sylvain thévoz

22/03/2014

Le printemps c'est maintenant

bonhommeHiver1.pngOn a brûlé des bonhommes hiver un peu partout hier et depuis il fait un petit peu plus... froid. Etrange, et pourtant voilà, c'est le printemps. Les milans noirs ont fait leur retour en ville. Ils reviennent d'Afrique subsaharienne, avec un peu de sable dans les plumes. On les annonçait pour fin-avril, ils ont atterri mi-mars. Ils sont en retard? Mais que sait-on du temps des bêtes? On les a vu mercredi pour la première fois sur les hauteurs de Saint-Jean. Ils repartiront fin août, peut-être...

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06/03/2014

Politique: jeu d'enfant

Le 9 février tu as vite léché toute ta glace préférée pour que personne d'autre que toi ne puisse en profiter. Tu as fait ça dis? Oui, bon, c'était mi pour rire mi sérieux, mais maintenant tu te demandes si tu n'as pas fait une bêtise. Oups. Tu as quand même envie de goûter à d'autres parfums. Le parfum Erasmus, Blue Brain, Bilatérales douces. Mais pas touche, c'est désormais con-gelé. Tu comprends quand les autres disent: si tu veux pas partager ta glace, pourquoi on partagerait la nôtre? Tu comprends, mais c'était plus fort que toi, il fallait l'affirmer: cette glace est à moi, ce cornet m'appartient, ce sucre je le veux, je ne le partage pas. Seules les saveurs d'antan m'intéressent: les vieilles recette sinon rien. Alors les glaces c'est fini? - Bon, tu n'as pas un Sugus?- Si, mais made in Illinois maintenant. Bah, il nous reste le chocolat: Toblerone de Kraft Food. Les américains sont peut-être des étrangers, ils restent des valeurs sûres, surtout chez nous.


49.7% et moi et moi...

Le 10 février, tu as compris: il y en a qui veulent paraître très très sérieux. Tellement sérieux qu'ils en deviennent durs et stupides, c'est-à-dire: égoïstes. Ils montrent leurs petites dents, ça sent le vieux renard dedans. Ils ont fait de grandes affiches comme ça, avec des bottes noires à la place des glaces, ça faisait très très peur comme si on allait tout nous voler et être submergés. Plutôt que d'autres langues s'approchent, mieux vaut que la glace ne profite à personne. La glace par terre: au moins personne ne l'aura. Ils réfléchissent comme ça. Moins de glace, moins de langues. Le "travailler plus pour gagner plus" n'a plus la cote, c'est désormais: " Posséder moins pour partager moins" Miam Miam.Tu peux toujours traîner ta langue par terre si tu veux, ou sucer des cailloux, ça c'est déjà vu par le passé (cf. Victor Klemperer, LTI: la langue du III Reich) Tu peux aussi adopter la langue de bois ou celle du ressentiment, du pourrissement par la tête: celle des milliardaire versés en politiques, des agresseurs victimaires. On est pas à une contradiction près. Il n'y en pas comme nous, même si on veut toujours être comme tout le monde. Slurp. 


Politique du passeport

Ils te montrent du doigt les "bons suisses". Toi, toi, toi, non pas toi là, pas toi non plus là. Pour l'un la bonne glace au lait des Alpes, pour l'autre l'abri de la Protection Civile, les surplus de l'armée, les barbelés ou la mer méditerranée. Toi: Raus. Toi: Papa partir travailler en Suisse, il reviendra dans une année. Pour toi : Papy Blocher, cul bordé de nouilles, qui dit que l'on est tous des demeurés si on ne s'aligne pas casqué pour chanter l'hymne national comme de bons patriotes (bien constipés si possible, ça résonne mieux dans les aigus). Pouët Pouët.


Les héros des barricades

Tu as vu à la télévision là-bas les barricades, des hommes et des femmes qui ont tenu des mois dans le froid, devant la police, sous les coups, reprenant la place quand ils en avaient été chassé. Tu as demandé : de quoi vivent-ils? Qu'est-ce qu'ils mangent? Qui leur cuisine une soupe chaude? Où dorment-ils? Que feront-ils demain? Personne ne t'a répondu. Tu les as juste vu tenir, matins après matins. Avec le grand piano sur les sacs de sable. Et les pneus tout plein de flammes. Puis, on leur a tiré dessus. Des hommes habillés en noir. Dans la foule. Bang Bang Bang, visant la tête. Maintenant, finis ton déjeuner, c'est l'heure d'aller à l'école.


Du show de Sotchi à celui des militaires

Tu dis: pourquoi ceux qui n'ont pas de drapeaux et des cagoules mais dont tout le monde sait très bien qui ils sont, ont passé la frontière? Pourquoi personne ne les arrête ? Plus on est gros et fort, plus on peut faire peur, et prendre les glaces des autres ? On a le droit avec soi pour dire: la glace là-bas dans la main de cet homme elle est à moi, je la lui prends? On a le droit pour dire : j'ai pensé que tu allais prendre ma glace alors je prends d'abord la tienne et si tu bouges t'auras une torgnole? On peut faire ça? Oui, on peut. Cela, tu le savais déjà, ça s'apprend tout petit. Mais tu pensais que les grands... Et tu te souviens comme c'était joli le patinage artistique à Sotchi, la voix douce du commentateur.


Les avions que nous avons et qui ne servent à rien

Toi, tu aimes les avions. Quand le monsieur qui vient d'Afrique parce que les demandes il ne peut plus les déposer dans tes ambassades a amené directement son avion à Genève, tu étais tout content. Tu as dit: je veux aller le voir sur la piste! C'est quand même plus chouette que lorsque l'on attache les gens avec un sac sur la tête pour les faire partir, Et moins gênant que lorsque l'on va en vacances dans le pays de celui qui s'étouffe dans ses crachats et sa morve, bâillonné sur le siège à côté. Tu as dit: pourquoi il n'y a pas des gens qui nous amènent des avions plus souvent ? On t'a répondu: parce qu'ils n'ont pas d'autorisations. Et sans autorisations, on ne peut rien avoir. C'est pour cela que l'on va voter l'autorisation d'avoir plus d'avions pour lutter contre les avions de ceux qui n'ont pas d'autorisation pour venir. Oui, mais... puisque nous avons déjà les avions des autres que l'on a autorisé pourquoi avoir besoin d'autres avions pour empêcher que des avions arrivent encore? On t'a dit alors: les avions qui sont à nous ne volent pas avant l'heure du petit-déjeuner. Point barre. Ou alors quand il y a un sommet pour les plus riches dans les Grisons. Car c'est pas Suisse de voler avant le petit-déjeuner, ça perturbe le sommeil des gens, les vols migratoires des canards. Le terrorisme peut bien attendre l'heure de l'apéro. Tout ça ça s'appelle la souveraineté du ciel. La sou-ve-rain-et-é-du-ciel... oui oui là où passent tous les avions de chasse des autres armées. Alors tu as fait le calcul, ces petits jeux d'adultes, ça coûtera 4milliards, pour des avions qui ne voleront toujours pas avant que le ciel soit clair. Tu as pensé : c'est se moquer un peu du monde et surtout de la grand-maman du 3e qui a de la peine à payer son loyer.   


Politique: jeu d'enfant

Avec 4 milliards, tu as pensé à toutes les glaces que tu pourrais t'acheter, à toutes les grands-mamans qui pourraient être aidé pour payer leurs loyers et tes yeux ont brillé. Tu as pensé à tous les petits copains que tu allais rencontrer si tu les partageais, et tu t'es dit, parce que tu es économe, que de ne pas envoyer l'argent en l'air, c'était vraiment le salaire minimum. La politique: un jeu d'enfant.


Vivement que tu grandisses un peu.

 

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18/08/2013

Grand homme, petit dormeur: éloge de la couille

sexisme,le matin,presse,politique,maudet,barthassat,dal busco,künzler,rochat,etc.,féminisme,virilité,couilleFallait-il se lever tôt aujourd'hui ou plutôt dormir debout comme des somnambules pour avaler le matin Dimanche et son article édifiant sur les hommes politiques qui se lèvent à 4h30 ou 5h pour être actifs le matin? Cet éloge des hommes qui veulent être la hauteur de l'adage l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt est une charge contre les femmes. L'adage dit bien à ceux et pas à celles; les femmes, c'est bien connu, lambinent et ronronnent dans leur sensualité, l'article nous le rappelle en les excluant. Trop lentes: hors-jeu. Du balai.

Le sexisme revient au sprint

A ces heures matinales où nous dormons, rêvons, faisons l'amour, poétisons, récupérons de la soirée de la veille, bref : vivons, nous sommes en-dehors du champ du pouvoir. Car le pouvoir c'est la puissance. Et la puissance vient de la virilité qui est forcément masculine. CQFD. Il faut le réaffirmer:  le vir, dans sa racine étymologique veut dire: le guerrier, l'homme. Le vir est même devenu le dénominateur du sexe masculin et par extention de l'humanité entière. Le pouvoir c'est le vir: le membre. Et les testicules, du latin testis témoin, témoignent du fait d'en être doté. Les testicules, testis culus, c'est donc littéralement avoir des couilles au cul et témoigner de sa virilité. Il faut donc lire cette mise en scène virile des grands hommes qui dorment peu par Le Matin comme une éloge de la couille et une mise en scène politique de la domination masculine.

Le pouvoir est réservé aux couillus. Et les couillus sont ceux qui se lèvent tôt, les super-mâles. Alors, les plus tôt debout, les plus virils, les plus actifs? Oui. Et encore mieux s'ils chassent les bêtes, les dominent, dirigent à l'armée d'autres mâles. Pourquoi Dal Busco sera élu au Conseil d'Etat et pas Barthassat? Pour une question de centimètres, au finish? Ou parce que Serge fait plus jeune, court le marathon, a une poignée de main ultra-virile et se lève tôt, alors que Luc cavale de noces en vogues, se couche tard et rigole? Le modèle de domination pourrait privilégier l'un au détriment de l'autre, mais la moto et la culture de la terre, permettont peut-être à l'hédoniste de regagner du terrain perdu sur l'homme de fer.

Une étude américaine le démontre, il y a une corrélation entre celui qui a des couilles et le courage. Celui qui n'en a pas n'a pas de force, pas de courage, c'est donc... une femme. Voilà pourquoi le PDC ne présente que des mecs et pourquoi les PLR cachent les leurs. Chère Isabel, si tu avais des couilles et si tu faisais du jogging, tu serais peut-être réélue. Tu sais ce qui te reste à faire: arrête de faire ta gonzesse. Il n'est pas trop tard pour faire campagne, prends de la testostérone! Le sexisme revient au sprint. Nous voilà revenu à l'âge des cavernes.

Couché / Debout : la femme, la bête, même combat.

Ce que fait le Matin:

1) Une éloge gratuite du masculin. Parce que les femmes en sont exclues, hormis Doris Leuthard, qui a droit à une petite ligne parce qu'elle a renoncé à avoir des enfants pour porter un projet politique. Le Matin aurait dû aller plus loin et noter les temps de celui qui vide une bière le plus rapidement, urine le plus loin, a le plus grand nombre de conquêtes, propulse un noyau de cerise au-delà de ses limites. Ils se sont contentés du chrono, du classement, et de poser la couronne sur la tête du champion. Tout y est pour célèbrer le mâle dans sa puissance. Pas une femme sur le "podium" des surhommes (par définition, les frontières du genre et de la domination sont bien gardées). Mais où sont-elles les femmes? A la cuisine? Derrière leur grand homme (le petit dormeur)? Se lèvent-elles pour des tâches moins visibles et viriles que faire un jogging ou lire son courrier? Type: s'occuper des enfants, nettoyer le salon? - Il faudra lire Fémina pour le savoir... ah, ça tombe bien, il est en supplément-

2) Une mise en scène politique et morale. La mise en scène de cette masculinité dominante rappelle les heures les plus racoleuses du sarkozysme en mettant en avant un élu au trot dans la rade à 50 jours d'une élection cantonale. La question entre dormir peu et agir beaucoup est rhétorique, elle recouvre de fait un outil de promotion people et personnelle. Nul doute que cette publicité gratuite vaut son pesant de sueur. 2 PLR, 1 PDC, 1 UDC. Tous des mecs, des bons mecs de droite qui se lèvent tôt. Mais se lèvent-ils tous pour courir? Non. Philippe Pidoux (PLR) se redresse pour s'occuper modestement de son cheval. Il rappelle:  "Il n'y a aucune vertu à cela. Les relations entre un homme et sa monture sont semblables à celles d'un homme et d'une femme. On sert d'abord avant d'être servi." Ah, la vache! Vu le choix du journaliste de les exclure, la phrase courtoise pourrait être remaniée pour les femmes en politique: " Nous on sert d'abord pour se faire monter ensuite". Couché / Debout : la femme, la bête, même combat.

Sexisme partout égalité nulle part

Le sexisme revient au sprint. Il imbibe les rapports de domination, de leadership, et évacue les questions politiques portant sur l'éducation des enfants, des gardes, des rôles attribués aux femmes et qui les ralentissent dans les courses au podium et aux flashs, aux emplois en vue. On croyait l'ère Sarkozy et la mise en scène médiatique du jogging révolue. Non. On nous la refait en nous rejouant le cirque de l'hyperactif qui ne s'arrête jamais. On croyait que le suicide de Carsten Schloter serait un avertissement pour les surhommes. Mais non. La pression sociale et la nécessité de dépasser les limites et de s'afficher en téflon les pousse à s'aligner à bloc sur la ligne de départ. Et Vae victis, qu'ils aillent tous se faire pendre.

Il faut lire le Matin dimanche avant de le recracher, parce qu'il illustre le fait que le sexisme est présent ici maintenant, partout, en force, tout le temps. Que l'air du temps est un air vicié qui nous ressert les mêmes rengaines de vieux modèles de domination. Que ces modèles de domination sont masculins; qu'au nom de la neutralité journalistique, ils servent les pouvoirs dominants. Après cela, il faut mettre ce journal à la poubelle, ses préjugés sexistes et politiques avec.... et choisir résolument son camp histoire de construire une société ou ce n'est pas celui qui a les plus longues dents, les plus grosses jambes, des couilles en or qui l'emportera mais celle (ou celui) qui porte un projet collectif pour le plus grand nombre, jeunes comme vieux, homme comme femmes.   

07/07/2013

La langue de bois qu’il faut brûler

langue de bois,pouvoir,politique,rapports de forceLa langue de bois brûle facilement. Pas besoin d’y mettre beaucoup de feu, elle prend bien. Et si elle est sèche en plus, ou vermoulue à souhait, ça démarre très vite. Il ne faut donc ni contrer ni chercher à construire avec elle, mais en frottant sous elle deux petits cailloux blancs, ou mettant deux morceaux de silence l'un contre l'autre, la faire chauffer vers sa flamme. Car elle brûle facilement, cette langue, c’est là sa principale -si pas unique- qualité.

La langue de bois brûle facilement. A part cela, à quoi est-elle bonne? Quand elle ne sonne pas creux, ce qui est rare, elle résonne mal. Elle ânonne, fatigue, assomme. Car on l’a déjà entendue mille fois se plier pour ne rien dire. Enfin, et c'est plus subtil, elle dit sans dire et répète sans faire, soustrait de l’énergie là où elle devrait en rendre et amène de la pesanteur là où elle pourrait insuffler de la légèreté. On ne peut rien faire de la langue de bois. Peut-être comprendre comment elle est portée, pourquoi on construit avec, et encore. Je crois que le mieux à faire est de la brûler pour rendre au bois sa noblesse, et pour cette langue, l'appeler de plastique désormais. Le bois est trop noble pour servir à cela. 

Porter le feu, est-ce violent? Peut-être. Mais qu’est-ce que cette violence par rapport au travail de sape de la langue qui nous prend pour des poutres du paléolithiques ? Qu’est-ce que le feu devant le travail de soupe de coupe de copeaux des termites sur les bois vivants?

La langue de bois peut être vernie. Elle peut être peinte. Elle ne dit jamais ce qu’elle pourrait dire, de crainte que l’on entende ce qu'elle ne peut pas dire. Alors, elle en dit encore moins; dissimule les veinules, les noeuds du bois, efface des traces et poli toute aspérité. La langue de bois a une seule visée : s'effacer, se faire le plus lisse possible. Par là même cesser de rendre compte de quoi que ce soit. 

Pourquoi n'arrête-t-elle pas de jouer ce jeu alors que la pièce est autre et que les acteurs le savent ? Parce que la flexibilité manque, parce que les circonstances l’imposent ? Parceque la stratégie y conduit ? Parce que c’est mieux ainsi? C’est comme un pli. Lorsque le pli est pris, c'en est déjà presque fini.

La langue de bois qu’il faut brûler n’est pas une langue neutre. C’est la langue du bulldozer ou du rouleau compresseur au service d'une logique d’Etat, administrative, politique. Elle offre la répétition du même et l'impossibilité de s'y opposer. Il n'y a plus de fronts de taille. C'est la langue retorse de la vrille. Pourquoi la langue de bois est-elle si populaire? Parce qu'elle distrait? Occupe? Endort? Parce qu'elle remplit, servie parfois en sciure sur un nid de prunes ou de chataîgnes dans les oreilles.

Je préfère l'allumette et la poix aux gros platanes qui poussent trop droit. Et je préfère commencer par brûler la langue de bois que je porte en moi. Pour faire place nette. En faisant des petits fagots de mots, petites brisures de sons, brindilles inarticulées : bégaiements de bogues et de pives, écorce vives. Peut-être alors que de cela il naîtra une autre parole, vive et poétique, une langue de sève.

 

 

 

 

 

 

 

 

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11/05/2013

Le mensonge : barre énergétique ou dopage du politique ?

 

index.jpgQu’est-ce qui faisait l’actualité ? Les mensonges d’un ex-ministre Français, engagé dans le tourbillon du mensonge, de l’avidité fiscale et la fausse-croyance dans l’impunité d’un système. Qu’est-ce qui la fait aujourd’hui : les retombées des soirées Bunga bunga berlusconiennes, ses mensonges et malversations politiques. Alors, le mensonge est-il un piège à retardement ou une promesse de promotion rapide ? « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir "écrivait La Fontaine. Vrai, ça ?   

Il y a des mensonges salvateurs et des omissions utiles. Il ne s’agit pas d’imposer un moralisme, mais d’exiger le respect des citoyen-ne-s et de leurs volontés, des cadres légaux et des volontés collectives. Cahuzac, Armstrong : même ascension et même chute. Quand Cahuzac dit « j’aurais dû refuser de devenir ministre mais je n’ai pas eu la force d’âme de le faire », on constate qu’il a bien négocié la valeur de son « âme » (quelques millions dans une banque suisse).  Revers brutal d’amour gloire et beauté

La séparation entre vie privée et vie publique est devenue archi-poreuse. Yvan Perrin s’est rendu médiatiquement et visiblement malade avec ses fragilités. Freysinger, en voyant son drapeau fasciste excavé par les medias et en cherchant à l’enterrer à nouveau, a révélé au grand jour sa part d’ombre. Les médias font leur job. Tant mieux. Et si Trierweiler a écrit trop vite ce qu’elle pensait tout bas, Cahuzac n’a jamais pu dire tout haut ce que les gens devaient entendre. Les politiques sont désormais des menteurs comme les autres. Mais soumis à des pressions fortes, avec une exigence de répondre de leur image à chaque instant qui les rend plus humains, plus proches. Le désir d’esquiver est fort. Les writus les lapsus les téléphones portables sont désormais mouchards ou angelots de poche, c'est selon. Et que celui qui n’a jamais trébuché vole la première pierre.  

Ce qui me réjouis, c’est de sentir que les anticorps sont vivaces, la capacité d’indignation et de révolte puissante. Le désir de justice sociale et de transparence n’a jamais été aussi fort qu’aujourd’hui. Egalité de traitement, pour les riches et les puissants comme pour les pauvres. Une mise à jour du programme LA Fontaine 2.0 est à faire. « Que vous soyez puissant-e- ou misérable les jugements de cour vous prendront comme tout simple citoyen redevable devant votre communauté. » Alors qu’une campagne virulente contre les requérant-e-s d’asile se déroule (votations le 9 juin et où le requérant est comparé à un parasite, un abuseur) et qu’ils doivent faire, eux, toute la lumière sur leur vie, montrer patte blessée, mais pas trop ni trop noire quand même, tout en étant scanné / ausculté sans égards ni pudeurs, quelle justice est dressée pour les menteurs en costard et magouilleurs à col blanc des dessous de coupoles ?

La démarche du gouvernement français d’exiger des ministres qu’ils révèlent leurs avoirs était un bon signal. Parce que, comme dans le sport, les politiques doivent sentir les contrôles et les tricheurs être sanctionnés. Et c'est tous les jours que les élus doivent être placés devant les citoyen-ne-s; quotidiennement que les citoyen-ne-s peuivent exiger des comptes de leurs élu-e-s. Le mensonge, balle à saisir au bond et renvoyer. Tribunaux sportifs, tribunaux administratifs, tribunaux pénaux, tribunaux médiatiques. Tribunaux légaux, même combat.

Tribunaux des coeurs: tribunaux révolutionnaires.


 

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20/01/2013

Le socialisme n'est pas une mathématique

rosa_lives.jpgFaut-il que le Parti socialiste aligne quatre candidat-e-s en vue de l'élection au Conseil d'Etat ou seulement deux? Et pourquoi pas trois ? Réduit-on vraiment au carré les ténors comme on le lit dans la presse dominicale? Il y aurait-il donc des petit génies qui réduisent de moitié l'influence de ceux qui comptent ? Qui voudrait la peau des gros numéros, ceux qui pèsent pour quatre?

Combien il y a-t-il de gestionnaires qui font des calculs politiques et de visionnaires qui raisonnent sur la théorie des ensembles? Ce qui est démontré: dans une premier temps, au-delà (ou comme résultante?) des arithmétiques, ce seront les presque mille membres du parti qui poseront l'équation la meilleure, puis le peuple fera ses additions, ses soustractions... et exigera des comptes!

Rosa Luxembourg l'avait compris :"la liberté pour les seuls partisans du gouvernement, pour les seuls membres d'un parti- aussi nombreux soient-ils- ce n'est pas la liberté. La liberté c'est toujours au moins la liberté de celui qui pense autrement" Les calculs doivent englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Alors quoi, il y aurait des clans, des groupes, des couples, des gens qui se parlent et font de la tactique politique? Il existerait des stratégies pour maximaliser le résultat du parti au bénéfice aussi de résultats personnels? Il y aurait des alliances, des nombres premiers, des intersections et des intervalles ouverts? Quoi, les partis seraient donc des usines de traitement d'idées, d'ambitions, de pouvoirs, de désirs et de vouloirs à géométries variables? Quelle suprise... Et pourtant, les calculs doivent toujours englober le plus grand nombre d'inconnu-e-s possible.

Car rien, évidemment, n'est pure logique et calcul statistique. C'en est même une part réduite. Et pan dans les sinus, et vlan dans les tangentes! L'arithmétique du politique passe par le rêve, l'engagement et la passion, et 2+2 font souvent autre chose que 4. Et 4 fait aussi parfois moins que 2. Celles et ceux qui font les calculs en laboratoire ou au bureau reçoivent alors une bonne pomme bien réelle sur la tête; sortent éclairés d'un bain (de foule?). Heurekâ, nous avons trouvé: les autres d'abord, JE est à leur service. 

Le socialisme n'est pas une mathématique. Si cet axiome s'efface du tableau, toute équation risque bien d'être nulle et tous les petits calculs réduit à zéro. 

 

 

 

02/12/2012

Du mariage du sexe de l'homme de la femme de la famille et de l'onanisme politique.

Le mariage, d'essence divine ou sacralisant l'union exclusive d'un homme et d'une femme est mort. Il ne suffit plus, ne tient plus, n'est plus la digue qui assurait la durabilité et la reproduction contre vents et marées. Il n'est plus adapté aux amours, aux désirs, aux élans, aux besoins et aux formes actuelles de faire lien. Car on fait des gamins par éprouvette, par touchette, par pipette, et que l'on soit hétéro homo ou bi, ne change rien à l'affaire. Pour un projet d'enfant, la mère seule suffit. On lance un spermatozoïde sur un ovule par désir et de plus en plus par des rampes de lancement qui sont prothétiques. Ce geste désirant n'a pas besoin d'être porté par un phallus. Seulement, le droit retarde. Tous et toutes ne sont pas encore égaux pour le faire et s'en voir reconnaître la possibilité. Au nom de quoi? 


Ceux qui nient le droit au mariage pour les homosexuel-le-s, au nom d'un naturel hétérosexuel, sont à la pointe du débat d'arrière-garde. Car que l'on soit hétéro homo ou bi ne change rien aux liens et aux besoins d'une juste équité dans la reconnaissance de leur durabilité. Le fait est que l'on ne se marie plus pour la vie, mais pour faire du divorce une relation à long terme. Le mariage est désormais une garantie supplémentaire de faire lien dans la séparation. Il faut bien se marier pour réussir son divorce. Pas de jugement moral là, au contraire, ça bouge! Mais un constat de la nouvelle plasticité des liens et de leurs multiples possibles. Et pourtant, si le mariage a été désacralisé au XVIIIe, il sent encore l'encens.


L'institution mariage n'est plus up to date, elle est désuète, à rénover ou dynamiter. Après cinq ans de mariage, 50% de divorce. Les paires durables ou les mères mariées sont de fait devenus exception, source d'admiration ou d'idéalisation, pour ne pas dire de mythe. Nous sommes corps et âmes dans le temps des polygamies effectives, des choix affectifs à double-clic, plutôt que dans celui des signatures à la vie à la mort sur les parchemins. Le défi est doncde rénover ce qui peut l'être et de remplacer ce qui est mort. Ce qui se traduit concrètement par : mariage pour toutes et tous, ou alors, abrogation du mariage, source d'inégalité sociale.

 

Le mariage, la famille, l'hétérosexualité sont des constructions politiques. Aucun naturalisme là-dedans. Le mariage n'était d'abord que religieux, avec interdiction du divorce. John Milton (doctrine et discipline du divorce, 1644), a institué le droit de divorcer, acte fondateur de la conjugalité moderne. Et c'est grâce à la révolution française que le droit de se marier à la mairie a été inscrit. Le mariage c'est de la pâte à modeler. Il est politique, plastique et doit continuer d'évoluer, que ce soit sur les question de genre mais aussi du nombre de personnes qu'il lie. Si le mariage a encore un avenir, ce sera en incluant la diversité. Il sera de fait polygame, polyandre, comme l'est la société qu'il sert, assemblera 2, 3, 5 personnes ensemble, ou deviendra, de fait, une pièce de musée, vénérée par certains certes, mais à côté des mouvements sociaux de compositions décompositions et recompositions des liens. La famille ne tient plus seulement du couple mais de la meute, des parentalités partagées, des co-parentalités, des homo-parentalités et des mono-parentalités. Le mariage doit être actualisée et en rendre compte, la plupart des pays d'Europe l'ont compris, par encore la Suisse. Onanisme politique? 


13:20 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage, homme, femme, sexe, famille, politique, suisse, droits, lgbtiq | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/11/2012

Pierre Maudet tentacule froide

Quelles reptations se déroulent au département de la sécurité? Animé par ce qui sonne comme un cinglant désaveu de la politique menée par sa consoeur Isabelle Rochat, Pierre Maudet touche du bout de ses ventouses des mains, ramène les corps à sa bouche, et les boulote. Noyée Dominique Roulin, directrice de la Clairière, excrétée Fabienne Bugnon, directrice de l’Office des droits humains (ODH), broyée la carapace de l'ODH, ouvertes muqueuses et chaires. Vorace, le tentacule accomplit froidement son travail de démembrement. Cela pourrait être un simple basculement entre hyperphagie et boulimie; entendre, en français courant: entre ce qui se vomit et ne se vomit pas. Mais le tentacule, si elle porte toujours une bouche, a nécessairement un anus. Ce qui sort donc d'un côté doit entrer par l'autre, ou plutôt, parce que cela doit entrer d'un côté, il faut d'abord faire le vide de l'autre.

La faim se fait sentir, le besoin de remplir, le transit s'accélère. Après Roulin et Bugnon, c'est le directeur général des systèmes d'informations qui passe dans le tube. Ouverture du poste au 12 octobre, clotûre au 25. Le 31 octobre déjà le Conseil d'Etat annonce la nomination au poste susmentionné de ... l'ancien directeur depuis 2002 des systèmes d'information et de communication de la Ville de Genève ! Et créé au passage le scaphandre doré de directeur-adjoint pour l'ancien-directeur. Même sous l'eau, les chaises musicales ça marche bien, le son est juste un peu assourdi. Ce nouveau directeur est placé directement sous l'autorité hierarchique d'un secrétaire général. Hop, voilà un poste de secrétaire général qui s'ouvre, parution dans la presse le 12 octobre pour une clôture le... 14. Un poste de cette importance à repourvoir en 4 jours? Etrange comme pratique, non? Si j'ai parfois une algue dans l'oeil qui m'empêche de voir le tentacule dans celle du voisin, je mise là mon maillot de bain et mes tongs que l'heureux élu le savait bien avant l'ouverture de son poste. Si la pêche au gros est bonne, elle est très sélective. Où donc est passée l'ancien secrétaire général ? C'est un scaphandre doré de plus qui nage dans les eaux du Canton?  

Le tentacule froid a fait ses gammes. Avant de s'étendre au Canton, il se nourrissait en Ville. Ses petits poissons préférés: les Agents de Police Municipaux. Il en voulait 25 chaque année. Par gourmandise? Au final, c'était soit du surgelé pour le frigidaire, soit commercialisé sous un autre nom. Un exemple? Le conseil municipal votait pour la bonne bouche 6 policiers municipaux, mais par derrière, c'étaient 6 travailleurs à l'unité de gestion des incivilités qui ressortaient. Joli tour de passe-passe. Et personne hors du bocal pour crier au copinage, dénoncer l'arnaque sur l'étiquetage?

Je n'ai pas de lunettes pour voir dans l'eau trouble, ni la vocation du requin pour nager dans le sang. Je lève juste un drapeau de prudence à la baignade. Même si un bon plongeur devrait quand même aller voir de plus près ce qui se passe dans l'aquarium du département de la sécurité. Bien sûr, les vitres de l'aquarium sont propres, le silence règne. Mais il faut douter de l'entreprise de communication qui transforme la boue en eau trop claire et des tentacules en outils de bonne gestion. Car derrière la vitre, ça dégurgite à tout va et à défaut de se la jouer grand bleu, Pierre punit la chaîne Léman Bleu, et rajoute du pschit pschit et son déo sur les vitres.

Qu'est-ce ce qui l'emportera de la digestion ou de l'excrétion; de la communication aseptisée qui cache la merde aux poissons ou de la transparence? Et durant combien de temps accepterons-nous encore que la santé, le logement, le social soient passés à la moulinette aux cris de REGIME pendant que le tentacule se frotte la panse et se fabrique des scaphadres dorés tout en nous rotant au visage des petits poissons morts au milieu de bulles colorées ?

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24/10/2012

Combler le jet d'eau (et vite)

"A la différence des autres villes, Genève est sans emphase. Paris n'ignore pas qu'il est Paris, Londres la bienséante sait qu'elle est Londres, Genève sait à peine qu'elle est Genève. Les grandes ombres de Calvin, de Rousseau, d'Amiel et de Ferdinand Hodler sont là mais personne n'en parle au voyageur" -J.L.Borges-

Borges se trompe quand il écrit que Genève est sans emphase. Tout d'abord parce que Genève a désormais Borges dans la peau, hôte d'honneur logé au cimetière des rois pour l'éternité. Mais surtout, Genève rayonne culturellement dans le monde entier avec son joyau: le jet d'eau. Oui, notre spécificité mondiale, c'est d'envoyer de l'eau en l'air. Notre distinction: vaporiser du vent, et ça en jette. En cela réside l'esprit du lieu. Le jet d'eau, inconscient collectif, est notre modèle politique rêvé. Les fameuses Genferei et autres lancers de verre d'eau, seau d'eau, sont des tentatives à petite échelle, des ébauches de condensations, maquettes d'embruns pour rivaliser avec notre seule réalisation marquante :viser le ciel pour mieux en retomber. Avec pour seule finalité, se faire voir, ou plutôt: mousser. Nous sommes des Sisyphes lacustres et recommençons sans cesse le même travail. Il faut nous penser heureux (et libérés de la Cour des comptes). 

Allons plus loin. Si l'idée du premier jet d'eau, alors que l'usine hydraulique était à la Coulouvrenière, visait à empêcher la supression, et que le jet d'eau d'une hauteur alors de 30 mètres (on était modestes) permettait de contrôler la pression et de la réguler, notre jet a évolué. Il dispose désormais d'un moteur autonome pour le faire fonctionner. En bref, il n'évacue même plus la pression, mais tourne sur lui même. La masse d'eau suspendue en l'air est conséquente: 7 tonnes et il ne faut que 16 secondes à une goutte sortant de la buse pour revenir au lac. En résumé: c'est joli mais lourd et implacable. Et si ça fait beaucoup d'effet, ça retombe très vite.

Sur la tombe de Borges, une inscription: And Ne Forthedon Na, que l'on peut traduire par: On ne doit pas avoir peur, et qui invite à la tranquillité. Alors que tout semble partir à vau-l'eau dans notre République, du verre d'eau au seau, et que ça risque encore de déborder, on doit craindre désormais un tsunami. Mais assez de psychodrames, remettons les pieds sur terre, il y a urgence. Osons le seul geste culturel radical: combler d'urgence le jet d'eau (serrons-en tout du moins déjà vite les vannes).

Libérés inconsciemment de notre modèle de la chute inéluctable, notre République pourra enfin prendre de la hauteur et qui sait, s'extraire définitivement de sa gangue?

 

14:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jet d'eau, politique, genève, cour des comptes, inconscient collectif | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/10/2012

Gaston fou roillé

Il disait je suis l'affreux, le mouton noir le fils de l'ouvrier et de la servante, enfant perdu, mauvais garçon. Oscillant entre l'argot et une langue travaillée, entre le refus des bourgeois et l'oubli de sa classe, il a avancé sur un fil, le beatnik de la Broye, pécheur de tanches. Il disait: je suis un martyre un dérangeant, un dérangé. Il vivait au Lieu qui est une jolie place pour être, à la vallée de Joux, entre le Chenit et le Sentier, proche du jour comme du jouir. J'écris il vivait, car il a changé d'espace, le millitant le révolté, l'élu du Parti Ouvrier Populaire, éloigné de l'enseignement pour raisons politiques; le renégat, non-renonçant, étendu sous une bannière gauchiste, entendu sous une autre, forcené social. Main tendue poings fermé, dans Cherpillod, j'entends charpie, billlot, entends ruclon, bétaillère, raisinée, ruches, galetas, salée au sucre, petit blanc du Lavaux... et la bise noire désormais. Donner, recevoir, échanger: des mots, des coups. Mort, Cherpillod, vraiment? Morts Chappaz, Haldas, Yvette Z'graggen, Monique Laederach, encore? Têtes chercheuses des lettres romandes, l'ayant fait vrombir à plein moteur sur leur gauche, là où le coeur se loge, dans une langue vernaculaire, celle du combat du peuple des cafés et des stades, des théâtres, des collèges, des parlements, de toutes des arènes de paroles, généreuses, granuleuses... grivoises aussi. Ecrevisses aux pâtes grêles, voix qui portent.

Dans ce temps où les lieux de parole collective sont attaqués, menacés, contestés par l'hégémonie du langage opérationnel, programmatique, efficace; ou l'écran fait véritablement obstacle, ou dire c'est pour faire et faire pour se taire, il disait, le poète que prendre la parole à la place d'autrui était non seulement risqué mais scandaleux. Chacun sa voix. Chacun son souffle. Mais chacun pour tous. Son parti place l'écriture au rang de patrimoine muséal, et le public avant le peuple, il choisit d'aller se faire élire ailleurs. Cherpillod, chêne brûlé, Gaston for ever, pour ne pas dire foudroyé. Fou roillé, dingue, illuminé, irradié d'une folie révolutionnaire aurait dit: les balbutiements de la gauche sont un problème orthophonique. Quand on a des cristaux dans l'oreille, ça peut conduire au vertige, on doit alors se jeter violemment contre un mur. Et ça passe. Pour bien entendre et bien dire, il faut des oreilles et une langue propre. Gaston en a donné une, fondamentale, elle appelle la tradition, socle où rebondir.  Elle est aussi foudre ou benzine, produit inflammable tombé d'un ciel bleu pâle hautement incendiaire.        

16:03 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cherpillod, politique, langage, poésie | |  Facebook |  Imprimer | | |

29/07/2012

Pour un premier août métisse

Et si la fête nationale du 1e août devenait véritablement le signe de ralliement d'une Suisse plus respectueuse de ses diversités et ouverte sur l'avenir? Si elle incarnait la fête de l'élan pour le temps à venir, celui du nécessaire, incontournable métissage de la société helvétique en une société dont le, la migrant-e- est et sera toujours plus une pièce maîtresse ? Si les feux sur les montagnes étaient enfin un signal d'accueil de l'étranger-e, un appel à la diversité plutôt qu'un repli vers un essentialisme passéiste? Et si la communauté nationale s'entendait comme une base universalisable et négociable autour d'un devenir commun plutôt qu'une adhésion prescrite à un passé momifié?

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17:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fête nationale, immigrations, étrangers, suisse, politique, intégration | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/07/2012

Dealers partout, consommateurs aux fraises?

Les demandes de médicaments stimulant l'érection augmentent de 30% chaque année. "Beaucoup d'hommes sont trop fiers pour se rendre dans une pharmacie ou chez leur médecin pour obtenir du viagra, ils ne veulent pas montrer qu'ils ont un problème avec leur virilité. Un autre cause est le prix. Une dose de viagra coûte 20 francs et n'est pas remboursée par l'assurance maladie. Sur internet la pillule ne coûte que deux francs." annonce un article de la TDG du 1e juillet. Et dans la rue, la pillule de Viagra, elle coûte combien? Les dealers du coin de la rue, ils vendent quoi: de la coke, de l'héro, mais encore? Chiffre d'affaire de R, dealer: 40% de Viagra, 60% de coke? Commerce de la jouissance immédiate pour pas cher. Qui veut mes pillules érectiles, mes bonbons pour être moins stressé, plus compétitif et relax, moins émotionnel plus centré, pour faire la fête plus longtemps? Qui n'en veut, qui n'en veut? Cette pharmacopée de rue, qui la consomme et en redemande? On parle beaucoup des nuisances des dealers, mais qui les fournit en demande, qui sont les accros de la vente et qui, au-dessus, les approvisionne?

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10:26 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sexe, drogue, commerce, &, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

06/07/2012

Sexe partout jouissance nulle part?

Le genre est à la mode, et le sexe, on en cause? Vous allez me dire: c'est égal d'en parler, du moment qu'on en jouit. -Oui. Et puis: le sexe est partout, sur tous les supports, de la vente de yoghurt jusqu'à la bagnole électrique, partout une paire de seins ou de fesses pour appâter le client, affoler la cliente dans un jeu de miroirs narcissiques: si c'était elle, si c'était moi... - Oui. C'est juste. Mais ne faut-il pas aussi penser: sexe partout, jouissance nulle part? D'ailleurs, entre boulot angoisses gamins et pognons, le temps dévolu à ça ne se réduit-il pas comme peau de chagrin? L'université de Berne a interrogé 2070 personnes de 15 à 60 ans sur internet.  Résultats? 33% des sondés déclarent ne pas avoir de rapports sexuels, 40 % à peine un rapport une fois par semaine. Une femme sur deux a avoué avoir simulé l'orgasme à plusieurs reprises au cours de sa vie. Chez les mecs, un homme sur dix l'a fait. Ah, elle semble loin la révolution sexuelle où l'entame c'était: on boit un café ou on couche? Je vous parle d'un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître....

 

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07:53 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sexe, commerce, &, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

12/06/2012

Un rom pour l'exemple?

invitation à la pierre.jpgQuand être pauvre est une honte et sans le sou une tare, quand les insultes et les menaces envers les minorités et la population rom en particulier se multiplient, quand criminaliser la pauvreté et ethniciser l’autre pour l’exclure devient une manne électoraliste, quand une loi xénophobe contraire aux droits de l’homme, interdit la mendicité, mobilise les polices et apauvrit la société; quand, sur un budget cantonal de plus de 7 milliard on arrive à encore dépenser 20 millions pour rien (merci le PLR!) et aller faire les poches des mendiants, quand la peur devient un facteur d’incohérence sociale, nous ne pouvons plus nous taire. 

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14:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roms, genève, politique, interdiction de la mendicité, xénophobie | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/06/2012

Auschwitz anti-chambre du foot

Dérive d'un fascisme new-âge ? L'équipe d'Italie de football après la Hollande et l'Allemagne est donc allée à Auschwitz pour, dixit Capello: "remettre les pieds sur terre et retrouver la sérénité" (Le Temps, 9 juin) Ben oui, avant les équipes se mettaient au vert, maintenant elles vont au gris et ça fait un drôle de mélange vert de gris, médiatique. Où est le problème? Ben, c'est quand même un peu choquant d'aller à Auschwitz pour le team building ou recharger ses batteries comme on va à Disneyland, non? Choquant, alors que l'on représente un pays d'utiliser ce lieu non pour des fins de mémoire ou pour rendre hommage aux morts, pour dire : "jamais plus" mais pour y gagner en puissance avant d'aller affronter d'autres nations en compétition,non?

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12:05 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurofoot, politique, sport-business | |  Facebook |  Imprimer | | |

05/06/2012

Foot-business ou justice sociale?

Ce vendredi débute l'eurofoot en Ukraine et en Pologne. En Ukraine, l'emprisonnement de Ioulia Timochenko jette une lumière crue sur le mépris pour les droits de l'homme affichés par le pouvoir en place. La question que se posent les gouvernements européens est celle de savoir s'ils se rendront en Ukraine. Et à Genève, se pose-t-on la question de l'attitude à adopter? Faut-il diffuser les matchs comme si de rien n'était? Le fait que le football est le sport avec le taux d'audience le plus fort, qu'il est un évènement rassembleur et festif, ne doit pas servir à couvrir les agissements d'un pouvoir politique inique. Se régaler de matchs sans y porter attention serait cynique. Derrière l'eurofoot viendra le mondial au Brésil en 2014. Une campagne de Solidar a mis sur le terrain les plus de 150'000 personnes déplacées afin d'aménager un mondial le plus glamour possible. Et ensuite viendront les jeux d'hiver de Sotchi en Russie.... La question se pose donc de l'éthique à avoir en matière de retransmission sportive, de l'emballage qu'il faut ou non leur donner (message d'introductions, scène offertes à des ONG, etc.,?) La Ville de Genève ouvre et finance un bel espace devant la patinoire des Vernets pour la diffusion des matchs, avec DJ et stands de bière. Offrir cet espace pour des ONG défendant les droits de l'homme et pouvant sensibiliser les spectateurs ne serait-il pas bienvenu?  

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16:25 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : eurofoot, ukraine, droits de l'homme, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

04/05/2012

Panem castagne et circenses

été06 085.jpgLa castagne politique est-elle le seul sport pratiqué à Genève ? A ceux qui seraient tentés de dire oui, la renaissance des Jeux de Genève la semaine prochaine (12-13mai) les calmera. Voilà un projet fédérateur qui allie à la fois histoire et jeunesse, porte un élan gorgé d’envies. Les vertus sociales intégratives et les bénéfices pour la santé physique, mentale, communautaire, du sport sont reconnus. Pourtant, utilise-t-on assez le sport, ses potentiels ? Doit-il aider à résoudre tous les problèmes sociaux, est-ce son rôle ? Politiquement, Genève doit-elle, peut-elle viser l’organisation de grands événements, sachant que ces derniers sont de plus en plus chers et que le développement durable n’est pas leur souci premier ?

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10:20 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sport, genève, politique, timochenko, eurofoot | |  Facebook |  Imprimer | | |

12/03/2012

Le racisme à la mode de chez nous

portraits_web1.jpg Alexandra Rys, présidente du conseil municipal de la Ville de Genève a écrit une lettre aux élu-e-s la semaine passé pour leur rappeler les bases de la vie en société, rien de moins. "Chacun a droit au respect", "les propos sexistes, attentatoires à l'honneur ou d'autre manière irrespectueux à l'endroit d'un ou d'une collègue..." sont condamnés. Pas de mention de racisme. Ah bon? Démodé, le racisme? Pourtant, enrobé sur le ton de la blague, de l'humooooour, et sur le dos des Roms, ou des femmes noires et de leur psychologie singulière (signé MCG), le racisme reste une valeur refuge. Depuis le début de la législature d'ailleurs, des élus MCG font étalage de tirades homophobes, xénophobes et racistes. Ne jouons pas sur les mots, pourquoi le respect devrait-il être donné "entre collègues" seulement et pas à toutes et tous les citoyen-ne-s?

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23:44 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : racisme, sexysme, xénophobie, conseil municipal, genève, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

09/10/2011

Tu es média-cratie

Tu es média-cratie, tu copies-colles, tu acible.jpegmalgames, tu jettes, dégommes, sers la soupe aux chiens, tu es un chien, tu es une chienne, tu encourages les fuites, colmates, conglomères, agglomères, tout t’est permis, on peut bien se tromper tu dis, tu es pilote, es piloté, pilosité, frissons à rebrousse-poil, tu obéis aux commandes, tu commandes, commandites, tu fais le jeu des extrêmes, tu modères, tempères, temporises, tricotes, détricotes, t’emmêles, tu tisses ta toile, tends tes filets de sécurité, tu es média-cratie.

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20:42 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, politique, scandale, liberté, argent | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/09/2011

Esprit es-tu là?

« Au Nom de Dieu tout puissant » ainsi commence le préambule de la Constitution fédérale. Il ne s’agit pas ici de réifier ou réanimer le Dieu chrétien, ni de savoir s'il est mort ou non, mais plutôt d'interroger les valeurs spirituelles placées au coeur des conduites et comment elles les inspirent au quotidien. Devant la dureté du quotidien, le doute s'installe. Esprit es-tu là? Comment continuer de servir le bien commun plutôt que l’intérêt particulier, la solidarité des liens plutôt que la compétitivité individuelle; l’inaltérable valeur de l’être humain plutôt que sa marchandisation forcenée et son mésusage comme produit d’entretien jetable? Esprit, es-tu là? Qu'est-ce qui tient? Une révolution éthique semble en route, mais elle ne se fera pas sans une prise de conscience politique inspirée et dans la confiance (du latin cum-fides, avec foi). L’engagement en est la clé. A nos yeux, si le socialisme en est un, il est une spiritualité.

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00:13 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : spiritualité, religions, république, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |