sylvain thévoz

17/04/2015

Voulez-vous gagner 6 milliards?

En Ville de Genève, ce dimanche, le budget de 5 années est en jeu. Au bas mot : 6 milliards. Tout l'avenir des service sociaux, du logement, de la culture, de la police, du sport, du soutien aux associations, des écoles, de l'aménagement urbain, des parcs, des places de jeu, des pompiers, des terrains de jeux, des nouvelles constructions, des rénovations de bâtiments, des préaux, de la politique pour les aîné.e.s, les jeunes,  etc., etc., est en jeu. Vous voulez gagner 6 milliards ? Allez voter.

Qui ne prend pas son vote ne gagne pas. 100% de ceux qui se sont abstenus perdent leur voix.


Et si vous alliez enfin ouvrir cette enveloppe qui traîne depuis 10 jours sur votre bureau ? 


Chaque voix compte

On arrive à la fin de cette campagne des élections municipales. Certains disent "enfin", ils en ont marre des stands, de son lot de photos, de folklore. La fatigue se fait sentir, tant du côté des candidat.e.s que des citoyen.ne.s. On peut comprendre que certains se sentent harcelés : flyers sur les pare-brise, dans les boîtes aux lettres, dans le journal, sur les écrans, glissés de la main à la main... Qu'on en finisse, remplace bientôt allez voter dans certaines bouches, ou : je vote promis, si vous cessez de me torturer pour d'autres. Chaque voix compte pourtant. Et nous ferons campagne jusqu'au bout.

Pourquoi tant d'abstention ?

Les vacances ont probablement freiné la participation 27.5% a trois jours de l'échéance, c'est très peu. Même si l'on m'opposera qu'il en était de même il y a 4 ans. Pourquoi un tel désintérêt ? Force est de constater qu'il y a encore et malgré les efforts de communications entrepris tant par la Ville que par le Canton un déficit abyssal de compréhension des institutions et de la technique du vote.

Le cumul des enveloppes dans l'enveloppe de vote. - Hein, quoi, une liste bleue dans l'enveloppe bleue une liste jaune dans l'enveloppe jaune, le tout dans l'enveloppe grise? Cela n'aide pas, c'est certain. A cela s'ajoute un désintérêt pour la chose publique, la politique. On a glissé d'une démocratie participative à une démocratie consumériste ou une démocratie d'initiés. Pour voter, il faut presque déjà participer. Ceux qui ne se sentent pas engagés se retrouvent devant les bulletins et les listes comme un voyageur en pays inconnu. C'est notre travail de donner les clés d'accès à cette culture démocratique. Nous l'avons fait. Ce travail doit et devra s'accentuer.

Après les élections... les élections!

La campagne électorale se termine dimanche. Nous n'en aurons pourtant pas fini ce jour avec l'enjeu collectif. Il reprendra... lundi 20 avril à l'aube pour l'élection au deuxième tour au Conseil Administratif, échéance au 10 mai. Et ensuite, durant 5 ans, nous continuerons de travailler pour regagner du terrain sur le désintérêt, l'abstentionnisme, les discours à l'emporte-pièce, les promesses vaines, la haine et la perte de confiance dans ce que sont et font les collectivités publiques.

Nous continuerons à fond d'informer, de sensibiliser, et d'impliquer les citoyen.ne.s. Parce que nous refusons d'avoir une démocratie de type drive-in. 

Jamais trop tôt pour dire merci

Il n'est jamais trop tôt pour dire merci quand on a reçu un cadeau. Le sentiment qui m'habite aujourd'hui, c'est la gratitude.

Merci aux habitant.e.s qui nous ont ouverts leurs portes, se sont intéressés aux points de notre programme, les ont parfois contesté, entamé des discussions sur les pas de porte, devant les postes, les marchés, les commerces.

Merci aux passant.e.s qui ont levé le nez de leurs téléphones portables, ont souri, pris 30 secondes pour s'intéresser à ce que leur tendait un autre humain dans le rythme effréné du quotidien. Merci aux curieux, aux insatisfaits, aux enthousiastes ; à ceux qui ont pris le risque de la parole, de l'autre, de la rencontre, de la sortie de l'anonymat. Merci à ceux qui ont dit : j'ai voté pour vous! ou bravo pour votre engagement, c'était un sacré carburant. Merci à ceux qui ont changé d'avis, se sont remis en question, merci pour votre ouverture d'esprit. Merci à ceux qui ont gueulé, c'était un bon coup de fouet. Merci à celles et ceux qui ont pris leur bulletin de vote en main et s'y sont affirmés. 

Merci, à tous ceux et toutes celles qui ont travaillé d'arrache-pied à cette campagne depuis octobre pour que la Ville de Genève ait une politique marquée à gauche au service de l'humain, un avenir, des moyens.

Merci à celles et ceux qui ont répondu présent dans un monde que nous refuserons toujours d'habiter d'une manière fantomatique.

   

Le parlement de la rue

Le monde est moins pourri dans la rue qu'aux journaux télévisés. Le monde est moins pourri dans la rue qu'avec le nez dans son téléphone.  Etre en campagne, c'est se donner à la rencontre et recevoir des surprises. 

C'est donner de l'information sur la Ville, sa gestion, ses mécanismes, ses enjeux, en proposer un projet politique et recevoir en retour, dans chaque immeuble, à chaque arrêt de tram, des attentes, des demandes, des insatisfactions, et de nouveaux regards.

Le tirage c'est dimanche.

Vous voulez participer ? Allez Voter.

Vous y gagnerez 6 milliards. Nous serons amplement payés de nos efforts.


Merci. 


13/04/2015

Tirabosco: funk the power !

 

th_362ad82be520c4a2c6f4d8fb42218792_wonderland_couv268.pngWonderland, dernier recueil de Tom Tirabosco est le récit d'un enfant timide et renfermé qui dessine. Et quand il dessine, le temps s'arrête et le monde autour de lui n'existe plus.

Wonderland est un recueil sur le temps, la famille et l'origine. Clin d'oeil à la nostalgie, toujours avec, sur la table de chevet, une bibliothèque verte et en tête Goldorak ou Rahan. Récit d'une époque, d'influences et d'un éveil artistique, de ce qui a marqué le gamin d'alors, ce qui l'a écoeuré, soulevé aussi: marqué à vie et entraîné. On se construit avec, on se construit contre aussi. Et ce qui pouvait peut-être sembler insignifiant pour les adultes d'alors, était le fondement d'une vocation pour Tom : dessiner. Les émotions fortes, cela qui demeure. Des détails ? Les débuts, des esquisses.

Wonderland, c'est une bande dessinée en noir et blanc, comme si quelque chose appartenait là à l'intemporel. Comme si des éléments ne vieilliront plus, étant marqué maintenant, dont les couleurs ne peuvent s'estomper. Comme si remontait à la surface quelque chose d'enfoui, de silencieux et de mystérieux, prenant aujourd'hui place et lumière. C'est beau. C'est un récit d'admiration. Pour le père, pour le capitaine Cousteau, pour Stevie Wonder. C'est aussi un carnet intime, pudique, tendre et courageux qui nous est tendu, ouvert.

Tirabosco nous présente sa famille: son frère Michel, handicapé de naissance, sa lutte féroce pour exister; son père italien, réceptionniste d'hôtel, grande gueule, incarnation du père ogresque à la Chessex chantant de l'opéra, peignant dans sa cave, raillant la sensibilité du petit Tom; sa mère travailleuse, aimante, révoltée. Un deuxième frère, Riccardo que l'on voit peu, et qui traverse la bande-dessinée, comme en retrait.

Le recueil ne dit pas tout, évidemment. Il raconte le vécu subjectif de Tom, son regard à distance. Les années ont épuré, travaillé la matière de la mémoire. Il a trouvé un langage pour raconter : les images.   

Wonderland, c'est un travail sur l'angoisse, celle d'être différent, de ne pas y arriver, ne pas être comme les autres, ne pas être reconnu dans le regard du père. C'est le rendu d'une rivalité affective avec le frère : handicapé, courageux, fort, lui, au mental de fer, à qui rien n'est offert. C'est une histoire d'amour pour la famille, qui n'esquive ni les aspérités ni la tendresse. 

C'est une réflexion sur la comparaison, sur la valeur de ce que recèle l'être... et quoi pour l'évaluer? Et quoi pour la jauger; sur les grilles et l'emprisonnement social.. une rage qui trouve sa forme.  

C'est aussi un hommage à l'humour, qui allège et creuse aussi, permet d'approcher, apprivoiser l'insoutenable, de s'y tenir à flot, et d'exprimer le plus brisé. Peut-être que oui, on peut rire de ce que l'on a traversé, de ce que l'on porte en soi. Peut-être est-ce alors à ce moment qu'on l'a intégré... sinon ce serait pure moquerie ou cynisme. Wonderland est dédicacé à Cabu, Wolinski, Charb, Tignous et Honoré, tombés à Charlie Hebdo durant le bouclage de l'album. C'est, on l'aura compris, un recueil qui rend hommage à ceux qui ont construit l'artiste Tirabosco : Titien, le Caravage, Mondrian, les hannetons, Mickey, Donald, les baleines, le père, la mère, le frère, les arbres, "la jeune fille aveugle" de John Everett Millais, Peter Pan, l'île aux pirates, Mowgli, Blanche-Neige, Bambi et Merlin, etc... à un univers où "la réalité" et les modèles artistiques et culturels se mélangent.       

C'est enfin un travail sur l'injustice. Un monde envisagé avec le coeur d'un enfant, sa révolte contre ceux qui confisquent la terre, tuent les bêtes, renvoient les travailleurs au chômage. C'est un recueil levé radicalement contre toute brutalité, économique, physique; contre l'injustice, l'avidité et l'égoïsme. C'est une anarchie funk, un amour échevelé, qui raconte une époque passée, celle d'un temps où le monde semblait infini, avec un puissant désir de jouir et d'en vivre.

Wonderland : anarchie funk, poétique et nostalgique, qui dresse contre le monde "tel qu'il est" celui du sensible, du poétique et d'une forme d'amour profond pour la vie avec course de bobsleigh sur des pneus, grimpette dans les arbres pour se goinfrer de cerises - noyaux sur la mère Groslard dont le mari est flic- et lapins dessinés pour freiner les voitures sur la route ... funk the power ! Toujours.     

Ce recueil est une déclaration d'amour, à une famille, à la terre, aux bêtes et à ce que l'on pourrait nommer la culture, tout ce qui fait de nous autre chose que des machines comptables, mais des êtres d'humour, de sensibilité et d'intuition, de jeux et d'émotion.

Wonderland : une anarchie funk ? Oui. Avec quelque chose de doré et de doux qui coule dans nos veines et que Tirabosco a libéré : un appel à aimer et se laisser aimer.

...

et Funk the power, pour toujours. 



Tom Tirabosco, Wonderland, éditions Atrabile, 2015.


Tom Tirabosco dédicacera Wonderland

Le samedi 18 avril 15h-18h30  Papiers Gras. 1place de l'île. Genève.

www.papiers-gras.com

Le mercredi 22 avril 17h30 Librairie du boulevard, 34 rue de Carouge.

www.librairieduboulevard.ch

 

 

 

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12/04/2015

Servette FC : l'auto-goal de François Longchamp

Alors que Lausanne  fêtera en juin les 100 ans de la présence du comité international olympique (CIO) dans la commune, que le siège de l'UEFA est à Nyon et celui de la FIFA à Zurich, Genève défraie la chronique sportive d'une autre manière, martyrisant son histoire sportive. Le Servette FC, fondé en 1890 et qui fêtera ses 125 ans ce printemps, pourrait faire faillite. La sonnette d'alarme a été tirée le 1e avril par le président du club Hugh Quennec. 


Les sportifs contre les gagne-petits

Les sportifs ont du coeur. Michel Pont, Gérard Castella, Gilbert Guyot, Christian Karembeu, Caroline Abbé et plus de 100'000 personnes passionnés par le foot dans ce canton sont mobilisés. Le Servette FC risque sa peau, plombé par la gestion d'un stade mal géré par un Conseil d'Etat trop content de s'être débarrassé de son exploitation pour 32 ans via l'ancien président du Servette Majid Pishyar.

Ce Conseil d'Etat fait penser à une équipe qui mise sur un 0-0 pour essayer de l'emporter au penalties. Sauf que battre Servette n'apportera rien de bon à Genève. Aujourd'hui, les sportifs luttent contre les gagne-petits.     


La désastreuse gestion de Longchamp

Monsieur François Longchamp se moque du Servette FC et du sport.

Lors de l'émission Forum de la RTS du 1e avril, il a fait preuve d'une morgue incroyable, demeurant catégorique sur son refus d'entrer en matière au sujet du stade de Genève et de la finition des travaux. Non, pas un sou pour les travaux sur ce stade. Non, pas un sou pour éviter au Servette FC la faillite. Non, pas un sou pour le sport. Quel auto-goal de la part du président du Conseil d'Etat, et surtout quel manque d'ouverture au dialogue avec le Grand-Conseil, les habitante.s, et tous ceux qui aiment le sport à Genève!  

Quand Longchamp se mélange les pinceaux

Longchamp confond totalement la question du stade et celle du soutien au club. Il ne s'agit pas ici de soutenir une équipe professionnelle de football mais bien, pour l'Etat, propriétaire du stade, de terminer le boulot, ce qu'il aurait dû faire depuis longtemps. Monsieur Longchamp s'arque boute sur cette convention d'opérette signée avec Pishyar. Cela n'est pas digne de Genève.

Le stade est pourri, le Conseil d'Etat l'a construit. Le Conseil d'Etat est pourri s'il ne reprend pas ce dossier en main. Cela pourrait ressembler à un chant de supporter, c'est pourtant la réalité. Le Conseil d'Etat ne peut pas se défausser de sa responsabilité.   

Longchamp ou le mépris du terrain

Longchamp dit "club de football" comme s'il s'agissait d'un mot sale.

Il montre par là son ignorance de la complexité du monde sportif. Et surtout, il prétend ignorer que pour une collectivité publique qui prétend assumer des tâches sportives régionales, il doit entretenir et fournir des installations adéquates et de qualité. Charles Beer l'avait rappelé en 2013 : "Le stade doit être rénové ou rasé, la politique de l'autruche devient irresponsable".  Qu'a fait le Conseil d'Etat depuis lors ? Rien. Si ce n'est voter une loi pour le Sport sans moyens et sans volonté politique pour l'appliquer. Clap clap clap pour les champions! 


Pas un soutien au club mais un entretien du stade

Il est clair que le club n'a aucun argent à recevoir pour la gestion de l'équipe pro.

Il est par contre injuste que les finances du Servette FC d'aujourd'hui soient écrasées par l'entretien d'un stade pourri, mal pensé par un Conseil d'Etat qui ne l'assume pas.


Politique de l'autruche ou poisson d'avril?

Monsieur Longchamp connait bien les difficultés du Servette FC, et cela depuis longtemps. Il nous prend pour des pives quand il prétend avoir cru à un poisson d'avril lorsque le président du Servette a annoncé le risque de faillite pour le club.

Longchamp botte en touche, fait l'autruche, et laisse Servette couler à cause de la convention d'opérette signée par Majid "magic" Pishar. Le Conseil d'Etat sait depuis longtemps que cette convention est impossible à honorer pour le club. Il a choisi de ne pas s'occuper d'un dossier pourri qu'il a mal géré du début à la fin. C'est moche.

 

Au final, c'est Genève qui perdra

S'il se poursuit, le bras de fer entre le Servette FC et le Conseil d'Etat fera une victime  : le sport à Genève. Si Servette devait aller en faillite, Monsieur Longchamp et son Conseil d'Etat en porteront la responsabilité, ayant joué petit bras et choisi de se défausser sur son locataire de leur responsabilité d'un stade pourri, inadapté et inachevé.


Un conseil d'Etat comptable et mauvais gestionnaire

Le Conseil d'Etat serait bien inspiré, lui d'ordinaire si prompt à donner des leçons aux communes, ayant même l'ambition de vouloir reprendre la gestion de grandes institutions, d'observer comment la Ville de Genève a travaillé pour permettre au club de hockey de se tenir à flot avec un savant équilibre de soutien à la relève (Genève Futur Hockey) et de mise à disposition d'infrastructures avec travaux et réaménagements : réfection des tribunes publiques, aménagement des loges VIP, etc., La collectivité publique a assumé ses responsabilités grâce à Manuel Tornare puis Sami Kanaan.

Aujourd'hui la patinoire arrive au bout, et que fait le Conseil d'Etat pour la nouvelle? Du vent, encore. Longchamp critique même le fait que la Ville veuille s'y investir. Mais qu'il réalise quelque chose alors !    

 

Un Conseil d'Etat incapable d'assumer ses responsabilités

Aujourd'hui, le Conseil d'Etat est sur la touche.

Il a laissé pourrir le dossier du stade de Genève et le projet de la Nouvelle patinoire au Trèfle Blanc est planté.

Monsieur Longchamp, avant de donner des leçons de gestion aux communes devrait regarder son équipe politique, incapable d'aller de l'avant. Si on le laisse aller, il va finir par tuer d'abord le Servette FC puis le Genève Servette Hockey. Que les dieux du stade préservent le club du Conseil d'Etat. Marre des technocrates qui prétendent diriger mais veulent avant tout ne pas perdre et juste donner l'impression qu'ils gèrent.  


Faisons rentrer les remplaçants, et vite

La gestion du dossier du stade de Genève est à ce jour un auto-goal pour Genève. Un de plus de la part d'un Conseil d'Etat gestionnaire et autocratique, légaliste à crever, qui manque totalement de coeur et d'envie.

Faisons rentrer les remplaçants, et vite, que le Grand Conseil prenne en main ce dossier et impose au Conseil d'Etat une solution et un engagement de l'Etat pour terminer la réfection et l'aménagement du stade, sinon ce sera cuit pour le Servette FC.

Ceux qui auront gagnés seront alors ceux qui méprisent le sport et les sportifs, au premier rang desquels si rien ne change, il faudra bien compter Monsieur François Longchamp.      


 

 

Sources:

http://www.tdg.ch/sports/sfc/cinq-raisons-fondamentales-soutenir-servette/story/24985464

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6649396-le-servette-fc-est-a-nouveau-au-bord-de-la-faillite-01-04-2015.html?f=player/popup

http://www.rts.ch/la-1ere/programmes/forum/6652583-le-torchon-brule-entre-le-servette-fc-et-le-conseil-d-etat-genevois-02-04-2015.html?f=player/popup

09:57 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : servette football club, sport, canton, longchamp, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/04/2015

Barazzone pédale dans la semoule

Le magistrat en charge du Département de l'environnement urbain et de l'espace public Guillaume Barazzone est très fort pour faire de la communication. On sait l'homme habile pour se mettre en valeur sur des dossiers sans véritables enjeux : mettant du plastique vert ici coupant un arbre là-bas pour en replanter illico un nouveau et annoncer ainsi la "végétalisation" de la Ville. ll est passé maître pour faire du chiffre au détriment du contenu. Mais quand il faut empoigner le taureau par les cornes et lutter sur le terrain, plus personne. L'homme se fait discret ou prend rapidement le train pour Berne.

Vol de vélos : quelles actions ?

Un petit exemple ? Le vol des vélos en Ville de Genève. Véritable fléau. Les chiffres sont sortis vendredi 10 avril. Le Canton de Genève a enregistré 3251 vols de vélos l'an dernier (9 par jour!), soit une hausse de 13% par rapport à 2013. Et combien de vélos volés non déclarés? On est désormais proche du niveau record de 2009 avec 3300 larcins, pour la majorité commis en Ville de Genève. La disparition de la vignette vélo en 2012 a rendu les cycles plus anonymes et vulnérables. Les assurances privées doivent débourser chaque année plus de 60 millions pour rembourser les citoyens lésés! De plus, suite au vol, seul 1% des vélos volés sont restitués à leur propriétaire. Et plus d'un quart de cyclistes renoncent au vélo après s'être fait dérober le leur, ce qui a un impact négatif sur d'autres modes de transport. Que fait le magistrat Barazzone pour lutter contre ces vols répétés ? - Rien. Pire même, il ne prend pas la peine de s'inspirer des propositions que d'autres villes ont réalisé. Toujours plus de policiers municipaux, toujours plus de vélos volés : cherchez l'erreur.


Les cyclistes doivent être mieux défendus

Les Socialistes, s'inspirant d'expériences réalisée dans des pays du nord de l'Europe (champion en terme de vélos), de celle menée avec succès par la Ville d'Yverdon ont déposé une motion au Conseil Municipal le 29 octobre 2014 qui rappelle que le vélo est un moyen écologique, rapide et silencieux de se déplacer en ville. Il permet de diminuer l'impact du trafic automobile et encourage une pratique sportive et récréative qui est bonne pour la santé. Favoriser l'usage du vélo fait clairement partie d'une bonne politique de la ville. La maniabilité de ce mode de transport a toutefois son revers. Un cycliste, c'est vulnérable, et un vélo, c'est facile à se faire voler, ce que confirment les statistiques délivrées cette semaine. Qui, d'ailleurs, ne s'est pas déjà fait voler un vélo à Genève?


Dring dring Barazzone 

Un moyen efficace de lutter contre le vol de vélos existe. Il consiste à placer des puces avec un système de GPS sur le cadre. Si un voleur se saisit du vélo, il est immédiatement possible de le pister, Les expériences ont prouvé que  cette méthode fait chuter de plus de 40% le nombre de vélos volés, principalement par son caractère préventif et dissuasif.

Lorsque les malfrats savent qu'ils risquent à coup sûr d'être pris, ils réfléchissent à deux fois avant de commettre un délit. Ce n'est pas la dureté de la peine qui compte, mais la certitude de sa prononciation. Or, aujourd'hui, c'est l'impunité en terme de vols de vélo. Les policiers municipaux s'acharnent sur les cyclistes plutôt que de les protéger pendant que Barazzone joue au conseiller administratif à temps partiel.  

Les cyclistes trinquent

Toujours plus à Berne, toujours plus soucieux de communication au détriment d'actions permettant aux habitant.e.s de mieux vivre; décidé à poursuivre la politique de discrimination envers les cyclistes nommés "cycloterroristes" par son prédécesseur, Guillaume Barazzone, au sujet de la petite reine, n'a pas fait le boulot attendu, et pédale dans la semoule... 

et ce sont malheureusement les cyclistes qui en paient le prix.

 

 

 

Sources:

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/vols-velos-face-nouvelle-flambee/story/24723468

http://www.lematin.ch/suisse/Nous-avons-traque-des-voleurs-de-velos-par-GPS/story/16409567

http://www.24heures.ch/vaud-regions/nord-vaudois-broye/Une-puce-pour-traquer-les-velos-voles-lancee-a-Yverdon/story/30618799

http://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/La-police-s-equipe-pour-traquer-les-velos-voles-25836707


08:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vélos, vols, ville, santé, sport | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/04/2015

Dis-moi comment tu nommes ta ville je te dirai qui tu es

La Ville de Lausanne a annoncé que la station de métro "Ouchy" sera rebaptisée "Ouchy-Olympique" afin de marquer le centième anniversaire de l'installation du Comité international olympique (CIO) à Lausanne. Cette décision a été validée par les autorités cantonales et communales. La nouvelle dénomination entrerait en vigueur lors du passage à l'horaire 2016 des transports publics. Bravo les vaudois !

Renommer c'est réinterpréter

Et à Genève? Les choses ne bougent pas, ou si peu. Certes, il est utile de garder une continuité dans l'appellation des lieux (pour les habitant.e.s, les services de secours, les touristes, les commerçants, etc.,) certes les réimpressions des plans, des papiers à lettre, des cartes de visites sont coûteuses, toutefois il serait intéressant de proposer une mise à jour des noms de rues de la ville de Genève afin que toutes les générations puissent s'y identifier. Qui sait : si les noms de la Ville nous ressemblaient un peu plus, peut-être l'identification à la ville serait-elle plus forte et celle-ci plus respectée ? Et si plutôt que d'envisager notre ville en regardant dans le rétroviseur on regardait plutôt vers son présent, ça irait aussi mieux.

Dépasser les archaïsmes

Aujourd'hui, c'est le Conseil d'Etat qui décide des appellation de rue. Ce dernier a une position frileuse et conservatrice. Au milieu des années 90, le conseil administratif de la ville de Genève a décidé, lui, pour des raisons de stabilité de ne plus modifier les noms de rues. Et si, 25 ans plus tard, on ouvrait à nouveau le dossier? 

Globalement, notre rapport aux noms, qu'ils soient de rue ou concernant les bâtiments, est un rapport marqué par le conservatisme, l'indifférence ou la neutralité. Parce qu'un grand nombre de ces noms ont pris la poussière et ne représentent plus grand chose et que nommer c'est choisir aussi, pourquoi  ne pas y repenser?  

Des noms comme  : Pictet de Bock, Goetz-Monnin, Hugo de Senger littéralement, ne nous parlent guère. Pire, on passe devant des noms peu fréquentables portant le poids d'une histoire patriarcale valorisant les faits de guerre et la grande "histoire" au détriment de personnes et de valeurs rejetées dans l'ombre. Ici est mis en valeur un bourreau (rue Tabazan) là un anthropologue (rue Emile Yung) ayant exhibé des "nègres" pour, dans le plus pur style racialiste de l'époque, prétendre en tirer des caractéristiques universelles. Plus loin, on remarque le buste d'un admirateur de Pétain loué pour son écriture. Les femmes sont les grandes absentes des rues. On valorise ainsi le sexisme ordinaire. Les femmes à la maison, les hommes à l'affiche.

Dis-moi comment tu nommes ta Ville, je te dirai qui tu es....


Le langage est une force

Une mise à jour est nécessaire. En effet, les noms de notre ville sont perclus d'officiers et de bourgeois du 19e siècle. Ce ne sont plus des exemples ni des références pour les générations actuelles. Du passé faisons table rase, oui, en effet, mais surtout: plutôt que des vieilles références, proposons-en des nouvelles, plus inspirantes et inclusives. 

Ce ne sont pas les idées qui manquent. Avec l'aide d'historiens et d'une commission composées de citoyen.ne.s, il serait possible de dépoussiérer Genève du passé de ces "grands hommes" qui, avec le recul, même s'ils marquent des étapes de notre histoire, sont désormais des boulets que nous devons tirer. Pourquoi ne pas s'alléger et ranger aux archives les vieux conseillers d'Etat et politiciens du 19e pour des personnalités plus inspirantes, énergisantes et contemporaines ? 

La proposition est peut-être iconoclaste, mais si Lausanne peut le faire, ancrant des noms de rues, de places reflétant un présent, pourquoi ne pas le réaliser aussi dans notre chère Ville?

Il faudra pour cela vaincre l'inertie de certains et la peur du changement des autres mais au final, l'image de notre ville et son dynamisme s'en trouveront revitalisé.

Dis-moi comment tu nommes ta Ville, je te dirai qui tu es

... et même peut-être ce que tu es appelé à devenir.


 

 

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03/04/2015

Prière 2.0 du vendredi saint


Notre Père Mère qui est sans Iphone sans Ipod, sans connexion

sans compte bancaire et sécurité privée

mais dans nos coeurs


que ton esprit vive

que ton règne vienne

que la révolution soit faite

sur la terre dans les têtes sur le net et dans le ciel.

 

Donne-nous aujourd'hui notre silence de ce jour

Pardonne-nous nos distractions

comme nous pardonnons aussi

à ceux qui font du buzz une arme de connerie massive

de la lâcheté une ligne de conduite.


Ne nous laisse pas entrer dans l’addiction bête

mais délivre-nous du mal, des ragots et de la haine.

 

Car ce n'est pas à toi qu'appartiennent :

Le fric la spéculation les trusts, les lobbys l’enfermement

la criminalisation des pauvres, la violence le racisme le sexisme

la fermeture sur soi l’ego pour tous, la bêtise et l’ennui.

 

Mais c'est à nous que reviennent :

La terre, la justice, l’amitié,

le risque de la parole

engagement quotidien

notre devenir humain.  


Et pour des siècles et des siècles


Le poing levé. 




Vendredi 3 avril :Service funèbre de Jésus au cimetière des rois, Genève. 17h.

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/service-funebre-jesus-cimetiere-rois/story/14457556



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30/03/2015

Ayop : Victoire du droit et de la mobilisation.

Ayop ne sera pas expulsé par le Canton de Genève. Mis sous pression populaire, associative, et politique, Pierre Maudet a été contraint de reprendre le chemin du droit. Il faut se réjouir de cette victoire des droits humains sur une tentative d'abus d'autorité de la part du magistrat de police, mais faudra-t-il à chaque fois que les associations et toutes les sensibilités politiques de gauche se mobilisent pour faire appliquer un droit qu'un magistrat cherche à court-circuiter?   

Ceci n'est pas une demande de grâce

Exiger de ne pas renvoyer Ayop n'était pas une demande de grâce ni un appel à faveur mais au respect du droit. C'est aujourd'hui une victoire que Maudet revienne au droit, mais on reste inquiet sur le fait que sans une extraordinaire mobilisation et débauche d'énergie, il se serait tout simplement assis dessus.

Pour rappel, Ayop a dû s'opposer jeudi 26 mars à être embarqué manu militari dans un avion. S'il n'avait pas physiquement défendu ses droits, il serait aujourd'hui au large et plus personne ou presque n'en parlerait.

Maudet a cherché à éliminer un témoin gênant. Il doit nous expliquer aujourd'hui comment il pouvait jeudi déporter un être humain et affirmer aujourd'hui avoir "décidé de surseoir à la décision de renvoi, sur la base des éléments du dossier, notamment de sa situation médicale et de son évolution durant le week-end".

Diable, on joue la vie des gens aux dés dans cette république ou quoi?

Il y a quelque chose de pourri dans la gestion de l'asile

Il y a quelque chose de pourri dans la gestion de l'asile par le Canton. L'incendie des Tattes et la tentative de se débarrasser du témoin Ayop est inquiétante. Il serait faux d'écrire que Monsieur Maudet a écouté la mobilisation des organisations citoyennes. Il est plus juste d'affirmer qu'il a cédé devant elles quand la mobilisation politique, citoyenne, associative est devenue si forte qu'il était trop coûteux pour lui de s'acharner.

Mais pour un Ayop sauvé du renvoi par les cheveux, combien de migrant.e.s dégagés avec des dossiers mal ficelés et le tampon aléatoire de Monsieur Maudet? 


Maudet et l'abus de droit 

Comme le rappelle la Ligue suisse des droits de l'homme dans un communiqué de presse :

Le Canton ne devait pas jeudi exécuter le renvoi car le dossier médical d'Ayop n'avait pas été transmis, en violation avec l'exigence fixée par l'ODM (office fédéral des migrations) à la suite du décès d'un jeune nigérian sur le tarmac de l'aéroport de Kloten.

Le Canton ne devait pas exécuter le renvoi car Ayop s'était constitué partie civile dans le cadre de l'incendie des Tattes; le virer était un déni de droit.

Le Canton ne pouvait se défausser de sa responsabilité en renvoyant Ayop. Il doit réparer le dommage subi par les victimes de l'incendie des Tattes.

Le Canton doit garantir a tout justiciable un droit à un procès équitable, à ce que sa cause soit entendue et traitée équitablement; et garantir le droit à la santé. Ayop a subi des atteintes à son intégrité physique pour sauver sa vie lors de l’incendie. Les séquelles, notamment à la tête, empêchaient tout renvoi, surtout dans les conditions d'un vol spécial.

Tous ces éléments étaient dans les mains de Monsieur Maudet jeudi 26 mars déjà lorsqu'il a essayé de fourrer de force Ayop dans un avion. Rien de nouveau depuis ne s'est ajouté au dossier, si ce n'est une extraordinaire mobilisation associative, citoyenne et politique. Sans celle-ci, Pierre Maudet aurait abusé du droit.


La mobilisation va se poursuivre

Bravo aux associations d'avoir rassemblé largement, à tous ceux et toutes celles qui ont lutté pour ramener Maudet à la raison. C'est une victoire de la mobilisation de celles et ceux qui mettent l'humain et le respect du droit avant la lâcheté et la soumission administrative. C'est donc une petite mais très forte et importante victoire d'étape pour le droit et la République.

Maintenant, de nombreuses questions se posent sur la manière dont Messieurs Maudet et Poggia s'occupent de l'asile, de la police et des renvois. Ce qui s'est passé autour d'Ayop nous invite toutes et tous à redoubler notre engagement et notre attention pour dénoncer les abus de droit du Canton et les dérives autoritaires que s'autorisent des magistrats.      

 

 

Sources:

http://www.lsdh.net (communiqué de presse Ligue suisse des droits de l'Homme)

http://www.stopexclusion.ch




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28/03/2015

Le Conseil d'Etat cherche à liquider un témoin

Tout serait propre en ordre et bien gardé et dans le meilleur des mondes. Monsieur Maudet a fait voter sa nouvelle loi sur la police, nos politiciens se gargarisent de la tradition humaniste de Genève pendant que tout citoyen de notre ville en est fier.


Expulsez ce témoin que l'on se saurait entendre

Mais derrière cette carte postale d'Epinal d'une Genève humaniste, un jeune homme de 19 ans victime de l'incendie des Tattes, témoin dans cette affaire, se trouve être arrêté jeudi 26 mars sur le chemin de son audience et conduit illico presto à l'aéroport pour y être expulsé.

Ce jeune homme s'appelle Ayop, il est tombé du 3e étage du foyer des Tattes pour échapper à la fumée et a été grièvement blessé à la tête. Il suit des traitements, désormais brutalement interrompus. Si des prévenus sont arrêtés à l'étranger, parfois incarcérés à peine la frontière franchie, ici, en revanche un plaignant est arrêté pour être expulsé alors qu'il se rend au tribunal! Incompréhensible? Pas si l'on prend en compte la raison d'Etat. Ayop est devenu le témoin gênant de son dysfonctionnement et Monsieur Maudet veut faire disparaître les témoins. Le Conseil d'Etat se tait. Anne, Antonio, vous en dites quoi. Vous êtes toujours là ?


Maudet, salaud Sartrien 

Cette volonté de renvoyer Ayop empêcherait de fait la victime de faire valoir ses droits dans une procédure contre l'Etat. Le rapport des pompiers dit clairement qu'aux Tattes :"des problèmes techniques ont été constatés", que les "fenêtres avaient été condamnés par des vis" et "les exutoires de fumées sous-dimensionnés".

Ayop, ce jeudi, a résisté courageusement à son expulsion en refusant de monter dans l'avion. Il est désormais détenu et en attente d'expulsion par vol spécial sous 72h. Le Conseil d'Etat macère toujours dans son silence et se cache derrière le tacite et laconique "la procédure suit son cours". Il joue la montre. Mais dans les faits, le CE accepte de liquider un témoin. La Ville de Genève, elle, a courageusement pris position pour demander au Conseil d'Etat de surseoir à cette expulsion. Mais du CE toujours pas de réponses. On a connu Messieurs Longchamp et Maudet beaucoup plus communicants (sur le footing, le plantage d'arbres, la célébration des centenaires, etc). On les imagine sans peine, planqués tranquilles, personne ne voulant y aller, ni François, ni Pierre, ni Mauro, non, chacun disant à l'autre : à toi, non, à toi, vas-y... Ils regardent au plafond, la machine administrative suit son cours, faisant d'eux rien de moins que des salauds au sens Sartrien du terme. Cette façon de faire rappelle l'affaire Adeline. Toujours fait péter les fusibles, les petits, et s'assurer que l'on est responsable de rien. "Assume ce qui ne t'engage à rien, et si tu dois être tenu pour responsable de quelque chose de plus grand, arrange-toi pour trouver un lampiste". Devise du Conseil d'Etat?

Une baffe pour l'Etat de droit

Comment le Conseil d'Etat a-t-il examiné les conditions concrète de vie pour Ayop en Espagne, ses possibilités d'assister en tant que partie plaignante à la procédure pénale le concernant? Les dernières lois adoptées par les autorités espagnoles sur la migration et toutes les restrictions qu'elles apportent aux libertés fondamentales montrent qu'Ayop ne pourra pas défendre ses droits dans l'affaire qui l'occupe à Genève s'il y est effectivement expulsé. La Genève humaniste, de la Croix Rouge et du blabla qui fait plaisir au moment des apéritif mais pour laquelle on ne lève pas le petit doigt, est ridiculisée.

 

Une pétition disparaît

Pour ajouter au déshonneur du Conseil d'Etat, une pétition munie de 2200 signatures demandant de surseoir à l'expulsion d'Ayop est restée coincée "quelque part" dans les tuyaux de l'Etat". Monsieur Maudet, par l'expulsion précipitée d'un témoin gênant empêche de fait l'audition des pétitionnaires et que le Grand Conseil soit saisie de cette affaire. Le Conseil d'Etat ne peut faire comme si cette pétition n'existait pas et nier les droits politiques de 2200 habitant.e.s. Au déni de justice pour Ayop s'ajoute le déni de démocratie pour les pétitionnaires.

Court-circuitage démocratique

La précipitation louche de Monsieur Maudet ne permet pas un traitement serein d'une affaire pénale. Elle éteint la lumière sur une affaire dans laquelle l'Etat est impliqué. Il ne s'agit pas ici d'un affrontement entre le respect du droit d'un côté et une bande de gauchistes humanistes de l'autre. Il s'agit du Droit même qui est attaqué par une raison d'Etat qui ne veut pas que les cendres de l'incendie des Tattes lui retombe dessus. C'est Ayop, 19 ans, qui en fait les frais. 

Ni demande de grâce ni traitement de faveur


Il ne s'agit pas ici de déposer une demande de grâce ou d'un traitement de faveur, mais du respect du droit et de la responsabilité de l'Etat.

Le Conseil d'Etat doit désormais, comme le demande le collectif opposé à l'expulsion d'Ayop

Renoncer à la détention administrative de cette victime, et qu'elle soit relâchée immédiatement.

Que toutes les expulsions des sinistrés de l'incendie du foyer des Tattes soient suspendues jusqu'à la fin du procès afin d'en garantir le bon déroulement.

Sans réponse claires et une prise de position de la part du Conseil d'Etat qui le sorte de sa posture de salaud sartrien, il faudra prendre acte que le Conseil d'Etat est devenu et assume d'être un liquidateur de témoins.  

Il faudra aussi prendre en compte que Maudet, Longchamp, Poggia &cie qui font le dos rond et se terrent dans le silence ont les mains sales.

 

Sources:

http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2015/03/27/ayop-se-leve-tot-heureusement/

http://www.ville-geneve.ch/espace-presse/communiques-presse/detail-communiques-presse/article/1427450380-conseil-administratif-demande-conseil-etat-suspendre-execution-renvoi-monsieur-ayop-aziz/


Rencontre :

Aux Tattes. Dimanche 29 mars de 12h à 16h. Dans la cour centrale du foyer des Tattes ( 1 chemin de Poussy, Vernier)

 


09:38 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ayop, tattes, maudet | |  Facebook |  Imprimer | | |

27/03/2015

Sports : poursuivons l'effort !

hommage-champions-sport-ville-geneve.jpgLe sport en  Ville de Genève va bon train. Il a un large soutien. Les rénovations des terrains se sont accélérées ces dernières années, et de nouvelles installations de proximité ont vu le jour (les proxisports, installés dans de nombreux parcs, permettent de pratiquer du sport gratuitement et en plein air).

La Ville de Genève a le leadership en terme de sport. Le sport en Ville de Genève, c'est un budget de 43 millions (10 fois plus que celui du Canton), c'est 44% du budget de toutes les communes réunies. C'est près de 133'000 personnes membres d'associations ou de clubs qui fonctionnent grâce à l'apport indispensable du bénévolat. De 2011 à 2015, ce sont 22'000 inscrits aux cours du service des sports et près de 8 millions d'entrées comptabilisées dans les infrastructures sportives, dont 2,9 millions concernent les piscines des Vernets et de Varembé! On peut comprendre que ces piscines commencent à saturer. La demande est imposante. La Ville va ouvrir une nouvelle piscine à Chandieu, rénove le petit bassin des Pâquis, mais il faudra à terme construire une nouvelle piscine olympique.

Soutenir les bénévoles

Le magistrat de la culture et du Sport, Sami Kanaan a récemment organisé un forum sur le bénévolat, conscient des efforts importants que réalisent les passionnés de sport, mais aussi des limites imposées aujourd'hui par la vie professionnelle au bénévolat. Si le bénévolat touchant à des événements ponctuels ou spectaculaires se porte bien (il n'y a pas eu de difficulté pour recruter lors des matchs de coupe Davis à Genève, mais lorsque Federer n'est pas là, la mobilisation est beaucoup plus compliquée). Le bénévolat ponctuel marche bien. Le bénévolat à l'année s'essouffle, que ce soit dans les comités, ou au bord des terrains. Les difficultés ont augmenté (administrative, relationnelles parfois, voire conflictuelle). Dans une société qui semble à cran, le sport est un rempart important contre les pétages de plomb. Comment prendre soin de ses agents, et que faire alors pour améliorer leur situation? Lancer un véritable plan d'action pour le bénévolat, c'est le signal très fort qu'à donné le magistrat Sami Kanaan. Bravo. 

Lutte contre l'homophobie et promotion du sport au féminin

Si la promotion du sport va bon train, il faut relever la belle initiative de la Ville de Genève de mener la campagne de lutte contre l'homophobie avec l'association suisse des services de sport. Le racisme n'a pas sa place dans le sport, ni la violence. Et il reste tellement à réaliser dans le cadre de l'égalité femme-homme. Récemment j'ai été interpellé comme membre de la commission sports du conseil municipal par une habitante témoignant avoir été dégoûtée en voyant un femme s'essayant au proxisport se faire reluquer par des mecs sur un de ces engins. Trop souvent encore, le sport dans l'espace public est pensé au masculin. Basketball / football et puis quoi, c'est tout ? Il nous faut réfléchir à donner de la place à des sports mixtes et à l'identité moins genrée. Et puis, les temps de partage des terrains doivent être mieux répartis, et l'accès à toutes renforcée, en soutenant l'accès au genre le moins représenté sur les lieux d'exercice. Trop souvent les femmes passent après le gars. Il est injustifiable que l'espace public, sportif entre autre, soit encore si difficilement accessible aux femmes, et qu'elles y ramassent discriminations et moqueries. ll  est intolérable qu'une femme se pose la question de savoir si 19h n'est pas une heure trop tardive pour aller faire un footing dans un parc, comme j'ai pu l'entendre parfois.   Nous avons 20 ans de retard sur certains pays en la matière. L'effort sur les mentalités et le partage de l'espace public doit être poursuivi.

Le sport c'est bon, soutenons-le!

Le vieux débat sport professionnel versus sport amateur a trop longtemps été utilisé à gauche pour se désintéresser du sport tout court. Aujourd'hui, de nombreux professionnels gagnent à peine leur vie en pratiquant leur passion, et de trop nombreux bénévoles s'y épuisent. La Ville doit poursuivre son effort, et l'accroître encore, afin de mieux soutenir les clubs qui sont des modèles pour les jeunes, mieux encadrer les gamins, offrir des installations de qualité et multiplier les aménagements d'espaces urbains pour favoriser les sports de proximité (fitness, sports de glisse, de rampe, pistes cyclables).

A l'ère du tout numérique et du règne des écrans, le sport est un facteur essentiel qui ramène au corps, au rapport à l'autre, et à l'environnement. C'est un élément d'éducation au vivre ensemble et de découverte de soi. 

Sports : unissons nos efforts pour poursuivre l'effort, Genève s'en portera mieux.


Sources:

http://www.ville-geneve.ch/fileadmin/public/Departement_3/Rapports/rapport-activite-departement-culture-sport-2011-2015.pdf

http://www.assa-asss.ch/cms/index.php?option=com_content&view=article&id=109:campagne-contre-l-homophobie-dans-le-sport&catid=26&Itemid=249&lang=fr


 

 

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25/03/2015

Le MCG veut la peau de l'aigle Sherkan

gshc_0.pngPendant que le MCG se montre les plumes à Onex avec son pestilentiel slogan "zéro frontalier", il y a un animal qui a lui tout seul illustre bien le ridicule de la position du MCG, c'est l'aigle Sherkan.


Car la coqueluche des genevois, la fierté du Genève Servette Hockey Club, est un vrai, un bon frontalier. Le fauconnier qui s'en occupe s’appelle Jacques-Olivier Travers, il est né en France en 1972. Fauconnier depuis 25 ans, il a créé en 1997, le parc des Aigles du Léman, sur la commune de Sciez en France voisine. Il s’occupe de Sherkan pour le club depuis le début. Diable, que vont désormais penser tous les politiciens du MCG qui adorent se faire prendre en photo à la patinoire et ne manquent pas de souligner combien le club leur tient à coeur alors que le symbole, l'emblème du club est un frontalier, qu'ils veulent à tout prix éradiquer de la vie genevoise  ? 

Sherkan :ambassadeur de Genève

Sherkan a très souvent été présent lors des évènements de la Ville ou du Canton de Genève. On a pu vérifier sa popularité lors de la Coupe Spengler à Davos où près de 900 personnes par jour venaient se faire photographier en sa compagnie. Jolie carte de visite pour Genève! On attend désormais avec impatience la motion ou l'interpellation du groupe MCG au grand conseil ou au conseil municipal demandant de virer l'aigle Sherkan pour engager un local ! Que l'on aille au bout du scénario tragi-comique du MCG. Qui sait, peut-être proposeront-ils la tortue Janus à deux têtes du musée d'histoire naturelle ou une bique du bois de la Bâtie de le remplacer pour chauffer la patinoire. Il n'y a pas à dire, il y aura vraiment du spectacle alors et nos joueurs se sentiront pousser des ailes... 

Sherkan: frontalier étranger !

Sherkan, le frontalier du Léman est né en 1999 au Canada. C'est donc un frontalier et un étranger...  et comme son espérance de vie est de l’ordre de 45-50 ans, il est là pour durer. Le MCG va en avoir des ulcères d'estomac. Un frontalier plane sur la ville! Et pire encore, un autre pygargue des Aigles du Léman est préparé pour remplacer Sherkan au cas où. Son nom : Kéops (pas vraiment un nom bien de chez nous, ça). Il est âgé de 6 ans... et voilà, encore un frontalier pour en remplacer un autre. Il y a du copinage là-dessous pensent les empaillés du MCG en se grattant le caillou.   

Sherkan : traître à la République ! 
Les MCG commence à flairer le bon coup. Vont-ils boycotter la patinoire? Y coller des autocollants zéro frontalier, menacer de tirer à vue sur tout volatile non estampillé swissmade et résidant à Genève qui déplierait ses ailes dans la patinoire? Pire, le MCG réalise qu'en 11 ans Sherkan a manqué deux matchs, une fois parce qu’il était reçu au palais de l’Elysée, et une fois parce qu’il participait à un spectacle d'importance, en France toujours. Diable, deux fois Sherkan a trahi son club au profit de l'hexagone, s'acoquinant même avec le palais de l'Elysée. C'est plus que trop, et suffisant pour virer l'indélicat rapace, traître à la République! Le MCG, par souci de cohérence, demande la peau de l'aigle Sherkan.

Leçon de l'aigle pour les empaillés

Pour conclure, excusez-moi d'avoir cherché à traiter avec un peu d'humour un sujet qui n'en recèle pourtant aucun, celui de la xénophobie et de la posture politique du MCG qui met en danger ce qui fait la force et la fierté de Genève: sa diversité, sa capacité à intégrer et valoriser les compétences de chacun.e, de soutenir la citoyenneté plutôt que le racisme. 

Pour ma part, que l'aigle Sherkan soit un frontalier, son fauconnier, l'infirmier, la juriste, l'enseignante, la boulangère, le chauffeur des TPG etc., des frontaliers aussi n'est pas un critère central. Je préfère me soucier des conditions salariales, du logement, et de la mobilité, facteurs autrement plus nécessaires pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses que l'origine de leur lieu de résidence, la couleur de leurs peaux ou de leurs plumes.  

Que la fiente de l'aigle Sherkan retombe sur la tête de ceux qui veulent en connaître la couleur et l'origine ! En la reniflant bien ils verront que le travail est du travail et que la merde est de la merde, peut importe de quel côté de la frontière elle provient, et qu'elle tombe toujours du haut vers le bas.

 
 
 

Sources: 

http://www.gshc.ch/fr/Club/Sherkan.html (Genève Servette)

http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/etude-professeur-flueckiger-frontaliers-prend-mcg-contrepied/story/15846981 (Frontaliers)

https://www.youtube.com/watch?v=AbcyeRJUruU (Oiseaux de passage)

http://www.synonymo.fr/synonyme/fiente (Fiente)

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09/03/2015

Attention aux paradis perdus

product_9782070144433_195x320.jpgPas le temps de lire Balzac, ou Zola? ou plutôt: envie de trouver une inspiration pour y retourner? Le dernier livre de Fabrice Humbert, Eden utopie, esquisse la fresque de deux familles au 20e siècle en France. Roman? Auto-fiction? un peu des deux. Humbert raconte sa famille et celle de ses cousins éloignés, effectue un clin d'oeil aux Rougon-Macquart de Zola. Si, dans les livres du 19e les classes sociales ne se mélangeaient pas et les fronts sociaux étaient bien dessinés, dans Eden Utopie, au 20e, les Meslé et les Courcelles, sujets de l'histoire, se mêlent et connaissent des fortunes diverses.


Tu respecteras ton père et ta mère

Les grands parents ont connu deux guerres mondiales, la pauvreté. A la sortie de la seconde, un grand père, pasteur résistant dans les Cévennes, fonde "la fraternité", espace communautaire jaillissant d'un milieu protestant, austère et travailleur, arrimant l'utopie d'une vie collective et engagée dans le réel. Les aînés sont des fondateurs, les enfants seront des frondeurs, portant en eux à la fois l'utopie des années 68, ses désillusions, l'héritage héroïque d'une éthique de vie protestante, et l'amertume d'un paradis perdu, oscillant entre rêve et réalité, assumant la charge ou la tare de l'héroïsme des aînés avec la volonté de vivre une vie à hauteur d'utopie... rien de moins. La révolution ou la mort! Mais le réel n'est pas aussi simple... il arrive que l'on survive à ses désirs de mort, et alors... 


Portraits de famille

Humbert ne délivre pas de secret de famille, ni ne révèle de grand tabou, non. Il rencontre les acteurs de ces années françaises, les écoute, nous les présente, nous replonge dans cette France d'après-guerre, les trente glorieuses, puis les années 70 puis 80, celle des Belmondo, Brigitte Bardot, Jospin puis Eddy Barclay, où l'on voit émerger la bouille chevelue et talentueuse d'un Dominique Strauss Kahn, passer Jospin dans la communauté protestante, etc., Cette tournée des grands ducs fascine parce qu'elle met en tension la dimension intime et politique, sociale comme quotidienne de l'existence.

La grande histoire se mêle à la petite. On pense aux vies minuscules de Michon, en plus people et glamour, mêlant le papier-glacé des magazines aux tracts politiques d'Action Directe. On se repasse le film de Wadimoff: Opération libertad quand on lit les foirages des apprentis-révolutionnaires, et au final on a le sentiment de contempler une photo de famille, la sienne, la nôtre: portrait de famille étendu à grande échelle où même Oussama Ben Laden fait une apparition en jet-setteur à Saint-Tropez... cela, c'était bien avant les années 2000. 


De fil en aiguille: surveille tes fréquentations

La roue tourne comme dit le diction. Ses dents crénelées ne laissent personne indemne. Le beau-père connait l'ascension sociale, le tout Paris déboule à la maison. Le petit Fabrice assiste aux soirées cossues, ministérielles, fruit de l'ascension sociale. Pendant ce temps, sur l'autre aile de la famille, ça tangue. Les enfants lancés dans la lutte révolutionnaire, de fil en aiguille et de fréquentations en mauvais plans, tombent pour l'une en prison, l'autre en galère de petits boulots en plans miteux; concours de circonstance ou héritage inconscient. Et au final, la route criminelle des militant-e-s d'Action Directe les clouent dans leur quête utopique.


Histoires individuelles - histoires collectives

La grande force de Humbert est de ne pas juger, mais de chercher à comprendre, par la famille, dans la famille, de l'intérieur encore, ce qui est le produit d'un milieu, le reflet de la société et ce qui entremêle les deux. On frôle la notion de destin. Il s'attarde sur ses proches, -de la bonne ou de la moins bonne famille qui peut dire-, qui tous cherchent à sortir de leur milieu, de leur classe, du cocon, à ne pas faire comme leurs parents, ni à imiter les grand-parents; de changer ses habitudes et atavismes, tout en les reproduisant, malgré eux.


Existences héroïques - existences romanesques

Les héritages sautent une génération, reviennent comme des boomerangs dans la tronche des aînés. La vie n'est pas un jeu, même vécue échevelée dans les années 70. Il semble que tout doive se payer un jour, et si certains pensent un temps pouvoir atteindre l'Eden, leur paradis perdu, cette utopie se fracasse sur le réel. Et pourtant la vie continue... Le temps est le véritable héros de ce livre et les familiers deviennent au fil des pages des héros romanesques, tragiques, tristes, et beaux que le temps façonne ou condamne.    


Toute écriture est réécriture

Humbert parvient finalement à faire grincer les gonds de son propre protestantisme et de son milieu. Lui, l'enfant qui s'enfermait dans les livres pour se protéger, passe à l'acte par l'écriture, et ouvre une brèche dans son histoire en la reprenant. Et si la libération venait du langage? Et si le véritable paradis résidait dans la capacité à dire et raconter? Il trouve la bonne distance avec sa famille, ses récits tronqués et ses incompréhensions; avec l'histoire sociale qui l'a produit, mêlant des destins et des fils qui se nouent, improbables.

Il n'est jamais neutre, mais d'une tendresse engagée: Je trouve beaucoup moins con de vouloir changer le monde à seize ans que de jouer aux jeux vidéos et de chercher des images porno toute la nuit sur internet. Il se trompe parfois, et le reconnaît. Après une rencontre avec Jean-Marc Rouillan d'Action Directe il écrit:  Est-ce qu'on n'est pas plus proche d'un terroriste qui aime Rodin que d'un banquier qui joue aux jeux vidéo? avant de se rétracter dans la foulée par un jugement sans appel : phrase stupide et atterrante qui montre que j'ai fini par succomber au numéro Rouillan. 

Faire sa vie 

Cette sincérité et la force de se raconter de l'écrivain est son pouvoir sur le réel aussi. En conciliant imaginaire et témoignage, il propose sa version de l'histoire et renoue avec sa famille, tout en s'en émancipant par un rôle singulier. Il nous arrime sur un pan de l'histoire sociale et politique du 20e siècle, histoire qui continue de se construire et à laquelle volens nolens, que nous le veuillons ou non, nous sommes liés.

Attention aux paradis perdus donc; comme en négatif, mais sans déterminisme, ils dessinent nos chemins de vie.  



 

 

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04/03/2015

MAH : Rénover-agrandir ou tergiverser encore?


Ensemble à Gauche, avec drapeaux et calicots, est allée exprimer ce mardi toutes ses réticences sur le projet de rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire.

Des opposants pressés de... tergiverser  

Faut-il ou non rénover et agrandir le MAH? Ce débat est important pour notre ville. Il promet d'être passionnant. Il a déjà commencé en commissions, avec des votes positif à leur sortie. Il aura  lieu encore en avril lors du vote au conseil municipal. Si Ensemble à Gauche, comme il l'a annoncé, lance un référendum (avec probablement l'UDC à ses côtés qui partage les critiques sur la convention Gandur), le peuple se prononcera dessus en 2016. Pourquoi s'exciter déjà maintenant ?


Des opposants nerveux 

Car cela s'échauffe sur les réseaux sociaux. Le débat de fond se fait pourtant difficilement sur facebook et twitter, il est beaucoup plus intéressant que deux like et trois clic. Or, patience pour la polémique, chaque chose en son temps. Mais pour la Culture, en avant toute. Cela fait des dizaines d'années que ce musée doit être rénové. Attendre encore 20 ans qu'il s'effondre parce que le projet de rénovation-extension ne serait pas un idéal-type n'est pas un bon calcul. Nous avons désormais un projet culturel ambitieux qui bénéficiera pleinement aux habitant-e-s de Genève et de toute la région. En faire un enjeu pour les élections municipales d'avril-mai c'est l'instrumentaliser et le prendre en otage. Ce projet vaut mieux qu'un crêpage de chignons sur fond électoral.  


Ensemble à Gauche divisé

Rémi Pagani magistrat et leader d'Ensemble à Gauche soutient le projet de rénovation-extension et l'apport de Monsieur Gandur. Jean Ziegler est régulièrement cité par certains comme un opposant au projet. Si dans son livre 'destruction massive' il porte un regard critique sur les entreprises de Monsieur Gandur, il n'a pourtant pas écrit de livre sur le projet 'rénovation-extension du MAH'. L'instrumentaliser pour lui faire dire ce qu'il ne dit pas sur le MAH est une mauvaise lecture de son oeuvre.

Ce qui est certain, c'est qu'en terme d'œuvres montrées, de projet culturel et d'ouverture au public, le MAH va prendre une nouvelle dimension. Ce projet est une offrande culturelle à ne pas manquer pour Genève. Les milliers d'oeuvres qui dorment dans les caves du MAH ont besoin de nouveaux espaces. Elles seront heureuses si elles peuvent respirer bientôt plutôt que de continuer à moisir sur des rayonnages du siècle passé. 


Un projet qui bénéficie au plus grand nombre

La rénovation-extension du MAH bénéficiera à la collectivité. La liste des soutiens est diversifiée. En la découvrant, forte de plus de 1700 personnes, qui affirment leur soutien au projet de rénovation-extension on trouve une belle diversité :  fleuristes, artistes, politiques, médecins, avocat.e.s, étudiant.e.s, infirmières, etc., (http://www.cerclemahplus.ch/le-cercle-de-soutien)

Dépourvu de budget d'acquisition le MAH n'a pas les moyens d'acquérir de nouvelles oeuvres. La convention avec la Fondation Gandur pour l'Art amènera des oeuvres de qualité mondiale (Dubuffet, Chaissac, Soulages, Riopelle, etc). Aller sur le site de la fondation fait culturellement rêver. (http://fg-art.org). Ces oeuvres sont enviées aujourd'hui par le Louvre et d'autres musées majeurs qui souhaitent les acquérir. Si ce projet ne devait pas se faire à Genève, Lausanne sera toute heureuse de récupérer la collection Gandur pour l'Art. La laisser partir ailleurs serait une perte culturelle pour notre ville.


Partenariat privé public: un mot sale pour la gauche?

Non. Pour autant que les partenariats soient solidement négociés et les conventions interprétées et défendues dans l'intérêt de la Ville par des magistrats forts. Dans le cas qui nous intéresse ici, il ne s'agit pas de privatiser un musée public comme le laissent entendre les opposants, mais de donner les moyens à un musée public de servir au mieux les habitant-e-s. Faire une lecture catastrophiste de la Convention Gandur est une mauvaise lecture.   


Rénover-agrandir ou tergiverser encore? 

Parce que le MAH est à bout de souffle. Parce que les finances publiques vont être soumises à rude épreuve ces prochaines années, parce que la Ville a des immeubles à rénover (Minoteries, Michel Simon), des salles municipales (Faubourg), des crèches à construire, etc., Parce qu'il est antisocial de cracher sur de l'argent qui bénéficiera avant tout aux habitant-e-s de cette ville et créera une nouvelle dynamique au MAH. Parce que, sur la table, nous avons un seul projet aujourd'hui. Voulons-nous payer encore pour des crédits d'étude et raboter le projet d'un musée qui a besoin d'une urgente rénovation, rempiler pour 20 ans de tergiversation autour de ce musée ? Non. Surtout pas cela. 

Nous avons donc aujourd'hui un choix à effectuer entre:

A) Un projet MAH+ de rénovation-extension qui n'est pas l'idéal-type certes, mais permet de mettre une collection mondialement reconnue à disposition du public genevois, de financer une partie du renouvellement du patrimoine historique de la Ville avec un financement privé, de sécuriser un immeuble qui devient dangereux pour les oeuvres et même le public, de donner une impulsion positive au domaine culturel et à Genève.

B) Casser le projet A, repousser à 15-20 ans une rénovation simple, perdre la collection Gandur, donner un mauvais signal aux privés qui engagent leur nom et leur réputation avec la Ville sur des projets ambitieux, renoncer pour un bon moment d'avoir un musée public de l'horlogerie, tout en engloutissant encore quelques millions en frais d'études et réflexion sur de nouvelles variantes (du type "la nouveauté" qu'Ensemble à Gauche a sorti de ses cartons cette semaine et qui a déjà été envisagée-étudiée-écartée) qui finiront par coûter plus cher que toutes les conventions et les projets, aussi bon soient-ils.


Un oui pour Genève et la Culture


Après cette rapide pesée des intérêts, nous sommes placés devant un choix qui peut se résumer ainsi
: rénover-agrandir le musée d'Art et d'Histoire maintenant, ou tergiverser encore et payer plus cher en frais d'études et occasions manquées pour au final n'avoir au bout qu'un vieux musée rafistolé, en rempilant pour 20 ans de tergiversations architecturales et financières au détriment d'un projet culturel.  

Le fait d'avoir lié l'extension à la rénovation est un geste qui fédérera peut-être des oppositions; en même temps, c'est une ambition qui donne de la valeur à ce projet et une nouvelle dimension à Genève.  

J'ai choisi, pour ma part, après réflexion, de dire oui à une rénovation-extension culturellement passionnante et oui à une rénovation-extension du Musée d'Art et d'Histoire qui ouvre de belles et nouvelles perspectives pour Genève.  


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25/02/2015

Suissesse et frontalière: elle va se faire voir à Lyon!

Suissesse, vivant à 5 minutes à pied de la frontière côté France, travaillant à Genève, rompue à l'exercice de l'usage d'internet, devant refaire son passeport à croix blanche, se rend avec confiance sur le site de la Confédération.... sans se douter de ce qui l'attend. 


Va te faire voir chez les lyonnais 

Sur le site de la Confédération elle s'inscrit, remplit le formulaire, reçoit une première annonce la prévenant de l'envoi d'un mail qui lui proposera un rendez-vous pour le lieu de saisie de son passeport.

Surprise!

Ce n'est pas l'office cantonal de la population genevoise qui lui est proposé. Non. A choix : Lyon, Strasbourg, Marseille! En tant que Suissesse vivant au pied du Salève, Berne avec la bienveillance du Canton l'invite à une petite balade dans le Sud de la France pour chercher son précieux passeport. Par souci d'économies kilométriques, elle coche Lyon. Bien sûr, entre temps, elle a donné des coups de fil pour essayer de se faciliter la vie. En vain. En général elle tombe sur des boîtes vocales, pas le bon jour, pas la première, perd son temps.. et réalise subitement que le renouvellement de son passeport risque de virer à un voyage touristique d'un ou deux jours...


Consulat de Suisse à Lyon j'écoute...  

Après une bonne journée d'attente arrive le mail lui annonçant que son bureau de référence est situé à... Lyon et qu'il lui faut entrer en contact avec celui-ci. Entre-temps, notre compatriote est passée trois fois devant l'office cantonal de la population pour aller à son boulot. Si, dans une vie idéale, elle aurait pu s'y rendre directement et obtenir son précieux sésame, les voies de l'administration ne sont pas faites pour les citoyen-ne-s vivant de l'autre côté de la frontière. Elle ne peut que passer devant en continuant d'organiser son prochain voyage administratif à Lyon. 


Kafka était un amateur

Notre suissesse frontalière choisit la date qui lui convient pour s'inscrire au consulat de Suisse des bords de Saône. Dans un mail de retour du consulat, elle reçoit une annonce lui confirmant son rendez-vous. Elle peut toutefois, si elle le désire, faire appel à l'office cantonal de la population de son canton....

vous suivez?

3 jours se sont écoulés. Notre suissesse va-t-elle poursuivre ses échanges internationaux avec des formulaires générés électroniquement à Berne, Lyon, ou des boîtes téléphoniques à Genève, afin de pouvoir retirer son passeport à côté de chez elle ?  Va-t-elle risquer deux jours de démarche supplémentaires pour atterrir à la route de Chancy 88 où abréger ses souffrances et se résigner à aller à Lyon?  Se faire naturaliser française?


Office cantonal de la population de Tombouctou j'écoute?

Les heures d'ouvertures des bureaux, tant à Lyon qu'à Onex sont limités entre 7h30 et 13h30 du lundi au vendredi... et comme les premiers rendez-vous sont pris il ne reste que des dispositions éloignées dans le temps. Le désespoir guette notre Suissesse qui se dit que peut-être, pour son futur voyage en Thaïlande, elle aurait été plus inspirée de faire renouveler son document à la dernière minute à l'aéroport... mais peut-être qu'on lui aurait proposé alors de le faire à... Tombouctou, qui sait.... les voies de l'administration fédéral et cantonale sont impénétrables. 


Faciliter la vie des Suisses et Suissesses de "l'étranger"

Comme conclusion à cette petite histoire, je proposerai ceci. Plutôt que d'emmerder les frontaliers qui travaillent en Suisse, facilitons la vie des suisses et suissesses qui vivent en France, par exemple en suggérant à la Confédération que dans un rayon de 50km autour de Genève, toutes les demandes aillent directement au bureau de l'office cantonal de la population à Onex. Je propose aussi au Canton de développer plus rapidement une agglomération qui ne fasse pas de la frontière une coupe-gorge administratif.


Un coût pour l'économie locale

Je suggère aussi à Monsieur Maudet, qui s'occupe dudit bureau de l'office cantonal, qu'il trouve des voies d'accès facilités pour les suisses-ses vivant à proximité de Genève afin de leur éviter d'innombrables échanges téléphoniques, par mail, et une balade de 6 heures à Lyon ... après tout, il est aussi Conseiller d'Etat en charge de l'économie, et s'il s'en fout que les suisses-ses frontalier-e-s aillent se faire voir à Lyon, il devrait être sensible au fait que, pour les employeurs genevois, pour les travailleurs, ces heures d'emmerdements supplémentaires ont un coût pour l'économie locale.

Moins de frontière, plus de services!
Aux dernières nouvelles, notre Suissesse frontalière court toujours après son précieux passeport. Moralité: si tu es frontalier-e- va voir à Lyon si tu es Suisse-sse.

Ou alors: arrête de voter pour ceux qui veulent faire d'une frontière un mur infranchissable générant des surcoûts et des désagréments supplémentaires pour la population. 


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12/02/2015

La rue et l'urne

Tous pourris, tous les mêmes, tous assis au pouvoir une fois qu'ils y sont parvenus!

Cette phrase, je l'entends souvent, c'est un peu la phrase du défaitiste ou de l'enragé: une phrase de dépit, de celles et ceux qui ont délégué non seulement leur faculté de décider mais aussi celle de croire que quelque chose d'autre que la défaite est possible.

Plus tu es éloigné du pouvoir, plus tu es convaincu que celui-ci est destiné à d'autres. Le premier pas révolutionnaire, dans une époque d'atonie, est de commencer par exercer ses droits, les défendre, réclamer, et étendre, pas de constater passivement leur effilochage. Je ne sais plus qui a écrit que le monde était dans un tel état parce que les hommes bons se taisaient. Il est aussi ainsi parce que les hommes en colère utilisent celle-ci avant tout contre eux-mêmes. 

Viser la lune (Amel Bent, Antonio Machado: même combat)

Plutôt que l'attente des grands soirs je préfère la célébration des petits matins, faire des petits pas, des pas timides ou rapides... les grands suivront. Je sais, ça ne sonne pas très glorieux, et pourtant, caminante no hay camino, se hace el camino al andar (marcheur il n'y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant -A.Machado) Mettons-nous, pour commencer, en route déjà.  

Tu réclames la lune? Tu as bien raison. Mais pourquoi gardes-tu ton télescope dans un carton? Qui participera à sortir les outils de ta boîte, les monter? Qui ajustera les lunettes et l'optique? C'est notre boulot, membres de partis, d'associations, de faire ce travail de renseignement, de renforcement du pouvoir d'agir; de construire ensemble, avec ceux qui ont la tête dans les étoiles, des rampes de lancement.

Donnez-moi la lune ou éteignez toutes les lumières.

Attraction du tout ou rien, du trou noir ou de la dépendance. Le pouvoir de dire que tout est corrompu, que la confiance ne peut plus être donnée, c'est encore une étincelle, une énergie. On peut faire chauffer fort des moteurs avec cela, le retournement peut-être rapide. Le poison de l'abstention, s'il est bien utilisé est un bon carburant pour soigner celles et ceux qui ont oublié, une fois sur leur siège, de rendre service plutôt que de se servir, se coulant dans l'exercice de fonctions reconnues avec rentes de fonction.Mais pour cela il faut choisir, élire.

Avec des tripes, pas les titres

Comment filtrer le poison de l'abstention ? Avec ses tripes, pas des titres, en allant au contact par la parole et sa force de conviction. En affinant et clarifiant une conscience de classe, sa position dans la ville et le rôle que chacun-e est destiné à y jouer, les responsabilités à tenir. Il nous faut encore raccourcir les lignes de communication entre celles et ceux qui décident et celles et ceux qui leur ont délégué temporairement ce pouvoir. 

Alors, tous pourris toutes corrompus?

Au quotidien je côtoie des militant-e-s qui s'esquinent les ongles pour monter un stand, se gèlent les doigts pour gonfler des ballons pour les gamins, articulent des discours sur des questions fiscales, affirment petit à petit un point de vue affiné à l'école de la contradiction, dans la rue au contact de qui vient, par apprentissage réciproque. Je vois des heures de grignotage de rue, à éponger des mal être, des colères dirigées contre tout, rien : les frontaliers, les noirs les immigrés, celui, n'importe qui, qui dira le contraire et conduira à penser autrement. Tu veux la lune? Commence par écouter ton voisin, ça décape mais ça ramène bien sur terre. 

La démocratie du tapis roulant

Pourquoi donner ce temps à la collectivité ? Pour s'armer, se partager les armes intellectuelles et collectives dans la défense des droits et leur accroissement, par force de conviction et désir de mobilisation. Il n'y a plus beaucoup d'espaces où toutes les classes sociales, les origines, les âges se mélangent. Il y en a même bientôt plus que deux : la rue et l'urne. J'avoue, le pire, c'est quand ça passe tout droit, pressé, sans plus un regard ni une étincelle de curiosité. L'invective et l'insulte, c'est encore un sursaut ; le regard transparent, c'est la démocratie du tapis roulant, et ça fout les jetons. Au bout il y a un trou noir.  

Horizon avril-mai 2015

Elections municipales 2015, dans 45 communes, 1722 candidat-e-s, 620 femmes ont choisi de s'engager sur des listes pour défendre des choix de société et dessiner l'avenir, revendiquer un droit à la parole, à la contestation, avoir un bras solide, une voix dans les parlements ou aux exécutifs, au nom de et pour celles et ceux qui les y placeront. 

Les élections, ce n'est pas tous les 5 ans, c'est matin après matin, tous les jours, avec un droit de regard, un droit de rappel, et une nécessité de mettre les élu-e-s devant leurs obligation de service, jusqu'à la date de l'élection suivante. 

Il y eut un soir, il y eu un matin.

Il y aura une élection, encore, jusqu'à la révolution. 

 

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04/02/2015

Barazzone plus sectaire que les sectes?

Le Conseiller administratif Barazzone a décidé de refuser aux stands faisant de l’information spirituelle ou religieuse l’usage de l’espace public en Ville de Genève.[1] Après avoir lancé avec succès les Food trucks, consommation à l'emporter de nourritures et boissons, il a donc décidé d'interdire l’usage de l’espace public aux entités « quelles qu’elles soient, faisant la promotion d’activités de type religieux ou spirituel ». Cette décision est –euphémisme- pour le moins surprenante. Elle est même extrêmement grave et contrevient aux principes 3 et 25 de la Constitution Genevoise. Il ne serait pas étonnant d’ailleurs que cette décision soit attaquée en justice.

Expression oui, prosélytisme non

Quelle mouche a bien pu piquer Monsieur Barazzone, du parti démocrate chrétien tout de même, de s’en prendre d’une manière aussi radicale à la liberté d’expression dont le drapeau a pourtant été hissé bien haut après les attentats sanglants contre Charlie hebdo. Serait-ce que la tenue de stand contrevient à quelque législation que ce soit ? Non. La Loi sur le culte extérieur (LCExt C4 10 ) du 28 août 1875 rappelle l’interdiction, article 1, de toute célébration de culte, procession ou cérémonie religieuse sur la voie publique. Mais le stand d’information n’est pas mentionné et ne peut y être assimilé.

De plus, le rapport du groupe de travail sur la laïcité mandaté par le Conseil d'Etat n’a jamais envisagé cette mesure.[2] La page 36-37 de ce rapport doit absolument être lue, et visiblement Monsieur Barazzone a oublié de le faire : « Si le fait de diffuser dans l’espace public les éléments de sa foi est un acte, non seulement légitime, mais encore protégé par la Convention européenne des droits de l’Homme, il n’en demeure pas moins qu’intervenant dans ce même espace public, le harcèlement de tiers, en vue de les convaincre d’adhérer à cette foi, contrevient à l’ordre public. La jurisprudence du Tribunal fédéral permet aux autorités compétentes de distinguer entre la diffusion légitime et le prosélytisme invasif. Selon cette jurisprudence, chacun a le droit d’exprimer ses convictions à un ou plusieurs tiers dans l’espace public ; en revanche, si son ou ses interlocuteurs les rejettent ou refusent d’entrer en discussion, celui qui veut convaincre doit s’abstenir d’insister." Ce qu'il faut retenir : l'expression religieuse n'est pas la même chose que le prosélytisme. L'une est protégé par la Convention européenne des droits de l'Homme et la loi, l'autre est condamné.  Monsieur Barazzone, visiblement, a souhaité mettre les deux dans le même sac et les confond. Ces questions sont extrêmement sensibles. Elles doivent être traitées au cas par cas, pas dans le cadre d'une interdiction générale. 

Vous allez définir comment le spirituel ?

Maintenant, si l’on essaie de suivre un bout le choix du magistrat, on aurait envie de lui demander :  pouvez-vous me définir ce qu’est le religieux, le spirituel ? Pouvez-vous en donner une définition et une limite pratique ? Cela lui sera très difficile. C’en serait donc fini des pubs pour le yoga ou les stands d’information de bouddhisme ou de méditation zen et la location de petits espaces pour les scouts dont les buts et l’esprit peuvent être assimilés à une spiritualité ? Le risque d’arbitraire est immense, et on bascule ici dans son règne en prônant l'interdiction. 

Je regrette pour ma part fortement que les stands spirituels ou religieux se voient arbitrairement privés de leur liberté d’expression. C'est une atteinte à la Constitution et je crains fortement que cette diabolisation ne fasse le lit d’extrémismes. La décision de Monsieur Barazzone est-elle de lutter contre les dérives sectaires? Cette interdiction arbitraire les renforcera d'autant.

Interdire l'accès public a tous les groupes proposant la promotion "d'activités de type religieux ou spirituel" n’ouvre pas, dans ce cas, à un débat sur la laïcité mais sur la liberté d'expression et de pensées. Une bataille aussi mal engagée et menée de cette manière encourage l’arbitraire et décrédibilise les autorités.

C'est toujours, au final, une bien mauvaise manière de lutter contre les sectes en se montrant plus sectaires qu'elles.

Monsieur Barazzone pouvez-vous s'il vous plaît revenir sur terre ?

-ou à tout le moins commencer par choisir entre votre mandat d'élu de Genève ou de Berne, parce qu'à trop faire le conseiller administratif à temps partiel, et le communicant cumulard, cette affaire d'usage d'espace public laisse craindre une volatilité dans le suivi de vos dossiers et un risque pour l'état de droit -




[1] http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/Le-proselytisme-religieux-banni-des-rues-genevoises-28765234

[2] http://www.ge.ch/dse/doc/news/141111_Laicite_ComPannexes.pdf

16:58 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : religion, espace public, sectes, barazzone | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/02/2015

Les musées doivent se secouer

Une genevoise s’est dite choquée par mon texte sur le Musée d’art et d’histoire (MAH) du 10 décembre, elle l’a exprimé par un coup de gueule dans la TDG, ce dont je me réjouis. La culture en ville de Genève manque de sel dans les débats et de passions dans ses enjeux. De temps en temps un petit frisson nous parcourt l’échine, mais sinon, il faut l’admettre, ça manque d’enthousiasmes et de passions.   

Oui, cette Genevoise à raison de gueuler ; mais si mon propos est iconoclaste à ses yeux, j’affirme pourtant quelque chose de très simple : le MAH rénové et étendu doit être un musée vivant, avec un public renouvelé, des animations populaires, pas un parc à tableaux. Oui, le musée de papa où l’on roupille, doit mourir. Le mouvement est désormais amorcé ; pour renaître, il faut faire de l’original avec l’ancien, par des coups de pelles et de vrais choix muséaux.   

Pourquoi pas, en effet, des bals musette et des machines à hot dog, des collaborations avec les maisons de quartier ? Quoi de choquant dans le fait que les beaux-arts s’ouvrent aux habitant-e-s, que les collections soient mises au profit du vivre ensemble ? Le musée ne doit plus être  uniquement au service de la compilation des savoirs et des impuissances curatrices des conservateurs, avec un public alibi ou otage. Le musée sensible doit faire plus de liens avec le vécu des habitant-e-s, les engager à participer, à créer du sens par des médiations risquées. Oui à un musée dynamique, un musée qui donne soif de s’en imprégner, pas de poser devant un petit carré de Van Gogh ou de Soulages, s’y faisant prendre en photo consommant sa barre de culture chocolatée.   

J’ai été bouleversé par l’exposition Sade au musée d’Orsay. Pas parce qu’il y avait des machines à hot dog – non, il n’y en avait pas, nul n’est parfait- mais par l’intelligence du dialogue établi entre l’œuvre de l’écrivain et des tableaux, des courts métrages de différentes époques et courants ; tout un agencement accessible, intelligent, articulé, qui offrait au public du matériel pour composer un présent étayant ses désirs, ses cauchemars, ses fantasmes, à partir de choix affirmés.  

Le MAH est riche de possible et d’un potentiel élevé. Ne manquons pas l’opportunité d’être secoués, émus, exaspérés, cultivés et choqués dans nos musées. Rénovons, étendons, repensons, travaillons les médiations. Si ce courant ne l'emporte pas, je pense que la place des musées sera bientôt au cimetière et que les parcs d’attraction les remplaceront adéquatement.

Cela vous choque ? Je dois vous l’avouer : moi aussi.

Sylvain Thévoz

13:20 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mah, extension, rénovation, musées | |  Facebook |  Imprimer | | |

27/01/2015

Hainons-nous les uns les autres?

"Gauche bisounours", est un terme employé avec délectation et facilité par les membres du MCG et de la droite rigide. Elle renvoie la gauche en la caricaturant à une tendresse, une naïveté, une écoute excessive, une certaine passivité et une compréhension du monde enfantine qui la rendrait impuissante. Attributs donnés traditionnellement aux enfants ou aux femmes. Faire de la gauche un marshmallow bisounours, c'est faire étalage de son machisme et son paternalisme, bref entamer un acte de domination par le discours en cherchant à décrédibiliser son interlocuteur. Stratégie vieille comme le monde.

Ni bisounours ni punching-ball

Cette pseudo gauche bisounours n'existe pas hors de l'imagination de ceux qui projettent leurs difficultés et angoisses à accueillir le monde tel qu'il est, avec ses fragilités et failles, réclamant toujours plus de moyens pour les colmater. C'est du niveau de " c'est toi qui est le plus tendre pas moi ". Puisqu'il ne faut pas, surtout pas, donner le sentiment d'être compréhensif et dans l'empathie, non, mieux vaut direct le poing dans la gueule et "hainons-nous les uns les autres" comme nouvel évangile avec des terroristes islamistes partout, à chaque coin de rue.   


Ceux qui ânonnent "gauche bisounours" sont hantés par leur impuissance à contrôler le réel, impuissant devant leurs propres fragilités. Leurs discours martiaux et la mollesse qu'ils prêtent à leurs adversaires politiques leur permet l'exorcisme de dire "tapettes" ou "gonzesses" avec jubilation; ils ne s'en privent pas d'ailleurs. C'est le moto du macho MCG qui de procès en excès, de démesures en mépris, s'empêtre dans ses contradictions et son impuissance, bandant ses muscles pour s’assurer qu’il ne tremble pas. Le MCG n’est pas l’expression d’une colère, mais la tristesse d'un désarroi couvert d'une voix forcée pour donner le change.

Le débat politique serait donc une lutte de domination et de pression, de déconsidération et de rabaissement. Et les enjeux pour le bien commun rabaissés à la lutte pour les parts de marchés électives. Cette stratégie de rigidification accentuée des rapports sociaux et de tension coûte cher, amène au final plus de cassures... et finit par lasser.

Votons votons votons

Serait-ce, à l'aube d'élections municipales, tout le champ des possibles et du discours que nous pouvons attendre du microcosme politique? Si cela se vérifie, les abstentionnistes feront un triomphe en avril et en mai. Le politique ne pourra jamais rivaliser avec un clip publicitaire ou une bonne baston, pourquoi préférer la copie à l'original? A combien devra monter encore le pourcentage d’abstentions pour acter le fait que cette manière de construire une collectivité est un échec?  

Tu fais l'effort, je te domine, ok?

Mais quoi, parce que nous ne savons toujours pas comment construire les uns avec les autres, il faudrait nous haïr? L'échec complet de la "droite rigide", reste son incapacité à produire un discours sur le vivre ensemble, à articuler des idées sur la manière de le réaliser au-delà des chiffres et des effets de manche. Les affiches de campagne au Conseil Administratif de la Ville de Genève des candidats Buffet-Desfayes, Genecand et Conne, PLR, sont édifiantes. Elles tiennent sur trois culs de bus : -10% d'impôts / + 800 logements / +1200 places d'accueil pour nos enfants, sans expliquer bien sûr comment seront réalisées des augmentations de prestation en baissant simultanément les revenus de la collectivité.

Confronté, le PLR réplique : "nous augmenterons l'efficience". Discours éculé, qui laisse entendre qu'il y a encore du gras, du mou, de quoi pressuriser davantage les corps au travail pour leur faire effectuer toujours plus de tâches avec moins de moyens jusqu'à rendre l'âme ; qu'il faut lutter contre les abus, ces derniers étant bien entendu toujours l'apanage des pauvres et des précaires, limités à une classe.

Je crois les citoyen-ne-s fatigué-e-s de cette rhétorique, du toujours plus d'efforts au profit d'autres, laissant, exonéré, le pouvoir des forces de l'argent et du réseautage.  

Barazzone.calculette

Le bilan du Conseiller administratif Guillaume Barazonne est un bel exemple de la politique de la calculette. Ne cherchez pas son visage, ne cherchez pas une présence, ni une expression dans son clip de campagne. Voilà des chiffres bruts, des nombres, une voix monocorde et une linéarité parfaite. [1] C'est d'ailleurs la même construction de clips et boîte de production que celle de la campagne contre les forfaits fiscaux commanditée par le Centre Patronal, la Fédération des Entreprises Romandes, la Chambre de Commerce d’Industrie et de Services de Genève.[2] Si les campagnes se suivent et se ressemblent, faut-il conclure que ce sont les mêmes qui paient les spots web stéréotypés où logotypes et statistiques sont mis en avant au détriment des liens et du relationnel?

Enigma rend l'âme

Ah c’est si simple le monde expliqué par une entreprise de « strategy and branding » pour qui le politique est avant tout du business et de la communication, la promotion d’une marque, ici: Barazzone.com entendu comme vente d'un produit. Voilà un nouveau trend, avec des sièges urbanature en plastique où les pouvoirs de l'argent s'achètent un politique à bas prix; la boîte de com enigma devient faiseuse de rois. 

Vous me direz peut-être, c'est l'époque  qui veut ça : Des chiffres, des stats, le toc de l'efficience et le tic des finances servant la lutte des places et des egos. Si c'est bien l'époque qui veut ça, il s'agit d'exercer son droit à la contrer. C'est là que se situe la distinction de la gauche pour qui  l'humain sera toujours au centre des préoccupations et l'indignation première, où ce n'est pas la fatalité qui fait règle ; pour qui la complexité du réel demandera toujours plus  de moyens qu'un clip fastfood type Mac Do, ou le karcher de ceux qui veulent nettoyer un quartier en 60 jours, avec la pédagogie suave et faisandée d'un conseil d'administration bancaire. 

Hainons-nous les uns les autres ?

Hainons-nous les uns les autres n'est pas mon évangile. Je le laisse à ceux qui voient des bisounours partout et leur cauchemar social comme un fond de commerce. Face à cette entreprise de vente idéologique d'un modèle sociétal clos sur lui-même et auto promotionnel, nous devons creuser et agrandir des espaces pour accélérer la circulation d'idées et entamer cette rigidité, avec un modèle de sensibilité qui relève de la ruse et de la guérilla élective, une sorte de tai-chi politique et éthique où la parole reprendra sa place et les réflexions leurs fonctions comme sur une place athénienne, une assemblée de village.. ou une cabane dans les branches. 

Les boîtes de com et les spots télévisés n'auront pas le dernier mot, ni sur le fond ni sur la forme. 



[1] https://www.youtube.com/watch?v=ZvhtXaaixxs&spfreload=10

[2] https://www.youtube.com/watch?v=QTW6fS7LNZg&spfreload=10




31/12/2014

100 bonnes raisons de fêter la nouvelle année ( à l'attention des grincheux)

Parce que c'est peut-être la dernière fois.


Parce que les voisins n'oseront pas appeler la police avant 3 ou 4 heures du matin. (j'en fais le pari, les miens sont désormais prévenus).

Parce que la police n'osera pas venir. Pas un 31 quand même...


Parce que même le foot et le hockey sont en arrêt à la télé. Tu veux vraiment regarder des dessins animés le soir de Nouvel An?

Parce que c'est en chantant que l'on devient chanteur, en dansant que l'on devient danseur, en fêtant que l'on est joyeux, et...en se souhaitant la bonne année qu'elle le sera... enfin, je le crois.


Parce qu'on en fait un tel foin, à la radio, la télé, au bistrot du coin, qu'on n'y échappera pas.

Tout animal a trois modes de réaction à l'agression : la fuite, la soumission et l'attaque. On ne va quand même pas, un 31, mordre celui qui nous souhaite la bonne année, reculer dans les bois face au grand saut ?

Parce que le tricot peut attendre.


Bachar El Assad toute l'année, ça ne te suffit pas? Tu veux vraiment lui donner l'emprise sur toutes, TOUTES, tes soirées ?


"Une maille à l'endroit, une maille à l'envers" peut être pratiqué dans l'espace public aussi.

Parce qu'il n'y a de toute façon plus d'autre thème qui vaille, ni de sujet de conversation. Le réveillon, c'est un raz-de-marée. Il faut nécessairement qu'il recule avant d'aller se promener pour ramasser des coquillages sur la plage.


Tu n'as pas assez vu la tête de Poutine cette année?

Pour s'éviter la honte de : alors tu as fait quoi? - autant s'occuper-.

J'ai mangé un pot de yogourt en regardant la télé avant d'aller me coucher n'est pas une excuse valable. On n'est pas rebelle en mettant ses chaussons, en tirant les rideaux et montant le chauffage.... même un 31.

C'est pas parce que tu es grincheux que tu es cool.


La rébellion réside dans la joie.

Alain Morisod n'est pas un compagnon de réveillon digne de ce nom.


C'est pas l'Homme qui fait le réveillon, c'est le réveillon qui fait l'Homme chantait bien Renaud.


Si tu ne veux pas faire comme les autres, invente quelque chose de neuf.

Parce que réveillonner est la fête sociale par excellence. La vivre seul, c'est un onanisme social bon pour l'église catholique. C'est un truc à finir sourd, barricadé chez soi, avec les urgences médicales à la porte (que tu n'entendras même plus).

Les chrétiens ont Noël, il faut bien que les païens résistent.

Cela fait trop longtemps que l'on n'a plus entendu Bonnie Tyler, Abba et Boney M dans la même soirée (même si, en général, ils chantent ensemble)

Mieux vaut une bonne cuite que la schizophrénie. A force de balancer entre je fête je fête pas, il faut trancher.

Si tu restes dans ton lit à écouter Brassens (qui a écrit une chanson sur son aversion du 14 juillet, pas sur le réveillon, je rappelle) il faut au minimum un chat et une pipe.

Parce qu'avec tout ce que tu manges depuis des semaines, de repas en soupers de famille, tu doit danser un peu aussi.

Souffler sur ses doigts dans le froid, ça active la circulation. L'exercice, est bon pour la santé.Tu pourras te luger à 4 heures du matin.

Personne n'a pris un rhume après avoir été arrosé de champagne un soir d'hiver. Tu peux te croire à Spa Francorchamps ou au sommet de l'Alpe d'Huez quand on te salue au mousseux.


Parce que ce n'est pas le 31 qu'il faut faire fonctionner tes neurones, mais tout le reste de l'année.

Parce que même si le prosecco vient de Denner et que ta femme en profite pour en embrasser d'autres (ne fais pas ton grincheux, elle a raison de s'amuser) le 31 c'est une part de rêve, et tu te réveilleras toujours demain, avec ou sans confettis dans les cheveux.  


Tu trouves toujours que les gens font la gueule. Pourquoi prendre une mine renfrognée quand tout le monde te sourit?

Puisque tu râles au quotidien qu'on ne se dit plus bonjour, ne se tient plus les portes, ne se lève plus dans le bus afin que les anciens s'assoient. Ce soir tu peux dire "bonne année" à une foule d'inconnus, faire de nouvelles rencontres, embrasser quiconque, profites-en!

Tu trouves que c'est trop forcé, que c'est artificiel? Quand on t'aura mis une valve aortique en métal, tu changeras peut-être d'avis. 

Parce qu'il y a des gens dans des hôpitaux qui ne peuvent même plus remuer le petit doigt, et qui n'arriveront pas à minuit.

Parce que tu peux faire un compte à rebours dans la joie, c'est si rare aujourd'hui.

Parce que tu peux chanter, rire, faire l'amour si tu veux. L'orgasme de minuit, c'est un joli feu d'artifice....  

Parce qu'on est contraint de bosser pour gagner sa vie. Pour une fois que tu es obligé de chanter et danser, tu aurais tort de t'en priver.

Mieux vaut fêter le 31 que bosser le 5 janvier.

Ecrire un texte là-dessus, j'aurais peut-être pu m'en passer, oui c'est vrai. Tu as raison mon grincheux, allez  :

BONNE ANNEE! SOIS HEUREUX !


http://www.ville-geneve.ch/mairie-geneve/manifestations-evenements/nouvel/

 

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17/12/2014

Prostitution ou famille?

aspasie, prostitution, famille, Prostitution ou famille ? L'équation ne se pose pas en ces termes. Pour un grand nombre de travailleuses du sexe, la famille leur est consubstantielle et leur défi est de conjuguer leur pratique de la prostitution avec la famille. Le nouveau numéro Mots de Passe de l'association Aspasie sort de presse ce jeudi. Il sera offert au centre Grisélidis Réal et lève le voile sur un côté socialement escamoté des travailleuses du sexe. Ce n'est pas qu'il y a d'un côté la maman et de l'autre la putain, comme dans le film d'Eustache, non, la maman et la putain sont réunies dans la même personne. 

Libérer la parole

Ce numéro de la revue Mots de Passe offre la parole aux travailleuses du sexe. Il leur donne de l'espace pour exprimer leur rapport à la famille, un rapport trop souvent encore fait de honte, de dissimulation, en parallèle d'un grand courage leur permettant, dans des conditions économiques difficiles, de gagner de quoi vivre et faire vivre, et conquérir une plus grande sécurité dans l'existence. LA prostitution n'existe pas. Il y en a plusieurs, en regard du lieu, du contexte, de l'âge et des moyens de celles qui l'exercent. Il n'y a pas une seule manière de se vendre, il y en a des milliers, et celle de négocier une prestation de son corps n'est pas la plus dégradante pour l'être, loin s'en faut.

Les représentations de ce qu'est une prostituée sont encore socialement archaïques. Les trajectoires sont multiples et ce travail, à temps partiel ou le temps d'une saison, temps infini pour certaines, laisse un temps pour beaucoup d'autres choses qui sont le quotidien de chacune et construisent des identités diverses. 

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Dépasser les stéréotypes

Ce numéro de la revue Mots de Passe est à lire de toute urgence, parce qu'il dévoile une parole reléguée et brise les stéréotypes sur ce métier exigeant. Allant au boulevard des Tranchées, on est marqué par l'extrême exposition des travailleuses du sexe, soumises aux aléas des clients, des voleurs qui rôdent, à la bêtise des mâles faisant des tours en voitures, voyeurs; aux abrutis du samedi soir mais du jeudi aussi, à ceux qui abandonnent les filles en rase campagne après avoir joui.

Des paroles fortes

Comment ne pas être marqué par le témoignage d'une femme qui dit: du moment que tu te mets là, tu acceptes que tu peux mourir à chaque instant, ou presque, ça fait partie du travail. Elle a développé une manière de demeurer en vie tout en sachant très bien que, malgré tout, cela ne dépend pas que d'elle. Témoignage de cette femme aussi, qui garde une pierre prise dans un bas, pour se défendre au cas où, et raconte en riant la fois où elle l'a assénée sur le bras d'un voleur qui lui tirait son sac. De cette autre encore, toujours attentive et en alerte pour savoir avec qui elle monte, des précautions à prendre. Mais si le danger dans l'espace public est une chose, le risque du dévoilement de son travail face à sa famille est encore différent. Alors, comment bougent-ils, sous le maquillage, ces yeux plissés et soucieux d'une mère pour son fils ? Comme se gère la séparation entre l'affect et le travail, les prestations vendues et les sentiments personnels... est-ce si différent de ce que tout le monde vit finalement, au quotidien? 


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La famille

Dans un sac à main la photo du fils ou de la fille, l'enveloppe scellée du non-dit aux parents, à la famille. Il y a toujours un lien quelque part, une histoire de vie, un rapport intime, profondément humain avec ceux dont elles ont reçu la vie, à ceux à qui elles l'ont donné.

Mais pas de misérabilisme ni de charité. Une femme affirme que c'est là un métier idéal pour une maman; une autre qu'elle a trouvé dans la prostitution une expérience de vie où s'affirmer, se détacher, se découvrir et prendre du plaisir. Il ne s'agissait pas, dans ce numéro Mots de Passe, de faire l'éloge de la prostitution, mais d'aller à la rencontre des travailleuses du sexe et de celles et ceux qui travaillent à leur côté, et sans pudibonderie, ou protectionnisme charitable, de leur donner la parole et d'entendre le plus distinctement possible ce que la famille représente pour elles.

Cette parole authentique, directe, parfois crue même, exprime ce qu'est la vie d'une prostituée à Genève, mais aussi ce qu'elle est partout ailleurs dans le monde : la vie d'une femme, d'une mère, d'une soeur ou d'une fille. La vie d'une travailleuse dont le sexe est l'outil intime, politique, et commercial. 


Numéro Mots de passe : Prostitution et famille, Aspasie, décembre 2014. Photographies, Eric Roset. 

Lancement : Jeudi 18 décembre 18h au centre Grisélidis Réal (6 rue Amat). Présentation de la revue, lecture, vin chaud. 


www.aspasie.ch

 

 

17:29 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : aspasie, prostitution, famille, mots de passe | |  Facebook |  Imprimer | | |

12/12/2014

Génocide des Arméniens : un Conseil d'Etat complice du négationnisme?

mémorial,génocide arménien,genève,conseil d'etat,burkhalter,droits humains,négationnismePourquoi l'établissement d'un monument à la mémoire du génocide arménien est-il si compliqué à Genève ? Parce que le Conseil d'Etat n'ose pas prendre de décision, comme il s'y est habitué depuis le début de sa législature. Et que se passe-t-il quand on ne choisit pas? D'autres le font à votre place. Cette semaine, c'est le PLR et conseiller fédéral Didier Burkhalter qui s'est permis de dire à Genève ce qu'il faut faire du monument à la mémoire du génocide arménien : ne pas le placer dans le parc du musée de l'Ariana car trop proche de l'ONU; autant dire, l'enterrer ailleurs. Pourquoi? Parce que Burkhalter a peur de froisser son ami Recep Tayyip Erdogan... dont il souhaite se faire inviter au G20 à Istanbul au printemps prochain. Par sa position, la Suisse s'assied sur des valeurs humanitaires pour favoriser la politique des petits intérêts.  

Burkhalter tendance négationniste

L'argumentation de Didier Burkhalter est scandaleuse. Il invoque, dans une lettre au Conseil d'Etat [1] la nécessité de : "préserver un environnement impartial et paisible permettant aux Nations unies et aux autres organisations internationales de s’acquitter de leurs fonctions dans les meilleures conditions cadre possibles." Impartial? Cela sous-entend qu'avec le monument, on prendrait parti pour une version de l'histoire contre l'autre, ce qui est factuellement faux et surtout conforme au discours négationniste qui cherche toujours à disqualifier la mémoire des victimes en disant que c'est une version de l'histoire. Paisible? C'est encore plus pervers: ça reviendrait, par exemple, à refuser un mémorial de la Shoah sous prétexte que des néo-nazis pourraient le profaner. Il y a, dans le périmètre de l'ONU, aujourd'hui un monument à la mémoire du génocide de Srebrenica [2]. Cela empêche-t-il le maintien d'un environnement "impartiale" et "paisible"? Non, bien entendu. De plus, cela se déroule à la veille de l'année du centenaire du génocide arménien, c'est odieux. Un Conseil d'Etat lâche et servile aux côtés d'un conseiller fédéral entravant le travail de mémoire, collant à la définition du négationnisme [3] sont en train de couvrir Genève de honte.

Notre Conseil d'Etat peut faire des flonflons politiquement corrects et des vernissages sans enjeux. Quand vient le moment des choix courageux : plus personne. Honte!

Une décision politique qui heurte les défenseurs des droits humains

Le Conseil d'Etat est le garant des procédures et des règles en vigueur concernant l'octroi d'une autorisation de construire. En l'espèce, ce dossier est mûr pour une autorisation depuis le mois d'avril 2014. Que fait ce Conseil d'Etat ? Il tergiverse. La peur est contagieuse. Il a pourtant donné un engagement explicite à la communauté arménienne, écrit et oral, de ne pas tenir compte des pressions ni de Berne, ni d'Ankara. Aujourd'hui, il est tenté de revenir sur cet engagement. Le Conseil d'Etat va-t-il renier sa parole pour plaire à Berne qui lèche les bottes de la Turquie?

Burckhalter : "Nous recommandons que l'autorité cantonale compétente pour statuer refuse d'octroyer l'autorisation de construire à l'emplacement envisagé". Eh bien nous, nous recommandons à Burkhalter d'arrêter sa politique de compromission qui va, dans sa lâcheté, de la collaboration militaire étroite avec Israël[4] à la soumission au négationnisme turc ! Et nous appelons le Conseil d'Etat à ne pas céder à la lâcheté et à une déresponsabilisation totale consistant à se faire les complices administratif d'un génocide en s'écrasant pour que le mémorial soit enterré aux Cropettes, au parc Beaulieu, ou Dieu sait où, loin de l'ONU, sa véritable place, dans le parc de l'Ariana, sous les yeux des nations, comme un rappel incontournable envers toutes les victimes, les survivant.e.s et exilé.e.s de tous les génocides.[5]

 

mémorial,génocide arménien,genève,conseil d'etat,burkhalter,droits humains,négationnismeUn rappel de l'histoire

D'avril 1915 à juillet 1916 deux tiers des arméniens qui vivaient sur le territoire actuel de la Turquie ont été exterminés lors de déportations et de massacres de grandes ampleurs. Ce massacre fut planifié par le comité Union et Progrès, plus connu sous le nom de "Jeunes turcs". Les recherches établissent à 1'500'000 le nombre de victimes.  

Plusieurs historiens et spécialistes de la Shoah, dont Elie Wiesel et Yehuda Bauer, ont pris position pour déclarer incontestable la réalité du génocide arménien et inciter les démocraties occidentales à le reconnaître officiellement. L'institut de l'Holocauste et des génocides (Jérusalem) et l'institut pour l'étude des génocides (New York) ont établi comme fait historique établi le génocide des Arméniens. Le parlement européen a reconnu le génocide des Arméniens en 1987 déjà.

L'arrêt du 12 décembre 2007 du Tribunal fédéral énonce clairement le génocide du peuple arménien par l'empire Ottoman. Le TF rappelle d'abord le jugement du Tribunal de police de Lausanne qui énonce en substance que  "Le génocide arménien est un fait avéré selon l'opinion publique helvétique, aussi bien que plus généralement." Pour ce faire, il s'est "référé à différents actes parlementaires, à des publications juridiques, aux manuels scolaires, ainsi qu'aux déclarations émanant d'autorités politiques fédérales et cantonales. Il a également souligné le poids de la communauté scientifique dans la reconnaissance du génocide arménien par les Etats en relevant que la France en particulier s'est appuyé sur l'avis d'un collège composé d'une centaine d'historiens pour adopter la loi du 29 janvier 2001 relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915."


Le Tribunal Fédéral confirme cette décision et ajoute que "dans le même sens, lors du débat qui a conduit le conseil national à reconnaître OFFICIELLEMENT le génocide arménien, il a été fait référence aux travaux de recherche internationaux publié sous le titre "der Völkermord an den Armenien und die Shoah" (BO/CN 2003: 2017;intervention Lag. Enfin, le génocide arménien constitue l'un des exemples présentés comme "classiques" dans la littérature générale consacrée au droit pénal international, respectivement à la recherche sur les génocides".

Le Conseil National a reconnu le génocide des Arméniens. Le Conseil d'Etat, sur pression de Burkhalter, est prêt le reléguer dans l'ombre. Honte à ce Conseil d'Etat dont François Longchamp assume une "présidence" qui semble rimer, jusqu'à présent, surtout avec complaisance.  

 


[1] http://www.rts.ch/info/regions/geneve/6369653-nouvelle-resistance-au-memorial-du-genocide-armenien-a-geneve.html

[2] http://archives.tdg.ch/geneve/actu-geneve/pierre-memoire-victimes-srebrenica-2010-11-15

[3] http://www.pointsdactu.org/article.php3?id_article=170

[4] http://www.lecourrier.ch/126090/la_prudence_de_la_suisse_confine_a_la_lachete

[5] http://causetoujours.blog.tdg.ch/archive/2014/12/11/message-de-berne-a-geneve-il-n-y-a-pas-eu-de-genocide-des-ar-262756.html


Quelques ouvrages de référence sur la question :

Taner Akçam, Un acte honteux : le génocide arménien et la question de le responsabilité turque, Editions Denoël; rééd., Gallimard, "Folio", 2012.

Sévane Garibian, Le crime contre l'humanité au regard des principes fondateurs de l'Etat moderne. Naissance et consécration d'un concept, Schultess, Bruylant, LGDJ, Genève, Bruxelles, Paris, 2009.

Raymond H. Kevorkian, Le Génocide des Arméniens, Odile Jacob, 2006.

Raymond H. Kevorkian et Yves Ternon, Mémorial du génocide des Arméniens, Editions du Seuil, 2014.

Yves Ternon, Les Arméniens: histoire d'un génocide, Seuil, 1977: rééd. coll. Points. 1996.