sylvain thévoz

18/07/2017

Les halles de l'île : lieu de culture

xfs_800x550_s100_1236074_10151912777078885_1285077189_n.jpgPassé le choc de l'annonce de la fermeture de la librairie Archigraphy, spécialisée dans le domaine de l'architecture, du design et du graphisme.[1] Passé le choc de cette nouvelle perte d'une librairie à Genève, ajout supplémentaire sur une déjà trop longue liste (Forum, Artou, Panchaud, Descombes, la librairie du Musée d'Art et d'histoire, etc...).

Passé le choc de la réduction de la diversité culturelle, alors que le peuple genevois a dit oui au prix unique du livre à Genève en 2012, et que l'on doit faire davantage pour préserver cette tradition genevoise, élément fondamental pour l'éducation, la formation culturelle et l'intégration.


Passé le choc de la crainte d'un centre-ville qui se vide de ses arcades culturelles ou commerçantes.

 

Passé le choc

Les halles de l'île, avec les 5 studios d'artiste qui les composent, sont un espace culturel important. Cet espace des halles de l'île doit demeurer un espace créatif et culturel accessible pour les habitant-e-s de Genève, si possible sous la forme d'une librairie, ou d'un espace culturel à repenser, dans le respect du Plan d'utilisation du sol et avec une vision d'ensemble pour ce lieu, au coeur de la ville.


Cette réflexion doit être menée en bonne concertation avec les acteurs culturel du lieu : l'AGACH (Association genevoise des acteurs culturels des halles de l'île) qui regroupe  la galerie Halle Nord[2], s'impliquant dans la promotion des jeunes artistes, la librairie Papier Gras[3], galerie et librairie de bande dessinée, et pourquoi pas aussi le bateau lavoir, qui n'est pas si loin; la Barje, ce qui nous rapproche de l'Usine. Il y a là un potentiel important à valoriser. Sur le modèle de l'axe du miel de la Jonction[4], il y a une jolie cohérence culturelle le long du Rhône à dessiner, aboutissant qui sait, jusqu'à la pointe de la Jonction, à la buvette éponyme. L'axe du fleuve? 


Une page se tourne, l'histoire continue

Depuis la transformation de la brasserie des Halles de l’île en 2009, on a toujours défendu les halles de l'île non comme un espace pour salary men descendant du quartier bancaire voisin, mais comme un espace cohérent, artistique, culturel, populaire, permettant de faire vivre ce lieu exceptionnel d'une manière créative.

Un projet d'initiation à la créativité et aux arts, pour les familles et les jeunes, serait passionnant à mener. Si le centre-ville semble parfois mortel les dimanches matins, ce n'est pas une fatalité.

La ville a une belle carte à jouer en ce lieu, sur cette jolie presqu'île. Le Canton, une responsabilité, vu qu'il a choisi de s'occuper de la politique du livre. Librairie, initiations culturelles pour petits et grands, lieu d'expression pour le fonds municipal d'art contemporain, les possibilités sont multiples.

La page Archigraphy se tourne, le projet culturel continue.

 

[1] https://www.lecourrier.ch/151064/archigraphy_c_est_fini

[2] http://halle-nord.ch/

[3] https://www.papiers-gras.com/accueil.html

[4] http://www.arv-ge.ch/content/visite-de-laxe-du-miel

 

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11/07/2017

Macron dans la lumière à Lausanne... les dictateurs dans l'ombre à Genève ?

IMG_9180.JPGC'était l'événement de ce mardi. Le président français Emmanuel Macron se déplaçait à Lausanne. Au final, pas pour dire grand chose, ni proposer quoi que ce soit, mais pour faire du lobby pour Paris en vue des Jeux olympiques de 2024 ou 2028 et faire en sorte que la ville lumière rafle la mise.

Pas grand chose donc qui concerne la Suisse non plus, ni nos liens avec notre voisin français. Rien pour retenir notre intérêt au final, si ce n'est l'opportunité du côté people de la visite permettant de prendre la température de notre attrait provincial, un brin idolâtre, pour la chose parisienne. Parce que si les Suisses adorent se comparer aux Français, ce qu'ils aimeraient par-dessus tout serait d'en être les égaux dans le faste et le décorum. Peut-être? Pas sûr? Pas si simple.

 

Rochebin aux genoux d'Hidalgo   

On a donc eu droit à un gros plan au 19:30 sur le président français, par où il passait et où il dormait, à qui il serrait la main (à Gorrite plutôt qu'à Leuthard, oh dis donc le scoop). Et allez que ça se bousculait sur les photos pour pouvoir dire j'y étais, j'ai serré la main du prince, du puissant, à se demander si ça allait encore se laver les joues et les chagnottes après ce moment de gloriole. 

Ceux qui ont pu l'approcher ne pouvaient que reconnaître qu'ils n'avaient pas vraiment discuté d'autre chose que ... de rien. Bref: on était dans une pièce de Beckett, dans l'absurde. Mais à l'inverse de Godot, on n'attendait rien. Macron était bien là, mais il n'y avait rien à en dire ni en penser, et nous... rien à en faire.

C'est peut-être ça le moment médiatique : l'absurde magnifié et l'événement auto-célébré portant sur... rien. Si au moins, pendant que l'entretien Rochebin-Hidalgo tournait à une platonique ronronnade convenue, Macron avait fait du pédalo à Ouchy, on aurait pu en rigoler. Mais non, même pas! Macron ne connaîtra jamais rien du pâté de féra de la jetée de la Compagnie et de ses petits sirops de fruits rouges, c'est grand dommage pour lui (et tant mieux pour nous).   

 

Et les avions des dictateurs en marge des visites officielle : on en parle ?   

En même temps, ce n'est pas comme s'il y avait des pourparlers à Genève sur la Syrie, des manifestations devant les ambassades de Turquie pour demander la libération des militants des droits humains emprisonnés, ni que le festival de Montreux ne drainait son lot d'artistes engagés portant un discours radical sur la société (Casey), ou que l'actualité ne nous plaçait pas au coeur d'enjeux et de luttes fondamentales.

Jetez un oeil au profil twitter GVA dictator alert qui permet de voir en temps réel le nombre d'avions des régimes autoritaires se poser sur le tarmac de Cointrin. On aimerait bien avoir un peu plus de caméras sur ces visites aussi... [1] 

 

Cette agitation médiatique donne au final un sentiment de provincialisme abouti

Mettre tant de moyens pour accompagner la visite d'un chef d'Etat voisin, cela illustre peut-être aussi le fait que les plus grands admirateurs de la monarchie ne sont peut-être pas ceux qui en ont encore une (les anglais), ni ceux qui ont réussi à s'en débarrasser (les français), mais éventuellement ceux qui, comme nous, n'ont jamais pu en faire l'expérience. [2] 

Une à deux fois par an alors, nous jouons à une sorte de Ballenberg live-show, Ode aux people pour accueillir un roi étranger (chinois ou français), et voir ce que ça fait de mettre les petits plats dans les grands, tourner des hélicos dans le ciel, des navettes de police sur le lac, monter en épingle des interviews, faire crépiter flashs et caméras, avec nos édiles locaux qui se bousculent tous pour en être. Comme si le musée olympique était Versailles, et l'avenue de la Gare les champs Elysées... quitte à ce que ce soit... pour rien. 

Quant à imaginer que cela puisse, au final, servir à faire diversion face aux vrais enjeux de notre temps, il faudrait vraiment être un gâcheur de fête pour croire cela n'est-ce pas? 

Car le véritable bonheur serait que Justin Trudeau vienne prochainement à la pêche aux perches au bord du lac Léman avec Melania Trump.

 

[1] http://www.tdg.ch/economie/entreprises/Un-site-repere-les-avions-de-dictateurs-a-Cointrin/story/28750390

[2] http://www.tdg.ch/monde/brigitte-macron-adore-lausanne/st...

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05/06/2017

Moi, François Hollande, ex-président de la République

Qu'est-ce que je fais faire maintenant? C'est la question que tout le monde me pose. Bon, c'était déjà celle que l'on me demandait pendant que j'étais président. Tout le monde alors semblait se foutre de ma réponse. Mais maintenant, il y a une importance folle à ce que je dise si je vais planter des pivoines à Trouville, me chercher un appartement à Tulle, ou finalement habiter avec Julie Gayet. Peut-être donner des conférences, créer ma fondation, ça ce serait dans mes cordes (même si les journalistes semblent en douter); ce que tout chef d'état bien constitué fait. J'ai démontré que le pouvoir on peut s'en détacher. Il n'y en a pas beaucoup qui y arrivent. Angela, tout le monde veut la garder, elle n'arrive pas à décrocher. Vladimir on aimerait bien s'en débarrasser mais on n'y arrive pas. Franchement, ils n'ont jamais été mes modèles.

Je vais peut-être vous étonner, mais pas de retraite anticipée pour moi. Je vais écrire un livre pour dire ma vérité. Certes, j'aurai dû le faire il y a longtemps. Ce mauvais livre écrit par des journalistes durant mon quinquennat m'a plombé. Rien que le titre "un président ne devrait pas dire ça"... ridicule, alors que, au final, je n'ai pratiquement jamais rien dit.

Maintenant que je suis certain que personne ne lira mes mémoires, c'est le bon moment pour les écrire. Je n'ai jamais aimé aller avec le courant. Ce qui a fait mon style, c'est toujours d'avoir un temps de retard. Certains disent: "en marche", moi ça a toujours été, résolument : "à reculons". J'aurai essayé d'imposer ma marque à la France, mais c'est allé trop vite. Je n'ai pas été compris. Pas sûr qu'un livre va me relancer, mais un bouquin me permettra de laisser ma trace dans l'histoire. Et tant pis si c'est celle d'un animal blessé. Chasseur ou gibier, il fallait choisir son camp. Je n'ai jamais aimé les fusils. Mitterrand a laissé une bibliothèque, je laisserai 200 pages. C'est ainsi. 

Je demanderai à Manuel d'écrire la préface, lui aussi tire le diable par la queue. Mais pas de regrets, ni remords. Si vous étiez à ma place vous sauriez ce que c'est que de diriger la France. Maintenant je vais devoir affronter plus compliqué : gérer ma vie. Je ne sais pas quel défi est le plus grand, mais si j'ai loupé le premier, je me sens capable de réussir le second. Faudrait juste que j'arrête la politique. Bien que personne ne me le demande, et que personne n'aimerai m'avoir dans les pattes, je suis quand même obligé de dire que je reste dans la course. J'aimerai continuer, parce que sans la politique, qu'est-ce qui va me rester? Je pourrai bien, sur un malentendu, réussir quelque chose.

Pourquoi insister ? Par peur de m'ennuyer c'est clair, mais surtout parce que je crois que j'ai de réelles compétences pour aider mon pays à se redresser. Mes meilleurs amis me disent que si je veux assister au redressement de la France, la meilleure chose à faire ce serait de m'en tenir éloigné. C'est vache. C'est beaucoup de cruauté la politique. Mais je dois bien reconnaître qu'ils ont un peu raison, les rosses.

Comme j'ai toujours fait l'inverse de ce que je pensais juste et ne me suis jamais écouté, je vais quand même l'écrire ce bouquin. Peut-être que, en 2023 qui sait, ma chance reviendra. Après tout, j'avais la place pour passer face à Emmanuel, et si je ne m'étais pas retiré, je serai encore à l'Elysée (ils m'ont tous dit ça, ceux qui m'ont poussé à jeter l'éponge).

Revenir à l'Elysée ? Pour y faire quoi? Je ne sais pas. Mais pour sûr, mes mémoires seront plus épaisses et se vendront mieux, ce qui compte quand même. Je pourrai aussi mieux me faire comprendre, même si je n'ai jamais eu grand chose à dire.

Et si les français-es ne me comprennent toujours pas, malgré ma pédagogie, mon sens politique, je n'ai qu'une explication : c'est le temps de bien me faire comprendre qui m'a manqué.

Peut-être que je suis lent, peut-être que j'avance au ralenti. Mais franchement, sans me chercher d'excuses, tout ça est allé très vite. Une petite pause me fera le plus grand bien.

Je promets de revenir. Je ne suis pas comme Lionel, qui a choisi de disparaître, la France a besoin de moi, tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir. Enfin, c'est mon flair politique qui me le dit. Moi, François Hollande, ex-président de la République.    

 

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27/05/2017

Un mémorial en mémoire de Nelson Mandela à Genève qui nous fait honte (ou devrait nous encourager à agir)

index.jpgNous avons, à Genève, un fort épuré mémorial tout neuf (2015) en hommage à Nelson Mandela voulu par le Grand Conseil Genevois. Ces jours, pourtant, nous en avons honte. Et pourquoi en avons-nous honte ? Parce que Nelson Mandela a toujours répété :  "Nous savons trop bien que notre liberté n’est pas complète sans la liberté des Palestiniens" Et alors que nous vénérons quotidiennement l'icône du prix Nobel (en oubliant le condamné à perpétuité pour 'terrorisme'), à ce jour 7000 palestinien-ne-s sont en prison, leur détention violant de règles de droit international, et plus de 1000 en sont au 40e jour de leur grève de la faim. Ces derniers risquent leurs vies pour dénoncer des abus de droits et dénis de justice, défendant des valeurs qui sont les nôtres : la liberté, le respect du droit, l'indépendance et la justice. Un mémorial de Mandela à Genève ? Sommes-nous vraiment dignes d'honorer la mémoire d'un tel homme si nous sommes incapables d'endosser ses combats?

 

 

Les tortures se poursuivent contre les prisonniers en grève de la faim

Les droits des prisonniers sont bafoués. Leur vie ne tient qu'à un fil. Un grand nombre d'entre eux sont actuellement transférés des prisons vers d'autres centres, pour être nourris de force ou isolés afin de casser le mouvement.[1] La répression s'abat avec force sur les prisonniers. Des témoignages répétés de torture et d'abus sont relayés. Est-ce que l'on en parle ? C'est silence radio dans les media. Pourquoi?

Mandela s'est toujours tenu aux côtés du peuple palestinien qui s'est toujours engagé aux côtés du peuple sud africain. Genève a un joli monument à la mémoire de Mandela mais ne se prononce pas sur ce que Mandela a dénoncé toute sa vie. Troublant.

 

Afrique du Sud - Palestine : même combat

Aujourd'hui, la condition des prisonniers palestinien est pire que celle des détenus en Afrique du Sud dont faisait partie Nelson Mandela. C'est Sunny Sigh qui l'affirme. Ancien détenu, il a passé dix ans à Robben Island pour son engagement au sein de l'aile militaire de l'ANC.[2] Que dit-il aujourd'hui ? Que les demandes des prisonniers palestiniens sont les mêmes que celles des prisonniers de l'ANC à l'époque. Ils mènent une lutte pour des habits, des couvertures, des médicaments, le droit à avoir des visites. Bref, ils luttent pour leur dignité humaine. Il ajoute : "nous étions battus par nos gardes, mais nous n'avons jamais expérimentés le type de torture et d'abus que dénoncent les palestiniens." Il accuse le comité international de la croix rouge d'avoir fermé les yeux sur des pratiques en Afrique du Sud, et redoute que la même chose n'arrive aux prisonniers palestiniens aujourd'hui.

Avoir un mémorial en mémoire à Nelson Mandela à Genève devrait nous faire honte, ou plutôt nous encourager à agir, en demandant des comptes au CICR pour sa passivité et son silence sur la question des prisonniers palestiniens (oui oui, je sais on nous dira que le CICR se tait pour agir en sous-main... ). Le CICR, aujourd'hui, est mutique sur les tortures et déplacements de prisonniers palestiniens et les violations des droits des prisonniers. Parce que les USA, soutien d'Israël, sont l'un de ses plus grands pourvoyeurs de fonds?

Enfin, ce mémorial devrait nous encourager à agir sur le Grand Conseil et le Conseil d'Etat, pour que, s'ils n'osent se prononcer sur ce qui est en train de se passer en Israël, avoir un peu de courage politique et qu'ils retirent ce mémorial. Car si eux l'ont voté, il nous couvre de honte, par son décalage avec l'action de ce Canton en regard des valeurs qu'il prétend honorer.   

Le deux poids deux mesures n'a jamais apporté la paix

Nous aimons la liberté, nous aimons la vie, et nous en jouissons. Comment pouvons-nous accepter qu'elle soit niée et foulée aux pieds par un Etat qu'il faut bien appeler "ami", puisque nous lui achetons des drones, lui déroulons le tapis rouge et y envoyons notre ballet du Grand Théâtre en parade? Mais que vaut cette amitié avec un Etat qui ne respecte pas les conventions de Genève ni les droits humains ? Et si elle vaut tripette, comment rappelons-nous cet ami à ses obligations? Se taire alors que les droits humains sont foulés aux pieds n'est qu'une triste conjonction d'intérêt, de logique économique, ou de croyance dans la loi du plus fort où éthique, engagement et droits humains passent à la trappe.

Se taire maintenant, c'est être indignes de l'héritage de Nelson Mandela

Alors soit nous arrêtons de prétendre honorer la mémoire de Madiba, en reconnaissant que l'on ne comprend rien à sa lutte, aux moyens qu'il a employé pour la faire triompher, - alors qu'ils sont exactement les mêmes que ses frères emploient aujourd'hui en Palestine -, soit nous agissons pour peser dans la balance et demandons des comptes aux institutions dont nous sommes si fiers à Genève pour qu'elles agissent en faveur des prisonniers de la paix et de la justice.

18739842_10155165115336826_5436370362299452000_n.jpgPour conclure, cela fait réfléchir d'observer le mémorial  offert par l'Afrique du Sud à l'autorité Palestinienne à Ramallah et de constater deux choses. 1) Son incarnation 2) Son caractère engagé. Et de le comparer avec l'oeuvre éthérée et anonyme de Genève. Parfois l'art raconte aussi beaucoup de choses...

Alors il n'y a pas mille chemins. Il y en a deux. Celui du silence et de la complicité ou celui de la parole et de l'action. Soit on s'inspire du combat de Mandela pour le mener à sa suite, soit on s'en fout. Et si l'on s'en fout, virons ce mémorial qui nous rend ridicule en plus de nous faire honte.

Un arbre à la place, ce sera mieux, et plus vivant. 

     

 

 

 

[1] http://www.haaretz.com/israel-news/.premium-1.791766

[2] https://electronicintifada.net/blogs/adri-nieuwhof/israel-treats-prisoners-worse-apartheid-says-robben-island-veteran

 

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25/05/2017

Pourquoi Donald Trump a posé un lapin à la basilique de la Nativité

palestine,grève de la faim,occupation,apartheid,israëlL'événement est passé inaperçu dans la presse. En visite officielle en Israël, Donald Trump avait annoncé qu'il visiterait la basilique de la Nativité à Bethléem ce mardi. Au dernier moment, il y a renoncé. Pourquoi ? Parce que des familles de prisonniers palestiniens actuellement en grève de la faim (plus de 1000 parmi les 7000 détenus dans les prisons israéliennes) se tiennent sous une tente depuis le début de ce mouvement initié par Marwan Barghouti (17 avril 2017, 39e jour aujourd'hui) à deux pas du parvis de la basilique.[1]  

Les revendications des grévistes sont basiques. Les détenus réclament la fin de la torture, la fin des traitements dégradants et de la négligence médiale. Ils demandent de meilleures conditions de détention, l'abandon de la détention administrative, l'augmentation du nombre de visites (réduites à une par mois depuis un an), l'accès aux soins, à des livres, à des téléphones publics afin de pouvoir communiquer avec leurs proches. Ils demandent la liberté et la dignité à laquelle ils ont droit.[2]

Les proches de prisonniers dorment sous tente, proche de la basilique de la Nativité. Ils offrent le café à ceux qui viennent les voir, expliquent leur combat et sensibilisent les touristes à la lutte du peuple Palestinien pour le respect de leurs droits.

Donald craignait de les croiser, même de loin, et leur donner une visibilité.

 

Donald Trump, miroir du monde?

Donald Trump visite les pires criminels du temps dans une tournée de l'immonde, mais croiser des familles de prisonniers, des gens comme vous et moi, c'était trop. Il a préféré, lâchement, éviter de le faire, pour maintenir autant que possible la cause palestinienne hors champ, hors caméra, qu'elle demeure silencieuse et cachée.

Trump refuse de soulever le rideau de fer, se faisant collaborateur officiel d'un régime de colonisation. Si nous nous taisions, ou allions en vacances à Tel-Aviv sans rendre compte de l'arrière-boutique, nous lui serions pareils, préférant regarder ailleurs plutôt que là où des hommes ont besoin de notre voix pour relayer la leur.   

 

 

IMG_7223.JPGPour ne pas laisser le monopole de la parole aux lâches et aux violents

Nous sommes allés à la basilique de la Nativité rencontrer et écouter celles et ceux qui se tiennent sous cette tente. Mohamad est devant la photo de son père, qu'il n'a pas vu depuis 11 ans, et dont il est interdit de visite. Son père a été condamné a 24 ans d'emprisonnement, pour un crime qu'il n'a pas commis. Son fils ne l'a plus vu depuis ses 14 ans. Il en a 25 aujourd'hui, et lutte pour la justice, soutenant le mouvement des grévistes de la faim qui entre désormais, au 38e jour, dans une phase critique pour la santé des prisonniers.[3]

Le frère de Marwan a été enfermé depuis 16 ans. Marwan ne l'a jamais revu depuis son kidnapping. Son père et sa mère ont pu lui rendre visite en prison, lui non. C'est parce qu'ils sont vieux, qu'ils peuvent y aller dit-il. Lui est jeune. Alors l'état israélien lui interdit le déplacement. Qui pourrait supporter d'être privé de la visite de ses proches ?

 

Leur domination, leur lâcheté, seraient notre domination, notre lâcheté ?

Sous cette tente, la mère du frère de Mohamad nous offre le thé et le café. Donald Trump a-t-il eu peur de boire ce thé ou ce café ? Pensait-il qu'il était sale, ce café pur de la saleté de l'oppression? 

Le Président voulait donc se rendre au lieu de naissance de l'homme accouché dans une étable, mort crucifié, des mains d'une puissance occupante, sans avoir commis de délits. Quelle ironie. Trump voulait aller dans une église voir les reliques de ce qu'il avait bien vivace sous les yeux. Il a préféré les fermer et poser un lapin à la basilique de la nativité.

 

palestine,grève de la faim,occupation,apartheid,israëlCe n'est pas là où Trump va qui nous intéresse, mais là où il refuse d'aller

Et nous, sommes-nous fidèles au rendez-vous, où posons nous également un lapin à ceux qui nous informent sur leur condition ?

Face à ceux qui bafouent les droits humains, le silence et la neutralité ne sont pas une option. De nombreux détenus ont annoncé qu’ils avaient arrêté de boire de l’eau en raison du refus d’Israël de négocier avec les prisonniers. La grève est entré dans une étape critique.[4]

Quelle doit être notre réponse?

Trump a pris son avion pour être reçu au Vatican.

Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens et leurs familles.  

 

 

[1]https://www.nytimes.com/2017/04/16/opinion/palestinian-hu...

[2]http://www.lexpress.fr/actualite/monde/greve-generale-en-palestine-pour-soutenir-les-prisonniers-en-greve-de-la-faim_1910612.html

[3]http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orien...

[4]http://chroniquepalestine.com/prisonniers-palestiniens...

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19/05/2017

Trump en goguette : gare aux dégâts

Donald Trump se rend pour un voyage de 8 jours au Moyen-Orient et en Europe. Qu'en attendre? Pas grand chose. Si ce n'est, malheureusement, des dégâts.

 

Un éléphant déboule dans des magasins de porcelaine. Ryad, Jérusalem, Bethléem, Rome, Bruxelles, la Sicile. Le président américain va rencontrer au pas de charge le roi Salmane, le pape François, Netanyahu, Mahmoud Abbas. Il promet un appel à l'Islam depuis la capitale saoudienne devant une cinquantaine de dirigeants de pays musulmans, une visite au mur des lamentations à Jérusalem au passage et une rencontre à Bethléem avec le responsable du Fatah. Enfin, une viste au Vatican pour l'ascension.

Un redneck en roue libre

Le président va enchaîner les lieux symboliques et chargés d'histoire, lui dont l'ignorance crève l'écran et dont la sensibilité et la finesse semblent faire cruellement défaut. Il évite au passage soigneusement l'Iran, alors qu'un nouveau président y sera élu ce vendredi et que le pays oscille dans sa révolution.[1] De toute façon, les américains n'ont jamais rien compris à l'Iran. Il n'y a aucuns espoirs que cela ne change avec Trump.

Le président américain va, à la vitesse de l'éclair, faire le tour des problèmes du moyen-orient, y mélanger allègrement business, politique et religion. Il faut se préparer au pire. Au mieux il suscitera de l'incompréhension, si tout va pour le mieux, de l'indignation. Le pire ? Personne ne peut l'envisager.

La tentation du pire

En difficulté aux Etats-Unis, Trump va-t-il chercher, par une provocation supplémentaire, de la surenchère, ou alors, par maladresse, à faire oublier ses déboires intérieurs avant de revenir à Washington? Le bonhomme nous a habitué à ne plus pouvoir distinguer entre choix ou hasard : stupidité et maladresse étant intimement liés chez lui.

Alors que l'été arrive, que les trajets des bateaux de réfugiés cherchant refuge en Europe vont augmenter, que les inégalités migratoires et éco-sociales demeurent l'enjeu majeur de notre siècle, nous n'y trouvons pas de solution viable. Qu'un président adepte de murs et de frontières bouclées s'élance pour traverser en avion en 8 jours dans un sens puis dans l'autre la Méditerranée, en jouant à saute mouton d'un pays à l'autre, fera transpirer tout son staff, pour notre part ça nous glace.   

8 jours pour faire le tour des principaux problèmes du monde. Insuffisant pour prétendre régler quoi que ce soit, mais bien suffisant pour en créer de nouveaux. Trump en goguette : gare aux dégâts.

Il ne nous reste plus qu'à espérer que le vilain farceur loupe son vol au départ de Washington ou qu'il demeure coincé à quelque frontière. Qu'il trouve son chemin de Damas, que quelque chose lui tombe dessus : bref, un miracle quoi.

C'est bien maigre, face à l'état du monde, qu'espérer un miracle pour la tournée de Trump.  Il nous reste à écrire, à agir, pour une limitation des dégâts...

 

[1]http://www.liberation.fr/planete/2017/05/18/rohani-contre-raisi-le-pragmatisme-face-a-l-ordre-ancien_1570572

 

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09/05/2017

On a refait le monde. Et si maintenant on changeait notre quotidien?

Au sortir de la présidentielle française, après avoir lu quantité de messages et d'analyses sur les réseaux sociaux, porté par la passion de refaire le monde, la France, l'Europe, on a vu passer les anathèmes, les provocations et les enthousiasmes qui ont  traversé cette élection présidentielle, où les noms de Macron ou Mélenchon étaient prononcés plus souvent que bonjour ou au-revoir.  

 

On a refait le monde, et si on changeait notre quotidien?

Alors certes, on peut continuer à se passionner pour les législatives françaises, se positionner sur la présidentielle sud-coréenne (aujourd'hui!),  iranienne (19 mai), sur les élections fédérales allemandes du 24 septembre, mais ce serait pas mal aussi de se rappeler qu'il y a une enveloppe annonçant les votations du 21 mai 2017 en Suisse et à Genève qui attend sur la table de la cuisine, et que si l'on peut toujours refaire le monde virtuellement, on a aussi le pouvoir de le changer concrètement.

 

Irez-vous voter le 21 mai ?

C'est peut-être moins sexy que de faire barrage au Front National, de rêver la révolution avec Mélenchon, de réanimer la France avec Hamon ou de se mêler des intrigues de Palais et de qui sera le nouveau vizir de l'Elysée; de commenter les taux d'abstention dans l'hexagone et le vote blanc... mais quoique... dans un cas, on rêve en grand une politique individualisée à l'extrême, de l'autre on vote sur des enjeux concrets, réalisables et qui dépendent de nous. Dans un cas on vit la politique par procuration, comme les pétitions en ligne sur lesquelles on clique, de l'autre on se la coltine concrètement.

   

Trois enjeux "bien de chez nous"

Le 21 mai, on aura donc le pouvoir, ici et maintenant[1], de décider directement de la politique énergétique suisse, en votant oui à la loi du 30 septembre 2016 sur l'énergie (LEne), développant la production d'énergie propres et respectueuses de l'environnement, et en choisissant, à terme, de couvrir entièrement la consommation par des énergies renouvelables.

Au niveau cantonal on votera pour valoriser la diversité associative, en acceptant l'initiative populaire pour la valorisation et l'agrandissement de la Maison internationale des associations, lieu de rencontre et d'échange central pour toutes les associations de notre Canton.

Enfin, dernier objet, et pas des moindres, on vote à nouveau pour maintenir des transports publics genevois accessibles à toutes et tous en refusant un projet qui vise à augmenter les prix des transports publics, et afin que la mobilité à bas prix, soit maintenue. 

Cela semble terre à terre? Oui, ça l'est, et local, assurément. On aimerait vraiment qu'un centième de l'énergie mise à refaire le monde ou se battre contre des trolls sur les réseaux sociaux soit mise pour convaincre ses voisin-e-s, ses proches, sur des objets qui directement, rapidement, dans les jours ou mois qui suivent modifieront radicalement notre quotidien.

Cela nous éloigne de l'Elysée? Tant mieux. On a suffisamment donné sur ce sujet. 

Car aux intrigues de palais lointains, on préfèrera toujours améliorer le quotidien par des projets concrets.  

 

 

[1] http://www.ps-ge.ch/votations-du-21-mai-2017/

 

 

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24/04/2017

Macron – Le Pen : choisir malgré tout

18118607_10155064809066826_7906081813619339761_n.jpgUn choix ? Quel choix ont les français alors que débute la campagne présidentielle du deuxième tour ? Le choix entre la patriote et le mondialisé, entre la préférence nationale ou celle de l’argent, comme le prétend la frontiste ? Entre le rejet des étrangers ou celui des précaires,  entre la violence ou la vacuité ?

 

Il n'y pas de non-choix possible

Et pourtant, le 7 mai, il faudra choisir, et voter.

En se bouchant le nez, comme en 2002. Voter, pour faire barrage au front national, pour que jamais la rafle du Vél' d’Hiv ne revienne ni de devienne un détail de l’histoire. Risquer le Front au pouvoir, parti fascisant de ses racines jusqu'à ses bourgeons, ce serait le signal que le repli, le refus, le rejet seraient non seulement plébiscités mais montrés en exemple. Ce serait surtout un signal terrible de désinhibition pour les discours de la violence et des boucs émissaires faciles. La levée des derniers freins.  

Ne pas choisir n'est pas un choix. On peut refaire la première mi-temps autour d’une bière, se dire mon Dieu comment en est-on arrivé là et se rejeter les responsabilités ou regarder ailleurs, mais désormais, la question d’actualité, c’est faire barrage et choisir le moindre mal. Ce n’est pas le glorieux combat espéré, mais ce sera toujours le meilleur choix.  

La gauche désunie n’y arrive pas   

Ce qui est sûr, c’est que la gauche s’est plantée. Cumulés, les scores de Mélenchon, de Hamon, de Poutou et d'Arthaud auraient pourtant amenés la gauche autour de 27%, en tête de ce premier tour. Alors non, les idées, les programmes de gauche ne sont pas morts, loin de là.

Mais elle doit entendre, encore et encore, et jusqu’à ce que ça rentre bien, que désunie, elle ne gagnera pas, et laissera le terrain aux tendances fascistes ou ultra-libérales.

Qui a refusé l’union ? Mélenchon, dès janvier 2016 en refusant de se soumettre à quelque primaire de gauche que ce soit, ou Hamon, qui selon les insoumis, aurait dû se retirer in extremis quand la courbe des sondages pour Mélenchon prenait l’ascenseur dans la dernière ligne droite de 2017 ? Se battre uniquement pour avoir le leadership de gauche alors que le fascisme monte, c’est assumer une responsabilité historique grave, c'est comme se chamailler le gouvernail du Titanic. 

 

Le drame s’est joué en amont

Le drame s’est joué en amont pour la gauche. Par le retrait tardif de Hollande et l'incapacité, pour les frondeurs, de fédérer plus loin que leur groupe de suiveurs (qui a finalement glissé de Hamon à Mélenchon). Plutôt que de fédérer pour se distinguer, on aurait aimé qu'ils parviennent à se distinguer pour fédérer. Cela n'a pas été possible pour de multiples raisons.  

On va retenir quelques enseignements ce lundi avant de retourner au boulot, pour ne pas répéter encore et encore les mêmes conneries. 

Le premier, c’est que nous continuerons de toutes nos forces à lutter contre les inégalités, les précarités, pour la redistribution des richesses et que nous refuserons toujours le discours de la haine. Que nous continuerons à lutter pour une société ouverte, créative, celle des possibles, de la diversité, qui n'oppose pas les fragilités.

Le deuxième c'est qu'une gauche désunie qui se tire dans les pattes ne gagnera pas. Oui la rue c'est très bien, mais les urnes sont incontournables. Il nous faudra travailler ensemble, ou crever divisés.

 

Faire battre le coeur encore

Nous n'irons pas voter en courant le 7 mai, ni même en marchant, mais à contre-coeur. Afin que le coeur de la France continue de battre, même sous réa', même faiblement, même au bord de la rupture.

Nous irons voter, ça c'est sûr.

Bien plus que pour Macron, nous voterons résolument contre le FN et contre la haine.

 

 

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19/04/2017

Et si la surprise venait de Benoît Hamon ?

présidentielles,france,hamon,surpriseSelon les sondages (mais que valent-ils?) un quatuor se détacherait en tête parmi les 11 candidat-e-s de l'élection présidentielle française : Emmanuel Macron, Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon. L'issue du premier tour de l'élection présidentielle, ce dimanche 23 avril, se réduirait à ces 4 là, dans l'ordre ou le désordre.

 

Depuis des semaines maintenant, jusqu'à l'ennui, la nausée même, ça ressasse et ça joue au yo-yo. Un coup c'est l'un, un coup c'est l'autre, qui monte ou qui descend, c'est selon, et voilà l'espace médiatique saturé d'experts se muant en faiseurs de rois, suivant la courbe des sondages... comme si ceux-ci voulaient dire quoi que ce soit de plus que l'émotion d'un instant ou la réponse faussée de votes pas toujours assumés, sans aucune certitude même que la personne sondée se rende finalement à l'urne.   

Je ne crois pas une seconde dans les sondages. Sinon, Jospin n'aurait pas chuté au 1e tour en 1992, ni Giscard élu président, etc, etc.[1]  Il y a quelque chose d'étrange dans ces "tendances" qui finissent par créer une réalité parallèle sur laquelle se basent ensuite des articles pour bâtir l'opinion publique. Le tout ressemblant plus a un château de cartes en équilibre précaire qu'à des références étayées par des méthodes scientifiques. Et l'on se baserait là dessus pour asseoir un vote?

 

Un vote utile, pour qui pour quoi ?  

Je suis plutôt porté à croire que les français-es en ont marre des casserole ou des trompettes. Ils ont envie d'avancer avec une autre musique, plus sereine. Les extrêmes, si elles peuvent faire envie, ne font pas rêver, à moins de revenir à une politique surplombante, celle des grands récits et des trémolos réducteurs. L'histoire de France fait douter du grand soir ou de la fin de l'histoire. Il y aurait un vote utile et un vote inutile qui se cacherait quelque part dans tout cela? Mais où donc, et sur quoi le fonder ?       

Dans les échappées cyclistes, ce n'est pas toujours celui qui se prend le vent de face qui va au bout. Et s'il y en a un qui a su avancer sans renier qui il était ni d'où il venait et quelle était son équipe, c'est bien le petit Benoît, qui s'est mis dans l'échappée et a continué de pédaler, à l'abri du vent, alors que le temps de l'emballement final pointe. Pourrait-il bénéficier de l'effet saturation et lassitude d'entendre toujours parler des mêmes candidats?

Car si Mélenchon, selon les sondages, incarne désormais un "vote utile" (paradoxal pour un insoumis) ; et si donc l'insoumis s'est métamorphosé en service utilitaire (mais de quoi et pour qui?), qui peut affirmer que par un mouvement de balancier, le vote contestataire ne change lui aussi de camp, et qu'il n'emporte dans la bascule, une jeune génération dont on n'est pas sûr qu'elle s'identifie aux rhétoriques lyriques.

   

Et si la surprise venait de Hamon?

Avec sa proposition d'un futur désirable, il reste l'un des candidats qui ne regarde pas vers le repli ou le monde d'hier, qui ne désigne pas de cibles toutes faites non plus, ne s'engage pas dans une dénonciation outrancière, mais avance des idées, des propositions faisant débat (revenu universel d'existence, transition écologique, lutte contre l'évasion fiscale, fin de la loi travail, légalisation du cannabis), avec une volonté de construire une nouvelle possibilité viable de faire société. L'ancien se meurt - pourquoi mettre toute son énergie à l'abattre- mettons notre intelligence pour construire ce qui vient après, maintenant.[2] 

Hamon a fait le choix de la simplicité et de la sincérité. Il incarne une nouvelle génération. Cela peut-il accrocher l'électorat, ou arrive-t-il trop tôt ? Peut-être qu'il faut toujours une plus grande gueule, un maximum de populisme pour faire adhérer... ou que l'étiquetage PS post-hollande sera trop lourd à porter, et que ça ne passera pas. Peut-être, peut-être, mais l'engagement de Hamon ne s'arrête pas à la présidentielle.

Un engagement qui va au-delà de la personnification du pouvoir

La simplicité, l'innovation et l'intelligence collective peuvent l'emporter sur l'individualisme. Il y a de la fidélité aussi à demeurer au sein de ce PS français décrié, pour le réformer, le vivifier, quand tant d'autres s'en barrent (Valls) ou s'en sont barrés (Macron, Mélenchon).

Est-ce que les français-es sortiront du syndrome des grands hommes et des sauveurs patentés pour prendre un autre chemin? Sauront-ils répondre à l'urgence sociale et démocratique, écologique, en refusant les solutions démagogiques ou prémâchées  ?

Au final quelle passionnante campagne, quel exercice de démocratie. Et, quoi que l'on en pense, quelle débauche d'énergies, de propositions, de distinctions, de programmes[3], et un choix à faire désormais.  

Rendez-vous dimanche donc pour le premier verdict, puis le 7 mai, pour voir si tout va se jouer selon la partition des institutions de sondage, ou si une surprise sera de mise...  

 

 

[1]http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/03/...

[2]https://www.benoithamon2017.fr/le-projet/

[3]http://www.europe1.fr/politique/presidentielle-voici-le-programme-des-onze-candidats-3144713

 

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17/04/2017

A quel prix jouer au football ?

Mardi, Dortmund. Trois bombes explosent sur le passage du bus des joueurs allemands. Une quatrième bombe n'ayant pas explosée est retrouvée par la suite. Bilan : un joueur blessé.[1] Le choc de découvrir des joueurs pris pour cibles de cinglés ou de terroristes, et que la dimension sportive, festive, du sport, est totalement renversée pour être utilisée comme une caisse de résonance médiatique. Aucune revendication n'est posée. Pas de messages, ni de pistes sur les auteurs de l'attentat. Le match Dortmund-Monaco est alors reporté au lendemain. Et les joueurs allemands, 24h après avoir failli sauter dans un attentat, sont priés de remonter leurs chaussettes, mettre leurs shorts, et retourner divertir les foules, en s'accommodant de leurs traumatismes.

Jeudi, Lyon. Le match européen entre les français de Lyon et les turcs de Besiktas débute avec 45mn de retard. Les supporters de Lyon ont envahi le terrain pour y trouver refuge suite à des bombardements de projectiles par des supporters adverses.[2] L'avant-match avait déjà été émaillé de bagarres. De nombreux supporters sont venus au match sans billets. N'ayant pu entrer, ils ont commis des violences. Des femmes, des enfants ont été pris à parti. Bilan : 12 interpellations et 7 blessés légers. Le match débute avec des joueurs qui font cercle ensemble pour appeler au calme. Les impératifs de l'argent et du calendrier poussant à maintenir le match malgré une atmosphère de guérilla.

Dimanche, Bastia. Des supporters du club Corse entrent sur le terrain et s'en prennent au joueurs.  L'entame du match est lancée quand même, sur pression des présidents, et malgré les avis des joueurs et des entraîneurs. A la mi-temps, nouveaux incidents, le match est définitivement annulé. [3]A l'issue du match aller, l'entraîneur corse avait menacé : «Après, il va falloir venir chez nous. Il ne faut pas avoir la grippe. Quand il faudra venir à Bastia, il ne faudra pas avoir la grippe, ni la gastro. Parce que cela va se régler comme d'habitude, comme des hommes, comme des Corses et voilà».[4] Comme des hommes, c'est-à-dire : par la violence?

Dimanche, les supporters de Saint-Etienne et de Bordeaux sont interdits  de se rendre respectivement à Marseille et à Nantes. [5],[6]. En cause, les risques de violences et le manque d'effectifs des policiers liés à la période de Pâques, et surtout les passifs entre les supporters de ces clubs faisant redouter des violences. L'état d'urgence a beau dos, la violence est chronique. Jouer au football devient, bien plus qu'un jeu, un exercice de gestion du risque et des foules, pour éviter que les supporters se croisent, même en dehors des stades, même loin des matchs, avec des joueurs qui devront bientôt se déplacer en bus blindés pour que leur sécurité soit assurée. Un vrai casse-tête.

Samedi, en Suisse, le bus du Servette FC s'est fait caillasser sur une air d'autoroute près de Zürich par des supporters du ... FC Sion [7] ! Des joueurs professionnels sont donc pris à parti uniquement en fonction d'une appartenance et d'une couleur de maillot... Le FC Sion a émis un communiqué pour se distancer des violences et les condamner. Salutaire. Communiqué toutefois peu repris dans la presse et sur les réseaux sociaux.

A quel prix faut-il jouer au football ?

N'importe quel abruti peut-il donc mettre un maillot d'une équipe et prétendre en son nom insulter, caillasser, ou bastonner en toute impunité?

Quels sont les rôles de modèles, et les messages que font passer les dirigeants, les joueurs, les présidents ?

Comment épurer le football de la violence gratuite et de la culture viriliste, machiste, homophobe ayant encore de beaux jours à venir si des campagnes plus énergiques ne sont pas menées?

Cela fait des années que ces questions sont sur la table. On devrait aller plus loin, par exemple, en instaurant une taxe sur les transferts pour alimenter des fonds de prévention, et surtout que de nouveaux messages plus positifs soient transmis en marge des matchs par les responsables de ce sport. Quels messages sont donnés aux jeunes au-delà de la gagne à tout prix? Il ne s'agit pas que du football, le hockey est touché aussi. 

A chaque match, des sommes faramineuses sont dépensées par les collectivités pour sécuriser les lieux. Est-ce un bon investissement de mettre le plus gros de l'investissement sur des forces policières pour contenir les fauteurs de troubles alors que les violences ont lieu de plus en plus en marge du match ? Ne faudrait-il pas travailler avec plus de moyens sur la prévention et l'éducation en s'appuyant sur les clubs et les ultras ?

On aimerait entendre davantage le rappel au fair-play et les moyens que les clubs engagent pour lutter contre les violences. S'ils n'ont pas ces moyens, les collectivités publiques doivent les aider. Au final, ce sera toujours moins cher que de mobiliser des cars entiers de policiers les soirs de matchs.

 

25 mai : une finale de coupe de suisse à Genève entre flics et vandales ?

Le 25 mai prochain, la finale de la coupe de Suisse aura lieu à Genève entre le FC Sion et le FC Bâle, équipes dont les supporters respectifs n'ont pour le moins pas la meilleure réputation de Suisse.

Si, pour certains, la question est déjà: de combien de billets disposera-t-on?[8] Pour d'autres, le compte à rebours pour la baston a commencé. Le traditionnel match entre vandales et policiers aura-t-il lieu ?

La vraie question à poser est celle de la prévention et du contact avec les clubs afin que ce match soit une fête, pas une nouvelle occasion d'éructations et de violences par des gens qui n'ont rien à voir avec le sport. A quel prix jouer au football ? Pas à celui de la peur en tous cas.

Et s'il est bien commode de dire, par déni ou pour se dédouaner, que le football n'est que le reflet de la société, il est urgent que cette société prenne acte du reflet sale que le football lui tend, et agisse, pas uniquement par la répression, mais surtout par la prévention et l'éducation, afin d'assainir durablement la situation et passer de nouveaux messages que ceux de la société capitaliste du spectacle et de la domination, créatrice de violences et d'inégalités. 

 

[1] http://www.lemonde.fr/ligue-des-champions/live/2017/04/11...

[2]  http://www.ouest-france.fr/sport/football/ligue-europa/ligue-europa-lyon-besiktas-retour-sur-les-incidents-d-avant-match-4928916

[3]http://sport24.lefigaro.fr/football/ligue-1/actualites/ba...

[4] http://sport24.lefigaro.fr/football/ligue-1/actualites/ba...

[5] http://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cot...

[6] http://www.sudouest.fr/2017/04/10/les-supporters-des-giro...

[7] http://www.tdg.ch/sports/sfc/agression-servette-fc-dernie...

[8] http://www.lenouvelliste.ch/dossiers/fc-sion/articles/fin...

09:19 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : football, sport, violences, matchs, société, spectacle, capitalisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/04/2017

Le Pape en prison : un acte de bisounours?

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Le fait que le Pape se rende en prison pour laver les pieds des détenus ce jeudi est un acte fort.[1]

Les mots du pape sur les détenus le sont aussi: «Je le répète encore une fois, tous ont le droit de se tromper. Nous nous sommes tous trompés d'une manière ou d'une autre». Le pape rappelle au passage le manque de cas qui est fait de la réhabilitation et de la réinsertion dans la société. C'est un acte politique fort.

Il ne marque pas une séparation entre les détenus et les autres, mais place tout un chacun sur le même plan de la responsabilité et de l'erreur, avec la possibilité d'un amendement pour chacun. Surtout, il s'abaisse littéralement au niveau des pieds de personnes condamnées, sans juger, se plaçant même au-dessous des condamnés. Déjà laver les pieds de ceux que l'on aime : combien de fois le faisons-vous? Mais alors de ceux qui ont commis des crimes ou que nous méprisons: qui le ferait?   

Cela fait-il du pape un bisounours? Non. Il ne s'agit pas ici de nier la réalité, ou l'horreur des actes commis, mais d'entamer un chemin de reconnaissance, de non-jugement, et éventuellement de pardon. Et il faut pour cela pas mal de courage.   

 

Loin de moi le fait d'être papiste. L'église catholique, sur la question des moeurs, n'a pas encore travaillé sa théologie pour la mettre en phase avec l'évangile et son message d'amour inconditionnel, ni fait travailler la rigidité de sa structure pour servir les hommes plutôt qu'elle-même; mais  devant l'acte qu'opère le pape de se mettre à genoux devant les enfermés, comme le Christ l'avait fait pour ses apôtres, oui, je suis admiratif. Si tous les jours l'actualité amène son lot de geste dégradants et de crimes, voilà pour le moins un geste beau, qui relève. Et si tous les jours la vision d'une société de plus en plus binaire, verticale, avec les bons et les méchants bien séparés, des structures de plus en plus rigides ou impuissantes semble l'emporter, la traversée des murs faisant sauter ces catégorisations et amène est salutaire. 

Des mauvaises langues diront que c'est là un effet de communication, qu'il ne faut pas être naïf. Peut-être. Mais ce serait trop facile de balayer ainsi ce mouvement d'abaissement et de rapprochement pour en faire un effet de manche. Ce serait oublier aussi que le pape est allé et retourne régulièrement en prison et qu'en faisant cela il interroge directement aussi les enfermements individuels de chacun.

Ce faisant, il perpétue un appel qui est au coeur de l'évangile (Matthieu 25.31-40) appelant à s'abaisser et à se mettre au service des affamés, des sans-papiers, des encagés, des étrangers, ne préjugeant pas qui est où et de quel côté de la barrière il se trouve, mais appelant chacun à se positionner face à cet appel.

Au final, je me fous du pape, mais je retiens l'acte.

Celui d'un homme qui ouvre des portes, franchis des murs et des barbelés, va rencontrer des taulards pour une manucure spirituelle, et imite par là à la perfection un geste posé par un va-nu-pied d'origine juive il y a plus de 2000 ans, qui allait mourir abandonné de tous, après avoir été trahi, moqué et torturé par une armée coloniale, mais en montrant, au-delà de la souffrance, par l'exemple, un chemin de libération et de joie.  

 

 

 

[1] http://www.tdg.ch/monde/pape-laver-pieds-repentis-mafia/s...

 

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02/04/2017

Au-delà du voile

En voyage en Iran, quand je demande aux femmes ce qu’elles pensent du voile dont le port est obligatoire, la réponse oscille entre : on en est très fières, ou : ce n’est pas très important, ce qui compte pour nous c’est l’égalité des droits, de pouvoir nous marier avec qui l’on veut, avoir un bon travail.

Globalement, elles comprennent que ce thème questionne en Europe, et demandent pourquoi. Elles trouvent que c’est un point mineur. Pourquoi certains les perçoivent comme asservies ou soumises parce qu’elles portent un bout de tissu à géométrie variable, plutôt utile pour séduire, suivant sa longueur et sa position sur la tête, dévoilant mèches ou cheveux décolorés, voire une jolie tresse à l’arrière de la tête? L’essentiel serait d’avoir des droits politiques et un gouvernement qui les respecte. L'essentiel n'est pas le voile. 

D’autres ne parlent pas. Elles n’ont pas d’opinion sur ce sujet. Mais ce silence et cette retenue laissent penser aussi qu’elles ne se sentent pas tout à fait libre ou en confiance pour exprimer leur point de vue.

Les plus enhardies pourraient répondre du tac au tac : mais qui êtes-vous pour nous donner des leçons ? Les femmes, en occident, sont-elles si libérées, alors qu'elles dépensent des centaines de dollars pour s’habiller, mettre des vernis sur les ongles, les enlever à l’acétone, ajoutant de la graisse de chat sur les lèvres, s’ébouillantant à la vapeur pour s’ouvrir les pores, s’arracher des poils à la cire pour coller à la mode et être toujours moins payée pour des boulots moins considérés ?

En occident, les femmes seraient émancipées ? Et parce qu’en Iran, les femmes mettent un carré de tissus sur la tête comme elles le veulent, se riant ici et là des gardiennes de la foi et des mégères de l’ordre, elles seraient cataloguées comme soumises ? Dans les rues de Téhéran ou d'Isphahan, le voile se porte sur un large spectre par la championne de Taekwondo tatouée aux cheveux blonds décolorés, passant par l’étudiante en design urbain aux cheveux ondulés, à la surveillante des mœurs dont l'œil unique dépasse de son tchador noué comme un garrot à son cou.    

Le maquillage est ici porté avec allégresse. La chirurgie esthétique bat des records ; nez refaits et chirurgies intimes dans les chambres des docteurs. Il n’y a pas lieu d’idéaliser. Les mécanismes de domination seraient plutôt cumulatifs. Mais il serait intéressant de voir les statistiques si l’on veut vraiment comparer et savoir de quoi l'on parle si l'on cherche à évaluer l'égalité entre hommes et femmes.

En Europe, certaines s’épuisent à courir seules dans des fitness sur des tapis, se serrent à bloc la ceinture à l’approche de l’été. Est-ce par plaisir du sport et pour s’affirmer dans un corps émancipé, ou pour correspondre pile-poil à des critères de beauté, souvent cadenassés par un ordre masculin et mercantile dominant ? Redoubler d’ardeur et de sueur pour être soi-même quand on s’approche en tous points du zénith des canons des magazines de mode, que ce climax esthétique durera tout au plus quelques années avant la décrépitude de l’âge et l’angoisse qui l’accompagne... quelle sinistre forme d’émancipation.

 

Bien sûr, en Iran, comme ailleurs, ce que signifie être une femme, son devenir, est une balance délicate de pouvoirs entre ce que la société exige et ce que chaque femme désire, ce que la société autorise ou condamne. Comme homme, il est toujours délicat de se positionner sur ce sujet. Mais quoi : demeurer silencieux serait préférable ?

Le voile, pour revenir à notre sujet, relève aussi de tout autre chose. Il demeure l’expression d’une foi, d’une singularité, et d’une appartenance. Plutôt que de juger et condamner, il serait positif de croiser les points de vue, d’ouvrir la discussion, et de s’intéresser vraiment à ce que les femmes qui le portent ou le refusent en disent. Ce n’est bien sûr pas du tout la même chose de porter un voile en Europe ou en Iran, ni d’être une femme ou un homme se positionnant sur ce sujet.

Quoi qu’il en soit, il serait bon de sortir des discours dogmatiques binaires opposant domination à affirmation de soi. Le dernier mot, sur ce sujet, revient à celles qui le portent ou ont fait le choix de s’en passer, et de respecter leur choix, dans le degré de liberté qu’elles affirment. Pour le reste, une certaine retenue dans le jugement serait bienvenu.  

Il y a plusieurs manières d’être voilée. Il y a des voiles d’ignorance, de honte, de soumission et d’arrogance. Certains sont visibles, d’autres non. Il y a aussi des voiles qui protègent, émancipent et libèrent, des voiles imposés et des voiles qu’on s’impose.

Pour comprendre, le dialogue et l’échange sont incontournables, afin de saisir, si l’on veut parler de domination, les ressorts qui la sous-tendent, la manière dont elle s’exerce, et les stratégies développées pour y résister, et qui eux sont universels. 

Pour conclure, avant de prétendre libérer l’autre, il est utile d’avoir déjà mis un pied hors de ses propres schèmes de domination. Le féminisme réalise cet effort de compréhension et d’effort sur soi. Les courants qui court-circuitent cette démarche me semblent porteurs d’un fanatisme et d’une présomption égale à ce qu’ils projettent sur un morceau de tissu qui, au final, dévoile bien plus l’identité des intolérant-e-s et ignorant-e-s, qu’il ne dissimule celle de quiconque.

09:32 Publié dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voile, islam, féminisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

01/04/2017

Le 1e avril de Donald Trump

Il faut imaginer Donald Trump au pied de son lit se réveiller après une nuit sereine, à qui un employé zélé annonce entre les nouvelles de menues importances (évolution du conflit en Syrie, niveau de la dette américaine, rapprochements entre la Russie et l’Iran), que ce 32e jour du mois de mars est en fait le 1e du mois d’avril et qu’une petite blagounette du président serait bienvenue à cette occasion – c’est de coutume-, afin de détendre une atmosphère mondiale plutôt crispée.

Il faut imaginer le cerveau de Donald Trump se mettre immédiatement en branle, bouleversant ses plans de la journée, pour chercher quel bon tour il pourrait faire à ses followers sur twitter. Mais quelle blague pourrait faire Donald Trump un 1e avril qu’il n’ait pas déjà faite ? Et quelle plaisanterie semblerait suffisamment loufouque pour être plus drôle que celles qu’il fait sérieusement tous les jours ?

Il réfléchit (si si). Prétendre construire un mur entre les Etats-unis et le Mexique, le faire payer par les mexicains ? -Déjà fait. Affirmer que le climat va bien, qu’il faut rapidement faire de nouveaux forages dans le grand nord ? -Done. Affirmer vouloir déplacer l’ambassade US de Tel-Aviv à Jérusalem… elle est bien bonne celle-là, faut la faire durer quelques mois encore. Alors peut-être affirmer que l’ambassade des US en France sera désormais située à Berlin. Mmmmh… Interdire d’entrées aux Etats-unis les résidents de sept pays musulmans, énorme, mais les ingrats n’ont pas ri, c’est fait aussi, peut-être l'étendre à sept autres pays? Une grosse pitrerie : ne plus parler à la presse et faire des faits alternatifs une vérité absolue. Faire l’Amérique grande again, personne n’y croira, mais on peut essayer. Bref que ce soit le 1e avril toute l’année : plus c’est gros mieux ça marchera.     

 

Vient l’heure du petit-déjeuner, Donald n’a pas avancé. Il jette un œil sur sa mallette nucléaire d’un air malicieux, bon, pas sûr que ça fasse rire tout le monde, mais en choisissant bien le pays, ça pourrait être cocasse. Son employé zélé fronce les sourcils. Pas sûr.

Envoyer Ivanka sur la lune ? Melania à Moscou, fermer Wall-Street ? Construire un mur dans l’Atlantique, pour éviter que des bateaux n’entrent dans les eaux territoriales américaines sans contrôle. Pas drôle. Un petit clopet d'abord, on verra bien pour la suite.   

Après-midi. Donald n’a pas bougé de son lit. La dépression guette. Faire de Cuba le 52e état US ? Pas besoin de se presser, ça viendra, chaque chose en son temps… Soutenir l’indépendance du Tibet, les résolutions de l’ONU condamnant la politique coloniale d’Israël? Mouais... petit sieste, on verra bien ensuite.

Soir. Donald tourne bourrique dans son bureau. En désespoir de cause, rappelle son employé qui lui annonce qu’un bon poisson d’avril doit posséder trois qualités : être crédible, concerner tout le monde, être connecté au quotidien.

 

- Annoncer ma démission ?

- Par exemple

- Sans blague

 

 

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30/03/2017

Au premier abord

Il faut imaginer un couple d’iraniens arrivant en touriste à Genève pour quelques jours. Et des genevois qui leur proposeraient immédiatement, après les salutations d’usage, et de joyeuses propositions de selfies, de venir partager le temps d’un soir un repas chez eux, puis de rester dormir pour la nuit, et si leur cœur leur en dit, de jouer à des jeux de cartes ou de dés à n’en plus finir, avec une petite raclette à partager, tout simplement. Pour leur faire plaisir, ils seraient même allés chercher un peu d’eau de rose ou de cardamone, afin d'agrémenter leur thé, pensant que cela leur rappellerait leur pays : délicate attention.   

Il faut imaginer notre couple d’iraniens se faisant interpeller sans cesse par des Genevois curieux leur demandant : que pensez-vous de nous, de notre gouvernement, quel regard portez-vous sur nous ? Quelles sont les raisons qui vous portent à la défiance, lesquelles au rapprochement ? Pour nous, les peuples c’est une chose, les gouvernements une autre. Et vous : qu’en pensez-vous ? Des enfants viendraient tester leur anglais et aussi leurs rudiments de farsi, des étudiants diraient fièrement : je fais des études d’anthropologie, je rêve d’aller étudier à Shiraz pour mieux connaître vos traditions.    

Il faut imaginer des Genevois curieux, sans jugements, s’intéressant fièrement au regard que porte l’autre sur eux, essayant de mettre en avant ce qu’ils connaissent de la culture de l'autre, par exemple, en vrac : Persépolis, la révolution de 1979, la culture ancestrale des dattes, l'inégalé savoir-faire iranien en matière de tapis. Et… ah oui, cette équipe nationale de football avec ce fameux Ali Daei, quel buteur ! L’équipe nationale se qualifiera sûrement pour la prochaine coupe du monde en Russie, avec la Suisse on espère !

Quelques généralités bien sûr, des clichés aussi, voire des erreurs manifestes. Certains penseront que les perses sont des arabes, pas des chiites mais des sunnites. Ils auront autant de peine à situer Qom ou Kerbala sur une carte qu’ils seraient choqués qu’un perse ne puisse pointer Paris ou Marseille sur une mappemonde, ou confonde Switzerland avec Sweden, quand pour eux le Kurdistan est uniquement une affaire interne turque.  

Ils se souviendront de quelques vieilles images de la guerre Iran-Irak du début des années 80 jusqu’à la fin de celles-ci -plus d’un million de morts- mais auront la retenue de ne pas trop insister dessus, se rappelant vaguement le rôle que l’Europe y a joué, armant Saddam Hussein jusqu’aux dents, pour le lâcher sur son voisin. Ils n’auront pas forcément envie qu’on leur rappelle les têtes des martyres qui jalonnent sur des kilomètres les entrée des villes perses avec les bouilles de bambins et d’adolescents s’étant fait démembrer dans les tranchées d’Abadan.

On préférera évoquer Winkelried et Guillaume Tell, en  rappelant les épopées de Nicolas Bouvier et son usage du monde, les lacis de la route de la soie, ou que la Mésopotamie a été le berceau de l’humanité et la Perse son biberon, que de nombreux Suisses : Anne-Marie Schwarzenbach, Ella Maillart ont traversé ce pays charnière pour aller en Orient, et l’ont loué.   

Il faut imaginer les Genevois s’interrogeant sur les coutumes de leurs hôtes : pourquoi les femmes mettent le voile chez eux, que pensent-il d’un pays de 8 millions d’habitants : est-il plus facile à gouverner qu’un de 80, sachant que la population de la Suisse entière n’atteint pas la moitié de celle de Téhéran… comment survivre au désert, irriguer la terre ? Il faut imaginer ces Genevois habité d’une curiosité discrète, et d’une modestie simple devant la culture de l’autre.

Il faut imaginer notre couple d’iraniens assailli de questions sur les quais du Mont-Blanc, esquissant des réponses politiques, sportives, religieuses, jusqu’à se perdre entre les bains des Pâquis et la gare de Cornavin, jusqu'à ce qu’un inconnu, toute affaire cessante, n'abandonne son programme de l'heure suivante pour les remettre sur le bon chemin, les accompagnant sans rien attendre en retour, au temps nécessaire de l'hospitalité. 

Oui, il faut imaginer les Genevois accueillants, comme des iraniens quand on arrive chez eux.   

 

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29/03/2017

Live music

La foule déambule, achète des glaces, se prend en photo, baguenaude, minaude presque. Dans le parc de cette grande ville, il fait beau. Vacances. On a envie de s’approcher des autres en curieux, en êtres hospitaliers qui se connaissent peu mais partagent une même curiosité. Malgré les difficultés de la langue, on arrive toujours à se faire comprendre. Il y a des écoliers, des étudiants, des docteurs. Avec l'aide des mains on arrive à communiquer.    

La foule est composée de gens qui viennent de partout. C’est un grand brassage. Certains viennent rendre visite à leurs proches - ils se réunissent une fois l’an à cette période- d’autres : touristes que l’on reconnaît à leur air un peu hagard et habillement singulier, ont effectué quelques heures d’avion pour venir ici. Tous vont au grand marché pour négocier quelques boîtes ouvragées, des bijoux ciselés, des herbes aromatiques ou des douceurs au miel pour ramener à leurs proches.

Un groupe s’est réuni derrière la fontaine. On s’en approche par curiosité. De son cœur, une musique s’élève. On se sent obligé de s’approcher, comme à la fête de la musique quand ça joue juste dans un coin. Le cercle est resserré. Des enfants sont assis au premier rang. Trois hommes sont posés dans l'herbe en tailleur, jouent: l’un du tambour qu’il serre sous le bras, les deux autres agitant des sortes d’hosties géantes où pendent des grelots. La main, agitée en variant rythme, tempo, porte la percussion. De ces trois-là, je veux dire qu’ils sont habités.

Trois autres hommes sont debout. Dès que quelqu’un veut filmer ou prendre une photo, ils placent leur corps devant l’appareil pour interrompre le film, s’en excusant presque, mais imposant cette mesure avec fermeté à tous ceux qui essaient de prendre une image. On se croirait dans une secte, une tribu aux rites étranges.

Le cercle grandit autour des musiciens. Dire que c’est beau, ce ne serait pas assez. Cette musique prend aux tripes, raccroche à quelque chose d’archaïque et profond. On revit la scène de la nuit des temps: des hommes frappent sur des peaux de bête, chantent des paroles mystérieuses pour des dieux, l’amour, les récoltes à venir ou la mort.

Ces musiciens, personne ne sait d’où ils sortent, ni à quoi ils jouent, pourtant personne ne s’en étonne. Avec leurs gueules d’hashshashins, de poètes, de musiciens errants ; de loubards ou de saints, ils sont au cœur de quelques chose qui rayonne. Ils font de ce moment unique un moment qui ne sera gravé nulle part, ni conservé sur aucun autre support que la mémoire de ceux qui y étaient et n’auraient bougé pour rien au monde. Le cercle grandit encore.  

Un homme aux cheveux gominés portant lunettes noires prend la parole. On ne comprend pas ce qu’il dit. On ne parle pas sa langue, pourtant on s’y sent lié. Après une longue tirade tressée d’alcool, il ouvre l’étui noir d’un instrument, tend au public cette sacoche pour y recevoir une obole : quelques billets bleus et verts chiffonnés, certains déchirés, re-scotchés, rapidement jetés.

La musique reprend. Le rythme est saccadé, hypnotique, et puissamment calme aussi. Les veilleurs, les vigiles, chantent en coeur. Un enfant danse, le public lui lance de l'argent. Il prend un billet dans sa bouche, en souriant, se déhanche. Rires. Les femmes sont présentes. Elles frappent des mains pendant que d’autres hommes chantent. Certains font les fiers, se prennent par l’épaule. Le centre du cercle fonctionne comme un aimant. Les enfants zigzaguent entre les adultes pour en être.

Un homme, à 50 mètres, ne pourrait deviner ce qui se passe là. Il penserait peut-être qu’un marchand a étalé au sol des lunettes de soleil ou des pendentifs, qu’une foule de chineurs se presse pour négocier des breloques.   

Un des vigiles n'a de cesse de tourner la tête de droite à gauche. Oui, c’est pour empêcher quiconque de filmer, mais son regard porte aussi plus loin, comme s’il cherchait de quelle direction allait venir le danger. Il surveille ses petits, tout proche, mais aussi ce qui peut venir de menaçant en lisère. Il a  le teint pâle, les yeux cernés. Un air de chouette chevêche, et demande tout à coup au public de s’asseoir, d'arrêter de taper dans les mains. Les deux premiers rangs s’exécutent. Les autres suivent mollement. Les musiciens continuent à jouer, comme si de rien n’était. Ni plus fort ni plus vite. Ils laissent simplement passer ce qu’ils ne peuvent retenir.

Pourquoi joueraient-ils dans une cave quand ce parc est si beau et le public attentif ?   

Un mouvement, un mot : police. Les musiciens serrent leurs instruments, filent en zigzaguant entre deux rangées. Un vigile va au-devant des hommes à moustache qui le regardent fixement, marchant droit sur lui, talkie-walkie à la main. Comme si parmi toute la foule, c’est à lui seul qu’ils en voulaient. Le public se disperse dans toutes les directions pour faire à nouveau partie de la foule. Quelques-uns restent autour du vigile pour l’appuyer, ou le dénoncer, qui sait….  

A quelques mètres, les marchands continuent de proposer leurs boîtes ouvragées, des bijoux ciselées, des herbes aromatiques et des douceurs au miel pour ceux qui en ramèneront à leurs proches.

Des touristes sourient presque bêtement, léchant des glaces à la vanille ou au safran en commentant le prix qu’ils ont payé, inquiets de savoir s’ils se sont fait arnaquer d'un ou deux francs...

 

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12/03/2017

Pourquoi je l'aime

poésie,écriture,silenceJe l'aime, parce qu'elle ne cherche pas à parler la première, ni ne s'oblige à terminer une conversation.

Elle n'a pas besoin de clôture ou de panneaux d'orientation.

Je l'aime, car elle ne se sert pas de la parole comme d'un burin ou d'un marteau, mais comme si elle en était travaillée. Elle est l'outil de la parole, sa propre finalité. Elle ne communique pas, elle délivre. Elle ne convainc pas, elle offre.

Je l'aime, parce qu'elle se laisse travailler par celui qui s'en approche, s'affine à son contact, agrandit celui qui la cherche. Pour sa confiance, sa quête d'authenticité. Parce qu'elle sait se laisser trouver, je l'aime.

Je l'aime, parce qu'elle me donne le sentiment d'être toujours au commencement du commencement, au tout début, et que la source est toujours de biais. 

Je l'aime, parce qu'elle ne cherche ni à dominer ou contrôler, à rameuter ou refuser. Parce qu'elle n'a rien de chiche, de comptable, de rétréci ou rabougri; rien de la meute ou du clan, du badge, du code-barre, ou code d'entrée.

Je l'aime, parce qu'elle n'a ni nation, ni drapeau, ni troupes à son service, mais sert les plus détraqués et démunis: les lunatiques, les sensibles, les rêveurs, les épuisés: nous tous. Parce qu'elle est toujours un don, une gratuité, une présence et une option.  

Je l'aime, parce que la parole ne lui appartient pas. Elle l'accueille seulement, la relaie. Quand elle en est parcourue, tout le monde le ressent, c'est un frisson. La parole la traverse simplement. Elle va son chemin. Elle n'accapare rien.

Elle ouvre sa maison comme si elle s'étonnait qu'on puisse s'arrêter chez elle, y trouver un intérêt quelconque. Elle illumine tout, le plus simple le plus quotidien. Elle a sûrement préparé la table, pris soin de son intérieur, décoré joliment les choses, déposé quelques fleurs sur le rebord de la fenêtre, mais la parole aurait aussi pu ne jamais venir. Parfois elle se moque des maisons trop bien rangées.

Je l'aime, parce qu'elle peut attendre sans impatience et donner sans recevoir. Elle est un souffle, un nid pour l'innomé. Parfois rien ne vient. Ce n'est pas cela qui importe. Elle permet de retrouver ce qui est perdu.  

Je l'aime, parce qu'elle reconnaît les larmes, les rires, les silences, les prières et les insomnies comme le pouls du monde. 

Je l'aime, parce qu'elle sait accueillir et dire au-revoir à la parole sans s'y attacher, comme si elle la connaissait depuis longtemps et ne s'étonnait plus qu'elle vienne ainsi, à petits pas, à bas bruit, comme un oiseau, un animal de la forêt, bouleverse tout parfois. Je l'aime parce qu'elle connaît la profondeur de la perte. Je l'aime parce qu'elle peut tout reprendre, chambouler.

Elle découvre ce qui la visite, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, avec l'innocence de l'enfant. Elle sait que les horloges des humains n'ont pas le dernier mot sur le temps. Je l'aime, parce qu'elle ne retient rien, ne contrôle pas, ne planifie jamais.

Je l'aime, parce qu'elle connaît la liberté, le vertige et le désir, et qu'elle refuse l'imposition. Elle sait de quoi est faite la peur. 

Je l'aime, parce qu'elle sait dire l'amour, le silence et la mort, qui sont toute la vie.

Je l'aime parce qu'elle sait se passer des mots aussi, se faire note, oscillation, arbre, couleur, ou simple son.

Je l'aime, enfin, parce que je crois qu'elle nous survit, nous dépasse et nous agrandit; parce qu'elle est l'absence la plus présente qui soit. 

La poésie.

 

http://printempspoesie.ch/wordpress

 

Photo : Eric Roset www.eric-roset.ch

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06/03/2017

Répondre présent

MANIF_PERSONNEL_VILLE_GENEVE__05.JPG.jpgCertains pensaient que le temps des idéologies était fini, que l'on pouvait se passer du politique, que la vérité ne comptait plus, qu'une histoire en valait une autre, que le relativisme allait tout emporter. A quoi bon nourrir du sens, puisque le marketing peut tout redorer? Pourquoi assurer la qualité, puisque la qualité coûte cher, passe même pour un luxe?

 

La société entière s'est vue soumise au rabot néo-libéral : économiser sur le sens, couper sur les marges, faire mieux avec moins, faire au mieux avec rien, traiter les gens comme des consommateurs, et les robots mieux que des gens. Taxer les robots? Oui, pourquoi pas, mais si on s'occupait avant tout de prendre soin des humains? Nulle fatalité ne préside aux rapports de domination.

 

Le retour de la quête de vérité

Le story-telling, la mise en scène de soi, les selfies à gogo, seraient une ressource pour créer du sens? C'est un échec. On voit monter un nihilisme écoeuré ou un repli dans les tanières et l'on croit de moins en moins aux histoires qu'on nous raconte. Des citoyens accrochés à des réseaux sociaux comme des hamster à leur roue, attendant miraculeusement que rentre un père ou une mère nourricière, ça ne formera pas société. 

Certains pensent pouvoir vendre des projets de société comme des boîtes de sardines? Ce sera un échec. Il y a quelque chose dans l'humain qui résiste et désire autre chose que d'être traité de la sorte.

 

La violence quotidienne

C'est à l'école, à l'hôpital, dans l'économie, les transports, que le dogme libéral s'applique, tout le temps, avec la violence d'une loi implacable. Et cela fait des décennies que nos cerveaux, nos corps, nos imaginaires sont soumis à ce régime. Et cela, jusqu'au jour où ça craquera. Alors, le train aura une heure de retard et plus personne pour informer. Il n'y aura plus de journaux à lire, à peine des magazines publicitaire à feuilleter. Votre enfant attendra 3 heures aux urgences, sans personne pour en prendre soin ; et vous hésiterez à y aller, de peur que le patron ne vous vire, à moins que la perte de votre téléphone ne vous donne des envies de suicide...

La lutte des egos est une impasse. L'individualisme poussé à l'extrême, son sentiment de toute-puissance attaché, est une sinistre vulnérabilité... avec des paillettes et des filtres à couleur, certes, mais bon, pour quelle finalité? 

Dans un système où l'angoisse du perdant-perdant domine, où chacun craint que l'autre ne soit un loup pour soi, avec la hantise de devenir dévoreur ou dévoré, la seule garantie de ne pas contribuer à faire advenir un siècle cannibale est le renforcement d'un cadre suffisamment bon.

Pas celui vanté par les pseudos sauveurs : les Trump, Le Pen, Blocher, dopés à la nécessité des sempiternelles boucs émissaires. La présent nous échappe, quand ceux-ci font miroiter un passé perdu, le retour d'un Eldorado disparu (make america great again), se nourrissant des crises qu'ils contribuent à créer, désignant toujours d'autre comme responsable. Or, s'il suffisait de balancer des mousses et des marins par-dessus bord pour prétendre savoir piloter un navire, ça se saurait. 

 

Ce qui se dessine à bas bruit

Le cadre collectif avec les mêmes règles pour toutes et tous, avec des limites claires et de lois justes doit être renforcé; avec des personnes responsables et garantes du collectif, mais qui n'en sont pas au-dessus. Il y a aujourd'hui des mouvements de plus en plus profonds qui cherchent à construire un autre rapport au sens et à la vérité. Au temps des crises, du basculement et de l'instable, la peur et le désespoir nous guettent, nous testent. C'est là aussi où l'espérance devient plus forte et nous trouve, pour répondre présent.

Il nous revient de nous positionner. De ne pas céder sur la quête de sens, de vérité. Ne pas être dans la résignation, mais dans l'émulation, l'irréductible relance. Ne pas croire que c'est d'un tel ou d'une telle que viendra la différence. Il n'y a pas de sauveur unique, mais des caps harnachant des pilotes à leurs équipages et des équipages à leurs bateaux.

Une sortie des egos

Continuer de travailler, de parler, d'écrire, de créer des liens les uns avec les autres, quartier par quartier, familles par familles. C'est préférable à rentrer dans sa coquille. C'est contrer la logique des tanières ou de marquer son monde avec des selfies.

Enfin, c'est surtout une découverte enthousiaste : seul nous ne pouvons rien, unis nous sommes tout. Si la guerre des egos est une impasse collective, l'entraide nous laisse percevoir d'autres possibles. Ces possibles sont innombrables. Ils nous réclament, sans faire grand bruit, mais tous les jours.

A nous de répondre présent.   

 

 

Illustration photo Eric Roset  www.eric-roset.ch

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20/02/2017

Toxicité des rapports de domination

634007338.jpgLe 2 février, le jeune Théo, 22 ans, passionné de foot, animateur pour les jeunes, était violé à Aulnay-sous-bois. Un policier introduisait sa matraque dans son anus lors d'une interpellation. 

Des vidéos de surveillance corroborent les propos de Théo. Le policier se défend en prétextant un geste "accidentel", voulant simplement faire fléchir le jeune homme pour le mettre à terre. Le rapport médical est explicite. Il parle d'une plaie longitudinale sur près de 10cm de profondeur du canal anal et du bas rectum qui justifie deux mois d'arrêt complet de travail. Le 16 février, un reportage d'envoyé spécial retrace l'ensemble des faits, et donne la parole à Théo.[1]  

Aujourd'hui, quatre policiers sont mis en examen. L'un pour viol, les trois autres pour violences.

Justice pour Théo

Le viol est encore marqué par la honte sociale et un silence oppressant. On n'a pas vu de hashtag #jesuistheo. Il y a des violences qui cherchent à humilier et rabaisser l'être jusqu'à l'isoler. Cela illustre aussi combien il est difficile de s'identifier, dans sa chaire, au viol... et c'est justement le rôle du tabou : figer les chaînes des reconnaissances et des empathies.  

Mais un cri de ralliement a été lancé : justice pour Théo, repris jusque dans des travées de stades de football allemand. L'indignation grandit, l'écoeurement devant le viol et les violences policières. Au moment où Théo est toujours hospitalisé, dans l'incapacité de se lever, se déplacer, avec une poche pour faire ses besoins, la première justice à rendre ne serait-elle pas déjà de nommer ce qui s'est passé avec des mots clairs? Or, ce qui frappe c'est la difficulté à entendre le mot explicite de viol (qu'il soit présumé ou non) de la bouche des politiques, des journalistes.

 

Les euphémismes hallucinants

On peut entendre, lire, du boulanger au ministre en passant par les journalistes, les mots suivants : acte de barbarie, brutale interpellation, l'accident, l'événement, l'humiliation, la bavure, l'acte dément, le dérapage... En fait, mille et un mots pour dire ce qu'il s'est passé, mais sans le dire vraiment, pour évoquer quelque chose de "dégueulasse", tout en euphémisant et donc trahissant ce qui s'est déroulé.

Un viol avec une matraque sur un jeune homme de 22 ans.

Est-ce parce que l'acte est si violent qu'il doit être passé sous silence ? Ou parce que le tabou d'une violence sexuelle sur un homme est tenace et ne peut être dépassé ? 

En Suisse, on ne peut pas violer un homme

En Suisse, pour rappel, le viol d'un homme n'existe pas dans le code pénal, puisque l'article 190 considère uniquement comme viol la contrainte sur une personne de sexe féminin à subir l'acte sexuel. Un homme ne peut lui être soumis qu'à des contraintes sexuelles et la peine en est subséquemment plus faible. En cas de viol la sanction est obligatoirement une peine privative de liberté d'un an au minimum, de dix ans au maximum. En cas de contrainte sexuelle, la sanction est une peine privative de liberté de dix ans au maximum... ou une peine pécuniaire.[2]

Théo n'est pas un cas isolé ou un accident. Il est le révélateur brutal de violences, de tabous, et de silences complices. Le décalage entre la manière dont il nomme ce qu'il a subi, et la manière dont le pouvoir policier, politique ou médiatique le décrit nous interpelle sur les rapports de domination à l'oeuvre et les tabous qui persistent.

Toxicité des rapports de domination

Il nous appartient de nous opposer à toutes les violences, tacitement ou implicitement institutionnelles, qui se portent encore majoritairement sur les femmes, mais également sur des hommes, en dénonçant les cocktails toxiques composés de sexisme, de racisme, d'homophobie, et traquer, au quotidien, tabous, silences et ambivalences, qui les perpétuent.

La toxicité des rapports de domination est d'autant plus forte qu'elle se prétend inodore et incolore.

Et personne ne peut prétendre en être immunisé, tant que les viols et violences ne sont pas nommés comme tel... et politiquement, socialement, condamnés.  

 

[1] http://television.telerama.fr/television/regardez-l-enquete-d-envoye-special-sur-les-abattoirs,154261.php

[2] https://francoischarlet.ch/2014/le-viol-dun-homme-nexiste-pas-en-droit-suisse/

11:55 Publié dans Air du temps, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : violences, discriminations, viol, théo | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/02/2017

Le MEG : Disneyland de l’ethnographie ?

meg,musée,culture,genève,expositions,socialQue fait-on le premier dimanche du mois ? On va au musée bien entendu ! La gratuité qu’offre la Ville ce jour-là permet de découvrir les expositions temporaires, mais aussi permanentes, qui enrichissent le patrimoine culturel de la ville. Ce dimanche, on se rend au musée d’ethnographie.

Plus de communication, moins de contenu ?

Tenté par l’article du Temps qui annonçait une exposition pour dépassionner le fait religieux, on pensait que le MEG allait empoigner un sujet politique.[1] Or, d’expo, il n’y en a pas. Il s’agit simplement d’un parcours interactif au sein de la collection permanente proposé par la Plateforme interreligieuse de Genève[2].

Joli coup de pub donc, mais rien de nouveau sur le fond. Passée la déception, on slalome dans les collections en s’aidant du dossier : « objets du sacré, au cœur des pratiques religieuses », publié aux éditions Agora par la plateforme interreligieuse. On se demande alors pourquoi il faudrait dépassionner le religieux, quand le thème de la laïcité anime fortement la République. Qu’est-ce qui fait si peur dans la religion ? Le fait religieux est-il tabou, à prendre avec des pincettes ? Il serait intéressant d’y réfléchir. Mais l’appât du parcours interactif ne le fait pas. Dommage.

Le MEG : Disneyland de l’ethnographie ?

Les vitrines sont décidément bien froides pour rendre vivant quelque débat que ce soit. Certes, on a renouvelé l’étiquette sur les collections, et le MEG sait très bien communiquer, mais dans le fonds pas grand chose à se mettre sur la dent, hormis un esthétisme hipster évoquant une ethnologie postcoloniale.

La dimension apolitique de l’exposition permanente, bien loin de dépassionner les débats, les évacue. On feuillette Totem, le magazine du Musée ethnographique. Les prochaines activités portent sur le 14  février, la drague, des poncifs sur le tour du monde, ou l’initiation à la batucada, la chasse aux oeufs. Le MEG est-il devenu le Disneyland de l’ethnographie ? Certes non, le FIFDH (festival international des droits humains) apportera une projection-discussion le 18 mars autour du film « The opposition », sur la construction d’un complexe hôtelier en Papouasie-Nouvelle-Guinée- sur des terres autochtones. Il semble qu'il y ait ici et là des occupations de salles possible...

Une exposition temporaire ? Revenez dans 3 mois !

Pas d’exposition temporaire en ce dimanche pluvieux. L’exposition Amazonie, le chamane et la pensée de la forêt s’est achevée au MEG le 8 janvier. Elle mettait en avant une sélection d’objets provenant de l’aire caraïbo-guyano-amazonienne avec force artefacts et céramiques. L’exposition suivante, l’effet boomerang, les arts aborigènes d’Australie débutera… mi-mai. Des thématiques toujours rassembleuses, dont on finit par craindre de ne pas trouver d’ancrage avec le quotidien ou les dimensions sociales actuelles des personnes qui vivent dans ces territoires. L’ethnologie façon MEG, une euphémisation des enjeux sociaux ?

Le nombre de visiteurs augmentent ? Mais au-delà des nombres, quel sens ?

On se rend alors à l’exposition permanente : « les archives de la diversité humaine », titre grandiloquent en regard de ce qui est montré. Quelques travaux de maintenance rendent des espaces inaccessibles jusqu’à mi-février. Au final, l’espace d’exposition est réduit comme peau de chagrin. Dans ce nouveau bâtiment, on se retrouve devant les vitrines du MEG classant par aire culturelle les objets comme dans les souterrains du château de Moulinsart. Le joyeux tohu-bohu dans les couloirs du MEG fait certes oublier un instant les interrogations chagrines. Les familles sont nombreuses, les enfants joyeux. Mais est-ce vraiment l’un des succès du musée, que d’en faire l’équivalent d’une maison de quartier ?

Un panneau l’annonce à l’entrée : les habitant-e-s- (sic) du Centre d’Anière nous font le plaisir de venir partager leurs traditions. Danse et musique de Guinée, danse et musique d’Afghanistan, Danse et musique du Sri Lanka, Danse et musique d’Erythrée animent tout au long de la journée les espaces en continu. La salle est pleine et les enfants s’amusent à faire des rondes, avec un DJ qui fait danser son monde. Mais rien ne sera dit de plus sur la situation de ces personnes, ni de leurs quotidien dans les foyers de l’Hospice Général...on aurait pu souhaiter une dimension relationnelle plus marquée.

Pour un Musée d’ethnographie empoignant les enjeux du monde

Arrivé au bout de la visite, on a l'impression d’un rapport superficiel, apolitique, du rapport à l’autre. Et on ne peut s’empêcher, en méditant sur les artefacts kanaks, malgaches ou maoris, d’être surpris du manque d’informations sur leurs combats, la dimension sociale de leur quotidien. Placé devant ces artefacts ramenés d’autres siècles, on ignore tout de ces peuples actuels, de ce qu’est leur diversité. Pourquoi ?

Certainement il faut des danses et de jolis objets pour égayer un dimanche pluvieux, intéresser les enfants. Mais si ces animations devenaient la raison d’être du musée, il nous semblerait manquer cruellement d’ambition et de vision, et donc trahir sa raison d’être. A trop aseptiser et esthétiser le discours sur l’autre, que reste-t-il au final de la diversité, de l’altérité et de ses difficultés ?

Alors, à quand des expositions au MEG sur le monde ouvrier, le capitalisme, le pouvoir, la lutte féministe, le terrorisme ou les migrations, par exemple ? A quand des expositions qui nous chamboulent et nous rendent à nos responsabilités de citoyen-ne-s, d’êtres politiques, et nous interpellent sur les rapports de domination du quotidien ? On aimerait du sens, de l’engagement, on en a besoin, vite. Et tant mieux s'il y a des jeux pour petits et grands pour faire vivre tout cela !  

 

 

Une version de ce texte est parue dans la journal Gauche Hebdo du samedi 18 février

[1] https://www.letemps.ch/suisse/2017/01/12/une-expo-depassionner-religieux

[2] http://www.interreligieux.ch

 

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24/01/2017

Le Temps met la cagoule

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 Avant, les journalistes protégeaient leur sources, maintenant ils protègent leurs fesses.

C'est à prime abord ce que l'on peut penser en découvrant la dernière rubrique du Temps signée Emilie Sombes, pseudonyme pour une chroniqueuse masquée, le 24 janvier.

Voilà que Le Temps, hier quotidien Suisse de référence, est devenu gazette des rumeurs en inaugurant une "chronique masquée genevoise" qui lui permet de répandre ragots et rumeurs sur la vie politique,[1]  sans avoir de compte à rendre à personne, puisque le journaliste devient un fantôme. Mais est-ce seulement un journaliste? Peut-être cet anonyme est-il même un politique, un excité ayant des comptes à régler. Payé pour rédiger cela ? Mystère. Est-ce une manière différente de faire du journalisme? Bienvenue alors dans la nouvelle ère du journalisme spectral.

 

Une drôle d'éthique journalistique

Le procédé met mal à l'aise. Le climat est lourd de suspicions. On observe d'un air critique le Temps avancer masqué. Difficile de comprendre ce qui conduirait des journalistes à publier dissimulés des articles sur la politique locale. Des pressions, des menaces s'exerceraient sur les journalistes? On se souvient que par "magie" un article d'Olivier Francey sur Pierre Maudet avait rapidement disparu des écrans, sans jamais arriver dans l'édition papier.[2] Mais pourquoi alors ne pas informer sur ces dérives? Parler pouvoir, argent, défendre l'indépendance de la presse. Ou alors, le nouveau journalisme spectral est uniquement un outil publicitaire, une recherche du buzz par des articles osant tout car ne rendant plus compte à personne? Drôle de conception du débat démocratique et du travail d'information. Et jeu risqué surtout. Car ce qui donne sa qualité à la presse, c'est la transparence, les codes de déontologie qu'elle se donne. S'anonymiser, c'est pour elle se ramener au niveau des forums de trolls sur facebook.

 

Les cagoules dans les salles de rédaction

Il y a une dimension politique aussi. Car après tout, n'importe quelle personne ouvrant un blog dans un journal est tenu de rendre compte de son identité. Le courrier de lecteur de la moindre gazette exige des citoyen-ne-s qui y écrivent de s'identifier. Le site d'information alternative et anticapitaliste Renversé s'est vu priver d'hébergement internet en Suisse, car il refusait d'identifier les personnes qui animaient le site.  

Il est bien interdit de se cagouler lors de manifestations, pourquoi le valoriser dans les salles de rédaction ? En fin de journée le Temps frappait encore avec un autre article, sur le PLR cette fois.[4] On devrait attendre désormais un communiqué de presse du Temps pour être sûr qu'il revendique l'article?

 

Fragilisation du rôle des journalistes

Deux jours après l'annonce de la fermeture de l'Hebdo, la profession n'avait pas besoin de ce nouveau coup tordu. Elle pâtit de la décision du Temps de la faire écrire sous pseudo. Son travail en devient plus difficile. Comment être dans la confiance avec un journaliste, dialoguer avec lui sans savoir si ce que l'on partage en off sera balancé ensuite dans un article anonyme? Comment, pour un journaliste, se faire une opinion, aller chercher de l'info, si sa profession devient synonyme de ragots et délations. La qualité d'information en souffrira. Au final, on risque d'avoir un journalisme fait par des mouchards ou des lâches. 

Il y a des pays où des journalistes risquent leur vie en écrivant. Il en est un autre désormais, le nôtre, où certains journalistes risquent la perte de leur identité professionnelle en écrivant des textes anonymes qui ne les exposent à rien d'autre qu'à la suspicion et à l'oubli. 

Le rédacteur en chef du Temps, Stéphane Benoit-Godet devrait rapidement tomber la cagoule, et s'expliquer sur le choix de ses étranges procédés au risque de décrédibiliser toute une profession. 

 

[1]https://www.letemps.ch/opinions/2017/01/24/primaire-ps-genevois-pari-risque-caroleanne-kast

[2]http://commecacestdit.blog.tdg.ch/archive/2016/03/12/pier...

[3]http://www.lecourrier.ch/141155/le_site_renverse_renait_e...

[4]https://www.letemps.ch/opinions/2017/01/23/logiciel-obsol...

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www.sylvainthevoz.ch

23:37 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook |  Imprimer | | |