sylvain thévoz

23/11/2015

Au nom d'Allah, du marché et de l'audimat

Début octobre, la SSR annonçait la suppression de 250 postes et la réduction de programmes, films, séries, émission religieuses et littéraires. Le Tribunal fédéral ayant décidé d’amputer la TVA à la redevance, la SSR devra faire face à quelque 35 millions en moins par an. Mais en 2018, l’élargissement de la redevance, (acceptée en votation populaire en juin 2015), apportera des recettes supplémentaires!  La SSR pourrait donc s’endetter, temporairement, et ainsi dépasser ce cap sans casse. Pourtant, la direction de la SSR a fait le choix de couper dans l'offre, les programmes... et dans les postes. Cette gestion à courte vue est désastreuse, pour les postes d'emploi à Genève, l'économie locale, et le public. Et puis, couper des émissions littéraires, sur le fait religieux, par les temps qui courent... faut-il être sot ! 

 

Le mépris du partenariat social

La direction de la SSR confirmait, le 17 novembre, après "consultation", vouloir sacrifier les emplois publics. Ceci, malgré plus de 400 propositions d'économie alternative avancée par le personnel.[1] Ces propositions alternatives ont été balayées par la direction. La consultation a servi d'alibi. [2] Une consultation bidon, certes prescrite par la loi, mais sans effet, pour entériner des coupes avant même que le parlement fédéral n'ait été saisi.[3]  Une consultation pipeau donnant quittance aux petits soldats du management et de l'austérité: les sots, champions de l'abêtissement généralisé.

Vous reprendrez bien un grand Prix de Formule1 et une couverture saignante d'attentats pour vous exciter le dimanche soir ?

 

Pour une vrai radio-télévision publique

Et si la radio-télévision publique se recentrait sur le service... public, avec des émissions de qualité,  et d'approfondissement?

Et si l'on protégeait la radio de la structure organisationnelle qu'a imposé la télévision sur la radio ? Si l'on sortait du règne du nivellement par le bas, avec un affaiblissement général des programmes par manque de moyens et le diktat de l'audimat?

Si rien n'est fait pour contrer cette entreprise d'abêtissement général, nous allons à terme vers la mort du service public. Alors, si l'on veut louer la liberté d'expression et défendre notre mode de vie, ce n'est pas seulement dans l'après coup, après que des terroristes aient tiré dans le tas, mais aussi quand les exécutants de la doxa financières suppriment des lignes, des services et des postes, compriment les cerveaux et compactent la masse. 

Il est temps de monter aux barricades pour refuser qu'au nom d'Allah, du marché ou de l'audimat, l'entreprise de vidage de cerveaux ne soit généralisée.

 

Le travail de sape des sots

Encore un mot. Dans le Matin Dimanche, j'ai lu avec stupéfaction la proposition d'un député genevois, fort sot, d'ajouter 2 millions aux forces de sécurité du canton pour qu'elles aient de plus performants fusils et gilets pare-balles pour combattre d'éventuels terroristes. Sauf que, deux pages avant, le chef des polices romandes annonçait, rassurant et professionnel, le parfait équipement et la capacité adéquate à faire face des polices romandes! 

Ceci pour démontrer la sottise et la surenchère dans laquelle nous sommes embarqués; la vilaine pente de la dictature de l'audimat, de l'émotionnel et du tout sécuritaire, qui fait plier la raison.

Il suffit aujourd'hui à certains d'hurler sécurité sécurité, armement armement pour dégommer les moyens pour l'éducation, le social, la conscientisation des esprits.

La direction de la SSR, les bancs de droite des députés, les sots: alliés objectifs des terroristes, dans leur entreprise de sidération et d'abêtissement généralisé.

La 5e colonne est au Parlement

Vous cherchez la 5e colonne des terroristes? Je vous en prie, n'allez pas à la mosquée ou dans les quartiers précarisés, vous la trouverez à la droite du Parlement, et dans certains conseils d'administration. C'est là qu'elle est implantée et déploie ses effets délétères.

Au nom du marché, du profit et de l'austérité; cherchant à détruire l'Etat, le vivre ensemble, avec une compréhension sotte et à courte vue d'une société sans culture et sans justice sociale, cette 5e colonne façonne une société extrêmement vulnérable.

Si nous laissons faire ce travail de sape, à ce rythme là, nous n'aurons bientôt plus besoin de terroristes, pour que tout s'écroule.

Notre société tombera d'elle-même, absorbée par sa propre vacuité (mais avec des budgets équilibrés).       

 

 

 [1] http://www.ssm-site.ch/fr/medienmitteilung-das-ssm-ist-schwer-enttaeuscht/

[2] http://www.ssm-site.ch/fr/note-de-protestation-relative-a-lissue-de-la-procedure-de-consultation/

[3] http://www.edito.ch/fr/2015/11/17/ssr-la-consultation-nau...

 

 

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De la Sottise (D.Bonhoeffer)
 
 
La sottise est une ennemie du bien plus dangereuse que la méchanceté. On peut protester contre le mal, le mettre à nu, l’empêcher par la force; le mal porte toujours en soi un germe d’autodésagrégation, en laissant derrière soi un malaise. Nous sommes impuissants contre la sottise. Nous n’obtenons rien, ni par nos protestations ni par la force; le raisonnement n’opère pas; les faits qui contredisent ses préjugés, le sot ne voit pas la nécessité de les croire - dans ce cas, il va jusqu’à devenir critique- et lorsqu’ils sont inattaquables, il peut les mettre de côté comme cas isolés sans signification.
Contrairement au méchant, le sot est entièrement satisfait de lui-même; il devient même dangereux lorsque, facilement irrité, il passe à l’attaque. C’est pourquoi la prudence est de mise davantage face au sot que face au méchant. Nous n’essaierons plus jamais de convaincre le sot par le raisonnement; ce procédé est absurde et dangereux. Pour avoir prise sur la bêtise, il nous faut chercher à comprendre son essence. Elle est un manque qui n’est certainement pas intellectuel, mais bien plutôt humain. Il existe des gens d’une grande souplesse intellectuelle qui sont sots, et d’autres qui, bien qu’engourdis intellectuellement, sont intelligents. A notre grande surprise, nous avons fait cette découverte dans des situations précises. On constate que la sottise n’est pas un défaut inné, mais que, dans certaines circonstances, les gens s’abêtissent ou se laissent abêtir. Nous observons en outre que chez les solitaires ce défaut est plus rare que chez les gens ou dans les groupes qui penchent vers la sociabilité ou qui y sont contraints. Ainsi, la sottise semble être un problème sociologique plutôt que psychologique. Elle est une forme spéciale de l’influence des circonstances historiques sur l’homme, une manifestation psychologique qui accompagne un certain état de choses. En y regardant de plus près, nous constatons que n’importe quel grand déploiement de puissance extérieure, politique ou religieuse, frappe de sottise une grande partie de l’humanité. Cela semble être carrément une loi psycho-sociologique. La puissance des uns a besoin de la sottise des autres.
Dans ce processus, certaines aptitudes de l’homme, comme l’intelligence, ne viennent pas à manquer brusquement, pas plus qu’elles ne s’étiolent, mais, sous l’influence écrasante de ce déploiement de puissance, l’homme est privé de son indépendance intérieure et renonce consciemment ou inconsciemment, dans telle ou telle situation, à une attitude personnelle. Qu’on ne s’y trompe pas: l’obstination fréquente du sot ne doit pas nous faire croire qu’il agit ou pense de façon autonome. Dans la discussion, on sent nettement que ce n’est pas à lui personnellement qu’on a à faire, mais aux grands mots qui le possèdent. Il subit un charme, il est aveugle. On abuse de sa personne, on l’aliène. Devenu ainsi un instrument dépourvu de volonté propre, le sot sera prêt à commettre n’importe quelle mauvaise action, et en même temps incapable de la reconnaître comme telle. C’est là le danger d’un abus diabolique. Par là, des hommes pourront être abîmés pour toujours.
Il saute alors aux yeux, précisément, que seul un acte de libération peut vaincre la bêtise, et non pas le raisonnement. On est obligé de convenir qu’une vraie libération intérieure ne peut intervenir que lorsqu’elle est précédée d’une libération extérieure; jusque là, il nous faut renoncer à toute tentative de convaincre le sot. Cet état de choses explique d’ailleurs pourquoi nous nous efforçons toujours en vain de savoir ce que “le peuple” pense réellement, et pourquoi cette question est si inutile pour celui qui pense et agit de façon responsable, toujours dans certaines circonstances. Le texte biblique qui dit : “la crainte de l’Eternel est le commencement de la sagesse” (Ps 111:10) déclare que la libération intérieure de l’homme responsable est la seule victoire véritable sur la sottise. Du reste, ces pensées sur la bêtise sont consolantes en ce sens qu’elles ne permettent absolument pas de croire sotte la majorité des hommes en toute circonstance.
Les autorités attendront-elles davantage de la sottise des hommes ou de leur intelligence et de leur liberté intérieure ? Tout dépendra de cela.
 
Dietrich Bonhoeffer, Résistance et Soumission, Editions Labor et Fides.

 

 

 

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20/11/2015

Touche pas à mon Etat

Suite aux attaques de Paris de vendredi passé, les services publics sont en première ligne, et montrent, s'il en était besoin, ce qui nous permet de vivre et survivre ensemble, ce qui fait le liant dans nos sociétés. 

La police, les pompiers, les ambulanciers, les psychologues, les bénévoles coordonnés par des travailleurs sociaux, les douaniers, la Mairie de Paris, les radios publiques, les médecins, les infirmières, les pompes funèbres, les experts, les consultants, les spécialistes, formés dans des universités, tous en premier ligne, tous au service de la population. Ceux qui travaillent en amont, les puéricultrices, les artistes, les éducatrices, les enseignants, les matons, les juges, les gardiens de la loi, tous et toutes: au  service de la population.  

Ces services, c'est l'Etat, qui se positionne, affirme, protège, pare au plus pressé, travaille et évite que la catastrophe ne se transforme en apocalypse. 

 

Touche pas à mon Etat ! 

Ces services, c'est tout ce qui, pour les petits soldats du libéralisme, "coûte cher" et ne rapporte rien ; tout ce qui, alors que nous nous balançons au-dessus de l'abime, voir que nous y avons déjà un pied, nous retient par le col. 

Vous vous demandez parfois à quoi servent les impôts? A nourrir, éduquer, protéger, soigner, entretenir, choyer, et protéger.

Vous vous demandez parfois à quoi servent les impôts? A préserver le vivre ensemble. A établir un Etat que les tenant de l'austérité et du libéralisme forcenés veulent mettre à bas.

 

Est-ce que Mac Do nous protègera des attaques terroristes?

Est-ce que Procter & Gamble, UBS, Crédit Suisse, les patrons du trading et de la finance viendront ramasser ta maman sur le trottoir quand un connard l'y aura collé?

Non, selon le modèle américain, et les normes du management contemporain, ils l'enjamberont pour aller travailler, parce que ce n'est pas rentable de ramasser les mamans au sol.   

Il est choquant qu'aujourd'hui, des entreprises ayant quitté la France pour venir s'établir en Suisse, n'y paient pas d'impôts, s'y trouvent à l'aise, en sécurité, bien content d'être ici, à l'oeil et en sécurité, pendant que d'autres se font canarder, que des ressources qui devraient être alloués pour lutter contre le terrorisme, l'insécurité, en France et en Suisse, se trouvent évacués pour engraisser des actionnaires.

Il est choquant que la droite veuille une transparence totale sur les citoyens (Lrens), et protège par des lois spéciales l'opacité des circuits financiers depuis des décennies (secret bancaire, forfaits fiscaux), se faisant l'allié objectif des terroristes, d'Oussama Ben Laden à Daech.

Il est choquant que malgré le péril, la droite la plus bête du monde, veuille encore dégommer l'Etat.  

 

Le terrorisme est le visage ultralibéral de la guerre économique

J'ai été éberlué d'entendre le patron d'un des cafés mitraillé de Paris, motiver ses employés à reprendre le travail le lundi suivant la canarde, comme s'il s'était agi là d'un événement mineur : allez hop les gars on y retourne... on va pas se laisser abattre. Il y avait une part d'héroïsme là-dedans, de résistance, oui. Mais il y avait aussi une part de folie, l'impossibilité de freiner, se réparer, se recueillir, soutenue par la tyrannie du travail.

Comme le déni du hamster dans sa roue, une frénésie : la terrible violence économique, celle qui fait renvoyer sur une terrasse celui qui a failli y claquer 4 jours avant, en lui demandant de sourire, pour satisfaire le client, comme il faut, comme avant.

 

L'Etat garant du vivre ensemble

Vers qui se tournent les citoyen-ne-s alors que le trouillomètre est à zéro ?

Vers  l'Etat et ses services, garants de l'ordre, de la sécurité, d'un enseignement de qualité, avec de lieux culturels diversifié, permettant les échanges sociaux, de proposer aux cerveaux autre chose que la merde djihadiste ou consumériste se trouvant sur internet et en abondance sur les écrans des gamins avec des décapitations à la pelle et une boucherie continue.  

 

Qui, hormis l'Etat, sera un antidote à la propagande djihadiste ? 

Alors que la tempête est sur nous, l'Etat prévient, balise, encadre, éduque, encourage, et punit au besoin.

Aujourd'hui, cet Etat nous protège. La droite libérale veut le casser en bradant par des cadeaux fiscaux, le juste prix d'établissement en Suisse pour des entreprises, en bousillant des associations, un savoir faire et savoir être, en coupant dans les effectifs des fonctionnaires, en ne payant pas les acteurs culturels qui créent du lien social et luttent à leur échelle contre les forces de destruction, etc.

Moins d'Etat c'est moins de service, de protection, et plus d'insécurité. 

 

Tu préfères que la dette augmente ou te faire shooter un matin par un djihadiste?

Faire, comme s'en gausse la droite, des annonces de coupe sur les budgets 2016 pour le Canton de Genève et la Ville de Genève au nom de la dette, c'est, de la part de la droite la plus bête du monde, une déclaration de guerre.

C'est pour elle se ferait l'alliée objectif des terroristes et des forces de destruction. 

C'est aussi ridicule et bête que la RTS qui annonce 250 licenciements, et coupe des émissions littéraires (Entre les lignes, index.php?id=855) et religieuses (rts-fache-supprimant-emissions-religieuses) sur ses ondes. Alors que nous n'avons jamais eu autant besoin de créer du sens, de comprendre le monde que nous habitons, de construire un vivre ensemble, bousiller ce qui fait notre culture et notre lien social est un acte suicidaire, donc terroriste. 

 

L'hydre à deux têtes

A l'hydre à deux têtes: djihadistes et droite libérale : alliés objectifs dans la destruction. 

A l'hydre à deux têtes, nous disons : ne touchez pas à notre Etat, ne touchez pas au vivre ensemble, ne touchez pas à nos cultures, nos musées, nos lieux d'enseignements.     

Nous refusons vos plans de destruction.

 

 

 

 

 

 

 

13:04 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : terrorisme, paris, néo-libéralisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

16/11/2015

Vous voulez prévenir le terrorisme ? Préparez la justice sociale

Le monde d'aujourd'hui est d'une complexité telle, qu'en revoyant l'histoire récente, certains, à tort ou à raison, relisent la guerre froide comme une période aimable où les fronts étaient bien dessinés et les ennemis identifiés. Les terroristes d'hier, de la fraction armée rouge aux brigades rouges, à action directe, passent désormais pour des radicaux aux pouvoirs relativement limités; presque des amateurs, avec des revendications politiques tapées à la machine à écrire, envoyées au journal du coin avant l'heure de tombée. Cela semble presque romantique aujourd'hui, appartenir à l'âge de pierre du terrorisme.

 

Il est à remarquer aussi qu'hier, des terroristes étaient déconsidérés par les pouvoirs en place pour être désignés comme de petits criminels (la bande à Baader plutôt que la RAF) mais qu'aujourd'hui, des petits criminels sont très facilement élevés au rang de terroristes, simplement à la longueur de leur barbe.

Les spirales de la peur et de la stigmatisation, c'est toute la teneur du langage tenu sur la 5e colonne par le Front National, qui jette la suspicion sur tous, cible les banlieues, fragmente, divise le pays, et positionne les partis d'extrême droite comme les alliés objectifs des djihadistes contre toute minorité, et particulièrement musulmane.    

 

A qui profite la peur ?

Certes, la peur est désormais partout, pour tous. On a changé d'échelle, de manière de faire et le terrorisme est passé à l'état gazeux. Sa complexité s'allie à une apparente facilité d'action ; les kits de terroristes en herbe fleurissent sur internet et les moyens de propagation se sont démultipliés.

Nous avons un sérieux problème. Un adversaire protéiforme, puissant, se revendiquant du sacré tout en le bafouant, dans un contexte géopolitique complexe où l'essor de nouvelles technologies rend les communications volatiles. S'y ajoute un nombre de candidat-e-s à la terreur ayant grandi au rythme du désespoir touchant ceux qui n'ont plus grand chose à espérer du supermarché mondial et pour lesquels une mort médiatique serait à tout prendre le point culminant d'une vie ratée.

Et nous avons plusieurs adversaires.

La prédiction d'Andy Warhol : "à l'avenir, tout le monde sera célèbre pendant quinze minutes", s'est réalisée. Si tu n'y as pas réussi de ton vivant, tu y parviendras facilement avec une ceinture d'explosifs autour du ventre. C'est le lot de consolation amer du capitalisme médiatique.

 

La menace a changé, la réponse doit être différente

Les discours simplistes visant à fermer les frontières, renvoyer les étrangers au diable ou cibler au faciès quelques délinquants à la dérive sont d'une naïveté absolue. Cette réaction appartient à une époque révolue. Ces politiques, si elles étaient d'une aide quelconque il y a 30 ans (à voir), ne sont plus à même d'endiguer la menace aujourd'hui, protéiforme, diffuse, prenant racine dans des lieux éclatés, favorisée par la déliquescence des solidarités humaines, un accès facilité aux armes et un manque de justice sociale.

Ces politiques du repli identitaire nous ont amené dans l'impasse aujourd'hui.

    

Quoi ne pas faire ? 

Ceux qui voudraient s'engouffrer dans la ligne du Patriot Act qu'a suivi les Etats-Unis suite aux attaques du 11.09.2001 avec, à la clé, une guerre ayant nourri une déstabilisation générale, un Irak éclaté et l'émergence de Daech, ceux là même qui aimeraient un Guantanamo sur Seine et enterrer la démocratie sous des mesures spéciales et des lois liberticides ne font que répondre à la pente naturelle balisée par les terroristes qui mène à...  plus de terreur.

 

Répondre à la terreur par une coûteuse rigidité d'Etat et des postures sécuritaires ne résoudra rien, à part soigner l'audimat. La réponse doit être pondérée et à moyen-terme. Oui, plus de moyens, mais sur le terrain, pour l'appareil judiciaire, pas militaire.[1] Et pour chaque franc dans l'appareil policier ou de renseignement, deux francs pour combattre les ravages du terrorisme économique, en investissant dans l'éducation, le social et la culture.

Regardez bien les profils de ceux qui ont frappé, regardez qui ils sont et d'où ils viennent et comprenez aussi qu'ils sont le produit de la précarité sociale, de la dérive et de l'exclusion et que ce n'est pas en bombardant Raqa, même si c'est spectaculaire, que cela changera.

Vous voulez prévenir le terrorisme? Préparez la justice sociale. 

Et arrêtez de croire que, par la magie d'une rhétorique, les guerres menées au nom de la démocratie peuvent être justes et la politique de guerre commerciale avec ses "ressources humaines" à exploiter être sans conséquences, en ramenant l'humain à une chose et la vie humaine à une masse exploitable.

Comment le mépris de l'autre ne pourrait-il se retourner contre celui qui le porte ?

Vous voulez faire le jeu des terroristes ? Allez-y : restreignez encore les libertés, humiliez ceux qui sont sur la corde raide, continuez d'aggraver les injustices sociales, coupez encore dans les budgets de redistribution des richesses, libéralisez libéralisez, et secouez encore ce cocktail puant jusqu'à ce qu'il vous pète au nez.[2]

 

Scoop : la France en guerre ?

La France se découvre en guerre. Quelle surprise que cela nous surprenne, alors qu'elle est engagée sur de multiples fronts : en guerre au Mali depuis 2012, ayant fait le coup de feu en Centrafrique, s'étant alignée contre l'Etat Islamique depuis 2014, n'ayant jamais tout à fait abandonné son rêve de grandeur impérialiste et néo-colonial, ni apaisé, 10 ans exactement après les émeutes de 2005 dans les banlieues, les abyssales inégalités sociales sur son territoire.

 

Vous voulez prévenir le terrorisme ? Arrêtez d'en fabriquer

Au-delà des drapeaux français qui fleurissent sur les réseaux sociaux et déteignent sur le jet d'eau à Genève, coloré d'un bleu blanc rouge solidaire et vital, mais qui soulève aussi la question, avec la poussée d'une empathie à géométrie variable, de la portée de notre engagement et la sélectivité de notre émotivité, que faire maintenant ? Le manque de contenu politique, de nos orientations et de nos afflictions nous rend friables.

La démocratie de l'émotivité nous faisant pleurer "nos morts" et pas "ces morts", comme le rappelle Julien Salingue[4], nous condamne un jour ou l'autre à être placé devant le fait que, si nous prétendons arrêter notre empathie en deçà de la ligne où frappent nos avions, il est à craindre qu'en retour, certains y trouvent la légitimité d'étendre la profondeur du front où frapperont leurs kamikazes.

Nous nous rêvions citoyens du monde, prenant des avions pour aller aux quatre coins du monde sans rien lui devoir. De quelle façon cette citoyenneté du monde, ludique et hédoniste, peut-elle continuer de se passer d'un engagement politique responsable ?

Vous reprendrez encore un peu de yoga et de shopping à Londres après cela?  

 

La Suisse, un monde à part ?  

La Suisse est, pour l'instant, tenue à l'écart de frappes terroristes. En raison de sa neutralité, de son non-alignement sur les guerres en cours, de son caractère lilliputien ? Parce que sa prospérité lui permet d'éviter la création de zones sinistrées, terreau du désespoir des futurs terroristes ?

Et jusqu'à quand cela ? La loi sur le renseignement soumise prochainement au vote (Lrens) ne changera rien à la réalité sur le terrain. Sans moyens pour les traiter, à quoi bon obtenir toujours plus de données ? Légiférer encore et toujours plus, alourdir l'appareil étatique, et placer des drones achetés à Israël (250 millions) sur nos têtes, tout en diminuant les prestations aux populations plus précaires, coupant dans les budgets d'aide sociale et d'éducation, dans l'aide au développement?

Ces politiques de la droite nous entraînent sur une pente mortifère qui diminue objectivement notre sécurité, jusqu'à l'état militaire.     

 

Il nous faut aussi rappeler cette phrase de Jean Ziegler : chaque enfant qui meurt de faim dans le monde n'est pas la conséquence d'une fatalité, mais d'un meurtre. Ce meurtre porte lui aussi une signature, dont notre niveau de vie et nos facilités porte une trace.

Qui s'en occupe? 

 

De nouvelles solidarités, nouveaux engagements

Il est beau de constater que les actes de terreur à Paris ont produit des élans de solidarité (mouvement portes ouvertes, rassemblements, solidarité internationale). Il faut maintenant aller plus loin et mener une guerre contre toutes les terreurs par un réveil des consciences et un changement fondamental des politiques que nous soutenons.

Si nous échouons, et si la réponse devait être de faire toujours la même chose encore plus fort, ce que nous proposent les tenants du repli identitaire, il est évident que cela nous conduira au même résultat... à la folie d'Etats à bout de souffle, incapables de se repenser, se faisant les alliés objectifs des terroristes nihilistes dans leur fuite en avant. 

 

 

 

 

[1]le-juge-trevidic-la-religion-n-est-pas-le-moteur-du-jihad...

[2]  marc-trevidic-745515

[3] le-pape-denonce-lhypocrisie-des-puissants-qui-parlent-de-...

 

[4]vos-guerres-nos-morts.html

[5] 28681212

 

 

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09/11/2015

La tyrannie des normes

La tyrannie des normes, c'est celle du courrier de l'Etat arrivé la semaine passée sur le bureau de la magistrate Esther Alder qui "l’avertit" que les normes en matière de sécurité ont changé. L’entrée en vigueur, au 1er janvier 2015, de nouvelles prescriptions de l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie (AEAI) intimerait à la Ville de Genève de limiter son accueil dans l'abri de protection civile des Vollandes avec pour conséquence que des personnes dorment dehors et risquent leur vie le long des berges gelées de l'Arve. 23437568

La tyrannie des normes, obligerait de limiter les places dans des abris en se moquant du fait que des hommes et des femmes dorment toute l'année dehors. Il n'y a donc pas de normes sécuritaires qui protègent la dignité humaine? Que fait l'association des établissements cantonaux d'assurance incendie pour ceux qui se reposent dans les caves, les cabines téléphoniques, des voitures? Leur chemin de fuite est-il véritablement assuré ?

 

Limiter les risques : tuer les pauvres

On se souvient de la montée de l'Arve au printemps passé. Une trentaine de personnes dormant à même les talus avaient été évacué d'urgence et sans ménagements grâce à l'alerte lancée par le service social de la Ville de Genève. Sans cette réactivité qui ne doit rien aux normes, aux drones, aux caméras, mais au souci de l'autre et à  sa vigilance, des vies ont été épargnées de justesse ; ces mêmes vies qui, toute l'année, sont menacées par le choix sélectif de ce que les normes et les lois protègent, escamotent ou condamnent. 

 

Le feu au lac : l'aléatoire tyrannie des normes

La tyrannie des normes c'est, lors du nouvel an 2014, les pompiers de Genève qui refusent l'installation de 1800 postes de feu et des dizaines de fûts et fontaines de braise à l'entrée des Bains des Pâquis et jusqu'au sommet du phare pour fêter la Saint-Sylvestre, puis s'adoucissent devant la résistance des Bains pour imposer uniquement aux spectateurs de contempler le feu depuis le quai Wilson, avant de céder sur toute la ligne. Les Bains des Pâquis se sont, ce soir-là, littéralement enflammés: braises, escarbilles et flammes faisant rêver les milliers de genevois-e-s devant un feu géant.

Au nom de la norme !

Simultanément, le tunnel de la rue du Valais subissait les foudres du normativisme le plus acéré. Pas une seule bougie dans le tunnel pour fêter le Nouvel An. Au nom de la norme ! Comment expliquer alors aux habitant-e-s que les Bains des Pâquis s'embrasent et qu'à Sécheron, il n'y ait pas une seule chandelle autour de trois extincteurs ?

Parce que la tyrannie des normes est économique et politique. Elle pèse de tout son poids sur ceux qui ignorent les moyens d'y résister, est instrumentalisée par le pouvoir politique, domine ceux qui, timorés, n'osent s'y opposer, ou cèdent à une prudence excessive devant celle-ci, en favorise d'autres.

 

 

Arracher des arbres par sécuritarisme

N'a-t-on pas entendu récemment le magistrat Barazzone préconiser des arrachages d'arbres lorsque les racines risquent de faire trébucher les passants et invoquer la menace terrible et mortelle de la chute des branches sur la tête des passants pour dégommer les vieilles branches ? Le terrorisme sécuritaire est la plus grande menace pour le vivre ensemble en Ville de Genève.

Le magistrat de police Pierre Maudet abat lui son arme secrète de la loi sur la restauration et le débit de boisson pour mettre au pas l'Usine en écrasant d'un légalisme étroit ceux qui, par bon sens, économie et volonté créative, commettent le grave péché de penser et créer en dehors de normes mal ajustées.

Et pendant ce temps, au mépris de tout respect des normes et des lois, les taux de particules fines dans l'air sont dépassés, vous éclatent les poumons et envoient des bébés asthmatiques à l'hôpital et les aînés au cimetière sans que les tenants rigides du respect des normes ne s'en soucient le moins du monde.

 

 

L'application des normes est politique 

L'argument fallacieux des tenants de la tyrannie des normes :  les normes sont telles qu'elles sont et doivent s'appliquer pour tous est hypocrite. Les inégalités sociales illustrent combien le normativisme étroit ne peut être l'unique facteur d'appréciation d'une situation. Personne, à ce jour, n'est égal devant les normes. Quand l'égalité sera réalisée, alors on pourra prétendre appliquer avec la même vigueur les mêmes normes à tous et toutes. 

Car d'une simple fête du nouvel an à la gestion de l'Usine et à celle des Ports-Francs, on voit que si, pour certains, la loi s'applique avec toute sa vigueur, d'autres y sont, avec complaisance, soustraits.

Les espaces de non-droit ne sont pas à chercher au Lignon ou aux Avanchets, mais dans les  entrepôts des Ports-Francs ou les comptes d'exploitation d'UBS.

 

Lutter contre l'instrumentalisation des normes

La tyrannie des normes doit être combattue. Il y va de notre liberté. Surtout quand elle est portée par des personnes qui en font une application stricte et rigide à but anti-social et anti-culturel.

Quand la tyrannie des normes, au nom de la sécurité ou de l'efficience conduit à laisser des gens sur le carreau et à amender ceux qui ont le malheur de dormir à la rue, la résistance est un droit, et invoquer d'autres textes (nos constitutions: genevoises, fédérales, nos codes éthiques et moraux) une nécessité; employer d'autres moyens que la soumission béate: une obligation morale. 

 

La démocratie dépasse le normativisme

Les décideurs politiques qui, sous couvert de sécuritarisme et de fausse prévenance cassent la culture, le social, accroissent les inégalités, provoquent des coûts accrus pour la collectivité.

La lutte contre les inégalités et les privilèges est engagée. Ce combat est politique et économique. Le courage de dire non au normativisme et à son instrumentalisation politique nous anime.

L'épouvantail agité de la tyrannie des normes ne doit pas nous induire en erreur. Ce qui est effrayant, ce sont les privilèges toujours plus grands que s'octroient ceux qui prétendent mettre aux pas l'Usine, les Roms, les fumeurs de joint, les jeunes, pour nous distraire des largesses dont ils disposent en prospérant d'une manière hors-norme sur le dos de notre démocratie.    

Ce qui fait peur, c'est la politique qui déplace, cache, les plus précaires d'un lieu à l'autre de la ville, police les conduites, interdit les pratiques festives, bannit les grèves, construit de nouvelles prisons, et maintient des privilèges d'un autre temps pour les plus riches et puissants. 

La tyrannie des normes est un outil de domination sociale.

Elle doit être combattue. Il y va de notre liberté.

 

 

Genève, 9 novembre 2015.

 

 

 

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28/10/2015

La droite irresponsable veut détruire l'Usine

La droite élargie (PLR, PDC, UDC, MCG) si elle ne sait pas s'unir pour des projets communs au service des Genevois, sait par contre faire alliance pour casser des institutions et mettre en péril ce qui fonctionne à Genève.

 

Au Conseil Municipal de la Ville de Genève, ce mercredi soir, la droite destructrice, unie, a donc décidé de suspendre toutes les subventions de l'Usine et de forcer la Ville de Genève à prendre en charge les déprédations commises par quelques individus isolés ayant débordé l'encadrement de l'Usine samedi passé et malheureusement dénaturé cette manifestation, y déversant leur désarroi. 

 

La droite, en faisant payer à une institution culturelle les dégâts que celle-ci n'a ni commis ni voulu, commet une injustice; et en faisant payer au public de l'Usine une situation qui ne le concerne pas, elle le prend en otage. Voulant faire payer à la Ville la casse, elle crée un précédent juridique absurde. Depuis quand la Ville devrait-elle payer pour des casseurs?

Avançant des arguments plus moraux que politiques: "quand mon enfant fait une bêtise je lui donne une claque"; ignorant tout de la réalité d'une institution culturelle de l'ampleur de l'Usine; allant même jusqu'à la comparer à un club de sport:  "quand les supporters d'un club de sport dérapent, c'est au club de payer", la droite destructrice, en plus de faire démonstration de son incompétence, faire preuve de rétorsion en punissant une entité culturelle qui accueille plus de 100'000 personnes par an, est animée par 18 associations (un théâtre, un lieu d'exposition, des salles de concerts, des buvettes, une radio, un atelier de sérigraphie, etc.,) http://usine.ch/ ; une institution phare qui a joué et joue un rôle clé, historique, symbolique, alternatif, à Genève, à l'échelle de la Suisse, et même européenne.

Cette droite destructrice est nocive, dangereuse pour Genève et pour sa paix sociale. 

 

L'Usine, c'est une Institution, une référence. Ouverte en 1989 avec l'appui décisif d'un libéral de l'époque (Claude Haegi) qui avait, lui, compris que la jeunesse a besoin d'un lieu d'expression  et que l'on ne peut laisser une ville sans lieux bon marché, culturel, inclusif et associatif.

L'Usine, c'est une institution qui a vu émerger des artistes de classe internationale, qui a permis de former, créer et donner des espaces d'expression à des artistes qui aujourd'hui font la fierté de Genève (John Armledder, les Young Gods, Sandrine Kuster, Greta Gratos, Yann Marrussich, Gigi, Lionel Bovier, les Klat, qui ont crée la statue Frankenstein à Plainpalais, Nirvana est passé à l'Usine, Mapping Festival, Electron, Black Movie y ont pris leurs marques, et tant d'autres... la liste est longue.)

 

Attaquer l'Usine, de la part de la droite destructrice, c'est une déclaration de guerre irresponsable envers des milliers de personnes. C'est mettre le feu aux poudres. 

 

Ce coup, porté par la droite torpille tout effort de dialogue entamé par l'Usine. Au nom d'une application de la loi littérale sur un enjeu de petite ampleur (il faudrait que l'Usine demande sans délai 5 autorisations administratives distinctes pour ses buvettes), elle sape tous les efforts de dialogue et de médiation entamés par la Ville de Genève pour trouver une issue à la crise déclenchée et alimentée par la magistrat de police Pierre Maudet et son petit homme de main en ville Barazzone.

Pire, la droite bafoue l'Usine, qui jusqu'au dernier moment a cherché le dialogue en demandant, sans succès, d'être reçue et entendue en commission par les casseurs du conseil municipal. 

 

Rien, dans ce conflit jusqu'alors administratif entre l'Usine et le Canton, ne concerne au fond le conseil municipal. C'est une affaire cantonale que gère (mal) Monsieur Maudet magistrat de police cantonal. Ce dernier a bloqué le versement de dons de la Loterie Romande, il instrumentalise maintenant sciemment le conseil municipal de la Ville de Genève pour forcer l'Usine à plier. Cela n'est pas démocratique. Le chantage institutionnel n'a pas sa place dans notre République. Etre chargé de garantir la loi et son application, ne signifie pas faire usage de la loi du plus fort. C'est mal interpréter l'esprit de la loi, en détourner l'usage, que de prétendre l'appliquer à son unique avantage.

 

L'entière responsabilité des violences et déprédations qui pourraient découler de l'attitude irresponsable et dangereuse de la droite, ainsi qu'à Monsieur Maudet, pyromane en chef, devront lui être imputée. 

Ceux qui ont choisi, bien au chaud sur leur siège, de couper des subventions, de saboter une institution culturelle pour l'empêcher de fonctionner en conformité avec la loi, de punir tout un public la fréquentant, ont opté pour la voie de la violence institutionnelle.

Cette droite destructrice, irresponsable, a jeté de l'huile sur le feu et sciemment déclaré la guerre à l'Usine. 

On ne peut que craindre désormais le retour de flamme.  

 

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La culture rend-elle heureux?

culture,heureux,classes sociales,médiationLa culture rend-elle heureux? C'est la question qui a été posée dans une étude récente qui vient d'être publiée par le Département fédéral de l'intérieur. publikationen.html?publicationID=6750

 

Pour cette étude, une définition élargie des pratiques culturelles a été pris en compte. Il s'agissait autant des activités de loisirs (fêtes, sport) que des activités particulières (fréquentation des bibliothèques, cinémas open air, festivals de films). L'objectif avoué étant d'évaluer la satisfaction dans la vie.

Il en ressort des enseignements, certes globaux, mais intéressants. Par exemple, que les institutions culturelles les plus fréquentées sont les cinémas, que plus de quatre personnes sur dix ont fréquenté des concerts de musiques actuelles en Suisse; un pourcentage analogue de la population (41%) ayant assisté à des spectacles de culture classique, comme une pièce de théâtre, un concert de musique ou de danse. Enfin, qu'un peu plus du quart de la population a fréquenté une bibliothèque ou une médiathèque pour ses loisirs durant l'année. Que disent au final ces chiffres? Qu'une bonne accessibilité à la culture, garante d'une bonne qualité de vie, est disponible en Suisse et que la population en use avec profit.

Avis à ceux qui veulent raboter dans la culture: autant dire qu'ils s'attaquent directement au bien être.

Poursuivons la lecture de cette étude. 71% de la population suisse a participé au moins une fois durant l'année à une fête, qu'elle soit du premier août, au carnaval, à une fête de quartier ou de village. Preuve que la culture, dans son acceptation large et participative, est grandement investie et contribue à la qualité de vie et au sentiment d'appartenance.

La population suisse, dans son ensemble, exprime un degré de satisfaction dans la vie élevé à très élevé. La fréquentation de spectacles de culture classique (théâtre, musique classique, ballet) et de manifestations de culture populaire (musique folklorique, théâtre populaire ou amateur) -avec toutes les réserves que l'on peut émettre sur ces catégories- augmente les chances de faire partie des personnes très satisfaites dans la vie.


Des différences significatives entre les classes

Mais cette étude donne aussi des renseignements intéressants sur les profils socio démographiques. 30% des personnes diplômées du secondaire I ont visité des monuments et des musées contre près de 80% pour celles du degré tertiaire! Les personnes d'âge moyen et avancé, bénéficiant d'un revenu élevé et surtout d'un niveau de formation tertiaire sont surreprésentées. A contrario, les étrangers, les jeunes et les personnes moins formées par exemple, y sont sous-représentés. Il y a de réelles différences de classes dans l'accessibilité à la culture. Et sans surprises, ce sont les classes les plus précaires qui en bénéficient le moins.  

Si la culture rend heureux, elle bénéficierait avant tout à ceux qui... le sont déjà, ou en tout cas qui bénéficient, du fait de leur revenu, âge, santé, logement, des conditions favorables pour en profiter. Or, si la culture contribue à être heureux, il est important qu'elle soit un facteur de lutte contre les inégalités sociales et partant, des risques de ruptures et tensions dans la société.

Son accès devrait donc être facilité pour les publics moins favorisés et des entreprises de médiation à leur intention spécifiquement développés.  Sinon, on risque d'aller vers une culture de classe, et donc, paradoxalement, un culture qui, incluant moins, exclut.

Que les classes privilégiées le soient et demeurent heureuses d'aller au musée n'est pas un enjeu prioritaire des politiques publiques.

Mais que les personnes les plus précaires et sur les marges puissent, par le biais de la culture, développer des liens sociaux et développer leur capital social et symbolique, en est un, de toutes évidence, pour la collectivité. 

C'est à mes yeux l'enseignement important à retirer de cette étude.

 

11:52 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, heureux, classes sociales, médiation | |  Facebook |  Imprimer | | |

14/10/2015

Je vote moi non plus

Ce dimanche, l'abstentionnisme risque malheureusement d'être le meilleur élu lors des élections fédérales. Ce serait une leçon pour les partis, ou plutôt un désaveu, voire un désamour de la chose publique.

Mais pourquoi la politique fédérale et les enjeux autour des représentant-e- genevois-e-s à Berne passionnent si peu? Le citoyen a-t-il le sentiment de ne pas avoir assez de contrôle. C'est trop loin, trop abstrait ? Il y a trop de listes ? Les retours du terrain témoignent d'un sentiment d'être perdu devant la quantité de papillons dans la boîte aux lettres transformée en urne, des difficultés à comprendre les enjeux, voire les règles du vote (liste, panachage, biffage, etc.). Ce cumul de difficultés, à laquelle se rajoute le manque d'insertion sociale d'un nombre grandissant de citoyen-ne-s explique pour partie la faiblesse des votes.

En Suisse, on vote environ 4 fois par an. Un-e- citoyen-ne modèle votera environ 250 fois durant sa vie! Le système est complexe, particulièrement pour ceux qui sont maintenus à distance de ses enjeux. L'insertion sociale et économique est un facteur important de participation. Plus le niveau de qualification augmente plus on participe. Le fait de payer des impôts serait un élément prépondérant à la participation. Au final, c'est en s'engageant que l'on est toujours plus engagé, en votant que l'on s'habitue à voter (comment renforcer ce cercle vertueux?).

 

Une démocratie qui exclut ?

Notre démocratie représentative ne représente pas assez bien sa diversité. Or, si la composition des parlements reflète imparfaitement la diversité de la population, c'est toute la légitimité de notre démocratie qui est en péril. Des groupes manquant de modèles de référence désinvestissent le champ des élections. Il y a trop peu de femmes dans les parlements (30% en moyenne) de jeunes (2%), et de représentant-e-s des minorités visibles. Autant de facteurs qui provoquent le retrait, le désintérêt, puis l'oubli du politique par nos concitoyen-ne-s. L'usage de la langue unique et la difficulté pour des suisses non-francophones de saisir facilement les enjeux est un facteur excluant de plus. 

 

Les jeunes : on en parle !  

La chancelière Anja Wyden relevait, lors d'une journée de réflexion dédiée à la jeunesse et la citoyenneté, la faible participation électorale des jeunes. En 2013,  les taux de participation étaient, selon les classes d'âge de : 34.3 % pour les 18-19 ans. De 31.3% pour les 20-24 ans; de 31.4 % pour les 25-29 ans. En comparaison : la classe d'âge des 70-74 ans votent à  68.9% ! Et la population totale à 48.8%.

La participation des jeunes varie toutefois suivant les thèmes. Lors des votations sur l'école (novembre 2010), le tabac (2008), la gratuité des transports publics genevois(2008), ou l'initiative pour abroger le service militaire obligatoire (2013), les jeunes se sont mobilisés ! Leur comportement électoral tend vers plus de flexibilité et d'intermittence dans un contexte social marqué par la défiance et la protestation envers les associations et les grands partis (devenus plus suspects). 

Chacun-e est aujourd'hui plus seul dans la construction de son identité. La citoyenneté est alors plus critique, mais aussi plus individuelle (le chacun pour soi, tend à remplacer le un pour tous, tous pour un). Refuser de se faire enfermer dans une norme préétablie conduirait à ne plus voter pour affirmer sa différence (sauf que c'est devenu... la norme).

 

Dedieu on vote ou bien ?

On se politise désormais de plus en plus contre que pour ! On a basculé dans une citoyenneté du rejet, de la réaction, ou il est plus commun de râler que de s'engager!

Pour lutter contre ce mouvement, il faut continuer d'agir à différents niveaux et à travers des actions de proximité. Citons-en quelques unes  :

  • La sensibilisation, via des clips, des brochures, des bandes dessinées, les réseaux sociaux: utiliser ces moyens d'une manière ludique, constructive et non rébarbative. Regagner la confiance. 
  • Les contacts de proximité : toucher les gens par des discours portés par des modèles, d'une manière simple, directe. Trouver l'émotion, la passion. En faisant des porte à porte, des stands, des téléphones, des repas communs, employer tous les moyens à disposition pour ouvrir le débat et surtout ECOUTER ce que chacun-e- a à dire! 
  • L'éducation : L'école joue un rôle clé, tant par des cours sur la citoyenneté que l'organisation de débats en son sein, appuyés par des dossiers pédagogiques, avec des projets d'initiation des jeunes à ce qu'est la vie parlementaire. La famille est le premier lieu de transmission des savoirs, comment y favoriser la parole politique ? 
  • Des expériences  participatives:
  • Cinécivic (concours de films et affiches pour les 15-25 ans) où l'on constate que ce sont les jeunes qui savent le mieux parler aux jeunes!  http://www.ge.ch/cinecivic/
  • Easy Vote, visant à promouvoir le vote grâce à du matériel de vote simplifié et à des mesures de sensibilisation adaptées aux jeunes) www.easyvote.ch
  • Des événements médiatiques: par exemple la Semaine de la démocratie organisée par la chancellerie qui vise, grâce à des conférences publiques, forum, spectacles, expositions, à échanger et débattre du vivre ensemble et de la démocratie. :  http://www.semaine-democratie.ch/

 

Voter: un respect de soi

L'abstentionnisme n'est pas une fatalité.

Pour que le "je vote moi non plus" se transforme en "Je vote moi aussi!" ce sont un cumul d'actions et d'engagements qu'il faut engager dans la durée... mais c'est aussi un geste très simple à faire : celui de voter. 

Le 18 octobre, définitivement: JE VOTE! par amour pour la démocratie et parce que je me respecte en tant que citoyen-ne.

Et vous?

 

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08/10/2015

A ceux qui peuvent encore dire oui

oui...

A ceux qui écoutent

A ceux qui veulent comprendre

Aux roues de secours

A ceux qui changent les choses

A ceux qui retournent les lignes

Au cric dans le coffre

Aux croisées des chemins

A ceux qui se lèvent à l’aube   

Au pouvoir du changement

Au respect des paroles données

Au sucre sous la langue

Au suc des plantes

Au jus des oranges

Aux voûtes gothiques

Aux orages l’été

Aux volutes de fumées

A la résistance des fleurs

Aux orgues de Bach

Aux fanaux des baleines

Aux peines minimales

Aux refrains des rorquals

Aux nuits andalouses

Aux deuxièmes chances

Aux troisièmes et même plus

Aux encore

Au crédit sans caution

Au service public

Aux cinq doigts de la main

Aux libertés totales                         

Aux chutes sans gravité

Aux remontants rapides

A l’apprentissage qui rentre

A l’été indien

Aux prudences de Sioux

Aux casse-noix et au sprint final  

Aux atolls aux tortues

Aux troupeaux de bisons

Au schuss à la danse   

Aux bouchons sans champagne

Aux bouteilles à la paille

Aux poches à double fond

Aux présences des pairs

Au repère des phares

A Jaurès à Ziegler et Sénac

A Erri à Rouillan et frère Roger

Aux hérissons sous les feuilles

Aux sursauts salutaires

Aux grand huit aux montagnes ukrainiennes

Aux Syriens sans Assad

Aux Russes sans Poutine    

Aux éclipses solaires

Au Liban au Lignon

Aux Grisons à l’Irlande 

Aux théologies de la libération

Aux démarches délicates

Aux pas de côté au retrait stratégique

A l’arôme du café 

A l’amorce des bombes 

Aux marchés de Provence  

Aux préavis de grève

Aux cheveux de Jason

A la barbe d’Ulysse

A la mort des forfaits fiscaux 

Oui...

A la vitesse des lièvres

Aux prophètes du bonheur

A Jérusalem capitale Palestinienne

Aux tisons à la braise

Aux langues liées 

Aux passages de frontières

Aux terriers des renards

Aux remèdes des plantes

Aux becs des corbeaux 

Aux crapauds aux princesses

Aux miracles invisibles

Aux essais transformés

Aux questions sans réponses

Aux sorbets de cassis   

Aux refuges en forêt

Aux loukoums et kiwis

Aux coulis, confiseries

Aux sardines grillées

Oui...

Aux pieds nus dans les prés

Aux canapés pour deux 

À la mousse sur la bière 

Au hamac sous le chêne  

Au baiser contre l’arbre

A ceux qui ne sont plus là  

Aux réponses qui fusent

A ceux qui disent sans délais

Aux peigneurs de girafe

Aux boules à facettes

Au présent : éternel

Au tout premier pas

Aux ceintures de sensibilité   

Aux fétiches aux totems 

Aux pacifistes résolus 

Aux insomnies douces

A la lutte des classes

Aux cerfs-volants au vent

Aux micmacs et schmilblicks

Au milk-shake

Aux pommes duchesses

Aux brioches et au schnaps

A l’orgasme et au cri   

Aux silences débordants

A la glu qui recolle

Oui... 

Aux loyers plafonnés

A ce qui s’est échappé

A ce qui reviendra

Aux livres et à l’éclair

Aux grappes de raisin   

Aux surréalistes

A la bienveillance des bègues

Aux lignes le long des touches

Aux poires blondes

À la foi des montagnes

Aux bonhommes de paille

A la force des poignets

Aux chevilles ouvrières

A la neige d’avril  

Aux gouttières quand il pleut

Aux bulletins météo

Aux ombrelles chinoises

Aux empreintes dans le sable

A la pluie au désert 

Aux marées montantes

A Mahmoud Darwich

Oui...

Aux rencontres improbables    

Aux musiques intérieures

Aux tendresses et aux rêves

Aux fidélités sans failles   

Au droit au retour

A la trêve

Aux terres ancestrales

Aux formules magiques

Aux oreilles débouchées  

Aux machines sans billets

Aux quittances sans reçus  

Aux formules secrètes

Aux incantations libres

Aux frissons

Au regard pour les vagues

Aux armes enrayées

Au romantisme.0

A la force d’y croire

A la souplesse des genoux

Au souffle continu

Oui... 

Aux parachutes bien pliés

Aux rebonds imprévus

A l’ouverture des portes

Aux chansons fredonnées

Aux buts avec son camp

Aux refrains sans reprises 

Au saut à l’élastique

Au temps des cerises

Aux balançoires en bois

Aux briques des barricades

Au thé frais à la menthe sauvage

Aux bêtes sauvages

Au feu doux

Aux coussinets des chats

Aux étoiles fugaces  

Aux camisoles pour ego

Aux jeux de langage

A l’insouciance

Oui...

Aux prières silencieuses

Au pouvoir d’aimer

Au silence l’été

Au ciel toute l’année

A celles qui n’ont pas peur

A ceux qui peuvent encore dire oui.

 

16:04 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : oui | |  Facebook |  Imprimer | | |

07/10/2015

A ceux qui ne savent plus dire non...

 

Non ....

Aux pompiers pyromanes

Aux concasseurs de cœur

Aux briseurs de grève

Aux faiseurs de crises

Aux cerises pas mûres

Aux statues sans sourires

Aux églises sans prières

Aux sauveurs sans idées

Aux sauts sans esprit

Aux nombrils sans rebords   

Aux yaourts fermentés    

Aux rivières sans retour

Aux océans bornés

Au ciel sans soleil

Aux nuages sans pluie

Aux menottes attachées

Aux traces qui se perdent

À l’absence de grâce

Aux pentes sans secousses

Aux piscines trop chlorées

Aux couteaux dans la manche  

Aux buvards imbibés  

Aux éponges délavées

Aux essais nucléaires

Aux scooters sur les pistes TPG

Au babil politique

Aux serpents dans la mer

Aux cernes des couleuvres   

Aux amendes aux cyclistes

A tout ce qui clignote

Aux élans suspendus

Au service sans merci

Aux mécènes miséreux  

Aux tueurs de bête

Aux vols spéciaux

Aux avions sans retour

Aux faiseurs d’esclaves

Aux esprits séparés 

Aux loyers abusifs

Au Ragusa sans noisettes

Au Rivella sans sport

Aux raquettes au vestiaire

Aux abeilles qui meurent

Aux barreaux mal sciés  

Aux marches manquées 

A la chaise électrique

Aux cheveux sur la langue  

Aux preneurs d’otage

Aux demandes de rançon

Aux appels en absence

Aux connexions trop lentes

Aux tigres édentés  

A l’humain comme une chose

Aux titres dans le texte

Aux menus sans sel  

Au lustrage des poils

À l’arrachage d'ailes

Aux bunkers pour les noirs

Aux abbés abuseurs

Aux cailloux dans les pompes

Aux curés à bout de nerf

Aux poules sans têtes 

Aux grands noms

Aux vis desserrées

Aux mineurs dans leur Porsche  

Aux brouettes rouillées

Aux navets à la cave

Aux pommes en novembre 

A ceux qui ne sautent plus

A ceux qui ne peuvent pas   

Aux ampoules dans les mains 

Au pétrin

À servir la soupe

A l’orage qui vient 

Aux tiroirs qui grincent

A l’office des poursuites

Aux jeteurs de sort

Aux tireuses de cartes

Au sens unique

Aux fosses marines

À l’ours sans banquise

Aux astrologues avides

Aux tartes à la crème

Aux pilules amères

Aux billots sous la tête

Aux rats des villes

Aux champs rasés 

Aux fantômes aux fantoches

Aux couches pour les vieux

Aux sous-titres décalés

Au dimanche à l’usine

Au Noël sans cadeaux  

Aux cadenas aux compteurs

Aux bouchons sur la route  

Au pouvoir des tristes    

A la foi sans blasphème

Aux charentaises en solde

Aux chats sans gouttières

Aux héritages automatiques

Aux enfances sans amour

Aux donneurs de leçon  

Aux salaires sans mérite

Aux oiseaux sans nichées     

Aux anniversaires gâtés 

Au mal que l’on partage

Au compte à rebours

Aux os à moelle

Aux fleuristes fanés  

Aux âmes perdues

A l'amertume du miel

Aux rasoirs jetables

Au guide Michelin

À ceux qui se la ramènent

A ceux qui s’y oublient

Aux silences pesants

Aux tambours des bottes 

Aux trous dans les chaussettes

Aux baignoires bouchées

Aux arrêts cardiaques

A ceux qui se sont pris pour d’autres

Aux paris truqués

Aux perruques mal fixées

Au tiercé dans le désordre

A Blatter à Blocher au Sida

Au désordre général

Au casse-pipe

Aux éclats sans lumière

Aux cartes cumulées

Aux géraniums en plastique

A ceux qui ne s’opposent plus

A ceux qui ne savent plus dire non.

11:49 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : non, et non | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/10/2015

Nouvelle comédie : terrorisme culturel du PLR.

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Le PLR a tombé le masque ce mardi en commission des travaux, refusant le vote sur le théâtre de la Nouvelle Comédie. Comme un mauvais acteur il essaie maintenant de se rattraper en invoquant divers arguments, tous plus spécieux les uns que les autres.    

 

Lien avec la répartition des tâches Ville-Canton

Le PLR prétend que son refus doit être pensé dans le cadre d'une négociation de la répartition des tâches entre Ville et Canton. C'est lâche et mensonger. Cette manoeuvre vise à ne pas assumer sa casse. Cela me fait penser aux agresseurs qui prétextent un mouvement de leur victime pour justifier de leur être tombé dessus. Le PLR est, au final, tellement lâche qu'il ne peut même assumer de l'être et doit encore se dédouaner sur la Ville.  

Le député PLR et promoteur Frédéric Hohl exprime, dans l'émission Genève à Chaud, sa volonté de faire un deal au détriment de la Ville et de la Culture. Selon lui, si à l’issue de la répartition des tâches, la Nouvelle Comédie devenait municipale, le Canton ne mettrait pas 45 millions. Mais, à l’inverse, si la Nouvelle Comédie devait devenir cantonale, il ne s’engage bien entendu pas à mettre les 53 millions de plus et à dédommager la Ville pour l’important travail de maîtrise d’ouvrage déjà entrepris! Monsieur Hohl joue là avec la Nouvelle comédie comme un joueur de bonneteau avec sa bille. Il faut l'arrêter. Cet homme, promoteur culturel, est empêtré dans ses conflits d'intérêts.

 

On ne peut pas jouer ainsi avec des institutions d'importance stratégique pour Genève. Dans le Temps [1], le même Frédéric Hohl annonce encore vouloir mettre de nouvelles conditions à la Ville en la poussant à garder la Comédie sous son aile. Cela revient de fait à enterrer le projet, car la Ville de Genève n'aurait probablement pas les moyens de le reprendre entièrement. Elle n'est pas riche, elle planifie simplement mieux ses investissements.

Alors qu'un projet collectif Ville-Canton est sur le point d'aboutir, il faudrait le voir se briser ? Cela serait désastreux pour Genève. 

 

Certains ont brûlé des livres, d'autres veulent fermer des théâtres

Le PLR, dans son terrorisme culturel, est prêt à laisser mourir l'actuelle Comédie sans la remplacer. Cela revient de fait à condamner un théâtre. Trucider un projet d'importance stratégique pour Genève parce qu'il est culturel, c'est du terrorisme, pas de la gestion.

Quand il s'agit d'investir dans les routes et les prisons, le PLR n'est jamais à court de dépenses. Mettons en perspective le projet de la Nouvelle Comédie avec, par exemple :

  • Les 3000 à 4000 millions !  pour l'hypothétique traversée du lac qui déboucherait en pleine campagne et dont Berne a dénoncé le caractère inutile.
  • Les 289.5 millions! pour une prison (établissement pénitentiaire des Dardelles).
  • Les 151millions pour la réfection de la route de nations.
  • Les 43 millions pour la relocalisation de l’office cantonal des véhicules.
  • Les 58 millions uniquement destinés à la simple rénovation de l’Hôtel des finances.

Et demandons-nous alors au nom de quoi le PLR veut désormais supprimer la Nouvelle Comédie ? Pas au nom de la bonne gestion, car ce nouveau théâtre c'est à peine ce que coûterait un nouvel avocat PLR aux HUG !!!

 

La Nouvelle comédie est l'avenir de Genève

La Nouvelle comédie est un théâtre qui comprendra 750 places réparties en deux salles de 500 et 250 places (en plus de deux espaces de répétition de 100 places chacun et d’un restaurant avec une centaine de places également).

Elle a été pensée comme une véritable fabrique des arts de la scène, regroupant en un même lieu des ateliers de décors, de costumes, des espaces de répétition, etc… qui seront rendus accessible au public, qui pourra ainsi découvrir les différents métiers du spectacle.

La Nouvelle comédie permettra d’accueillir les grandes productions européennes, ce qui manque aujourd'hui, tout en offrant la possibilité de créations locales ambitieuses qui à leur tour tourneront dans le monde.

Des questions d'ego et de conflit d'intérêts au PLR casseraient plus de 20 ans de travail sur ce projet ?

La Nouvelle comédie : un projet qui ne date pas d'hier

La Nouvelle comédie s’inscrit dans le cadre du nouveau quartier qui se construit autour de la future gare des Eaux-Vives. Ne pas réaliser ce théâtre revient à laisser un gigantesque trou, sur lequel il coûtera beaucoup plus cher de construire quelque chose plus tard.

Dans une période troublée comme celle que nous vivons aujourd'hui, où nous sommes en manque de récits pour raconter le monde, et y trouver notre place, le théâtre a un rôle particulier à jouer comme espace de parole, de création, de lien. Il y a déjà trop de trous et pas assez de projets de qualité. Ne les cassons pas!  

 

La culture : une richesse à cultiver

La Nouvel comédie est un équipement culturel qui sera au cœur de la région, accessible facilement et rapidement. C’est un théâtre qui fera rayonner Genève et dont notre Canton tirera bénéfice.

Si le PLR n'en a pas voulu mardi en commission des travaux, s'il a balayé ce projet avec mépris, pour des raisons de calcul politique et comptable, il faut désormais espérer qu'au sein de ce parti certains reviendront à la raison, arrêteront de jouer avec les institutions stratégiques comme au bonneteau et que les terroristes culturels seront mutés à la commission de la santé... s'il veulent vraiment faire des économies, ils pourront s'attaquer aux caisses maladies privées.       

 

 

[1] http://www.letemps.ch/culture/2015/10/01/guerre-position-autour-nouvelle-comedie

 

 

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01/10/2015

Le droit de mourir dans la dignité

Est-ce qu'un être humain a le droit de décider de sa vie et de son cours? Oui! Est-ce qu’un être humain a le droit de décider de sa mort, du moment où il souhaite arrêter celle-ci ? Oui. Le pouvoir des prêtres et des médecins sur le droit à mourir des gens devrait appartenir à un autre siècle.

C'est à chacun-e- de décider aujourd'hui, librement, ce qu'il souhaite faire de sa vie et de la fin de celle-ci. La question de mourir dans la dignité est complexe et soulève des questions éthiques et légales, mais comment un humain peut-il se prétendre libre si sa mort ne lui appartient pas?


Quand l’homme est libre de décider de sa vie, il doit être libre de décider de sa mort.

Il est important de relire les philosophes grecs, les stoïques, et même des chrétiens; certains ont une option bien éloignée de celle de « la vie à tout prix » (et contre la vie même) que des églises ont suivies. 

Hans Küng, théologien suisse, nous rappelle [1] que le choix de mourir peut aussi être un geste de confiance en Dieu et d'abandon dans la confiance. L'acharnement médical n'est pas un geste à soutenir; avoir le droit de disposer de sa vie inclut le droit d'exercer son droit à partir. On peut lire dans ce geste une confiance et une spiritualité forte. Il est important et urgent de sortir du tabou qu’occasionne la mort pour la regarder en face, qu’elle soit vécue de la manière la plus digne et respectueuse possible.

Des situations disparates

Aujourd’hui, en Suisse, suivant les cantons, que ceux-ci soient de tradition catholique ou non, de telle ou telle obédience politique, qu'ils aient légiférés ou pas au sujet de la fin de vie (Vaud, Neuchâtel l'ont fait, toujours pas Genève),  et que la personne en souffrance soit en EMS, en hôpital ou à la maison, son droit de disposer de  sa mort n'est pas garanti.  Cela est-il équitable ? Non.  Cela est-il juste ? Non. Il est urgent de légiférer au niveau fédéral afin de garantir le même droit à mourir pour toutes et tous.

 

Distinguer clairement suicide assisté et euthanasie

Une distinction claire doit être ici posée entre le suicide assisté et l’euthanasie. Le suicide assisté est l’acte libre et éclairé d’une personne qui souhaite mourir dans la dignité. L’euthanasie est une décision prise par d’autres au sujet d'une personne qui l'élimine sans son consentement. Légiférer sur le droit au suicide assisté au niveau fédéral permettra de clarifier cette distinction et de protéger le droit à mourir dans la dignité avec un cadre clair pour tous.

Dans le suicide assisté, la personne qui se suicide doit être :

  • Consciente
  • Capable de discernement
  • Pouvoir physiquement avaler une substance ou tourner un robinet de manière autonome.

 

Attention, cela exclut de fait un certain nombre de personnes qui ont dépassé ce stade et désirent mourir. Cela exclut tous les malades psychiques et les nombreuses et même très nombreuses démences séniles et provoque actuellement ne nombreuses situations de conflit. Exemple : une personne  au début d’une évolution démente demande de mourir « avant de devenir gaga ». Le psychiatre certifie qu’il n’y a pas de capacité de discernement. Que faire?  Aujourd'hui, il faut renoncer devant le diagnostic psychiatrique. Il s’ensuit une terrible souffrance de la personne qui demande l'intervention.

 

Le droit à mourir dans la dignité ne doit être confisqué ni par les psychiatres ni par les comptables.

 

Le droit à la vie et à la mort doivent être sortis du système capitaliste, monétaire. En cela, la liberté doit être donnée à chacun de pouvoir choisir sa mort, en toute connaissance de cause, avec l'aide et l'accompagnement nécessaires. Le vieillissement de la population et les volontés de réduire les coûts de la santé, risquent de ramener le droit à la vie à un enjeu commercial, monétaire, ou de pouvoir. Il faut bien regarder la situation en face, on ne peut fermer les yeux.  

 

 

EXIT prend de l'ampleur

Aujourd’hui,  l’association Exit ADMD (Association pour le droit à mourir dans la dignité)[2]  ne cesse de prendre l’ampleur (22'000 membres en Suisse romande et presque 100'000 en Suisse allemande). Le nombre d’adhérents est toujours plus grand (environ 3'000 en plus chaque année en suisse romande). Cette association répond au besoin largement partagé de mourir dans la dignité.

Chacun-e- devrait, aujourd'hui, en Suisse, pouvoir envisager avec sérénité sa fin de vie. Le besoin de ne pas souffrir ni d’être grabataire doit être entendu. Libre à chacun-e- de l'apprécier en pleine conscience.

 

Vivre dans la dignité, c'est avoir la garantie de pouvoir mourir librement, avec une information éclairée et un cadre juridique clair pour toutes et tous. La vie est un bien trop précieux pour accepter de la laisser aux prêtres, aux psychiatres, aux comptables.

 



[1] http://www.letemps.ch/Page/Uuid/633470aa-65fb-11e5-a712-c5802dca2ce2/Hans_K%C3%BCng_envisage_de_choisir_sa_mort_en_croyant

[2] http://www.exit-geneve.ch/

08:21 Publié dans Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : exit, fin de vie, suicide assisté | |  Facebook |  Imprimer | | |

23/09/2015

Pourquoi je suis candidat au Conseil National

Pourquoi tu veux y aller, pourquoi es-tu candidat au National ? Cette question on me la pose tous les jours, ou presque. Ma réponse est la suivante :  une société plus juste est possible. Elle ne tombera pas du ciel. 

 

Si je peux comprendre que le politique ne fasse pas toujours rêver, il me semble mille fois préférable d'agir, de s'engager, que de subir. Même dans une démocratie participative comme la Suisse, 95% des objets votés au parlement ne seront pas soumis au peuple. C'est finalement un petit 5% sur lequel on peut se prononcer directement. Le gros des décisions sont prises à Berne, sans même que l'on s'en rende compte. Elles ont pourtant un impact direct sur nos vies. Voter c'est décider, ne sous-estimons pas les élections. [1] Et être candidat c'est finalement la meilleure manière d'être bien représenté, et de prendre son destin en main. 

 

Mon engagement est basé sur 3 axes principaux :  le social, la place de la Suisse en Europe, les réformes fiscales à venir.

 

Le Social

Par mon engagement professionnel, je suis au quotidien, interpellé par les questions sociales. Je ne suis pas convaincu en l’état par la réforme des rentes AVS et du 2e pilier qui occupera le parlement ces prochaines années.

Ce n'est pas une politique progressiste de faire passer l'âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans, d'abaisser fortement le taux de conversion des rentes du 2e pilier, et d'augmenter massivement la TVA en faveur des retraites.

Elu au parlement, je travaillerais d'arrache-pied, durant ces prochaines années, pour que ce projet devienne véritablement social. Les rentes de l’AVS doivent être augmentées de 10%, sans relèvement de l’âge de la retraite. A travail égal, salaire égal, il n'est pas juste que les femmes travaillent plus et plus longtemps pour des salaires moindres.

 

La place de la Suisse en Europe

L’UDC devrait être rebaptisée l’Union of Dead Children : l’Union des enfants morts. Ce parti xénophobe, qui fait petit à petit de la Suisse un pays renfermé sur lui et isolé, est directement responsable de la mort de centaines de gens, par les restrictions du droit d’asile qu’il a initié, l’interdiction de faire des demandes d’asile depuis les ambassades, et sa politique de défiance vis-à-vis de l'autre.

La Suisse est un pays vieillissant. Nous ne survivrons pas sans apport extérieur. La Suisse doit être responsable et avoir une vision d’accueil réactive. Elle n’a pas le droit de laisser mourir des enfants à sa frontière et s’en laver les mains.

La votation du 9 février 2014 a montré que l'UDC voulait casser ce qui a fait la richesse de la Suisse : sa capacité pragmatique, innovante et accueillante.

Laisser ceux qui font commerce de la peur devenir les fossoyeurs de la Suisse ? Jamais! 

 

Les réformes fiscales

En prévision de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), il faut bien entendu que la Suisse demeure économiquement compétitive. Mais elle ne doit ni brader son potentiel ni le faire au détriment des citoyen-ne-s. Il n'est pas juste que ce soient toujours les mêmes qui profitent de la croissance. Et il n'est pas équitable que la richesse bénéficie à un petit nombre pendant que les inégalités s'accroissent.

Virer du parlement celles et ceux qui font profession de servir les lobbys avant la démocratie est urgent! Elire c'est choisir, c'est éliminer aussi.

Ce ne sont pas aux travailleurs d’être les variables d’ajustement et de faire les frais des politiques d’austérité. Renforcer la protection contre les licenciements et préserver les chômeurs et chômeuses âgé-e-s du chômage de longue durée, imposer l’égalité des salaires à travers des dispositions contraignantes et des conventions collectives de travail, doit se faire à l’échelon national. 

Il n’y a pas de fatalité qui préside au fait que notre société soit de plus en plus inégalitaire.

 

Genève dispose d'un formidable potentiel de développement. Nous n'avons pas encore su le mettre en valeur, ni le défendre à l'échelle fédérale. Notre région dispose de ressources et d’un bassin de compétences peut-être unique au monde. Pourquoi je suis candidat au Conseil National ? Parce qu'une société plus riche, plus juste, est possible. 

 

Qui je suis

Je suis né il y a 40 ans à Toronto, Canada. Fils d’un médecin suisse et d’une infirmière française. Professionnellement, je travaille dans le domaine social. Mon engagement associatif est marqué. Je suis membre du comité de l’ATE, Association Transports et Environnement,  d’Appartenances: association proposant des soins psychologiques, un soutien et une intégration des personnes migrantes; d’Aspasie et de Boulevard: associations défendant les droits des personnes qui exercent le travail du sexe.

 

Je siège depuis 5 ans au conseil municipal de la Ville de Genève, à la commission de l’Aménagement et de la Culture, ayant assuré la présidence de cette dernière en 2014. L’écriture, comme la parole, est un outil pour travailler les consciences et les coeurs. Je suis engagé dans le collectif Art et politique (Kunst und Politik). En parallèle de ce blog, j'écris des nouvelles et de la poésie, parce que je crois que l’Homme construit ses conditions de vie et qu’il n’y a nulle fatalité dans ce monde.

 

Une société plus égalitaire est possible. Elle ne tombera pas du ciel. 

 

 

[1] http://www.sept.info/club/ne-estimons-elections-voter-cest-decider/

 

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www.sylvainthevoz.ch

 

 

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16/09/2015

Bouchons à Genève : une explication

 

La fable du selfie et de l'habitant

 

Le selfie, ayant chanté

Tout l'été,

Se trouva fort dépourvu

Quand l’automne fut venu :

Pas un seul petit travail

De pont ou de route réalisé

Le selfie alla crier famine

Sur les réseaux sociaux, dans l'Illustré, comme à son habitude,

Priant aux habitants de lui prêter

Quelque crédit pour subsister

Jusqu'à la saison nouvelle.

 

-Je vous paierai, lui dit l'habitant,

Si vous arrêtez enfin

De vous répandre sur les réseaux sociaux

Et vous mettez au travail!

 

L’habitant n'est pas dupe :

C'est là sa grande qualité.

 

-Que faisiez-vous au temps chaud ?

Dit-il au selfie, ce grand planificateur

 

- Nuit et jour à tout venant

Je faisais des selfie, ne vous déplaise.

 

- Vous faisiez des selfie ? j'en suis fort aise.

Eh bien maintenant mettez-vous au travail

 

On ne roule plus dans cette ville, ni aux Charmilles ni au Pont du Mont-Blanc

Sortez donc du monde virtuel que l'on sorte des bouchons ! 

 

Genève, 16 septembre 2015, 17h04 :

un habitant coincé dans le trafic, relisant Jean de La Fontaine pour passer le temps....

 

 

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13/09/2015

Genève, ville de confluences

Un dimanche à marcher dans la rue de la Gravière, entre deux immeubles d’un gris insondable. A gauche : un hôtel de police, à droite, des commerces. Au milieu, un ruban de bitume. Le mot Gravière est riche de raclements, de galets roulés. Il est aussi une invitation à une belle échappée. C’est peut-être le rôle du « v » comme une vague levée au milieu du mot.

On prend là conscience que Genève n'a jamais été une cuvette. C'est un lieu meuble, en formation, que creuse le courant d'un fleuve, une rivière. Une ville qui a toujours été un lieu de confluences et de passage, d'accueil et de départs, de refuge sur le fleuve de la vie.    

Genève, ville d'eau

Entrer dans la rue de la Gravière, c’est tourner le dos aux entrepôts, à une bretelle d’autoroute, à l’empilement des cubes de la zone industrielle, se rappeler que Genève est une ville d'eau. Et l'eau, c'est la vie, un constant renouvellement.

Au bout de cette rue, il y a un rideau d'arbres portant une invitation à s'y glisser pour basculer dans la féerie : l’Arve, ondoyante, qui vient de France voisine... et y retournera, à Marseille.

Là, on va de l’ordonné à l’organique. On part du béton pour l’aquatique, emprunte une voie rectiligne qui irrigue la zone industrielle, la rattache à la rivière, aux branchies gonflées des brochets dodus des profondeurs.

On laisse de côté, comme des troncs morts ou les blocs de séracs d'un glacier, une menuiserie, une carrosserie, un institut de danse, d’aérobic ... une nouvelle PME et les projets du PAV.

La rue de la Gravière n’est pas « ONE WAY», nous ne sommes pas aux USA ici, et les passants du dimanche se croisent lentement. Hautes cheminées de fer blanc, trois tubes pointés vers le ciel. Une herse fait résonance avec une autre structure absolument verticale : la Parfumerie, ancienne usine à parfums, désormais dévolue aux arts de la scène.

La Parfumerie et le théâtre du Loup: résurgence des odeurs et de l’animalité : Loup, Terre, Eau. Et puis aussi La Gravière, espace culturel, lieu pour danser, être léger, transpirer. Un espace où se faire bercer ou remplir les oreilles par un flot de musique. A côté, et posé en pleine terre le radeau des Colis du Coeur où se distribuent des rations de survie : à manger et à boire, pour ceux qui sont, dans cette vie, pour un temps, à la rue.

Au sol : les traces des fêtes de la nuit. Le passage est interdit aux voitures. Espace réservé aux marcheurs, promeneurs.

 

Les noms des rues portent les traces de la rivière

Si on remonte l’Arve, on tombe sur la promenade des orpailleurs. On y est dragué vers La rue du clos de la fonderie, puis entraîné vers celle des tireurs de sable. Il est alors impossible d’échapper à la route des péniches. Les rues portent les noms du rapport de l'homme avec son environnement immédiat.

C’est toute une vie et une histoire que la rivière magnétise. Et tout proche, le Rhône: promesse de fugue vers Marseille, ses parfums de fleur d’oranger et de pins, de pétrole et de bouillabaisse. Ou vers l'est : la lente remontée vers un arrière-pays montagneux fait de roc, d’eau boueuse, de bouquetins, et de fromages secs comme du granit.

Genève, ville de confluences, établie sur un fleuve, en mouvement constant, qui se moque des frontières.

Genève, rue de la Gravière, dont l'eau porte le poids... comme la légèreté. 

 

 

19:51 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : géopoétique, gravière, genève. | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/09/2015

Ce n'est pas le genre qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le genre

 

Si la politique est affaire de conviction, pas de genre, si elle est fruit de réflexion, pas de formules à l'emporte pièce, force est de constater toutefois que l'on est loin encore de l'égalité, d'avoir des élu.e.s qui savent sortir des stéréotypes de leur genre. 

 

Certains jouent les gros bras. Ils veulent en politique plus de testostérone, de fermeté, de pseudo muscle et de virilité, tout en évoquant leur crainte de ne pas détenir le pouvoir, haïssant la pleurniche comme ils disent, étalant au grand jour un machisme réactionnaire et fragile. C'est la crainte d'une société trop féminine, trop gentille, trop laxiste qui les anime. Mais jusqu'à quand les posture de mâles dominants vont-il l'emporter dans les urnes? 

 

Ce ne sont pas uniquement des pères qui peuvent être des référents du masculin

 

Freysinger[1] avançait, en 2012 déjà, dans le cadre d'un débat sur l'homoparentalité que parce qu'une grande partie de l'éducation et de l'enseignement relevait déjà des femmes, un garçon sans père ne pouvait trouver un modèle et construire son identité masculine. Il lançait dans la foulée à Antonio Hodgers qu'il avait un problème vu qu'il avait grandi sans son père ... scandale sous la coupole et bonnet d'âne pour l'UDC.

On le sait pourtant, l'absence d'un père n'est en rien synonyme d'absence de référents masculins. Ce ne sont pas uniquement les pères qui peuvent être des référents du masculin... des femmes le sont très bien aussi. Et puis, ce n'est pas le genre qui fait le père, c'est ce qu'il transmet de son coeur, de sa tête et de ses engagements.

Il faut enfin aussi envisager que l'on se construirait parfois mieux sans certains référents masculins...

 

Les politiques machistes font d'autant plus de mal qu'elles ont d'effets sur la gouvernance

 

Ce qui transpire chez les cadors de la droite : le rejet des familles monoparentales et homoparentales, le refus d'une société des différences qui se construit dans le dialogue, le respect et l'écoute, et non pas en mesurant qui a la plus longue.

 

La volonté de montrer à tout prix une posture de dominant est nocive pour la collectivité. La pseudo virilité de façade a ceci de dangereux qu'elle détruit par plaisir de détruire, par peur de se montrer faillible. Si elle trouve du fioul électoral, elle devient un poison pour le vivre ensemble, se sentant ainsi légitimée à jouer des gros bras "tant que ça marche".

 

Non au paternalisme lubrique  

machisme,paternalisme,droite,féminisme,mariage pour tousAujourd'hui, au Parlement fédéral, il y a 60 femmes sur 200 élus. 31% ! C'est grandement insuffisant. Pire, elles sont seulement 9 au conseil des Etats ... soit un minuscule 19%.[2] Cela place la Suisse au niveau moyen européen, devant la France et l'Italie, mais loin derrière l'Allemagne et les pays nordiques [2].

L'homophobie, le sexisme, le machisme demeurent les symboles visibles d'une politique réactionnaire, à majorité portée par des hommes. Certes, des femmes y excellent aussi. Toutefois, le sexe masculin, reste globalement plus réactionnaire, machiste, et homophobe. Le paternalisme lubrique est encore un quotidien du politique.[4]  A nous de le changer.   

 

Ce n'est pas le genre qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le genre


Nul fatalisme. Ce n'est pas le genre qui fait l'homme, c'est l'homme qui fait le genre. Pour ma part, je défends des valeurs socialistes, féministes, d'ouverture et de partage du pouvoir. L'écoute, la créativité et l'intimité sont des valeurs qui ne devraient pas être liées aux stéréotypes de tel ou tel genre. 

Il nous revient de construire avec le genre, une société qui en soit le dépassement. Hommes, femmes, transgenres, ensemble, en plaçant au-delà des enfermements et des stéréotypes, le souci de l'autre et le respect de ses droits, de ses différences et de ses aspirations.

S'affranchir de tous les fondamentalismes et se débarrasser du paternalisme lubrique: une tâche à laquelle nous atteler, au quotidien.  

 

 

[1]http://www.lematin.ch/suisse/oskar-freysinger-moque-antonio-hodgers-/story/13352252

[2]http://www.parlament.ch/f/dokumentation/statistiken/pages/frauen-parlament.aspx

[3]http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/regionen/thematische_karten/gleichstellungsatlas/politik/bund.html

[4]http://www.metronews.fr/info/tribune-anti-sexistes-des-femmes-journalistes-les-hommes-politiques-sont-ils-plus-machos-que-les-autres/moee!5Gq0pnbhdCigo/

 

 

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11:55 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : machisme, paternalisme, droite, féminisme, mariage pour tous | |  Facebook |  Imprimer | | |

08/09/2015

Fêtes de Genève : renonçons à l'événementiel !

Bien qu’elles se terminent chaque année par un joli feu d’artifice, force est de constater que les Fêtes de Genève sont aujourd’hui un bric-à-brac d’animations coûteuses, une sorte de fête foraine dépassée. Les habitants, sous leurs fenêtres ou ailleurs, n’en veulent plus.

L’initiative populaire lancée pour des Fêtes plus courtes et plus conviviales enfonce le clou. Les bastringues d’un mois pour vendre de l’alcool ne font plus rêver. Faut-il faire confiance à Frédéric Hohl pour trouver une solution? Non. L’ancien directeur PLR des Fêtes de Genève les a conduites dans une impasse commerciale et culturelle.

Il faut donc réfléchir autrement qu’avec une ancienne logique. Tout d’abord, se poser la question de la raison d’être de ces fêtes, ainsi que de leur véritable nécessité. Qui les finance pour l’instant? Genève Tourisme. Pour quel public? Des touristes fortunés. Avec quel groupe d’intérêt? Les hôtels luxueux de la rade. Cette équipe n’est pas gagnante. Les habitants héritent des nuisances et de la poudre aux yeux.

 

Genève n’a pas à investir

pour sauver des fêtes qui ne font plus rêver

 

 

Pourtant, ce ne sont pas les propositions culturelles estivales qui manquent à Genève. Elles sont de qualité et… gratuites. Musiques en été, concerts sur la scène Ella Fitzgerald, aubes musicales aux Bains des Pâquis, films en plein air à Ciné transat, théâtre estival de l’Orangerie, grillades et animations dans les parcs et au quai Gustave Ador. Pas un soir sans qu’il ne se passe quelque chose dans notre ville. D’autres communes aussi font la fête (Festival Plein-les-Watts, Jazz à Hermance, etc.,). Et pour les aventuriers qui pensent plus loin que le bout de la rade, le Paléo Festival est à 15 minutes; le Festival de la Cité de Lausanne, tout comme le Montreux Jazz Festival, à une heure.

Face à ce constat, il me semble important de poser la question suivante: pourquoi ne pas renforcer l’existant, tout en développant des événements décentrés dans des quartiers, notamment sur la rive droite, trop souvent oubliée?

Genève n’a pas à investir pour sauver des fêtes qui ne font plus rêver. Plutôt que de frimer pour une clientèle de passage, il est plus important d’investir dans la construction du théâtre de la Nouvelle Comédie sur la gare du CEVA, pour la rénovation extension du Musée d’art et d’histoire, le Pavillon de la Danse. Faisons aboutir ces projets vitaux pour les générations futures, plutôt que de servir des caïpirinhas à foison.

Genève en fête, c’est toute l’année, pas juste un mois l’été avec une gueule de bois ensuite. Nos valeurs de diversité seront mieux défendues et Genève adéquatement mise en valeur si nous renonçons à l’événementiel racoleur au profit du renforcement du tissu culturel existant.

 

 

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06/09/2015

Pour Berne : une chanson politique

Pour Berne, la chanson du parti socialiste genevois lancée dans le cadre de la campagne pour les élections fédérales, fait le buzz. Le Matin Dimanche s'est fait l'écho de ce travail  http://www.lematin.ch/suisse/Clips-partis-politiques/story/14740496?cache=9efAwefuhttp://

Pour Berne est une chanson politique. C'est une démarche simple et sincère qui a pour objectif de mettre en musique, avec du coeur, un condensé du projet de société que défend le Parti Socialiste.

Les candidat.e.s jouent le jeu, s'exposent, osent la proximité. Vous voulez en savoir plus, aller plus loin? Une vidéo plus développée énonce le bilan, le programme et les candidat.e.s pour les élections fédérales du 18 octobre 2015  watch?v=gynvpXZ7D6o

Les socialistes genevois c'est, pour Berne, pour la Suisse, une vision politique, du souffle et du coeur!

 

 

Pour Berne

 

On a un programme des valeurs à défendre

En campagne pour les faire entendre

Sur des stands dans la rue aux pas de porte

nos projets nos valeurs partout on les porte

 

En musique en chanson, on ne va pas se censurer

L’important c’est de parler, c’est de communiquer

On y croit sinon on ne serait pas là 

La politique on ose, même en prose

 

Le pouvoir de l’argent les esprits renfermés  

Veulent nous empêcher de respirer  

Nous faire croire que payer est la seule manière d’exister

Notre plan, c’est de tout faire bouger  

    

Notre Suisse est ouverte, tolérante

Fermer les frontières décisions aberrantes

Pour l’économie, la prospérité

Besoin des étrangers ! 

 

On est socialiste, douze sur les listes

Réalistes, idéalistes

Notre Suisse on veut s’en occuper

Pour Berne, il nous faut la majorité

 

Mettre à la casse un service public efficace 

c’est trop dégueulasse

Réduire les inégalités, jamais on ne s’en lasse

Répartir les richesses ça c’est classe 

 

Ras le bol des bagnoles et de tous ces bouchons

La pollution c’est pas bon, il faut plus d’ambition

Vélos piétons transports publics

La mobilité durable on la fabrique

 

Des énergies renouvelables à un prix abordable

Eolienne solaire fini le nucléaire

L’hydraulique c’est basique, le tri c’est chic 

Protéger la terre, on doit le faire

  

Congé maternité AVS, on les a fait passer

Congés payés conditions de travail améliorées

Certains veulent démanteler nous consolider

Pour ça, il faudra nous aider

 

On est socialiste, douze sur les listes

Réalistes, idéalistes

Notre Suisse on veut s’en occuper

Pour Berne il nous faut la majorité

 

Toujours plus exigeante notre société

On va pas bosser jusqu’à être enterré

Burn-out dépression on a les solutions

La solidarité et plus de cohésion ! 

 

Marre de la spéculation et du tout au pognon  

tout le monde doit avoir un logement

un bon enseignement une bonne formation

c’est dans la Constitution… alors qu’est-ce qu’on attend ?

 

Des primes maladies pour soigner

un bon modèle de santé

pas deux vitesses, tout le monde à égalité

le système doit nous protéger pas nous plumer  

 

On est socialiste, douze sur les listes

Réalistes, idéalistes

Notre Suisse on veut s’en occuper

Pour Berne il nous faut la majorité

 

 

Paroles: Sylvain Thévoz, Thomas Wenger.

Enregistrement, mixage:  Evidence Music, Genève, 2015. 

 

Liens :

Chanson : Pour Berne

http://www.lematin.ch/suisse/Clips-partis-politiques/stor...

 

PS genevois: candidat-e-s et programme, élections fédérales2015

watch?v=gynvpXZ7D6o

 

 

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10:50 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pour berne, socialiste, chanson, élection fédérales, idées, projet, bilan | |  Facebook |  Imprimer | | |

05/09/2015

Migrants: affirmons notre humanité

Quelle est la logique de continuer de mettre des gens de force dans des avions à Genève pour les éjecter par vol spécial, quand des milliers d'autres risquent leur vie pour arriver jusqu'ici?

Quelle est la logique qui nous conduit à investir des millions dans des forces policières et des lieux de détention, pour enfermer des migrants qui n'ont commis aucuns délits, et ensuite les éjecter, alors que des milliers d'autres arrivent encore? Pour quelle finalité?

Quelle est la logique qui nous conduit à nous avilir moralement en nous rendant objectivement coupables de non-assistance à personnes en danger et directement responsables de la mort d'enfants sur des plages?

 

Notre courage d'agir doit dominer notre tentation de l'indifférence

 

A Genève, au début de l'été, des collectifs se sont mobilisés pour dénoncer le transfert de demandeurs d’asile déboutés vers des abris PC et demander la fin des renvois.

Cette démarche a rassemblé un grand nombre de mouvements : Stop Bunkers, No Bunkers, Coordination asile.ge, Solidarité Tattes, etc. Elle a conduit à l’occupation du centre culturel du Grütli, par des demandeurs d’asile déboutés. Elle a permis de mettre à jour une thématique que le Canton, souhaitait garder enterrée :  les conditions de logements des personnes en demande d’asile, quelle que soit l’étape de leur procédure, son indigence. 

La Ville de Genève s’est solidarisée  avec ces collectifs afin de trouver des solutions de relogement temporaire, gérer la crise d’une manière concertée. La Ville de Genève a fait preuve d'humanité et d'accueil. Le Canton, pendant ce temps, faisait la sourde oreille, accentuant les rapports de force et les tensions.

Les partis de gauche, socialiste, verts, solidarités ; Caritas, le Centre Social Protestant, ont soutenu les revendications des mouvements de défense des migrants. Des manifestations, regroupant des milliers de citoyen.ne.s, ont rythmé l’été et fondé un large mouvement de solidarité afin d’accompagner la vie au quotidien (cuisine, forum de discussion, sécurité).

 

Etre doté d'empathie est une force, pas une naïveté

La victoire de ce mouvement est d’abord d’avoir crevé un silence coupable, et avoir ensuite fait reconnaître par le Canton que les conditions d’hébergement en sous-sol n'étaient pas dignes, de l’avoir poussé  à prendre des engagements pour trouver des solutions pérennes.

 

A ce jour, alors que la crise migratoire en Europe est la plus grave qu'il soit depuis la seconde guerre mondiale, des migrant.e.s continuent de passer des mois et des mois enterrés, sans accompagnement la journée, laissées à eux-mêmes, dans des conditions de survie, et de discrimination liées à leur statut social (célibataire ou non) ou judiciaire (ayant commis des délits ou non).

 

Cela n’est pas acceptable ni conforme à la Constitution genevoise. Invoquer d’une manière répétée l’urgence et l’impuissance comme le Canton le fait ne le dédouane en aucune manière de ses mauvais traitements et de sa négligence.   

 

Le légalisme tordu de Pierre Maudet

Plus grave, dans une tentative de décrédibiliser le mouvement de solidarité et les revendications de ce dernier, Pierre Maudet a franchi des lignes rouges. Ses déclarations outrancières affirmant que, parce qu’ils étaient des requérants déboutés, que certains avaient un casier pénal (bien qu’ils aient purgé leur peine), il se trouvait justifié de manquer à ses obligations constitutionnelles, a choqué les défenseurs des droits de l'Homme.

Plus grave, pendant qu'il faisait ces déclarations, Monsieur Maudet continuait de fourguer dans des avions femmes et enfants....

Par ses appels à la discrimination, Monsieur Maudet viole les articles de la Constitution (15 et 39 notamment). Et lorsqu’il dénonce comme étant une imposture un large mouvement de défense des droits humains, il montre clairement son mépris du jeu démocratique, des militant.e.s des droits humains, ainsi que la faible estime qu'il a pour la vie humaine. 

Quelle est la logique de mettre dans des avions destination cul-de-sac des femmes et des enfants qui fuient de toute force la misère?

Quelle est la logique qui conduit à la maltraitance étatique et à la mort des milliers de gens qui se noient dans la Méditerranée, étouffent dans des camions?

Cette logique est celle de la peur et de l'égoïsme, de l'indifférence et de bas calculs politiques sur le dos d'être humains.

 

Il nous appartient de changer cela en : 

  • Augmentant les quotas d'accueil au niveau national.
  • Instaurant un moratoire sur tous les renvois jusqu'à fin 2016
  • Exigeant le respect total des principes constitutionnels dans la manière de traiter tout être humain, quel que soit sa nationalité où son origine.
  • Condamnant sans relâche tout discours fallacieux du type: la barque est pleine.
  • Réaffirmant toujours, et sans cesse, que les droits humains sont indivisibles et inaliénables.

 

 

 

 

 

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16:43 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : droits humains, indivisibles, inaliénables, genève | |  Facebook |  Imprimer | | |

03/09/2015

Sur la plage abandonnée...

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Sur la plage abandonnée Coquillages et crustacés Qui l'eût cru déplorent la perte de l'été Qui depuis s'en est allé ...

 

C'était une autre époque : Brigitte Bardot, cheveux blonds brillants chantait les pieds dans l'eau une chanson insouciante.

 

 

 

Aujourd'hui, 2015, la fin de l'été se marque avec un enfant que l'on ramasse sur une plage de Turquie comme un petit paquet de linge mouillé. L'enfant, échoué sur la plage, on le nettoie, comme une méduse, un coquillage, un crustacé. Puis, on le range dans une boîte en métal après l'avoir pris en photo, de dos et de profil, comme un souvenir de vacances que l'on voudrait oublier.

 

Hier matin, personne n'a réveillé l'enfant d'un baiser

Personne ne lui a donné un bol de chocolat chaud

La bouche de l'enfant remplie de force de sable et d'eau salée.

 

Hier matin personne n'a accompagné l'enfant sur le chemin de l'école

Il n'y a plus d'école

C'est la cale du bateau ou les flammes.


Personne n'a aidé l'enfant à traverser un passage piéton

Pour seul passage : la mer

Et la nuit où nul adulte n'a pied.

 

Pas d'histoire de princes, pas de lectures

Le ressac les nuages et les vagues

Les cris étouffés des noyés, le silence des poissons.

 

Hier matin

Personne n'a caressé l'enfant, ne l'a bercé

Personne n'a calmé sa peur, ne lui a chanté des chansons

Personne n'a essuyé ses larmes

Pas de lit chaud, pas de doudou, de lumière dans la nuit

juste le fond de la mer sans fin.

 

On l'a peut-être jeté par dessus bord au moment du naufrage

Ou étouffé parce qu'une patrouille de police s'approchait.

 

Nettoyé avec des gants de plastique 

Avant que les touristes s'installent sur la plage

S'enduisent de crème solaire et fredonnent des chansons:

Sur la plage abandonnée...

 

Hier.

Et demain  ?

 

 

 

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http://www.sp-ps.ch/fr/solidarite-avec-les-refugie-e-s

 

 

 

 

 

12:02 Publié dans Air du temps, Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : migrants, enfants | |  Facebook |  Imprimer | | |

02/09/2015

Ni pour le meilleur ni pour le pire (réflexions sur le mariage)

 

L'office fédéral de la statistique nous avertit : 42 couples sur 100 sont voués à l'échec, si le comportement actuel par rapport au divorce ne change pas dans le futur.[1] Diable, mais comment changer le rapport au divorce. En voilà un problème de société, ça cogite sec à Berne...

 

Le PDC n'a pas trouvé la parade. Le "parti de la famille" doit constater son échec. Non seulement il ne sait plus trop ce qu'est la famille, mais par dépit se replie frileusement sur une définition limitée. Le mariage, ce serait l'union d'un homme et d'une femme, basta. Quel manque de créativité, et surtout, de réactivité par rapport aux nouvelles manières de faire famille aujourd'hui. D'autres (UDC) voient des mariages blancs partout, ou des mariages inféconds même quand ceux-ci portent déjà des enfants. Ils veulent défendre la forteresse mariage comme ils isolent la Suisse. La commission juridique du Conseil des Etats elle, vient tout juste d'autoriser le mariage homosexuel par 7 voix contre 5.[2] Voilà enfin une décision qui va dans la bonne direction. 

 

Certains proposent des "solutions" qui n'ont rien à envier au parti démocrate chrétien : si vous n'avez pas réussi votre mariage, réussissez votre divorce! Bof, à tout prendre, on préférerait quand même réussir son union.

Il reste la tentation des aventures extra-maritales, commerciales ou non.  Ashley Madison, spécialisé dans l'offre aux mariés, avec son slogan " la vie est courte, tentez l'aventure", ne convainc pas. Vivre caché n'est pas particulièrement sexy. Et quand la double vie est révélée à tous par un piratage de données, quel ridicule.

Mais, si on ne peut pas changer le rapport au divorce, autant changer le rapport au mariage, non? 

Ce qui sauvera le mariage ? Sa désacralisation et son ouverture à toutes et tous afin de donner à chacun.e l'exercice de ses droits, à l'union, à l'adoption et à la procréation.  

 

Mariages flashs

En 2013, Genève est deuxième concernant le taux brut de divorce pour mille habitants (2.6) et bonne dernière concernant la durée de vie moyenne d'un mariage : 13.5 années.

 

Globalement, au niveau Suisse, la durée de vie d'un mariage progresse de 14,5 à 14.7 années. Explications ? Le divorce menace avant tout les premières années de mariage. Bref, ce n'est ni pour le meilleur ni pour le pire que l'on se quitte, mais en général parce que l'on a n'a pas eu le temps d'expérimenter l'un ou l'autre.

 

Fait nouveau, un nombre croissant de couples divorcent après de longues années en commun. Les couples divorçant après 30 ans ou plus de mariage représentent désormais 8,2% en 2013 contre 3% de tous les divorces prononcés en 1970.

 

Pour résumer, il est de plus en plus dur de durer longtemps dans le mariage. Peut-être aussi parce que l'on dure de plus en plus longtemps... dans la vie? Lorsque l'on a vécu le pire le meilleur avec la même personne, que les enfants seront grands, l'hypothèque payée, on se dit qu'il est temps de tenter autre chose. Bref, si le cadre du mariage a été éprouvé...  pourquoi ne pas expérimenter le divorce pour continuer à aimer. 

 

Mariage pour toutes et tous :en avant  !

Et si plutôt que de réussir son mariage ou son divorce l'ambition, peu importe son orientation sexuelle, son âge, le fait d'avoir des enfants ou non, était de bien réussir à aimer? L'office fédéral de la statistique a-t-il un avis là-dessus?

En tout cas, aujourd'hui : en avant pour le mariage pour toutes et tous, belle manière de rénover cette vénérable institution pour l'adapter à notre société.

Ni pour le meilleur, ni pour le pire.

Simplement, par égalité de traitement.

Et pour mettre le mariage à la page, plutôt qu'à la porte.    

 

 

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[1]http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/01/06/blank/key/06.html

[2]http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/27827293

09:20 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mariage, suisse, droits, lgbtiqh | |  Facebook |  Imprimer | | |