sylvain thévoz

05/05/2018

Le dernier stand

élections,suisse,démocratie,participationLe dernier stand, le dernier flyer transmis, le dernier rappel à voter dimanche. La campagne des élections cantonales touche à sa fin. Vous les voyez ces candidat.e.s qui sont allés au bout de l'effort, exposés, évalués, critiqués, devant encore et encore se positionner, expliquer leur point de vue, convaincre, malgré des vents contraires, ou au risque de l'euphorie, et dont la vie va basculer ce dimanche 6 mai ?

La campagne : temps forts de notre démocratie. Cette campagne qui commence quand tout le monde pense qu'elle n'a pas lieu, et se termine arbitrairement quand on pense qu'elle ne cessera jamais.

Cette campagne où chaque candidat.e, placé  devant le peuple, met en avant son programme, ses arguments, sa bobine, sa personnalité tout entière, où le pouvoir du citoyen s'exprime à fond. Ce dernier a le pouvoir de faire ou de défaire, de garder ou de renvoyer, de sanctionner ou pardonner. Cela lui donne la capacité d'exercer une pression, d'exiger des engagements, des garanties pour l'avenir. Il y a quelque chose de jubilatoire dans la force de ce bulletin de vote, dans la puissance du choix, à exercer sans modération. Et bien sûr, la fragilité liée à ce qu'il en restera, une fois le dernier bureau de vote fermé. 

Pour un temps, véritablement, chaque citoyen.ne. décide et tranche, tient le couteau par le manche. Demandez voir aux candidat.e.s comment ils se sentent ce soir. Je vous jure, quel qu'ait été leur score du premier tour, ils ne font pas les malins.

Pour ceux qui ressentent la puissance de ce vote, on peut comprendre qu'il y ait quelque chose de désolant d'imaginer les enveloppes de vote qui finissent à la poubelle, sont oubliées entre le coop magazine et le ghi pour finir à la benne. Crève coeur de voir ce pouvoir d'agir se diluer dans l'abstention.

Au dernier stand, on se rappelle aussi que moins de 40% des citoyen.ne.s ayant le droit de vote l'exercent. S'il y a un défi constant, c'est bien d'augmenter cette participation. Pas pour donner plus de légitimité aux élu.e.s, ils s'en foutent, ils continueraient même de gouverner et pour certains se penser les rois du monde, même avec 2% de votant.e.s, mais bien parce que l'élection est une formation continue à la citoyenneté, au pouvoir d'agir, aux manière de l'exercer, et que rien ne forme mieux qu'une campagne à comprendre les rouages, les biais, les zones d'ombre et les impensés de notre démocratie qui n'est de loin pas aisément accessible.

Il y a tant à faire en terme d'éducation populaire, à nous de rappeler à l'Etat de mener des programmes ambitieux destinés aux populations les plus éloignées du vote, et pas seulement des campagnes de pub pour faire voter "les jeunes", groupe non homogène dont le vote n'est pas spécifiquement le plus bas. Il faut relever dans ce sens le bon travail qui a été mené par le Bureau d'intégration des étrangers au sujet du vote des personnes étrangères résidant depuis plus de 8 ans en Suisse, visant à leur rappeler leurs droits. Bien évidemment, par souci de cohérence et de lisibilité, nous allons nous engager pour que ce droit puisse également s'exercer au niveau cantonal.

Trop peu d'efforts sont fait pour faire véritablement d'habitant.e.s des citoyenne.e.s. Il est illusoire de penser que l'helvète a la démocratie directe dans le sang. Cela s'apprend, s'acquière, durement, et nécessite des moyens. Car si la presse, du fait de son regroupement en trust, fait chichement office de contre-pouvoir, c'est et ce sera toujours plus au peuple de faire entendre sa voix. La campagne qui s'achève aura joliment démontré qu'on ne peut ni l'acheter ni lui faire prendre des vessies pour des lanternes; mais que la cruauté demeure aussi, et que la politique n'applique de loin pas les principes du salaire au mérite.

Il faut redouter, bâché le dernier stand, connu le dernier résultat, que les citoyen.e.s s'en retournent à leurs moutons. L'adrénaline, la tension de la campagne diminuant, il est à craindre que le peuple oublie que les élu.e.s ont des comptes à rendre tous les jours de l'année, pas seulement au moment de repartir pour un tour, et omettent de maintenir constamment la pression.

On entend souvent des voix railler le côté électoraliste ou racoleur des campagnes. Mais quoi de plus normal que la nécessité de rendre des comptes ? Mais c'est toute l'année que les élu.e.s doivent sentir le petit feu doux du jugement populaire sous leurs fesses, et saisir qu'ils sont des représentant.e.s, des délégué.e.s, élu.e.s pour servir et pas pour se servir, en dégonflant la place démesurée des egos.

Oui, c'est toute l'année que les élu.e.s devraient être soumis.e.s aux questions, interpellations et remis.e.s en cause. Pas seulement par les médias, mais par le travail des autres élu.e.s, des groupes de pression, des associations organisées, qui, après avoir donné leur voix, doivent continuer clairement à se faire entendre clairement des décideurs et décideuses. C'est finalement à tout un chacun.e que, continuellement, revient la responsabilité de ramener chaque élu.e. à la réalité et aux défis du quotidien plutôt qu'aux soucis des possibles dégâts d'image. 

Car en glissant son bulletin dans l'urne chacun.e donne bien plus qu'une voix, bien plus qu'un accès à un siège, mais véritablement engage à une charge impliquant une responsabilité ; et chacun.e reçoit en retour le droit d'en exiger le plein accomplissement.  

Le dernier stand, le dernier bulletin glissé dans l'urne. Et après? Après bien sûr, on recommencera. Votations du 10 juin, élection de la cour des comptes, et puis dans un peu plus d'une année, renouvellement du parlement fédéral et puis une année après, celui des cénacles municipaux. Cela peut donner le tournis. Mais c'est surtout là une des grandes joies de notre démocratie, qui pousse à dire que même quand il n'y en a plus, il y en a encore.

Peut-on se lasser qu'une campagne chasse l'autre, qu'une votation succède à la précédente? Je ne crois pas. On doit y lire plutôt le succès de notre système politique, qui invite véritablement chacun.e. à prendre sa place, donner sa voix, exprimer son point de vue, et faire par là une différence.

Savourons ce dernier stand. ce dernier flyer transmis, dernier rappel à voter dimanche, ces dernières heures de campagne. Savourons pleinement ce dernier bulletin glissé dans l'urne... avant de lancer la prochaine campagne.

 

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09/04/2018

La démocratie s'achète-t-elle?

politique,genève,élections,ploutocratie,medias,libertésC'est la question qui se pose en ouvrant un journal dominical qui offre une double page à un magistrat de droite pour qu'il y fasse sa publicité, sans aucune question critique ni remise en cause politique de la part de la journaliste. L'arrogance, encore elle, peut s'étaler, sans frein. A la question : votre réélection passera comme une lettre à la poste, c'est trop facile ? Réponse du magistrat : je regrette cette absence de campagne. La suffisance du pouvoir s'étale sans vergogne pour celui qui a mis un certain nombre de media à sa botte pour qu'ils lui servent de commodes publireportages.

Allez pourtant demander aux policiers ce qu'ils pensent de leur direction, et aux syndicats de l'action du chef... ce sera une autre tonalité que celle donnée dans ce publireportage. Il n'y a là pas un mot sur le bilan, pas un mot sur ce qui a été réellement fait en... 6 ans de pouvoir. Et c'est là une des fragilités de cet homme: être depuis bientôt 11 ans élu à un exécutif ou un autre à Genève, et donner pourtant toujours l'impression qu'il va enfin réaliser quelque chose, que le travail va débuter, qu'il est au coeur de l'action, sans que jamais l'on ne parle de véritable réalisation, sans que jamais on ne creuse vraiment ces chantiers reportés.

Une élection chasse l'autre, une ambition dépasse l'autre, mais avec quel bilan ? On a lu récemment le récit d'une tentative d'intimidation et de menaces envers un député de gauche qui se retrouve attaqué en justice pour avoir émis des critiques et questionné l'action du magistrat en question.[1]  Ces méthodes, on les a connue en Ville de Genève aussi. La menace, toujours, pour ceux qui défendent la démocratie.   

Influencer un vote en donnant une double page à un magistrat tout en en roustant d'autres à 7 jours d'un scrutin, ce n'est pas le reflet d'une démocratie sereine.

Permettez-moi donc ici de contre-balancer.

Je ne peux croire que les Genevois.e.s se laisseront rouler dans la farine, eux qui se font traiter d'anesthésiés par ce magistrat, qui valide au passage la question d'une journaliste comme quoi ils et elles seraient endormi.e.s dans leur confort.

Mais quel confort ? Depuis 6 mois que je bats la campagne et la rue, j'entends des gens qui, arrivés à la retraite, sont contraint.e.s de quitter Genève parce qu'ils n'arrivent plus à y vivre décemment. Ils laissent leurs enfants et petit-enfants derrière eux pour aller vivre ailleurs. Est-ce cela l'endormissement dans le confort ? Ou serait-ce plutôt le taux de plus de 5% de chômeurs à Genève -record national- et l'implacable exclusion des personnes de plus de 50 ans qui témoignent du calvaire et de l'humiliation de devoir faire des offres d'emploi et de se faire traiter comme des moins que rien après s'être fait virer comme des torchons?

Ce serait donc cela l'endormissement dans le confort? Celui de cet homme qui, dans la rue, me dit avoir fait mille, oui:  1000 offres d'emplois sans aucune réponse positive. Ou cet autre qui, à la retraite, continue de bosser sur des chantiers pour compléter sa maigre retraite, ou celles et ceux qui sont baladé.e.s d'emplois précaires en emplois précaires, tout en étant sommés de payer leurs primes d'assurances maladies? Ce serait cela l'endormissement? Ou serait-ce encore plutôt celui des 17% de jeunes de 25 ans qui n'ont ni diplôme ni formation professionnelle, des working-poor, de toutes celles et ceux qui sont à l'aide sociale quand bien même ils travaillent, étant encore malgré tout sous les barèmes du minimum vital? Il ne faut en effet jamais oublier que parmi les bénéficiaires de l'aide sociale, seuls 26% sont sans emploi, et parmi eux on compte les enfants, les malades! 

Aujourd'hui, ce n'est pas l'endormissement qui guette, c'est celui de la précarisation généralisée, à cause de politiques publiques qui favorisent les plus riches et le toc au détriment des travailleuses et travailleurs, des retraité.e.s et des jeunes.     

La démocratie s'achète-t-elle ? C'est la question qui nous sera posée ce dimanche 15 avril, et aucune autre. Tout au long de cette campagne, une bande politique, née de rien, s'est payée des pans entier de visibilité médiatique. Un groupement qui a déposé plus d'un million de francs sur la table pour s'offrir des espaces médiatiques et marteler sur un maximum de supports, d'écrans, de pages, un message qui se limite à : voter pour moi. Ils ont certes essayé de faire aboutir une initiative populaire qui promettait de raser gratis, mais elle a échoué, manquant de réunir le nombre de signatures prescrites. Cela illustre le manque d'ancrage et de militant.e.s. L'esbroufe, les effets de manche, et encore plus d'argent pour vendre une image, cela fonctionnera-t-il? Pas sûr du tout que l'argent permette de tout acheter.    

Pouvoir des media, pouvoir de l'argent et de l'intimidation : il est vital de se mobiliser contre ce nivellement par le bas, cette dénaturalisation de la démocratie, et de voter et faire voter sans relâche contre ces forces obscures, afin de renforcer une vraie démocratie, celle liée à des projets politiques, des débats de fond et de défense d'idées pour le bien collectif.  

La démocratie s'achète-t-elle ? Si celles et ceux qui en ont le pouvoir, les citoyennes et citoyens ne s'engagent pas pour sa défense, il est à craindre que oui. Réponse : dimanche 15 avril dès 12h.

Et d'ici là, à chacun.e. de faire un usage précieux de son  bulletin de vote pour lutter et contester l'hégémonie de l'argent, en votant pour l'Alternative.

A 7 jours du scrutin, seul 15% du corps électoral a voté...

 

[1]https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Rumeurs-sur-des-ecoutes-deux-plaintes-sont-deposees/story/16751754

Photo : Eric Roset 

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05/04/2018

Conseil d'Etat: renversons la majorité et sa méthode !

conseil d'etatL’échec de la législature cantonale qui se termine aura été celui de la volonté centralisatrice et technocratique du Conseil d’Etat à majorité de droite. Incarnée par un François Longchamp en bout de course dans son Département présidentiel fantôme. Il aura servi, au final, à couper des rubans, essuyer par derrière les maladresses de ses collègues, et tenter de faire bonne figure au moment de rendre les clés du pouvoir. Guère plus.

 

Un bilan ? Les projets de lois se sont entassés. Pour quels résultats ? Loi sur la police, loi sur la restauration, les débit de boissons, l'hébergement et le divertissement, loi sur la laïcité. Les Genevois-e-s auront savouré durant 5 ans le velouté technocratique et caporaliste du conseil d’Etat. Résultat : plus de cacophonie et d’incompréhension. En rigidifiant le système, en légiférant à bloc plutôt que de chercher des solutions pragmatiques, donner davantage des moyens aux travailleurs, et mettre de l’huile plutôt que du cadre, le Conseil d’Etat a fini par rendre le système plus lourd et moins efficace. Pour une droite qui parle toujours de réformes et d'austérité, quel paradoxe!

 

La fameuse loi sur la répartition des tâches entre les communes et le canton est un exemple parfait de ce qu’il ne fallait pas faire

Le Conseil d’Etat s’y est engouffré avec un enthousiasme napoléonien. Au final : Berezina. Au nom de la lutte contre les « doublons », d’une idéologie de la « bonne gouvernance », le Conseil d’Etat a cassé des savoir-faire qui fonctionnaient en complémentarité. Et au nom de la clarification d’échelons différents, brisé des relais et des compétences qui se renforçaient.

Le Conseil d’Etat a mis sur un même niveau canton et communes pour les opposer. Cela est contreproductif et a conduit à passer à côté de ce qui a fait la richesse de Genève depuis toujours : la complémentarité des niveaux de décision. Que l’un réalise d’une certaine manière, ce que l’autre parachève, c’est souhaitable, et intelligent. Au diable les étiquettes et la volonté régalienne que tout soit « propre en ordre ». Cette manière hygiénique et maniaque de vouloir délimiter des petites cases pour les remplir, prétendant y caser la réalité est révélateur d’une idéologie carrée qui aurait davantage dû inspirer le Conseil d’Etat à gérer une entreprise de lego, plutôt que de conduire l’Etat pour 5 ans de plus.

 

Un gros problème d'humanité

Ce gouvernement a traité les humains comme des pièces, en faisant sauter des travailleurs comme des fusibles, et payer les lampistes (Affaire Adeline, renvoi de Christian Cudré-Mauroux, la trentaine de bagagistes virés de l’aéroport par P.Maudet. etc.,), mettant toujours celles et ceux qui sont en bas de l’échelle sous pression pour que d'autres conservent leur poste ou bonne figure.

Ce Conseil d’Etat a failli, parce qu’il a tellement cru dans l’idéologie des petites boîtes qu’il en est devenu une lui-même, pas très subtile et reproduisant les mêmes erreurs, en fonctionnant sur un même logiciel, manquant d’âme et d’engagement, proposant de gérer Genève à coup de normes plutôt que de négociations et pragmatisme.

 

Assez de technocratisme !

1) Assez des lois inutiles qui, plutôt qu'encadrer une réalité sociale complexe, la rendent plus nouée.  Assez de technocratisme et de rigidités idéologiques qui se font sur le dos de la république mais en son nom, et qui, au nom d’appliquer les mêmes lois pour toutes et tous, inventent des textes inapplicables en regard de la réalité du terrain, constituant de nouvelles inégalités.

Au final, les plus fragiles ou trop honnêtes sont punis. Soit parce que l’Etat les a sous la main, soit parce qu’ils ne sont pas assez organisés pour se défendre, ou parce que l’usure et la fatigue fait son travail. L’Etat alors cognera encore sur eux,  prétendant que la lassitude de se défendre et l’abandon de la bagarre est un signe de manque d’adaptabilité et de sveltesse. A l’iniquité de mauvaises lois sera rajouté alors la punition de les avoir subies de plein fouet.  

2) Assez du désengagement de l’Etat au profit des bénévoles et des associations sans moyens supplémentaires. Par exemple dans le domaine des assurances sociales, les gens sont découragés d’exercer leurs droits, et parfois volontairement maintenus dans l’ignorance. Les pauvres sont fliquées, et la chasse aux précaires est organisée (loi contre la mendicité). Monsieur Poggia n'a fait pas son travail jusqu’au bout. Il a laissé des « dossiers » être ventilés ici et là parce que les travailleurs sociaux n’ont plus les moyens de les gérer. La « subsidiarité » voulue au profit des associations devient un mot vertueux pour une sale pratique, celle de dire « bon débarras » de la part de l’Etat en direction du monde associatif fonctionnant d’une manière bénévole usante en regard des charges imposées.

2) Assez de traiter les gens comme des ressources inertes, des fusibles que l’on fait sauter, pour un oui ou un non. Ce conseil d’Etat est en échec, parce qu’il a oublié de travailler avec les gens et pour les gens, se souciant avant tout de sauver son arrière train, sans panache ni courage. On ne fait pas de politique avec le trouillomètre à zéro, juste pour éviter de se faire des ennemis ou pour finir conseiller fédéral en slalomant médiatiquement et méthodiquement en direction de Berne. Cette manière-là de fonctionner, c’est toujours sur le dos des citoyen.ne.s qu’elle se fait.

3) Assez d’un Etat déconnecté du terrain. Sans les communes, l’Etat n’est rien. Sans la proximité du local, sans le travail et la connaissance des réseaux locaux, les décrets et les grands plans quinquennaux, les belles déclarations de principe et le projet de traversée du lac à 5 milliards pour 2060 si tout va bien, c’est juste du vent ou de la com’ opportuniste. Il s’agit de renforcer le pouvoir des communes, le pouvoir des travailleuses et travailleurs de proximité, d’accentuer les collaborations et transversalité avec l’Etat. Le temps des silos a vécu, le temps des mammouths est fini depuis longtemps. Il est temps de changer de manière de faire. Et pour cela, renverser la double majorité de droite (Conseil d'Etat et Grand Conseil). 

A gauche !

Ce conseil d’Etat à dominance de droite a vécu. Il a eu sa chance. Il a échoué. Renversons-le à gauche, pour changer de majorité et de méthode, afin que le nouveau Conseil d'Etat travaille enfin de manière véritablement concertée, collégiale, pour les genevois.e.s, et pour le bien public! 

 

[1]https://www.humanrights.ch/fr/droits-humains-suisse/inter...

 

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12:03 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : conseil d'etat, élections, genève, majorité, gauche | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/03/2018

Pourquoi je vote

politiqueDepuis les années 70, avec quelques variations, le taux de participation aux élections cantonales genevoises oscille autour de 40% pour les élections au Grand Conseil et de 45% pour le Conseil d'Etat. On était déjà passé sous les 50% au début des années soixante.[1] La voie la plus empruntée, aujourd'hui, dans notre démocratie, c'est donc celle de s'abstenir, subir et se taire. C'est en tout cas celle "choisie" - si l'on peut parler de choix, dans ce mécanisme d'auto-invalidation-, par la majorité des citoyen-ne-s ayant le droit de vote, soit grosso modo 50% de la population.

Au final, c'est donc moins de la moitié de la moitié qui s'exprime. C'est infime. Pourquoi je vote? Pour ne pas faire comme tout le monde. Je n'aime pas suivre la masse. Et la masse, aujourd'hui, laisse son expression s'effilocher. Pourtant, elle subit : primes d'assurance maladie trop hautes, montées des inégalités, pénurie de logement, mobilité en panne, etc. Quel animal accepterait de subir sans réagir?

Dans le cens caché, le politologue Daniel Gaxie montre qu'un des facteurs de l'abstention est le fait que certain.e.s ne se sentent pas compétent.e.s à voter. La durée d'éducation et le niveau socio-économique conduit au sentiment de compétence politique. Une majorité de la population aujourd'hui ne se sent pas habilitée à voter, par manque de compréhension, proximité avec les enjeux politiques. Ce cens caché dépend du niveau d'éducation et des inégalités. Comment changer cela? Il est important d'élargir la démocratie, en permettant à ceux qui n'ont pas le droit de vote de l'avoir plus facilement (j'y vis j'y vote!), en renforçant le sentiment de compétence (et d'appartenance) des citoyen.ne.s pour leur système politique. 

 

L'enveloppe : dans l'urne, pas à la poubelle

Nombreux ceux qui ont le droit de vote et ne l'utilisent pas. Parce qu'ils sont fatigués, dégoutés, trouvent dans le fait de chiffonner l'enveloppe une affirmation de refus, etc. Combien de fois m'a-t-on dit que cette enveloppe de vote passait de la boîte aux lettres au tas de papier (purgatoire), pour au final disparaître à la poubelle. D'autres, a contrario, se damneraient pour voter, mais n'en ont pas le pouvoir.

Je vote parce que mon choix se trouve entre la poubelle et l'urne, et que si l'urne permet de recueillir ma volonté, mon expression, la poubelle ne recueille que mon nihilisme, ma fatigue ou ma lassitude. Je refuse de devenir un être de nihilisme de fatigue ou de lassitude. Et c'est toujours la parole, l'écriture et les choix conscients, même mineurs, qui m'en tiennent éloignés. 

 

Voter par refus du nihilisme

Je vote parce que j'en ai le pouvoir. Parce que je sais et constate que cela change les choses, que ce n'est pas un exercice de style, mais un acte construisant des rapports de force, et des majorités qui auront une influence sur ma vie et celle de mes proches, leur quotidien.

Je vote, parce que je côtoie des gens qui, à partir du pouvoir qui leur a été confié, ont changé concrètement, et pour le meilleur, des pans entiers de notre société, en ont fait des choses belles. Alors que certains, a contrario, s'en sont servis pour la gloriole de leur ego. Ceux-là je ne voudrais pas les récompenser par mon abstention. Je ne voudrais pas que les incompétents, les poseurs ou les nuisibles se voient confortés dans le fait que l'on peut déchoir et gagner des élections en même temps.

Le vote est une arme radicale

Je vote, parce que j'en ai le droit, et que ce droit est une arme. Je vote, parce qu'un droit qui n'est pas utilisé se fossilise ou devient un objet de moquerie. Je vote parce que refuser de le faire, c'est faire le jeu de ceux qui pensent que l'Etat est un organe désuet face au libéralisme effréné et au capitalisme destructeur. Je vote parce que c'est une des armes que j'ai de contre-carrer celui de l'argent et les jeux d'influences. Je ne dis pas que c'est le seul. Mais que c'est l'un des moyens, efficace, de résister. Il y en d'autres : la rue, l'écrit, l'association, la fraternité. Je n'oppose aucun moyen. Je les cumule. Ils doivent tous être utilisés. Le vote, est une arme radicale et puissante. Pourquoi s'en priver?

Le vote est une arme de mobilisation

Dans la rue, on me dit parfois : j'ai voté comme vous, bravo, continuez ou : à quoi bon voter, tous les mêmes. Ce dernier argument de la similitude des engagements ou des défaillances, mettant tout le monde sur un même plan, m'attriste. C'est un des symptômes de l'éloignement de la chose commune et collective. C'est comme si on disait à un marin : vous ne vous ennuyez jamais en mer, ce doit être lassant de voir toujours tout ce bleu. Il ne faut avoir jamais navigué, n'être jamais entré dans le coeur des choses, pour ne pas percevoir les nuances, les changements, les mille et une variations de la mer suivant les vents, les courants, les circonstances.

Je vote, parce que le monde politique n'est pas différent de tous les autres groupes humains : les clubs, les familles, les associations. Dès qu'un groupe se réunit, dès qu'il se donne des règles, des objectifs avec des ressources limitées, des limites, et le fait avec d'autres ou pour d'autres, nécessairement, émergent des tensions, des rapport de pouvoir, de rivalité, allié à des élans enthousiastes et d'adhésion. Cela est le fait de tous les groupes humains. Regardez bien votre famille, comment se porte-t-elle. Pensez-vous que parce qu'elle n'est pas idéale vous en êtes délié? Comment vous sentiriez-vous si vous choisissiez de ne plus y participer ?

Je vote, pour que d'autres ne choisissent pas pour moi. Je vote, parce que je ne suis pas un individu tout puissant qui ne dépend de rien ni de personne et peut choisir de s'affranchir de ce qui le lie. Je vote, parce que c'est un des moyens, patient, tenace, de refuser d'accepter les forces telles qu'elles se donnent aujourd'hui.

Je vote, pour renverser les sinistres et les tristes, parce que c'est un pouvoir que donne notre collectivité, et qu'il la constitue en retour.

Aujourd'hui, je vote.

 

[1] https://www.ge.ch/statistique/graphiques/affichage.asp?filtreGraph=17_02&dom=1

 

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27/01/2015

Hainons-nous les uns les autres?

"Gauche bisounours", est un terme employé avec délectation et facilité par les membres du MCG et de la droite rigide. Elle renvoie la gauche en la caricaturant à une tendresse, une naïveté, une écoute excessive, une certaine passivité et une compréhension du monde enfantine qui la rendrait impuissante. Attributs donnés traditionnellement aux enfants ou aux femmes. Faire de la gauche un marshmallow bisounours, c'est faire étalage de son machisme et son paternalisme, bref entamer un acte de domination par le discours en cherchant à décrédibiliser son interlocuteur. Stratégie vieille comme le monde.

Ni bisounours ni punching-ball

Cette pseudo gauche bisounours n'existe pas hors de l'imagination de ceux qui projettent leurs difficultés et angoisses à accueillir le monde tel qu'il est, avec ses fragilités et failles, réclamant toujours plus de moyens pour les colmater. C'est du niveau de " c'est toi qui est le plus tendre pas moi ". Puisqu'il ne faut pas, surtout pas, donner le sentiment d'être compréhensif et dans l'empathie, non, mieux vaut direct le poing dans la gueule et "hainons-nous les uns les autres" comme nouvel évangile avec des terroristes islamistes partout, à chaque coin de rue.   


Ceux qui ânonnent "gauche bisounours" sont hantés par leur impuissance à contrôler le réel, impuissant devant leurs propres fragilités. Leurs discours martiaux et la mollesse qu'ils prêtent à leurs adversaires politiques leur permet l'exorcisme de dire "tapettes" ou "gonzesses" avec jubilation; ils ne s'en privent pas d'ailleurs. C'est le moto du macho MCG qui de procès en excès, de démesures en mépris, s'empêtre dans ses contradictions et son impuissance, bandant ses muscles pour s’assurer qu’il ne tremble pas. Le MCG n’est pas l’expression d’une colère, mais la tristesse d'un désarroi couvert d'une voix forcée pour donner le change.

Le débat politique serait donc une lutte de domination et de pression, de déconsidération et de rabaissement. Et les enjeux pour le bien commun rabaissés à la lutte pour les parts de marchés électives. Cette stratégie de rigidification accentuée des rapports sociaux et de tension coûte cher, amène au final plus de cassures... et finit par lasser.

Votons votons votons

Serait-ce, à l'aube d'élections municipales, tout le champ des possibles et du discours que nous pouvons attendre du microcosme politique? Si cela se vérifie, les abstentionnistes feront un triomphe en avril et en mai. Le politique ne pourra jamais rivaliser avec un clip publicitaire ou une bonne baston, pourquoi préférer la copie à l'original? A combien devra monter encore le pourcentage d’abstentions pour acter le fait que cette manière de construire une collectivité est un échec?  

Tu fais l'effort, je te domine, ok?

Mais quoi, parce que nous ne savons toujours pas comment construire les uns avec les autres, il faudrait nous haïr? L'échec complet de la "droite rigide", reste son incapacité à produire un discours sur le vivre ensemble, à articuler des idées sur la manière de le réaliser au-delà des chiffres et des effets de manche. Les affiches de campagne au Conseil Administratif de la Ville de Genève des candidats Buffet-Desfayes, Genecand et Conne, PLR, sont édifiantes. Elles tiennent sur trois culs de bus : -10% d'impôts / + 800 logements / +1200 places d'accueil pour nos enfants, sans expliquer bien sûr comment seront réalisées des augmentations de prestation en baissant simultanément les revenus de la collectivité.

Confronté, le PLR réplique : "nous augmenterons l'efficience". Discours éculé, qui laisse entendre qu'il y a encore du gras, du mou, de quoi pressuriser davantage les corps au travail pour leur faire effectuer toujours plus de tâches avec moins de moyens jusqu'à rendre l'âme ; qu'il faut lutter contre les abus, ces derniers étant bien entendu toujours l'apanage des pauvres et des précaires, limités à une classe.

Je crois les citoyen-ne-s fatigué-e-s de cette rhétorique, du toujours plus d'efforts au profit d'autres, laissant, exonéré, le pouvoir des forces de l'argent et du réseautage.  

Barazzone.calculette

Le bilan du Conseiller administratif Guillaume Barazonne est un bel exemple de la politique de la calculette. Ne cherchez pas son visage, ne cherchez pas une présence, ni une expression dans son clip de campagne. Voilà des chiffres bruts, des nombres, une voix monocorde et une linéarité parfaite. [1] C'est d'ailleurs la même construction de clips et boîte de production que celle de la campagne contre les forfaits fiscaux commanditée par le Centre Patronal, la Fédération des Entreprises Romandes, la Chambre de Commerce d’Industrie et de Services de Genève.[2] Si les campagnes se suivent et se ressemblent, faut-il conclure que ce sont les mêmes qui paient les spots web stéréotypés où logotypes et statistiques sont mis en avant au détriment des liens et du relationnel?

Enigma rend l'âme

Ah c’est si simple le monde expliqué par une entreprise de « strategy and branding » pour qui le politique est avant tout du business et de la communication, la promotion d’une marque, ici: Barazzone.com entendu comme vente d'un produit. Voilà un nouveau trend, avec des sièges urbanature en plastique où les pouvoirs de l'argent s'achètent un politique à bas prix; la boîte de com enigma devient faiseuse de rois. 

Vous me direz peut-être, c'est l'époque  qui veut ça : Des chiffres, des stats, le toc de l'efficience et le tic des finances servant la lutte des places et des egos. Si c'est bien l'époque qui veut ça, il s'agit d'exercer son droit à la contrer. C'est là que se situe la distinction de la gauche pour qui  l'humain sera toujours au centre des préoccupations et l'indignation première, où ce n'est pas la fatalité qui fait règle ; pour qui la complexité du réel demandera toujours plus  de moyens qu'un clip fastfood type Mac Do, ou le karcher de ceux qui veulent nettoyer un quartier en 60 jours, avec la pédagogie suave et faisandée d'un conseil d'administration bancaire. 

Hainons-nous les uns les autres ?

Hainons-nous les uns les autres n'est pas mon évangile. Je le laisse à ceux qui voient des bisounours partout et leur cauchemar social comme un fond de commerce. Face à cette entreprise de vente idéologique d'un modèle sociétal clos sur lui-même et auto promotionnel, nous devons creuser et agrandir des espaces pour accélérer la circulation d'idées et entamer cette rigidité, avec un modèle de sensibilité qui relève de la ruse et de la guérilla élective, une sorte de tai-chi politique et éthique où la parole reprendra sa place et les réflexions leurs fonctions comme sur une place athénienne, une assemblée de village.. ou une cabane dans les branches. 

Les boîtes de com et les spots télévisés n'auront pas le dernier mot, ni sur le fond ni sur la forme. 



[1] https://www.youtube.com/watch?v=ZvhtXaaixxs&spfreload=10

[2] https://www.youtube.com/watch?v=QTW6fS7LNZg&spfreload=10




02/10/2013

Votez pour moi, qu'on en finisse!

Je me suis donné sans compter dans cette campagne. J'ai payé de ma personne, jusqu'à ouvrir un petit crédit. J'ai parcouru en tous sens la campagne et la ville, battu le rappel, couvert plus de dix mille kilomètres à pieds; arpenté les trottoirs dans tous les sens et parfois dans le vide, j'ai les zygomatiques tendus, 5 kilos en trop. Si la politique est un sport à risque, les élections c'est jouer à zig-zag-zoug dans un champ de mine. Vivement qu'on en finisse. Faut-il vraiment risquer autant pour si peu? J'ai distribué 3'613 flyers. Je n'en suis pas peu fier. J'ai même laissé deux ongles dans la boîte aux lettres de mon voisin, retirant le flyer de mes adversaires. (Mon flyer a aussi fini dans la poubelle. je l'ai regardé comme un bébé abandonné. S'ils savaient ce que j'y ai mis!) 432 sonnettes activées. On m'a toujours ouvert, et ça m'a quand même fait de l'effet, surtout quand le chien aboyait. Je pensais que les gens allaient avoir peur, mais non, ils étaient contents de me voir, soulagés que je ne sois pas témoin de Jéhovah, curé, ou pire: un créancier. Ils disaient: c'est si gentil de venir nous voir, on se sent parfois si seuls dans ce quartier. 32 fois on m'a offert de rester boire un café, toujours j'ai accepté. Ce qui se raconte sur les pas-de-porte, vous n'avez même pas idée... Je ne me souviens pas le nombre de cafés que j'ai bus, je ne les compte même plus. J'en ai payé tout autant, j'en suis tout excité. Offrir des pots, c'est ce que recommandaient les anciens, pour ne pas boire la tasse.

Les pieds plats

Je croyais que la politique était un investissement; au final, pieds couverts de camphre de menthol et de cloques, je crois que c'est un don: convictions et action. J'ai eu ma chance. J'ai eu mes crampes. Je suis un candidat dans le vent. 15 stands dans la rue, sous la tente, sous la pluie, à donner des flyers des biscuits à des gens qui couraient au tram ou accéléraient vers les boutiques. 12'356 mains serrées, ça oui j'ai compté. J'ai toujours aimé rencontrer les gens, les écouter. C'est un amour, ma motivation. 4'200 amis Facebook confirmés; toujours un petit mot pour leur anniversaire, message câlin avant d'aller se coucher. A 2h du matin, je me suis parfois connecté, pour poster une ou deux piques vers mes adversaires. Qui aime bien châtie bien. L'art de la guerre selon Sun Tzu est mon livre de chevet. 132 tweets postés. La petite phrase qui tue, j'ai peu à peu réussi à la ciseler. J'ai reçu 4 lettres d'insultes, ça m'a presque rassuré. C'est là que je me suis dit que j'avais des opinions bien trempées. Deux fois levé pour aller courir à 4h30 du matin. Je n'en ai parlé à personne. Quand même. Vous ne vouliez pas que je dise combien je donne aux handicapés ?   

Les mains serrées

Je suis un candidat en forme. Bien sûr, j'ai grincé des dents. J'ai même pété une ou deux fois les plombs, mais toujours gardé ça pour la maison, à la plus grande joie de ma famille. Ils me remercient tous les jours de faire de la politique en regardant la télé. Ah, 2 petits plateaux de télé seulement; faut dire qu'il y a dix ans j'avais fâché le chef des émissions. J'avais pris de vraies positions politiques, il ne me l'a jamais pardonné. On m'avait pourtant déconseillé de faire ça, faut pas trop la ramener, faut ressembler aux affiches, mais j'ai pas pu m'empêcher. J'aurai bien voulu en faire plus, mais je n'ai pas le bagout facile et mon électorat est sensible. J'aurai dû commenter une affaire de crime? Quoi, me taire m'a sûrement coûté des voix? Je m'en fous. J'aurai pu faire mieux, hurler avec les loups, mais pire aussi... On est 476 sur les listes, c'est une petite société. On sera 100 élu-e-s à l'arrivée. Le choix, vous vous en occupez, électeurs électrices adoré-e-s,  alors dépêchez-vous, qu'on en finisse.

les dents longues

Cela va se jouer à quelques voix. C'est vrai, j'aurai pu être plus saignant. Je fais dare-dare un petit tour dans le quartier. 65 flyers en plus chez mes voisin-ne-s, 234 mains serrées vite-vite, et l'affaire est dans l'urne, effectue mes derniers deals. Tu m'ajoutes sur ta liste, je te mets sur la mienne. D'accord, tu le fais? Oui, clair -souvenirs de cour d'école- croisant mes doigts derrière le dos. Mentant, pas grave, je suis persuadé qu'il fait pareil. Je supplie, je sanglote, rappelle mes ex, descends dans la séduction à des niveaux inédits:  please please glissez-moi sur vos listes, je serais sage, ferais Onex - Vieille Ville à genoux, poserais des ex-voto à Saint-pierre.  La radio? C'est ma plus grande joie. Le jour de l'émission sur MeFM, j'ai salué ma grand-mère, elle en a perdu son dentier. Depuis on raconte que j'ai les dents longues, tsssss, les mauvaises langues!  

Vous pensez que je serai élu? Cela dépend de vous, mais j'y crois. Je suis un mec déjà, paraît que ça paie en politique. Les statistiques fédérales les études américaines le confirment. Si je n'ai pas de réseaux, j'ai le soutien des grands-mères de l'EMS où j'ai travaillé, et j'ai labouré du terrain. Je ne suis pas calviniste, ne crois pas au salaire au mérite. Mais si je suis élu, ce sera juste je crois, car j'ai tout donné. Je n'ose plus dire votez pour moi, je l'ai trop répété. Mes actes parlent en mon nom et mon parti croit en moi. A défaut de la grâce j'ai la foi, et jusqu'à dimanche je vais tout donner. Des fois je me dis que l'élection se jouera à zig-zag-zoug et que j'aurai pu rester à la maison. Fatigué? Même pas. Votez pour moi! Qu'on en finisse.

 

 

08:28 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élections, genève, dernière lignes droite, conseil d'état | |  Facebook |  Imprimer | | |

20/01/2013

Le socialisme n'est pas une mathématique

rosa_lives.jpgFaut-il que le Parti socialiste aligne quatre candidat-e-s en vue de l'élection au Conseil d'Etat ou seulement deux? Et pourquoi pas trois ? Réduit-on vraiment au carré les ténors comme on le lit dans la presse dominicale? Il y aurait-il donc des petit génies qui réduisent de moitié l'influence de ceux qui comptent ? Qui voudrait la peau des gros numéros, ceux qui pèsent pour quatre?

Combien il y a-t-il de gestionnaires qui font des calculs politiques et de visionnaires qui raisonnent sur la théorie des ensembles? Ce qui est démontré: dans une premier temps, au-delà (ou comme résultante?) des arithmétiques, ce seront les presque mille membres du parti qui poseront l'équation la meilleure, puis le peuple fera ses additions, ses soustractions... et exigera des comptes!

Rosa Luxembourg l'avait compris :"la liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d'un parti- aussi nombreux soient-ils- ce n'est pas la liberté. La liberté c'est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement" Les calculs doivent englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Alors quoi, il y aurait des clans, des groupes, des couples, des gens qui se parlent et font de la tactique politique? Il existerait des stratégies pour maximaliser le résultat du parti au bénéfice aussi de résultats personnels? Il y aurait des alliances, des nombres premiers, des intersections et des intervalles ouverts? Quoi, les partis seraient donc des usines de traitement d'idées, d'ambitions, de pouvoirs, de désirs et de vouloirs à géométries variables? Quelle suprise... Et pourtant, les calculs doivent toujours englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Car rien, évidemment, n'est pure logique et calcul statistique. C'en est même une part réduite. Et pan dans les sinus, et vlan dans les tangentes! L'arithmétique du politique passe par le rêve, l'engagement et la passion, et 2+2 font souvent autre chose que 4. Et 4 fait aussi parfois moins que 2. Celles et ceux qui font les calculs en laboratoire ou au bureau reçoivent alors une bonne pomme bien réelle sur la tête; sortent éclairés d'un bain (de foule?). Heurekâ, nous avons trouvé: les autres d'abord, JE est à leur service. 

Le socialisme n'est pas une mathématique. Si cet axiome s'efface du tableau, toute équation risque bien d'être nulle et tous les petits calculs réduit à zéro. 

 

 

 

23/06/2012

Les roses et les clous

Le Parti Socialiste, un groupe comme tant d'autres. En son sein: des chefs, des leaders désignés, auto-proclamés, refoulés, des envieux, des généreux, des ambitieux, des altruistes. Rien de bien singulier, un groupe comme il y en a tant: dans le monde du travail, sportif, associatif. Un groupe composé presque exclusivement de bénévoles (du latin benevolus: de bonne volonté) unit autour d'idéaux et de désirs communs, mais en proie a des rivalités aussi, des luttes, internes, externes. Saine les luttes: pour grandir, s'affirmer, se développer et lutter contre les inégalités sociales et accroître le pouvoir des citoyen-ne-s. Ceux qui reprochaient au PS son manque de transparence en sont quitte pour leur salive. C'est un signe de démocratie et de vitalité que de laver son linge sale en famille et en plus de l'étendre aux fenêtres. Aujourd'hui, même les petites culottes sont alignées au balcon, et il n'y a pas à en rougir, c'est cela le déba(llage) démocratique.

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22:54 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : parti socialiste, élections, crucifixion | |  Facebook |  Imprimer | | |