sylvain thévoz

29/12/2013

Tu fais quoi le 31 décembre?

geneve-fete-le-31-flyer.jpgTu fais quoi le 31 décembre? T'as un plan? C'est la question qui est en général sur toutes les bouches deux ou trois jours avant la fin de l'année. Les réponses sont multiples. Entre ceux qui, depuis longtemps, ont prévu une escapade loin de la ville, ceux qui filent à la montagne, qui verront bien à la dernière minute, ou ceux qui aimeraient bien mais n'ont pas l'argent, les options et les possibilités sont multiples. Il y a probablement autant de manière de planifier son réveillon que... de le rater. 

Il y a aussi ceux qui n'ont pas de projets, ne veulent pas choisir, préfèrent se laisser emporter par l'instant, les propositions de dernière minutes, saisir les invitations qui viendront (ou pas). Ceux que le 31 décembre rebute, écoeure, fatigue, avec ses aspects clinquants, forcés:  "Ce soir on s'amuse" et pour lesquels réveillon rime plutôt avec "je me terre, je fais le mort, et j'attends que ça passe".

Un 31 décembre en solitaire ?

Subir la pression sociale qui veut que le 31, par définition, est joyeux, festif n'est pas simple. Faire la fête le dernier jour de l'année en solitaire : pas à la porté de tous. Vous avez déjà essayé de faire le 31 décembre devant votre télé et d'attendre les 12 coups avant d'aller vous coucher? L'isolement, le sentiment d'exclusion est renforcé durant les fêtes. Pour celles et ceux qui n'ont pas de réseaux ou de moyens d'agrémenter leurs solitudes, c'est la galère. Les lieux habituels sont fermés, la ville ralentit, les familles se regroupent, les solitudes s'accroissent. On se souviendra, en riant jaune, du film " Le père Noël est une ordure". On se rappellera que le temps des fêtes est aussi celui des solitudes et de l'isolement, un temps de fragilisation et d'augmentation des conduites à risques. 

Bilan de l'année ou bilan de vie?

Nouvel An, c'est aussi le moment de l'année où l'on fait les bilans, subit les innombrables rétrospectives (et moi dans tout ça qu'est-ce que j'ai fait?) où l'on constate que l'on n'est pas le superman Suisse de l'année (Wavrinka) -ah bon?- ou Genevois (Dicker); tiens donc, il n'y a pas de catégorie féminine ? Le 31 décembre, moment où l'on se prend en face la réalité compacte de sa situation sociale. Fêtes des familles séparées, des deuils de l'année, fêtes où l'on-aimerait-bien- oublier-mais-où-l'on-n'y-parvient-jamais-tout-à-fait, fêtes où l'on remarque les absents; papas en prisons, sans travail, mamans éloignées, où les expatriée-e-s ne sont jamais autant sans patrie, et où la helpline suicide des HUG marche à plein (022.372.42.42) 24h sur 24 et 7 jours sur 7.  Alors: Tu fais quoi le 31? Certains s'inventent des plans, pour ne pas dire qu'ils ne font rien, et qu'ils sont seuls sans l'avoir vraiment choisi.


Bravo la Ville de Genève!

Dans ce contexte difficile, bravo à la Ville de Genève qui a compris que le 31 décembre n'est pas un jour comme les autres, et pas qu'une fête. Malgré les rabat-joie de droite, qui pensent peut-être que tout le monde a une famille ou du fric pour s'évader. Exemple: Eric Bertinat, UDC, pour qui le 31 décembre ne peut être qu'un bastringue de musique électro avec des gens bourrés, pétés à l'alcool ou au cannabis, ou Adrien Genecand (PLR) pour qui la Ville n'a pas à se soucier des personnes qui n'ont pas 50 balles pour aller danser, ou des solitudes qui n'ont nulle part où aller un soir de réveillon. Tous deux ne voient que le côté "divertissant" de cette fête tout en jouant les pisse-froid. Triste. Mais puisque le 31 décembre est aussi une fête, qui dit fête, dit évidemment possibles excès, et tant mieux si ceux-ci sont encadrés et canalisés en un lieu.

Bravo à la Ville de Genève de préparer cette fête d'une manière créative bien loin du fantasme des "botellon géant" que craignent ces élus de droite. Bravo à la Ville qui prend ses responsabilités de collectivité publique. Bravo à elle qui sait qu'organiser une fête populaire, gratuite, sur la plaine de Plainpalais est important. Celles et ceux qui ne savent pas où aller, ne peuvent aller nulle part, ou tout simplement veulent faire la fête dans leur Ville sans débourser des centaines de francs, pourront le faire. Et puis, n'est-il pas de la responsabilité de la Ville de Genève, qui se targue de son rang international et de cité d'importance, d'offrir à celles et ceux pour qui notre territoire est avant tout un lieu de transit ou d'accueil et qui de fait sont loin de leurs familles, de commémorer le passage à l'année nouvelle avec d'autres? Et de faire ainsi de l'espace publique autre chose qu'un espace désert, silencieux, et froid?  

Une fête simple et conviviale

Le programme du réveillon sur la plainte de Plainpalais est simple, diversifié, et convivial. Installation d'une grande scène à la pointe de la plaine, avec en début de soirée Aliose, groupe suisse, aux textes poétiques. Place ensuite à de la musique rock-funk-disco des années 70 à nos jours puis vibrations électros jusqu'à 2h du matin. Petit plus: possibilité de transmettre ses voeux (textes, photos, vidéos) en direct et sur grand écran le soir de la fête en utilisant le hashtag #31GE sur les réseaux sociaux (instagram, facebook, google + etc.,). Sympa!


Je ne sais pas si j'irai faire la fête le 31 décembre sur la plaine de Plainpalais, mais savoir qu'elle existe, qu'il y aura là quelque chose plutôt que rien, un espace gratuit pour aller marquer le coup, est réjouissant.

Bravo et merci à la Ville, à celles et ceux qui travailleront ce soir là pour la collectivité; pour qui faire la fête c'est aussi la faire pour d'autres, et bonne année à toutes et tous! 

http://www.ville-geneve.ch/mairie-geneve/manifestations-evenements/fete-31-decembre-2013/

 

 

18:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 31 décembre, réveillon, genève, genecand, bertinat, #31ge, 2014, joyeuse année, nouvel an | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/08/2012

Bertinon et Barablanc

Barazzone ou Bertinat? Après les déclarations appuyées du candidat démocrate chrétien sur la sécurité où il propose aux locataires de la GIM de se barricader chez eux et de multiplier les caméras de sécurité ainsi que d'illuminer la Ville pour la rendre plus sécuritaire, qu'est-ce qui le distingue encore du candidat UDC? Blanc bonnet bonnet blanc, Bertinon, Barablanc, si le niveau du discours sécuritaire est monté d'un ton, il devient quasiment impossible de distinguer Bertinon et Barablanc dans leur obsession sécuritaire. L'emploi? L'économie? Le logement? Non, non, cela c'est secondaire, disent-ils en coeur, c'est la monomanie sécuritaire qui nous obsède, euh, occupe, au détriment du reste.

 

Lire la suite

08:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, barazzone, bertinat, populisme | |  Facebook |  Imprimer | | |