sylvain thévoz

10/02/2016

MAH : le choix de l'intérêt public

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Le moment de voter pour la rénovation et l’extension du Musée d'art et d'histoire a sonné. Ce moment, le MAH le réclame depuis des années. Notre vénérable musée de la vieille-ville tombe en ruine, et tout laisse entendre que si rien n'est fait, il devra être fermé à très courte échéance. L'heure du  choix a sonné également pour effacer la volonté pusillanime d’argumenter et contre–argumenter sans fin. Assez de palabres infinies et actons la volonté de ne pas sacraliser une ruine mais de la rénover!  

Les opposants rabâchent depuis des semaines le même article sur un appel d’offre qui aurait dû être un concours... il y a bientôt 20 ans! Ils ne semblent pas voir qu’ils y sacrifient le musée, ses collections, et son public dans une guerre procédurière dont les genevois.es sont les grands perdants. Et tout cela, parce que l’un d’entre eux n’a pas été retenu à cet appel d’offre. Désolant. Regardons plutôt où se trouve l’intérêt public prépondérant plutôt que de laisser aux aigris trop d'importance. 

 

Le grand gagnant sera le public !

Voter oui, c'est voter pour le doublement des surfaces d’exposition, le doublement des surfaces d’accueil, la création d’un restaurant panoramique, une muséographie repensée, avec un nouveau projet scientifique et culturel qui vient d'être présenté par le magistrat Sami Kanaan. C'est s'offrir un musée renouvelé et agrandit qui réouvrira en 2022. Il sera alors toujours en mains publiques, toujours gratuit, et permettra à chacun.e d'apprendre, de questionner, se renseigner sur l’histoire de Genève, de l'art, et lutter contre l’obscurantisme. De l’emploi sera créé. Ce musée sera un atout touristique de plus pour notre Ville, et les retombées pour celle-ci: majeures. Oui à ce nouveau souffle en vieille-ville et pour tout le bassin genevois !  


Un forum de 300 places sera créé sous le musée, une pompe géothermique alimentera le musée qui, a 80%, sera énergétiquement autonome. Le restaurant et le forum seront indépendants du musée. Ils pourront être ouverts même quand celui-ci sera fermé. Le musée de l’horlogerie sera établi et le musée des instruments anciens créé. Certains se demandent encore si ce projet est un projet de gauche ou de droite? Mais ce débat transcende les front politiques. L'extrême gauche s'est d'ailleurs alliée avec l'extrême droite pour le combattre. Il ne s'agit donc pas d'un front idéologique, mais d'un front qui sépare ceux qui regardent vers demain de ceux qui regardent vers hier.

Financé à 50% par les privés, ce projet préserve les finances publiques. Il permettra d'investir l'argent public ainsi économisé dans d'autres domaines (crèches, écoles, installations sportives), pour le bénéfice et le bien être de toute la collectivité.

 

Le débat démocratique a lieu

Malgré ce que prétendent les opposants (accusations paranoïaques d'opacité), ce projet a été étudié et décortiqué sous toutes ses coutures au Conseil Municipal et dans ses commissions. Un référendum a été lancé et a abouti. Des débats ont lieu désormais presque quotidiennement, le prochain ayant lieu ce jeudi[1], organisé par la Tribune de Genève. Que les opposants annoncent déjà des recours devant les tribunaux montre en fait le peu de confiance que ces derniers ont du peuple, de sa sagesse et de son vote. Leur côté procédurier à l'extrême illustre la faiblesse de leurs arguments.

 

Je voterai oui le 28 février pour le musée d'art et d'histoire. Car ce projet est bon. C'est le meilleur que nous avons en main. Il bénéficiera directement et concrètement aux genevois.e.s, à la culture, au vivre-ensemble et à toute notre région. 



[1] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/saisir-vite-quatre-enjeux-grand-debat/story/20072159

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18/01/2016

OUI au Musée d'art et d'histoire le 28 février !

 

mah+,musée,projet,genève

Prenez un musée

Prenez un musée centenaire qui n'a jamais été rénové, dont les corniches tombent, dont les infiltrations d'eau et les variations de température mettent en danger les oeuvres.

Prenez un musée dont 1,5% seulement des collections sont exposées, dont la muséographie n'est plus optimale, entravée par une architecture inadaptée aux besoins actuels de conservation et d'exposition. 

Prenez un musée dont les accès sont limités pour les personnes à mobilité réduite, qui ne peut envisager des expositions de grande ampleur pour des questions de sécurité et de place ou plus prosaïquement parce que certaines assurances refusent d'y assurer le prêt d'oeuvres. 

Prenez un musée encyclopédique dont les expositions permettent de valoriser le patrimoine, restaurer des oeuvres et développer des métiers de l'art et de la recherche, mais qui est coincé dans son développement. 

Prenez un musée qui sera fermé prochainement s'il n'est pas d'urgence rénové; un musée qui aujourd'hui coûte cher et montre peu d'oeuvres.

Prenez une Ville, Genève, qui a le droit d'oser l'ambition et voir plus grand que le fond de sa cuvette.  

 

mah+,musée,projet,genève

 

Proposez un projet

Proposez un projet qui valorise le patrimoine, offre 50% de surfaces d'exposition en plus, double les surfaces dédiées à l'accueil des publics, crée un restaurant panoramique et innove avec un forum de 300 places, permet l'utilisation de ceux-ci hors des heures d'ouverture du musée.

Proposez un financement à 50% assuré par les privés, qui préservera les finances publiques.

Proposez un projet culturel qui inclut un musée d'horlogerie, un musée des instruments anciens, de valoriser la collection existante et d'y ajouter l'étonnante collection d'une fondation privée.

Proposez de maintenir la gratuité du musée, d'animer la Vieille-Ville, de soutenir ainsi la Culture, le Vivre ensemble, et l'accueil des publics.

Proposez un projet écologique, utilisant 80% d'énergies renouvelables, doté d'une pompe géothermique, d'un système de récupération d'eau de pluie et d'une isolation optimale.

Proposez de ne pas accorder d'importance aux architectes frustrés, aux chercheurs de noises, à ceux qui veulent figer le temps en 1910, ceux qui prétendent que ce projet coûte trop cher quand c'est l'immobilisme qui est un gaspillage de ressources et le pinaillage qui le plombe.

Proposez de ne plus perdre de temps. Le temps c'est de l'élan.  

 

mah+,musée,projet,genève

 

Votez maintenant

Votez pour un projet servant l'avenir, pas pour le refus et la peur.  

Votez pour un projet, pas contre un architecte, un mécène ou contre le changement.

Votez pour un projet culturel concret, réaliste, créateur de richesses.

Votez pour éviter de rejouer dans 20 ans la même histoire avec de nouveaux opposants sur le dos et un projet qui sera obligatoirement plus cher.

Votez pour le respect de notre patrimoine.

Votez pour Genève, pas contre ses intérêts. 

Votez OUI au Musée d'art et d'histoire, le 28 février. 

 

 

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08/12/2015

Croire ou ne pas croire, telle n'est pas la question

Soyons tous à la place du Molard à Genève le mardi 8 décembre 2015 à 18h30, pour répandre la lumière et la bonté!  Des beignets, du vin chaud et une surprise pour chaque participant vous attendent avec une atmosphère chaleureuse et joyeuse, des chants, danses, et bien sur l'allumage de la Ménorah la plus haute de toute la Suisse! C'est par cet appel que, tant sur Facebook que sur son site internet [1], l'association Habad Genève "the center of jewish life in Geneva" annonce l'événement de Hannouca - la fête des lumières- au coeur de la cité de Calvin. 

 

Ayant contacté le 2 décembre Messieurs Guillaume Barazzone et Rémy Pagani afin d'avoir de plus amples informations sur la tenue de cet évènement et son autorisation par la Ville de Genève, je n'ai reçu, à ce jour, aucune réponse. Diable, le religieux serait-il si sulfureux qu'il rend nos conseillers administratifs mutiques? Dommage, parce qu'il n'y a pas là de quoi être mal à l'aise.  

 

L'expression religieuse a pleinement sa place dans l'espace public

Je me réjouis de voir allumée à Genève la plus haute Menorah de Suisse, de la tenue d'un événement festif et joyeux. Aux laïcards qui auraient l'idée saugrenue de s'étonner d'un tel événement dans l'espace public, je souhaite rappeler que le nouveau projet de loi sur la laïcité de l'Etat autorise, dans son article 7, la tenue de manifestations religieuses cultuelles et non cultuelles sur le domaine public. Rappeler aussi que la Ville de Genève s'était vue condamner par un tribunal administratif de première instance au début de l'année 2015 pour avoir interdit des stands religieux à Genève.[2]

Je soulève toutefois avec un brin d'ironie le "deux poids deux mesures" de tous les intolérants, tous ceux qui prétendent s'insurger contre le religieux mais que l'on entend glapir à orientation variable suivant quelle religion est impliquée. Ceux-là même que l'on a tant entendu critiquer le fait que la Ville de Genève entretienne ses bâtiments historiques portant une croix; ou les autres, les islamophobes notoires, qui stigmatisent la religion musulmane tout entière dès qu'ils voient un voile ou qu'un fichier S est découvert à moins de cent kilomètres de chez eux. Ceux-là montrent que leur interprétation de la laïcité est une instrumentalisation maniaque éloignée du droit, visant uniquement à stigmatiser telle ou telle tradition, culture, en la caricaturant.

Quand certains détournent la religion pour des visées terroristes, d'autres en font de même avec la "laïcité" pour des visées totalitaires et liberticides au mépris du droit et de nos traditions démocratiques. 

 

Libérer la liberté d'expression

Partager ses convictions publiquement fait partie intégrante d'une liberté inscrite dans la Constitution suisse (article 15). L'article 9 de la Convention européenne des droits de l'homme intitulé "liberté de pensée, de conscience et de religion" oblige les Etats parties à la Convention à respecter et protéger ces libertés.

Il me semble important, en ces temps troublés, de montée de psychose et d'intolérance, où certaines femmes se font insulter parce qu'elles portent le voile, se le font arracher en sortant du bus à Genève, et renoncent à porter plainte, de rappeler cet article 9  : "toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Chacun a le droit de changer de religion ou de conviction et a la liberté de manifester sa religion, individuellement ou collectivement, en public ou en privé. Toutes les croyances reconnues sont protégées par ce droit. L’un des enjeux modernes du respect de la liberté de pensée, de conscience et de religion réside, tant au niveau international que national, dans la montée de l’intolérance religieuse..." 

Cet été, la Ville de Genève avait autorisé la tenue d'une rupture du jeûne du ramadan sur la place de la Navigation [3]. Sans plainte dans le quartier, à la satisfaction des habitants, trouvant utile d'avoir participé à cet événement et pouvant découvrir, loin des fantasmes et de la paranoïa, l'expression ouverte et simple d'un phénomène religieux. Cet événement a crée des liens entre les jeunes et les aînés.

 

Le péril de la stigmatisation

Aujourd'hui, le péril n'est pas dans le religieux, il est dans les extrémistes de tout bord, les forcenés, les intégristes, qu'ils soient laïques, islamophobes ou antisémites, ne voulant pas établir un rapport équilibré au religieux, à l'autre, mais le stigmatisant pour l'isoler et le nier.

Aujourd'hui, le péril n'est pas dans le religieux, il est dans le défi du vivre ensemble.

Le fait religieux doit être accueilli, sans fantasmes, sans paranoïa, sans délire sécuritaire, mais avec une volonté relationnelle forte, et le désir de vivre ensemble, dans la diversité et le respect du droit et de chacun.

 

Considérer le fait religieux face à face

Les autorités doivent aujourd'hui prendre réellement conscience que le religieux doit être exprimé, expliqué, afin de faire baisser la peur panique qu'il suscite. Et le droit rappelé, encore, toujours: rien que le droit.

Cela demande des moyens et une volonté politique, car rien ne tombera du ciel. 

Il faut ici particulièrement louer les actions du Bureau d'intégration des étrangers(BIE), actif sur le champ de ces questions, depuis de nombreuses années. Le BIE permet aux différents acteurs de se réunir, partager leurs pratiques, et s'impliquer dans des projets concrets (semaine d'actions contre le racisme) en soutenant avec pédagogie, des entreprises qui visent à construire l'avenir et le vivre ensemble plutôt que le rejet et la haine de l'autre.

Islamophobes, terroristes : même visées

Madame Vallette, dans son dernier billet,[4]  prise au piège de son islamophobie crasse,  fait la preuve de son ignorance du fait religieux et de son intolérance face à tout ce qui symbolise la religion musulmane en s'en prenant à un colloque sur le voile qui avait lieu à l'université et à l'exposition de photographique de Denis Ponté "Face à elle" au théâtre Saint-Gervais. [5] Elle en profite aussi, au passage, pour attaquer un service de l'état au lance-flamme.

Au moment où l'ignorance bat son plein et où l'obscurantisme nous menace, madame Vallette montre qu'il n'y a pas besoin de porter la barbe et la kalachnikov pour se donner mission de supprimer la Culture, le dialogue et les services de l'Etat .   

La bêtise nous menace. La bêtise est sur nous. Elle fait un travail de sape radical.

Le respect du droit, l'établissement de la justice sociale, un rapport à l'acte de croire ou de ne pas croire respectueux de l'autre dans l'observation pleine et entière de nos constitutions est le cap qu'il nous faut tenir ; le défi à relever afin de ne pas alimenter les discours de haine et de dissension.

Croire ou ne pas croire, telle n'est pas la question.

Le respect plein et entier du droit et de l'autre, oui.

   

 

 

 

[1]http://www.habadgeneve.ch/templates/articlecco_cdo/aid/20...

 

[2]http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6644216-l-interdict...

[3] http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/rupture-jeune-org...

[4]http://boulevarddelislamisme.blog.tdg.ch/archive/2015/12/...

[5] http://www.saintgervais.ch/programme/detail/face-a-elle

 

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28/11/2015

Climat : je marche, donc nous sommes

Pluie, neige et froid. Un temps tempéré aujourd'hui pour manifester pour le climat. Mais qu'est-ce que cela veut dire, au juste, manifester pour le climat?

Est-ce que le climat a besoin de moi, de nous, de nos chants, de banderoles et des schémas alarmants des courbes de Co2 prenant l'ascenseur?

Le climat n'a pas d'âme pas de liens, pas de responsabilités; il se moque que notre terre se torréfie et que nous soyons destinés, à plus ou moins courte échéance, si rien ne change, à y cuire.

Le climat nous grillera tous comme les derniers des criquets à la fin d'un été torride. Mais nous, en attendant... quelle vie voulons-nous et pour combien de temps? Alors que la conférence de Paris sur les changements climatiques s'ouvre du 30 novembre au 11 décembre, marcher pour le climat, c'est marcher pour l'humain.

C'est aller pour la vie, l'affirmer. 

   

La tyrannie de l'état d'urgence

L'air social est devenu, en certains lieux du continent, irrespirable. L'Etat liberticide a pris le pas sur l'état d'urgence. La France embastille aujourd'hui même 24 militants éco socialistes au nom de l'Etat d'urgence[1]. Elle opère des perquisitions administratives contre des couples de maraîchers bio et des associations de semeurs de graine ! Partout, des manifestations pour le climat ont été annulées en Europe pour risque d'attentat. La responsabilité de manifester est aujourd'hui plus grande que jamais, au nom de ceux qui sont empêchés de le faire. 

Les corrélations entre terrorisme et climat sont clairement posées.[2] Les liens entre instabilités géopolitique, migrations, noués. Il y a des luttes et des mouvements qui sont en marche. L'air du temps est à la défense de nos droits fondamentaux, ceux de vivre, s'opposer, respirer, manifester.  

 

Marcher pour l'éco-socialisme

Marcher pour le climat, c'est marcher pour les humains, dans leur écosystème; se balancer d'un pied sur l'autre, refaire encore et encore ce geste ancestral caractère des premiers hominidés. Geste d'humanité, depuis l'acquisition de la bipédie il y a 4 millions d'années ; de Lucy à ceux qui ont pressé le pas pour se mettre à l'abri le 13 novembre et pour tous ceux et toutes celles qui vivent sur cette planète, soumis aux aléas climatiques et sociaux, à l'accentuation des dérèglements.

 

Cyclo-révolutionnaires de tous les pays unissez-vous

Je marche pour un écosystème durable et protecteur, dans un pays libre. Je marche pour ceux qui partent à pied en laissant tout derrière eux, et se heurtent à des murs.

Je marche pour une réflexion profonde, morale (même si ce mot est raillé par les cyniques), sur la politique capitaliste coûteuse et à courte vue, qui sectionne nos héritages et ampute notre avenir aussi sûrement que des rafales de kalachnikov.

Je marche contre un système fou consumant un présent frénétique, avec l'hypocrisie d'une société se rêvant à 2000 watts mais n'arrêtant pas d'ajouter des prises et des câbles, des prothèses numériques à son vide existentiel.

Je marche contre ceux qui appellent cyclo-terroristes ceux qui veulent une place devant les 4X4, et mettent en taule des gamins de 16 ans parce qu'ils n'ont pas le bon permis de séjour.

 

Marcher pour la vie

Aujourd'hui, marcher pour le climat, c'est marcher pour une vision durable de l'humain dans son écosystème, respectueux de ce qu'il a reçu gratuitement, responsable de ce qu'il transmettra après lui.

C'est marcher pour faire groupe, corps, agréger les possibles, à mille ou deux mille à Genève et toujours plus demain, malgré toutes les menaces, contre toutes les résignations.

C'est marcher pour arrêter de rêver que nous sommes dans une bulle hors du monde, et que notre avenir se construira cloîtré chez soi avec un état d'urgence imposé et des camions de police dans la rue, soumis à l'angoisse unique que la connexion internet ne lâche et qu'il faille écrire Je suis nombril pour se sentir encore exister un tout petit peu.

 

 

Marche pour le Climat. Samedi 28 novembre, Genève.

Rassemblement à 13h, place des 22 Cantons.

 

 [1]etat-d-urgence-cosse-s-insurge-contre-la-mise-en-cause-de...

 [2]Terrorisme-et-si-on-cherchait-les-causes-du-cote-du-chang...

 

 

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05/09/2015

Migrants: affirmons notre humanité

Quelle est la logique de continuer de mettre des gens de force dans des avions à Genève pour les éjecter par vol spécial, quand des milliers d'autres risquent leur vie pour arriver jusqu'ici?

Quelle est la logique qui nous conduit à investir des millions dans des forces policières et des lieux de détention, pour enfermer des migrants qui n'ont commis aucuns délits, et ensuite les éjecter, alors que des milliers d'autres arrivent encore? Pour quelle finalité?

Quelle est la logique qui nous conduit à nous avilir moralement en nous rendant objectivement coupables de non-assistance à personnes en danger et directement responsables de la mort d'enfants sur des plages?

 

Notre courage d'agir doit dominer notre tentation de l'indifférence

 

A Genève, au début de l'été, des collectifs se sont mobilisés pour dénoncer le transfert de demandeurs d’asile déboutés vers des abris PC et demander la fin des renvois.

Cette démarche a rassemblé un grand nombre de mouvements : Stop Bunkers, No Bunkers, Coordination asile.ge, Solidarité Tattes, etc. Elle a conduit à l’occupation du centre culturel du Grütli, par des demandeurs d’asile déboutés. Elle a permis de mettre à jour une thématique que le Canton, souhaitait garder enterrée :  les conditions de logements des personnes en demande d’asile, quelle que soit l’étape de leur procédure, son indigence. 

La Ville de Genève s’est solidarisée  avec ces collectifs afin de trouver des solutions de relogement temporaire, gérer la crise d’une manière concertée. La Ville de Genève a fait preuve d'humanité et d'accueil. Le Canton, pendant ce temps, faisait la sourde oreille, accentuant les rapports de force et les tensions.

Les partis de gauche, socialiste, verts, solidarités ; Caritas, le Centre Social Protestant, ont soutenu les revendications des mouvements de défense des migrants. Des manifestations, regroupant des milliers de citoyen.ne.s, ont rythmé l’été et fondé un large mouvement de solidarité afin d’accompagner la vie au quotidien (cuisine, forum de discussion, sécurité).

 

Etre doté d'empathie est une force, pas une naïveté

La victoire de ce mouvement est d’abord d’avoir crevé un silence coupable, et avoir ensuite fait reconnaître par le Canton que les conditions d’hébergement en sous-sol n'étaient pas dignes, de l’avoir poussé  à prendre des engagements pour trouver des solutions pérennes.

 

A ce jour, alors que la crise migratoire en Europe est la plus grave qu'il soit depuis la seconde guerre mondiale, des migrant.e.s continuent de passer des mois et des mois enterrés, sans accompagnement la journée, laissées à eux-mêmes, dans des conditions de survie, et de discrimination liées à leur statut social (célibataire ou non) ou judiciaire (ayant commis des délits ou non).

 

Cela n’est pas acceptable ni conforme à la Constitution genevoise. Invoquer d’une manière répétée l’urgence et l’impuissance comme le Canton le fait ne le dédouane en aucune manière de ses mauvais traitements et de sa négligence.   

 

Le légalisme tordu de Pierre Maudet

Plus grave, dans une tentative de décrédibiliser le mouvement de solidarité et les revendications de ce dernier, Pierre Maudet a franchi des lignes rouges. Ses déclarations outrancières affirmant que, parce qu’ils étaient des requérants déboutés, que certains avaient un casier pénal (bien qu’ils aient purgé leur peine), il se trouvait justifié de manquer à ses obligations constitutionnelles, a choqué les défenseurs des droits de l'Homme.

Plus grave, pendant qu'il faisait ces déclarations, Monsieur Maudet continuait de fourguer dans des avions femmes et enfants....

Par ses appels à la discrimination, Monsieur Maudet viole les articles de la Constitution (15 et 39 notamment). Et lorsqu’il dénonce comme étant une imposture un large mouvement de défense des droits humains, il montre clairement son mépris du jeu démocratique, des militant.e.s des droits humains, ainsi que la faible estime qu'il a pour la vie humaine. 

Quelle est la logique de mettre dans des avions destination cul-de-sac des femmes et des enfants qui fuient de toute force la misère?

Quelle est la logique qui conduit à la maltraitance étatique et à la mort des milliers de gens qui se noient dans la Méditerranée, étouffent dans des camions?

Cette logique est celle de la peur et de l'égoïsme, de l'indifférence et de bas calculs politiques sur le dos d'être humains.

 

Il nous appartient de changer cela en : 

  • Augmentant les quotas d'accueil au niveau national.
  • Instaurant un moratoire sur tous les renvois jusqu'à fin 2016
  • Exigeant le respect total des principes constitutionnels dans la manière de traiter tout être humain, quel que soit sa nationalité où son origine.
  • Condamnant sans relâche tout discours fallacieux du type: la barque est pleine.
  • Réaffirmant toujours, et sans cesse, que les droits humains sont indivisibles et inaliénables.

 

 

 

 

 

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22/08/2015

Cela ne vous rappelle rien ?

 

Cela ne vous rappelle rien ?

Une rafle au mois de juin : toi, tu vas au trou, toi tu restes en surface. Parce que tu es un homme, célibataire, que tu as commis un petit délit et même si tu as purgé ta peine :  le sous-sol c'est pour toi.

Les double et triple peine, cela ne vous rappelle rien?  

 

Une rafle au mois de juin :  la police anti-émeute contre des migrants pour les déplacer de force dans l'attente de leur déportation. Cela ne vous rappelle rien?

La police envoyée pour trier des gens. Le pouvoir qui justifie ce tri entre bons migrants et mauvais migrants, invoque la dignité de certains pour traiter les autres en sous-hommes, cela ne vous rappelle rien ?

Un magistrat de police qui tente de siffler la fin des droits humains. Un magistrat de police, capitaine à l'armée, qui use de sa parole et de son pouvoir pour s’en prendre à des militant.e.s des droits de l’homme, menace les citoyens qui font preuve de solidarité et se proposent d'accueillir chez eux des personnes harcelées, cela ne vous rappelle rien?

Cela ne vous rappelle rien ?

 

Faire de certains des exutoires bon marché, d'autres d'utiles boucs émissaires, considérer l'humain en fonction de son statut, de ses tampons sur ses papiers, des quotas et rouages politiques, plutôt que sa personne. Criminaliser les problèmes sociaux, pénaliser la contestation, décrédibiliser les mouvements qui défendent les droits humains, cela ne vous rappelle rien ?

Vraiment?

 

Abuser de l’argument de l'urgence pour bafouer le droit et la dignité due à toute personnes comme le stipule notre Constitution. Cela ne vous rappelle rien ?

 

Faire de la Constitution un simple bout de papier, voir un torchon, avec lequel s'essuyer au nom de l'urgence, de l'économie, ou des principes supérieurs de l'Etat, cela ne vous rappelle rien?

 

Rien n’a commencé par une rafle en juin, tout se poursuit, quotidiennement, depuis des années, dans un état de droit en danger qui tolère que des hommes soient traités en sous-hommes, discriminés, écartés, logés dans des abris avec pour toute nourriture des barquettes à réchauffer; la lumière électriques en continu, et des punaises de lit sur les châlits.

Cela ne vous rappelle rien, vraiment ?

Vraiment?

Peut-être parce que vous vous dites: cela ne me concerne pas.

 

Mais qui sait, de force, et dans très peu de temps, cela pourrait vous revenir et vous concerner plus directement. 

 

 

Cela ne vous rappelle rien, vraiment ?

Vraiment?

 

 

 

 

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05/08/2015

La capote et le territoire

download10.jpgMercredi

J’ai dans mon sac une pierre prise dans un bas pour cogner. Des talons aiguilles dans les yeux, je t’assure, ça fait mal.

Tu me vois, je suis là, à une et à deux et à trois heures du matin, dans la nuit dans le froid, tout l’hiver parfois. Mais je suis ailleurs en même temps, beaucoup plus loin qu’ici.

Ce que j’expose n’est pas ce que je suis, qui je suis est à l’abri bien loin.  Je me répète peut-être. Peut-être que je t’ennuie… qui je suis n’est pas celle que tu vois.

Qui je suis ne travaille pas après minuit, ne mets jamais de bas.    

Il y a plein de prostitués dans les boîtes d’assurance et les banques.

Je suis travailleuse du sexe.

Ce n’est pas parce que je travaille avec mon corps que je suis à vendre. Je facture un service, c'est à prendre ou à laisser. Ce n’est pas ma personne que je solde. Cela, les mecs ils ne le comprennent pas. Pour que leur fantasme fonctionne, il faut le leur laisser croire. Je suis une comédienne. Life is a stage. Je vais aller voir la pièce de Devanthéry à l’Orangerie cette semaine : to be or not to be. Shakespeare. Ça m'intéresse.

Je parle le moins possible. Je reste toujours le plus neutre possible. Comme cela, les hommes peuvent projeter tout ce qu’ils veulent, remplir ma corbeille vide de leurs joies, leurs colères, d’impatiences et leurs fleurs.

Je facture un fantasme. Ils paient sa réalisation.

Je travaille avec mon sexe. C’est dans ce trou que je fore. Par ce terrier, dans l’abri de verre, que je me construis, en ressors. J’essaie de comprendre ceux qui viennent me prendre. Tu ne peux pas savoir combien j’ai appris sur le trottoir. Ni comme les gens aiment salir, raconter des ragots et te déverser leurs ordures.

Je n’aimerais pas que mon fils apprenne que je travaille dans la rue. C’est la dernière chose que je veux voir. J’aurais trop honte. L’argent que je gagne, c’est durement. Je paie mes impôts, comme tout le monde, je cotise pour ma retraite. Il y a de la place pour tout le monde ici, mais le prix à payer est salé. Tu dois t’exposer, tu peux choisir ce que tu mets en vitrine. Tu n’en sors pas inchangé. Tu dois te vendre. Toi seule évalues ce que tu donnes et pour combien tu l’abandonnes.  

Le territoire, c’est vital.

Les filles, les nouvelles, sont de plus en plus jeunes. Elles s’en foutent de casser les prix. Pour deux fois rien tu baises. Pour quarante balles, elles font tout maintenant. Pour presque rien, un rapport complet. Moi, j’ai des enfants à nourrir, leur éducation à payer. En vieillissant, tu dois aussi t’occuper plus de toi. Les dents, les yeux, les seins.

download.jpgElles, elles cassent le marché. Elles se mettent dans le coin là-bas et si tu les fais chier, leur mac rapplique. C'est difficile dehors, tu vois. La semaine passée, la chinoise s’est fait bastonner. Elle n’est pas encore revenue. Même le plus petit bout de trottoir c'est un enjeu, du moment qu'il est bien exposé.

Les filles savent très bien où se mettre, où il faut aller, ne pas s’arrêter. J'ai trouvé une chaise dans la rue. Je l’ai accrochée à un soupirail avec un cadenas. Je fais 1234 pour le sécuriser. Comme cela, la nuit, quand j'ai mal aux jambes, souhaite m’asseoir, je le fais tranquillement. Cela devient mon salon et je regarde passer ceux qui me regardent m'asseoir. 

Parfois on fait fausse route. On ne pensait pas lâcher autant, ni être rattrapées par le temps. C’est ainsi. Des filles vieillissent mal. L’occasionnel a duré. Elles ne savent plus mordre. Elles sont foutues. Elles ne peuvent plus dire non. 

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

 

Texte écrit suite à un travail sur le boulevard des Tranchées avec les travailleuses du sexe pour l'association Aspasie, la rédaction de son journal Mots de Passe.


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02/08/2015

Clients, bourreaux, sauveurs

IMG_1138.JPGDimanche

Je préfère la lumière des lampadaires aux boîtes des parkings.  Je ne laisse jamais les mecs prendre trop de pouvoir, se raconter des histoires.

 

Ils veulent tous me sauver, me baiser, me sauver, me baiser, me sauver.

Dans leur tête, c’est du pareil au même.

Mon corps, il est ici. Mon cœur, il est là-bas. Avec mon amoureux qui boit un soda dans sa voiture et attend que j’en finisse.

Je propose un rapport professionnel, et basta. Si le mec s’emballe, je le calme, le recadre, avec doigté, toujours.

J’en ai eu qui m’amenaient des fleurs à chaque fois, voulaient me marier, me placer dans leur bonbonnière. Ils étaient mariés, ils étaient bourrés, ils étaient sincères. Vous ne pouvez pas imaginer les solitudes et les vides intersidéraux que j’ai comblés.  

Il y a un chef d’entreprise qui voulait m’épouser. Je te jure, il venait régulièrement me voir. Mais je suis claustro. Je n’aime pas les espaces clos et les mecs qui m’étouffent, même quand il y a de jolis lustres et deux serviteurs à l’entrée; même quand on reçoit tous les soirs de la semaine et que les noms des invités sont écrits sur de jolis papiers.  

Pour cela, je ne travaillerai jamais en salon. Je respecte les filles qui le font ; mais moi, c’est sur le boulevard que je bosse. J’aime l’indépendance, pas les sonnettes. J'aime le vent et la pluie, pas les chiens à l’entrée, le gravier dans l’allée et les rideaux aux fenêtres.  

 

IMG_1139.JPGJe sors quand je veux. Je turbine quand je peux. Personne ne me dicte de rythme ni d’heures de travail. Je ne fais pas d’abattages. Je ne badge pas. Je ne pointe pas. Je fais des pipes, c’est tout. Je ne m’enquille pas des mecs parce qu’il faut passer par là. D’autres sont moins bien loties.

Je laisse passer des voitures. Je ne retourne pas toujours les sourires. Je choisis. J’ai grandi là-dedans. Je sais comment y faire ma vie.

Clients, bourreaux, sauveurs, ce sont des hommes avant tout. 

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

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31/07/2015

Genève, la nuit

ArwmX5efpF4D43iODWRfhV7Rn-SMyHgaGRUDMkwdAUM.jpgVendredi.

J’ai été violée par mon premier mec.

Mon corps ne m’appartient plus. Ce qui est dedans n’est plus à moi. Il n’y a plus rien de protégé. Plus rien à soustraire, plus rien à préserver.

J’en parle toujours comme s’il s’agissait d’une autre. Comme si c’était arrivé à une femme qui est ma meilleure amie. Parfois je regarde les plaques des rues et je les récite, ça m’empêche de trop penser : rue Jean Sénebier, boulevard Helvétique, rue de l’Athénée, rue François d’Ivernois, puis je recommence dans l’autre sens rue François d’Ivernois, Ferdinand Hodler, rue de l’Athénée, boulevard Helvétique, rue Jean Sénebier. Des mecs que des mecs, tout le temps.

J’exige toujours la capote. Les mecs sont des tarés. En baisant, ils essaient de l’enlever, de te mettre sans protection, à nu. Avec un mec derrière moi, je garde toujours un doigt à la base de son sexe, pas qu’il l’enlève. Quand je tourne le dos je regarde par-dessus moi.

A l’intérieur, à l’intérieur de moi je fais des signes de croix.

Dieu est toujours là quand je travaille.  

Dieu est toujours là quand je baise.

 

Je me protège du mieux que je peux.

Toutes les filles te diront ça, mais tu verras, après, pour le fric, pour un soir, parce qu’elles font confiance, parce qu’elles en ont marre, elles vont risquer leur corps et leur santé.

Moi, je mets les choses au clair. Ce sont les lois du marché qui veulent ça. Le tarif, la durée, où on va et comment : tout est posé d’entrée. Je ne laisse rien au hasard.

Je suis douce, ferme, et polie.

Le client est roi. Mais il ne doit jamais me prendre pour une conne.

Je rentre dans sa voiture. C’est son territoire. Quand je suis embarquée, je prie.

 

yycE4FdUubLTNZmN-MtkVM4KO23_o7ILFgX3aT7FEUE.jpgC’est sur le trottoir, exposée, que je me sens le plus en sécurité. Car il y a les collègues qui travaillent, je connais chaque coin du boulevard, la petite rampe qui monte d’un côté, et redescend de l’autre, les balustrades en ferronnerie rouillée où s’adosser. C’est un lieu que j’ai appris à apprivoiser.  Il m’est devenu en quelque sorte familier.

Dire que je l’aime ce serait trop dire, mais je l’ai apprivoisé. Ou peut-être est-ce l'inverse en fait. Je ne sais pas. Genève, la nuit, pour moi, c'est comme cela.

Voilà tout.

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

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30/07/2015

Amène des fleurs, s’il te plaît

prostitution,genèveJeudi.

Tu vois l’homme qui tourne là-haut depuis toute à l’heure ? C’est un voleur, un dingue peut-être, ou les deux. Ici, on est environnées d'hommes comme ça.

Je ne sais jamais à qui j'ai affaire, sur qui je vais tomber. Me mettre là, sur la route c’est risquer ma vie, ma peau. Quoi que je fasse, c’est ce qui peut arriver.

Un dingue peut planter sa voiture devant moi et me tirer dessus, sans que je n’ai pu bouger ni eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait. Sans que je n’ai rien dit ni fait d’autre que de venir travailler là ; me mettre sur ce bout de route, de trottoir.

Je risque tout le temps de me faire planter, trouer.

Mais je suis croyante, je prie. Si les saints m’abandonnaient, je n’aurais plus aucune protection. Je pourrais mourir ce soir, dans une heure. Tu viendrais, et je ne serais plus là.

A l’hôpital ou à la morgue, amène des fleurs, s’il te plaît.   

Pas d’alcool, pas de drogues. Mon corps, c’est ma fabrication. Je suis une athlète. Je place mes protections en amont. Quand j’arrive, je suis bien préparée. Même à moins cinq degrés, je dois travailler; avoir l’air jolie, ou à tout du moins mutine, selon les lois du marché.

Il faut plaire au client, quel qu’il soit, pour qu’il revienne. Laid ou pas, lavé ou non. Quand tu as tes réguliers, c’est mieux. Ce sont les lois du marché qui veulent ça.

Je ne monte pas avec des personnes que je ne sens pas. J’ai des règles, un code de conduite. Je regarde bien comment la voiture tourne, la gueule du mec, d’où il vient, ses plaques minéralogiques. J’apprends de mon passé. Il y a des mecs, je n’irai plus jamais avec eux, d’autres je m’y risque en disant : prudence, fais gaffe là. Mais parfois, quand faut y aller faut y aller...

 

(La cabane est ouverte aux quatre vents. Les volets tapent et les carreaux sont cassés. Le canapé rouge penche d’un côté, et au milieu il y  a de petits vêtements d’enfant éparpillés.)

 

prostitution,genèveDes filles sont déposées en rase campagne. Elles reviennent en marchant sur leurs talons durant des kilomètres. D’autres sont amenées dans des baraques lointaines avec quatre mecs qui les attendent pour les violer à l’arrivée, ici, à Genève.

Une amie s’est fait prendre par quatre tarés. Elle a dû se faire recoudre de partout. Fils et aiguilles dans la chaire perforée. On ne l’a plus jamais revue. Dents, nez cassées, poignets tordus. Elle n’est plus revenue travailler. Cela ne m’est jamais arrivé encore. C’est la chance ou un compte à rebours enclenché. Je ne sais pas.

Du moment que tu t'embarques, tu risques tes os, ta peau, ta cage thoracique. Ce sont les lois du marché.

Ce qui te bousille aussi, ce sont les dingueries des mecs. Tu dois être bien sûre de ce que tu veux faire ou pas, ce que tu acceptes ou refuses.

Si tu ne sais pas jusqu’où tu veux aller, tu finis par dériver.  

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

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29/07/2015

La queue des rats

prostitution,genèveMercredi.

Il y a des femmes qui me traitent de putes. Elles, elles passent d’un mec à l’autre quand elles ont bu un verre. Mais moi je n’ai toujours eu qu’un amoureux.

Les choses sont bien claires. Pas question de le tromper ni de passer d’un bras à un autre. La rue c’est une chose, l’intimité une autre. 

Pendant longtemps, mon amoureux m’accompagnait ici. Il m’y conduisait en bagnole, me déposait juste derrière les places bleues, sous le pont de la rue Saint-Victor.

Après, il attendait plus loin que la soirée se termine. On vivait ensemble dans une autre ville.

C’est mieux de mettre de la distance entre le lieu où l’on travaille et celui où l’on aime. Il grillait ses cigarettes, écoutait la radio dans la bagnole.

J’ai voulu arrêter de travailler.

Je lui ai dit que s’il le désirait, je me rangeais de suite. Il n’a pas répondu et continué de m’amener ici, comme si de rien n’était. Puis finalement, il est parti avec une autre. Il m’a trahi, comme un rat.

Je ne dis pas que tous les hommes sont des rats.

Mais leur queue…

 

Photographie: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

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27/07/2015

L'amour, les lois du marché

eric roset, www.eric-roset.ch

La Prostitution est un Art, un Humanisme et une Science

–Grisélidis Réal- 

 

Lundi.

 

D’abord je me mets devant le miroir, et me regarde à peine. Avant toute chose je me maquille, me recouvre de poudre, de rouge à lèvre, m’étire les cils.

Après seulement, je retire mon sweat-shirt à capuche. Je garde mon portable avec moi ; les petites touches qui s’allument, c’est beau comme un sapin de Noël. Cela me change les idées, comme quand je passais gamine sur la rivière, sautant d’une pierre à l’autre, ça me distrait et j’en ris. A ceux qui m’appellent, je réponds en tout temps.

Je suis disponible. Je peux laisser sonner aussi quand je suis épuisée.

Je sais être ouverte, je peux me refermer très vite.

Je prends mon sac à main, un faux truc en croco, petit compact sur le fauteuil d’entrée. Je dis au revoir au chat ; vérifie qu’il a bien toutes ses croquettes, un bol de lait froid. Je ferme la porte doucement. Cela sent la soupe, le chou, le saucisson dans la cage d’escalier. Pas un bruit, les voisins sont couchés. Il savent être discrets. Je ne les connais pas. Je pense à mon fils. A ma mère qui s’en occupe quand je suis loin de lui.  

De chez moi au boulevard Helvétique, il y a 200 mètres seulement, mais j’y vais toujours en taxi. J’appelle toujours le même conducteur, je le connais. J’ai toujours son numéro sur moi. Il vient me prendre à heures régulières, me ramène à la maison quand je veux, n’importe quand.

Au quotidien, je suis basket et training. J’aime être décontractée à la ville. Travailler, c’est enfiler un costume, changer de personnalité. Ou plutôt : la mettre en veille. Je ne marche pas dans les rues quand je suis de mise pour le travail. Je ne marche jamais sur mes talons. J’aurai trop peur que l’on me prenne pour une pute.

Tu me vois la journée, la nuit, tu ne me reconnais pas.

Tu me vois la nuit, la journée tu ne me remarques même pas.

 

01MbV9fLCBcqlkIffjOJp71fP93A_91NwSyBOgSOj5A.jpgLa nuit - c’est différent - je dois tout faire pour me faire voir. Je dois te montrer, clairement, qui je suis, pourquoi je suis là, et ce que je négocie. Ma présence, c’est du boulot mon gars.

A 23h rien n'est clair. A 2 ou 3h du matin tout le devient. Le costume fait la différence. Le regard que je lance aussi. Il n’a pas la même nature ici et là. Tu la vois la différence ?   

Pour aller au travail, je ne marche jamais sur les trottoirs. Je les arpente quand je bosse seulement. Certains soirs, je vais au boulevard Helvétique, au boulevard des Tranchées, comme si je montais au front.

Bon, je ne sais rien de ceux qui vont au boulot comme à la guerre ; mais j’imagine qu’ils y vont dans la banalité, emportés par le mouvement général, et basta. De toute façon il n’y a plus de lignes de nos jours.

La guerre est partout, tout le temps, et le fric, il faut aller le chercher. Selon les lois du marché.

Certains soirs, je ne sais pas pourquoi j’y vais. Ça va te choquer, mais peut-être parce que j’aime ça aussi, faut croire. Etre dehors et aimanter ces mecs du regard, les dominer aussi. Mais surtout, j’ai besoin de fric. Comme tout le monde. Selon les lois du marché.  

Ce que je fais, je le fais bien. J’ai développé des compétences, un savoir-faire.  Je sais y faire, je suis habile, je suis rapide, les hommes: les mariés, les coincés, les timides, les fatigués du pouvoir, aiment ça.

Je me suis adaptée aux lois du marché.

J'y excelle même. Pourquoi me jugent-ils?

 

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

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06/07/2015

Journal d'un exilé

genève,asile,migrants,elisa-asileDans son journal d'exilé, Yaovi Mawussi Bossa fait le récit de son arrivée en Suisse le 15 mai 2014 en provenance du Togo. Il est alors placé en détention à l'aéroport avant d'être incarcéré à Frambois.
Ce petit ouvrage autobiographique rédigé avec l'aide de personnes retraitées participant à l'atelier d'écriture du Groupe des Aînés de Carouge et de l'Agora -aumônerie genevoise oecuménique auprès des requérants d'asile- touche juste. La préface de Gerda Ferrari, rappelle le contraste entre cet homme arrivant d'un parcours d'exil brisé et des aînées l'accueillant dans leur atelier d'écriture.
Comment se faire entendre  
Comment mettre en ordre le récit, dire l'indicible, l'inaudible, le formuler, afin d'être cru des fonctionnaires de l'asile?
Comment raconter le fait que l'on n'ait pas été jugé crédible? 
Comment survivre dans un système pervers où le mensonge est une manière de maximaliser ses chances; la falsification une tentative de dire sa vérité et sa détresse?
Comment rester droit quand le système est tordu ?
Les Suisses adoraient les malades. Pour se sauver les détenus souhaitaient être atteints d'une maladie grave. Je fis le test de dépistage de VIH sida mais dommage c'était négatif (!). A Frambois, faudrait pas souhaiter une bonne santé. Je n'avais jamais vu ça. La maladie était salvatrice, elle seule pouvait libérer.  
 
Le système de tri : une fatalité?
On avait déjà, dans les films de Fernand Melgar : La Forteresse ou Vol Spécial, pu constater les effets pervers du tri et de l'évaluation des récits par des fonctionnaires fédéraux. Avec Journal d'un exilé, c'est un témoignage supplémentaire, touchant, politiquement incorrect, maladroit, blessé et blessant parfois, d'un homme qui raconte ce qu'il advient de lui dans les méandres du système carcéral et administratif helvétique. Yaovi Mawussi Bossa devient le jouet d'un système, dont les codes lui échappent. Il emploie son énergie et les moyens à se disposition pour s'en défendre.   
Son récit, dans ses différentes étapes, est un formidable sismographe émotionnel. Haine, sentiment d'injustice envers les blancs, révolte, soumission, découragement, Il nous tend un miroir sur l'accueil et l'hospitalité dont notre pays fait preuve, enfermant sans délit notoire un Homme derrière des fils de fer barbelés durant de longs mois à seule fin de l'expulser.   
Que demande-t-il au juste ?
Je ne demande pas que la Suisse me prenne en charge, mais juste la liberté et que je me débrouille moi-même; juste de pouvoir aller en France, où il est attendu, poursuivre sa route. Que demande-t-il ? Une forme de compassion,de respect, parce qu'il est un Homme, parce que les nationalités, les passeports les papiers ne peuvent pas prendre le pas sur ce qui nous constitue intérieurement. Il nous éclaire sur les rouages du système, nous jette à la gueule son inhumanité, la (dé)classification et la violence du tri; la détention qui rend dingue.    
 
Non aux renvois
Lors de l'occupation du Grütli, des journalistes ont essayé de démontrer que certains requérants n'avaient pas droit de parole ou avaient été instrumentalisés par des mouvements politiques et associatifs. Ils pourraient aujourd'hui se faire l'écho de ce recueil, s'ils cherchent des témoignages, ou aller en recueillir d'autres derrière les grilles de Frambois, de l'aéroport.
En tout les cas éviter la polémique de la récupération et être attentifs à leur propre instrumentalisation politique.
Finalement, ne font-ils pas aussi le jeu d'une politique qui escamote la question des migrants incarcérés, du renvoi continu et inhumain de ceux-ci, en toute banalité, au quotidien? 
Allez donc, journalistes, faire toc toc à Frambois pour demander à parler à ceux qui y sont et vous nous raconterez qui peut parler et de quoi. Allez donc, journalistes, à l'aéroport, nous raconter les vols spécial et les mamans qui sont expulsés par les flics deux enfants sous les bras... 
 
 
Smooth and easy
En lisant ce journal d'un exilé, on prend conscience des flux de déportés, d'une machine d'expulsion bien huilée, du système légal de séquestration et d'exploitation (les petits boulots à 3.- de l'heure) Il pose la question d'un système coûteux et inhumain, nous invite à réfléchir à un sujet difficile : celui de notre capacité d'accueil et de notre rage d'expulsion, de la volonté d'être humains, mais surtout pas trop... de crainte d'être trop accueillants.   
 
Journal d'un exilé est en vente à la librairie du Boulevard ou commandable au 022.930.00.89. C'est un photocopié avec page de couverture plastifié et transparente. Un recueil très simple, un témoignage avec quelques points de colle et une mise en page Word aléatoire.
 
L'association Elisa-Asile organise une lecture du Journal d'un exilé de Yaovi Mawussi Bossa
Lundi 6 juillet à 19h30, Café Gavroche, Bd. James-Fazy 4, Genève
La lecture sera précédé d'une présentation de la situation des requérant-e-s d’asile dont la requête de protection a été rejetée par les autorités suisses.
L'auteur ne sera pas présent à la lecture de son recueil.
 
 
 
 
 

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16/06/2015

La rafle des Tattes, l'abri du Grütli

 
Que l’Hospice Général décide de déplacer dans des abris PC à Carouge les hommes migrants célibataires du foyer des Tattes afin de libérer de la place pour des familles syriennes c’est une chose. Que la police soit envoyée ce mardi pour exécuter l’ordre est tout autre chose. 
 
Parce que certains migrants ont reçu des courriers leurs annonçant ce déménagement, d’autres non. Parce que certains se sont présentés à l’abri PC de la Gabelle, d’autres ont refusé de le faire, d’autres n’ont pas compris ce que ce courrier leur intimait de faire. Parce qu’il est dégueulasse d’envoyer la police pour réduire des gens dans des abris PC.  Un problème social doit être réglé d’une manière sociale, politique, pas policière.  
 
Ces hommes ne sont pas du bétail
A qui peut-on reprocher de ne pas se présenter à la porte d’un abri pour y être placé dans des conditions de survie ? Toute personne censée résisterait, encore plus quand un parcours de migration, de guerre, de traumatisme et d’abus a fragilisé tous les rapports à l’autorité et à la force policière. Non, tous les migrants destinés à l’abri de la Gabelle ne sont pas allés spontanément se faire enfermer. Certains n'ont pas compris ce que la police leur voulait. Ils n'ont pas compris! Fallait-il user de la force publique pour les déplacer de force ? C’est ce que le Conseil d’Etat a choisi de faire, envoyant la police au foyer des Tattes pour aller rafler ces hommes. Et maintenant : le reste à Champ-Dollon?
 
La rafle des Tattes  
Ce lundi 15 juin, les policiers entrent aux Tattes, dans les studios. Ils pointent des hommes du doigt et disent : toi, et  toi et toi, essaient d’emmener de force ceux qui  ne comprennent pas ce qui leur arrive.  Employer la rafle et la force n’est pas responsable pour un Canton comme celui de Genève. A une question sociale il faut une réponse sociale, pas policière. 
 
La dignité comme résistance 
Les migrants, appuyés par le mouvement Solidarité Tattes et Stop bunkers se sont alors réunis pacifiquement dans la cour des Tattes et ont organisé une forme de résistance citoyenne. Le groupe décide de quitter les Tattes et descendre à l’église du Sacré Cœur, à Plainpalais. La police poursuit le cortège, le laisse se faire son chemin sans le protéger de  la circulation. Arrivé devant l’église du Sacré Cœur, la porte est close. L’église catholique n’ouvrira pas aux migrants jetés sur la route.
 
Le symbole du Grütli 
Le seul refuge que trouve la quarantaine de migrants est le centre culturel du Grütli. Les portes du théâtre sont ouvertes par le Conseiller administratif en charge de la culture Sami Kanaan avec l'accord du Conseil administratif de la Ville.. Face à la violence de la police, face à la désorganisation d’un déplacement mal organisé de migrants terrorisés, la culture joue son rôle de refuge et d’abri. Face à la rafle policière décidée par le Canton, un espace culturel  est ouvert dans l'urgence pour que des hommes ne dorment pas à la rue ou soient enfermés comme des chiens sans collier. 
 
 
Le Grütli accueille les migrants 
Il y a là une image très forte pour la Suisse et Genève, que des migrants, déplacés, réfugiés, traumatisés, que l’on chasse avec des policiers pour les mettre dans des abris sous-terre, que l’on cherche à cacher encore, trouvent refuge dans un lieu culturel qui plus est nommé Grütli, lieu du mythe fondateur de la Suisse!
Cela doit nous faire réfléchir sur la place que notre société donne aux plus précaires et comment notre pays respecte sa propre constitution, honore son préambule qui rappelle notre devoir d’assumer nos responsabilités envers les générations futures, sachant que seul est libre qui use de sa liberté et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres.
 
En espérant qu’un nouveau pacte, culturel, social et non policier, puisse naître de ce refuge trouvé par des migrants un jour de juin à Genève, alors qu’ils avaient la police à leur trousse et le langage de la violence pour toute réponse à leur demande d'asile. 
 
RASSEMBLEMENT MARDI 16 JUIN 18H GRÜTLI
derrière le bâtiment -place Bela-Bartok- côté place du cirque. 
 

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12/04/2015

Servette FC : l'auto-goal de François Longchamp

Alors que Lausanne  fêtera en juin les 100 ans de la présence du comité international olympique (CIO) dans la commune, que le siège de l'UEFA est à Nyon et celui de la FIFA à Zurich, Genève défraie la chronique sportive d'une autre manière, martyrisant son histoire sportive. Le Servette FC, fondé en 1890 et qui fêtera ses 125 ans ce printemps, pourrait faire faillite. La sonnette d'alarme a été tirée le 1e avril par le président du club Hugh Quennec. 


Les sportifs contre les gagne-petits

Les sportifs ont du coeur. Michel Pont, Gérard Castella, Gilbert Guyot, Christian Karembeu, Caroline Abbé et plus de 100'000 personnes passionnés par le foot dans ce canton sont mobilisés. Le Servette FC risque sa peau, plombé par la gestion d'un stade mal géré par un Conseil d'Etat trop content de s'être débarrassé de son exploitation pour 32 ans via l'ancien président du Servette Majid Pishyar.

Ce Conseil d'Etat fait penser à une équipe qui mise sur un 0-0 pour essayer de l'emporter au penalties. Sauf que battre Servette n'apportera rien de bon à Genève. Aujourd'hui, les sportifs luttent contre les gagne-petits.     


La désastreuse gestion de Longchamp

Monsieur François Longchamp se moque du Servette FC et du sport.

Lors de l'émission Forum de la RTS du 1e avril, il a fait preuve d'une morgue incroyable, demeurant catégorique sur son refus d'entrer en matière au sujet du stade de Genève et de la finition des travaux. Non, pas un sou pour les travaux sur ce stade. Non, pas un sou pour éviter au Servette FC la faillite. Non, pas un sou pour le sport. Quel auto-goal de la part du président du Conseil d'Etat, et surtout quel manque d'ouverture au dialogue avec le Grand-Conseil, les habitante.s, et tous ceux qui aiment le sport à Genève!  

Quand Longchamp se mélange les pinceaux

Longchamp confond totalement la question du stade et celle du soutien au club. Il ne s'agit pas ici de soutenir une équipe professionnelle de football mais bien, pour l'Etat, propriétaire du stade, de terminer le boulot, ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps. Monsieur Longchamp s'arque boute sur cette convention d'opérette signée avec Pishyar. Cela n'est pas digne de Genève.

Le stade est pourri, le Conseil d'Etat l'a construit. Le Conseil d'Etat est pourri s'il ne reprend pas ce dossier en main. Cela pourrait ressembler à un chant de supporter, c'est pourtant la réalité. Le Conseil d'Etat ne peut pas se défausser de sa responsabilité.   

Longchamp ou le mépris du terrain

Longchamp dit "club de football" comme s'il s'agissait d'un mot sale.

Il montre par là son ignorance de la complexité du monde sportif. Et surtout, il prétend ignorer que pour une collectivité publique qui prétend assumer des tâches sportives régionales, il doit entretenir et fournir des installations adéquates et de qualité. Charles Beer l'avait rappelé en 2013 : "Le stade doit être rénové ou rasé, la politique de l'autruche devient irresponsable".  Qu'a fait le Conseil d'Etat depuis lors ? Rien. Si ce n'est voter une loi pour le Sport sans moyens et sans volonté politique pour l'appliquer. Clap clap clap pour les champions! 


Pas un soutien au club mais un entretien du stade

Il est clair que le club n'a aucun argent à recevoir pour la gestion de l'équipe pro.

Il est par contre injuste que les finances du Servette FC d'aujourd'hui soient écrasées par l'entretien d'un stade pourri, mal pensé par un Conseil d'Etat qui ne l'assume pas.


Politique de l'autruche ou poisson d'avril?

Monsieur Longchamp connait bien les difficultés du Servette FC, et cela depuis longtemps. Il nous prend pour des pives quand il prétend avoir cru à un poisson d'avril lorsque le président du Servette a annoncé le risque de faillite pour le club.

Longchamp botte en touche, fait l'autruche, et laisse Servette couler à cause de la convention d'opérette signée par Majid "magic" Pishar. Le Conseil d'Etat sait depuis longtemps que cette convention est impossible à honorer pour le club. Il a choisi de ne pas s'occuper d'un dossier pourri qu'il a mal géré du début à la fin. C'est moche.

 

Au final, c'est Genève qui perdra

S'il se poursuit, le bras de fer entre le Servette FC et le Conseil d'Etat fera une victime  : le sport à Genève. Si Servette devait aller en faillite, Monsieur Longchamp et son Conseil d'Etat en porteront la responsabilité, ayant joué petit bras et choisi de se défausser sur son locataire de leur responsabilité d'un stade pourri, inadapté et inachevé.


Un conseil d'Etat comptable et mauvais gestionnaire

Le Conseil d'Etat serait bien inspiré, lui d'ordinaire si prompt à donner des leçons aux communes, ayant même l'ambition de vouloir reprendre la gestion de grandes institutions, d'observer comment la Ville de Genève a travaillé pour permettre au club de hockey de se tenir à flot avec un savant équilibre de soutien à la relève (Genève Futur Hockey) et de mise à disposition d'infrastructures avec travaux et réaménagements : réfection des tribunes publiques, aménagement des loges VIP, etc., La collectivité publique a assumé ses responsabilités grâce à Manuel Tornare puis Sami Kanaan.

Aujourd'hui la patinoire arrive au bout, et que fait le Conseil d'Etat pour la nouvelle? Du vent, encore. Longchamp critique même le fait que la Ville veuille s'y investir. Mais qu'il réalise quelque chose alors !    

 

Un Conseil d'Etat incapable d'assumer ses responsabilités

Aujourd'hui, le Conseil d'Etat est sur la touche.

Il a laissé pourrir le dossier du stade de Genève et le projet de la Nouvelle patinoire au Trèfle Blanc est planté.

Monsieur Longchamp, avant de donner des leçons de gestion aux communes devrait regarder son équipe politique, incapable d'aller de l'avant. Si on le laisse aller, il va finir par tuer d'abord le Servette FC puis le Genève Servette Hockey. Que les dieux du stade préservent le club du Conseil d'Etat. Marre des technocrates qui prétendent diriger mais veulent avant tout ne pas perdre et juste donner l'impression qu'ils gèrent.  


Faisons rentrer les remplaçants, et vite

La gestion du dossier du stade de Genève est à ce jour un auto-goal pour Genève. Un de plus de la part d'un Conseil d'Etat gestionnaire et autocratique, légaliste à crever, qui manque totalement de coeur et d'envie.

Faisons rentrer les remplaçants, et vite, que le Grand Conseil prenne en main ce dossier et impose au Conseil d'Etat une solution et un engagement de l'Etat pour terminer la réfection et l'aménagement du stade, sinon ce sera cuit pour le Servette FC.

Ceux qui auront gagnés seront alors ceux qui méprisent le sport et les sportifs, au premier rang desquels si rien ne change, il faudra bien compter Monsieur François Longchamp.      


 

 

Sources:

http://www.tdg.ch/sports/sfc/cinq-raisons-fondamentales-soutenir-servette/story/24985464

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6649396-le-servette-fc-est-a-nouveau-au-bord-de-la-faillite-01-04-2015.html?f=player/popup

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6652583-le-torchon-brule-entre-le-servette-fc-et-le-conseil-d-etat-genevois-02-04-2015.html?f=player/popup

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27/03/2015

Sports : poursuivons l'effort !

hommage-champions-sport-ville-geneve.jpgLe sport en  Ville de Genève va bon train. Il a un large soutien. Les rénovations des terrains se sont accélérées ces dernières années, et de nouvelles installations de proximité ont vu le jour (les proxisports, installés dans de nombreux parcs, permettent de pratiquer du sport gratuitement et en plein air).

La Ville de Genève a le leadership en terme de sport. Le sport en Ville de Genève, c'est un budget de 43 millions (10 fois plus que celui du Canton), c'est 44% du budget de toutes les communes réunies. C'est près de 133'000 personnes membres d'associations ou de clubs qui fonctionnent grâce à l'apport indispensable du bénévolat. De 2011 à 2015, ce sont 22'000 inscrits aux cours du service des sports et près de 8 millions d'entrées comptabilisées dans les infrastructures sportives, dont 2,9 millions concernent les piscines des Vernets et de Varembé! On peut comprendre que ces piscines commencent à saturer. La demande est imposante. La Ville va ouvrir une nouvelle piscine à Chandieu, rénove le petit bassin des Pâquis, mais il faudra à terme construire une nouvelle piscine olympique.

Soutenir les bénévoles

Le magistrat de la culture et du Sport, Sami Kanaan a récemment organisé un forum sur le bénévolat, conscient des efforts importants que réalisent les passionnés de sport, mais aussi des limites imposées aujourd'hui par la vie professionnelle au bénévolat. Si le bénévolat touchant à des événements ponctuels ou spectaculaires se porte bien (il n'y a pas eu de difficulté pour recruter lors des matchs de coupe Davis à Genève, mais lorsque Federer n'est pas là, la mobilisation est beaucoup plus compliquée). Le bénévolat ponctuel marche bien. Le bénévolat à l'année s'essouffle, que ce soit dans les comités, ou au bord des terrains. Les difficultés ont augmenté (administrative, relationnelles parfois, voire conflictuelle). Dans une société qui semble à cran, le sport est un rempart important contre les pétages de plomb. Comment prendre soin de ses agents, et que faire alors pour améliorer leur situation? Lancer un véritable plan d'action pour le bénévolat, c'est le signal très fort qu'à donné le magistrat Sami Kanaan. Bravo. 

Lutte contre l'homophobie et promotion du sport au féminin

Si la promotion du sport va bon train, il faut relever la belle initiative de la Ville de Genève de mener la campagne de lutte contre l'homophobie avec l'association suisse des services de sport. Le racisme n'a pas sa place dans le sport, ni la violence. Et il reste tellement à réaliser dans le cadre de l'égalité femme-homme. Récemment j'ai été interpellé comme membre de la commission sports du conseil municipal par une habitante témoignant avoir été dégoûtée en voyant un femme s'essayant au proxisport se faire reluquer par des mecs sur un de ces engins. Trop souvent encore, le sport dans l'espace public est pensé au masculin. Basketball / football et puis quoi, c'est tout ? Il nous faut réfléchir à donner de la place à des sports mixtes et à l'identité moins genrée. Et puis, les temps de partage des terrains doivent être mieux répartis, et l'accès à toutes renforcée, en soutenant l'accès au genre le moins représenté sur les lieux d'exercice. Trop souvent les femmes passent après le gars. Il est injustifiable que l'espace public, sportif entre autre, soit encore si difficilement accessible aux femmes, et qu'elles y ramassent discriminations et moqueries. ll  est intolérable qu'une femme se pose la question de savoir si 19h n'est pas une heure trop tardive pour aller faire un footing dans un parc, comme j'ai pu l'entendre parfois.   Nous avons 20 ans de retard sur certains pays en la matière. L'effort sur les mentalités et le partage de l'espace public doit être poursuivi.

Le sport c'est bon, soutenons-le!

Le vieux débat sport professionnel versus sport amateur a trop longtemps été utilisé à gauche pour se désintéresser du sport tout court. Aujourd'hui, de nombreux professionnels gagnent à peine leur vie en pratiquant leur passion, et de trop nombreux bénévoles s'y épuisent. La Ville doit poursuivre son effort, et l'accroître encore, afin de mieux soutenir les clubs qui sont des modèles pour les jeunes, mieux encadrer les gamins, offrir des installations de qualité et multiplier les aménagements d'espaces urbains pour favoriser les sports de proximité (fitness, sports de glisse, de rampe, pistes cyclables).

A l'ère du tout numérique et du règne des écrans, le sport est un facteur essentiel qui ramène au corps, au rapport à l'autre, et à l'environnement. C'est un élément d'éducation au vivre ensemble et de découverte de soi. 

Sports : unissons nos efforts pour poursuivre l'effort, Genève s'en portera mieux.


Sources:

http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_3/Rapports/rapport-activite-departement-culture-sport-2011-2015.pdf

http://www.assa-asss.ch/cms/index.php?option=com_content&view=article&id=109:campagne-contre-l-homophobie-dans-le-sport&catid=26&Itemid=249&lang=fr


 

 

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25/03/2015

Le MCG veut la peau de l'aigle Sherkan

gshc_0.pngPendant que le MCG se montre les plumes à Onex avec son pestilentiel slogan "zéro frontalier", il y a un animal qui a lui tout seul illustre bien le ridicule de la position du MCG, c'est l'aigle Sherkan.


Car la coqueluche des genevois, la fierté du Genève Servette Hockey Club, est un vrai, un bon frontalier. Le fauconnier qui s'en occupe s’appelle Jacques-Olivier Travers, il est né en France en 1972. Fauconnier depuis 25 ans, il a créé en 1997, le parc des Aigles du Léman, sur la commune de Sciez en France voisine. Il s’occupe de Sherkan pour le club depuis le début. Diable, que vont désormais penser tous les politiciens du MCG qui adorent se faire prendre en photo à la patinoire et ne manquent pas de souligner combien le club leur tient à coeur alors que le symbole, l'emblème du club est un frontalier, qu'ils veulent à tout prix éradiquer de la vie genevoise  ? 

Sherkan :ambassadeur de Genève

Sherkan a très souvent été présent lors des évènements de la Ville ou du Canton de Genève. On a pu vérifier sa popularité lors de la Coupe Spengler à Davos où près de 900 personnes par jour venaient se faire photographier en sa compagnie. Jolie carte de visite pour Genève! On attend désormais avec impatience la motion ou l'interpellation du groupe MCG au grand conseil ou au conseil municipal demandant de virer l'aigle Sherkan pour engager un local ! Que l'on aille au bout du scénario tragi-comique du MCG. Qui sait, peut-être proposeront-ils la tortue Janus à deux têtes du musée d'histoire naturelle ou une bique du bois de la Bâtie de le remplacer pour chauffer la patinoire. Il n'y a pas à dire, il y aura vraiment du spectacle alors et nos joueurs se sentiront pousser des ailes... 

Sherkan: frontalier étranger !

Sherkan, le frontalier du Léman est né en 1999 au Canada. C'est donc un frontalier et un étranger...  et comme son espérance de vie est de l’ordre de 45-50 ans, il est là pour durer. Le MCG va en avoir des ulcères d'estomac. Un frontalier plane sur la ville! Et pire encore, un autre pygargue des Aigles du Léman est préparé pour remplacer Sherkan au cas où. Son nom : Kéops (pas vraiment un nom bien de chez nous, ça). Il est âgé de 6 ans... et voilà, encore un frontalier pour en remplacer un autre. Il y a du copinage là-dessous pensent les empaillés du MCG en se grattant le caillou.   

Sherkan : traître à la République ! 
Les MCG commence à flairer le bon coup. Vont-ils boycotter la patinoire? Y coller des autocollants zéro frontalier, menacer de tirer à vue sur tout volatile non estampillé swissmade et résidant à Genève qui déplierait ses ailes dans la patinoire? Pire, le MCG réalise qu'en 11 ans Sherkan a manqué deux matchs, une fois parce qu’il était reçu au palais de l’Elysée, et une fois parce qu’il participait à un spectacle d'importance, en France toujours. Diable, deux fois Sherkan a trahi son club au profit de l'hexagone, s'acoquinant même avec le palais de l'Elysée. C'est plus que trop, et suffisant pour virer l'indélicat rapace, traître à la République! Le MCG, par souci de cohérence, demande la peau de l'aigle Sherkan.

Leçon de l'aigle pour les empaillés

Pour conclure, excusez-moi d'avoir cherché à traiter avec un peu d'humour un sujet qui n'en recèle pourtant aucun, celui de la xénophobie et de la posture politique du MCG qui met en danger ce qui fait la force et la fierté de Genève: sa diversité, sa capacité à intégrer et valoriser les compétences de chacun.e, de soutenir la citoyenneté plutôt que le racisme. 

Pour ma part, que l'aigle Sherkan soit un frontalier, son fauconnier, l'infirmier, la juriste, l'enseignante, la boulangère, le chauffeur des TPG etc., des frontaliers aussi n'est pas un critère central. Je préfère me soucier des conditions salariales, du logement, et de la mobilité, facteurs autrement plus nécessaires pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses que l'origine de leur lieu de résidence, la couleur de leurs peaux ou de leurs plumes.  

Que la fiente de l'aigle Sherkan retombe sur la tête de ceux qui veulent en connaître la couleur et l'origine ! En la reniflant bien ils verront que le travail est du travail et que la merde est de la merde, peut importe de quel côté de la frontière elle provient, et qu'elle tombe toujours du haut vers le bas.

 
 
 

Sources: 

http://www.gshc.ch/fr/Club/Sherkan.html (Genève Servette)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/etude-professeur-flueckiger-frontaliers-prend-mcg-contrepied/story/15846981 (Frontaliers)

https://www.youtube.com/watch?v=AbcyeRJUruU (Oiseaux de passage)

http://www.synonymo.fr/synonyme/fiente (Fiente)

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23/02/2015

Gabrielle : Un roman pour gouines et pédés?

11016737_10153033937396826_6569304457252711471_n.jpgGenève-Calvingrad, c'est le pôle Nord de l'amour. Britney compensait avec de petites soirées fondue qu'elle passait avec elle-même.


Gabrielle d'Agnès Vannouvong est, à mes yeux, Le livre de ce début d'année. Sorti en janvier au Mercure de France, il parle d'amour, entre deux femmes et deux hommes, du désir d'enfants et de ses difficultés quand la quarantaine approche et que l'on aime quelqu'un du même sexe. Mais encore: de diversité, d'identités fluctuantes et affirmées, de désirs, de familles, de rage, de rejets et d'angoisse, sur fond de mariage pour tous et de manifestations contre le droit d'aimer qui l'on veut comme l'on veut; de la peur de vieillir, et de l'envie de créer de nouvelles formes à l'amour avec adoption ou PMA (procréation médicalement assistée)... et pourquoi pas?


Un roman ogive

Ce bouquin a une force et une gnaque pop qui ferait presque passer Virginie Despentes pour une rockeuse monomaniaque jouant sur une Gibson à une corde.

Vannouvong va vite. Vannouvong va fort. A toute bombe, elle déconstruit et construit dans un même mouvement. Au rythme d'un TGV à 360km/H et d'étreintes amoureuse: la sensualité, la sensibilité qui se dégagent du livre érotisent le pouls. La langue tranchante, incarnée, rappelle les embruns de Maylis de Kerangal, sauf qu'au lieu de sentir les ports, les corniches et le Havre, la cavalcade est résolument urbaine. Filant entre Paris, Genève, Avignon, Zurich, l'héroïne, Gabrielle, universitaire cosmopolite, vit une vie trépidante sur fond techno avec, dans ses oreilles, la nostalgie des tubes de Françoise Hardy en dub-stereo, et de Daniel Balavoine au transistor, accompagnant une réflexion sur la possibilité de l'amour dans une époque impossible.


Genève- Zurich : miroir tendu  

Gabrielle déboule à la street parade de Zurich. Son regard sur la ville : "Zurich la traîtresse, entasse l'argent sale, le trou noir des offshore, la convulsion financière qui transite entre les îles Caïmans et le Liechtenstein. Zurich, la blanche, couche avec le fric des nazis, les rues ignorent la couleur du papier gras, l'odeur de la pisse miséreuse."

Son regard sur ceux qui y habitent: "Les citoyens, bien éduqués trop peu révoltés, boivent depuis l'enfance des biberons Nestlé parfumés à la poudre d'or. Ceux qui rêvent de révolte vont voir du pays. Toujours, ils reviennent dans les vertes collines qui surplombent la prairie du Grütli, au-dessus du lac des Quatre-Cantons".

Fritz Zorn a trouvé sa descendance, elle déboule de Genève en Intercity. Rien n'a-t-il donc changé en Helvétie depuis Zorn? La description de la jeunesse dorée de la Goldküste sous MDMA est décapante. Genève n'est pas en reste, mais lieu de l'étreinte amoureuse, la cité de Calvin y est décrite sous des jours plus sensuels. Lecteur, on s'y promène et retrouve touriste de sa propre cité. Genève-Calvingrad, c'est le pôle Nord de l'amour. 


Les histoires d'amour finissent mal....

Gabrielle quand elle ne bouge pas, vit à Paris. A Genève, elle enseigne, et tombe raide dingue d'Hortense, universitaire, de vingt ans son aînée qui a une fille. L'idéologie : une famille, c'est papa-maman point barre, a du plomb dans l'aile, clair. Deleuze rappelait qu'il écrivait pour... (ceux qui n'ont pas de voix). Vannouvong, à travers Gabrielle, écrit pour "des corps mutants, des paumés aux identités fluctuantes, moitié rock, moitié punk, des étoiles, des trav, des prostitués, des types en perruque blonde, des tantes-mâles ou des folles, des marlous, des macs à la tronche tordue, des fétichistes qui s'abreuvent de pain de mie pisseux, trempé dans les toilettes, des Lola, des divas, des Divine, des honteuses planquées derrière des lunettes fumées, des filles perchées sur des talons aiguilles qui blessent les chevilles et les pieds jusqu'au bleu et au sang."

Elle écrit pour l'amour, aventure impossible à une époque où "on est plus amoureux de son smartphone que de son partenaire", où le couple qui dure et le fait de vieillir à deux semble un idéal ou un horizon devenu inatteignable pour beaucoup et où ceux qui tiennent le coup, le temps passant, ne font plus vraiment envie. Pourquoi, même au temps de l'amour débutant, en vient-on à fredonner inconsciemment les Rita Mistuko ou Brigitte Fontaine?


Etre maman ou papa ; quoi d'illégal ? 

Comment avoir un enfant quand on est femme aimant une femme ? - Rencontrer un couple gay et avancer vers la coparentalité, vu que les lois retardent et que la réalité l'impose et l'établit. Alors Gabrielle bricole, crée. Quand on aime, on résiste, on invente. Ce roman est un geste politique, pour l'adoption, la PMA, pour le droit de s'aimer, pour l'égalité des droits, pour une reconsidération des catégories censées englober le privé du public, le désir et l'amour. Roman d'une époque désenchantée ancré dans le désir et le devenir, refusant de céder à la dépression, Gabrielle, dans sa forme romanesque, permet de mettre de la poésie, de la sensualité, de la chaire, sur des débats essentiels et de les envisager autrement qu'à l'Assemblée Nationale ou au sein d'une assemblée de fachos de l'Opus Dei.


Gabrielle: un roman pour gouines et pédés?

Non. Un roman libérateur, émancipateur, qui fait la nique à tous les empêcheurs de s'aimer, à tous les castrateurs, conservateurs de l'ordre établi, les terrorisés et terroristes des moeurs; un roman qui fait le lien avec force entre les mouvements émancipateurs gays des années 70, les écritures d'Hervé Guibert, de Genet, de Grisélidis, de Pasolini, coeur explosé, écrasé sous les roues d'une bagnole sur une plage d'Ostie en 1975 et qui voit poindre là une suivance. 


Un roman jouissif

Ce roman innervé d'un jus et d'une essence vitale décille les yeux dessale la langue. Il confirme que : Vannouvong, Giard, Despentes, une génération de femmes à l'écriture sensuelle et puissante a pris ses quartiers au présent et s'est levée pour raconter les désirs, les sexualités, aérer l'air du temps d'un souffle chaud, engagé, ravageur et vivifiant. 

   

Agnès Vannouvong, Gabrielle, Mercure de France, 2015, 196p.

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12/12/2014

Génocide des Arméniens : un Conseil d'Etat complice du négationnisme?

mémorial,génocide arménien,genève,conseil d'etat,burkhalter,droits humains,négationnismePourquoi l'établissement d'un monument à la mémoire du génocide arménien est-il si compliqué à Genève ? Parce que le Conseil d'Etat n'ose pas prendre de décision, comme il s'y est habitué depuis le début de sa législature. Et que se passe-t-il quand on ne choisit pas? D'autres le font à votre place. Cette semaine, c'est le PLR et conseiller fédéral Didier Burkhalter qui s'est permis de dire à Genève ce qu'il faut faire du monument à la mémoire du génocide arménien : ne pas le placer dans le parc du musée de l'Ariana car trop proche de l'ONU; autant dire, l'enterrer ailleurs. Pourquoi? Parce que Burkhalter a peur de froisser son ami Recep Tayyip Erdogan... dont il souhaite se faire inviter au G20 à Istanbul au printemps prochain. Par sa position, la Suisse s'assied sur des valeurs humanitaires pour favoriser la politique des petits intérêts.  

Burkhalter tendance négationniste

L'argumentation de Didier Burkhalter est scandaleuse. Il invoque, dans une lettre au Conseil d'Etat [1] la nécessité de : "préserver un environnement impartial et paisible permettant aux Nations unies et aux autres organisations internationales de s’acquitter de leurs fonctions dans les meilleures conditions cadre possibles." Impartial? Cela sous-entend qu'avec le monument, on prendrait parti pour une version de l'histoire contre l'autre, ce qui est factuellement faux et surtout conforme au discours négationniste qui cherche toujours à disqualifier la mémoire des victimes en disant que c'est une version de l'histoire. Paisible? C'est encore plus pervers: ça reviendrait, par exemple, à refuser un mémorial de la Shoah sous prétexte que des néo-nazis pourraient le profaner. Il y a, dans le périmètre de l'ONU, aujourd'hui un monument à la mémoire du génocide de Srebrenica [2]. Cela empêche-t-il le maintien d'un environnement "impartiale" et "paisible"? Non, bien entendu. De plus, cela se déroule à la veille de l'année du centenaire du génocide arménien, c'est odieux. Un Conseil d'Etat lâche et servile aux côtés d'un conseiller fédéral entravant le travail de mémoire, collant à la définition du négationnisme [3] sont en train de couvrir Genève de honte.

Notre Conseil d'Etat peut faire des flonflons politiquement corrects et des vernissages sans enjeux. Quand vient le moment des choix courageux : plus personne. Honte!

Une décision politique qui heurte les défenseurs des droits humains

Le Conseil d'Etat est le garant des procédures et des règles en vigueur concernant l'octroi d'une autorisation de construire. En l'espèce, ce dossier est mûr pour une autorisation depuis le mois d'avril 2014. Que fait ce Conseil d'Etat ? Il tergiverse. La peur est contagieuse. Il a pourtant donné un engagement explicite à la communauté arménienne, écrit et oral, de ne pas tenir compte des pressions ni de Berne, ni d'Ankara. Aujourd'hui, il est tenté de revenir sur cet engagement. Le Conseil d'Etat va-t-il renier sa parole pour plaire à Berne qui lèche les bottes de la Turquie?

Burckhalter : "Nous recommandons que l'autorité cantonale compétente pour statuer refuse d'octroyer l'autorisation de construire à l'emplacement envisagé". Eh bien nous, nous recommandons à Burkhalter d'arrêter sa politique de compromission qui va, dans sa lâcheté, de la collaboration militaire étroite avec Israël[4] à la soumission au négationnisme turc ! Et nous appelons le Conseil d'Etat à ne pas céder à la lâcheté et à une déresponsabilisation totale consistant à se faire les complices administratif d'un génocide en s'écrasant pour que le mémorial soit enterré aux Cropettes, au parc Beaulieu, ou Dieu sait où, loin de l'ONU, sa véritable place, dans le parc de l'Ariana, sous les yeux des nations, comme un rappel incontournable envers toutes les victimes, les survivant.e.s et exilé.e.s de tous les génocides.[5]

 

mémorial,génocide arménien,genève,conseil d'etat,burkhalter,droits humains,négationnismeUn rappel de l'histoire

D'avril 1915 à juillet 1916 deux tiers des arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été exterminés lors de déportations et de massacres de grandes ampleurs. Ce massacre fut planifié par le comité Union et Progrès, plus connu sous le nom de "Jeunes turcs". Les recherches établissent à 1'500'000 le nombre de victimes.  

Plusieurs historiens et spécialistes de la Shoah, dont Elie Wiesel et Yehuda Bauer, ont pris position pour déclarer incontestable la réalité du génocide arménien et inciter les démocraties occidentales à le reconnaître officiellement. L'institut de l'Holocauste et des génocides (Jérusalem) et l'institut pour l'étude des génocides (New York) ont établi comme fait historique établi le génocide des Arméniens. Le parlement européen a reconnu le génocide des Arméniens en 1987 déjà.

L'arrêt du 12 décembre 2007 du Tribunal fédéral énonce clairement le génocide du peuple arménien par l'empire Ottoman. Le TF rappelle d'abord le jugement du Tribunal de police de Lausanne qui énonce en substance que  "Le génocide arménien est un fait avéré selon l'opinion publique helvétique, aussi bien que plus généralement." Pour ce faire, il s'est "référé à différents actes parlementaires, à des publications juridiques, aux manuels scolaires, ainsi qu'aux déclarations émanant d'autorités politiques fédérales et cantonales. Il a également souligné le poids de la communauté scientifique dans la reconnaissance du génocide arménien par les Etats en relevant que la France en particulier s'est appuyé sur l'avis d'un collège composé d'une centaine d'historiens pour adopter la loi du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915."


Le Tribunal Fédéral confirme cette décision et ajoute que "dans le même sens, lors du débat qui a conduit le conseil national à reconnaître OFFICIELLEMENT le génocide arménien, il a été fait référence aux travaux de recherche internationaux publié sous le titre "der Völkermord an den Armenien und die Shoah" (BO/CN 2003: 2017;intervention Lag. Enfin, le génocide arménien constitue l'un des exemples présentés comme "classiques" dans la littérature générale consacrée au droit pénal international, respectivement à la recherche sur les génocides".

Le Conseil National a reconnu le génocide des Arméniens. Le Conseil d'Etat, sur pression de Burkhalter, est prêt le reléguer dans l'ombre. Honte à ce Conseil d'Etat dont François Longchamp assume une "présidence" qui semble rimer, jusqu'à présent, surtout avec complaisance.  

 


[1] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6369653-nouvelle-resistance-au-memorial-du-genocide-armenien-a-geneve.html

[2] http://archives.tdg.ch/geneve/actu-geneve/pierre-memoire-victimes-srebrenica-2010-11-15

[3] http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=170

[4] http://www.lecourrier.ch/126090/la_prudence_de_la_suisse_confine_a_la_lachete

[5] http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2014/12/11/message-de-berne-a-geneve-il-n-y-a-pas-eu-de-genocide-des-ar-262756.html


Quelques ouvrages de référence sur la question :

Taner Akçam, Un acte honteux : le génocide arménien et la question de le responsabilité turque, Editions Denoël; rééd., Gallimard, "Folio", 2012.

Sévane Garibian, Le crime contre l'humanité au regard des principes fondateurs de l'Etat moderne. Naissance et consécration d'un concept, Schultess, Bruylant, LGDJ, Genève, Bruxelles, Paris, 2009.

Raymond H. Kevorkian, Le Génocide des Arméniens, Odile Jacob, 2006.

Raymond H. Kevorkian et Yves Ternon, Mémorial du génocide des Arméniens, Editions du Seuil, 2014.

Yves Ternon, Les Arméniens: histoire d'un génocide, Seuil, 1977: rééd. coll. Points. 1996.


 



 

 

19/11/2014

Grève TPG : l'échec du Conseil d'Etat

1625536_10152795421331826_301594468449128811_n.jpgOn va leur montrer que les petits ont encore du poil au cul! C'est ainsi qu'un conducteur décrit l'action de grève des Transports Publics Genevois ce 19 novembre. Et en effet, les petits se sont mobilisés! Pas un véhicule ne sort. La mobilisation est massive. Aucun conducteur ne prend place derrière les volants. Les mécanos, les rouleurs, tout le monde est à l'arrêt. Les prises de parole se succèdent. La grève ne vise pas les usagers, elle s'adresse au Conseil d'Etat. Cette grève est un coup de semonce, un avertissement. Elle concerne tout le service public, les travailleurs.

 

Les petits résistent sous la pression

Il y a bien eu des tentatives de la direction de faire plier les plus jeunes, leur offrir une paie augmenté, des petits coups de fil le soir d'avant: menacer leur emplois, appeler des sous-traitants. Rien n'y fait. Petites manoeuvres sans envergures. Le mouvement est compact, très suivi. Rien ne roule. Les sous-traitants engagé à l'arrache par les TPG pour fait rouler quelques véhicules sont rapidement retournés au dépôt. Pris à partis par les usagers en colère, leur sécurité était en jeu. On n'arrête pas un mouvement de fond avec des mesurettes.

Un mouvement large, légal et légitime

Aux dépôts, pas de violence, pas de colère; de la résolution et de l'engagement. Autour des piquets de grève, l'ambiance est sérieuse. Rien ne bloque les trams au dépôts du Bachet. Simplement, personne ne veut les faire rouler. Aucun emploi de la force, pas de véhicule bloqué, aucune prise d'otage. Le mouvement est pacifiste. Il y a ici simplement des travailleurs à bout qui disent STOP, ça suffit de tirer sur la corde et de faire porter aux petits tout le poids des efforts. 

Seul le dialogue paiera

Quelques jeunes conducteurs, mis sous pression par une direction irresponsable, pensent à sortir. Ils en sont dissuadés par le dialogue et les conducteurs plus expérimentés. Pourquoi aller au casse-pipe isolés, alors que les chefs de service sont bien au chaud, que l'on ne voit nulle part Barthassat sur le terrain ? Le Conseil d'Etat a laissé tomber les TPG, proposant un contrat de prestation qui supprimerait plus de 100 emplois. Et ce serait aux petits de payer le prix fort d’une gestion désastreuse du Conseil d’Etat; d'assurer le service alors que les moyens pour le faire sont coupés ?

Luc Barthassat perd les pédales

A la télévision, sur Léman Bleu mardi soir, Le Conseiller d'Etat en charge des transports, Luc Barthassat, s'essayait à l'intimidation [1]. A la radio suisse romande, ce mercredi, il récidive [2], et annonce encore des sanctions contre les grévistes (alors que le droit de grève est garanti dans la constitution fédérale, art.28 et dans la constitution genevoise, art.37) Il demande à son collègue Maudet d'envoyer la police. Cela fait rigoler dans les dépôts. Les policiers sont venus ce mercredi matin... et se sont déclarés solidaires du mouvement de grève! Rien, aucune infraction n'est à constater. Les travailleurs et travailleuses des TPG exercent leur droit le plus strict.

Monsieur Barthassat se trompe lourdement en menaçant les grévistes. Il montre tristement combien le Conseil d'Etat a mal anticipé et gère très mal cette crise, l'aggravant par un durcissement de ton sans concertation ni compréhension de la situation sur le terrain.  

Longchamp se tait, Maudet se cache, Barthassat menace

François Longchamp se fait discret, Maudet se cache, Barthassat délègue et menace. C'est la cacophonie au Conseil d'Etat. En attendant, les usagers sont laissés sur le trottoir et râlent légitimement. Mais qu'ils ne se trompent pas de cible. Ils ne sont pas pris en otage par les travailleurs des TPG, qui défendent un service public de qualité et fiable ; ils sont laissés à l'abandon par un Conseil d'Etat à la ramasse.

Une journée de gêne pour éviter des années de galère

La grève est un droit des travailleurs et un échec de la gouvernance. Cette grève d'une journée est un coup de semonce. C'est une journée de gêne pour les usagers afin d'éviter des années de galère. Le Conseil d'Etat s'est planté. Qu'il en assume les conséquences. Monsieur Barthassat est le patron, il doit prendre ses responsabilités. Il ne peut continuer de faire des sondages, de la communication douce ou prendre des mesurettes sur la mobilité et évacuer la gestion de fond des mouvements de contestation. Le Conseil d'Etat veut poursuivre une politique d'austérité sur les services publics en faisant payer le prix cher aux usagers et aux usagères ? Qu'il revoie ses petits calculs et surtout que Monsieur Barthassat se mette au travail, remplace ses menaces par le dialogue social. Sinon, la situation de la mobilité à Genève risque encore de se détériorer.



[1] C'était dans l'émission Genève à Chaud du mardi 18 novembre (à partir de la 22e mn que Luc Barthassat, ministre genevois des transports, envisageait déjà des sanctions contre les grévistes (intimidation), ainsi que l'envoi de la police

« J’ai demandé au directeur des TPG qu’on aille au-delà du service minimum, parce qu’on en a les capacités au niveau des gens qui veulent travailler. C’est un syndicat sur trois qui demande à faire la grève. Ce syndicat est minoritaire. Et si demain, ce syndicat se met en travers des portes pour ne pas laisser travailler les gens qui ont envie d’y aller, eh bien il y aura des sanctions qui seront prises. Les services de M. Maudet sont avertis. Ils seront présents. Et normalement, le service minimum est assuré à partir de 06.30h demain matin. (…..) S’ils se comportent mal, oui, on leur enverra la police. La police sera présente. »


[2] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6315090-luc-barthassat-promet-des-sanctions-apres-la-greve-des-tpg.html

 



12:14 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : grève, tpg, genève, conseil d'etat, arrêt. | |  Facebook |  Imprimer | | |