sylvain thévoz

09/11/2012

Notre état anti-rom

643911_10151279628801826_706181630_n.jpgLa dernière recommandation du Conseil de l'Europe aux Etats membres votée le 12 septembre porte sur la médiation comme moyen efficace de promouvoir le respect des droits de l'homme et l'intégration sociale des roms. Que dit-elle? Tout d'abord, elle reconnaît que les roms, depuis plus de cinq siècles, font face à travers l'Europe à une discrimination, un rejet et une marginalisation généralisée qui touchent tous les domaines de leurs vies, et que le recours à la médiation peut être utile pour améliorer leur intégration, leur accès aux services publics. 

Le Conseil de l'Europe recommande donc à ses membres, (dont la Suisse est le 17e), d'élaborer et mettre en oeuvre des politiques efficaces en faveur de l'intégration des roms ; de mettre en place un dispositif de médiation efficace et de qualité avec les communautés roms, et concevoir des évaluations participatives permettant aux membres de cette communauté d'exprimer leurs besoins et de participer activement à l'élaboration de solutions les mieux adaptées. Conséquent, le conseil de l'Europe a mis sur pied un système de formation pour des médiateurs roms. Toute personne qui en fait la demande peut être formée gratuitement à la médiation dans plus de 15 pays participants. Pourtant, la Suisse refuse, jusqu'à aujourd'hui, d'en faire partie. Pourquoi? http://www.coe-romed.org/

Du coup, je me pose quatre questions :

Pourquoi Isabelle Rochat, alors qu'elle était à la tête du département de la police a interdit tout programme sur les roms et prohibé au Bureau d'intégration des étrangers (BIE) de développer tout programme en lien avec cette population ?

Que va faire Pierre Maudet désormais chef du département de la sécurité pour améliorer l'intégration des roms? Quel sera son nouveau mot d'ordre pour le Bureau d'Intégration des Etrangers? Enfin, quel a été l'efficacité des mesures de nettoyage des campements des bords de l'Arve et de l'interdiction de mendier en Ville pour résoudre d'une manière pérenne les problèmes d'adaptation de cette population européenne?

Pourquoi la ville de Genève impose-t-elle des quotas aux roms pour l'accès à l'abri de la protection civile ainsi qu'aux lieux de distribution de repas chauds et gratuits? Au risque de quoi laisse-t-elle dormir des femmes enceintes et des enfants sur son territoire alors qu'il gèle la nuit et que le seul abri de la protection civile ne sera ouvert que le 15 novembre prochain?

Enfin, et, plus fondamentalement, pourquoi la Suisse qui paie son écôt comme membre du Conseil de l'Europe, n'en reçoit pas les bénéfices en ne faisant pas partie de ce programme de médiation concernant les roms, à tel point que les personnes qui souhaitent se former à la médiation (payée par le Conseil de l'Europe) doivent aller se faire former en France? La Suisse cotise donc pour faire partie d'un club dont elle refuse les avantages....

Avec des réponses claires de la part des pouvoirs fédéraux, cantonaux, municipaux, à ces questions nous aurons, il me semble, quelques pistes nouvelles afin d'améliorer la situation des roms en Suisse en général et à Genève en particulier. En tous les cas, nous aurons fait un pas pour sortir du tabou de notre état anti-rom, dont l'une des conséquences directe est qu'une femme enceinte de 6 mois "dort" sous les ponts le long de l'Arve avec d'autres personnes dans l'indifférence générale malgré les interpellations d'une conseillère municipale et de l'association Mesemrom. Probablement qu'à 4h du matin, la police viendra les faire dégager, comme cela fût le cas il y a trois jours, ce genre d'intervention étant pour l'instant la seule réponse qu'articule Genève face à la question de la présence et de l'intégration des roms sur son territoire.

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01/11/2012

Salerno l'incontournable

Deux belles pages dans le journal Bilan du 31 octobre, rien de moins. Sandrine Salerno est devenue incontournable.  Bilan tente bien un enième lifting d'un profil polémico-médiatique déjà trop étiré, mais cette fois l'article claque comme un masque trop serré sur un visage affirmé. Est-elle trop militante, polémique, trop jeune? Son compagnon est-il à l'Asloca? A-t-elle un temps d'avance et l'état actuel de l'économie valide-t-il les propositions qu'elle avance et les critiques qu'elle adresse à ses représentant-e-s ? Oui oui et encore oui. Quand l'économie zigzague et entraîne au passage des gens dans son sillage, il est bon que des femmes courageuses ne quittent pas le navire. On pourra essayer le botox ou les injections d'EPO pour booster le profil de l'économie, on pourra aussi décider d'élire Salerno.   

Sur le fond, rien de neuf dans l'article de Bilan, si ce n'est de définitivement poser Salerno comme incontournable. Tant pis si, en donnant pas aux milieux d'affaires conservateurs des garanties de soumission, elle leur colle le trouillomètre à zéro. Ce n'est pas Sandrine Salerno qui crée la peur, c'est la fragilité d'un système qui vacille à force d'avoir été trop chargé au sommet et menace de tomber comme un chateau de cartes. Ceux qui avaient promis la croissance sans fin, des emplois garantis, n'ont plus le vent dans le dos. A force d'avoir chargé le château sur une base trop fragile, c'est l'ensemble de l'économie qui vacille.

Salerno, elle, dit depuis toujours des choses simples: si des fondements sains, stables, et assurés ne sont pas posés, nous ne pourrons pas continuer ainsi longtemps et au final ce seront les citoyen-ne-s qui paieront les pots cassés. Si nous ne diversifions pas l'économie, ne sortons pas de la monoculture économique, tout le château risque de s'écrouler. Mais s'il y a bien une chose que les milieux d'affaire détestent, c'est le bon sens, et d'être freinés dans leur course au profit; et de l'être au nom de la collectivité et de la sécurité collective. L'UBS raye d'un coup de crayon 1600 emplois sans états d'âme. La propagande des milieux d'affaire ne nous protégeront de rien. Leur peur est la soeur jumelle de leur impuissance à réguler quoi que ce soit. Le vent vient désormais de face. Salerno est la seule politicienne à pouvoir le recevoir.

On nous annonce l'ouragan de la crise, on nous prédit le crash, mais qui l'aura soufflé? Qui en portera la responsabilité? Les stratèges de l'économie se sont plantés et la peur a changé de camp. Le château tangue? Il faut désormais repositionner les cartes autrement. Quand Salerno occupera le poste de David Hiler, augmentera-t-elle le taux d'imposition des hedge funds à 13% comme le souhaitent les milieux d'affaire ou le poussera-t-elle à 19% ou 24.3% ? Voilà ce qui fait réellement trembler les milieux d'affaires. Pourront-ils continuer de maximaliser leur intérêt ou devront-ils composer avec une personne capable d'instaurer de vrais rapports de force pour un juste équilibrage vers une économie saine, stable et performante, en un mot: durable? 

Si la peur a désormais changé de camp, l'espérance aussi. Salerno est devenue incontournable, c'est Bilan qui l'écrit, avec un petit pincement au coeur en remuant le passé (surtout), le présent (un peu), et le futur (passionnément) de Sandrine Salerno dans un article qui fera date dans une campagne pour le Conseil d'Etat qui s'annonce palpitante.

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25/10/2012

Pour un Islam de gauche

Certains politiciens d’extrême droite et Madame Mireille Vallette qui a récemment obtenu des tribunes d’expression dans le Temps et le Matin pour un livre prônant la haine et les clivages ethnique veulent faire de l’Islam, religion séculaire, complexe, ayant imprégné le continent européen, sa science et sa culture, une caricature. Leur fatras intellectuel prétend répondre aux fatwas en mêlant indistinctement pays d’origine, appartenance religieuse, pratique effective, discrimination sociale et racisme, tout en refusant le principe laïc du respect de la croyance et de la pratique religieuse. La Suisse est ainsi entraînée sur une pente que l'on peut qualifier de néo-fasciste (interdiction des minarets, limites mises à l’exercice du culte) et les minorités religieuses servent de bobsleigh sous les fesses de partis conservateurs prônant l’intolérance.

  

Il faut rappeler qu’en Suisse, les musulman-e-s sont entre 300'000 et 350'000 (3,8 à 4,5 % de la population). Ce sont des citoyens et des citoyennes comme les autres, qui paient leurs impôts, respectent les lois, et contribuent au bien-être de ce pays qui est le leur. Si 75% des musulman-e-s vivants en Suisse résident dans les villes, 76% résident en suisse-allemande. Ce sont en grande majorité des turcs. Ceux qui résident en Suisse Romande, 14%, sont principalement originaires du pourtour méditerranéen. Et s’il y a aujourd’hui environ 100 lieux de prières en Suisse, ces espaces sont de loin inadéquats (garages, appartements). Il faut d’une manière urgente emprunter la voie d’accommodements raisonnables, négociés, afin que les différences culturelles entre les peuples ne soient pas des murs mais des espaces de négociation et de dialogue. Sur la question des rapports entre les hommes et les femmes, c’est aux femmes musulmanes de décider ce qu’elles veulent pour elles, pas à leurs hommes ni à certaines féministes occidentales voulant faire leur « bonheur » à leur place et bien souvent sur leur dos.

 

Etre de gauche, c’est accepter de dialoguer avec son voisin là où il est et tel qu’il est, non pas de le vouloir à son image. Etre musulman, c’est placer Dieu au cœur de sa vie, un Dieu de justice et de respect. Les discours essentialistes, qu’ils viennent de formes dégénérées parlant au nom de l’Islam ou de réactions xénophobes apeurées en Suisse doivent être écartés pour progresser vers une société de la compréhension réciproque et du respect de l’autre. Nous défendons une Suisse ouverte, accueillante, riche et curieuse de ses diversités et qui ne bafoue pas les valeurs que prône sa Constitution qui commence, faut-il le rappeler, par cette phrase de son préambule « au nom de Dieu tout puissant », sans que cela en fasse pour autant une théocratie. Le journal Le matin nous a refusé tout droit de réponse aux thèses propulsées par Madame Vallette. Nous déplorons ce journalisme orienté jetant de l'huile sur le feu et stigmatisant une minorité. Les nationalismes étriqués sont un poison. Ils ont démontré toute leur nocivité dans l'histoire. Oui à une Suisse ouverte et curieuse. Oui à un Islam de gauche, afin que tous deux puissent, en se rencontrant, se féconder réciproquement.     

 

Hafid Ouardiri, Directeur de la fondation de l’Entre-Connaissance.

Sylvain Thévoz, Conseiller municipal socialiste en Ville de Genève.

 

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24/10/2012

Combler le jet d'eau (et vite)

"A la différence des autres villes, Genève est sans emphase. Paris n'ignore pas qu'il est Paris, Londres la bienséante sait qu'elle est Londres, Genève sait à peine qu'elle est Genève. Les grandes ombres de Calvin, de Rousseau, d'Amiel et de Ferdinand Hodler sont là mais personne n'en parle au voyageur" -J.L.Borges-

Borges se trompe quand il écrit que Genève est sans emphase. Tout d'abord parce que Genève a désormais Borges dans la peau, hôte d'honneur logé au cimetière des rois pour l'éternité. Mais surtout, Genève rayonne culturellement dans le monde entier avec son joyau: le jet d'eau. Oui, notre spécificité mondiale, c'est d'envoyer de l'eau en l'air. Notre distinction: vaporiser du vent, et ça en jette. En cela réside l'esprit du lieu. Le jet d'eau, inconscient collectif, est notre modèle politique rêvé. Les fameuses Genferei et autres lancers de verre d'eau, seau d'eau, sont des tentatives à petite échelle, des ébauches de condensations, maquettes d'embruns pour rivaliser avec notre seule réalisation marquante :viser le ciel pour mieux en retomber. Avec pour seule finalité, se faire voir, ou plutôt: mousser. Nous sommes des Sisyphes lacustres et recommençons sans cesse le même travail. Il faut nous penser heureux (et libérés de la Cour des comptes). 

Allons plus loin. Si l'idée du premier jet d'eau, alors que l'usine hydraulique était à la Coulouvrenière, visait à empêcher la supression, et que le jet d'eau d'une hauteur alors de 30 mètres (on était modestes) permettait de contrôler la pression et de la réguler, notre jet a évolué. Il dispose désormais d'un moteur autonome pour le faire fonctionner. En bref, il n'évacue même plus la pression, mais tourne sur lui même. La masse d'eau suspendue en l'air est conséquente: 7 tonnes et il ne faut que 16 secondes à une goutte sortant de la buse pour revenir au lac. En résumé: c'est joli mais lourd et implacable. Et si ça fait beaucoup d'effet, ça retombe très vite.

Sur la tombe de Borges, une inscription: And Ne Forthedon Na, que l'on peut traduire par: On ne doit pas avoir peur, et qui invite à la tranquillité. Alors que tout semble partir à vau-l'eau dans notre République, du verre d'eau au seau, et que ça risque encore de déborder, on doit craindre désormais un tsunami. Mais assez de psychodrames, remettons les pieds sur terre, il y a urgence. Osons le seul geste culturel radical: combler d'urgence le jet d'eau (serrons-en tout du moins déjà vite les vannes).

Libérés inconsciemment de notre modèle de la chute inéluctable, notre République pourra enfin prendre de la hauteur et qui sait, s'extraire définitivement de sa gangue?

 

14:06 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jet d'eau, politique, genève, cour des comptes, inconscient collectif | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/10/2012

Post tenebras ploutocratie

Aujourd'hui, une élection ne semble plus se gagner, mais s'acheter. Post tenebras ploutocratie, est-ce la nouvelle teneur des armoiries de notre république? Lorsque l'on demande au candidat Barazzone à combien se monte son budget de campagne il répond négligemment, la mèche de travers, d'une manière distraite: entre 100'000 et 200'000 francs. Arrogance de celui pour qui, au moment du point presse, une centaine de milliers de francs est un point de détail. Le pouvoir de l'argent est puissant. Il devient totalitaire lorsqu'en face de-celui-que-l'on-voit-partout, les trois autres petits candidats réunis ne comptabilisent pas le quart de cette somme ou de la surface sur les espaces d'affichage public, banderoles sur les bus, posters sur les trams, autres supports publicitaires. Et comme si ce n'était pas encore assez, surgissent oh miracle du journalisme d'enquête, deux pages supplémentaires dans le "journal" Le Matin mettant en scène Monsieur Morisod faisant un coming out "politique" opportun. L'écoeurement monte devant l'indécence et la servilité d'une partie de la presse. Elle se transforme en nausée quand le candidat du fric-show reproche à l'Association Transport Environnement (ATE) d'envoyer un courrier à ses membres pour mettre en avant la candidature d'un des trois petits, membre de son comité. Le pouvoir de l'argent est sans limite, il ne supporte ni la contradiction ni ce qui lui résiste, et surtout pas l'indépendance du mouvement associatif, qui ne se laisse pas acheter.

Plus choquant encore que le montant des sommes engagées, c'est l'opacité de leur provenance. Plus trouble que les réseaux d'influence, c'est leurs contreparties cachées. Monsieur Vanek se trompe lorsqu'il annonce béatement que le candidat de droite sera le bon otage d'un conseil administratif de gauche. Le candidat à la mèche ne sera pas l'otage de la gauche, car il est déjà celui des milieux financiers, qui sont exclusifs. Pour preuve, quand on lui demande quelle est la provenance de ses fonds, il nous répond que le magot provient d'entreprises, des cotisations des conseillers municipaux de son parti ( à 3000.- par tête de pipe par an?) de particuliers; certains dit-il ont même donné 5 francs... On se demande alors s'il ne nous prend pas, bonnes poires, pour des C***, car addition faite, on demeure loin du compte. Alors Barazzone, votre liste de "donateurs", vous nous la montrez? On aimerait juger sur pièce, et en transparence constater quels sont les pouvoirs de l'argent dans notre République, jusqu'où ils se nichent et quelle est la longueur des tentacules qui vous soutiennent, vous qui êtes pour les baisses d'impôts sur les personnes morales, quitte à ce que ceux des personnes physiques soient relevés.

La vérité? Les puissances de l'argent se rient du thème de la sécurité ou de l'insécurité, elles se moquent des questions de logement comme de l'an quarante. Ce qui les intéresse, c'est de faire parler des candidats ventriloques et porter un discours qui les maintiendra en tant que puissances d'influences et ne bousculera pas la poursuite de leur entreprise d'emprise sur les institutions publiques ou associatives.

Vous me répondrez : l'important, c'est que la Fer (Fédération des Entreprises Romandes) y trouve son compte, et le business ses bonus. Pour le reste: Post tenebras ploutocratie, le PLR, arrogant, peut placer ses hommes dans tous les conseils d'administration et ses hommes de main aux exécutifs. Post Tenebras ploutocratie, il faut subir le chantage à la fuite des entreprises favorisant l'évasion fiscale, c'est la loi. Post Tenebras Ploutocratie, le débat sur la fiscalité n'a aucune dimension éthique, money is money, et c'est ainsi. Post tenebras ploutocratie, nous devrons relever les impôts des familles pour permettre aux entreprises morales de continuer à payer moins pour gagner plus.

Mais je vous répondrai, avec Jaurès: au moment où l'on voit qu'un Etat nouveau, l'Etat financier, a surgi dans l'Etat démocratique, avec sa puissance à lui, ses fonds secrets à lui, c'est une contradiction lamentable que de ne pas entreprendre la lutte contre cette puissance. Alors, Post Tenebras ploutocratie, une fatalité? Au citoyen, bulletin de vote en main, d'y répondre en exerçant le dernier luxe du pauvre: celui de viser l'urne.

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15/10/2012

Fragile, force de notre Constitution

54,1% de oui contre 46 % de non. Mais surtout 30% seulement de votants parmi les 60% de citoyen-ne-s ayant ce droit dans le canton, si le soulagement et la joie du oui l'emportent, pas de quoi jouer les gros bras. Cette votation a, en partie, divisée la gauche, marquée par des interprétations divergentes du texte. Surtout, la faible adhésion populaire fait peur. Cette votation n'a pas été le plébiscite de LA grande Constitution voulue par toutes et tous, ni un rassemblement populaire autour d'une Constitution rêvée. Malgré cela, ou plutôt, par cela même, ce oui du bout des lèvres, ce oui timide, ce oui du doute, ce oui apparaît comme une opportunité car il ne nous acquitte de rien, ne nous dédouane de rien, ne nous permet pas de nous en remettre pleinement à une constitution toute puissante. Au contraire, il nous contraint, dans un temps d'extrême incertitude, à la participation; dans sa fragilité, il puise sa force.

Si une constitution est le reflet d'une époque, celle-ci l'est parfaitement. Un univers en expansion risque, à un certain stade de son développement, par surplus de matière, l'effondrement. Nous sommes arrivés là. Fin de la croissance, le péril du trou noir est perceptible et rien, ou si peu, ne pourra nous en prémunir. Faut-il désespérer? Céder à la peur? Non. La foi dans la croissance infinie et les institutions pour la porter est terminée. La foi dans le politique omnipotent appartient au passé. Les sauveurs providentiels ont été promus ailleurs. Le salut par l'économie, les frontières, est un salut troué, fictionnel, faillible. Mité, poreux, le tissus social fuit de partout, tant mieux! Tant mieux, car on y voit plus clair, on y voit même au travers, et ce oui de rien du tout au premier round de la lutte oblige à se prendre en main. Il oblige ceux qui n'ont rien fait pour lui à s'engager. Il les met au défi, par effet miroir, car tout reste à négocier, à transcrire en lois, à interpréter, et le peu d'adhésion au projet final montre combien celui-ci sera plastique dans son application même.  

Ceux qui parlaient de la fin des idéologies se sont trompés, ce sont les idéaux qui sont morts. Face à leurs cadavres tièdes, face aux croyances surranées dans les supermen et wonderwomen, deux postures possible. La première, celle du refus du désenchantement et de la dépression; du déni de la fin des idéaux soutenu par la poursuite de boucs émissaires et la construction d'un cocon nostalgique. La deuxième : la mise en oeuvre, dans les failles, les fêlures, les fissures, dans l'imperfection et les débris, au ras du bitume, par petits groupes, par agrégats, d'une cardioplastie citoyenne, celle du rapatriement du pouvoir au niveau de micro-communes, réanimation cardiaque visant à faire refluer le sang du centre vers les périphéries et des périphéries vers le centre à un rythme accéléré. 

Cette nouvelle constitution appelle participation, amendements, et poursuite du travail entrepris. Elle est une mise sous tension et un électrochoc participatif; une prise de conscience que ce oui du doute, de la fragilité est une force. Car plus rien ne nous rassemble autant que les fragilités et les failles. Notre lot commun est d'être devant le gouffre, et notre fierté sera d'y être pleinement, dans la fragilité des démembrements, des éboulements, et de la perte. Sombre? Non. Car désormais, le défi, à partir de là, c'est de faire société, communauté, dans la lucidité nue que les seuls pouvoirs qui nous sauveront seront ceux que nous serons capables de nous octroyer, de défendre et de supporter contre toutes tentations idéalisantes ou totalisantes, de repli sur soi. 

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13/10/2012

Flibusterie fiscale

Prostitution pour les faire venir. Supplications pour qu'ils restent. Le Conseil d'Etat continue de se mettre à quatre pattes devant le secteur du négoce des matières premières, des hedge funds et des entreprises dites auxiliaires. Prêt à tout, il a annoncé jeudi la baisse massive de 24,2% à 13% du taux d'imposition global sur toutes les personnes morales. Mais pourquoi écrase-t-il ses taux d'impositions des personnes morales? - Par peur que la constellation des entreprises pirates du négoce alimentaire et des hedge funds laissent Genève en rade.

Le Conseil d'Etat est donc prêt à avaler la couleuvre d'un manque à gagner d'un demi-milliard avec un taux d'imposition à 13% unique pour continuer d'être le port d'attache des pirates. A force de se mettre à quatre pattes et de céder au chantage, il est devenu un paillasson sur lequel le milieu économique essuie ses mocassins. Il a choisi son camp : celui de l'intérêt des entreprises, contre la collectivité. La fédération des entreprises romandes de Genève (FER), applaudit la décision. Merci pour les cadeaux, elle dit.

Le Conseil d'Etat, à son petit jeu fiscal avec les milieux économiques est en train de payer le prix fort de sa logique d'attraction. Pour ne pas accepter l'échec de sa politique de développement économique à court terme et se désavouer, il doit continuer de faire alliance avec les pirates. Sauf que sa logique de céder sur tout pour que les holdings et autres sociétés auxiliaires restent à Genève est en train de se muer en dérive. Sur 5 ans, ce sont déjà 30 milliards que ces entreprises ont soustraits à la collectivité publique grâce à des taux préférentiels. La baisse annoncée à 13% des taux d'imposition va encore augmenter cette somme d'un demi-milliard par an!

Le choix politique suivi par le Conseil d'Etat de se mettre à quattre pattes devant les milieux économiques se résume en une phrase: les petits je les tient, les gros je les engraisse. L'impôt, ainsi instrumentalisé, devient un outil de contrôle social et d'accroissement des inégalités. Le chantage à l'emploi, à la fuite, à la croissance, n'a qu'un seul objectif: servir la maximalisation des intérêt des entreprises; intérêts de classe pour lesquels la collectivité paie le prix fort et le paie toujours plus.

A quatre pattes devant le lobby économique, c'est la ligne politique et la choix tactique voulu par ce Conseil d'Etat ultra libéral. Le peuple, lui, n'est pas condamné à le suivre. Plutôt que de faire leur quatre volonté, il devient urgent de repousser les pirates, de changer ce gouvernement qui prend ses objectifs à court terme pour ses finalités, et de reprendre le contrôle du bateau genevois avant qu'il ne soit pillé et coulé par la flibusterie fiscale. 

 

04/10/2012

Le sexe de ma Constitution

Si le Matin fait sa manchette en mesurant la longueur des sexes des Suisses, la nouvelle Constitution que l'on va voter à Genève le 14 octobre est moins sexiste. Elle ramène les sexes masculins à leur juste proportion: celui de la complémentarité. Ainsi l'article 15 affirme que la femme et l'homme sont égaux en droit en précisant surtout, et c'est une nouveauté, que la loi pourvoit à l'égalité de droit et de fait en particulier dans les domaines de la famille, de la formation et du travail. Ainsi, ce n'est pas le plus gros pénis ni le plus long ni même le pénis tout court qui l'emporte désormais. Mais c'est le lien et le bon lien entre les sexes. La nouvelle Constitution :un véritable aphrodisiaque législatif. 

On peut comprendre que certains esprits rétrogrades s'échauffent, que la nouvelle Constitution leur hérisse les poils en mettant un frein à la domination d'un sexe sur l'autre. Mais de là à charger sous la ceinture comme la ligue suisse contre la vivisection et pour les droits de l'animal en tirant à vue sur la nouvelle Constitution c'est se prendre pour des gorilles. Affirmer que la nouvelle Constitution réintroduit la chasse, c'est souffrir de gesticulations précoces, car la seule chasse que la nouvelle Constitution réintroduit, c'est celle au mâle dominant. Et le seul animal que la LSCV défend avec sa position c'est le bon gros bourrin sexiste et homophobe. Hi Han.  

L'article 15 de la nouvelle constitution affirme aussi que nul ne doit subir de discrimination du fait notamment de son origine, de sa situation sociale, de son orientation sexuelle, de ses convictions ou d'une déficience. La nouvelle Constitution met donc à poil ceux qui, sous couverts de libre opinion, s'en prennent aux orientations sexuelles. Elle inscrit ces différences dans le cadre des droits humains et en garantit, enfin, leur inscription dans un texte de loi qui couvre la société dans son ensemble.  

Le sexe de la nouvelle Constitution est le bon. Et comme le dit le proverbe, quand le sexe va, tout va. Il est bon de dire oui oui oui et encore, OUUUUI. Il sera bon d'embrasser la nouvelle Constitution le 14 octobre pour plus d'égalité entre les sexes et moins de discriminations en liens avec l'orientation sexuelle. Au nom de quoi et pourquoi devrions-nous nous priver de ce plaisir?

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25/09/2012

Swastika à la Seymaz

IMG_1460.JPGSale vision vendredi, sous le cycle de Seymaz, une petite bicoque couverte de graffitis: une swastika, le sigle des SS, le signe du kkk couvrent le mur. Depuis la route de Myranie, ça se voit bien, les automobilistes ne peuvent pas rater ça. Mais depuis combien de temps ces inscriptions le recouvrent, trois jours, une semaine, un mois? Quelqu'un a-t-il contacté la mairie de Chêne-Bourg, la police municipale, qui s'en soucie? Swastika le long de la Seymaz, pas de réaction visible en retour. On banalise, on fait comme si de rien? Tumeur sur un mur blanc, ce stigmate, le manque d'empressement pour l'effacer, que raconte-t-il de la réactivité citoyenne, de la tonicité de noss anti-corps sociaux?  

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16/09/2012

Les poumons de ma constitution

2112, on fête les cent ans de l'adoption de la Constitution genevoise dans la joie. Les quais de la rade sont bondés, les gamins jouent aux cyclistes et aux klaxonneurs. On se rappelle avec perplexité, qu'ici et là il y avait une route, un parking, des ponts routiers. Comme les archéologues déterrent des os d'australopithèques et les astronautes un caillou d'une planète lointaine, on a de la peine à croire qu'il y a cent ans, régnait le tout bagnole, que des centaines de kilomètres étaient dévolus à des bandes de bitumes coûteuse qu'il fallait sans cesse remplacer; que les piétons, les cyclistes étaient entassés sur des trottoirs pour laisser la place aux véhicules à moteur.

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10:47 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : constitution genevoise, rues piétonnes, pollution, genève, utopie | |  Facebook |  Imprimer | | |

15/09/2012

Bugs Bonny

"Hé quoi de neuf doc?" Eh bien, la campagne du 4 novembre pour le cinquième siège du conseil administratif ne sera pas une formalité ni une chasse à courre pour la droite. Bugs Bonny s'est porté candidat, poil à gratter du sérail politique, l'homme est un animal politique, un passionné au coeur tendre. Certes, il n'a pas de parti derrière lui, aucunes logiques d'appareil, de loges ou de confréries. Pas le soutien des petits copains de l'immobilier ou l'appui de patrons de la banque. Sa besace semble vide. Mais lorsque les logiques de partis sont pesantes et jouent contre le candidat désigné, c'est finalement une opportunité de ne pas en avoir.   L'engagement de Bugs Bonny dans le monde associatif donne à sa candidature une légitimité forte.  Sa profession d'enseignant une proximité et le contact du terrain. Candidat au courage et à la conviction, son insolence fait plaisir à voir et déjà grincer des dents. Car cette fois, c'est le lapin qui va braconner sur les terres du chasseur et dévorer sa laine de centre-gauche, remplir son terrier des carottes cultivées ici et là, à gauche jusqu'à l'extrême gauche, pour lui. 

 

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09/09/2012

La langue de ma Constitution

images.jpgComment va ma nouvelle constitution? Si une nouvelle constitution est l'adoption symbolique d'un nouveau corps social, avant de revêtir une nouvelle peau, je voulais la soumettre à une auscultation attentive des contours et organes qu'elle contient. Serait-elle bonne? Serait-elle mauvaise? Pire ou meilleure que l'ancienne? Comment la lire? Avant que le peuple ne choisisse son contenant fondamental -14 octobre-, ça méritait un examen individuel. Nul n'est prophète en son pays. Les intérêts biaisent le regard. Sur l'exemple des lettres persanes de Montesquieu, je devais trouver mon persan à moi, un étranger au serail, qui pourrait voir ce corps avec distance et un peu d'ironie.

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30/08/2012

Le Petit Poncet et la sorcière Salernou

imagesCACGN10M.jpgMerci à Charles Poncet dans l'Hebdo de nous faire rêver, et de nous ramener au temps de l'enfance et des contes de fées où il y avait toujours un prince, un justicier, un ogre, et si possible : une sorcière. En ces temps difficiles, dans la forêt du monde, où le petit Poncet a perdu son chemin et cherche son bâton de pélerin, il est bon de retrouver l'oreiller douillet de son enfance et le bon goût du lait. Mais diable, pourquoi prendre un oreiller de paresse et presser son encre comme du venin? Est-ce un effet de l'âge, l'effet d'une mélancolie amère, celle du "bon vieux temps" où tout était simple et, comme dans les livres, récité d'une voix douce? Charles-non-pas-téméraire se bichonne une berceuse pour se tenir compagnie et montre ses petites dents dans la rubrique "opinion" pour mordiller la sorcière Salernou. Mais il le fait comme un enfant s'accroche à son doudou. Pourquoi décrire un monstre quand on cherche une mère? 

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29/08/2012

Tu veux un pont? Je te mets l'autoroute

526134_371385189596545_1088033471_n.jpgCe jeudi 30 août sera inauguré le nouveau pont Wilsdorf. Désormais, les voitures rouleront à 50km/h sur la rue Ecole de Médecine (donc plutôt 70 km/h selon les enquêtes du non-respect des zones réalisées par le TCS qui dénonce les dépassements réguliers des limitations jusqu'à 55%). Mais pour que les voitures roulent dans la réalité à 50km/h il faudrait les limiter à 30 km/h et pour qu'elles roulent à 30, à 15km/h... mais l'unique moyen de garantir que les limites de vitesses ne soient plus systématiquement dépassées, la vie des enfants mise en danger sur les passages piétons, c'est de... piétonniser les rues. 

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Bertinon et Barablanc

Barazzone ou Bertinat? Après les déclarations appuyées du candidat démocrate chrétien sur la sécurité où il propose aux locataires de la GIM de se barricader chez eux et de multiplier les caméras de sécurité ainsi que d'illuminer la Ville pour la rendre plus sécuritaire, qu'est-ce qui le distingue encore du candidat UDC? Blanc bonnet bonnet blanc, Bertinon, Barablanc, si le niveau du discours sécuritaire est monté d'un ton, il devient quasiment impossible de distinguer Bertinon et Barablanc dans leur obsession sécuritaire. L'emploi? L'économie? Le logement? Non, non, cela c'est secondaire, disent-ils en coeur, c'est la monomanie sécuritaire qui nous obsède, euh, occupe, au détriment du reste.

 

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08:18 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, barazzone, bertinat, populisme | |  Facebook |  Imprimer | | |

22/08/2012

La librairie qui vend Genève à Paris

Jolie publicité pour Genève. Dans le supplément été du journal Libération du 22 août (4 millions de visiteurs en ligne), sous le titre "Genève hors conventions", ce sont deux pages sur la librairie Archigrahy à la place de l'île, rien de moins! Une fois n'est pas coutume, ce n'est donc ni un musée ni un théâtre qui fait vitrine pour Genève, ni même un salon international, mais une petite librairie! Et voilà deux pages de pub dans le quotidien national français. Joli, et beau succès culturel pour cette librairie classée par Libération parmi l'une des 6 plus belles d'Europe. 

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15:24 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : archigraphy, rossi, squats, alternatif, culture, libération | |  Facebook |  Imprimer | | |

18/08/2012

Mobilité: t'as pas 5 balles?

269614_10151145977836348_21216999_n.jpgGenève accueille l'année prochaine le congrès mondial de la mobilité et des transports. Plus de 3400 congressistes provenant de 92 pays sont attendus, acompagnés par près de 10'000 visiteurs. Face à une concurrence acharnée (Lyon, Montréal), Genève a remporté le pompon de l'organisation "grâce à sa qualité et sa vision des transports publics transfrontaliers". Merci le CEVA! Avec ce congrès, ce sont environ 25 millions de francs de retombées qui sont attendus pour la région. Un signe encore que Genève a tout intérêt à s'ouvrir, avantage à se développer, et faire du défi d'un grand Genève d'articuler son espace sur deux frontières une réalisation unique en Europe. Quand Genève voit grand et large, elle se développe. Quand elle se bouge, elle grandit.

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29/07/2012

Pour un premier août métisse

Et si la fête nationale du 1e août devenait véritablement le signe de ralliement d'une Suisse plus respectueuse de ses diversités et ouverte sur l'avenir? Si elle incarnait la fête de l'élan pour le temps à venir, celui du nécessaire, incontournable métissage de la société helvétique en une société dont le, la migrant-e- est et sera toujours plus une pièce maîtresse ? Si les feux sur les montagnes étaient enfin un signal d'accueil de l'étranger-e, un appel à la diversité plutôt qu'un repli vers un essentialisme passéiste? Et si la communauté nationale s'entendait comme une base universalisable et négociable autour d'un devenir commun plutôt qu'une adhésion prescrite à un passé momifié?

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13/07/2012

Des bâtons dans les chambres à air

403924_10151072840706826_2002892120_n.jpgUn été à la plage? Tomber sur Jean Georges Ernst est toujours vivifiant. L'homme porte à sa taille chambres à air, niches à briquet ou téléphone portable, kit d'outils d'entretien pour son "cheetah-baby plage", des bouts de bois en bandoulière. Il ressemble presque aux vénérables platanes qui supportent un entrelac de pneus, de lianes, de balançoires et d'échelles -uniquement du matériel recyclé- n'étaient la barbe et les cheveux blancs alors que ceux des platanes sont d'un vert fluorescent. Mais le bonhomme a la sève qui bouillonnne. Aujourd'hui, il est en colère.

 

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18:45 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cheetah-baby plage, jean georges ernst, administration, citoyenneté | |  Facebook |  Imprimer | | |

11/07/2012

Opération Casanova

Après l'opération Figaro et Mousquetaire, la police genevoise a lancé son opération Casanova. Son objectif: se faire belle pour séduire la population. Sa tactique: à défaut de régler le problème du deal et des crimes, se refaire le portrait et une popularité auprès des habitant-e-s. Après le dévoilement de ses dix commandements, le 11e est tombé aujourd'hui : sans cesse tu feras l'éloge de tes actions. Sitôt une campagne de finie, une autre de lancée. La machine Maudet.com tourne déjà à plein régime, et ses moteur médiatiques vrombissent en vue de l'automne 2013. Les actions de la police ne sont pas efficaces, mais l'opération Casanova est en route et veut nous faire croire qu'elles le sont subitement devenues. Modus operandi: occuper une page de la tribune de Genève chaque jour et avoir une journaliste enrôlée en vitrine.

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17:27 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sécurité, police, communication, dix commandements+1, roms | |  Facebook |  Imprimer | | |