepreneurial; ses objectifs ne sont pas similaires. Sa finalité n'est pas de faire du bénéfice, mais de répondre aux besoins de la population.

 

Il n'est pas dans la vocation d'une crèche de faire du bénéfice, il n'est pas dans la vocation d'un théâtre de faire du bénéfice, il n'est pas dans la vocation de la fête de la musique d'augmenter son cash-flow ou aux associations s'occupant des plus précaires de faire du fric!

En réalisant leur mandat social, culturel, économique, ils créent des richesses et évitent l'appauvrissement de notre société. La mission de la collectivité est de leur permettre d'exercer leur travail pour le bien de toutes et tous, pas de l'entraver.

 

L'hypnose de la dette

Rembourser la dette à tout prix est le seul argument que la droite revancharde et frustrée par des années de posture minoritaire parvient à articuler pour montrer qu'elle est désormais aux commandes du cénacle municipal. Mais que veut-elle  ? Elle même ne le sait pas. Elle ne donne aucune impulsion politique, aucune direction, ne fait aucun choix. Elle veut juste "rembourser la dette" (n'importe comment, tout en créant des coûts reportés) et couper au plus court, sans concertation, sans réflexion, en biffant des lignes transversales d'un budget sans savoir ce qu'il y a dedans. 

 

La santé économique de la Ville est excellente

L'argument du remboursement de la dette est extrêmement faible. Tout d'abord, parce que la Ville de Genève bénéficie d'une économie forte avec un produit intérieur brut par habitant très élevé en comparaison internationale. Les dépenses de fonctionnement sont contrôlées (1%). La gouvernance et la gestion financière de la Ville sont excellentes. La gestion de la dette et de la trésorerie est prudente. Genève fait preuve d'un contrôle étroit sur ses entités satellites.

La Ville a effectué en mai 2014 un remboursement obligataire de 200 millions de francs suisse. Les prochains échéances de remboursement obligataire ne seront pas avant 2023. En conséquence, le service de la dette intègre uniquement à l'heure actuelle les charges financières et la dette à courte terme de la Ville. Il ne s'agit pas là de propagande socialiste... mais du rapport de Standard's and Poor's de novembre 2015 qui crédite la Ville de Genève de la note AA- et que l'on ne peut qualifier d'officine de propagande de gauche.

 

Du danger de prendre les gens pour des dindons

L'argument monomaniaque du remboursement de la dette est dangereux. Parce qu'en proposant à une collectivité publique de faire du bénéfice en coupant dans les prestations pour donner de l'argent à une économie virtuelle, cela affaiblit la collectivité et revient à engraisser des banquiers qui n'ont même rien demandé. Ces derniers ont prêté de l'argent sans intérêt à la Ville de Genève, voir à intérêt négatif.  Il est donc faux de dire que l'endettement des collectivités publiques conduit à des politiques restrictives! Ce qui est certain, c'est que la politique du coupe-coupe à courte vue détruit une économie réelle de proximité, des savoirs-faire, et une production de richesse.

 

Garder la tête froide

La déclaration de guerre de la droite élargie visant à faire du bénéfice sur un budget équilibré est négative pour la Ville de Genève. Couper les prestations à la population en temps de crise, est un choix politique périlleux et rajoute de l'insécurité à l'insécurité à un moment où il faut garder la tête froide.

Pas sûr que les genevois-es accepteront de payer plus pour obtenir moins de prestations. Pas sûr non plus que les moins fortunés accepteront d'éponger l'austérité plus fortement que ceux qui ont 10 fois plus de moyens qu'eux. Si la droite va jusqu'au bout de sa logique accidentelle, un référendum s'imposera afin de lui retirer le coupe-coupe des mains.

 

Ne soyons pas les dindons de la dette !

Ce qu'il faut retenir des remèdes ultra-libéraux de la droite ? Toujours moins de prestations pour le public; une fragilisation de l'économie pour un renforcement de l'économie virtuelle au détriment de l'économie réelle; une non-concertation avec les politiques cantonales, un mépris des associations qui vont se voir couper deux fois, et subir en quelque sorte une double peine, d'une manière totalement aléatoire, et sans réflexion sur les buts poursuivis;  un mépris des syndicats, des employés, de toute forme de réflexion participative ; une litanie, : réduire une dette.. pourtant contrôlée qui ne péjore pas les finances de la Ville, bien au contraire, elle lui permet d'entreprendre.

Ce qu'il faut retenir des remèdes ultra-libéraux de la droite ? une fièvre monomaniaque de montrer son pouvoir de nuisance et le dresser contre tout ce qu'elle ne peut comprendre ; enfin : un aveu d'impuissance et de faiblesse politique : détruire est toujours plus facile que construire.

Les genevois accepteront-ils d'être les dindons de la dette, et de payer un prix fort pour voir leurs prestations baisées par les petits comptables frustrés de la droite qui n'ont qu'une idée en tête ... faire jouer les autres au jeu de "qui veut perdre des millions" pendant qu'ils tirent les marrons du feu pour leurs petits copains de la finance et banquiers ? 

Réponse samedi 12 décembre dès 8h pour le vote du budget en Ville de Genève.

Rassemblement citoyen 8h même jour au 2 Hôtel de Ville pour s'opposer aux coupes.

Et joyeuse escalade !

 

 

 

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13/12/2013

Titeuf et Dany le rouge montent aux barricades

Que partagent en commun Daniel Cohn-Bendit, Dany le rouge, député européen, Zep, dessinateur, Yves Patrick Delachaux, écrivain, ancien policier et expert de police ? Le fait de signer, avec 13 autres personnalités de premier plan, un appel du 14 décembre pour que les conseillers municipaux de droite rassemblés dans une alliance trouble MCG-UDC-PLR-PDC ne coupent pas l'essentiel de ce qui forme le coeur et les valeurs de la Ville de Genève : la prévention sociale. Cette prévention sociale fait faire des économies à la Ville de Genève, il ne faut pas la supprimer. 

Face à l'attirail de tronçonneuses, tenailles, haches, tronçonneuses adoucies, petits canifs dont la droite se plaît à faire étalage ces derniers jours, détaillant avec jubilation les différentes coupes qu'elle pourrait opérer ce samedi lors du vote du budget (49 emplois cisaillés, 32 placés en respiration artificielle, 17 découpés, amputation de deux services), ce petit jeu du docteur risque de tourner à l'opération à vif sans anesthésie, au risque d'une hémorragie de la cohésion sociale.

Si l'escalade célèbre la défense et résistance historique des genevois contre l'envahisseur, il est stimulant de relever le prolongement que marque cet appel du 14 décembre. Des genevois-e-s et étranger-e-s s'unissent contre une menace qui est désormais intérieure: celle de voire l'action sociale et les liens de solidarités passés au crible des pertes et profits et sommés, en plus d'être rentables, d'être super-rentables pour rembourser des dettes anticipées ou plutôt: faire des bénéfices. La menace n'est désormais plus symbolisée par des échelles sur une muraille mais par des lignes barrées colonnes après colonnes sur un budget. Au final: un déficit abyssal de sens et des charges supplémentaires pour les services sécuritaires qui sont déjà entravés dans leurs missions fondamentales pour faire du travail de médiation sociale et de liens, ce qui est contre-productif et coûteux.  

La volonté de gérer la Ville comme une entreprise cotée en bourse montre que la droite réunie sous la grande bannière de la faux joue avec ses engagements vis-à-vis de la Ville et ses citoyen-ne-s, mais aussi ses valeurs profondes. Si une entreprise privée doit des comptes à ses actionnaires, il est surprenant que des conseillers municipaux prennent leurs ordres dans des états-majors cantonaux contre les intérêts de leur cité et de ses citoyen-ne-s.     

Dans l'appel du 14 décembre, Titeuf et Dany le rouge, parmi d'autres, montent aux barricades pour rappeler des fondamentaux. Une tradition humaniste, des valeurs d’équité, de solidarité et de diversité, conditions indispensables au développement d’une société durable. Cet appel est à prendre au sérieux. Ce ne sont pas que des mots, mais le reflet d'actes et des contours que prendra la Genève de demain, qu'on l'appelle Grand Genève, Genève internationale, agglomération, cette Genève qui se construit et construira à cheval sur plusieurs frontières devra faire bien attention à prendre avant tout soin de ses citoyen-ne-s, favoriser les liens sociaux et la cohésion sociale, dans toutes ses ramifications, complexités.  

Genève ne se construira ni à coup de baguettes magiques ni à coups de haches. Noël approche. Les démocrates chrétiens et le MCG, surprenante alliance, se sont unis à la cognée pour casser des branches. 

Ne laissons pas faire du petit bois de ce qui fait la richesse et la sève de notre ville: son capital humain. Car au final, ce ne sont pas que de chiffres que l'on parle. Et ce qui est brisé se reconstruit difficilement.        

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17/03/2013

Le black bloc du parlement

Clin d'oeil du calendrier, pratiquement une année après avoir fait voter une loi liberticide qui limitait le droit de manifester (11 mars 2012) et chargeait lourdement les organisateurs de manifestations, les PLR-UDC-MCG commémorent leur fascination pour la casse en se transformant en bloc noir du parlement, se donnant le droit d'y faire ce qu'ils interdisent à d'autres dans la rue. Casser du budget. PLR-UDC-MCG: bloc noir du parlement. S'ils n'en ont pas les cagoules, ils en ont retenus les méthodes et le style et la casse. Ce qui est interdit au peuple: manifester sa rage est autorisé dans l'arène politique. Il y a des castes chez les casseurs. Un privilège de classe pour les casseurs en cravatte sur les casseurs en cagoule. 

Il y a une année, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droit de réunion et d'association pacifique avait relevé que les modifications de la loi sur les manifestations restreignait "indûment les droits à la liberté de réunion pacifique et d'expression qui sont l'essence de toute démocratie". Dont acte. Le parlement profite lui pleinement de sa loi d'exception et du monopole qui autorise les manifestations violentes et la casse des services de l'Etat en son sein, sans qu'aucun organisateur n'en paie le prix. Enfin, pour l'instant, car c'est bien le peuple qui au final passera à la caisse. Le bloc noir du parlement casse, le peuple paie. C'est la loi qui veut ça. Et le MCG, s'il se tenait jusque là habilement sur la barricade, a montré maintenant dans quel camp il se tenait, copain du PLR, main dans la main pour casser l'existant et reporter les responsabilités sur d'autres. Le MCG est comme ce gamin jeteur de pierre qui pris, en faute, dénonce toujours son voisin. C'est jamais lui qui brise les vitres, pourtant son papa est vitrier. Tiens donc.

Vous me direz peut-être: mais c'est bien le peuple qui a choisi de voter la loi limitant le droit de manifester pour se prémunir de possibles violences, et c'est aussi ce peuple qui a placé le bloc noir sur les sièges de ce parlement. C'est cela l'exercice de la démocratie. Mais oui, et c'est donc encore le peuple qui choisira en novembre 2013 s'il souhaite se débarrasser du bloc noir PLR-UDC-MCG en l'empêchant de jeter ses amendements comme on jette des pierres ou qui l'élira à nouveau pour 5 longues années pour mener sa politique pirate de diminution des services, des soins, et de la sécurité.  Il y a des pouvoirs légaux qui peuvent devenir illégitimes. Le bloc noir du parlement siège sans cagoule, mais il a fait pleinement preuve de sa volonté de voyou. Le vrai réflexe citoyen, c'est maintenant de lui faire barrage.     

 

      

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15/03/2013

Les chiens fous: toutous des plus riches

Ils ont tiré sur leur laisse. Rien pour les arrêter. Ni leurs maîtres qu'ils suivaient bon gré mal gré, et qui ont essayé de les raisonner, ni le peuple, le premier à subir leurs coupes budgétaires. Ils ont brisé leurs engagements, pensant ne rien devoir à personne, n'avoir aucuns comptes à rendre. Les députés PLR, UDC et MCG, les chiens fous, tenté par la politique du pire, ont choisi de bouffer tout ce qui bougeait devant leur nez. Sans distinction, sans faire de quartier: coupe linéaire de 2% sur le budget ! Pourquoi? Parce que ça les démangeait, parce qu'ils en avaient envie, comme d'un caprice, comme d'un morceau de viande, et tant pis si ce dernier n'était pas le leur. Et tant pis si ce qu'ils coupaient, c'est ce qui permettait à d'autres de manger.

Pourquoi la gueule ouverte? Parce que l'on ne touche pas au bouclier fiscal, on ne touche pas aux revenus des plus riches. Ironie du sort, alors qu'aujourd'hui même aboutit l'initiative populaire fédérale "imposer les successions de plusieurs millions pour financer l'AVS" avec 110 205 signatures, alors même que l'initiative Minder plébiscitée par le peuple a montré que c'est bien les hauts salaires et les inégalités sociales qu'il faut combattre, les députés de la droite élitiste, conservatrice, et revancharde, ont montré que plutôt que d'être innovant et d'aller chercher l'argent là où ils se trouve, vers les plus hauts revenus et les fortunes accumulées, dans les niches fiscales aménagées, ils préférent accabler la classe moyenne et ponctionner les citoyen-ne-s en leur faisant payer toujours plus cher des services qu'ils n'auront plus.

Pour rappel, depuis 2002, ces droites au service des pouvoirs économiques ont accordé, selon le rapport de gestion de l'Etat, des allègements fiscaux à 130 entreprises pour plus de 550 millions. Ces cadeaux fiscaux, aujourd'hui, c'est le peuple qui en paie l'addition, dans sa santé, son éducation et sa sécurité. Aujourd'hui le PLR, UDC et MCG ont marqué leur option préférentielle pour les plus riches, au détriment des citoyens. Le MCG est devenue le Mouvement des complices généreux !

Les chiens fous, toutous des plus riches n'ont pas distingué ni choisi ce qui devait diminuer, ce qu'il fallait préserver, ils ont choisi de détruire. Le pouvoir de mordre leur est monté à la tête, l'ivresse de saigner. Peu leur importe que ce soit d'autres qui assument les conséquences de leurs emportements. Au final ce sont 97 millions de services et de soins dévorés d'une coup, 482 postes d'enseignants biffés, 20 millions de moins pour le réseau de santé, et des files d'attente devant les urgences qui promettent de s'allonger, etc., etc., Chauffé à blanc par les jappements de la rigueur budgétaire et le concept du déficit zéro, les chiens fous veulent un citoyen toujours plus seul pour s'autogèrer, s'auto-soigner et s'auto-débrouiller pour assurer sa sécurité. 

Les chiens fous, toutous des plus riches, ont donc choisi de faire payer au citoyen les baisses d'impôts qu'ils ont voté pour des hauts revenus. Leur mission accomplie, ils peuvent se retourner les uns sur les autres et se renifler l'arrière-train ; se congratuler parmi, en se servant du monsieur le député, eux qui pour éviter le prétendu déficit du budget, ont choisi l'option des trous, des déchirures, et de faire le jeu des plus riches, en complices généreux et repus d'avoir planté les crocs.  

 

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09/02/2013

A quoi sert la culture?

Le culture ne sert à rien.

Dans un temps social où l'utilité de chaque chose doit être démontrée, quantifiée; ou tout devient moyen et ou les fins sont indécises, la culture ne sert à rien. Elle n'est au service que de sa propre fin, autopromotionnelle. C'est ce qui fait sa singularité et sa faiblesse, ce qui dérange et la rend aussi inessentielle. La Culture est élitiste, superficielle. Elle est par essence incompréhensible. C'est une pièce de théâtre en plus parmi tant d'autres, un livre ajouté à la publication de 70'000 ouvrages; c'est comme une surélévation d'immeuble au dernier étage d'un building qui en compte déjà une dizaine. Ce qui compte, ce qui pèse, c'est la base: la police, l'économique, les vrais travaux. Le reste c'est du vent, on peut faire sans... vraiment? 

Au sport au moins on a trouvé une utilité, il sert l'intégration, et fait bouger les gens. C'est bon pour la santé. Mais la culture... n'est pas un service rendu, n'a pas vocation de nous émouvoir, édifier ou rassembler, de construire un langage commun, des références partagées, faire réfléchir sur notre condition et les fins de notre société. Elle n'est pas la carte de visite d'une ville, et ne joue pour rien en matière d'attrait touristique. Et puis à quoi sert le chant, la danse, le livre et le cinéma; à quoi servent les mains tendues et se dire bonjour. Finalement...

Les députés de droite du grand conseil l'ont bien compris. Suppression de 545'000 francs pour l'aide ponctuelle à la culture, 330'000.- pour l'aide à la création indépendante, 300'000.- d'aide à la diffusion et aux échanges, 500'000.- d'apport à la fondation pour le cinéma, d'aide à la recherche, à la solidarité internationale. Le troisième débat aura lieu en commission des finances après les vacances de février. Jusqu'où tronçonneront-ils, combien de jeunes pousses abattront-ils pour ramasser quelques petites feuilles? La coupe est franche. La volonté de faire une saignée reconnue.

Nous fonctionnons encore sur des catégories du XVIIIe siècles ou pire à la façon de Saint-Thomas qui ne croyait que ce qu'il voyait. La division entre les sciences molles et sciences dures, est encore bien vivace. Il y aurait d'un côté ce qui est vraiment quantifiable, chiffrable: la police, les finances, les constructions et de l'autre les sciences humaines, molles: la culture bien sûr; mais le social, aussi. Or, cette division ne tient plus, tant les champs se correspondent désormais. On loue la transversalité, et pourtant les enjeux de société se pensent encore sur des plans confus qui opposent des éléments qui se complètent. L'obésité, par exemple, est un problème de santé publique directement liée au revenu des ménages, à l'éducation, à une certaine qualité de vie et d'accès à la culture dans les quartiers. Il vaut mieux ouvrir un centre culturel sur la rive droite et continuer de soutenir la création indépendante plutôt que de voir les taux d'obèses ou de gamins désoeuvrés gonfler. 

La culture ne sert à rien? Oui, à rien, tout comme l'air que l'on respire, du moins, tant que l'on n'en manque pas. Puis, en apnée, elle est tout ce qui reste. Alors messieurs les députés du Grand Conseil, faites un geste rationnel, respirez un grand coup, et n'imposez pas à d'autres l'anoxie qui au final coûtera bien plus cher que les quelques "économies" que vous voulez, à courte vue, faire. 

Car si chacun défend sa cabane dans les arbres, une vue dégagée, la culture est la corde qui les relie toutes ensemble.

 

11:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, finances, économie, vivre ensemble, création, grand conseil, budget, expositions | |  Facebook |  Imprimer | | |