sylvain thévoz

02/12/2012

Du mariage du sexe de l'homme de la femme de la famille et de l'onanisme politique.

Le mariage, d'essence divine ou sacralisant l'union exclusive d'un homme et d'une femme est mort. Il ne suffit plus, ne tient plus, n'est plus la digue qui assurait la durabilité et la reproduction contre vents et marées. Il n'est plus adapté aux amours, aux désirs, aux élans, aux besoins et aux formes actuelles de faire lien. Car on fait des gamins par éprouvette, par touchette, par pipette, et que l'on soit hétéro homo ou bi, ne change rien à l'affaire. Pour un projet d'enfant, la mère seule suffit. On lance un spermatozoïde sur un ovule par désir et de plus en plus par des rampes de lancement qui sont prothétiques. Ce geste désirant n'a pas besoin d'être porté par un phallus. Seulement, le droit retarde. Tous et toutes ne sont pas encore égaux pour le faire et s'en voir reconnaître la possibilité. Au nom de quoi? 


Ceux qui nient le droit au mariage pour les homosexuel-le-s, au nom d'un naturel hétérosexuel, sont à la pointe du débat d'arrière-garde. Car que l'on soit hétéro homo ou bi ne change rien aux liens et aux besoins d'une juste équité dans la reconnaissance de leur durabilité. Le fait est que l'on ne se marie plus pour la vie, mais pour faire du divorce une relation à long terme. Le mariage est désormais une garantie supplémentaire de faire lien dans la séparation. Il faut bien se marier pour réussir son divorce. Pas de jugement moral là, au contraire, ça bouge! Mais un constat de la nouvelle plasticité des liens et de leurs multiples possibles. Et pourtant, si le mariage a été désacralisé au XVIIIe, il sent encore l'encens.


L'institution mariage n'est plus up to date, elle est désuète, à rénover ou dynamiter. Après cinq ans de mariage, 50% de divorce. Les paires durables ou les mères mariées sont de fait devenus exception, source d'admiration ou d'idéalisation, pour ne pas dire de mythe. Nous sommes corps et âmes dans le temps des polygamies effectives, des choix affectifs à double-clic, plutôt que dans celui des signatures à la vie à la mort sur les parchemins. Le défi est doncde rénover ce qui peut l'être et de remplacer ce qui est mort. Ce qui se traduit concrètement par : mariage pour toutes et tous, ou alors, abrogation du mariage, source d'inégalité sociale.

 

Le mariage, la famille, l'hétérosexualité sont des constructions politiques. Aucun naturalisme là-dedans. Le mariage n'était d'abord que religieux, avec interdiction du divorce. John Milton (doctrine et discipline du divorce, 1644), a institué le droit de divorcer, acte fondateur de la conjugalité moderne. Et c'est grâce à la révolution française que le droit de se marier à la mairie a été inscrit. Le mariage c'est de la pâte à modeler. Il est politique, plastique et doit continuer d'évoluer, que ce soit sur les question de genre mais aussi du nombre de personnes qu'il lie. Si le mariage a encore un avenir, ce sera en incluant la diversité. Il sera de fait polygame, polyandre, comme l'est la société qu'il sert, assemblera 2, 3, 5 personnes ensemble, ou deviendra, de fait, une pièce de musée, vénérée par certains certes, mais à côté des mouvements sociaux de compositions décompositions et recompositions des liens. La famille ne tient plus seulement du couple mais de la meute, des parentalités partagées, des co-parentalités, des homo-parentalités et des mono-parentalités. Le mariage doit être actualisée et en rendre compte, la plupart des pays d'Europe l'ont compris, par encore la Suisse. Onanisme politique? 


13:20 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage, homme, femme, sexe, famille, politique, suisse, droits, lgbtiq | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/11/2012

Notre état anti-rom

643911_10151279628801826_706181630_n.jpgLa dernière recommandation du Conseil de l'Europe aux Etats membres votée le 12 septembre porte sur la médiation comme moyen efficace de promouvoir le respect des droits de l'homme et l'intégration sociale des roms. Que dit-elle? Tout d'abord, elle reconnaît que les roms, depuis plus de cinq siècles, font face à travers l'Europe à une discrimination, un rejet et une marginalisation généralisée qui touchent tous les domaines de leurs vies, et que le recours à la médiation peut être utile pour améliorer leur intégration, leur accès aux services publics. 

Le Conseil de l'Europe recommande donc à ses membres, (dont la Suisse est le 17e), d'élaborer et mettre en oeuvre des politiques efficaces en faveur de l'intégration des roms ; de mettre en place un dispositif de médiation efficace et de qualité avec les communautés roms, et concevoir des évaluations participatives permettant aux membres de cette communauté d'exprimer leurs besoins et de participer activement à l'élaboration de solutions les mieux adaptées. Conséquent, le conseil de l'Europe a mis sur pied un système de formation pour des médiateurs roms. Toute personne qui en fait la demande peut être formée gratuitement à la médiation dans plus de 15 pays participants. Pourtant, la Suisse refuse, jusqu'à aujourd'hui, d'en faire partie. Pourquoi? http://www.coe-romed.org/

Du coup, je me pose quatre questions :

Pourquoi Isabelle Rochat, alors qu'elle était à la tête du département de la police a interdit tout programme sur les roms et prohibé au Bureau d'intégration des étrangers (BIE) de développer tout programme en lien avec cette population ?

Que va faire Pierre Maudet désormais chef du département de la sécurité pour améliorer l'intégration des roms? Quel sera son nouveau mot d'ordre pour le Bureau d'Intégration des Etrangers? Enfin, quel a été l'efficacité des mesures de nettoyage des campements des bords de l'Arve et de l'interdiction de mendier en Ville pour résoudre d'une manière pérenne les problèmes d'adaptation de cette population européenne?

Pourquoi la ville de Genève impose-t-elle des quotas aux roms pour l'accès à l'abri de la protection civile ainsi qu'aux lieux de distribution de repas chauds et gratuits? Au risque de quoi laisse-t-elle dormir des femmes enceintes et des enfants sur son territoire alors qu'il gèle la nuit et que le seul abri de la protection civile ne sera ouvert que le 15 novembre prochain?

Enfin, et, plus fondamentalement, pourquoi la Suisse qui paie son écôt comme membre du Conseil de l'Europe, n'en reçoit pas les bénéfices en ne faisant pas partie de ce programme de médiation concernant les roms, à tel point que les personnes qui souhaitent se former à la médiation (payée par le Conseil de l'Europe) doivent aller se faire former en France? La Suisse cotise donc pour faire partie d'un club dont elle refuse les avantages....

Avec des réponses claires de la part des pouvoirs fédéraux, cantonaux, municipaux, à ces questions nous aurons, il me semble, quelques pistes nouvelles afin d'améliorer la situation des roms en Suisse en général et à Genève en particulier. En tous les cas, nous aurons fait un pas pour sortir du tabou de notre état anti-rom, dont l'une des conséquences directe est qu'une femme enceinte de 6 mois "dort" sous les ponts le long de l'Arve avec d'autres personnes dans l'indifférence générale malgré les interpellations d'une conseillère municipale et de l'association Mesemrom. Probablement qu'à 4h du matin, la police viendra les faire dégager, comme cela fût le cas il y a trois jours, ce genre d'intervention étant pour l'instant la seule réponse qu'articule Genève face à la question de la présence et de l'intégration des roms sur son territoire.

17:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : suisse, état, rom, genève, maudet, rochat, conseil de l'europe, discrimination | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/07/2012

Pour un premier août métisse

Et si la fête nationale du 1e août devenait véritablement le signe de ralliement d'une Suisse plus respectueuse de ses diversités et ouverte sur l'avenir? Si elle incarnait la fête de l'élan pour le temps à venir, celui du nécessaire, incontournable métissage de la société helvétique en une société dont le, la migrant-e- est et sera toujours plus une pièce maîtresse ? Si les feux sur les montagnes étaient enfin un signal d'accueil de l'étranger-e, un appel à la diversité plutôt qu'un repli vers un essentialisme passéiste? Et si la communauté nationale s'entendait comme une base universalisable et négociable autour d'un devenir commun plutôt qu'une adhésion prescrite à un passé momifié?

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17:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête nationale, immigrations, étrangers, suisse, politique, intégration | |  Facebook |  Imprimer | | |