sylvain thévoz

14/10/2015

Je vote moi non plus

Ce dimanche, l'abstentionnisme risque malheureusement d'être le meilleur élu lors des élections fédérales. Ce serait une leçon pour les partis, ou plutôt un désaveu, voire un désamour de la chose publique.

Mais pourquoi la politique fédérale et les enjeux autour des représentant-e- genevois-e-s à Berne passionnent si peu? Le citoyen a-t-il le sentiment de ne pas avoir assez de contrôle. C'est trop loin, trop abstrait ? Il y a trop de listes ? Les retours du terrain témoignent d'un sentiment d'être perdu devant la quantité de papillons dans la boîte aux lettres transformée en urne, des difficultés à comprendre les enjeux, voire les règles du vote (liste, panachage, biffage, etc.). Ce cumul de difficultés, à laquelle se rajoute le manque d'insertion sociale d'un nombre grandissant de citoyen-ne-s explique pour partie la faiblesse des votes.

En Suisse, on vote environ 4 fois par an. Un-e- citoyen-ne modèle votera environ 250 fois durant sa vie! Le système est complexe, particulièrement pour ceux qui sont maintenus à distance de ses enjeux. L'insertion sociale et économique est un facteur important de participation. Plus le niveau de qualification augmente plus on participe. Le fait de payer des impôts serait un élément prépondérant à la participation. Au final, c'est en s'engageant que l'on est toujours plus engagé, en votant que l'on s'habitue à voter (comment renforcer ce cercle vertueux?).

 

Une démocratie qui exclut ?

Notre démocratie représentative ne représente pas assez bien sa diversité. Or, si la composition des parlements reflète imparfaitement la diversité de la population, c'est toute la légitimité de notre démocratie qui est en péril. Des groupes manquant de modèles de référence désinvestissent le champ des élections. Il y a trop peu de femmes dans les parlements (30% en moyenne) de jeunes (2%), et de représentant-e-s des minorités visibles. Autant de facteurs qui provoquent le retrait, le désintérêt, puis l'oubli du politique par nos concitoyen-ne-s. L'usage de la langue unique et la difficulté pour des suisses non-francophones de saisir facilement les enjeux est un facteur excluant de plus. 

 

Les jeunes : on en parle !  

La chancelière Anja Wyden relevait, lors d'une journée de réflexion dédiée à la jeunesse et la citoyenneté, la faible participation électorale des jeunes. En 2013,  les taux de participation étaient, selon les classes d'âge de : 34.3 % pour les 18-19 ans. De 31.3% pour les 20-24 ans; de 31.4 % pour les 25-29 ans. En comparaison : la classe d'âge des 70-74 ans votent à  68.9% ! Et la population totale à 48.8%.

La participation des jeunes varie toutefois suivant les thèmes. Lors des votations sur l'école (novembre 2010), le tabac (2008), la gratuité des transports publics genevois(2008), ou l'initiative pour abroger le service militaire obligatoire (2013), les jeunes se sont mobilisés ! Leur comportement électoral tend vers plus de flexibilité et d'intermittence dans un contexte social marqué par la défiance et la protestation envers les associations et les grands partis (devenus plus suspects). 

Chacun-e est aujourd'hui plus seul dans la construction de son identité. La citoyenneté est alors plus critique, mais aussi plus individuelle (le chacun pour soi, tend à remplacer le un pour tous, tous pour un). Refuser de se faire enfermer dans une norme préétablie conduirait à ne plus voter pour affirmer sa différence (sauf que c'est devenu... la norme).

 

Dedieu on vote ou bien ?

On se politise désormais de plus en plus contre que pour ! On a basculé dans une citoyenneté du rejet, de la réaction, ou il est plus commun de râler que de s'engager!

Pour lutter contre ce mouvement, il faut continuer d'agir à différents niveaux et à travers des actions de proximité. Citons-en quelques unes  :

  • La sensibilisation, via des clips, des brochures, des bandes dessinées, les réseaux sociaux: utiliser ces moyens d'une manière ludique, constructive et non rébarbative. Regagner la confiance. 
  • Les contacts de proximité : toucher les gens par des discours portés par des modèles, d'une manière simple, directe. Trouver l'émotion, la passion. En faisant des porte à porte, des stands, des téléphones, des repas communs, employer tous les moyens à disposition pour ouvrir le débat et surtout ECOUTER ce que chacun-e- a à dire! 
  • L'éducation : L'école joue un rôle clé, tant par des cours sur la citoyenneté que l'organisation de débats en son sein, appuyés par des dossiers pédagogiques, avec des projets d'initiation des jeunes à ce qu'est la vie parlementaire. La famille est le premier lieu de transmission des savoirs, comment y favoriser la parole politique ? 
  • Des expériences  participatives:
  • Cinécivic (concours de films et affiches pour les 15-25 ans) où l'on constate que ce sont les jeunes qui savent le mieux parler aux jeunes!  http://www.ge.ch/cinecivic/
  • Easy Vote, visant à promouvoir le vote grâce à du matériel de vote simplifié et à des mesures de sensibilisation adaptées aux jeunes) www.easyvote.ch
  • Des événements médiatiques: par exemple la Semaine de la démocratie organisée par la chancellerie qui vise, grâce à des conférences publiques, forum, spectacles, expositions, à échanger et débattre du vivre ensemble et de la démocratie. :  http://www.semaine-democratie.ch/

 

Voter: un respect de soi

L'abstentionnisme n'est pas une fatalité.

Pour que le "je vote moi non plus" se transforme en "Je vote moi aussi!" ce sont un cumul d'actions et d'engagements qu'il faut engager dans la durée... mais c'est aussi un geste très simple à faire : celui de voter. 

Le 18 octobre, définitivement: JE VOTE! par amour pour la démocratie et parce que je me respecte en tant que citoyen-ne.

Et vous?

 

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08/10/2015

A ceux qui peuvent encore dire oui

oui...

A ceux qui écoutent

A ceux qui veulent comprendre

Aux roues de secours

A ceux qui changent les choses

A ceux qui retournent les lignes

Au cric dans le coffre

Aux croisées des chemins

A ceux qui se lèvent à l’aube   

Au pouvoir du changement

Au respect des paroles données

Au sucre sous la langue

Au suc des plantes

Au jus des oranges

Aux voûtes gothiques

Aux orages l’été

Aux volutes de fumées

A la résistance des fleurs

Aux orgues de Bach

Aux fanaux des baleines

Aux peines minimales

Aux refrains des rorquals

Aux nuits andalouses

Aux deuxièmes chances

Aux troisièmes et même plus

Aux encore

Au crédit sans caution

Au service public

Aux cinq doigts de la main

Aux libertés totales                         

Aux chutes sans gravité

Aux remontants rapides

A l’apprentissage qui rentre

A l’été indien

Aux prudences de Sioux

Aux casse-noix et au sprint final  

Aux atolls aux tortues

Aux troupeaux de bisons

Au schuss à la danse   

Aux bouchons sans champagne

Aux bouteilles à la paille

Aux poches à double fond

Aux présences des pairs

Au repère des phares

A Jaurès à Ziegler et Sénac

A Erri à Rouillan et frère Roger

Aux hérissons sous les feuilles

Aux sursauts salutaires

Aux grand huit aux montagnes ukrainiennes

Aux Syriens sans Assad

Aux Russes sans Poutine    

Aux éclipses solaires

Au Liban au Lignon

Aux Grisons à l’Irlande 

Aux théologies de la libération

Aux démarches délicates

Aux pas de côté au retrait stratégique

A l’arôme du café 

A l’amorce des bombes 

Aux marchés de Provence  

Aux préavis de grève

Aux cheveux de Jason

A la barbe d’Ulysse

A la mort des forfaits fiscaux 

Oui...

A la vitesse des lièvres

Aux prophètes du bonheur

A Jérusalem capitale Palestinienne

Aux tisons à la braise

Aux langues liées 

Aux passages de frontières

Aux terriers des renards

Aux remèdes des plantes

Aux becs des corbeaux 

Aux crapauds aux princesses

Aux miracles invisibles

Aux essais transformés

Aux questions sans réponses

Aux sorbets de cassis   

Aux refuges en forêt

Aux loukoums et kiwis

Aux coulis, confiseries

Aux sardines grillées

Oui...

Aux pieds nus dans les prés

Aux canapés pour deux 

À la mousse sur la bière 

Au hamac sous le chêne  

Au baiser contre l’arbre

A ceux qui ne sont plus là  

Aux réponses qui fusent

A ceux qui disent sans délais

Aux peigneurs de girafe

Aux boules à facettes

Au présent : éternel

Au tout premier pas

Aux ceintures de sensibilité   

Aux fétiches aux totems 

Aux pacifistes résolus 

Aux insomnies douces

A la lutte des classes

Aux cerfs-volants au vent

Aux micmacs et schmilblicks

Au milk-shake

Aux pommes duchesses

Aux brioches et au schnaps

A l’orgasme et au cri   

Aux silences débordants

A la glu qui recolle

Oui... 

Aux loyers plafonnés

A ce qui s’est échappé

A ce qui reviendra

Aux livres et à l’éclair

Aux grappes de raisin   

Aux surréalistes

A la bienveillance des bègues

Aux lignes le long des touches

Aux poires blondes

À la foi des montagnes

Aux bonhommes de paille

A la force des poignets

Aux chevilles ouvrières

A la neige d’avril  

Aux gouttières quand il pleut

Aux bulletins météo

Aux ombrelles chinoises

Aux empreintes dans le sable

A la pluie au désert 

Aux marées montantes

A Mahmoud Darwich

Oui...

Aux rencontres improbables    

Aux musiques intérieures

Aux tendresses et aux rêves

Aux fidélités sans failles   

Au droit au retour

A la trêve

Aux terres ancestrales

Aux formules magiques

Aux oreilles débouchées  

Aux machines sans billets

Aux quittances sans reçus  

Aux formules secrètes

Aux incantations libres

Aux frissons

Au regard pour les vagues

Aux armes enrayées

Au romantisme.0

A la force d’y croire

A la souplesse des genoux

Au souffle continu

Oui... 

Aux parachutes bien pliés

Aux rebonds imprévus

A l’ouverture des portes

Aux chansons fredonnées

Aux buts avec son camp

Aux refrains sans reprises 

Au saut à l’élastique

Au temps des cerises

Aux balançoires en bois

Aux briques des barricades

Au thé frais à la menthe sauvage

Aux bêtes sauvages

Au feu doux

Aux coussinets des chats

Aux étoiles fugaces  

Aux camisoles pour ego

Aux jeux de langage

A l’insouciance

Oui...

Aux prières silencieuses

Au pouvoir d’aimer

Au silence l’été

Au ciel toute l’année

A celles qui n’ont pas peur

A ceux qui peuvent encore dire oui.

 

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07/10/2015

A ceux qui ne savent plus dire non...

 

Non ....

Aux pompiers pyromanes

Aux concasseurs de cœur

Aux briseurs de grève

Aux faiseurs de crises

Aux cerises pas mûres

Aux statues sans sourires

Aux églises sans prières

Aux sauveurs sans idées

Aux sauts sans esprit

Aux nombrils sans rebords   

Aux yaourts fermentés    

Aux rivières sans retour

Aux océans bornés

Au ciel sans soleil

Aux nuages sans pluie

Aux menottes attachées

Aux traces qui se perdent

À l’absence de grâce

Aux pentes sans secousses

Aux piscines trop chlorées

Aux couteaux dans la manche  

Aux buvards imbibés  

Aux éponges délavées

Aux essais nucléaires

Aux scooters sur les pistes TPG

Au babil politique

Aux serpents dans la mer

Aux cernes des couleuvres   

Aux amendes aux cyclistes

A tout ce qui clignote

Aux élans suspendus

Au service sans merci

Aux mécènes miséreux  

Aux tueurs de bête

Aux vols spéciaux

Aux avions sans retour

Aux faiseurs d’esclaves

Aux esprits séparés 

Aux loyers abusifs

Au Ragusa sans noisettes

Au Rivella sans sport

Aux raquettes au vestiaire

Aux abeilles qui meurent

Aux barreaux mal sciés  

Aux marches manquées 

A la chaise électrique

Aux cheveux sur la langue  

Aux preneurs d’otage

Aux demandes de rançon

Aux appels en absence

Aux connexions trop lentes

Aux tigres édentés  

A l’humain comme une chose

Aux titres dans le texte

Aux menus sans sel  

Au lustrage des poils

À l’arrachage d'ailes

Aux bunkers pour les noirs

Aux abbés abuseurs

Aux cailloux dans les pompes

Aux curés à bout de nerf

Aux poules sans têtes 

Aux grands noms

Aux vis desserrées

Aux mineurs dans leur Porsche  

Aux brouettes rouillées

Aux navets à la cave

Aux pommes en novembre 

A ceux qui ne sautent plus

A ceux qui ne peuvent pas   

Aux ampoules dans les mains 

Au pétrin

À servir la soupe

A l’orage qui vient 

Aux tiroirs qui grincent

A l’office des poursuites

Aux jeteurs de sort

Aux tireuses de cartes

Au sens unique

Aux fosses marines

À l’ours sans banquise

Aux astrologues avides

Aux tartes à la crème

Aux pilules amères

Aux billots sous la tête

Aux rats des villes

Aux champs rasés 

Aux fantômes aux fantoches

Aux couches pour les vieux

Aux sous-titres décalés

Au dimanche à l’usine

Au Noël sans cadeaux  

Aux cadenas aux compteurs

Aux bouchons sur la route  

Au pouvoir des tristes    

A la foi sans blasphème

Aux charentaises en solde

Aux chats sans gouttières

Aux héritages automatiques

Aux enfances sans amour

Aux donneurs de leçon  

Aux salaires sans mérite

Aux oiseaux sans nichées     

Aux anniversaires gâtés 

Au mal que l’on partage

Au compte à rebours

Aux os à moelle

Aux fleuristes fanés  

Aux âmes perdues

A l'amertume du miel

Aux rasoirs jetables

Au guide Michelin

À ceux qui se la ramènent

A ceux qui s’y oublient

Aux silences pesants

Aux tambours des bottes 

Aux trous dans les chaussettes

Aux baignoires bouchées

Aux arrêts cardiaques

A ceux qui se sont pris pour d’autres

Aux paris truqués

Aux perruques mal fixées

Au tiercé dans le désordre

A Blatter à Blocher au Sida

Au désordre général

Au casse-pipe

Aux éclats sans lumière

Aux cartes cumulées

Aux géraniums en plastique

A ceux qui ne s’opposent plus

A ceux qui ne savent plus dire non.

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02/10/2015

Nouvelle comédie : terrorisme culturel du PLR.

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Le PLR a tombé le masque ce mardi en commission des travaux, refusant le vote sur le théâtre de la Nouvelle Comédie. Comme un mauvais acteur il essaie maintenant de se rattraper en invoquant divers arguments, tous plus spécieux les uns que les autres.    

 

Lien avec la répartition des tâches Ville-Canton

Le PLR prétend que son refus doit être pensé dans le cadre d'une négociation de la répartition des tâches entre Ville et Canton. C'est lâche et mensonger. Cette manoeuvre vise à ne pas assumer sa casse. Cela me fait penser aux agresseurs qui prétextent un mouvement de leur victime pour justifier de leur être tombé dessus. Le PLR est, au final, tellement lâche qu'il ne peut même assumer de l'être et doit encore se dédouaner sur la Ville.  

Le député PLR et promoteur Frédéric Hohl exprime, dans l'émission Genève à Chaud, sa volonté de faire un deal au détriment de la Ville et de la Culture. Selon lui, si à l’issue de la répartition des tâches, la Nouvelle Comédie devenait municipale, le Canton ne mettrait pas 45 millions. Mais, à l’inverse, si la Nouvelle Comédie devait devenir cantonale, il ne s’engage bien entendu pas à mettre les 53 millions de plus et à dédommager la Ville pour l’important travail de maîtrise d’ouvrage déjà entrepris! Monsieur Hohl joue là avec la Nouvelle comédie comme un joueur de bonneteau avec sa bille. Il faut l'arrêter. Cet homme, promoteur culturel, est empêtré dans ses conflits d'intérêts.

 

On ne peut pas jouer ainsi avec des institutions d'importance stratégique pour Genève. Dans le Temps [1], le même Frédéric Hohl annonce encore vouloir mettre de nouvelles conditions à la Ville en la poussant à garder la Comédie sous son aile. Cela revient de fait à enterrer le projet, car la Ville de Genève n'aurait probablement pas les moyens de le reprendre entièrement. Elle n'est pas riche, elle planifie simplement mieux ses investissements.

Alors qu'un projet collectif Ville-Canton est sur le point d'aboutir, il faudrait le voir se briser ? Cela serait désastreux pour Genève. 

 

Certains ont brûlé des livres, d'autres veulent fermer des théâtres

Le PLR, dans son terrorisme culturel, est prêt à laisser mourir l'actuelle Comédie sans la remplacer. Cela revient de fait à condamner un théâtre. Trucider un projet d'importance stratégique pour Genève parce qu'il est culturel, c'est du terrorisme, pas de la gestion.

Quand il s'agit d'investir dans les routes et les prisons, le PLR n'est jamais à court de dépenses. Mettons en perspective le projet de la Nouvelle Comédie avec, par exemple :

  • Les 3000 à 4000 millions !  pour l'hypothétique traversée du lac qui déboucherait en pleine campagne et dont Berne a dénoncé le caractère inutile.
  • Les 289.5 millions! pour une prison (établissement pénitentiaire des Dardelles).
  • Les 151millions pour la réfection de la route de nations.
  • Les 43 millions pour la relocalisation de l’office cantonal des véhicules.
  • Les 58 millions uniquement destinés à la simple rénovation de l’Hôtel des finances.

Et demandons-nous alors au nom de quoi le PLR veut désormais supprimer la Nouvelle Comédie ? Pas au nom de la bonne gestion, car ce nouveau théâtre c'est à peine ce que coûterait un nouvel avocat PLR aux HUG !!!

 

La Nouvelle comédie est l'avenir de Genève

La Nouvelle comédie est un théâtre qui comprendra 750 places réparties en deux salles de 500 et 250 places (en plus de deux espaces de répétition de 100 places chacun et d’un restaurant avec une centaine de places également).

Elle a été pensée comme une véritable fabrique des arts de la scène, regroupant en un même lieu des ateliers de décors, de costumes, des espaces de répétition, etc… qui seront rendus accessible au public, qui pourra ainsi découvrir les différents métiers du spectacle.

La Nouvelle comédie permettra d’accueillir les grandes productions européennes, ce qui manque aujourd'hui, tout en offrant la possibilité de créations locales ambitieuses qui à leur tour tourneront dans le monde.

Des questions d'ego et de conflit d'intérêts au PLR casseraient plus de 20 ans de travail sur ce projet ?

La Nouvelle comédie : un projet qui ne date pas d'hier

La Nouvelle comédie s’inscrit dans le cadre du nouveau quartier qui se construit autour de la future gare des Eaux-Vives. Ne pas réaliser ce théâtre revient à laisser un gigantesque trou, sur lequel il coûtera beaucoup plus cher de construire quelque chose plus tard.

Dans une période troublée comme celle que nous vivons aujourd'hui, où nous sommes en manque de récits pour raconter le monde, et y trouver notre place, le théâtre a un rôle particulier à jouer comme espace de parole, de création, de lien. Il y a déjà trop de trous et pas assez de projets de qualité. Ne les cassons pas!  

 

La culture : une richesse à cultiver

La Nouvel comédie est un équipement culturel qui sera au cœur de la région, accessible facilement et rapidement. C’est un théâtre qui fera rayonner Genève et dont notre Canton tirera bénéfice.

Si le PLR n'en a pas voulu mardi en commission des travaux, s'il a balayé ce projet avec mépris, pour des raisons de calcul politique et comptable, il faut désormais espérer qu'au sein de ce parti certains reviendront à la raison, arrêteront de jouer avec les institutions stratégiques comme au bonneteau et que les terroristes culturels seront mutés à la commission de la santé... s'il veulent vraiment faire des économies, ils pourront s'attaquer aux caisses maladies privées.       

 

 

[1] http://www.letemps.ch/culture/2015/10/01/guerre-position-autour-nouvelle-comedie

 

 

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01/10/2015

Le droit de mourir dans la dignité

Est-ce qu'un être humain a le droit de décider de sa vie et de son cours? Oui! Est-ce qu’un être humain a le droit de décider de sa mort, du moment où il souhaite arrêter celle-ci ? Oui. Le pouvoir des prêtres et des médecins sur le droit à mourir des gens devrait appartenir à un autre siècle.

C'est à chacun-e- de décider aujourd'hui, librement, ce qu'il souhaite faire de sa vie et de la fin de celle-ci. La question de mourir dans la dignité est complexe et soulève des questions éthiques et légales, mais comment un humain peut-il se prétendre libre si sa mort ne lui appartient pas?


Quand l’homme est libre de décider de sa vie, il doit être libre de décider de sa mort.

Il est important de relire les philosophes grecs, les stoïques, et même des chrétiens; certains ont une option bien éloignée de celle de « la vie à tout prix » (et contre la vie même) que des églises ont suivies. 

Hans Küng, théologien suisse, nous rappelle [1] que le choix de mourir peut aussi être un geste de confiance en Dieu et d'abandon dans la confiance. L'acharnement médical n'est pas un geste à soutenir; avoir le droit de disposer de sa vie inclut le droit d'exercer son droit à partir. On peut lire dans ce geste une confiance et une spiritualité forte. Il est important et urgent de sortir du tabou qu’occasionne la mort pour la regarder en face, qu’elle soit vécue de la manière la plus digne et respectueuse possible.

Des situations disparates

Aujourd’hui, en Suisse, suivant les cantons, que ceux-ci soient de tradition catholique ou non, de telle ou telle obédience politique, qu'ils aient légiférés ou pas au sujet de la fin de vie (Vaud, Neuchâtel l'ont fait, toujours pas Genève),  et que la personne en souffrance soit en EMS, en hôpital ou à la maison, son droit de disposer de  sa mort n'est pas garanti.  Cela est-il équitable ? Non.  Cela est-il juste ? Non. Il est urgent de légiférer au niveau fédéral afin de garantir le même droit à mourir pour toutes et tous.

 

Distinguer clairement suicide assisté et euthanasie

Une distinction claire doit être ici posée entre le suicide assisté et l’euthanasie. Le suicide assisté est l’acte libre et éclairé d’une personne qui souhaite mourir dans la dignité. L’euthanasie est une décision prise par d’autres au sujet d'une personne qui l'élimine sans son consentement. Légiférer sur le droit au suicide assisté au niveau fédéral permettra de clarifier cette distinction et de protéger le droit à mourir dans la dignité avec un cadre clair pour tous.

Dans le suicide assisté, la personne qui se suicide doit être :

  • Consciente
  • Capable de discernement
  • Pouvoir physiquement avaler une substance ou tourner un robinet de manière autonome.

 

Attention, cela exclut de fait un certain nombre de personnes qui ont dépassé ce stade et désirent mourir. Cela exclut tous les malades psychiques et les nombreuses et même très nombreuses démences séniles et provoque actuellement ne nombreuses situations de conflit. Exemple : une personne  au début d’une évolution démente demande de mourir « avant de devenir gaga ». Le psychiatre certifie qu’il n’y a pas de capacité de discernement. Que faire?  Aujourd'hui, il faut renoncer devant le diagnostic psychiatrique. Il s’ensuit une terrible souffrance de la personne qui demande l'intervention.

 

Le droit à mourir dans la dignité ne doit être confisqué ni par les psychiatres ni par les comptables.

 

Le droit à la vie et à la mort doivent être sortis du système capitaliste, monétaire. En cela, la liberté doit être donnée à chacun de pouvoir choisir sa mort, en toute connaissance de cause, avec l'aide et l'accompagnement nécessaires. Le vieillissement de la population et les volontés de réduire les coûts de la santé, risquent de ramener le droit à la vie à un enjeu commercial, monétaire, ou de pouvoir. Il faut bien regarder la situation en face, on ne peut fermer les yeux.  

 

 

EXIT prend de l'ampleur

Aujourd’hui,  l’association Exit ADMD (Association pour le droit à mourir dans la dignité)[2]  ne cesse de prendre l’ampleur (22'000 membres en Suisse romande et presque 100'000 en Suisse allemande). Le nombre d’adhérents est toujours plus grand (environ 3'000 en plus chaque année en suisse romande). Cette association répond au besoin largement partagé de mourir dans la dignité.

Chacun-e- devrait, aujourd'hui, en Suisse, pouvoir envisager avec sérénité sa fin de vie. Le besoin de ne pas souffrir ni d’être grabataire doit être entendu. Libre à chacun-e- de l'apprécier en pleine conscience.

 

Vivre dans la dignité, c'est avoir la garantie de pouvoir mourir librement, avec une information éclairée et un cadre juridique clair pour toutes et tous. La vie est un bien trop précieux pour accepter de la laisser aux prêtres, aux psychiatres, aux comptables.

 



[1] http://www.letemps.ch/Page/Uuid/633470aa-65fb-11e5-a712-c5802dca2ce2/Hans_K%C3%BCng_envisage_de_choisir_sa_mort_en_croyant

[2] http://www.exit-geneve.ch/

08:21 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exit, fin de vie, suicide assisté | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/09/2015

Ni pour le meilleur ni pour le pire (réflexions sur le mariage)

 

L'office fédéral de la statistique nous avertit : 42 couples sur 100 sont voués à l'échec, si le comportement actuel par rapport au divorce ne change pas dans le futur.[1] Diable, mais comment changer le rapport au divorce. En voilà un problème de société, ça cogite sec à Berne...

 

Le PDC n'a pas trouvé la parade. Le "parti de la famille" doit constater son échec. Non seulement il ne sait plus trop ce qu'est la famille, mais par dépit se replie frileusement sur une définition limitée. Le mariage, ce serait l'union d'un homme et d'une femme, basta. Quel manque de créativité, et surtout, de réactivité par rapport aux nouvelles manières de faire famille aujourd'hui. D'autres (UDC) voient des mariages blancs partout, ou des mariages inféconds même quand ceux-ci portent déjà des enfants. Ils veulent défendre la forteresse mariage comme ils isolent la Suisse. La commission juridique du Conseil des Etats elle, vient tout juste d'autoriser le mariage homosexuel par 7 voix contre 5.[2] Voilà enfin une décision qui va dans la bonne direction. 

 

Certains proposent des "solutions" qui n'ont rien à envier au parti démocrate chrétien : si vous n'avez pas réussi votre mariage, réussissez votre divorce! Bof, à tout prendre, on préférerait quand même réussir son union.

Il reste la tentation des aventures extra-maritales, commerciales ou non.  Ashley Madison, spécialisé dans l'offre aux mariés, avec son slogan " la vie est courte, tentez l'aventure", ne convainc pas. Vivre caché n'est pas particulièrement sexy. Et quand la double vie est révélée à tous par un piratage de données, quel ridicule.

Mais, si on ne peut pas changer le rapport au divorce, autant changer le rapport au mariage, non? 

Ce qui sauvera le mariage ? Sa désacralisation et son ouverture à toutes et tous afin de donner à chacun.e l'exercice de ses droits, à l'union, à l'adoption et à la procréation.  

 

Mariages flashs

En 2013, Genève est deuxième concernant le taux brut de divorce pour mille habitants (2.6) et bonne dernière concernant la durée de vie moyenne d'un mariage : 13.5 années.

 

Globalement, au niveau Suisse, la durée de vie d'un mariage progresse de 14,5 à 14.7 années. Explications ? Le divorce menace avant tout les premières années de mariage. Bref, ce n'est ni pour le meilleur ni pour le pire que l'on se quitte, mais en général parce que l'on a n'a pas eu le temps d'expérimenter l'un ou l'autre.

 

Fait nouveau, un nombre croissant de couples divorcent après de longues années en commun. Les couples divorçant après 30 ans ou plus de mariage représentent désormais 8,2% en 2013 contre 3% de tous les divorces prononcés en 1970.

 

Pour résumer, il est de plus en plus dur de durer longtemps dans le mariage. Peut-être aussi parce que l'on dure de plus en plus longtemps... dans la vie? Lorsque l'on a vécu le pire le meilleur avec la même personne, que les enfants seront grands, l'hypothèque payée, on se dit qu'il est temps de tenter autre chose. Bref, si le cadre du mariage a été éprouvé...  pourquoi ne pas expérimenter le divorce pour continuer à aimer. 

 

Mariage pour toutes et tous :en avant  !

Et si plutôt que de réussir son mariage ou son divorce l'ambition, peu importe son orientation sexuelle, son âge, le fait d'avoir des enfants ou non, était de bien réussir à aimer? L'office fédéral de la statistique a-t-il un avis là-dessus?

En tout cas, aujourd'hui : en avant pour le mariage pour toutes et tous, belle manière de rénover cette vénérable institution pour l'adapter à notre société.

Ni pour le meilleur, ni pour le pire.

Simplement, par égalité de traitement.

Et pour mettre le mariage à la page, plutôt qu'à la porte.    

 

 

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[1]http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/01/06/blank/key/06.html

[2]http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/27827293

09:20 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage, suisse, droits, lgbtiqh | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/08/2015

Réformer l'économie (Contre ceux qui veulent uniquement l'optimaliser)

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Dans le cadre des élections fédérales d'octobre 2015, la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève, la Fédération des Entreprises Romandes Genève et Economiesuisse  ont convié les candidat(e) aux élections fédérales à une rencontre avec des représentants des milieux économiques.

Cette rencontre, réunissait tous les partis, et se voulait une occasion d'échanges sur les perspectives de l'économie genevoise et les thématiques comme la réforme de la fiscalité des entreprises et de les relations bilatérales avec l'Union européenne.

 

Comme candidat socialiste, je m'y suis donc rendu.

 

Je pensais, j'avoue, arriver dans le temple de la créativité et de l'innovation, de la réactivité et des nouvelles idées... j'ai été déçu.

 

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L'optimalisation au détriment des gens

J'ai découvert un milieu auto-satisfait, ayant produit un jolie brochure rappelant que la suisse est numéro 1 en matière de compétitivité (et en terme de redistribution des richesses, d'écart de salaire entre les plus riches et les plus pauvres?), que l'espérance de vie des Suissesses est de 85 ans en moyenne soit 10 ans de plus qu'en 1960 (omettant de préciser que l'espérance des Suisses est de 82 ans ... tiens pourquoi ce décalage?) ; que Genève et Berne figurent dans le top 15 des villes où la qualité de vie est la plus élevée du monde (grâce à quoi, à qui ?), ajoutant que le phosphore des lacs suisses a fortement diminué et que 1107 musées suisse ont comptabilisé plus de 20 millions d'entrées !!

Vous cherchez le rapport entre ces statistiques? Il est uniquement de vendre l'idée que tous ces bienfaits reviennent à l'économie, omettant bien entendu de dire que celle-ci est responsable de coûts et d'externalités qu'assume uniquement l'Etat (épuisement au travail,  burn-out, stress, pressions, difficultés sociales, augmentation de la précarisation, hausse des frais médicaux.) [1]

Economie suisse, nous peint un monde en rose. Vous reprendrez bien un peu de Fluoxetine Bayer pour la voir ainsi?

Non, merci.

 

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Un milieu dogmatique abusant du chantage catastrophiste

J'ai découvert là un milieu dogmatique défendant becs et ongles les neufs clés du succès helvétique, véritable bible d'une certain économie, soit : un approvisionnement en énergie sûr et compétitif, une protection efficace de l'environnement, des marchés de l'emploi libres et ouverts, des infrastructures performantes, une stabilité macroéconomique, une économie de marché performante, la liberté d'entreprendre, l'accès direct aux marchés mondiaux, un système éducatif et une recherche de pointe, des politiques financières et fiscale compétitives.

Et gare à vous si vous cherchez à étendre, ou redéfinir les clés de ce succès. Vous ne trouvez pas votre place là-dedans ? Vous vous demandez ce qu'il en est de la redistribution des richesses, d'un impôt juste, de la lutte contre les inégalités, et de la responsabilité des entreprises dans celles-ci, du partage du temps de travail ? Economie Suisse ne s'en préoccupe pas. Son objectif, OPTIMALISER les conditions cadres pour les entreprises... pour le reste, vous pouvez : travailleurs, retraités, étudiants, aller vous brosser. 

Economie Suisse défend un seul axe: le maintien de l'existant. Elle souhaite jouer, encore et toujours sa même ritournelle du chantage et des accents catastrophistes. Si vous cherchez à réformer le système pour plus de justice sociale (les entreprises partiront, la suisse reviendra au Moyen-âge), elle mettra le poids financier qu'il faudra.

Cette logique défensive ne sert pas toute l'économie. Elle permet surtout aux plus gros de devenir plus forts.   

 

 

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L'économie contre les droits populaires 

Plus grave, le fait que les droits populaires et les votations soient vues comme un élément qui dérange la stabilité économique, et la sacro-sainte prévisibilité économique des multinationales.

Alors, quand le 9 février arrive ces messieurs (surtout) et dames (peu nombreuses) s'inquiètent. Pourtant, qui a fait le lit de l'extrême droite? Qui, à droite et dans les milieux bourgeois, a toujours défendu becs et ongles les intérêts privés, les grosses fortunes, freiné l'évolution du système bancaire, défendu les privilèges, refusant les naturalisations facilités et le droit de vote des étrangers afin que, PLR-UDC mains dans la main, fassent de l'étranger un bouc émissaire idéal ?

Quand arrive le 9 février 2014, ces messieurs dame sont choqués. Le chantage trop utilisé, ne fonctionne plus. Voilà l'économie en péril du fait du 9 février, on s'agite, on s'inquiète.  Mais ce n'est pas pour autant qu'il est question de se réformer et de remettre en question l'économie, non. Ce sont les droits populaires qu'il faudrait questionner !!! 

Je pensais, j'avoue, arriver dans le temple de la créativité et de l'innovation, de la réactivité et des nouvelles idées... je me suis confronté à un lobby conservateur.

Voulons-nous laisser notre économie dans ces mains là? 

 

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Réformer l'économie

 

Réformons l'économie pour les PME, les gens réels, les paysans, les étudiants, pour l'avenir, pas au profit uniquement des multinationales et de l'intérêt prioritaire des grosses fortunes.

Ce que j'appelle la théorie des miettes, qui vise à défendre le fait que plus les riches sont riches, plus les classes moyennes et les pauvres en reçoivent quelque chose, doit être combattue. La justice sociale n'est pas la mendicité. C'est un rapport de force constructif.

Voilà quelques mesures concrètes pour réformer l'économie et redistribuer les richesses :

 

  • Protéger avant tout les travailleurs et travailleuses, pas uniquement les conditions cadres visant à l'optimalisation fiscale. Extension des conventions de travail.
  • Imposer l'égalité des salaires entre femmes et hommes. 
  • Création d'un impôt sur les transactions boursières pour mettre fin à la spéculation inutile et stabiliser le marché financier.
  • Réformer la fiscalité afin de la rendre transparente. Fini les cadeaux fiscaux et les forfaits fiscaux à la carte dévolus d'une manière totalement opaque.
  • Réforme RIE III des entreprises [2] : pour un taux à 17% uniforme et une défense plus forte de la place de Genève face aux avantages dont jouissent les villes de Bâle et Zurich. 
  • Soutien à l'économie Sociale et Solidaire. Facilitation des prêts pour les petites et moyennes entreprises via des Fonds publics de prêts (type FONDETEC). Mise à disposition de capital pour démarrer des entreprises sans intérêts.
  • Les primes d'assurances-maladie ne doivent pas représenter plus de 10% des revenus d'un ménage. Interdiction de faire de la publicité pour les caisses maladies avec l'argent des primes. L'argent doit aller aux assurés, pas aux conseils d'administration!
  • Constitution d'un cadre légal pour des multinationales responsables (initiative multi), protégeant ainsi les droits humains et l'environnement en mettant sur un pied d'égalité toutes les entreprises et renforçant le label Suisse. Signez l'initiative ! [3]

 

Parce qu'économie suisse demeure le lobby d'une économie partiale visant uniquement à l'optimalisation et à la facilitation des conditions pour les grands acteurs, réformer l'économie est urgent.

Parce que l'économie doit être au service de l'humain, pas le contraire.

Quand j'ai pris la parole pour exposer ce point de vue et ces propositions, celles-ci ont été prises pour de la provocation voir un crime de lèse-majesté par les patrons de l'économie (quoi? on attaque les sacro-saintes conditions cadres?!).

Ceci est la preuve, à mes yeux que l'économie ne se réformera pas toute seule, qu'il ne faut pas attendre autre chose d'elle optimalisation conservatisme et dérégulation, avec une vie peinte en rose pendant que les citoyen-ne-s paient les pots cassés des crises successives.  

L'économie ne prendra jamais toute seule les mesures qui vont contre ses intérêts d'optimalisation.

L'intérêt de l'économie n'est pas toujours celui des citoyen.ne.s

L'optimalisation forcenée n'est pas une fatalité.

A nous, citoyen.ne.s, politiques, de voter pour défendre une économie réelle, freiner l'optimalisation à tous prix aux dépends de certains pour en enrichir d'autres.

A nous d'augmenter la répartition des richesses, gage de durabilité et d'une société sans conflits sociaux.

Une autre économie est possible, plus démocratique, nous souhaitons la réaliser.   

 

 

[1]http://www.uss.ch/index.php?id=144&L=1&tx_ttnews[backPid]=&tx_ttnews[tt_news]=4190&cHash=b273c2a50d4086b75be7bec839dbf47bs

 

[2]https://www.pwc.ch/user_content/editor/files/publications15/pwc_corporate_tax_reform_iii_fr.pdf

 

[3]http://www.solidar.ch/fr/inscription/initiative-pour-des  

 

 

Les illustrations sont tirées du livre de Monique Pinçon-Charlot & Michel Pinçon, Etienne Lécroart : Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres? Mon premier manuel de pensée critique, Editions la ville brûle, 2014.

 

 

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www.sylvainthevoz.ch

 

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05/08/2015

La capote et le territoire

download10.jpgMercredi

J’ai dans mon sac une pierre prise dans un bas pour cogner. Des talons aiguilles dans les yeux, je t’assure, ça fait mal.

Tu me vois, je suis là, à une et à deux et à trois heures du matin, dans la nuit dans le froid, tout l’hiver parfois. Mais je suis ailleurs en même temps, beaucoup plus loin qu’ici.

Ce que j’expose n’est pas ce que je suis, qui je suis est à l’abri bien loin.  Je me répète peut-être. Peut-être que je t’ennuie… qui je suis n’est pas celle que tu vois.

Qui je suis ne travaille pas après minuit, ne mets jamais de bas.    

Il y a plein de prostitués dans les boîtes d’assurance et les banques.

Je suis travailleuse du sexe.

Ce n’est pas parce que je travaille avec mon corps que je suis à vendre. Je facture un service, c'est à prendre ou à laisser. Ce n’est pas ma personne que je solde. Cela, les mecs ils ne le comprennent pas. Pour que leur fantasme fonctionne, il faut le leur laisser croire. Je suis une comédienne. Life is a stage. Je vais aller voir la pièce de Devanthéry à l’Orangerie cette semaine : to be or not to be. Shakespeare. Ça m'intéresse.

Je parle le moins possible. Je reste toujours le plus neutre possible. Comme cela, les hommes peuvent projeter tout ce qu’ils veulent, remplir ma corbeille vide de leurs joies, leurs colères, d’impatiences et leurs fleurs.

Je facture un fantasme. Ils paient sa réalisation.

Je travaille avec mon sexe. C’est dans ce trou que je fore. Par ce terrier, dans l’abri de verre, que je me construis, en ressors. J’essaie de comprendre ceux qui viennent me prendre. Tu ne peux pas savoir combien j’ai appris sur le trottoir. Ni comme les gens aiment salir, raconter des ragots et te déverser leurs ordures.

Je n’aimerais pas que mon fils apprenne que je travaille dans la rue. C’est la dernière chose que je veux voir. J’aurais trop honte. L’argent que je gagne, c’est durement. Je paie mes impôts, comme tout le monde, je cotise pour ma retraite. Il y a de la place pour tout le monde ici, mais le prix à payer est salé. Tu dois t’exposer, tu peux choisir ce que tu mets en vitrine. Tu n’en sors pas inchangé. Tu dois te vendre. Toi seule évalues ce que tu donnes et pour combien tu l’abandonnes.  

Le territoire, c’est vital.

Les filles, les nouvelles, sont de plus en plus jeunes. Elles s’en foutent de casser les prix. Pour deux fois rien tu baises. Pour quarante balles, elles font tout maintenant. Pour presque rien, un rapport complet. Moi, j’ai des enfants à nourrir, leur éducation à payer. En vieillissant, tu dois aussi t’occuper plus de toi. Les dents, les yeux, les seins.

download.jpgElles, elles cassent le marché. Elles se mettent dans le coin là-bas et si tu les fais chier, leur mac rapplique. C'est difficile dehors, tu vois. La semaine passée, la chinoise s’est fait bastonner. Elle n’est pas encore revenue. Même le plus petit bout de trottoir c'est un enjeu, du moment qu'il est bien exposé.

Les filles savent très bien où se mettre, où il faut aller, ne pas s’arrêter. J'ai trouvé une chaise dans la rue. Je l’ai accrochée à un soupirail avec un cadenas. Je fais 1234 pour le sécuriser. Comme cela, la nuit, quand j'ai mal aux jambes, souhaite m’asseoir, je le fais tranquillement. Cela devient mon salon et je regarde passer ceux qui me regardent m'asseoir. 

Parfois on fait fausse route. On ne pensait pas lâcher autant, ni être rattrapées par le temps. C’est ainsi. Des filles vieillissent mal. L’occasionnel a duré. Elles ne savent plus mordre. Elles sont foutues. Elles ne peuvent plus dire non. 

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

 

Texte écrit suite à un travail sur le boulevard des Tranchées avec les travailleuses du sexe pour l'association Aspasie, la rédaction de son journal Mots de Passe.


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01/08/2015

La Suisse est un muscle qui se travaille

C'est toujours un moment singulier que le 1er août, jour de fête nationale. Pas que je sois un fanatique du drapeau, ni que le nationalisme soit quelque chose que je valorise particulièrement, mais en ce jour, ce sont toujours des sentiments de gratitude et de reconnaissance, un rappel de l'incroyable chance de vivre en Suisse qui surgissent. 

Pourquoi ?

Nous vivons en paix, dans un pays serein, fort, qui permet à chacun, de chercher et d'occuper la place qui lui revient.

Malgré les tensions, les dissensions, et parfois les conflits (mais nous n'en arrivons généralement pas là, notre ADN y est réfractaire), nous faisons plus que partager un territoire, nous y vivons ensemble. 

Grâce à notre tradition, notre histoire et notre confiance, nous apprenons des crises et les surmontons.

Le débat, le dialogue, la volonté de servir le bien commun l'emportent encore sur les égoïsmes. Nous constituons une communauté qui se parle et agit pour le bien du plus grand nombre. 

 

1er août d'hier

Le 1er août, relève en partie de souvenirs heureux. Depuis l'enfance : s'émerveiller des feux de la fête nationale sur les montagnes; dans les villages, des lampions, du cor des alpes et les tartes aux noix des grands-parents jouant aux cartes; jappements du bouvier bernois, grésillement de la raclette fondue sur la pierre à l'alpage.

Le 1er août porte sa part de nostalgie et de retour vers les origines. Une forme de ressourcement aussi : ovomaltine froide et barre de ragusa. Le feu qui brûle, les amis rassemblés autour. C'est un moment fort, intemporel et rassembleur. Il fournit une combustion pour aller de l'avant. S'il n'existait pas il faudrait l'inventer... ce que nous avons d'ailleurs fait. Le copyright date de 1891 à l'occasion de la commémoration du 600e anniversaire du pacte de 1291.

Par ces feux, nous perpétuons ce que l'humain a fait depuis qu'il est : se réunir autour d'un feu, ériger un totem (symbole) manger et boire autour, se tenir chaud. Nous ne sommes pas différents des autres. La naissance de la Suisse date en fait de l'origine de l'humanité.

Un nationalisme bien pensé devrait être un humanisme curieux, pas un repli sur soi inquiet; pas un privilège de naissance ou administratif, mais un engagement envers une collectivité en lien avec d'autres.  

 

1er août d'aujourd'hui

Le 1er août, c'est avant tout un présent. Dans des pays voisins, les jours de fête nationale, on brûle aussi des bagnoles. Ici, et pour longtemps encore je l'espère, des morceaux de bois, comme le faisaient nos anciens. Et c'est un moment magique de voir, venant de différents lieux, aux origines multiples, des gamins lancer des fusées, et les différentes langues parlées autour des feux. 

Il m'a toujours semblé que le drapeau suisse à croix blanche, symbolisait la croisée des chemins. Là où certains veulent dessiner pour les quatre branches des impasses, j'y ai pour ma part toujours distingué au moins quatre ouvertures possibles, et des débouchés vers les quatre points cardinaux. Petit pays au centre de l'Europe, notre pays s'est développé par les échanges et s'est fortifié par son hospitalité. Un pays risquant l'ouverture, c'est sa nature.  

Un pays central, ouvert et responsable, qui s'exporte bien à l'étranger, et représente quelque chose de fort dans le monde. Le symbole de la croix rouge s'y confond même. Aujourd'hui, nous devons veiller à ce qu'il ne soit pas écorné, par le monde de l'économie, des multinationales helvétiques avides, qui par le profit absolu qu'elles poursuivent lui font du mal, ou par des tendances politiques autistes, qui stigmatisent l'étranger, les accords internationaux, et laissent entendre que barricadés derrière nos petites frontières, réfugiés dans le quant-à-soi, nous pourrions vivre mieux. C'est une erreur. Ce serait trahir notre histoire. Nous risquons surtout de devenir, aux yeux du monde, un pays égoïste voulant avant tout défendre ses privilèges. Et pour nous même, que l'usure, le refus de vivre et de nous dépasser, nous sclérosent.     

Et si notre croix suisse à quatre branche était un muscle ? Et si nous étions le sang qui bouge pour l'oxygéner. La Suisse : un organe ? C'est un coeur! Un coeur, c'est une pompe : ce sont deux artères, deux veines; un muscle, une circulation. C'est une puissance, une organisation. Mais c'est aussi plus que cela. Un souffle, une oxygénation, un rythme. Et si notre présent était d'amener du sang frais, pour en améliorer la circulation ?

Les conservateurs sont le signe d'un infarctus. Ils veulent figer dans le formol une Suisse qui avance au risque de la tuer. Les racistes? un mauvais cholestérol enkystant la Suisse, la rendant atrophiée et fragile. Quant aux rationalistes, économistes forcenés, ils pensent qu'une boîte en métal est identique à un coeur. 

 

1er août de demain

Le 1er août c'est aussi, et toujours, un moment pour se projeter dans l'avenir. Comment vivrons nous en 2016 et 2018 et 2020, et au-delà? Quels sont les caps que nous voulons nous donner? Qu'adviendra-t-il de notre pays? Comment évoluera-t-il ? Serais-je dans celui-ci une force d'oxygénation ou un corps inerte? Une force de développement ou de repli sur soi, un globule rouge ou un virus noir ? Ferais-je le choix du risque et de l'ouverture ou de l'enfermement et du dépérissement? 

Le 1er août mêle notre passé, notre présent et notre avenir, comme il mêle les langues, les origines diverses. Il permet, dans notre Confédération, de rappeler que s'il n'y en a pas des comme nous, nous constituons toutefois, genevois, vaudois, zurichois, etc., un tout.

De la même manière, si notre pays est singulier, il appartient à un ensemble plus vaste dont il dépend, et auquel il doit une grande partie de sa richesse et de ses succès, et envers lequel il a aussi des responsabilités. 

Le 1er août sera toujours pour moi un hommage à celles et ceux qui font la Suisse, qu'ils en aient le passeport ou non; s'engagent pour le vivre ensemble, au courage qu'il faut pour poursuivre cette aventure. Il sera toujours un moment de lutte contre les périls de fragmentation, de rejet et de repli sur soi qui nous guettent. Un temps de joie, flamboyant.

 

La Suisse est un muscle qui se travaille.

Le 1e août est un temps pour l'exercer. 

 


 

 

 

 

 

 

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31/07/2015

Genève, la nuit

ArwmX5efpF4D43iODWRfhV7Rn-SMyHgaGRUDMkwdAUM.jpgVendredi.

J’ai été violée par mon premier mec.

Mon corps ne m’appartient plus. Ce qui est dedans n’est plus à moi. Il n’y a plus rien de protégé. Plus rien à soustraire, plus rien à préserver.

J’en parle toujours comme s’il s’agissait d’une autre. Comme si c’était arrivé à une femme qui est ma meilleure amie. Parfois je regarde les plaques des rues et je les récite, ça m’empêche de trop penser : rue Jean Sénebier, boulevard Helvétique, rue de l’Athénée, rue François d’Ivernois, puis je recommence dans l’autre sens rue François d’Ivernois, Ferdinand Hodler, rue de l’Athénée, boulevard Helvétique, rue Jean Sénebier. Des mecs que des mecs, tout le temps.

J’exige toujours la capote. Les mecs sont des tarés. En baisant, ils essaient de l’enlever, de te mettre sans protection, à nu. Avec un mec derrière moi, je garde toujours un doigt à la base de son sexe, pas qu’il l’enlève. Quand je tourne le dos je regarde par-dessus moi.

A l’intérieur, à l’intérieur de moi je fais des signes de croix.

Dieu est toujours là quand je travaille.  

Dieu est toujours là quand je baise.

 

Je me protège du mieux que je peux.

Toutes les filles te diront ça, mais tu verras, après, pour le fric, pour un soir, parce qu’elles font confiance, parce qu’elles en ont marre, elles vont risquer leur corps et leur santé.

Moi, je mets les choses au clair. Ce sont les lois du marché qui veulent ça. Le tarif, la durée, où on va et comment : tout est posé d’entrée. Je ne laisse rien au hasard.

Je suis douce, ferme, et polie.

Le client est roi. Mais il ne doit jamais me prendre pour une conne.

Je rentre dans sa voiture. C’est son territoire. Quand je suis embarquée, je prie.

 

yycE4FdUubLTNZmN-MtkVM4KO23_o7ILFgX3aT7FEUE.jpgC’est sur le trottoir, exposée, que je me sens le plus en sécurité. Car il y a les collègues qui travaillent, je connais chaque coin du boulevard, la petite rampe qui monte d’un côté, et redescend de l’autre, les balustrades en ferronnerie rouillée où s’adosser. C’est un lieu que j’ai appris à apprivoiser.  Il m’est devenu en quelque sorte familier.

Dire que je l’aime ce serait trop dire, mais je l’ai apprivoisé. Ou peut-être est-ce l'inverse en fait. Je ne sais pas. Genève, la nuit, pour moi, c'est comme cela.

Voilà tout.

 

Photographies: Tous droits réservés Eric Roset www.eric-roset.ch

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24/12/2014

Fêter Noël comme il se doit

Glisser vite entre deux voitures. Passer tout juste. Farter ses lattes. Prendre l'arbalète du bout des doigts. Et le caddie. Appuyer sur les freins. Acheter 6 litres de lait, un pack de miel. Virage des caisses. Retirer le clou de la chambre à air, poser sur la fuite son doigt. Marcher tout droit sans regarder à gauche ni à droite. Hémorragie d'apéros. Devenir bulles. L'ivresse est triste dans la ville. Signaler à l'ami le drôle de sourire qu'il porte depuis des lustres. Retirer les coquilles la paille de ses yeux. Nettoyer ses lunettes. Dépoussiérer la crèche. Retourner dormir sous la couette. Faire bon usage des trous de souris. De l'étoile pour bergers et de la graisse. Aller voir Sade à Bodmer. 


Il 

Changer de perspective. Choisir radicalement entre le désir et la névrose. Inviter son voisin à monter sur le toit. Fuir le marchand de sable. Guet-apens pour Morphée. Un paquet de tuiles. Le collabo intime cherche la correction politique pour accroître son emprise. Roberto Zucco. Nourrir les moineaux et le renard de lard. Refuser le graphisme de plus, le diagramme de trop, l'administrateur supplémentaire. La petite musique qui sort du ventre en plastique. Joli logo du père Noël. Casser les prix. Roter la dinde. Les vers de terre jouent leur part dans les glissements de terrain. Libérer les animaux. Dire non, niet, pas plus loin. Ou encore. Dans toutes les langues, faire du silence un chant d'église. Et la famille? Et le sujet? Faire bon usage des trous de souris; des sabots gris des moutons. 

 

est né

La caserne de pompiers est en alerte. Allumer toutes les bougies. Poser son doigt devant la bouche. Ses lèvres sur l'orifice. Dire chuuuuut très bas. Dernier trait du calendrier. Allelouhia. Slalomer sur la piste entre briques de verre et bouchons de muscat. Marcher ou pas. Penser aux piquets de plastique. A Ingemar Stenmark, à Nabilla, au sprint de Mario Colonna. Recevoir les voeux de Noël du président, vice-président, conseiller d'Etat, d'Ueli Maurer du pape et d'Obama. Voir passer la charrette remplie de têtes et de bras. Murmurer tout bas ce qui ne se crie pas. Pourquoi les fous foncent dans la foule? Pourquoi la foule sur le foie gras? Se relever au milieu de la nuit. Le sapin bien en place. Tout va. Tout va.


le divin

Faire et refaire la grève. Occuper le vide entre les lignes. Zapper tous les best-off 2014, compilations, montages toxiques, rembobinages, remémorations et diverses propaganda. Faire diversion. Arrêter la petite musique. Tirer sur la corde des cadeaux jusqu'à ce que vienne le costume du père Noël et de tous les papas. Tenir bon la ficelle. Ne pas lâcher. Effacer les traces comme un indien. Préparer l'embuscade. Ne rien planifier pour le 31. Faire bon usage des nids d'aigle. 


enfin

Refuser la trêve, récuser la pause. Puisque tout continue, attaquer par le flanc. La dent crénelée. Le langage codé. L'incisive devant. On se comprend. Passer à une autre vitesse. Approfondir le souffle. Ne pas se prêter au jeu. Ne pas demander d'intérêts. Sourire seulement intérieurement. Un sauveur vous est né: à Bethléem ou à Gaza? Dans l'étable, à l'usine, le dernier i-phone 6. Grossir la file d'attente? Pour aller où? Boycotter Morisod, TF1, la soupe tiède de la RTS. Entrer en dissidence. Aller dans les bois. Hululer pour la chouette. 

Anticiper le temps des bonnes résolutions, des cerises, des défaites, des cabanes accueillantes. Et sur le seuil. 

Et dans l'hiver

Et dans la joie   

Fêter Noël

Comme il se doit.

 

 

 

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18/12/2014

Hamas- Israël : Je te tiens tu me tiens par le terrorisme ....

Si le dégel des relations entre Cuba et les Etats-Unis retient aujourd'hui toute l'attention de la presse, il est une autre annonce qui a, cette semaine, le poids de changer l'histoire et marque un tournant important dans la géopolitique mondiale. C'est la décision prononcée par la justice européenne d'annuler, pour vice de procédure, l'inscription du mouvement palestinien Hamas sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne. Celle-ci a été prise en rappelant que l'inscription du Hamas sur la liste était fondée "non pas sur des faits examinés et retenus dans des décisions d'autorités nationales compétentes, mais sur des imputations factuelles."[1]

Terroriste, vraiment? 

Quoi, la justice européenne balaie ainsi pour vice de procédure une décision qui date de 2001! Incroyable. Cela montre combien les décisions de "justice" sont politiques et ce qui semblait une vérité brute un jour relayée par la bonne presse peut tomber du jour au lendemain. Et pourtant, qui peut dire que le Hamas d'aujourd'hui est différent de celui d'hier? Personne. Que reste-t-il alors des arguments de ceux qui se sont gargarisés du terme de terroriste pour diaboliser leur ennemi? Rien. Benjamin Netanyahu a beau vociférer, exiger que l'Union Européenne replace immédiatement le Hamas sur la liste des organisations terroristes, quelque chose est fondamentalement en train de bouger dans la politique européenne envers Israël.

La rhétorique du tout terroriste a fait son temps

Israël paraît avoir épuisé tout le bénéfice qu'il pouvait tirer de la rhétorique terroriste instaurée par Georges Bush et ses amis suite aux attentats du 11 septembre 2001. Benjamin Netanayahu va faire pression pour que «le Hamas reste en fin de compte sur la liste des organisations terroristes». Il va activer les pays européens amis afin qu'ils présentent des appels à la décision. N'empêche, il aura beau faire, le citron a été bien pressé, la rhétorique terroriste usée jusqu'à la corde. Il semble que les crimes de guerre à grande échelle commis par Israël cet été et la mobilisation grandissante de l'opinion publique, aient fait basculer les rapports de force. Si le Hamas devait être maintenu sur une liste terroriste, la moindre des choses serait désormais d'y ajouter Israël.


Les défaites politiques d'Israël

Si Israël enregistre défaites sur défaites politiques, [2] le soutien de son grand frère américain semble indéfectible, mais jusqu'à quand. Si un nouvel héritier de la dynastie Bush ne revenait pas au pouvoir à Washington, un changement de cap ne serait-il pas aussi envisageable? Un changement n'a jamais été aussi proche dans les rapports de force au Moyen-Orient.

Le mécanisme de chantage à l’oubli par l’Europe de la Shoah qui donne un blanc-seing et un droit de massacrer à Israël est en train de s’effilocher. Netanyahu va trop loin lorsqu'il prend à partir les européens en jouant du chantage: " trop de gens en Europe n'ont rien appris de l'histoire sur une terre ou six millions de juifs ont été massacrés. Mais nous en Israël, nous avons appris nos leçons"[3] Ce chantage à la Shoah pour légitimer une colonisation et le maintient d'un peuple sous sa botte à force d'être utilisé d'une manière trop complaisante, et de placer la raison d'état au-dessus des droits de l'Homme fragilise à la longue la crédibilité politique de l'état d'Israël et la croyance dans sa volonté sincère de chercher une solution politique à ce conflit. 

 

Le premier de nous deux qui cèdera...

Au jeu du "Je te tiens tu me tiens par le terrorisme, le premier de nous deux qui cèdera..." il semble qu'Israël fasse la grimace et perde du terrain. Il est à souhaiter qu'à Tel Aviv, une nouvelle politique voie rapidement le jour. Si les temps changent même pour Cuba, ils changeront pour d'autres aussi. Si la politique israélienne demeure cantonnée à celle du déni, du chantage et de la colonisation, il apparaîtra rapidement que des deux frères ennemis, le terroriste n'était peut-être pas vraiment celui que l'on pensait. Alors non seulement les listes, mais aussi la réalité sur le terrain, devront bien être modifiées afin de traduire la réalité du droit et sa prééminence nécessaire sur le politique.      



[1] http://www.leparisien.fr/international/l-ue-retire-le-hamas-de-la-liste-des-organisations-terroristes-17-12-2014-4381091.php

[2] http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/13345895

[3] http://www.rfi.fr/moyen-orient/20141218-israel-mauvaise-journee-benyamin-netanyahu/

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15/08/2014

Amie Téléphone Maison

Téléphone

Il était pourtant là, sur cette table. J’en suis sûr. Maintenant : rien. Ni sur la table, ni dessous. Au café où j’ai passé l’après-midi : néant. Je me lance sur des bouts de plastique comme un dépendant trie des bricoles pour y trouver un peu de sa vieille came de la veille. Je me fais les poches, une fois deux fois, doublures de veste, encore. Je renverse des piles de journaux – aucune chance que ce soit là, mais qui sait.. ça ne coûte rien d’essayer; plutôt devenir dingue qu'inactif: maniaque plutôt qu'impuissant. Mais rien, non. Aucune chance, je le sais. J’essaie encore. 100% des perdants ont-ils tenté leur chance? Il était pourtant là, à portée de mains, sous mes yeux. Je soulève et souffle la poussière, vais dans des recoins ou je ne suis jamais allé.  Je scrute le sol, c’est vain, c’est inutile, c’est bête. C'est nécessaire pourtant. Il faut le perdre pour le croire. Je recommence le même cirque encore.

Maison

J’ai claqué la porte, au même moment ça a fait tilt. Mes clés sont dedans. Je refais vingt fois le mouvement qui m'a conduit à taper la lourde. Vingt fois, en 5 minutes, mime le même geste. Pour oublier, me rappeler? Mouvement brusque et bête de poussée rapide. Puis, je reste un moment béat devant la porte close. Je pense à la forcer, faire levier. Mon voisin n'a-t-il pas le double des clés, y'a une fenêtre ouverte? Puis je ris. Le rendez-vous auquel je ne peux plus me rendre, tant pis, pas important. Je pars illico presto à la recherche d’un serrurier pour pouvoir accéder chez moi – chez moi, là, juste derrière la paroi, dedans de là où je suis exclu, sans moyens d'y retourner sans aide.   

Ma faute? Uniquement? Oui, mais non, pas moi, pas seulement. Bêta. Il me faut un responsable. Ce coup de fil juste avant d’aller chercher le courrier? Oui, c’est ça, ce moment d'inattention. J’avais la clé en main, je la tenais, et puis… je ne sais pas. Il m’a dit que…. un blanc. Puis j'étais dehors. La cafetière, je l'ai mise sur le feu?

Avion

Je ne voulais pas mettre mes bagages en soute. Non,  je voulais les garder avec moi. Mettre en soute, c’est toujours attendre à l’arrivée un petit peu plus longtemps, perdre du temps encore. Il faudrait toujours voyager avec un tout petit sac, un jeans deux t-shirt : vitesse et mobilité. Mais avec confiance, toujours, j’ai glissé mon sac noir sur le bandeau de plastique: 6 kg. Beau bébé. Une paille. Bonjour. Sourire radieux de l’hôtesse. Bonjour. Autocollant passé au cou du dodu. J'attache au dernier moment un bout de papier à une anse, griffonne au crayon nom, prénom, la ville où je vis et la rue. Est-ce que je dois noter ma destination? Non. De toute façon, je ne sais pas où je vais. C'est toujours le lieu de retour qui compte, d'établissement. Et bon voyage!  

Je reviendrai, c’est certain... Dans les nuages, ivresse et découpage du temps hors du temps. Cabine pressurisée, on se détend, maintenant. Choisir parmi un des films sans sexe sans scènes de violences sans contenu politique ni avion qui tombe. Et bien sûr aucunes nouvelles du monde. Une forme sirupeuse de méthadone visuelle. Faire attention à ne heurter personne = renoncer à toucher quiconque. Salves d'applaudissements à l'atterrissage. Avant de détacher la ceinture, attendre encore que l'avion roule jusqu'au bout de la piste. Ne pas se lever, encore. Attendre que la rangée pressée se pousse vers la sortie.

Repousser négligemment du pied le gilet de sauvetage sous le siège. 

Au carrousel de métal, dodelinement des bagages. Du mien: pas de trace. Pourtant, il y en a. Des noirs, des rouges, jaunes, des carrés et des ronds. Mais le petit dodu de 6kg? Resté loin des regards, têtu, dans le ventre d'un hangar. Je vais fouiner vers un autre carrousel, faire la girouette aux carrousels 1, 2, carrousel 3. Bagages de Barcelone, Beijing Berlin. Il ne peut pourtant pas être de ceux là, non. Dire ce n'est pas perdu, c'est égaré seulement. La perte, ce n'est pas croyable. Remplir une déclaration d'égarement, euh, de perte. Oui.

Petit papier blanc noirci pour l’employé inconnu et fatigué au guichet blanc d'une ville inconnue. Repasser dix fois le mouvement de remise du sac sur le tapis roulant. J’aurai dû le prendre avec moi, ne pas le laisser partir ainsi. Il faudrait toujours voyager avec un tout petit sac, un jeans deux t-shirt : vitesse et mobilité. Oui, oui. La confiance est absurde, le mettre dedans, ce n'était pas malin.

Encore au ralenti le déroulement du film de la dépose du bagage sur la tapis roulant. J’aurai pu faire ceci, cela. C’est la faute à la compagnie, à une grève, une défaillance technique, au centre de tri, à la mécanique industrielle. La perte : égarement. Se ressaisir maintenant. 

Qu'est-ce qu’il advient de l’objet perdu? Il est toujours dans les entrailles, quelque part. Je l'oublie presque. Qu'est-ce qu'il advient de la perte? Quelqu'un s'occupe de mon bagage vs il a été expédié ailleurs, dans une autre ville, un autre hangar, d’autres douaniers à casquettes. La petite étiquette de papier plié, elle va tenir ? J’aurai dû mettre quelque chose de plus solide. Ne plus contrôler. N’avoir aucun moyen d’influencer son retour. Je laisse un message vocal sur la boîte de la compagnie qui ne les relève pas. Renouer, cela ne m’appartient pas. Je lâche prise ou j'abandonne? 

Plus de clés.

Plus de bagages.

Plus de de téléphone.

Enfin des vacances!   

Amie

Il parle tout doucement, il dit : j’enterre une amie aujourd'hui, enfin : une boîte vide. Elle a été réduite en miettes, pulvérisée dans un accident d’avion. On n'a rien retrouvé d’elle. Ni ses possessions, ni ce qu’elle avait perdu. D’elle, il ne reste rien; une boîte vide, rien de plus, à glisser dans un trou et recouvrir de terre.

Des souvenirs, des mémoires en masse et une boîte vide.

Que de l’immatériel.   

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17/07/2014

10 arguments en faveur d'israël qui alimentent le conflit (6-10)

israel,palestine,bdsPour agir, comment se libérer des clichés qui assurent la perpétuation de l'état de violence? Les tenants de la politique du consentement gagnent du terrain. Selon eux, il faudrait prendre le temps de comprendre, se tenir à équidistance des deux côtés, ne pas boycotter, ne plus manifester. Mais "comprendre les deux côtés" revient malheureusement à pencher pour l'état de fait et assure la continuation des pratiques d'une  puissance occupante sur un peuple occupé.

Au final, renoncer à prendre position revient très vite à abdiquer : "après tout, cela ne nous regarde pas", ou basculer dans une indignation sans embrayage; fatigue de l'impuissance et soumission à la complexité de la situation. Surtout: ne froisser personne. Surtout, ne pas risquer l'impair. Cette posture, au final, revient à renoncer à son pouvoir d'action et d'engagement. Le conflit entre l'état d'israël et le peuple palestinien va se poursuivre. Pourtant, il n'est pas sans fin. C'est le bon moment pour se construire une conscience plutôt que d'utiliser des prêts-à-penser.

Ce n'est pas la menace militaire qui oriente les préparatifs israéliens, mais le coût ou le gain médiatique et politique d'une intervention armée et la capacité de l'état d'israël à légitimer son action.

L'intensité émotionnelle du meurtre des enfants sur la plage de Gaza retombera les prochains jours, jusqu'à la banalisation des bombardements et de l'invasion terrestre en préparation. Petit tour des représentations toutes faites qui aggravent le conflit en avançant 10 arguments erronés en faveur d'Israël (6-10).   


israel,palestine,bds6) Israël n'a pas d'interlocuteurs valables pour la paix

Faux. Israël a face à lui l'Autorité Palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, interlocuteur de bonne volonté désireux de mettre fin aux violences. La reconnaissance, par l'Autorité Palestinienne de l'état d'israël conduit de fait à la reconnaissance de la prise de 78% du territoire de la Palestine d'avant 1948. L'Autorité Palestinienne l'a fait, conscient que la possibilité d'une paix est à ce prix. Qu'ont-ils reçu en retour? Rien. Pourront-ils accepter que le reste soit grignoté, en souriant ? Non. Soit israël avance avec l'Autorité vers une solution négociée du conflit, soit il choisit de privilégier la violence, option qu'il a malheureusement empoignée à Gaza, provoquant l'embarras des états européens contraint d'appeler à la retenue, incapables d'encourager israël dans sa fuite en avant, impuissant à le freiner.

Israël, du fait de l'occupation, bafoue quotidiennement toute possibilité de trêve. Les roquettes du Hamas sont un prétexte commode au déclenchement d'une guerre dans une effrayante construction d'un dispositif en miroir. 


israel,palestine,bds7) La colonisation sert uniquement à mettre la pression sur les palestiniens

Faux. La colonisation n'est pas un moyen de "faire pression", c'est un moyen d'accomplir une domination dont l'objectif est plus que jamais celui que portait Sharon (2001) de "finir la guerre d'indépendance de 1948", c'est-à-dire: l'expulsion d'un maximum de Palestiniens hors de leurs frontières.

Sitôt qu'israël accèdera à la reconnaissance de l'état Palestinien, au droit au retour des déplacés de 1948 et renégociera le tracé du mur de séparation, dans un processus, un calendrier, et des objectifs négociés avec l'Autorité Palestinienne, la paix deviendra une possibilité durable et non une accalmie de courte durée entre deux guerres placé sous le signe de l'oppression.

Israël peut entrer en dialogue, puis traduire dans des actes cette volonté, ou creuser sa monomanie anti-Hamas qui lui permet avant toute chose de ne pas bouger d'un pouce de ses positions conquérantes de colon victimaire, au risque de s'y enfermer dramatiquement.

Les retombées 

Ce choix politique d'expansion israélienne fait grandir la crainte d'israël dans toutes les rues du monde, par la monumentale injustice d'asservissement d'un peuple qu'elle abrite. Elle est une menace directe pour tout vivre ensemble par l'idéologie qu'elle revendique. Mais quelle folie furieuse est en train d'emporter israël pour qu'aux yeux de certains, Netanyahu apparaisse maintenant comme un "modéré" ?!

L'Europe entière pâtit de cette politique va-t-en guerre israélienne. A qui reviendra la  gestion des tensions soulevées par ce conflit en Europe? La Suisse peut-elle, l'air de rien, se faire plaisir en achetant le matériel de guerre israélien (400 millions pour des drones) voulu par Ueli Maurer? Le boycott, le désinvestissement et les sanctions envers israël jusqu'à la fin de l'apartheid et de l'occupation en Palestine demeurent une mesure douce pour préserver une position de la Suisse en accord avec les quatrièmes conventions de Genève, afin qu'elle ne soit pas assimilée à un soutien à israël, coupable de crime de guerre en 2009-2010 à Gaza (opération plomb durci) et récidivant actuellement à Gaza.           

La colonisation israélienne ne met pas la pression sur les palestiniens, elle les domine. C'est sur les démocraties européennes qu'elle s'exerce. Comment y répondent-elles?

israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.8) Israël agit avec bonté envers les blessés palestiniens

Faux. Si, un certain nombre de blessés et de malades palestiniens passent le mur pour se faire soigner, c'est seulement au prix de nombreuses tracasseries; le poids de l'administration conduit à des démarches kafkaïennes. Le mur a isolé des dispensaires. Il oblige les malades à des heures de route et de détours avant de se faire éventuellement soigner. Les rendez-vous sont repoussés de plusieurs mois ou manqués à cause des difficultés ou l'impossibilité d'obtenir des permis de passage. Telle femme atteinte d'un cancer a vu ses autorisations annulées deux fois; telle autre est décédée avant la date de son rendez-vous, repoussé à plusieurs reprises. Les checkpoints ferment à tout moment. Une infime minorité de la population de la Palestine occupée a accès aux soins en israël et surtout, est capable de les payer. Les conditions d'obtention des permis sont drastiques. La colonisation  est responsable, entre autre, de pénurie alimentaire, de hauts taux de mortalité infantile, de non-accès à l'éducation, etc., (Rapport de l'OMS à la soixante cinquième assemblée mondiale de la santé, 2012).

La situation à Gaza, du fait du blocus, et maintenant des frappes israéliennes est hors normes.  

israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.9) Les arabes sont des citoyen-ne-s comme les autres en Israël

Faux. S'il y a des députés arabes israéliens, ils demeurent une minorité et des citoyens de seconde zone. Il n'y a pas une véritable égalité de droits et de devoirs entre arabes et juifs dans l'état d'Israël. Lire pour cela l'article du Monde de Robert Blecher décrivant une "citoyenneté en conflit" (www.lemonde.fr/idees/article/2012/07/31/les-arabes-d-israel-une-citoyennete-en-conflit_1740023_3232.html). La situation pour les arabes israéliens n'a cessé de se dégrader depuis l'an 2000, la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des mosquées, l'assassinat de sept palestiniens dans les manifestations qui ont suivi et le déclenchement de la deuxième intifada.

Quelques arabes israéliens obtiennent encore des positions en vue en israël. Sont-ils alors les représentants des minorités (in)visibles ou une caution déformée de la "démocratie" israélienne? 

Il y a malgré tout encore des raisons d'espérer quand des israéliens, qu'ils soient juifs, chrétiens ou musulmans, se mobilisent pour la paix et manifestent pour arrêter les bombardements à Gaza; quand des associations comme B'tselem, La paix maintenant, JAG (Jews against Genocide) ou Breaking the silence, défendent le droit, la justice, et une paix négociée.

Les arabes ne sont pas des citoyens comme les autres en Israël. Il reste toutefois encore des citoyen-ne-s israélien-ne-s pour dénoncer cet état de fait.


israel,palestine,bds,netanyahu,hamas.10) Il faut être arabe ou juif pour parler de ce conflit religieux

Faux. Ce conflit n'est pas un conflit religieux, mais un conflit politique avec pour enjeu le contrôle d'un territoire disputé. Les arguments qui renvoient dos à dos Hamas et juifs extrémistes, faisant des identités religieuses un problème essentiel escamotent les enjeux socio-économiques. Je ne suis pour ma part pas juif, pas arabe. J'ai étudié à l'université de Genève, appris l'hébreu pour traduire des passages de la Torah, suivi avec passion les enseignements du rabbin Guedj dans le cadre de la fondation Racines et Sources. Et puis ? Des rencontres et choix politiques m'ont conduit à construire une opinion sur la situation de la colonisation israélienne, à développer une position critique envers celle-ci.

Pas besoin d'être arabe ou juif pour comprendre ce conflit et s'y engager, ni d'avoir vécu 20 ans au Moyen-Orient. L'appareil de propagande logé dans le langage rend difficile de s'en détacher. Ce qui importe c'est faire sauter,  avec une grille de lecture politique, les rouages de la colonisation qui emprisonne les palestiniens et malgré tout un appareil dissymétrique, un certain nombre d'israéliens aussi. 

L'enjeu est de mettre fin à une opération de colonisation de la terre et des esprits qui réclame notre complicité, notre collaboration passive, et notre silence pour se poursuivre.

Devant nous : une colonisation effrénée qui mène, au nom du droit à se défendre d'israël, et à une martyriologie perverse, une guerre d'expansion, aux négations des droits de l'autre. Nous (êtres humains dotés d'empathie) devons choisir si nous souhaitons en être les témoins, les complices ou les opposants.     

 

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

Ces photos illustrent l'action symbolique des JAG (Jews against genocide) qui se sont rendus à Yad Vashem, mémorial Israélien du génocide commis contre les juifs à Jérusalem, devant la Knesset, parlement israélien, et devant la base militaire d'Hakirya à Tel Aviv afin d'y honorer les enfants palestiniens morts sous les bombardements. Anat Cohen, membre du JAG a affirmé que c'étaient les premières manifestations d'une série qui allait se poursuivre tant qu'Israël continuera d'assassiner les enfants palestiniens. Les gardiens de Yad Vashem ont tenté d'interrompre la cérémonie, confisqué les extincteurs des JAG et appelé la police israélienne qui a arrêté les manifestants. "De la même manière que nous honorons les gens qui ont été tué il y a 70 ans en Europe parce qu'ils étaient juifs, nous sommes ici pour honorer les gens qui sont assassinés en ce moment même parce qu'ils sont les autochtones de cette terre et qu'ils ne sont pas juifs" ont communiqué les JAG.

Ces actions extrêmement fortes illustrent la diversité des avis en Israël, et la capacité des citoyen-ne-s, artistes, et militant-e-s, à contester l'action de leur gouvernement. 





 

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15/07/2014

10 arguments en faveur d'Israël qui alimentent le conflit (1-5)

israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.Pourquoi la colonisation israélienne nous concerne-t-elle directement? Pourquoi est-il impossible d'esquiver ce conflit en le mettant sur le même pied que ce qui se passe au Tibet ou en Ukraine par exemple ? Pourquoi ne pas s'y impliquer revient à terme à fragiliser notre sécurité et renforce la responsabilité de l'Occident dans les violences qui s'y déroulent? Pour agir, comment se libérer des clichés qui assurent la perpétuation de l'état de violence. Petit tour des représentations toutes faites qui aggravent le conflit en avançant 10 arguments fallacieux en faveur d'Israël (1-5).      

1) Le mur de séparation assure la sécurité d'Israël  

Faux. Il y a un paradoxe dans l'argumentation de ceux qui défendent la présence du mur. Ils affirment que le mur protège Israël des terroristes du Hamas. Pourtant, de nombreux travailleurs passent le mur pour travailler en Israël. Le mur n'est pas une garantie sécuritaire, il est non-étanche. De nombreux points de passages laissent entrer des clandestins. Le mur, comme le rappelle René Bachmann (Le Mur, éditions du Seuil) est avant tout un outil visant à découper des terres et à poser de nouvelles frontières au profit de l'état d'Israël, enserrant et protégeant ses colonies. Maale Adumim "perle brillante de l'état d'Israël" selon ses élus municipaux, en est l'une d'elle, construite illégalement, coupant la Cisjordanie en deux. Le mur est un outil de domination économique et géopolitique, pas une garantie de sécurité. Il demeure une des sources du problème, pas une possibilité de sa résolution. Ce n'est pas le mur qui a empêché les attentats terroristes, mais la trêve négociée entre le Hamas et Israël, et le choix politique de l'Autorité Palestinienne de renoncer à la violence. La diplomatie affirmera Israël, pas les murs ni les bombes, ni ses interventions armées qui donnent bien de nouvelles forces à ses détracteurs et attise  la haine. Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit et le mur est une construction militaire. 


israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.2) Israël donne du travail aux palestiniens

Faux. Israël le fait payer plutôt, et cher. La colonisation produit de la main d'oeuvre bon marché, un lumpenproletariat corvéable à merci. Israël est une économie florissante sous perfusion américaine. Une colonisation ne peut se justifier parce que des colons emploient des colonisés à des salaires horaires misérables. Les français en Afrique employaient des natifs, cela donne-t-il une légitimité à la colonisation? Certainement non. Israël ne donne pas du travail, il développe une économie basée sur l'exploitation. Personne ne s'attend toutefois à ce qu'Israël soit plus vertueux que d'autres pays. Ce n'est pas de la vertu qui est attendue, mais le respect du droit. Si Israël se réclame de la démocratie et veut en honorer les engagements, elle ne peut se satisfaire d'être comparée à l'Egypte des maréchaux ou aux criminels islamistes qui égorgent et tuent en Syrie et en Irak. Comparer Israël à la lie pour lui donner un semblant de légitimité et la placer au-dessus des pires dictatures est humiliant pour elle. Si Israël se revendique de l'Europe, veut pousser la chansonnette à l'Eurovision, continuer d'envoyer ses équipes de football jouer dans les championnats européens, elle doit jouer à ce niveau là, pas se reléguer au niveau des états atomisés aux pratiques criminelles comme l'Irak ou la Syrie avec l'argument fallacieux d'être la "seule démocratie" du Moyen-Orient tout en commettant à Gaza des crimes contre l'humanité.     

israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.3) Le Hamas veut avant tout la destruction d'Israël

Faux. Le Hamas est à l'origine un mouvement communautaire et social. Il s'est radicalisé lors de la première intifada (1987) et a, à de nombreuses reprises, signé et accompli des trêves avec Israël. Il a proposé, en 1993, à Israël, la paix en échange de son retrait des territoires occupés. Les cycles de violence du Hamas avec Israël montrent un rapport de force, et un dialogue constant entre les deux entités. Il est impossible au Hamas de créer une véritable économie et donner du travail à  sa population actuellement en raison du blocus israélien (2005) enserrant Gaza; impossible à quiconque de développer une économie viable à Gaza autre que de survie. Le Hamas est une jauge de sécurité pour Israël. Si le Fatah prend de l'ampleur, Israël renforce le Hamas. Si le Hamas gronde, Israël desserre l'étreinte au Fatah. Si les deux s'unissent (2 juin 2014) Israël lance une attaque qui les fragilise tous deux. Le Hamas est une monomanie, une obsession israélienne, son repoussoir favori. En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réitère la proposition de trêve de durée indéterminée et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien. Israël refuse. Il est aujourd'hui pervers de nier le droit à un peuple de s'autodéterminer en prenant en exemple sa composante la plus extrémiste pour la frapper tout en faisant parallèlement le nécessaire pour la renforcer quand elle peut être utile politiquement. L'Autorité Palestinienne ne partage pas l'idéologie et la stratégie du Hamas. Pourquoi Israël n'intensifie-t-il pas ses échanges avec elle? 


israël,palestine,gaza,bds,bombardement,suisse,neutralité.4) Le droit au retour est un luxe dont finiront par se passer les Palestiniens

Faux. Tant qu'Israël n'accédera pas à cette exigence, le conflit perdurera. Il ne s'agit encore pas là de la vertu ou non d'Israël de s'y plier, mais du respect du droit international et d'honorer les quatrièmes conventions de Genève. Une fois les combats terminés, les civils doivent pouvoir retourner chez eux, dans leurs propres maison. Depuis bientôt quatre générations (1948), ce droit est bafoué par Israël. Il n'y a, là encore, aucun sens d'invoquer les autres états arabes et de pousser vers eux la question Palestinienne. On entend dire: "que les autres états arabes les accueillent". Mais non. Qu'ils choisissent ou non d'accueillir les palestiniens est non-signifiant. Les habitants de Jaffa sont originaires de Jaffa, pas Bagdad, c'est insensé de vouloir les envoyer au loin. Ils doivent pouvoir retourner chez eux, même si leur ville s'appelle Tel-Aviv aujourd'hui. Pourquoi l'Etat d'Israël bloque-t-il ce retour? Parce que ce serait la fin de l'état hébreu disent certains. Quel paradoxe. Si c'est le cas, comment prétendre démocratique un état qui se définirait par essence hébreu et donc par définition à dominance juive? Quelle est la nature de la démocratie de l'état d'Israël si une partie de sa population originaire ne peut y vivre, et celle qui y réside actuellement a pour vocation d'y demeurer minorisée ?      

5) Les épisodes de violence sont initiés par les arabes

Faux. La colonisation est un acte de violence, elle est à la racine, au coeur des autres violences qui en découlent. Invoquer le Hamas à tour de bras ne fait que le renforcer et lui donner plus de puissance. Pourquoi Israël ne s'appuie-t-il pas sur l'Autorité Palestinienne, ne renforce-t-il pas la position de Mahmoud Abbas, modéré, pragmatique, ayant reconnu l'état et l'existence d'Israël? Dès 1987 le Hamas a été toléré, accepté, voir soutenu par Israël pour contenir le Fatah selon le principe de "diviser pour régner". Israël, par les excès d'une politique de colonisation effrénée, a tout fait pour fragiliser Mahmoud Abbas qui a été présenté comme "trop tendre". La cote de popularité du Hamas est montée. Certains palestiniens ont cru qu'il pouvait être une alternative au Fatah. La colonisation divise. Choisir d'enfermer un peuple, à Gaza comme en Cisjordanie est une violence continue et quotidienne qui n'a pas besoin de coups de feu pour être dénoncée et sanctionnée. 


Les arguments 6 à 10 en faveur d'Israël qui alimentent le conflit seront publiés ultérieurement.  

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

 

09:29 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israël, palestine, gaza, bds, bombardement, suisse, neutralité. | |  Facebook |  Imprimer | | |

13/07/2014

Gaza: boucherie sur la plage

Gaza est un hachoir. Plus de 150 morts et 1000 blessés depuis 6 jours, pour l'écrasante majorité des civils. Cette boucherie ne peut être qualifiée autrement qu'un crime contre l'humanité. Israël va a engager les combats au sol. Le bilan humain va drastiquement augmenter. Le bain de sang est programmé. Le long de cette plage de la Méditerranée, une boucherie sans crème solaire sous 37 degrés est en route. Israël présente les gazaouis au hachoir des F16 sur une petite musique de drone. Le point de passage de Rafah est bloqué par les militaires égyptiens avec la bénédiction d'Israël. Les habitant-e-s se font tabasser au poste de passage. Ils attendent trois jours de pouvoir fuir avant de se faire refouler dans la nasse. Seuls les détenteurs d'un passeport international peuvent sortir. Les palestiniens sont refoulés. Ce sont les otages d'Israël, désignés pour le hachoir.       

Gaza, Hébron, Ramallah, même combat 

Si l'on cherche la source du problème, ce n’est pas en désignant Gaza ou le Hamas qu’on la trouvera. Il faut voir l’entier de la Palestine illégalement occupée par Israël. Les Israéliens affirment qu’ils se sont retirés de Gaza, ah bon? Il est fallacieux de dire que Gaza est un territoire autonome. La Palestine est occupée, Gaza incluse, comme Jérusalem, la Cisjordanie. Il n’y a pas d’occupations 5 étoiles. Il n’y a pas d’occupation démocratique. Il est impossible de rester neutre. L’occupation, peu importe sa légitimation et son appareil de propagande demeure une occupation. C’est une violation des droits de l’homme, de la quatrième Convention de Genève. Le silence du CICR à ce sujet est assourdissant. C'est une source renouvelée de guerre, de conflit, tant que durera l'occupation.

Une communauté plus interdite qu'internationale

Il ne faut pas traiter les conséquences mais l’origine des problèmes. Et la racine du problème ne tourne pas autour des missiles qui partent de la bande de Gaza occupée. C'est, cela, une conséquence. Bien sûr, il faut les condamner. Parce qu’ils visent des civils. Parce qu'ils sont absurdes, contreproductifs et vains. Parce qu'ils fragilisent l’unité palestinienne, prise en otage par le Hamas, au profit d'Israël. De la même manière, le problème ne vient pas des enfants qui lancent des pierres sur l’armée occupante en Cisjordanie.

Le véritable problème c’est: pourquoi il y a-t-il encore et toujours, en 2014, une puissance occupante en Palestine; des colons désireux de se prendre des pierres pour riposter à l'arme de guerre? Pourquoi enfin la communauté internationale a-t-elle cédé clé en mains un pays à Israël en 1948, refusant ce même droit aujourd'hui à une autre entité légitime? La complaisance des états européens est terrible. L'attitude de la France, appelant à la retenue du bout des lèvres et détournant le regard est indigne. L'attitude de la Suisse qui se prépare à acheter pour 400 millions de drones israéliens irresponsable et écoeurante. Cela ne doit pas se faire. Comment obtenir de nos gouvernements qu'ils prennent position contre la guerre, arrêtent de la soutenir, et de la communauté internationale qu'elle soit moins interdite devant ce qui se déroule et est une conséquence aussi de leur inaction?

Ils tuent collectivement les innocents

La punition collective n’est pas une chose nouvelle. C'est une politique. Elle est mise en œuvre sur l’ensemble de la Palestine depuis des décennies. Plus de 5000 palestiniens sont détenus aujourd'hui dans les prisons israéliennes. Ce sont des parlementaires, des élus, des militants, des femmes, des mineurs. Israël vient de rafler dans leurs maisons les prisonniers qu'elle avait échangés contre Gilad Shalit.

Israel affirme qu’il s’est retiré de Gaza, que Gaza est un territoire libre sous contrôle du Hamas. Mais, je le répète: Gaza est une prison bouclée avec des drones qui patrouillent dessus. Personne n’en sort ou n’y rentre sans l’accord d’Israël qui y intervient quand il veut où il veut, sans s'embarrasser de prétextes. Il n’y a aucune circulation libre de biens ou de personnes. Le contrôle de la terre, des airs, de la mer est total. Parfois Israël sort un prétexte toutefois : "roquettes roquettes" le plus souvent.  Mais Gaza n’est pas un monde à part. Le droit humanitaire et international s'y applique. Dans un rapport de 2011, l'OMS, rappelait que: "les obligations d'Israël au regard de ses engagements [internationaux en matière de droit humanitaire] s'appliquent à tous les territoires et populations placés sous son contrôle effectif." Israël "a l'obligation de maintenir [en état de fonctionnement] les établissements et services médicaux de santé publique et d'hygiène dans la bande de Gaza, ce qui implique au minimum qu'Israël - en tant qu'état contrôlant l'entrée et la sortie de la bande de Gaza de tous produits, y compris les produits médicaux, le matériel médical et les matériaux de construction -, tout en étant fondé à protéger sa sécurité, n'entrave pas l'accès aux soins des patients qui en ont besoin".

Israël viole tous ses engagements et toutes ses responsabilités internationales en bombardant Gaza au cri de « roquettes roquettes » ou « sécurité sécurité » qui sont des cartes truquées, une vieille combine de croupier pour gagner à coups sûrs.   

Roquettes roquettes !

Si de centaines de roquettes ont été lancées en direction d’Israël, il n’y a, à ce jour, Dieu merci, aucune victime civile israélienne. La majorité des roquettes ont été interceptées. Les résidents Israéliens le disent eux-mêmes : ce sont des tirs d’amateurs. Ils n'en ont pas peur. Cela démontre :

 1) Combien le Hamas est limité militairement et lance des missiles stériles.

 2) Le système défensif d’Israël est au point. Pourquoi lui faut-il alors encore massacrer Gaza quand son système de défense lui assure sa sécurité? 

Le cri : Roquettes roquettes! ressemble au cri lancé par Georges Bush au sujet des prétendues armes de destruction massive en Irak. Dans le cas des armes de destruction massive elles étaient réellement destructrices mais inexistantes ; dans la situation d'aujourd'hui, il s’agit des roquettes bien réelles mais totalement inoffensives.  Dans les deux cas, on assiste à une théâtralisation de la menace, un jeu sur les sentiments de peurs; une mascarade identique de radicalisation de la menace pour légitimer une intervention armée dans un territoire étranger et éradiquer toute opposition. 

D’où partent les roquettes ?

Sitôt découvert le meurtre des 3 jeunes colons israéliens, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne a clairement condamné le crime et proposé son aide pour trouver les criminels. Mais qui les a horriblement tués ? Qui a mis en place cette opération ? Et à qui bénéficie ce crime qui tombe si bien dans l’agenda politique d’Israël? Pour l’instant, le Hamas continue de démentir en être responsable. L’Autorité Palestinienne a sévèrement  condamné cet acte. Israël, lui sanctionne et punit aveuglément. Que faisaient ces 3 jeunes hommes dans des colonies illégales ? Que font encore des jeunes israélien là-bas d'ailleurs? Qui a pris la responsabilité de les envoyer dans un territoire illégalement occupé, et surtout: quand est-ce qu'une enquête nous dira ce qui s'est réellement passé. « Roquettes roquettes », « Sécurité, sécurité », le principe de l'agression défensive est une ficelle trop grosse et violente pour l'avaler. Force est de constater qu'elle évacue au profit d'Israël de nombreuses questions.

Neutre = neutralisant

C’est de l’occupation que ressort l’escalade de la violence. C'est elle qu'il faut tenir pour responsable. C'est contre elle qu'il faut lutter si nous souhaitons sincèrement que la violence cesse, qu'une paix durable s'installe. La neutralité ne sert à rien, elle neutralise. La neutralité est une manière suave de détourner le regard.  

Dimanche 13 juillet 11h, Israël lance une opération au sol. Elle lâche ses soldats dans une population apeurée et acculée pour y chercher des "Roquettes roquettes" ou plutôt : les preuves de son ignominie.     


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11/07/2014

Boycotter Israël ou continuer à compter les morts?

israel,palestine,droit,bds.Est-ce que le fait d'appeler au boycott d'Israël est une manière de punir les israéliens, les innocents tout autant que les coupables? Est-ce une mesure discriminatoire, injuste? 

Tout d'abord, rappeler ici que le boycott n’est pas une punition, ni contre des Israéliens innocents (qu’ils soient producteurs, paysans, ou ouvriers), ni contre des israéliens coupables. Le boycott n’est ni un principe moral ou de jugement, c’est un engagement politique et éthique qui vise à faire pression sur une politique menée par un état qui s'est placé au-dessus du droit et prend à la légère les résolutions de la communauté internationale, tout en se rendant actuellement coupable aujourd'hui à Gaza de crime contre l'humanité.

Le succès du boycott mené en Afrique du Sud est un encouragement et un exemple historique de la capacité des peuples à être solidaires les uns envers les autres en faisant appel au pouvoir individuel de mobilisation et d'engagement. 

israel,palestine,droit,bds.Le boycott: un outil efficace

Le boycott vise à donner du pouvoir aux forces progressistes en Israël, afin qu’ils influencent les politiques menées dans leur pays. Le boycott vise à restaurer les droits des producteurs, paysans, ouvriers palestiniens exploité-e-s en Israël comme dans les territoires occupés.

Il vise à remettre au centre de la question les rapports de domination et d'exploitation actuels en Israël. Avoir un pacifisme plus engagé envers Israël afin de ne pas être complice de ses coups de sangs ou stratégie de contrôle ; être plus critique et exigeant afin de se comporter en possible partenaire d'Israël. Si, par peur de "punir le faible israélien pour la faute de son gouvernement", on se tait, les manoeuvres des puissants sont facilitées et, en dernier recours, le malheur du plus grand nombre. Non, ce n'est pas se comporter en possible partenaire d'Israël que de soutenir les politiques du Likoud et des faucons d'extrême droite, des ultras religieux. Acheter des drones israéliens pour 400 millions, les mêmes qui vrombissent sur Gaza comme le propose le conseiller fédéral Uelie Maurer (UDC) c'est inconscient et dangereux pour la Suisse, sa "neutralité" qui fait sa fierté.

Non, ce n'est pas se comporter en possible partenaire d'Israël que de censurer les critiques, enterrer les questions... ou consommer des produits provenant de territoires illégalement occupés et confectionnés avec une main d'oeuvre exploitée.

israel,palestine,droit,bds.Que dit le droit?

Compter les morts d'une côté, les rendre équivalents aux roquettes de l'autre, pour légitimer ses frappes? Cette comptabilité est morbide. Il faut revenir au droit pour se faire une idée de la singularité de la situation en Israël. Or, que dit le droit ? La résolution 194 du 11 décembre 1948 affirme le droit des réfugiés palestiniens qui le désirent de rentrer dans leurs foyers ou de bénéficier d'indemnités. La résolution 242 du 22 novembre 1967 demande l'évacuation de territoires occupés. La résolution 338 demande l'application de la résolution 242 dans toutes ses parties. La construction du mur de séparation est illégal, l'Assemblée générale des Nations unies l'a affirmé le 21 octobre 2003. Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice affirme que : « L'édification du mur qu'Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l'intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international » Ces résolutions sont toujours restées lettres mortes, bafouées. Depuis 1948 ce sont des centaines de résolution de l'ONU qui ont été foulé aux pieds.

En 2005 les représentant-e-s de la société civile palestinienne (plus de 150 associations) ont lancé un appel international au boycott, aux sanctions et aux retraits des investissements en Israël, à l'exemple de la lutte menée contre l'Apartheid en Afrique-du-sud. Cet appel a été renouvelé avec force depuis Gaza assiégé le 09 juillet (http://carol.blog.tdg.ch/archive/2014/07/10/les-conventions-de-geneve-ont-elles-un-sens-bis-257764.html)

 

israel,palestine,droit,bds.Les syndicats soutiennent le boycott
Le réseau européen des syndicats alternatifs de base a entendu l'appel au boycott en mars 2014 : La Confederacion General del trabajo, l'Intersindical Alternativa de Catalunya (Espagne), l’Union Sindicale Italiana, la Fédération Sud Vaud (Suisse), la Confédération National du Travail (France), des syndicats français, belges, espagnols, grecs, polonais, de l'Europe entière, soutiennent le boycott.

Le site BDS Suisse www.bds-info.ch permet de se faire une idée de l'ampleur du mouvement et de son efficacité. 

Objectifs du boycott

Le boycott se justifie en ce qu'il est un des moyens de lutte pour atteindre des objectifs circonscrits dans le temps:

1) Mettre fin à la Colonisation

2) Démanteler le Mur

3) Reconnaître les droits des travailleurs arabos palestiniens

4) Respecter protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés.

israel,palestine,droit,bds.Tant que ces objectifs ne seront pas atteints, le cycle des violences se poursuivra inexorablement. Est-il possible de rester les bras croisés, voire de contribuer à la poursuite de l'exploitation en consommant des produits israéliens, économie florissante basée sur l'exploitation territoriales et des forces de travail palestiniennes?

Il est intellectuellement fallacieux et suffisant de se contenter de la rhétorique israélienne de diabolisation du Hamas pour éviter d'avancer sur ces 4 points. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre Israël, mais de donner une possibilité à une paix juste de croître. Sans ce mouvement, le comptage des morts d'un côté et des roquettes de l'autre se poursuivra, et le désintérêt international pour une question "compliquée" la rendra toujours plus inextricable.

Le boycott est la première mesure ferme, juste, mais symbolique aussi, qui permette de canaliser la rage, la haine pour certains, que l'intervention israélienne génère au-delà de tout contrôle et territoire.


Le boycott est un moyen d'être actif. C'est aussi une ligne de front. Il est désormais à la portée de chacun-e- de s'engager, ou de continuer à compter les morts.


Vendredi 11 juillet 16h Place des Nations Genève, Manifestation pour dénoncer les frappes de l'état d'Israël sur Gaza, qualifiées de crime de guerre et de crime contre l'humanité.


Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

Photos prises le 09/07 à Tel Aviv lors d'une manifestation s'opposant à l'attaque contre la bande de Gaza.

Illustrations: "L'occupation nous tue tous"/ "Les femmes juives et palestiniennes ne veulent pas la guerre" / Gauche: "Les politiciens exploitent l'enlèvement des enfants" Droite : "Libérez la Palestine" / "Nous ne voulons pas la guerre" /


07:31 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : israel, palestine, droit, bds. | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/07/2014

Toutes nos victoires dans ce lieu sont de cette nature

index.jpgSous l'emprise de la torture certains d'entre nous ont avoué avoir participé à un trafic de missiles, creusé des tranchées, ravitaillé des entrepôts en armes, transmis des lettres aux combattants, nourri des résistants. Tu avoues des actes que tu n'as pas commis ou tu amplifies ceux dont tu es l'auteur... pourvu que la douleur cesse

Ainsi s'exprime Soha Béchara au début de "La fenêtre" livre écrit avec Cosette Ibrahim, témoignage de ses 10 années passées au camp de Khiam pour avoir tiré sur le général Antoine Lahad, chef de l'armée du Liban-Sud. Libanaise chrétienne, communiste, Soha Béchara sera torturée et subira l'isolement sans jamais n'avoir été jugée. Elle sera libérée à la faveur d'une campagne internationale de soutien. Elle vit désormais à Vernier, Genève. Cosette Ibrahim, née à Beyrouth, sera internée pendant 9 mois en 1999 à Khiam sans être jugée non plus. Elle vit désormais à Paris.  

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08:22 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : soha béchara, palestine, liban, lahad, khiam. gaza | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/07/2014

Boycotter Israël

10533551_564295353690163_1717698667271781513_n.jpgUne personne, de passage en Israël, avec une volonté de "bien faire" et un humanisme sincère, m’a écrit pour critiquer mon dernier billet «  Israël : visage d’Apartheid », me demandant pourquoi je l’avais publié et me racontant ses deux semaines en Israël avec un passage à Naplouse, l’achat touchant de 50 grammes de safran, l’odeur de la chica et de thé, la contemplation des récits de martyrs sur les murs. Mon billet,  à ses yeux, ne contribuait qu'au flou des faits et des acteurs, par la démonisation d'Israël. J’allais trop loin. Elle me proposait de venir voir sur place et faire un article moins fade. J’essaie donc ici de m'exprimer plus clairement que dans mon premier billet.  

Le mur n’est pas une frontière poreuse

Dans son récit de voyage, elle voulait "rendre la frontière poreuse". Louable vertu des échanges : elle a ainsi pu rencontrer le maire d’une ville palestinienne puis manger avec un ambassadeur américain. Mais cette façon de traverser les conflits en croyant que ses privilèges sont une norme, est fallacieuse. Si elle passe bien, c’est avant tout parce qu’européenne, avec un bon profil. Elle ne dérange rien. Pendant ce temps, les Palestiniens, eux, s'agglutinent aux grilles. Allez leur parler de porosité. Allez voir au checkpoint de Kalandia, aux villages de Kalkilya, à Bil'in à Nil'in, coupés par le mur, aux checkpoints de Bethléem à 6h du matin, ce qu’il en est; et déguster le  "petit déjeuner Israélien" aux gaz lacrymogènes, voir les vieux, malades, sécher sur pieds et les femmes enceintes descendre des ambulances parce qu'elles n'ont pas les documents nécessaires pour passer le contrôle. Le mur n’est pas la même frontière pour tous. Il ne garantit pourtant même pas la sécurité d’Israël (cf. René Backmann : un mur en Palestine, Seuil). De nombreux points laissent passer les travailleurs illégaux nécessaires à l’économie israélienne. Le mur est avant tout un outil de domination sociale et de contrainte; un barrage à la paix et un outil nécessaire à la guerre pour Israël, afin d'engranger des terres.  

10462661_564296097023422_6668086022860635688_n.jpgNous n’en sommes pas encore à la loi du talion

Il n’y a pas d'égalité dans ce conflit, mais un rapport totalement dissymétrique. Nous n’en sommes pas encore à la loi du talion: oeil pour oeil dent pour dent est un rapport lointain. Aujourd’hui, c’est encore : pour une dent de lait : dix de tes yeux et ceux de tes enfants avec. Appliquer une loi, fût-ce celle du talion serait déjà un semblant d'équilibre. Tant que, dans les discours, cette exigence d’égalité ne sera pas atteinte, posée comme préalable ; tant que l’on ne partira pas de là, la situation ne pourra changer.

Equilibrer les rapports de force

Les prémisses égalitaires légitiment la domination d’Israël. Les discours déresponsabilisant Israël comme entité politique, reviennent à lui signer un blanc-seing et l'autorisent de facto à faire comme si la violence tombait du ciel, ou plus facilement: arrivait d'en face. Les logiques victimaire ou de légitimisation de la position de martyre d'Israël survivant "seule contre tous" dans un environnement hostile lui permettent de poursuivre sa stratégie de consolidation de sa domination. Les "frères ennemis" ne sont pas dos à dos, c'est faux. Il y en a un qui est assis sur l'autre et l'écrase. Et quand celui qui est frappé se défend, il est très durement puni, et collectivement, pour l'exemple. Et même quand celui qui est frappé ne frappe pas, il est puni, préventivement. Ainsi, la domination continue.

Celui qui dénonce cet état de fait est rapidement accusé. Au mieux de manichéisme, au pire d'antisémitisme. Pas touche à l'état de domination, garantie de sa perpétuation. Il y a certes de nombreuses ONG et des militant-e-s qui oeuvrent pour la justice en Israël (Breaking the Silence, B'Tselem, La paix maintenant, etc., ), je les soutiens. Ils  font un travail incroyable. Et certaines d'entre elles soutiennent le boycott d'Israël.

 

10456829_564295950356770_5967734490309057967_n.jpgLe deux poids deux mesures et les fallacieuses demandes d’équivalences

Pourquoi, alors que le Hamas a été élu démocratiquement (2006), le blocus de Gaza a-t-il été déclenché, le Hamas diabolisé, et la bande de Gaza régulièrement dronée et bombardée (2008-2009 : Opération plomb durci : 1315 Palestiniens tués dans l'offensive israélienne, dont 410 enfants et plus de 100 femmes, 5285 autres blessés), dans un déni de démocratie?

Depuis le début de la deuxième intifada le 29 septembre 2000 jusqu'au 30 novembre 2008, B'Tselem a dénombré, pour la Bande de Gaza, 2994 Palestiniens tués par les Israéliens, 459 Palestiniens tués par d'autres Palestiniens, et 136 Israéliens tués par les Palestiniens. Alors qu’une troisième intifada et peut-être une intervention israélienne à Gaza est envisagée en Israël, combien de milliers de morts palestiniens à venir encore ? Et pourquoi donc, selon les belles logiques d'équivalences, si le Hamas est sur la liste des organisations terroristes de certains pays occidentaux, Israël ne le serait-elle pas? Parce qu'Israël n'est pas une entité terroriste? Certes. Comment expliquer alors les milliers de morts palestiniens? Et comment nommer la violence qui s'exerce sur eux?

Nier la domination, c'est l'alimenter

On assiste à la claire domination d'un Etat sur un peuple. Des majorités politiques de droite dure et d'extrême droite sont élues en Israël sur une conception d'un Etat religieux ultra militarisé et ethnicisé. Fragmenter les groupes, diluer les responsabilités, individualiser ou psychologiser le conflit: et vas-y que c'est "très compliqué" afin de rendre la situation effectivement illisible, finit par la rendre inextricable. La domination est un fait. La nier, c'est la cautionner, donc la nourrir. Quant à la dénoncer, ce n'est pas démoniser Israël, mais encore soutenir les forces démocratiques dans ce pays.

10351837_564295357023496_2634227026970794277_n.jpgLes modérés n’ont rien obtenu

La rhétorique de soutien aux modérés est dysfonctionnelle. Qu’est-ce que les modérés ont obtenu ? Plus modéré que Mahmoud Abbas, c'est introuvable, et qu’est-ce que Mahmoud Abbas a obtenu ? Des promesses, et Ramallah Dream (cf.Benjamin Barthe). Est-ce que le mur a disparu, est-ce que la colonisation a cessé depuis que le Fatah a déposé les armes et que Abbas a pleinement collaboré avec Israël? Non. Pourquoi? Parce qu'Israël a toujours soutenu à bloc l'extension et le développement des colonies, faisant le choix de la politique de l'étouffement et de la parcellisation de la Palestine. Les modérés existent, mais Israël n'a pas accédé à une seule de leur demande. Pas une. Et la colonisation de se poursuivre à grande échelle.

474466_430380493651347_481954151_o.jpgAgir

Pour conclure, l'Europe doit au plus vite se débarrasser d'un vieux complexe "neutrophile" et engager pleinement ses diplomaties pour freiner Israël. Si elle ne le fait pas, ce sont aux peuples solidaires d'opérer le boycott. Si les peuples ne le font pas, à chacun-e de commencer, immédiatement. Le boycott, est une arme de paix efficace. Il a obtenu de nombreux résultats tangibles (Cf. Sodastream). Israël le définit désormais comme "une menace stratégique".

Suivi largement, le boycott permet d'espérer changer les équilibres internes en Israël ; à tout du moins de retenir les gouvernants de ce pays d'agir comme bon leur semble en toute impunité et violations des droits de l'Homme.

Le BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’apartheid et de l’occupation de la Palestine) est une des dernières options crédibles pour la paix. C'est à ce jour la seule dont nous disposons dans nos supermarchés comme au moment d'acheter nos billets d'avion pour les vacances.

Boycotter l'achat de drones israéliens par  la Suisse

Tout d'abord, Ici, maintenant, faire pression sur le Conseil Fédéral pour qu’il renonce à l’achat de drones israéliens pour 300 à 400 millions -les mêmes qui aident à pointer des cibles sur Gaza actuellement-, mais aussi à l’achat de tout matériel militaire provenant de pays violant le droit international et le droit international humanitaire; demander que le Conseil Fédéral suspende toute collaboration et/ ou achat militaire avec tous les pays du Moyen Orient tant que la situation actuelle en matière de droits humains prévaut.

Produits Israéliens ? Non merci ! Ni drones ni tomates ou basilic, jusqu'à ce qu'Israël respecte le droit international et reconnaisse le droit légitime des Palestiniens à une vie libre.

Ni drones ni tomates, mais la justice maintenant.


Merci de signer la pétition : Non à l'achat de drones israéliens.

https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/non-%C3%A0-l-achat-de-drones-isra%C3%A9liens


Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement.

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06/07/2014

Israël: visage d'Apartheid

10514581_564295400356825_8529882966906594120_n.jpgIsraël, ton visage d'Apartheid crève les yeux. J'aurai voulu pouvoir prendre un avion pour aller à Tel Aviv, retourner à Jérusalem, voir le tombeau du Christ au Saint-Sépulcre, le Mont des oliviers, et pourquoi pas flâner dans le souk cet été, manger des tomates grillées à l'ail, des aubergines grillées au marché, prendre encore un verre sur une terrasse ombragée de la vieille-ville.

Mais Israël, ton visage d'Apartheid rend impossible le tourisme, de faire comme si de rien n'était en achetant un guide bleu à la librairie de l'aéroport, avant d'aller se baigner au lac de Tibériade. Tu traites tes minorités moins bien que tes chiens; dans ton arrière cour: ratonnades, bastonnades et humiliations quotidiennes. Ta face d'Apartheid est une figure d'épouvante.    

10492247_564296060356759_5378004022016789853_n.jpgVertus curatives de la boue

Israël j'aurai aimé me baigner dans la mer sur salée, tes produits de soin y sont réputés. Ils sont exportés dans le monde entier. Hommes et femmes se mettent sur le visage une crème douce, se gomment des impuretés au sel de la mer morte.

J'aurais pu offrir à mes amis un onguent deadsea : www.premier-deadsea.com c'est de la bonne qualité, pas cher, et puis la boue noire de la mer morte est curative. Elle stimule la circulation sanguine des parties du corps atteintes de rhumatisme. Mais ton visage, Israël, porte désormais un autre reflet. Celui de l'enfant carbonisé avec de la fumée dans les poumons - il était vivant quand il a été consumé-. Grillé vif à 16 ans, parce qu'Arabe, innocent. 

Israël figure de la peur

Ta circulation sanguine Israël transporte de gros caillots pour partie déjà acheminés à la tête : extrémisme religieux et radicalisme colonial, allié à un capitalisme avide, orientent ta politique d'Etat. Ils font de ton visage un visage de séparation et de domination. La rupture d'anévrisme te guette, trop de  botox américain, de chairs étirées, tranchées à vif. 

Le masque se craquelle, malgré tes efforts de normalisation visant à montrer que l'occupation est respectable, la colonisation un facteur nécessaire. Les agences de voyage peuvent toujours continuer d'essayer de vendre de la poudre aux yeux, ta diplomatie du rêve. Jouer à gagner du temps t'en a fait perdre beaucoup. 

 

Israël, Apartheid, Ce que racontent les cendres

Réduire en cendre un gamin de 16 ans, kidnappé alors qu'il attendait le retour de son père aurait pu être porté au crédit de quelques radicaux isolés. Mais quand ceux-ci agissent avec l'appui d'une foule qui, sur les réseaux sociaux, s'encourage au cri de : "mort aux arabes" et que cela a été précédé de manifestations monstres anti-africaines immigrés et arabes au mois de mai; que ta police bastonne à mort le cousin de celui qui a été brûlé vif http://bit.ly/1jVslPS que reste-t-il de ton visage démocrate souriant à tes vis-à-vis occidentaux?

Le peu d'entrain du premier ministre israélien à chercher les tortionnaires de Mohamed abu khdeirs réduit en cendres, et la rétention d'informations par la police, montrent que la justice régresse au profit de la chasse à l'homme; que les lois des milices et l'appartenance ethnique grignotent l'état de droit.

Encore aller à Jérusalem ? 

J'aimerai encore aller à Jérusalem au Museum on the seam, rencontrer Andy Wachowski, les chrétiens arabes de la théologie palestinienne de la libération, serrer les mains de celles et ceux qui ont porté des pancartes en anglais en hébreu en arabe pour dire: "pas de punition collective", "terreur de l'occupation", quand Israël a envoyé ses soldats défoncer les portes des maisons la nuit, arrêter plus de 400 personnes et en tuer 10 autres suite à la disparition dans des circonstances troubles de 3 jeunes colons. Mais j'hésite. Je ne sais pas comment tu me laisseras entrer chez toi Israël, et si tu le fais, comment j'en sortirai.

Crier "touristes" "vive Israël" ou "mort aux arabes" ?

Aujourd'hui Israël, tu portes le visage de l'Apartheid, de l'impunité et de la haine. Je n'aimerais pas te croiser un soir dans une ruelle de Jérusalem après une manifestation ou à un arrêt de bus. Je ne sais pas alors si je devrais crier "touristes", "vive Israël" ou "mort aux arabes" pour te démontrer que je suis "des tiens", pour ne pas être réduit à rien.

israël,apartheid

Voir Israël sans se voiler la face

Mais je ne suis pas "des tiens". Je ne suis pas des tiens, si cela veut dire griller des enfants de 16 ans, être complice de policiers cagoulés kidnappant, bastonnant, enfermant sans aucune forme de procès des innocents. Je ne suis pas des tiens si cela veut dire soutien à un régime d'Apartheid. Je ne suis pas des tiens enfin, si cela signifie rejet de l'autre derrière le mur de la honte, ou dans des camps de réfugiés et tout faire pour que le monde considère cela comme normal et se taise, par culpabilité, gêne ou fatalisme.

Israël, ta politique de l'Apartheid et de la violence te défigurent. Derrière ton visage, je ne sais plus qui t'habite et ce qui t'anime. Ou plutôt: j'en ai peur.   

   

Crédit photo : Haim Schwarczenberg. Merci Haim pour ton engagement. 



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