sylvain thévoz

21/05/2014

Courir pour que ça marche

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Je cours le matin, le soir, je cours quand il pleut, je cours dans la douleur, je cours pour passer le temps, je cours pour rattraper le passé, je cours quand Maudet dort, quand Dal Busco s'arrête. Je cours parce que j'ai lu Echenoz: tu connais Zatopek? Je cours pour faire Sierre-Zinal, je cours pour ne pas crever à Morat-Fribourg, avoir du plaisir à l'escalade. Je cours pour taper dans les mains des gamins le long de la route, je cours pour fuir, me souvenir, retrouver le chemin, Je cours pour ne pas perdre le fil, pour un thé chaud avec une rondelle de citron. Je cours pour maigrir, aller plus vite que mon ombre, plus lentement que le chien, le rat et le renard, beaucoup plus lentement que mon voisin, et je m'en fous. Je cours malgré le vent, avec mes kilos en trop. Je cours pour suer: je ferai mieux de m'arrêter. Je cours moins vite que demain, plus vite qu'hier, pour me remplir de tartines et de lait le dimanche. Je cours pour me punir, pour bien dormir. Je cours pour les endorphines, la confiture, savourer la douche ou même le bain -ah bonheur-. Je cours pour la saveur du pain, pour que ça s'arrête enfin, pour recommencer encore. Je cours pour la forme, entrer en transe, en anaérobie, trouver le rythme, respirer plus largement, vaincre les crampes, avoir un second souffle.    

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17/05/2014

Nuit des musées: la créature du Dr.Frankenstein, les dinosaures rances, les millionaires à l'amende salée.

10153972_738091769545078_5462956265661287917_n.jpgLa nuit des musées, deuxième édition, ce sont des spiderman en veux-tu en voilà, des batman accrochés au plafond, des superman qui déboulent au musée d'histoire naturelle, un super Kanaan. Les horaires ont été étendus par rapport à l'année passée. Les musées ferment désormais à 23h ou 1h du matin. 33 musées sont dans le coup contre 23 l'année passée. Une partie du programme est en anglais, l'autre se déroule sur les murs. La fête promet d'être belle.

L'attaque désespérée des dinosaures

L'annonce en début de semaine par les dinosaures de Patrimoine Suisse Genève de faire recours contre le jugement du Tribunal administratif de première instance au sujet de l'extension et la rénovation du Musée d'Art et d'Histoire ne gâchera pas la fête. Le mouvement de l'histoire leur est contraire. Ce n'est pas parce que ces dinosaures réactionnaires meurent et veulent faire mourir avec eux  des musées, limiter leurs ouvertures et extensions, qu'ils y parviendront. Ils ne sont plus qu'une dizaine, contre des milliers qui soutiennent le changement et le projet du MAH+: rénovation et extension du musée d'Art et d'Histoire. Même Achille, Héraclès, Ulysse et Trajan veulent la rénovation. Ils ont assez vu tomber de murs, souhaitent désormais des constructions sous les corniches chancelantes du MAH. Pourvu que le ciel ne leur tombe pas sur la tête.     

Brady Dougan supermenteur

Le charme de cette nuit des musées, c'est aussi d'entrer dans de nouveaux espaces, comme cet étonnant Forum du Crédit Suisse où le super-menteur Brady Dougan a aidé les super-résidents américains à frauder le fisc et se retrouve à couver de jeunes artistes helvétiques  pendant que l'héroïque Christian Levrat relève son épée de justicier visant sa tête ainsi que celle du président du crédit suisse Urs Rohner, et le juriste en chef Romeo Cerutti. Un combat de titan, où les super rémunérations à 70 millions du patron du crédit suisse, la belle prune de 2,5 milliards de dollars que CS (Crédit Super) doit aux USA fera apprécier le super prix d'entrée pour cette nuit des musées: 10 balles, autant dire : des cacahuète; un accès démocratique à la culture. Mais quittons l'art bling-bling au service de la banque pour aller, après un passage au musée des sapeurs-pompiers -comment s'éteint un feu- à la plaine de Plainpalais.


1827237_pic_970x641.jpgLa créature sans nom du Dr. Frankenstein

Car le clou de la soirée, l'évènement à ne manquer sous aucun prétexte, c'est l'inauguration de la statue de la créature du Dr. Frankenstein par le collectif Klat. A 21h tapante, dans un tonnerre de décibels et d'éclairs électropyrotechniques, la créature sans nom, sans généalogie, sans foyer, assemblage de bouts de cadavre recousus et composée dans le cerveau de Marie Shelley en 1816 à Genève, fera retour dans sa ville d'origine. Frankie a.k.a The Creature of Doctor Frankenstein figure du double monstrueux fuyant la cruauté des Hommes au milieu d'une Suisse pastorale et luxuriante, marchera désormais à nouveau sur la plaine de Plainpalais en jeans et sweat-shirt à capuche. Elle revient, comme font retour la violence, le désespoir et la nuit quand on les nie, à l'occasion de la fête des musées.

frankie-fmac-ville-geneve-2014.jpgLa créature: symbole d'une révolte

Symbole des marginaux, des rejetés, des égarés, cette statue de la créature est un monument, une reconnaissance des victimes d'expérimentations économiques, de ceux qui repoussent les limites inhumaines du business.  Un contemporain. Quand Viktor Frankenstein revient à Genève, il s'exclame: "Chères montagnes! Mon lac merveilleux! Quel accueil réservez-vous à votre voyageur? (Chapitre VII) Quel accueil ce soir pour la créature ? Sera-t-elle fraîchement accueillie par les aigrefins et les aigris? Peut-être. Elle place de fait devant leurs yeux une part d'eux, de la société, d'ordinaire escamotée et qui fait mal.   

10303943_747348851952703_3098721526191218159_n.jpgA minuit, à la Maison de Rousseau et de Littérature (MRL), trois comédiens donneront voix à la super star du Dr Frankenstein dans l'intimité propice à l'écoute. Place à la danse ensuite à l'usine Kugler avec les WonderWomans DJs, les dinosaures rances du Patrimoine -poussière-, les super millionnaires déchus -paillettes- et la Créature écorchée -bière-. Bal burlesque et bigarré des héros et anti-héros. Pour le brunch des super-familles à 10h, une petite douche, une aspirine, et ça devrait pouvoir le faire.  

Nuit des musées, Genève: 17-18 mai. 

http://www.ville-ge.ch/culture/nuitdesmusees

 

 

 

 

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11/05/2014

une joyeuse fête des mères

A celles qui désossent leur poulet avec les dents, à celles qui mangent avec les mains, conduisent des poids lourds, à celles qui font démarrer des locomotives, à celles qui font tourner des usines, à celles qui passent en contrebande, à celles qui assurent la sécurité, allument le barbecue, font pivoter des grues, à celles qui sont maires, à celles qui président, à celles qui se lèvent toutes les nuits pour leur grand-mère, à celles qui travaillent pour deux fois rien, à celles qui gagnent moins de 4000 francs par mois, une misère, à celles pour qui un boulot ça ne suffit pas, à celles qui changent les couches, à celles qui cuisinent, à celles qui brassent la merde, à celles qui servent à boire, endurent, à celles qui retirent leurs marrons du feu, aux ménagères. A celles qui ont les boules, déjà des cors aux pattes, de l'arthrite à 30 ans. Aux vigies, aux concierges aux pompières aux vigneronnes, aux cheffes d'entreprises, aux boulangères.

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23/04/2014

Pour que Genève organise la prochaine finale de coupe Suisse de football

genève-foot.jpgVu les dégâts en marge de la finale de coupe Suisse lundi à Berne. Vu la trouille des pouvoirs policiers et politiques qui se disent prêts à jeter l'éponge. Vu que le maire de Berne, Alexander Tschäppät revendique certes que la finale de la Coupe appartient à la Ville fédérale, mais pas à n'importe quel prix. Vu que selon le chef du Département bernois de la police, Hans-Jürg Käser la finale de la Coupe de Suisse de football ne devrait plus être disputée à Berne; des policiers ayant trinqué: cinq d'entre eux ayant des ecchymoses suite à des jets de pierres et de pétards (source TDG). Vu qu'il y a eu des vitrines cassées, vu que les manifestations sportives de grand ampleur, ça fait désordre dans la capitale, c'est peut-être le bon moment pour que Genève se candidate pour organiser la prochaine Coupe de Suisse de Football. Berne est traumatisée par les pétards, Genève peut reprendre la balle au bond.

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07:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : foot, genève, coupe de suisse, berne, hooligans | |  Facebook |  Imprimer | | |

20/04/2014

Pâques à la rue

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Pour les croyants, Pâques est la fête de la la résurrection, le symbole d'une espérance folle: même quand tout semble perdu, que l'histoire paraît s'achever, il y a une prolongation possible. Quelque chose se relève du silence; et la parole, la vie, demeurent possibles. Pâques, pour les croyants, c'est la fête de la folie et de l'espérance, de la résistance aussi. Pour ceux qui ne croient pas, au-delà du symbole humaniste, c'est un long week-end de congé, un week-end en famille prolongé, un séjour à l'hôtel, en demi pension. Et, pour ceux qui sont à la rue, c'est une nuit sous les ponts, dans la solitude, rien de plus.   

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14:51 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, roms, ponts, pâques, eric roset, précarité sociale. | |  Facebook |  Imprimer | | |

14/04/2014

Jornot battu par l'abstentionnisme

2144.jpgElection du procureur général à Genève, La victoire n'est pas celle du procureur Jornot, c'est surtout celle, absolue de l'abstentionnisme: 66%. La défaite n'est pas celle de Pierre Bayenet, mais de la démocratie et de la représentativité. Un procureur sortant élu par environ 24% de la population représente qui en fait ? Et que reste-t-il de son bilan qui n'est ni soutenu ni voté par la majorité de la population ? Comment analyser un si faible taux de participation?

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07:49 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : baynet, jornot, procureur, élection, genève, palais, justice, politique | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/04/2014

Cornavin: et au milieu du centre commercial passent des trains

nouvelle gare,nouveau centre commercial,architecture,perteUn vendeur de bonbons, un pressing, une pharmacie, un lounge, des fleuristes, des cafés.. et puis quoi encore? La  gare Cornavin, au fur et à mesure que les échafaudages sont retirés apparaît pour ce qu'elle est désormais: un grand centre commercial au milieu duquel circulent des trains. Ne vous étonnez pas d'être entassés comme des sardines, ne vous offusquez pas d'être mis en boîte, il fallait bien faire de la place pour les boutiques, réduire l'espace pour augmenter les surfaces commerciales... Vous avez cru avoir une gare fonctionnelle? Raté, vous héritez d'un centre commercial style néo-romain, archi-pompeux, à qui il manque juste une fontaine ou une cascade en sagex pour être un gros Mall américain.

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12:00 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nouvelle gare, nouveau centre commercial, architecture, perte | |  Facebook |  Imprimer | | |

28/03/2014

Bayenet - Jornot : corps à corps

topelement.jpgLe débat est dans la salle sans fenêtres mais il n'y a pas de barreaux. Il faut descendre l'escalier. La salle est déjà comble, plus de 200 personnes à vue de nez. Le public est assis sur le rebord des marches. Ce n'est pas uniquement des avocats, des juristes, le petit monde judiciaire qui est là, mais aussi les membres d'associations, habitant-e-s; de gauche, de droite... et d'ailleurs. Chaque candidat a ramené ses soutiens. La gauche est à gauche, la droite est à droite. Monsieur Jornot est bien en place. Il est arrivé à l'avance. Son costume est serré. L'homme a de l'embonpoint, porte une cravate bleue. Il cause avec les journalistes, sourit largement. Les éclairages artificiels donnent une lueur blafarde à la salle. A l'heure du repas de midi, on va parler prisons, arrachages de sac à mains, justice. J'ai pris mon sandwich au vol. Je l'ai payé 6 francs. Dehors, grand soleil. C'est le printemps déjà.

Bayenet à l'heure au rendez-vous

Pierre Bayenet ne se fait pas attendre. Seuls les journalistes sont nerveux. Ils craignaient que l'homme n'arrive en retard. Un débat public, c'est une mise en scène. On se croirait sur un plateau télé. Bayenet est à l'heure au rendez-vous. Il porte une parka vert pomme, cravate rouge, descend rapidement les escaliers, monte sur scène. Il est jeune, précis, avec l'air un peu lunaire de savoir très bien où il va, mais pas encore forcément comment. Il a de grandes chaussures noires, bien cirées. Mon sandwich est bon. J'ai pris l'un des deux qui était devant moi. Je n'avais pas beaucoup de temps, mais j'avais le choix. C'est peut-être un détail pour vous...

Mise en bouche

Ces deux hommes vont passer l'heure du midi à se faire cuisiner. Pas de salamalecs. Ils n'ont pas eu le temps de manger. Qui dévorera qui? Pour l'instant, seul le public les appâte. Ils sont assis face à lui, montés sur leurs tabourets. La table de Bayenet est mal ajustée. Deux personnes, accroupies, la stabilisent. Bayenet ne bouge pas. Il pose ses papiers sur sa table, certains sont annotés. Jornot n'a rien, juste des bouteilles d'eau. Un micro à la main, lunettes sur le nez. Tabula rasa et basta, son bilan.   

Prendre la mesure

Le débat commence. Jornot dit "bonsoir", la pénombre l'a trompé. On n'a pas l'habitude de voir les pieds des gens qui parlent. Dans les journaux, ce sont toujours les têtes que l'on relève, pas les ventres. Pareil pour les criminels... et les procureurs donc. On les prends face / profil, et voilà. On se fout pas mal de leurs cuisses. Et pourtant.... c'est toujours les corps que l'on enferme. La tête résiste, on n'y arrive pas. Et si les pieds parlaient plus que la langue? La voix de Bayenet est stable. Ses mains grandes, collées au corps. Ses pieds bougent sous la table, donnent le rythme. Pour que le débat aille plus vite? Peut-être. L'homme a soif de justice, ça se sent. Peut-être qu'il a un temps d'avance. Grandes jambes, longs bras. Ses dents semblent ok. Il dit: 15% des personnes qui sont à Champ-Dollon le sont à titre d'infraction sur la loi des étrangers. Quand il parle, il est un peu de bais, comme s'il disait des choses qui viennent d'un angle, d'un coin que l'on ne veut pas voir, à peine entendre;  comme s'il cherchait aussi à dire au mieux ce qu'il pense. Il regarde ensuite le public de face. Il cherche le contact, une forme de vérité je crois.

Droit dans ses bottes

Jornot est juché sur sa chaise, bien droit. Il semble droit dans ses bottes. Cet homme a dû faire l'armée. Il amorce ses certitudes, tire quelques cartouches, ça lui donne une contenance, de la puissance presque. Mais que vise-t-il ? L'idée de l'échec doit le tarabuster. Pas facile de passer devant le peuple. On ne sait jamais ce qui peut lui passer par la tête. Pourtant, il l'a déjà fait. Elu au conseil municipal de Veyrier, comme député au Grand Conseil, il a échoué dans sa course interne au PLR pour le Conseil d'Etat contre Mark Müller et Isabel Rochat en 2008. Est-ce que son corps raconte cela? Je ne sais pas. Il a pris du poids, ça c'est sûr. Sa tête bouge très peu. Son corps est immobile, rigide presque. Plus procureur que candidat, plus professionnel que politique, il se place au-dessus de la mêlée. Son coeur se serre pourtant quand il parle politique.

Grand écart et ronds de jambes
Jornot fait un grand écart entre son appartenance partisane et sa fonction. Il se tient pourtant sur scène jambes bien serrées, comme s'il craignait de laisser glisser quelque chose. Il est soutenu par le MCG et l'UDC. On a vu mieux comme pedigree. Dans son groupe de soutien se trouvent des affairistes, la crème du milieu de l'immobilier... et un avocat genevois membre de la fondation Pinochet
lance un homme dans le public. Bref, tout ce que le pouvoir bien établi exige de ronds de jambe. Justice de classe? Jornot s'en défend. Il nomme aussi des procureurs de gauche, rappelle-t-il. Il défend son bilan avec des mouvements précis de la manche et ferme le poing quand il évoque les arrêts domiciliaires. On oublie presque qu'il a 44 ans. On lui en donnerai presque 60 quand il parle de ceux qui, avec des bracelets électroniques, se la coulent douce avec une bière devant leur téloche. On pense qu'il rêve à sa retraite. 

Corps à corps

Les pieds de Bayenet s'animent encore. Il est chaud, mais se contrôle, ça se sent. Ses phrases cherchent le jab, il est vif. Le poing de Jornot se range dans sa poche. Les coups s'échangent, feutrés, puis plus forts. On pense que Bayenet va tomber, mais non, il sait frapper aussi : "Les conditions de travail au Ministère public sont mauvaises. Le taux d'absence est l'un des plus hauts de tout le Canton, avec 7,5%"  Jornot encaisse, rentre la tête, sur la défensive. Il entraîne Bayenet avec lui: "Je suis content que vous alliez dans mon sens en réclamant plus de policiers". Bayenet laisse faire, prend le contre-pied, "j'aimerai bien savoir quel est le bilan de monsieur Jornot en matière de lute contre les escroqueries fiscales, par exemple. Je ne le sais, car cela est gardé secret." Jornot perd pied, à moins qu'il ne feinte. Encore une demie-heure comme cela et il aurait craqué glisse un journaliste. Vrai? Peut-être. Surprise au moment du gong final. Il n'y a pas eu besoin de les départager aux poings. Chacun s'écarte d'un pas chassé. Pierre Bayenet a remporté le débat du jour contre Olivier Jornot. Il était plus frais, plus péchu, et plus proche des réalités sociales. En plus d'un vrai combat gauche-droite cette élection apparaît désormais aussi comme le combat des auto-satisfaits de leur gestion de la justice contre ceux qui la réclament encore. 

Voter avec ses pieds

Aux Pâquis, une amie m'interpelle devant le Temple. Des mecs chient dans son allée, planquent de la dope dans sa boîte aux lettres. Elle n'en peut plus, elle va craquer. Elle est contente de voir la police tourner, ça la rassure. Mais dès qu'elle est passée, c'est de nouveau la merde. Je me souviens des chaussures cirées des deux candidats au poste de procureur. Celui qui bougeait beaucoup me semble alors, dans son insatisfaction et son impatience, plus proche de la réalité que celui qui affirmait qu'il avait tout réglé en vantant son bilan, rappelant que remettre les délinquants dans la rue n’était pas la solution qui améliorerait la situation des genevois alors que les délinquants sont toujours dans la rue et que rien n'a encore changé pour les habitant-e-s des Pâquis ou d'ailleurs.

Je résume le débat du jour à mon amie. Elle me dit que je devrais écrire sur ces deux-là, ils sont rigolos. Voter? Elle me rit au nez. Elle le fera sûrement avec ses pieds le 13 avril... ou peut-être quand même... à la limite... pour celui qui aura su la toucher... si c'est encore possible. 

 

 

 

 

 

 

17:33 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : élection, procureur, jornot, bayenet, genève, sécurité, police, prisons, justice | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/03/2014

Le printemps c'est maintenant

bonhommeHiver1.pngOn a brûlé des bonhommes hiver un peu partout hier et depuis il fait un petit peu plus... froid. Etrange, et pourtant voilà, c'est le printemps. Les milans noirs ont fait leur retour en ville. Ils reviennent d'Afrique subsaharienne, avec un peu de sable dans les plumes. On les annonçait pour fin-avril, ils ont atterri mi-mars. Ils sont en retard? Mais que sait-on du temps des bêtes? On les a vu mercredi pour la première fois sur les hauteurs de Saint-Jean. Ils repartiront fin août, peut-être...

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11:47 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, printemps, politique, investissements, culture, social, animal, bêtes | |  Facebook |  Imprimer | | |

17/03/2014

Marcher avec les roms

18.jpgEric Roset, photographe, vit avec les roms à Genève. Il a appris le roumain, le romani, et années après années s’est impliqué dans l’association Mesemrom pour la défense et le soutien des roms de passage.  Ses photos sont nées de cet engagement quotidien auprès de personnes sans domicile harcelées par la police, maltraitées et voyant leurs droits quotidiennement violés. Au fur et à mesure qu’une hystérie anti-rom se développait dans la ville, les roms se trouvaient mis en danger dans l’espace public. La proximité et les amitiés qu’Eric Roset a développé avec les roms donne à ses photos une valeur de témoignage intime en profond décalage avec le caractère d’anonymat qui entoure les roms dans la rue et le poids des préjugés qui est projeté sur eux. 

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12:54 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roms, genève, eric roset, exposition, précarité sociale, xénophobie, police | |  Facebook |  Imprimer | | |

14/03/2014

Ne nagez pas samedi

hqdefault.jpgLe gardien de bain l'a dit spontanément, il devait le porter sur le coeur depuis un moment. "Ne venez pas nager le samedi matin", vous ne trouverez pas de lignes ouvertes au public, elles sont toutes réservées aux clubs. Conseil d'ami? Cela se passe à la piscine des Vernets, où la foire d'empoigne c'est tous les jours entre midi et 14h, et dès 17h jusqu'à la fermeture. Le gardien de bain est fataliste. La semaine, il reste une petite ligne pour le public, mais les 80% de la piscine sont occupés par les clubs. Le samedi... c'est encore pire. Ne venez pas nager, faites plutôt de la course à pied, du vélo, à moins que vous n'aimiez la boxe. On va y penser.... vivement l'été qu'on puisse aller nager au lac?

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11:52 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : piscine, investissements, équipements, administration, sport, détente | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/03/2014

MAH mamia

museearthistoire3.jpgL'affiche du Festival international des droits humaines était pourtant alléchante. On a préféré aller au débat contradictoire sur le Musée d'Art et d'Histoire à la maison des associations organisé par les Verts sur le droit d'avoir un musée digne. Deux camps s'y sont opposés. D'un côté, ceux qui veulent rénover et agrandir les surfaces d'exposition du musée. De l'autre, ceux qui ne veulent... rien. Ne pas toucher aux murs, ne pas surélever d'un pouce le bâtiment, ne pas combler la cour, ne pas augmenter les surfaces d'exposition, etc., Bienvenue à Genève où tout projet d'une certaine ampleur se trouve exposé aux localismes et chapelles conservatistes. Comme Patrimoine Suisse incarne les deux, il propose de  ne rien changer, ne pas prendre de risques et continuer de faire avec l'existant. C'est si sympa de sentir la mite. 

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16/02/2014

Nous sommes les 49,7%

1653540_10152189125346826_1160588183_n.jpgNous sommes le 49,7%. Belle consolation. Et puis quoi? Nous sommes le 49,7%, ce n'est pas rien, certes, mais en l'état ça ne pèse pas encore bien lourd. Il y a dans ce nombre quelque chose de fortifiant, une source de cohésion, mais nous valons mieux, et surtout, plus que cela.


49,7% mais de quoi?

On sait contre quoi nous nous sommes retrouvés : refus de l'initiative trompeuse de l'UDC contre l'immigration de masse qui péjore le développement de la Suisse, complique toute dynamique de création de richesse (sans résoudre la question de sa répartition), en revenant à des contingents pour les travailleurs étrangers. Initiative rendant plus précaires les conditions de travail des employé-e-s, ajoutant des complications aux entreprises, et n'améliorant pas d'un iota la question du dumping salarial, tout en crispant encore plus les rapports sociaux et bureaucratisant à l'extrême les conditions d'embauche des travailleurs et travailleuses. Nous sommes, pour l'instant, le 49,7% du refus au refus, du rejet au rejet de l'autre qui apporte travail et prospérité à la Suisse.

Non à la division des masses

A lire les analyses de la semaine, plutôt qu'une Suisse unie et forte, ce sont la division et l'opposition qui ont marqué des points. Opposition de la suisse-romande à la suisse-allemande, des villes aux campagnes, des vieux aux jeunes, opposition des suisses qui auraient une conscience nationale à ceux qui ne l'ont pas, de la Suisse réelle à la Suisse irréelle, des bobos hystériques au peuple authentique, du quartier des Avanchets et de Châtelaine aux autres communes, des élites autistes au peuple réifié... des 49.7% aux 50,3%. N'est-ce pas surtout là que se nicherait la victoire des initiants?  Dans la division de masse qu'elle a réussit à imposer? Dans le fait de creuser les clivages et la division dans un pays qui a crée sa richesse en faisant travailler ensemble les différences plutôt qu'en les exacerbant? Blocher ne dérape pas quand il dit que les romands ont toujours eu une conscience nationale plus faible. Il poursuit, inlassable, son projet de division des masses, en bon petit patron.

Suspens économique

Et maintenant qu'allons-nous faire? L'annonce de la non-ratification par le Conseil Fédéral de l'accord pour l'extension de la libre circulation des personnes à la Croatie oblige l'Europe à geler la participation de la Suisse aux programmes "Horizon 2020" (8000 emplois potentiels en Suisse de perdus) et Erasmus (fin d'une mobilité facilitée pour les étudiants suisses en Europe). Jusqu'aux CFF, on s'inquiète. 25% des monteurs de voies salariés, 26% des installateurs de ligne de contact, 15% des employés de maintenance sont étrangers. Selon Le Temps, 75% du personnel qui travaille sur les chantiers ferroviaires a un nom à consonance étrangère. Dès 2016, lorsque le fonds d'infrastructure sera débloqué, qui va aller poser les rails et renouveler le réseau ferroviaire? Les retraités à la croix-blanche, comme le désire l'UDC? Il serait bon de les voir serrer les boulons de nuit sur les chantiers ferroviaires. Quel gâchis. Et qui va aller ramasser les patates dans les champs? Les chômeurs ? Quelle illusion.

Un conte rappelle l'histoire d'un homme tellement en colère qu'il marchait dans la rue avec une pierre pour frapper les gens. Ne voulant plus avoir à ramasser sa pierre à chaque fois qu'il en frappait un, il l'avait attaché à un élastique afin qu'elle lui revienne à chaque fois. Parfois il touchait quelqu'un, mais toujours, qu'il atteigne sa cible ou non, la pierre lui revenait... dans la figure. Soulagé, il recommençait plus tard, encore, encore. Effet boomerang, quand tu nous tiens....

download.jpg50,3% de f...âchés ?
Non, "eux" ce ne sont pas 50,3% de fachos, plutôt 50,3% de fâchés (39% à Genève). Je les écoute. Ils disent non aux bus bondés, aux cacas de chiens en bas de chez eux, aux cages d'escalier taguées, oui à la Suisse du formol, non à l'étranger (sans savoir très bien qui c'est au juste), oui à la Suisse éternelle, au goût original du Toblerone, au "c'était mieux avant", à des billets de train moins cher, au deuxième McDo gratuit. Non au changement-si-je-ne-sais-pas-ce-que-j'ai-au-bout, aux jeunes qui traînent dans la rue. Cette Suisse fâchée des 50,3% a mille bonnes raisons de l'être, mais au final, en l'écoutant bien, pas une seule qui rentre directement en adéquation avec le libellé de l'initiative UDC. Cette Suisse des 50,3% vote contre ses intérêts. En suivant sa colère, elle s'est surtout fait instrumentaliser et mal à elle-même. Recommencera-t-elle? C'est à craindre. La Suisse de celles et ceux qui ne sortent plus de chez eux le soir et n'essaient même plus, parce qu'en lisant les nouvelles on voit bien que c'est l'horreur. Et qui maintenant ont même peur chez eux en lisant le GHI qui annonce la torture d'un aîné en Une, créant la psychose  (4 cas avérés rappelle la Police en petit caractère en bas de page). La Suisse de celles et ceux qui veulent retrouver un pays d'avant, mythifié et rêvé, plutôt que de construire le pays d'après, et font confiance à Blocher, petit patron du tassement, qui divise les masses pour mieux prospérer. Une Suisse qui à force d'être en sécurité à tout prix, risque d'être morte avant de commencer à vivre.

Le 18 mai nous serons combien?

Nous étions 49,7%. Il nous a manqué 0,3%. Il a manqué 20'000 voix à l'appel, ou d'avoir pu faire changer d'avis 10'000 personnes. Cela veut-il dire qu'il ne nous manquerait plus que 0,3% pour être une majorité ? Ce serait si facile. Aujourd'hui, une semaine après, combien sommes-nous? Plus ou... moins de 49,7%? Et demain?

Combien serons-nous le 18 mai à refuser de payer la somme astronomique de 3 ou 4 milliards pour acheter des avion de combat Gripen ? Un petit peu plus ou un petit peu moins que 49.7%? Combien serons-nous le 18 mai à accepter l'initiative populaire pour la protection de salaires équitables (initiative sur les salaires minimums) qui résoudra pour partie les questions du dumping salarial et des abus patronaux ? Plus, ou moins de 49,7% ?

Si nous avons su nous rassembler contre une Suisse qui regarde dans le rétroviseur, nous pouvons maintenant réussir à faire une majorité pour la Suisse qui avance, économiquement et socialement. 

11:26 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : genève, votation, immigration de masse, division des masses, udc, suisse | |  Facebook |  Imprimer | | |

10/02/2014

Suisse: tête froide, extrémités chaudes

EW-0055.jpgC'est un profond tremblement qui a agité la Suisse ce dimanche. Une mise en échec des instituts de sondage, du Conseil Fédéral, des principaux partis et des syndicats, une mise en échec de la politique établie avec l'Europe, des bilatérales, des vertus du développement économique, une mise en échec de l'accueil de l'étranger, de la libre circulation des personnes... mise en échec de la confiance dans l'avenir et même une mise en échec de l'initiative xénophobe "contre l'immigration de masse" : comment en effet placer des contingents dans une économie qui a besoin d'étrangers pour la faire tourner, comme un malade a besoin de son infirmière? A Genève, le Canton compte davantage d'emplois que d'habitant-e-s en âge de travailler! 

Mises en échecs

Une monumentale secouée et une mise en échec des étudiant-e-s suisses qui voudront étudier à l'étranger, mise en échec des suisses de l'étranger, de la flexibilité économique sans rien rajouter à la protection des travailleurs et travailleuses. Mise en échec surtout de la technique des petits pas et des positionnements stratégiques. Mise en échec du PLR et des partis bourgeois qui ont toujours refusé les mesures d'accompagnements et qui aujourd'hui portent une grande responsabilité dans l'échec; mise en échec face aux inquiétudes liées à l'emploi, à la trop libre concurrence et au dumping salarial. (Le PLR et les partis bourgeois ont joué la même partition sur le secret bancaire, jouant la montre et en en constatant aujourd'hui le coût avec les cascades de scandales sur l'UBS et les procès contre les banques suisses.) Mise en échec de l'Europe, de l'ambition d'y jouer un rôle, mise en échec du dialogue. On continue? Bien sûr que le Conseil Fédéral a raison de garder la tête froide et d'appeler à ne pas céder à des réactions trop émotionnelles. N'empêche il y a un petit souci de tension. On ne hurlera pas au dimanche noir, on reste en Suisse ici, faut pas s'énerver. Mais tête froide, extrémités chaudes après ce dimanche 9 février: est-ce le signe d'une poussée de fièvre ou le début d'une infection ?

Comment on continue?

Certains analystes expliquent cette mise en échec par la peur ou la souffrance du chômage, la pénurie de logements; responsables, les transports publics bondés? Mais comment alors saisir que ce sont les cantons qui en souffrent le moins (à l'exception du Tessin et du Jura, pour la pression sur l'emploi) qui ont le plus soutenu cette initiative? L'explication paternaliste et condescendante a ses limites. Le oui à l'initiative de l'UDC " Contre l'immigration de masse" doit être entendu comme un refus, un rejet agressif; mais ne devrait-il pas aussi être lié au vieillissement de la population et d'une indécrottable nostalgie, celle du "c'était mieux avant", au "il n'y en a pas comme nous", d'une crainte des ruraux devant la densification des villes, de ceux qui ont connu l'Eldorado des années 70 et 80 helvétique dans un monde bien en place, avec ses blocs et ses contingents de frontaliers, face au changement? Le tremblement : une nostalgie du paradis perdu? Et ce oui celui de ceux qui ont et veulent des contingents, des murs, des frontières, pour se protéger de l'extérieur dans un monde qui change, et protéger leur qualité de vie; ceux qui veulent plus de richesse, même contre ceux qui la leur procurent? Un oui égoïste, le oui de la peur. Oui. 

Une Suisse porte-flambeau

La Suisse est bel et bien au centre de l'Europe, et ce vote, au nom de son indépendance, sonne aussi comme un échec de celle-ci, par la teneur conformiste aux mouvements réactionnaires qui agitent le vieux Continent et par la limitation des marges de manoeuvre qu'elle s'impose à elle-même. Cette votation apporte sa pierre à une Europe dont la tentation dominante risque d'être celle du repli sur soi, du refus de l'autre, de la défiance envers ce qui se construit, prend du temps, exige du dialogue, de la collaboration. Le Front National a été l'un des premiers a saluer la décision de la Suisse. Hannes Swoboda chef de fil des sociaux démocrates a lui souligné l'encouragement que la Suisse a donné ce dimanche aux mouvements extrémistes en Europe. La Suisse porte donc le flambeau d'une Europe qui doute, craint, refuse, et se recroqueville. L'UDC, avec sa campagne brutale et démagogique sur les minarets, a été une source d'inspiration pour le Front National en France. Cette mise en échec du 9 février donnera du tonus à nos plus nauséeux voisins. Elle ne sortira pas la Suisse de l'Europe, non, elle ne sortira surtout pas les étrangers de Suisse - nous ne pouvons pas faire sans - mais elle donnera de la légitimité en plus et du pouvoir à celles et ceux qui attisent la peur et veulent revenir en arrière, renforçant encore plus l'image d'une Suisse en mal de son paradis perdu et qui pourrait bien, à son corps défendant, y sacrifier son présent, voir son avenir.

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09/02/2014

Nous avons progressé depuis le Paléolithique

Et c'est parti pour un dimanche de compét'!  Descente homme des Jeux Olympiques à Sotchi. Les coureurs s'élancent et loin du grand idéal prônant l'importance de participer, ce qui est attendu, c'est : qui sera le champion. Au début; savoir comment nos athlètes nationaux vont se comporter, se rater ou pas se rater; au final: qui va l'emporter. Soif de résultats, de performances. Pour le style on repassera... Dario Cologna pour le skiathlon, Defago pour la descente. Allez les gars. Hop hop hop. Pour un centième, un millième, un bout de ski lancé, je veux être le témoin de l'infime différence qui la fera en entier ; un vainqueur, des vaincus. Au final: les fleurs ou les clous, les caméras ou l'oubli, le podium ou le placard. C'est ça ce qu'il faut en retirer? Spectateur, je suspends mon souffle, ça passe ou ça casse. Depuis le fauteuil assiste en live à la descente de Sotchi, à celle en gorge du café. Très rapidement, c'est déjà de l'histoire.  

50 - 50

Top chrono. Je lève le pouce, je baisse le pouce. J'ai assisté au retour de Wavrinka à l'aéroport, chez nous bien de chez nous le fils de polonais. Il y a trois ans, je trouvais que c'était un mou. Maintenant j'ai changé d'avis, c'est un grand champion. Fier d'être Suisse. L'étranger, c'est qui? L'étranger c'est moi, c'est l'autre. Je le veux seulement quand il est payé 3000 balles sur mes chantiers? C'est lui qui fait le dynamisme économique. C'est qui qui en profite? Lui qui fait les places chères dans le bus? Je ne veux pas froisser le sens national. Ce qui est à nous est à nous. Ce qui est à d'autre leur appartient. Mais si on peut leur en prendre un maximum, tant mieux. Ce qui flotte sous le drapeau, j'aime bien. Mais ceux qui l'utilisent pour nettoyer la table et y poser leur bière sont des barbares. Les places dans le tram manquent, on est trop serré. Mais c'est très vite là le soir, ça manque d'éclairage. Un drapeau n'est pas un bout de tissu. Non. C'est une robe à fleur que je veux. C'est 50-50 sur l'initiative UDC contre l'immigration de masse. Stop chrono.

Nous n'avons pas progressé depuis le Paléolithique


On retiendra les médailles, on retiendra les résultats

Tu sais sur quoi tu as voté camarade? Ou tu l'apprends au moment des résultats? Votations: devant les écrans et sur les téléphones : guetter les alertes. Les premiers résultats tombent. Nous avons travaillé. Nous avons fait campagne. Donné la parole. Pris la parole. Tracté, débattus, chauffés les muscles, dans l'ombre, sous la pluie, au froid. Nous avons slalomé sur les trottoirs. Pour rien, peut-être? Non, pas pour rien. Quoi qu'il arrive le dimanche, le lundi, ça recommence, ça continue. La bataille est une bataille pour les idées, et les résultats ne portent pas de fin en eux.

Au finish, juste un dimanche de pourcentages et de colonnes de chiffres? Non. A l'arrivée, à Genève, c'est NON à l'initiative de l'UDC à plus de 60%. Genève avait déjà refusé pareillement l'initiative de l'UDC sur les minarets. Cologna ramasse la médaille d'or. Il a porté son attaque dans la dernière montée. Genève dit OUI au financement du fonds ferroviaire. On entend en arrière-fond le son des cloches et les calicots s'agitent. Je finis mon kägi-fret. L'hymne national retentit. Résultats, résultats, résultats. J'éteins ma télévision. C'est fini. Des cantons basculent pour 50 voix et toi camarade, tu penses toujours que ta voix ne compte pas? La décision se jouera à quelques voix près, se jouera au peuple, et toi tu es resté devant ta télévision: un dimanche de compét' ? Merde.


Nous avons progressé depuis le Paléolithique

Ce soir, lundi matin, demain, on analysera les fautes de carres, le vote sur l'économie, les dérapages contre les étrangers, l'enfermement la peur, et la lutte pour le pouvoir; on en tirera des leçons sur la parole, la politique et la poésie à produire pour les porter. On s'entraînera encore. Encore: pour les votations sur le salaire minimum le 18 mai prochain, pour les votations sur Ecopop au printemps, les votations sur la libre circulation avec la Croatie en 2015. Encore.

Rien n'est perdu, rien n'est gagné.

Nous avons dit oui aux chemins de fer. L'avortement ne se pratique plus avec des cornes de rhinocéros. Vive les Jeux Olympiques.

Vive la Suisse


Nous avons progressé depuis le paléolithique? Ah bon.


 

 


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28/01/2014

Bon sexe, bon genre?

 

fly_CC33.jpgEst-il vrai que, selon le code pénal, seules les femmes peuvent être violées? Combien de femmes avortent chaque année à Genève? Combien cela coûte-t-il à l'assurance? Qu'-est ce que le planning familial? Sami Kanaan est-il plus féministe que Sandrine Salerno? Comment peut-on mieux partager le temps de travail entre femmes et hommes? La cogestion, ça marche seulement entre femmes? Pourquoi les hommes artistes réussissent-ils mieux? La Ville de Genève a-t-elle mauvais genre? Quelles sont les stratégies de survie d'une femme en politique? Les murs des crèches sont-ils extensibles? Comment survivre à 3 régimes matrimoniaux, 5 changements de nom de famille, et deux lois sur le divorce? La question du genre est-elle fondamentale? Pourquoi, en Italie, de jeunes gays se défenestrent-ils ? Le "burkini" dans les piscines pourrait-il devenir une mode? Si ces questions vous intéressent et si vous n'avez pas peur d'en lire les réponses: procurez-vous le Causes Communes, bimenstruel irrégulier et périodique des socialistes ville de Genève, qui sera présenté ce Mercredi 29 janvier à 18h30 à la bibliothèque Filigrane, 67 rue de la Servette. Cette présentation sera suivie d'un apéritif convivial.

 

aiguille.jpgPourquoi un numéro sur le sexe et le genre?


Ce numéro de Causes Communes fait la peau aux préjugés, informe, fournit des antidotes contre le sexisme et les politiques réactionnaires qui veulent revenir à l'âge de pierre des rapports de genre : femmes derrière les fourneaux, pendant que les hommes s'occupent de la chose publique, en s'identifiant corps et âme au rôle socialement valorisé de pourvoyeurs de fonds. La votation du 9 février sur le financement de l'avortement risque de faire revenir les faiseuses d'ange; la votation sur la loi sur les crèches, pourrait faire de Genève la ville avec le plus mauvais taux d'encadrement des bambins de Suisse voire d'Europe. La menace d'un retour en arrière est réel. Sous couvert de raisons économiques, c'est une vision de la place de la femme dans la société qui est en jeu.  En 1942, l'avortement était un crime de haute trahison et deux condamnations à mort étaient prononcées sous le régime de Pétain. En 2014, ce serait un crime économique, et il faudrait payer pour cela? Les inégalités économiques entre femmes et hommes demeurent massives. Au premier emploi, les femmes sont moins bien payées. Elles continuent à se heurter au plafond de verre, assument encore l'essentiel de l'éducation, du soin aux enfants et des tâches ménagères. Au Grand Conseil, les femmes sont passées de 30 à 26 sur 100 élu-e-s. La journée des femmes du 8 mars devrait être une occasion massive de mobilisation et de revendication, le sera-t-elle? Le féminisme est toujours aussi subversif et révolutionnaire. S'il n'a toujours pas bonne presse, il n'a pas pris une ride non plus. Mais la bonne volonté uniquement ne suffira pas. Les voeux de début d'année c'est bien, des actes toutes l'année, c'est mieux. Quotas, mentorats, aménagement des horaires, lutte contre toutes les formes de violences et pour les changements des mentalités seront les seuls moyens efficaces pour lutter contre les inégalités.    

 

Paroles aux femme


Demander au hasard dans la rue aux femmes si les rapports entre femmes et hommes sont égalitaire est édifiant. Les réponses fusent : "Je suis péruvienne, lorsque je suis arrivée à Genève, j'ai cru que c'était la fin du machisme. J'ai été étonnée de découvrir qu'ici c'est plus machiste qu'au Pérou." A la question: comment rendre les rapports entre femmes et hommes plus égalitaires : "Il faut réagir, s'affirmer. Quand un mec me siffle en jupe l'été je lui fais un doigt d'honneur. Il faut que les femmes se révoltent, qu'elles changent de mentalité. Il faut aussi changer les modèles, les représentations, par l'éducation." Et que signifie être une femme pour vous? "C'est porter la vie. Etre condamnée à survivre, être plus coriace. Etre une femme, c'est être réglée, être donc plus sensible, avoir un corps qui se transforme: être plus malléable". Ces paroles de femmes, comment les traduire en politiques, produire du changement?  Ce numéro de Causes Communes est composé de 80% de femmes et de 20% d'hommes. Il est 100% féministe et 100% compatible avec une société plus harmonieuse et juste.    

 

Sans titre.pngBon sexe, bon genre? 


Se sont engagés dans ce numéro : Maria Bernasconi, Lorella Bertani, Olivia Bessat, Bernadette Gaspoz, Coline de Senarclens, Béatrice Graf Lateo, Sami Kanaan, Virginie Keller, Pierre Lepori, L'équipe de F-information, le Planning familial, Liliane Maury Pasquier, Salima Moyard, Sandrine Salerno, Albane Schlechten, Virginie Studemann, Sylvain Thévoz, Manuel Tornare.


Illustrations: Atelier Supercocotte

Impression: Imprimerie Nationale, rue Plantamour, 3000 exemplaires sur papier recyclé.

Exemplaires disponibles gratuitement au siège du parti socialiste ville de Genève, 15 rue des Voisins ou sur http://www.ps-geneve.ch dès mercredi 29 janvier.

Les questions de genre sont portées par des rapports économiques, des rapports de classe. Qu'est-ce qui permettra d'équilibrer les rapports de force?

08:19 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sexe, genre, féminisme, avortement, économie, égalité | |  Facebook |  Imprimer | | |

21/01/2014

Le miel gris

miel.jpgLe Miel est un roman intense et sensuel, doté d'une langue riche qui raconte les pérégrinations d'une famille serbe déplacée de sa région de la Krajina durant la guerre d'ex-Yougoslavie. La famille fuit devant les combats, mais le père Nikola reste à l'arrière refusant de quitter ses ruches et sa terre. Les fils ne s'aperçoivent que tardivement de l'absence du paternel; un des fils, Vesko, décide alors, dans un road-récit haletant d'aller le rechercher derrière les lignes croates, utilisant pour cela l'appui d'un russe. Plongés dans ces pages dans la guerre, avec la peur, la violence, sa dimension ethnique, voyant le conflit à travers les yeux du fils Vesko, on y découvre de l'intérieur un paysage changé, trouble, aux frontières mouvantes. Le Miel est un roman habité d'une dimension spirituelle, mystique presque mais  très... politique aussi.    

Que le Miel soit un roman réussi et fort, c'est certain. Qu'il soit un chef d'oeuvre comme le glisse Jean-Michel Olivier, peu importe... d'ailleurs qu'est-ce qu'un chef d'oeuvre? Je ne serai pour ma part pas aussi neutre qu'Isabelle Rüf dans sa critique du Temps du 11 janvier qui relève que "les guerres ne font que des victimes, dans tous les camps, c’est une des morales du Miel, avec sa fin ambiguë. Il y a une dizaine d’années encore, le récit de Slobodan Despot aurait été irrecevable." Mais en quoi ce récit est-il recevable aujourd'hui, même "10 ans après"? Isabelle Rüff ne le dit pas. Si le livre de Slobodan Despot relève en effet que toutes les guerres font des victimes dans tous les camps, il raconte beaucoup plus que cela et a résolument choisi son camp. Que dit donc politiquement ce roman, à travers son narrateur ? C'est là que les choses se compliquent...

Un génocide du bout des lèvres

Dans l'émission de radio du 21 janvier "la librairie Francophone" sur France Inter, interpelé par l'animateur qui rappelle à Slobodan Despot son passé de nationaliste serbe et le fait qu'il ait nié le génocide de Srebrenica, l'auteur est rappelé à ses déclarations : "on ne peut dire qu'il y ait eu génocide du moment qu'il n'y ait eu que des hommes qui ont été tué". Il louvoie, nie avoir dit cela, avant, acculé, de le reconnaître du bout des lèvres tout en ajoutant qu'il faut éviter de répondre au génocide par le génocide, et que cela ne servirait à rien... tout en en profitant immédiatement pour rappeler qu'il possède une liste de plus de 3000 serbes supprimés, des vieillards et des femmes. Alors : génocide? Nettoyage ethnique? Despot, contre la communauté internationale, laisse entendre qu'il y a eu génocide de tous côté, et prétend à une sorte de neutralité dans l'horreur. 1-1 au Génocide, balle (ou roman?) au centre. Autant dire que les serbes étaient des victimes comme tant d'autres, faisant fi qu'au début de toute guerre il y a un agresseur et un agressé et que n'est pas génocide tout crime de guerre. Non, on ne s'en sortira pas en se jetant un génocide à la gueule l'un contre l'autre dit Slobodan. Et pourtant, que fait ce livre concrètement, si ce n'est affirmer clairement, contre les croates, les souffrances du peuple serbe et les violences des croates contre les serbes, des tueurs djihadistes musulmans contre les femmes et enfants serbes se cachant sous le voile pudique du "roman".   

Père et fils

Le narrateur, s'il cherche son papa de l'autre côté des lignes, est surtout habité par le désir de rétablir l'équilibre macabre, niveler les compteurs; c'est-à-dire, d'une manière unilatérale, et par une sorte d'inversion, de renverser le fait que les serbes étaient les agresseurs à l'origine de ce conflit. Le héros roule avec le regard rivé dans le rétroviseur, dans une voiture qui semble avancer vers un impossible retour, vers le pays unifié, baignant dans une nostalgie sirupeuse. Non, ce ne serait pas rendre justice à ce roman que de passer sous silence sa structure politique. Contrairement à l'histoire, ici les victimes sont massivement des serbes, victimes d'une construction occidentale et d'une cabale internationale contre eux alliée à de croates impitoyables. Jeux de miroirs déformants que le miel lustre. 

Après avoir digéré ce Miel, j'en sors mal-à-l'aise, y découvrant la description manichéenne que fait Despot, à travers son narrateur, de soldats croates décrits comme pervers, des hommes qui terrorisent le héros serbe pour le plaisir de lui voir mouiller son pantalon, lui écraser la carotide du bout de leur arme, dirigeant un "camp de la mort", camp de torture, insultant le pauvre serbe: "Tu sais que les tiens se sont carapatés d'ici comme des pédales" et sont placés dans la suivance et rappelé à l'héritage de leurs pères oustachis nazis. Partition jouée, il est vrai, sur une petite musique humaniste, qui rend encore plus trouble la brillance du miel.  

L'étrange couleur de ce miel

Peut être que le trouble n'aurait pas été si fort, sans connaître les déclarations de Despot et ses polémiques sur la question du génocide, ni son engagement en tant qu'éditeur chez Xenia, à publier ce qui se fait "de mieux" en matière de xénophobie et de nationalisme : Oscar Freysinger (dont il est aussi le chargé de communication), Renaud Camus, avec des liens vers l'extrême droite européenne, etc., Ce livre ne peut être uniquement lu comme un oeuvre esthétique, littéraire (dans un sens romanesque qui le délierait du politique) alors qu'il emporte avec lui, est lesté d'une histoire et d'une charge existentielle beaucoup plus lourde. Pas de censure pour Slobodan Despot, non, puisque la liberté d'expression implique son lot de miel et de boue, mais au moins: une clarification politique. Impossible de ne pas faire des allers-retours entre l'œuvre et l'auteur; et pour cause: ils sont liés. Alors, livre dégusté, je demeure sur mes gardes, voir méfiant, devant ce si joli pot de miel et son insertion presque badine dans une histoire sanglante. Doit-on faire le rapprochement avec le livre de W.G Sebald "de la destruction comme élément de l'histoire naturelle" inventoriant les pertes civiles allemande, la terreur des bombardements des alliés sur les villes allemandes, en l'analysant froidement? Non, parce que le Miel, récit romanesque, refuse le face à face avec l'histoire, il la contourne et la réécrit, sans l'assumer pleinement, et Slobodan est beaucoup trop impliqué pour avoir le recul froid de Sebald. Il en témoigne dans le livre quand il trace au sol dans un bois vaudois la carte de la Serbie qui se rétrécit à son grand désarroi.      

Lire ou ne pas lire le Miel, l'aimer ou ne pas l'aimer, le défendre ou non, ce n'est pas le débat. Mais qu'est-ce qui a motivé Despot à lancer son lecteur en terrain miné avec une carte trouée? Il est difficile de trouver réponse à cette question dans son livre, et au vu de ses déclarations publiques, de pouvoir entendre de sa bouche quelque chose qui permette de clarifier les positions. On est ici dans le camp du trouble, du gris et de l'ombre, qui est quand même une étrange couleur pour du miel.  

Roman politique ou récit politique romancé?

Alors, le Miel, roman politique ou récit politique romancé? A chacun de se faire son idée, mais contourner l'obstacle en soulignant les indéniables qualités narratives et poétiques de l'ouvrage en gommant pudiquement ses prises de position idéologique et ce qu'il véhicule serait rejeter dans l'angle mort une partie de ce que Slobodan nous adresse, certes avec talent et séduction, mais qu'il est malaisé de recevoir sans le nommer pour ce qu'elle est aussi : la vision partisane et ambiguë d'une sale guerre.  

16:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : slobodan despot, le miel, gallimard | |  Facebook |  Imprimer | | |

15/01/2014

Le courage de dire non quand ça pue

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Ni traversée de la rade, ni traversée du lac. Il faut avoir le courage de dire non quand ça p(oll)ue. Ce n'est pas une histoire d'idéologie, ni de refus primaire de la voiture, mais une question d'arguments et de pesées d'intérêts rationnels. Pourquoi s'opposer à ces deux projets? Allons y mettre le nez.

Une initiative rétrograde et dépassée

Faut-il défendre l'option d'une traversée de la rade? Non. Son coût est estimé aujourd'hui à plus d'1 milliard de franc. Cette traversée posera de plus des problèmes de trafic inextricables, une augmentation des pollutions sonore et de l'air : oxyde d'azote et particules fines qui sont déjà bien supérieures aux valeurs limites fixées dans l'ordonnance sur la protection de l'air (OPair). L'initiative de l'UDC est «complètement dépassée et créerait des bouchons à ses deux extrémités». Ce n'est pas un vilain gauchiste ou un écolo qui dit cela, c'est le PLR Daniel Zaugg président de la commission des transports du Grand Conseil. Payer 1 milliard pour construire une autoroute sous-lacustre en saturant encore plus l'hypercentre? ça, ça pue. 1 milliard: les habitant-e-s de la classe moyenne qui passeront à la caisse pensent-ils qu'il s'agit là de leur intérêt?

rade,traversée,pont,lac,faif,rail,tcs,gteUne tentative coûteuse et désespérée
Le fait est que les partis de droite peuvent difficilement refuser cette mauvaise initiative sans proposer autre chose. Ils craignent que leur posture politique devienne illisible. Ils défendent la voiture, sa libre conduite, et refuseraient un tunnel pour bagnoles? Les voilà donc qui s'embarquent dans une improbable proposition de traversée du lac à... 4 milliards ! Qui dit mieux? Quand on demande au Touring Club Suisse (TCS) et au Groupement Transports Economie (GTE) ce qu'ils pensent de la traversée de la rade, ils reconnaissent volontiers que l'initiative de l'UDC est pourrie. Ils soutiennent alors le contre-projet à 4 milliards. Les habitant-e-s de la classe moyenne qui passeront à la caisse veulent-ils payer cash la manoeuvre partisane? Le plus piquant, c'est lorsque l'on demande au TCS ce qu'il fera si le contre-projet de la traversée du lac est refusé. Soutiendra-t-il alors l'initiative de la traversée de la rade? Sans honte, le TCS répond... OUI. Et pourquoi ? "Parce que nos membres ne comprendraient pas que le TCS s'y oppose". Bref, nous avons là une initiative pourrie que le TCS est prêt à soutenir malgré tout si sa surenchère de la traversée du lac ne fonctionnait pas, parce qu'il doit à tout prix défendre la route et la bagnole. C'est son parti priX affiché... quitte à ce que les conducteurs paient les yeux de la tête un pont qu'ils n'utiliseront que peu et baignent dans les bouchons. 

Une traversée du lac inutile 
Pour ce qui est de la traversée du lac: imaginer faire débouler une autoroute à Thonex, c'est voir encore tout petit et vouloir toujours imposer la même chose: une autoroute dans un centre urbain. Quelles seront les conséquences sur le biotope de la pointe à la bise? Aucunes études d'impact trafic n'a été fait côté français. Or, une bretelle d'autoroute est en planification. On s'acheminerait donc vers un pont débouchant en rase campagne ou sur une autoroute déjà saturée. C'est pour cette raison, le 4 septembre dernier, que les techniciens de l'Office fédéral des routes (Ofrou) ont affirmé que la traversée du lac ne résoudra pas les bouchons sur l'autoroute et que la Confédération ne financera pas un ouvrage qui débouchera en rase campagne. Selon eux, il faudrait intégrer la traversée du lac dans un projet d'urbanisation de la Rive gauche. Que les communes de la Rive gauche construisent déjà des logements, il sera temps de parler pont ensuite, avec la Confédération comme partenaires pour d'éventuels financements.

rade,traversée,pont,lac,faif,rail,tcs,gteArrêter la valse des milliards

Enfin, dira un genevois un peu bougon mais peut-être représentatif : est-ce à moi de payer 4 milliards ( ou 5 milliards si l'on suit l'UDC et le MCG qui se disent pour la traversée de la rade ET la traversée du lac) pour permettre à des frontaliers d'aller travailler dans le canton de Vaud sans que cela ne réduise en aucune manière les problèmes de trafic à Genève? L'initiative de l'UDC et le contre-projet de traversée du lac sont pollueurs. Il faut avoir le courage de les refuser, qu'ils proposent ou non de nous mettre un petit train à crémaillère sur le pont ou un petit passage piéton dans le tunnel pour faire joli sur l'addition, cela ne changera rien à l'affaire.    

Des solutions simples sans couler les finances publiques

Plutôt que de payer un pont qui servira à d'autres, utilisons l'argent de la Confédération soumis à votation le 9 février pour nos besoins : réaliser l'extension en souterrain de la gare Cornavin et le déploiement du rail à Genève, première mesure pragmatique, avec le CEVA, de régler les problèmes de mobilité à Genève. L'extension des lignes de trams, la multiplication des pistes cyclables, et des parkings P+R sont d'autres mesures peu coûteuses et dynamiques. Elles amélioreront fortement la mobilité sans couler les finances publiques.  

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14/01/2014

Un pont, un tunnel sous la rade... Et pourquoi pas une pyramide?

pont,rade,rail,genève,transport,écologie,économiesUne mauvaise initiative: La commission des transports du Grand Conseil a rejeté l’initiative de l'UDC «pour une traversée de la Rade» (Initiative 152)  qui propose une traversée sous le lac de 4 voies de l'avenue de France au Port-Noir, ainsi qu'un tunnel de liaison à 2x1 voies entre le Port-Noir et la route de Malagnou. Ce projet est mal conçu. Il est inadéquat en regard des aménagements réalisés ces dernières années en Ville, bloquera le développement du centre, surchargeant encore plus le trafic. Même le TCS et le Groupement Transports et Economie (GTE) l'affirment, ce projet conduira à une augmentation considérable du trafic. Rue de Lausanne + 40%, Avenue de France +50%, Quai Gustave-Ador +20%, rampe de Cologny +30%, route de Malagnou +10%. Enfin, + 11,5% sur le périmètre de la petite ceinture! Ce projet viendrait perturber le fonctionnement du réseau de voirie actuel et des transports publics. Bref, circulez, il n'y a rien à voir. Un tunnel sous la rade, c'est encore plus de bagnoles au centre et toujours plus de bouchons. L'initiative de l'UDC est nocive pour la Ville, dangereuse pour son développement futur, coûteuse, et ne résout rien. 

Un contre-projet inutile

Ce qui est inquiétant, c'est que la commission des transports du Grand Conseil s’est sentie obligée d’élaborer un contre-projet. Mais un contre projet pour quoi... un pont, un tunnel sous la rade... et pourquoi pas une pyramide pendant qu'on y est? Les rêves de grandeurs de certains laisse songeur. Alors que la construction d'une traversée de la rade est évaluée à plus d'un milliard de francs et mettrait en péril d'autre financements importants pour le Canton (Ecoles, crèches, logements, etc), sans aucune garantie de désengorger le centre-ville, ce goût pharaonique pour un grand projet inquiète. Aujourd'hui déjà, les normes liées aux nuisances sonores et à la pollutions de l'air sont largement dépassées. La pollution endommage insidieusement et quotidiennement la santé des genevois-e-s. Il est urgent de limiter les nuisances, les émissions polluantes, et les bouchons, pas d'accroître le trafic.   

Le fédéral dit stop

Le 4 septembre dernier, les techniciens de l’Office fédéral des routes (Ofrou) ont été auditionné par les députés du Grand Conseil. Qu'ont-ils dit ? Que la traversée du lac ne résoudra pas les bouchons sur l’autoroute et que la Confédération ne financera pas un ouvrage qui débouchera en rase campagne. Selon eux, il faut intégrer la traversée du lac dans un projet d’urbanisation de la Rive gauche. Urbaniser la rive gauche? Diable, ce ne serait donc pas à la commission des transports de faire un contre-projet, mais plutôt à la commission du logement et de l'aménagement du canton. Quand les communes de la Rive gauche auront enfin construit des logements, il sera alors envisageable de discuter avec la Confédération d'un éventuel financement...

Ne pas alimenter un serpent de lac

Devant quelles alternatives nous trouvons-nous aujourd'hui? Voter pour une mauvaise initiative pour traverser la rade à 1 milliard qui créera plus de problèmes qu'elle n'en résout ou soutenir une grande traversée du lac Léman à 3 ou 4 milliards permettant uniquement, si l'on s'embarque dans ce fantasme, de... terminer en cul-de-sac en rase-campagne. Ces deux mauvaises propositions doivent être rejetées et combattues. Alimenter un serpent de lac en y jetant des milliards, sans aucuns contrôles ni des coûts ni des garanties de financements, ce n'est pas responsable et surtout: c'est inutile. Ni petite ni grande traversée du lac : gardons les pieds sur terre en ne cédant ni aux sirènes d'un mauvais projet ni à celles d'un contre-projet coûteux bidouillé en dernière minute.

Une solution qui tient la route : Le rail
Une vraie proposition ? Renoncer à passer autant au-dessus que sous le lac, mais résoudre les enjeux du trafic à Genève en augmentant au maximum le potentiel du rail. Tout d'abord, en terminant rapidement le CEVA, puis en étendant les lignes de trams existantes; en réalisant l'extension souterraine de la gare de Cornavin... mais aussi en construisant des parkings en périphérie, en aménageant plus de pistes cyclables, en développant les services liés aux vélos électriques (prêts, vélo-stations, etc.,). Bref, en étant créatifs et inventifs, plutôt que de déverser des milliards dans le lac. On commencera alors à respirer vraiment, et durablement. Genève n'a pas pour destinée d'être un aspirateur crasseux à bagnoles. Augmenter les transports publics, les modes alternatifs de transports, diminuer le nombre de véhicules à moteurs, c'est la seule alternative VIABLE. Nos poumons et porte-monnaie nous en remercieront. Un pont, un tunnel sous la rade... et pourquoi pas une pyramide pendant qu'on y est?

Il y a  une solution bien moins coûteuse à portée de mains: le rail. Et ça tombe bien, la Confédération est prête à le financer! 

 

 

 

12:13 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pont, rade, rail, genève, transport, écologie, économies | |  Facebook |  Imprimer | | |

06/01/2014

De l'érotisme sécuritaire

1620719_pic_970x641.jpgEt s'il entrait dans le désir de plus de caméras et de policiers de la gourmandise plus qu'un argument basé sur la peur et la crainte? Et si le moteur n'était pas le tremblement mais la tension du désir, peut-être un peu inavouable, caché, fantasmatique et goulu, de sentir l'exercice de la force, sa puissance. Tentation de la grosse voiture au bonhomme musclé bien matelassé, de son bâton -big stick- revolver qui en impose, ou son "inverse" qui ne fait que le renforcer encore plus : une jolie dame policière, féminine, blonde si possible, sur-féminisée même, car taillée dans l'uniforme de la force, renversant puissamment les représentations tout en les magnifiant.


Cela vous rassure ou cela vous excite? 

Bon, allons un peu plus loin. Vous avez vu, Genève a sa "police de l'extrême" habillée tout de noir avec la cagoule et se postant à l'entrée de véhicules comme devant des dark-room. You want to come in? Leur regard invite à s'approcher. Venez voir ce qui vous est caché. Venez voir qui peut intervenir à tout moment, entrer partout, jaillir de nulle part. Attention, pour voir, faudra payer. Combien au juste le petit plaisir ? On ne sait pas, c'est secret... vous reprendrez bien une coupe de champagne; comptez voir un petit million pour voir... Genève a sa police de l'extrême, mais le Jura aussi (le GITE), Vaud (le DARD ah bon), Fribourg (le GRIF), Neuchâtel (COUGAR, tiens tiens). Comme si cela ne suffisait pas, l'armée ET l'autorité de la police judiciaire fédérale ont aussi leurs crazy horses. Mazette. Cafouillages garantis lors de chaque opération (une fois tous les 5 ans). C'était le cas, par exemple, lors du ratage face au forcené de Bienne en 2010 qui avait pu partir tranquille de chez lui au nez et à la barbe des barbouzes avant d'être arrêté par une... habitante. Chaque canton désire ses Rambos, peu importe le prix à payer. L'addiction est irrépressible, peu importe l'addition. Ils sont si jolis dans leurs costumes tout noirs, avec une cagoule si seyante. De quand date leur dernière intervention? Euhhhh..... à Genève en 2008 pour sécuriser les matchs de l'Eurofoot selon les mauvaises langues, mais bon on ne minaude pas son petit plaisir secret et coquin. Il faut savoir se faire désirer et être prêt à intervenir au cas où, même si on empile les forces spéciales au kilomètre carré, les redouble avec celles des services étrangers lors des visites des dignitaires, c'est si sexy et vertigineux de jouer avec le danger. Heureusement qu'il reste l'aéroport pour s'envoyer en l'air, ça permet de justifier un corps de police en plus. Et hop. Mais on n'est plus dans l'érotisme là, plutôt dans la pornographie dure. Encore un petit million pour faire passer le tout?


1620761_pic_970x641.jpgQui, combien, pour faire quoi?

Alors, pourquoi, au-delà du raisonnable, et du nécessaire, cette appétence pour les moyens de sécurités qui se redoublent ? D'où vient cette obsession sécuritaire, quel en est le puissant levier? Ce n'est visiblement pas pour que l'on aie moins peur, ça non, on a toujours autant les jetons; pourtant les détournements d'avions et les prises d'otage ne sont pas si légion dans nos régions. Alors? Serait-ce que le jouet est si beau à manier, donne du plaisir à certain pendant qu'il en fait fantasmer d'autres? Cela fera toujours de jolies photos à prendre. Et puis c'est quand même plus sexy à montrer que cent vieilles dames a qui l'on aura pu mettre une prothèse de hanche, n'est-ce pas?


Erotisme sécuritaire

Pourquoi cette appétence pour la mise en scène des moyens de surveillance? Cette fascination pour la figure du policier, de la douane, de la cage, de l'enfermement, des menottes et sirènes?  Tout l'art réside dans le voilé, le dévoilé, bref: un érotisme, contenu dans le plaisir de l'exhibitionnisme (se rendre visible) allié à celui de tout voir, de surveiller tout le temps (voyeurisme). Pouvoir tout voir et contrôler, être soumis à tous en même temps. Tu les entends, ils se moquent bien que la NSA les écoute et que les caméras les filment, car celui qui n'a rien à cacher n'a rien à craindre, en effet : puisque son fantasme est de tout montrer. Et ils s'adonnent avec une passion sucrée à se dévoiler sur tous les médias sociaux, danse lascive. Les polices n'ont pas à les cueillir: ils s'offrent. Erotisme de la surveillance : être sur-veillé.     

   

1620711_pic_970x641.jpgFantasme sécuritaire

L'insécurité n'est pas un fantasme, elle est bien réelle; augmentera si ce qui fait le lien entre les humains et détissé. Mais la sécurité est un fantasme quand elle prend la forme d'un érotisme sécuritaire. On met bien un contrôle parental sur les sites de fesses pour les mineurs; des évangélistes américains donnent leur code d'accès à des personnes de confiance pour ne pas chuter. Peut-être faudrait-il de même instaurer un contrôle citoyen pour les députés qui s'échauffent à toujours plus de police au détriment de la santé, de l'éducation, de la culture et du logement, tâches qui les excitent semble-t-il moins. Alors, à quel moment décidera-t-on de les sevrer du peep-show qui les conduit à faire payer toujours plus cher toujours plus de fantasme sécuritaire pour moins de sécurité?



Toutes les polices se nourrissent d'un érotisme sécuritaire. 

Aucune ne nous protège de son fantasme.


 

10:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : erotisme, police, peep-show, sécurité, fantasme, pornographie, media sociaux | |  Facebook |  Imprimer | | |